Le Maroc et l’Espagne et le besoin de passer à la vitesse supérieure

Dr. Mohamed Chtatou

Au cours des douze derniers siècles, l’Espagne et l’Afrique du Nord ont périodiquement déplacé les frontières politiques, et ce changement a pour résultat aujourd’hui dans un étrange mélange du Nord et du Sud. Le détroit de Gibraltar, qui fait moins de 14 km à son point le plus étroit, divise non seulement deux continents, mais aussi deux cultures très différentes : la culture de l’Europe occidentale, et de l’Espagne et la culture orientale du Maroc amazigho-africain. [i]

Outre leurs différences culturelles, l’Espagne et le Maroc sont également différents en termes de développement économique et industriel : l’Espagne fait partie du bloc des pays développés et industrialisés des nations du Nord ; Le Maroc est l’une des nations du Sud en développement dynamique, certes, mais moins que celui de l’Europe Méditerranéenne. [ii]

L’histoire commune du Maroc et de l’Espagne

L’histoire des relations maroco-espagnoles est un mélange fascinant de coopération, de conflits et d’échanges culturels. La proximité géographique du Maroc et de l’Espagne, séparés seulement par l’étroit détroit de Gibraltar, a donné naissance à une longue histoire d’interaction et d’influence mutuelle qui a façonné le destin des deux nations.

Au début du Moyen Âge, la péninsule ibérique abritait une population mixte de chrétiens, juifs et musulmans. En 711 après JC, le califat omeyyade, basé à Damas, envoya une armée d’Afrique du Nord sous la direction du général amazigh Tariq ibn Ziyad. Ils conquirent rapidement la majeure partie de la péninsule, établissant al-Andalus, [iii] un État musulman protégé par une armée amazighe qui durera jusqu’en 1492.

Toutefois pour Xavier Ferrer-Gallardo, une nouvelle frontière prend place : [iv]

‘’ La fin de la reconquista, en 1492, a coïncidé avec le tracé d’une frontière plutôt stable entre le christianisme et l’islam en Méditerranée occidentale (Driessen, 1992). La conquête castillane et portugaise des territoires maghrébins, et par conséquent la définition préliminaire des frontières (UE)ro-africaines actuelles, s’est produite dans ce scénario historique de délimitation politique, culturelle et territoriale. Ceuta tomba aux mains des Portugais en 1415 (elle devint espagnole en 1668), tandis que Melilla fut conquise par la Castille en 1497. La principale différence entre les frontières mobiles ibériques de la reconquista et celles établies sur le continent africain réside dans le fait que le les premières étaient des frontières d’expansion, tandis que les secondes (du moins au début) étaient des frontières de contraction. Depuis la capture des territoires nord-africains par les Portugais et les Castillans jusqu’à leur développement ultérieur, d’abord en comptoirs commerciaux dynamiques, puis en bases de pénétration coloniale, Ceuta et Melilla ont essentiellement fonctionné comme des presidios (garnisons militaires).’’

La période connue sous le nom de ‘’Convivencia’’ (Coexistence) [v] a vu chrétiens, juifs et musulmans vivre ensemble dans une relative harmonie, contribuant ainsi à une communauté commune caractérisée par des réalisations monumentales dans les domaines de la science, de la philosophie, de l’art et de la littérature. L’influence de cette époque fut telle qu’elle laissa son empreinte sur la langue espagnole, avec des centaines de mots d’origine arabe. [vi]

La Reconquista, une série de guerres menées par les royaumes chrétiens pour reconquérir la péninsule ibérique, a radicalement modifié l’équilibre des pouvoirs. En 1492, le dernier royaume musulman de Grenade, tomba, entraînant l’expulsion de nombreux juifs et musulmans. Aux XVIe et XVIIe siècles, le conflit entre l’Espagne et le Maroc a pris la mer, les deux camps se livrant à la piraterie et aux pillages. Cette période, connue sous le nom de siècle corsaire, fut marquée par de fréquentes batailles navales et des escarmouches le long des côtes. [vii]

Les relations maroco-espagnoles sont parmi les plus complexes de l’histoire, ayant connu de nombreux hauts et bas. En raison des relations géographiques et socioculturelles entre les deux nations, les relations remontent à l’Antiquité. Au fil des siècles, ces deux pays ont connu de nombreuses formes d’interaction culturelle, notamment les guerres, le commerce et l’immigration, qui ont toutes façonné leurs relations historiques et politiques. Aujourd’hui, ces relations sont régies par les vestiges du passé, ainsi que par un réseau complexe d’intérêts convergents et divergents. [viii]

Pendant des millénaires, il y a eu un échange culturel éblouissant entre le Maroc et l’Espagne, commençant avec la période romaine et culminant avec les dynasties amazighes  almoravides [ix] et almohades au cours desquelles les dirigeants berbères de Marrakech sont intervenus en Espagne, empêchant l’effondrement de la domination musulmane en Espagne et au cours de laquelle ils ont  commandé des monuments aussi stupéfiants que le minaret de la Koutoubiyya à Marrakech et La Giralda à Séville qui reliaient l’Espagne et le Maroc à travers un langage architectural commun. [x]

En regardant le nombre de personnes qui quittent le Maroc pour l’Espagne et vice versa, apportant avec eux des coutumes et un art commun, je me souviens de la futilité des frontières et de l’émerveillement devant le pouvoir des traditions.

Ce qui est si fascinant dans une exploration du Maroc et d’al-Andalus, ce n’est pas seulement le grand nombre de sites exceptionnels qui peuvent être vus en même temps, mais surtout la possibilité de considérer l’ampleur des échanges culturels entre les deux pays sur une période aussi prolongée. Une période de temps, unissant deux continents qui autrement pourraient facilement être considérés comme si différents. Le magnifique palais d’Alhambra est un symbole de la Reconquista, capturant le moment où les rois catholiques Ferdinand et Isabelle ont vaincu le dernier sultan nasride, Mohammed XII, mettant ainsi fin à la période autrefois éblouissante de domination musulmane en Espagne. [xi]

Ce moment de 1492, commémoré par l’adoption par les monarques espagnols de la grenade comme symbole, fut également marqué par l’expulsion des Juifs de toutes les terres espagnoles et par la ratification d’une série de lois restrictives contre les musulmans qui conduisirent à leur expulsion non longtemps après. [xii] La ligne séparant les chrétiens et les non-chrétiens, les Européens et les Africains a ainsi été consacrée, permettant aux Reyes Catolicos d’unir leurs sujets disparates grâce à la pratique éprouvée du bouc émissaire. Comme de nombreux Espagnols non chrétiens, les Morisques et les Mudéjars, se sont retrouvés au Maroc, cette division s’est jouée en termes géographiques.

Nouvelle ère de coopération

Dans un revirement remarquable, le Maroc et l’Espagne sont sortis d’une marasme diplomatique majeur et ont renforcé leurs liens, annonçant une nouvelle ère de coopération et de respect mutuel. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a souligné la solidité des relations entre les deux nations, mettant en exergue l’esprit de partenariat qui prévaut désormais. [xiii]

Sanchez a salué en 2023 la dynamique positive de la coopération et du partenariat stratégique entre le Maroc et l’Espagne. Il a salué les différents types de liens qui existent entre les deux pays, en particulier les liens solides entre leurs citoyens et leurs entreprises. Dans un article intitulé « Un pays responsable, engagé et solidaire » publié dans la revue spécialisée « Politica Exterior« , Sánchez renforce l’importance de la relation avec le Maroc dans le cadre de la politique étrangère espagnole. ”L’Espagne est le premier partenaire commercial et le troisième investisseur au Maroc”, rappelle le chef du gouvernement espagnol dans cet article. [xiv]

Lors de sa récente visite au Maroc (Février 2024) le Premier Ministre espagnol a salué à cet égard les liens « extraordinaires et positifs » entre le Maroc et l’Espagne, notant qu’ils couvrent plusieurs domaines, notamment le commerce, le tourisme, la sécurité et la migration. Sánchez a également indiqué que sa visite de travail au Maroc s’inscrit dans le cadre d’une volonté commune de renforcer davantage les relations bilatérales qui sont ‘’stratégiques pour les deux pays’’.

Le président du gouvernement espagnol a noté que les deux parties poursuivent la mise en œuvre des projets adoptés lors de la réunion de haut niveau de 2023, notamment dans les domaines de l’éducation, de la coopération culturelle et de la sécurité sociale qui, a-t-il dit, revêtent une grande importance pour les Marocains vivant en Espagne. Sánchez a également souligné que sa visite de travail au Maroc était l’occasion d’aborder plusieurs questions régionales et internationales.

La crise diplomatique qui a secoué les milieux politiques espagnols pendant près d’un an a finalement été résolue. La crise a éclaté lorsque l’Espagne a accueilli clandestinement Brahim Ghali, le chef de la milice séparatiste du Polisario, soulevant ainsi des doutes sur la position de l’Espagne sur la question du Sahara. En réponse, le Maroc a exigé des éclaircissements de la part de Madrid. Cependant, une lettre de Sanchez au roi Mohammed VI exprimant son soutien à la proposition d’autonomie comme solution sérieuse a contribué à combler le fossé. [xv] Depuis lors, les deux pays ont travaillé à une relation renouvelée caractérisée par l’égalité, le respect et un dialogue continu. Une feuille de route a été établie en 2022 pour guider la mise en œuvre de ce nouveau partenariat.

Amitié et bon voisinage

Depuis la signature en 1991 du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, les deux pays ont fait preuve d’un engagement sans faille à faire avancer leur partenariat stratégique, fort et diversifié, dans plusieurs domaines d’intérêt commun. [xvi]

Le Maroc et l’Espagne entretiennent des relations stratégiques et exemplaires à tous les niveaux : politique, économique, culturel et social, reflétant les valeurs communes de démocratie, de bon voisinage et de respect mutuel.

L’aspect politique revêt une importance particulière entre le Maroc et l’Espagne. Les deux pays sont des alliés stratégiques dans une zone et un contexte géopolitique très sensibles, nécessitant une concertation et un dialogue permanent pour faire face aux défis auxquels est confrontée la région méditerranéenne, notamment ceux liés à la migration.

Les relations maroco-espagnoles en matière de migration sont assez anciennes du fait de l’existence d’une importante communauté d’origine marocaine en Espagne, qui compte près de 759.999 personnes, et de la préoccupation partagée au niveau de la gestion des migrations, des deux pays, appartenant à l’espace méditerranéen, marqué par des flux migratoires importants, notamment en provenance d’Afrique subsaharienne, qui posent des défis sécuritaires majeurs liés au contrôle des frontières.

La Coupe du monde de football masculin 2030 se déroulera en Espagne, au Portugal et au Maroc, avec un match chacun en Uruguay, en Argentine et au Paraguay. Pour 2030, la FIFA considère le tournoi transcontinental comme un moyen de propager ‘’la paix, la tolérance et l’inclusion’’.

Pour Gianni Infantino, le président de la FIFA cette ce tournoi représente : [xvii]

‘’Deux continents – l’Afrique et l’Europe – unis non seulement pour célébrer le football, mais aussi pour offrir une cohésion sociale et culturelle unique. Quel grand message de paix, de tolérance et d’inclusion’’.

Mais aussi d’après lui :

’En 2030, nous aurons une empreinte mondiale unique, trois continents – l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Sud – six pays – l’Argentine, le Maroc, le Paraguay, le Portugal, l’Espagne et l’Uruguay – accueillant et unissant le monde tout en célébrant ensemble le beau jeu, le centenaire et la Coupe du Monde de la FIFA’’.

En réalité, cette coupe du monde est un bel exemple de l’amitié maroco-ibérique et un dialogue interculturel entre l’Afrique et l’Europe et une occasion pour l’Europe de s’ouvrir sur le continent africain.

Le ‘’vivre ensemble’’ Maroc-Espagne

Dans l’esprit du ‘’vivre ensemble’’, le Maroc et l’Espagne gèrent efficacement l’opération de transit ‘’Marhaba’’ à travers le détroit de Gibraltar, qui permet à un flux de plusieurs millions de Marocains résidant à l’étranger de transiter dans les deux sens et dans les meilleures conditions. Cette opération, devenue un modèle au niveau mondial, symbolise le niveau de coopération et de partenariat développé entre les deux pays et la parfaite coordination entre toutes les parties prenantes. Durant la saison estivale de 2017, 2.789.981 personnes sont rentrées au Maroc, soit une augmentation de 5,89% par rapport à 2016.

Ainsi, le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et le Secrétariat général de l’émigration et de l’immigration, ont mis en place un forum d’échange et de concertation sur les questions liées à la migration, dénommé ‘’Forum maroco-espagnol sur l’immigration et l’intégration’’. [xviii]

La première édition de ce Forum a été organisée conjointement les 19 et 20 novembre 2015 à Madrid. L’organisation de ce forum a été l’occasion d’établir un cadre permanent de dialogue sur diverses questions liées à la migration, y compris les aspects d’intégration. Par ailleurs, la coordination maroco-espagnole vise à renforcer davantage certaines initiatives communes liées à l’immigration, comme la mise en œuvre du projet stratégique ‘’Vivre ensemble sans discrimination’’, qui s’appuie sur les droits de l’homme et la perspective de genre, tout en prenant en compte la dimension culturelle comme un vecteur d’intégration et de vivre ensemble. Ces initiatives et programmes contribuent au renforcement des politiques publiques visant à prévenir et à sensibiliser l’ensemble des acteurs et des populations à la question de la diversité et du respect de la population migrante sur la base de la protection des droits humains des migrants et de la promotion du vivre ensemble.

A cet égard, le Maroc et l’Espagne sont conscients de l’importance de promouvoir la diversité et la cohésion entre les deux cultures à travers un accompagnement clair et responsable, et d’éviter les conséquences inacceptables du rejet, notamment à l’encontre des jeunes. Abandonnés à eux-mêmes, les jeunes peuvent être confrontés à des récits qui alimentent la haine et augmentent les risques de dérapages dans un environnement marqué par la montée de la xénophobie et des extrémismes de toutes sortes.

Dans ce sens, le Ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et le Secrétariat Général de l’Émigration et de l’Immigration en Espagne ont organisé la 2ème édition du Forum maroco-espagnol les 20 et 21 mars 2018 à Rabat, sur le thème : ‘’Vivre ensemble’’, afin de mieux comprendre et analyser en profondeur ce sujet important.

L’organisation de ce Forum, qui a rassemblé une pléthore de hauts fonctionnaires, diplomates, professeurs d’université, experts et acteurs de la société civile, témoigne de l’intérêt porté par les deux pays au phénomène migratoire dans toutes ses dimensions, et de la volonté affichée d’en renforcer le cadre de partenariat et de coopération exemplaire entre le Royaume du Maroc et le Royaume d’Espagne.

Les objectifs de ce forum sont comme suit :

  • Étudier les bonnes pratiques existantes en matière de diversité culturelle et de vivre ensemble comme leviers d’intégration et de respect des droits des migrants ;
  • Ouvrir un débat avec des experts, des chercheurs et des membres de la société civile marocains et espagnols afin de formuler des propositions concrètes sur la mise en œuvre du projet ‘’Vivre ensemble’’ ;
  • Elaborer une feuille de route pour consolider la coopération maroco-espagnole dans le domaine de l’intégration des migrants ;
  • Construire des mécanismes de collaboration et initier des forums et des groupes d’influence sur la question du ‘’Vivre ensemble’’ ; et
  • Identifier les actions concrètes à mettre en œuvre pour favoriser le ‘’Vivre ensemble’’.

L’espace politique de la migration

La politique migratoire des pays de l’UE fait du Nord du Maroc l’une des zones centrales de préoccupation : une croissance démographique rapide, un grave problème de chômage des jeunes et une stagnation économique. On considère que l’économie crée d’énormes pressions en faveur de la migration, en particulier pour les jeunes. [xix]

La politique de ‘’fermeture des portes’’ progressivement mise en œuvre en Europe occidentale (à partir du milieu des années 1980) a naturellement laissé une empreinte sur les communautés du nord du Maroc, où pour des décennies les hommes étaient en mouvement sans contrainte.

Pour Xavier Ferrer-Gallardo la frontière entre l’Espagne et le Maroc est une métaphore complexe à plus d’un titre : [xx]

‘’ On pourrait affirmer que la frontière entre l’Espagne et le Maroc fonctionne comme un « fournisseur de métaphores » prolifique. Il est en effet construit sur un amalgame complexe d’affrontements et d’alliances : l’Espagne et le Maroc ; Christianisme et Islam ; Europe et Afrique ; Territoire de l’UE et territoire hors UE ; un nord prospère et un sud pauvre ; ancien colonisateur et autrefois colonisé. Un large éventail de facteurs géographiques, historiques, politiques, sociaux, culturels et économiques sont en jeu dans le paysage frontalier hispano-marocain. L’extrême puissance symbolique de ces nombreuses convergences et divergences pose des défis analytiques.’’

La route de la Méditerranée occidentale, qui comprend les routes maritimes reliant le Maroc et vers l’Espagne continentale a été empruntée par plus de 56 000 personnes en 2018. Ce fut l’année de pointe pour cet itinéraire ; le nombre est ensuite tombé à 23 900 en 2019 ; et à 16 300 en 2021 fin octobre. En 2020, un nombre croissant de personnes ont tenté de traverser illégalement de la côte nord-ouest de l’Afrique jusqu’aux îles espagnoles des Canaries, une route qui n’avait pas été utilisée par un nombre significatif de personnes depuis le milieu des années 2000.

Les recherches indiquent que les personnes en déplacement qui font appel à des passeurs ou facilitateurs pour atteindre le Maroc par voie terrestre sont pour la plupart originaires des pays francophones de l’Ouest et du Sud. Selon le ministère marocain de l’Intérieur, les migrants objet d’un trafic illicite interceptés par les autorités viennent généralement du Sénégal, de Côte d’Ivoire, de Guinée, Mali et Cameroun. [xxi]

Les autorités marocaines rapportent avoir remarqué peu ou pas de changement dans les nationalités des migrants et des réfugiés objet d’un trafic illicite interceptés au cours des cinq dernières années. Bien qu’aucune statistique officielle ne soit disponible sur la nationalité, l’âge et le sexe des personnes introduites clandestinement vers Maroc, les autorités marocaines ont intercepté principalement des jeunes hommes, âgés de 18 à 35 ans, mais elles on a également enregistré une proportion croissante de femmes et d’enfants.

Les personnes se déplaçant irrégulièrement de l’Afrique de l’Ouest et centrale vers le Maroc le font pour chercher la sécurité loin des conflits, persécutions, pratiques néfastes (par exemple : la mutilation génitale féminine (MGF), mariage forcé, agressions sur les femmes, etc.) et autres problèmes, et recherchent de meilleures opportunités économiques. [xxii]

Le ministère de l’Intérieur du Maroc confirme que les personnes faisant l’objet d’un trafic illicites interceptés proviennent pour la plupart d’un contexte socio-économique très défavorisé.

De nombreuses personnes originaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale qui arrivent irrégulièrement cherchent à trouver un emploi, et régulariser leur séjour autant que possible. Dans certains cas, si des personnes ont tenté sans succès d’entrer en Espagne, ils pourraient reconsidérer le Maroc pour une résidence de longue durée. [xxiii]

Maroc-Espagne : conflits et coopération

Au XIXe et au début du XXe siècle, les puissances européennes se sont efforcées de prendre le contrôle de l’Afrique. L’Espagne, cherchant à accroître son influence, a négocié avec la France et le Royaume-Uni pour établir un protectorat sur le nord du Maroc en 1912. Cette période, qui a duré jusqu’en 1956, a été marquée par de fréquentes résistances marocaines contre la domination espagnole. Le plus notable de ces soulèvements fut la guerre du Rif (1921-1926), menée par le leader nationaliste amazigh Ben Abdelkrim. [xxiv] Malgré les premières victoires, les forces du Rif furent finalement vaincues par une force combinée franco-espagnole. Le conflit est considéré comme un précurseur de la lutte du Maroc pour l’indépendance.

Le Maroc a obtenu son indépendance de la France et de l’Espagne en 1956, marquant un nouveau chapitre dans les relations maroco-espagnoles. Les deux pays entretiennent depuis lors des relations diplomatiques, malgré des tensions occasionnelles. La principale source de discorde avec l’Espagne a été le statut de Ceuta et Melilla, deux enclaves de la côte marocaine qui restent sous souveraineté espagnole. Le Maroc a appelé à plusieurs reprises l’Espagne à renoncer au contrôle de ces territoires, une demande que l’Espagne a toujours refusée. [xxv]

Ces dernières années, les relations maroco-espagnoles ont été caractérisées par un mélange de coopération et de conflit. D’une part, les deux pays collaborent sur des questions telles que la lutte contre le terrorisme, le contrôle des migrations et le commerce. D’un autre côté, les différends sur les questions territoriales, la migration et le statut du Sahara occidental continuent de tendre les relations. Toutefois, le Maroc et l’Espagne ont reconnu l’importance de maintenir des relations bilatérales solides et ont déployé des efforts pour améliorer la coopération dans divers domaines. Les échanges commerciaux entre les deux pays sont florissants, l’Espagne étant l’un des principaux partenaires commerciaux du Maroc.

De plus, les flux touristiques entre les deux pays sont importants, avec des milliers de touristes espagnols visitant le Maroc chaque année et vice versa. La question de la migration a été un point de discorde important dans les relations maroco-espagnoles. L’Espagne a été un point d’entrée principal pour les migrants d’Afrique du Nord, y compris du Maroc. L’afflux de migrants irréguliers a mis sous pression les systèmes espagnols de contrôle des frontières et d’immigration, entraînant des tensions occasionnelles entre les deux pays. Cependant, ils ont également collaboré à des initiatives conjointes pour relever les défis posés par la migration irrégulière et améliorer la sécurité des frontières.

Une autre question de longue date entre le Maroc et l’Espagne concerne le statut du territoire contesté du Sahara occidental. L’Espagne était l’ancienne puissance coloniale du Sahara occidental et son retrait en 1975 a conduit à un différend territorial entre le Maroc et le mouvement indépendantiste sahraoui, le Front Polisario. L’Espagne a maintenu une position neutre sur la question, mais ses relations avec le Maroc ont parfois été tendues en raison de désaccords sur le Sahara occidental.

Les échanges culturels entre le Maroc et l’Espagne ont été dynamiques et influents tout au long de l’histoire. L’architecture et l’art mauresques du sud de l’Espagne témoignent des siècles de présence islamique dans la péninsule ibérique. La cuisine espagnole a également été fortement influencée par les saveurs et les ingrédients marocains, avec des plats comme la paella et le gaspacho qui doivent leurs origines aux traditions culinaires maures. L’histoire des relations maroco-espagnoles est une tapisserie complexe, tissée de fils de coopération, de conflits et d’échanges culturels. [xxvi]

Aujourd’hui le Maroc se trouve en position de gendarme pour l’Espagne, en premier lieu, et l’Europe, en deuxième lieu. [xxvii] En effet, l’Europe (FRONTEX) [xxviii] a délocalisé la frontière européenne vers le Maroc, sans grande aide en contrepartie. Ainsi, le Maroc se trouve encombré par de milliers de migrants africains illégaux qui ne peuvent pas aller en Europe qui, entre temps, est devenue une forteresse quasiment imprenable.

Dans cette optique, Mustapha Hadji écrit : [xxix]

“Les politiques migratoires de l’UE et de ses États membres font du Maroc un « Gendarme de l’Europe » de facto, une fonction que le pays ne veut catégoriquement pas remplir ni s’identifier. La position et le sentiment du Maroc à cet égard ont été clairement exprimés en 2013 par M. Saad Eddine El Othmani, alors ministre des Affaires étrangères et de la Coopération (actuel chef du gouvernement), lorsqu’il a déclaré sans équivoque que le Maroc refusait d’être le gendarme de l’Europe. La position politique publique du Maroc sur cette question est en décalage avec ce qui se passe sur le terrain. Les pressions de l’UE (politiques, économiques et financières) et les engagements du pays dans les différents cadres de coopération avec l’UE et ses États membres ont en effet fait du Maroc la première ligne de défense contre les migrants sans papiers.”

Coopération décentralisée

L’Association Marocaine des Présidents des Conseils Préfectoraux et Provinciaux (AMPCPP) [xxx] a organisé lundi 15 janvier 2024 à Rabat, un atelier sur la coopération décentralisée entre les autorités locales marocaines et leurs homologues des communautés d’Andalousie et des îles Canaries. [xxxi]

L’objectif de cet atelier, qui s’inscrit dans la forte impulsion donnée aux relations entre le Maroc et l’Espagne, est de renforcer les relations entre les autorités locales marocaines et espagnoles. Cela s’inscrit dans les objectifs fixés par l’Association de coopération et de partenariat avec le gouvernement et organisations non-gouvernementales nationales et internationales poursuivant les mêmes objectifs. [xxxii]

A cette occasion, le président de l’AMPCPP, Abdelaziz Derouiche, a mis en exergue les relations historiques et authentiques entre le Maroc et l’Espagne, qui connaissent une dynamique soutenue, rappelant que le Maroc est désormais le premier partenaire commercial de l’Espagne sur le continent africain.

Il a également cité la présence de plus d’un millier d’entreprises espagnoles au Maroc, ainsi que l’attribution au Maroc, à l’Espagne et au Portugal de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030, un événement historique sur le plan sportif, géopolitique, culturel, humain et économique.

Pour accompagner cette dynamique des relations bilatérales, M. Derouiche a souligné que les autorités locales et les conseils régionaux et préfectoraux des deux royaumes sont appelés à accompagner cette nouvelle étape, à travers une coopération décentralisée fructueuse, notant que cet atelier serait l’occasion d’échanger sur l’expérience des deux pays dans ce domaine. Il a noté que l’atelier serait l’occasion de discuter de l’expérience des deux pays dans ce domaine, d’examiner les moyens de renforcer les relations entre les deux parties et d’échanger les meilleures pratiques en matière de gestion locale, en particulier à une époque où les autorités locales du monde entier sont confrontées aux mêmes défis. [xxxiii]

Il a également noté que le processus de décentralisation au Maroc a fait l’objet de réformes en profondeur ces dernières années, permettant aux autorités locales de se positionner comme des acteurs clés dans l’accélération du développement du pays, la mise en œuvre de la dynamique économique et renforcement de la démocratie et du développement dans le Royaume.

De son côté, Mohamed Chakir, de la Direction générale des collectivités locales du ministère de l’Intérieur, a indiqué que la coopération entre les collectivités locales marocaines et espagnoles s’articule autour de deux axes principaux. L’Espagne se concentre sur deux domaines principaux : les relations bilatérales entre les collectivités locales et régionales, et le programme de coopération pour le développement local et régional visant à mettre en œuvre le plan stratégique des autorités locales et régionales.

Il a cité plusieurs accords de jumelage signés avec des autorités locales espagnoles, notamment Rabat-Séville, Rabat-Madrid, Chefchaouen-Ronda, Fès-Cordoue, outre la coopération sur les communes rurales au Maroc et la formation en communication pour élaborer des plans de communication stratégiques.

De son côté, Nada El Jarid, cheffe de la division des relations avec les acteurs non étatiques au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant  à l’étranger, a eu le plaisir d’annoncer qu’elle a été invitée à participer à une formation portant sur la « Coopération avec les acteurs non étatiques au Maroc » et a affirmé que le ministère œuvre au renforcement du rôle des autorités locales et régionales, conformément aux Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, pour soutenir la diplomatie parallèle, notant que les différents départements travaillent en coordination avec les représentations diplomatiques et les centres consulaires à l’étranger pour soutenir la coopération internationale décentralisée, qui revêt une grande importance dans le renforcement des relations bilatérales.

A cette occasion, elle a réitéré l’engagement total du ministère à soutenir le renforcement des capacités locales et l’échange d’expériences entre autorités locales, et à promouvoir le développement de l’économie locale une voie vers la bonne gouvernance et l’amélioration du niveau de vie des citoyens.

Concepcion Brito Nunez, présidente de la Fédération des municipalités des îles Canaries, a décrit l’atelier comme une opportunité importante pour explorer de nouvelles opportunités de coopération entre les deux régions dans les domaines des affaires locales et du développement local.

Mme Nunez a identifié plusieurs domaines de coopération potentielle entre les autorités locales marocaines et canariennes, notamment dans les domaines économique et culturel, tout en profitant de la proximité géographique entre les deux pays.

Prenant la parole à son tour, José Enrique Millo Rocher, secrétaire à l’action extérieure de l’Union européenne et à la coopération au sein du gouvernement de la région d’Andalousie, a salué cette initiative de l’AMPCPP, qui renforce la solide stratégie de coopération entre le Maroc et l’Espagne, et qui est une étape supplémentaire vers la collaboration et la recherche de nouvelles voies de collaboration et d’instruments pour financer cette collaboration. Il a également exprimé la volonté des deux parties de consolider davantage ces relations, se disant « convaincu qu’en travaillant ensemble, nous pouvons obtenir de meilleurs résultats« .

L’AMPCPP, créée le 28 janvier 2019, est composée des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux du Royaume du Maroc. Son objectif est de créer une instance qui leur permettra de contribuer efficacement au renforcement du processus de décentralisation administrative et à faire du projet de régionalisation avancée une réalité au Maroc, tout en renforçant la dynamique associative des collectivités locales marocaines.

Au sujet de cette rencontre fort intéressante entre les autorités locales des deux rive Daniel Abascal écrit dans Atalayar : [xxxiv]

‘’ Le maire de Malaga, Francisco de La Torre Prados, présentera à ses hôtes marocains à Rabat, un recueil des 25 années de coopération de la ville de Malaga avec les villes du Royaume du Maroc, en effet Malaga est la ville espagnole qui mène la coopération décentralisée avec le pays voisin, Celle-ci ne s’est pas limitée à la signature d’accords, mais depuis plus de deux décennies et toujours avec le soutien de l’Union européenne, elle a réussi à tisser un réseau de coopération avec des villes du Nord et du Sud du Maroc et à développer plusieurs projets qui ont permis de mener des activités dans plusieurs domaines prioritaires pour les municipalités tels que l’amélioration de la gouvernance municipale, la promotion de l’entrepreneuriat et la dynamisation de l’économie locale ou encore la réhabilitation et la valorisation du patrimoine architectural.’’

Conclusion : pour un excellent modèle de bon voisinage et de coopération

La proximité géographique des deux nations (Maroc et Espagne) a façonné leurs destins et favorisé une profonde interdépendance. Même s’il y a eu des périodes de tension et de désaccord, le Maroc et l’Espagne reconnaissent l’importance de maintenir des relations solides pour le bénéfice de leurs peuples et la stabilité de la région. Alors qu’ils font face aux défis du monde moderne, leurs liens historiques et leurs intérêts communs continuent de façonner leurs relations, promettant un avenir de coopération et de compréhension mutuelle. [xxxv]

Pour Oumama Aouad Lahrech cette coopération entre les deux rives doit se concrétiser comme suit : [xxxvi]

 ‘’De mon point de vue, nous devons créer des barrières qui résistent aux fluctuations qui continueront de marquer les relations politiques face aux nombreuses sources de conflits qui persistent. L’un de ces obstacles pourrait être, par exemple, la création d’intérêts économiques suffisamment forts. L’autre barrière pourrait être érigée par les associations de la société civile, qui doivent resserrer leurs liens par tous les moyens. Si nous arrivons à créer entre les deux rives un tissu solide de réseaux institutionnels et personnels de toutes sortes – ONG, médias, chercheurs, enseignants, femmes, artistes, athlètes, etc. – nous pourrons atténuer les tensions politiques et produire une atmosphère plus sereine qui, au contraire, si les problèmes s’aggravent, cela facilitera leur solution.’’

La récente visite de travail au Maroc (février 2024) du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, marque la mise en œuvre de la feuille de route maroco-espagnole dans divers domaines, notamment dans les domaines de l’économie et du commerce. [xxxvii]

Le Président du Gouvernement espagnol a salué et souligné l’intérêt de l’Espagne pour les initiatives stratégiques lancées par Sa Majesté le Roi, notamment l’Initiative côtière de l’Afrique atlantique, l’Initiative royale visant à permettre l’accès à l’Atlantique des pays du Sahel et le Gazoduc Afrique-Atlantique Nigéria-Maroc.

La tendance récente dans les relations entre Rabat et Madrid s’est clairement orientée vers une plus grande coopération et les résultats positifs du partenariat stratégique multidimensionnel entre les deux pays constitue un excellent modèle de bon voisinage.

Selon le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, en visite au Maroc le mois de janvier 2024, le choix du Maroc comme lieu de la première visite à l’étranger suite à l’investiture du nouveau gouvernement espagnol s’explique par le caractère fraternel et vital des relations entre les deux parties

Dans ce sens, il a affirmé que la coopération bilatérale était « très importante » pour la sécurité des sociétés des deux pays, ajoutant que la communication entre les deux ministères de l’Intérieur était permanente et directe.

Pour l’Espagne, le Maroc est un « partenaire stratégique » dans plusieurs domaines, notamment la sécurité, l’économie, l’industrie et la culture, a relevé Grande-Marlaska, soulignant la qualité de la collaboration bilatérale en faveur d’une migration légale, sûre et ordonnée.

À cet égard, il a qualifié de « très importantes » les actions entreprises par les autorités des deux pays dans la lutte contre la migration irrégulière et les réseaux de trafic d’êtres humains, ajoutant que l’objectif est de sauver la vie des victimes de ces activités criminelles.

Le ministre espagnol a également salué le « travail très important » réalisé par les services de sécurité marocains dans la lutte contre le terrorisme, « source d’inquiétude tant pour le Maroc que pour l’Espagne, compte tenu notamment de l’instabilité et de la présence de groupes terroristes dans certains pays du Sahel« .

Tout en soulignant l’importance de la coordination bilatérale dans la lutte contre le terrorisme, « qui a donné des résultats positifs« , il a rappelé que l’année dernière, les autorités des deux pays ont mené des opérations conjointes contre 14 cellules terroristes, qui ont abouti à l’arrestation de 80 personnes.

Notes de fin de texte :

[i] Teevan, Chloe. (2019). EU-Morocco: a win-win partnership? Moroccan Institute for Policy analysis. Récupéré de https://mipa.institute/wp-content/uploads/2019/06/Chloe-Teevan-English-.pdf

[ii] Chtatou, Mohamed. (2007). Europe and Morocco: a fascinating history of cultural exchange. Academia.edu. Récupéré de https://www.academia.edu/9715464/Europe_and_Morocco_a_fascinating_history_of_cultural_exchange

[iii] Chtatou, Mohamed. (2022). Les Imazighen en al-Andalous. Le Monde Amazigh. Récupéré de https://amadalamazigh.press.ma/fr/les-imazighen-en-al-andalous/

[iv] Xavier Ferrer-Gallardo, Xavier. (2008). The Spanish–Moroccan border complex: Processes of geopolitical, functional and symbolic rebordering. Political Geography, 27(3), 301-321. https://doi.org/10.1016/j.polgeo.2007.12.004. Récupéré de (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0962629807001588)

[v] Chtatou, Mohamed. (2020). Al-Andalus: Glimpses of Human Coexistence and Compassion. Eurasia Review. Récupéré de https://www.eurasiareview.com/19102020-al-andalus-glimpses-of-human-coexistence-and-compassion-analysis/

[vi] Affaya, Noureddine, & Driss Guerraoui. (Eds.). (2006). La Imagen De España En Marruecos. Barcelona : CIDOB.

[vii]Ormerod, Henry A. (1974). Piracy in the Ancient World: An Essay in Mediterranean History. Liverpool: Liverpool University Press.

[viii] Gómez Vozmediano, Miguel Fernando, & Martínez Torres, José Antonio. (2008). «  »Entre dos mundos » : las relaciones diplomáticas hispano-musulmanas durante la Edad Moderna : una breve síntesis » (PDF). Espacio, Tiempo y Forma. Serie IV, Historia Moderna. Madrid: Universidad Nacional de Educación a Distancia (21), 13-26, 24-25. Récupéré de http://e-spacio.uned.es/fez/eserv/bibliuned:ETFserie4-2008-21-3010/Documento.pdf

[ix] Guichard, P. (2000). La culture andalouse sous les Almoravides. In L’Espagne et la Sicile musulmanes : Aux xie et xiie siècles. Lyon : Presses universitaires de Lyon. doi :10.4000/books.pul.19020

[x] Guichard, P. (2000). L’affermissement du régime almohade en al-Andalus : la tentative de transfert de la capitale de Séville à Cordoue en 1162. In L’Espagne et la Sicile musulmanes : Aux xie et xiie siècles. Lyon : Presses universitaires de Lyon. doi :10.4000/books.pul.19065

[xi] Mimoso-Ruiz, B. R. (2008). Réécriture d’Al-Andalus : la légende de Boabdil. In Engélibert, J., & Tran-Gervat, Y. (Eds.), La littérature dépliée : Reprise, répétition, réécriture. Rennes : Presses universitaires de Rennes. doi :10.4000/books.pur.35032. Récupéré de https://books.openedition.org/pur/35032?lang=fr

[xii] Chtatou, Mohamed. (2019). Expulsion of Sephardic Jews from Spain in 1492 and Their Relocation and Success in Morocco. Eurasia Review. Récupéré de https://www.eurasiareview.com/05092019-expulsion-of-sephardic-jews-from-spain-in-1492-and-their-relocation-and-success-in-morocco-analysis/

[xiii] MAP. (2024). La visite de M. Sanchez au Maroc renforcera davantage les relations stratégiques bilatérales (Expert espagnol). Récupéré de https://www.mapnews.ma/fr/actualites/politique/la-visite-de-m-sanchez-au-maroc-renforcera-davantage-les-relations-strat%C3%A9giques

[xiv] Le Reporter-ma. (2023). Pedro Sanchez réaffirme les liens solides entre l’Espagne et le Maroc, engagés dans un partenariat stratégique. Récupéré de https://www.lereporter.ma/pedro-sanchez-reaffirme-les-liens-solides-entre-lespagne-et-le-maroc-engages-dans-un-partenariat-strategique/

[xv] Infobae. (2022). Rabat salue le soutien de l’Espagne à la proposition d’autonomie au Sahara. Récupéré de https://www.infobae.com/fr/2022/03/24/rabat-salue-le-soutien-de-lespagne-a-la-proposition-dautonomie-au-sahara-3/

[xvi] Le Monde. (1991). Signature d’un traité de coopération entre le Maroc et l’Espagne. Récupéré de https://www.lemonde.fr/archives/article/1991/07/06/signature-d-un-traite-de-cooperation-entre-le-maroc-et-l-espagne_3999171_1819218.html

[xvii] Walker, Ali. (2023). FIFA gives 2030 World Cup to Spain, Portugal, 4 other countries. Politico. Récupéré de https://www.politico.eu/article/fifa-2030-world-cup-spain-portugal-morocco-uruguay-argentina-paraguay/

[xviii] CCME. (2015). Le 1er Forum maroco-espagnol sur l’immigration appelle à l’élaboration d’un plan d’action conjoint dans ce domaine. Récupéré de https://www.ccme.org.ma/fr/medias-et-migration/46502

[xix] Arango, J., & Martin, P. (2005). Best Practices to Manage Migration: Morocco-Spain. The International Migration Review, 39(1), 258-269. http://www.jstor.org/stable/27645483

[xx] Xavier Ferrer-Gallardo, Xavier. (2008). Op. cit.

[xxi] Organisation internationale pour les migrations (OIM). (2021). Le trafic illicite de migrants le long de

la route de la méditerranée centrale : enjeux, défis et perspectives. Genève/Mali. Récupéré de https://rodakar.iom.int/sites/g/files/tmzbdl696/files/documents/rapport-detude-oim_trafic-illicite-de-migrants-sur-la-route-de-la-mediterranee-centrale.pdf

[xxii] Allen, Alyssia. (2017). Le trafic illicite de migrants dans le flux migratoires vers l’Union européenne en provenance de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Science politique. ffdumas-01892101f

[xxiii] Entretiens réalisés dans le cadre de l’étude « Etude sur le trafic illicite de migrants au Maroc » par Altai Consulting en janvier et février 2020.

[xxiv] Chtatou, Mohamed. (2021). L’émir Mohammed Ben Abdelkrim al-Khattabi contre le colonialisme européen. Oumma. Récupéré de https://oumma.com/lemir-mohammed-ben-abdelkrim-al-khattabi-contre-le-colonialisme-europeen/

[xxv] Chtatou, Mohamed. (2021). Maroc-Espagne : crise criarde et rêve romancé de vrai partenariat stratégique. Le Monde Amazigh. Récupéré de https://amadalamazigh.press.ma/fr/maroc-espagne-crise-criarde-et-reve-romance-de-vrai-partenariat-strategique-2/

[xxvi] Harbron, J. D. (1956). Spain, Spanish Morocco and Arab Policy. African Affairs, 55(219), 135-143. http://www.jstor.org/stable/719210

[xxvii] Hadji, Mustapha. (2024). Is Morocco a de Facto « Gendarme de l’Europe » ? MAPI Institute. Récupéré de https://mipa.institute/en/8628

[xxviii] L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, communément appelée Frontex (du français : Frontières extérieures pour « frontières extérieures »), est une agence de l’Union européenne dont le siège est à Varsovie, en Pologne, exerçant en coordination avec les garde-frontières et les garde-côtes des États membres le contrôle des frontières de l’espace européen Schengen, une tâche qui relève du domaine de la liberté, de la sécurité et de la justice. Frontex a été créée en 2004 en tant qu’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures et est principalement chargée de coordonner les efforts de contrôle aux frontières. En réponse à la crise européenne des migrants de 2015-2016, la Commission européenne a proposé le 15 décembre 2015 d’étendre le mandat de Frontex et de la transformer en une agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes à part entière. Le 18 décembre 2015, le Conseil européen a soutenu sans réserve la proposition et, après un vote du Parlement européen, le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes a été officiellement lancé le 6 octobre 2016 à la frontière extérieure de la Bulgarie avec la Turquie. Le budget de Frontex est passé de 143 millions d’euros pour 2015 à 543 millions d’euros pour 2021, et le personnel de l’agence devrait atteindre 10 000 personnes d’ici 2027.

[xxix] Hadji, Mustapha. (2024). Op. cit.

[xxx] Association Marocaine des Présidents des Conseils Préfectoraux et Provinciaux. Récupéré de https://ampcpp.ma/fr/activites/activites-des-organes-de-gouvernance/

[xxxi] MAP. (2024). Maroc-Espagne : Atelier sur la coopération décentralisée entre les collectivités territoriales. Récupéré de https://www.mapnews.ma/fr/actualites/social/maroc-espagne-atelier-sur-la-coop%C3%A9ration-d%C3%A9centralis%C3%A9e-entre-les-collectivit%C3%A9s

[xxxii] Jumelages et Partenariats. (2024). Morocco-Spain: Workshop on decentralized cooperation between local authorities. Récupéré de https://jumelages-partenariats.com/en/actualites.php?n=20795

[xxxiii] Abascal, Daniel. (2024). Perspective et perspectives de la coopération décentralisée Espagne-Maroc à Rabat. Atalayar. Récupéré de https://www.atalayar.com/fr/articulo/politique/perspective-et-perspectives-cooperation-decentralisee-espagne-maroc-rabat/20240113122046195631.html

[xxxiv] Ibid.

[xxxv] Chtatou, Mohamed. (2023). Le Maroc et l’Espagne, s’entendre pour se compléter. Akal Press. Récupéré de https://fr.akalpress.com/6622-le-maroc-et-lespagne-sentendre-pour-se-completer/

[xxxvi] Affaya, Noureddine, & Driss Guerraoui. (Eds.). (2006). Op. cit., p. 214.

[xxxvii] MAP. (2024). Morocco-Spain Relations Are Based on ‘Mutual Trust and Absolute Loyalty’, Says Spanish Minister. Récupéré de https://www.mapnews.ma/en/actualites/politics/morocco-spain-relations-are-based-mutual-trust-and-absolute-loyalty-says-spanish

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