MATOUB LOUNES, ÉTERNEL VIVANT

Par: Moha Moukhlis

Commémoration du 22 ème anniversaire
de l’assassinat de Matoub Lounès.

A chaque activité qu’ils organisent et dans ses communiqués, le Mouvement Culturel Estudiantin Amazighe et les activistes Amazighes au Maroc commencent par s’incliner devant la mémoire du « Rebelle », Matoub Lounès, le Martyre de la cause et du combat amazighe en Algérie et en Afrique du nord. Le poète assassiné le 25 juin 1998 près de son village à Tizi Ouzzou fascine et sert de modèle et de repère à une jeunesse éprise de liberté et de justice, une jeunesse qui fait de la lutte pour son identité sa raison d’être. Et Matoub est allé jusqu’au bout de ses convictions, inébranlable. Matoub sert de marqueur identitaire à travers ses chansons qui arrachent les masques et poussent tout amazighe à s’interroger sur ce qu’il était, ce qu’il est et ce qu’il risque de devenir.

Matoub est érigé en mythe, car, cet orfèvre des mots, puise dans un patrimoine collectif amazighe. Sa singulière sincérité et sa générosité spontanée attirent comme des aimants.

Son verbe rassure et dérange.

Exemplaire, sa vie est jalonnée d’événements qui ont fait de lui un artiste « subversif » qui a opté pour le combat contre « les chasseurs de lumières » qui privent le ciel de ses étoiles. Objet de plusieurs tentatives d’assassinats, il en sort déterminé. Tel le phénix, il renaissait de ses cendres à chaque fois que la folie de l’intolérance le visait. « Si vous croyez que vos balles peuvent me tuer, me revoilà, plus vivant que jamais », déclamait-il dans son album « L’ironie du sort », sortit en 1989.
Matoub a rendu l’espoir à son peuple amazighe d’Algérie et d’Afrique du nord.

Démocrate et laïc, amoureux de son pays, il a su braver un pouvoir arabo-islamique castrateur de liberté. Ses positions frontales et courageuses ont déstabilisé les tenants d’un ordre moyenâgeux. Kidnappé par des intégristes en septembres 1994 et condamné à mort par un tribunal de l’Inquisition, il sera libéré deux semaines après. Son témoignage dans son livre « Le Rebelle » (Editions Stock, 1995) est édifiant.

Son combat accède à la reconnaissance internationale. Il se verra attribuer le Prix international de la mémoire en France par Mme Daniel Mitterrand, et le Prix de la liberté d’expression au Canada. Il fut le compagnon du combat des tibétains, des Kurdes… Matoub a chanté haut ce que son peuple ressentait, avec des mots du quotidien et des formules qu’il puise dans le patrimoine amazighe. Il a vécu dans un rapport de proximité avec le peuple.

Son œuvre est riche et féconde. Elle mérité que l’humanité entière s’y intéresse, la traduise, l’analyse… Ses textes et ses prises de positions politiques ne laissent pas indifférent. Il est mu par une aspiration légitime constante : l’affirmation de l’identité amazighe en tant que patrimoine universel, dans la perspective de sa concrétisation politique effective. Son œuvre est un vaste chantier de revalorisation de la culture amazighe et des valeurs pérennes qu’elle véhicule. 22 ans après sa mort, le combat amazighe avance et diversifie les modes de lutte. Je m’incline devant la mémoire de ce poète qui a dédiée sa vie à l’amazighité et à ses dépositaires.

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