L’Assemblée Mondiale Amazighe demande au Secrétaire Général des Nations Unies des mesures urgentes pour mettre fin à la discrimination raciale à l’encontre des communautés autochtones de Libye

L’Assemblée Mondiale Amazighe demande au Secrétaire Général des Nations Unies des mesures urgentes pour mettre fin à la discrimination raciale à l’encontre des communautés autochtones de Libye

Son Excellence M. António Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies.

Objet : Libye. Demande de mesures urgentes pour mettre fin à la discrimination raciale à l’encontre des communautés autochtones (Amazighs, Touaregs et Toubous), privées de participation aux accords de paix de Tunis de la part de votre représentante, Mme. Stéphanie Williams

Monsieur Le Secrétaire Général,

Vous avez déclaré aux libyens à l’ouverture de ces pourparlers de Tunisie que : « Vous avez la possibilité de mettre fin à un conflit tragique et de créer un avenir de dignité et d’espoir … C’est maintenant à vous de façonner l’avenir de votre pays. Votre engagement en faveur de ce processus contribuera à restaurer la souveraineté libyenne et la légitimité démocratique des institutions libyennes …

L’avenir de la Libye et de tout son peuple est plus grand que toute différence partisane ou individuelle. L’avenir de la Libye est désormais entre vos mains».

Permettez-nous de vous confesser que nous déplorons beaucoup des conséquences négatives des pourparlers politiques inter-libyens de Tunis, qui viennent de s’achever, du fait notoire de l’exclusion, encore une fois, des représentants des communautés autochtones (Amazighs, Touarègues et Toubous), de la part de votre représentante en Libye, Mme. Stéphanie Williams, cheffe de la Mission d’Appui des Nations Unies pour la Libye (MANUL).

Cette dernière, qui s’est limitée aux 75 personnalités au sommet des pourparlers de Tunis, n’a malheureusement pas répondu positivement aux appels des représentants des populations autochtones de la Libye.

Sachez bien que ces 75 « personnalités » triées, -qui ne se sont pas mis d’accord sur la composition du gouvernement transitoire-, sont en fait soit des personnes proches des « frères musulmans », alliées de la Turquie et de Qatar (sachant que cet émirat fait tout son possible pour torpiller toute solution politique au conflit fratricide libyen), soit des « nationalistes arabistes », proches de l’Egypte et des Emirats Arabes Unis, connus pour leur adversité à l’identité, à la langue, à l’histoire et civilisation amazighes. Ces soi-disant personnalités ne représentent aucunement ni les Toubous, ni les Touarègues ni les Amazighs de Jbel Nefoussa, et ne respectent pas les conventions internationales comme la déclaration universelle des droits humains et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et malgré le fait que ces derniers ont rendu un énorme service au gouvernement de Fayez al-Serraj, en contribuant efficacement à stopper l’avancée militaire du maréchal Khalifa Haftar dans la Tripolitaine.

Tant qu’ils seront objet de l’exclusion aux postes de direction (du nouvel exécutif : conseil de la présidence, gouvernement d’unité nationale et l’élection de nouveau Premier ministre) et de comité de la révision de texte constitutionnelle, soyez sûr que les élections prévus pour le 24 décembre 2021/2971 ne seront jamais garanties!

Monsieur Le Secrétaire Général,

Nous saluons les énormes efforts déployés par les institutions de l’ONU, par l’UE et par le Royaume du Maroc … pour encourager les libyens à trouver des solutions politiques et pacifiques, qui garantiraient la stabilité, la paix et le progrès au peuple libyen et à ses aspirations démocratiques.

Mais malheureusement, je pourrais vous affirmer que vos énormes efforts diplomatiques en faveur de la relance d’un processus politique inclusif dirigé par les Libyens eux-mêmes, sur le dialogue et sur une véritable réconciliation nationale, respectant la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité territoriale de la Libye, ne pourront jamais aboutir à leurs fins si on exclut une partie importante du peuple libyen !

En définitive, il ne pourrait y avoir d’élections législatives et présidentielles, si les libyens n’adoptent une nouvelle « constitution postrévolutionnaire qui inclurait incontestablement la reconnaissance des langues et identités libyennes, dont la langue amazighe comme langue nationale et officielle, ainsi qu’un régime politique de type fédéral avec la représentation aux plus hautes instances du pouvoir des trois importantes régions de la Libye » , et offrir une pleine priorité aux peuples autochtones qui ont eu le mérite d’avoir débarrassé la Libye de décennies de dictature, et qui attendent, par conséquent et avec impatience, une nouvelle Libye qui leur garantisse tous leurs droits linguistiques, culturels et politiques … loin de toute exclusion et marginalisation.

Veuillez agréer, Monsieur Le Secrétaire Général, mes salutations les plus distinguées.

Signé: Rachid RAHA
Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe

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