Les amazighes d’Europe recommandent à l’Etat marocain d’intégrer Tamazight dans les programmes d’enseignement aux marocains du monde

22Les associations amazighes nationales et d’Europe se sont réunies à Agadir-Maroc, le 29 juillet 2015, dans le cadre d’une journée d’étude sur les droits culturels et linguistiques amazighs. Elles ont examiné les différents volets en rapport avec cette thématique et se sont arrêtés sur les formes de discriminations qu’ils subissent au Maroc et à travers le monde.

La problématique liée aux droits culturels et linguistiques, dans le contexte des migrations internationales, est loin d’être prise en compte par le gouvernement marocain, malgré la ratification de plusieurs accords et conventions internationales dans ce sens, notamment :

1- La Déclaration universelle des droits de l’homme qui insiste sur l’impératif de la satisfaction des droits culturels et linguistiques. Ces derniers sont aujourd’hui largement bafoués au Maroc et à l’étranger
2- La Convention sur les droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille du 18 décembre 1990. Cette résolution scelle l’ancrage des droits culturels des migrants en reconnaissant que le migrant et les membres de sa famille sont en droit de protéger notamment leurs intérêts culturels et transmettre leurs langues. L’Etat Marocain ne fournit aujourd’hui aucun effort dans ce domaine si ce n’est dans une approche discriminatoire à l’égard des amazighs et réductrice des cultures et des langues du Maroc à une seule de leurs composantes.
3- L’article 5 de la constitution de 2011, officialisant la langue amazighe comme langue de l’Etat, est conditionné par l’adoption d’une loi organique. Cette dernière ne semble pas être la priorité du gouvernement marocain et de l’ensemble de la classe politique et met en doute leur volonté pour un Maroc de droit reconnaissant sa diversité.

Devant cette situation injuste, la Charte de Clichy (avril, 2012), signée par les associations amazighes de France et appelant les gouvernements marocain et français à revoir leurs conventions bilatérales à fin de tenir compte de la diversité culturelle du Maroc et des progrès de la Constitution de 2011, nous déclarons :

1- Que nous appelons l’Etat marocain à respecter ses engagements liés aux droits culturels et linguistiques amazighes par la mise en place de politiques publiques favorisant la promotion de la langue et de la culture amazighes au Maroc et au niveau des représentations diplomatiques.
2- Que nous recommandons à l’Etat marocain d’intégrer la composante linguistique et culturelle amazighes dans les programmes d’enseignement et d’animation culturelle destinés aux marocains du monde.
3- Que la réconciliation du Maroc avec son identité ne peut être atteinte que s’il fait preuve d’une vraie volonté politique afin d’éliminer toutes formes de discrimination à l’égard de l’amazighe.
4- Que nous appelons l’Etat marocain à accélérer la promulgation des lois relatives à la langue et à la culture amazighes et à assumer leur responsabilité dans ce sens.

Les associations signataires :
1- Tamaynut France
2- Tiwizi Ile De France
3- Tiwizi 59
4- Franco Amazighe de Mulhouse
5- Corso Berbère
6- Tidi 92
7- Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
8- Bougafer France
9- Associazione Culturale Berbera-Italie
10- Université d’Eté
11- Tamaynut Maroc
12- Azetta Amazighe
13- AMREC
14- Alliance des Ecrivains en Amazighe (Tirra)

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