ARMES CHIMIQUES DE DESTRUCTION MASSIVE SUR LE RIF :collection histoire et lectures politiques

sharLe dernier livre de Mimoun Charqi porte sur les armes chimiques de destruction massive, avec un accent sur l’histoire, les effets des armes chimiques de destruction massive employées, les droits des populations victimes, ainsi que les préjudices subis et la réparation recherchée. L’ouvrage reproduit l’ensemble des travaux auxquels l’auteur a participé depuis le 1er colloque international tenu à Nador, en 2004, à l’initiative du mensuel Le Monde Amazigh ; des conférences et études, des photos et des documents inédits pour ceux qui veulent connaître de l’état de la question aujourd’hui.

Au début du 20e siècle, l’empire chérifien marocain a été le théâtre d’une partition, d’un dépeçage orchestré par les puissances occidentales, dont la France et l’Espagne. Sous couvert d’un « protectorat » et d’une entreprise de « pacification », par les armes, les bombes et le sang, la France et l’Espagne, se voulant théoriquement animés par une mission civilisatrice, ont entrepris des guerres d’agression à l’encontre des tribus et confédérations de tribus libres composant les Etats de l’empire précité. Parmi ces guerres, l’une retient particulièrement l’attention : à savoir la guerre chimique exercée contre le grand Rif, c’est-àdire la zone nord du Maroc sous emprise de l’Espagne.

Longtemps durant, l’usage des armes chimiques de destruction massive contre le Rif est resté tabou et gardé secret. Des populations de paysans libres se sont retrouvées agressées, envahies, anéanties, gazées jusqu’au plus profond de leurs chaires et de leurs êtres, par deux superpuissances européennes au fait de la technologie militaire et surarmées. Le temps, l’ouverture des archives aux chercheurs, les témoignages ont fait qu’aujourd’hui plus personne ne conteste sérieusement ce qui s’est passé. L’intérêt de l’auteur pour le sujet est double, primo, car originaire de cette région du grand Rif, il ne pouvait rester insensible aux crimes commis, et, secundo, car, juriste de formation, il ne pouvait qu’être intéressé par les aspects juridiques de la guerre chimique contre le Rif et, tout particulièrement, les effets en terme de responsabilité et de droit des victimes à la réparation.

La particularité de la guerre chimique contre le Rif est que les effets de ces armes se font encore ressentir, aujourd’hui, et que les victimes attendent toujours réparations. Les effets des armes chimiques utilisées, à savoir l’ypérite, le phosgène, le diphosgène et la chloropicrine, ont été immédiats et ultérieurs puisqu’ils se poursuivent de nos jours. Dans leur temps, l’emploi des armes non conventionnelles a fait de nombreuses victimes au sein de la population civile, qui était directement visée comme cible principale et privilégiée afin de contraindre le président Mohamed Abdelkrim El Khattabi à mettre fin à la guerre. Non seulement les hommes, mais aussi la faune, la flore, la terre et l’eau et jusqu’aux pierres se sont retrouvées contaminés, avec des conséquences incommensurables.

Aujourd’hui encore, la population originaire du grand Rif continue de souffrir de l’emploi passé des armes chimiques de destruction massive, puisqu’il est avéré et confirmé par les experts généticiens que ces armes ont des effets mutagènes et cancérigènes. L’ouvrage est un jalon de plus pour celles et ceux qui militent depuis des années afin que le grand Rif obtienne réparation honorable des crimes commis à l’encontre de ses populations, dans le silence de la communauté internationale, en violation des règles les plus élémentaires de l’humanité, du droit de la guerre, du droit des gens et des standards minimum de civilisation.

charqui

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