Un livre sur les stars de la chanson du Moyen Atlas : Les Inoubliables d’Abdelmalek Hamzaoui

«Les inoubliables. Les maîtres de l’Art Amazighe» que vient de publier M. Abdelmalek Hamzaoui, est le fruit d’une longue recherche de terrain à travers le Maroc en général et la région du Moyen Atlas plus précisément. L’auteur a sillonné tout le pays à la recherche et à la rencontre des vétérans du chant instrumentalisé amazighe. Des artistes appartenant à la deuxième génération, pour les vivants, les successeurs de l’immortel Ouâassim Hamou Lyazid considéré comme le père spirituel de la chanson amazighe dans le Maroc central ou, les décédés, ses contemporains. La tâche n’était pas de tout facile pour l’auteur. Il a fallu établir des programmes hebdomadaires, des voyages et des déplacements pour se rendre dans les villes, villages voire même dans des douars où résidaient les artistes vivants ou les familles de ceux qui sont décédés. M. Hamzaoui raconte combien de fois ses voyages se sont soldés par des échecs soit parce que des imprévus inattendus, des contre temps ou des contraintes liés aux conditions de vie de la tanazurt ou l’anazur qui n’apparaissaient qu’à la dernière minute et sans préavis. D’El-Hajeb d’où il partait, à la recherche de la matière première, en direction de nombreuses villes, villages et douars… Des lieux où l’ensemble des habitants sont toujours attachés à leur identité culturelle et à leur langue maternelle, Tamazight. Des lieux marginalisés mais fantastiques. Des lieux d’inspiration. Des lieux où la majorité des artistes, traités dans cet ouvrage, ont vu le jour …

Le grand berbérisant Michaël Peyron, qui a préfacé ce louable travail de fourmi, souligne : «…En tout cas, pour celui qui entend tout savoir sur les hommes et les femmes humbles serviteurs de l’amazighité (timuzgha) — qui ont animé cette scène musicale moyen-atlasienne pendant les cinq dernières décennies, ce livre tombe à point nommé. C’est aussi le résultat d’un travail de fourmi de la part d’un fils du pays: Abdelmalek Hamzaoui. De plus, l’ouvrage est bien documenté et agréable à lire.

En effet, l’auteur fait le point sur les différents musiciens, trouvères (incadden) et troubadours (imdyazn) —fervents et obscurs magiciens du lutar et de l’allun, largement ignorés du grand public marocain — qui ont contribué à la renommée du Fazaz depuis les années 1960. Environ quarante artistes y font l’objet d’une description détaillée. Chaque rubrique comprend une biographie succincte retraçant les origines et aspirations, ainsi que le parcours de l’artiste; les titres de ses principales chansons (voire des extraits entiers); des facsimiles de documents d’identité; des clichés en noir et blanc surtout, où l’auteur lui-même est souvent photographié en compagnie de tel ou tel protagoniste. Car il convient de préciser que, pendant des semaines et des mois ce chercheur infatigable, lui-même basé à El Hajeb, a parcouru le pays amazigh à la rencontre de ces artistes méconnus; a tenu à s’entretenir avec chacun d’entre eux. Tout cela par souci d’authenticité et de vérité».

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