L’Union Européenne pourrait-il sauver les «Hommes bleus» de Sahara du génocide russo-malien?

Excellence Monsieur Josep Borrell i Fontelles, Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité & Vice-président de la Commission européenne 

Objet : L’Union Européenne pourrait-il sauver les «Hommes bleus» de Sahara du génocide russo-malien?

Excellence,

A l’occasion de la « Journée Internationale pour la prévention de l’extrémisme violent et du terrorisme », célébrée en cette journée du 12 février, j’ai l’honneur de vous aborder la question de l’« Azawad » et des affrontements meurtriers qui opposent les forces militaires maliennes (les Fama) aux combattants touarègues de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), avec la participation notoire et la complicité criminelle des milices russes de groupe « Wagner » au sein de cette région sahélo-saharienne du nord de Mali, où elles commettent des crimes génocidaires à l’encontre des populations civiles Touarègues et Azawadiennes.

En effet, la junte militaire au pouvoir au Mali, après avoir mis fin à la mission onusienne de la Minusma, avait violé, la première, le cessez-le-feu de l’accord de paix et de réconciliation d’Alger, signé le 14 mai 2015, en occupant la localité de Ber de la région de Tombouctou, le 13 août dernier. Et ce 25 janvier, elle avait annoncé la fin de cet accord d’Alger qu’elle avait signé avec les groupes Touarègues indépendantistes « avec effet immédiat », privilégiant un dialogue interne inter-malien ! A ce propos, votre porte-parole avait déclaré le 29 janvier passé que : « l’Union européenne regrette la décision prise par les autorités de transition de mettre fin à l’accord de paix signé à Alger en 2015. Les populations civiles du Nord du pays seront les premières à subir les conséquences de cette décision unilatérale. L’impact négatif que cette rupture pourrait avoir sur l’ensemble des équilibres nationaux et régionaux, alors qu’aucune alternative à l’accord de paix de 2015 n’a encore émergé, est réel. L’Union européenne reste convaincue que le dialogue doit être privilégié pour aplanir les différends et favoriser l’instauration d’une paix durable au Nord Mali».

Par rapport à votre position, nous, en tant qu’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA), ONG international de défense des droits des Amazighs, siégeant à Bruxelles, vous exprime qu’il n’y aucune raison de regretter la fin de ce accord, sinon tout à fait au contraire, il faudrait s’en féliciter du fait qu’il écarte les généraux séniles et criminels algériens, qui sont à l’origine de la néfaste et généralisée déstabilisation de cette région sahélo-saharienne qui appartient aux « Hommes bleus », aux Touarègues depuis des millénaires.

Je vous rappelle que notre ONG, l’Assemblée Mondiale Amazighe, ne cesse de pointer le doigt sur les services secrets militaires algériens, qui étaient derrière la création du groupe terroriste Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)comme l’attestent la pertinente étude de François Gèze et Salima Mellah [1]. De ce fait, ils sont les responsables directs de tous les meurtres commis, et qui continuent à être commis, au sein de ces pays du Sahel. Ces généraux qui commandent les services secrets militaires d’Algérie, connus sous le nom de la DRS (avant de changer en DGDSE), non seulement finançaient, conseillaient et fournissaient des informations satellitaires à ses mercenaires djihadistes au Sahel, comme le célèbre Iyad AG GHALI d’Ansar Dine et à qui ils lui procuraient (et lui procurent toujours) refuge sur son sol, sinon ils fournissaient également des candidats à AQMI (même si elle a pris une nouvelle dénomination qu’est le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans-GSIM ) et au Daech. En conséquence, ils ont fait tout leur possible, avec la complicité incompréhensible et malheureuse, des services secrets de l’Etat français (que maintenant se sont retirés carrément !) pour que les Touarègues d’Azawad n’arrivent pas à avoir leur propre autonomie politique.

En effet, M. Romano PRODI, ex-président de la Commission Européenne et envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahel, de 2012 à 2014,  à une question de Jeune Afrique :un Etat de l’Azawad vous paraît-il viable ?, il avait répondu, pertinemment, que : « je fonde l’espoir d’un accord acceptable entre Bamako et les groupes armés. Car je considère que, sans accord avec le Nord, il n’y aura jamais de paix au Mali ». [2]C’est dans ce sens et sur la même longueur d’onde que notre président délégué de notre ONG, Dr. Mimoun CHARQI avait proposé que la solution idéale à l’insécurité régnante au Sahel ne pourrait se résoudre que par une résolution fondamentalement politique : celle de l’application de l’article 3 de la « Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones » et l’octroi du statut d’autonomie politique à Azawad dans le cadre d’un état fédéral malien, à l’exemple du Kurdistan Irakien et inspiré de notre « Manifeste de Tamazgha, pour une Confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions » [3]. Une solution à laquelle se sont accordés les parties au conflit malien à Ouagadougou, le 4 décembre 2012, à l’initiative de l’ex-président burkinabé Blaise COMPAORE, qui comptait avec le soutien de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) où la partie gouvernementale et la partie des représentants du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), en insistant sur « le rejet du terrorisme » et sur le respect de l’intégrité territoriale, se sont accordés sur la « nécessité de créer un cadre de dialogue pour obtenir la cessation des hostilités » et où le MNLA renoncerait à l’indépendance du Nord en échange de garanties sur une « large autonomie » [4], à l’exemple de la proposition marocaine de 2017 pour régler la question saharienne.

En définitive, l’Union Européenne, -que nous remercions profondément pour ces urgentes aides aux réfugiés azawadiens déplacés en Mauritanie-, pourrait fort bien constituer une nouvelle alternative à ce moribond accord d’Alger, et de formuler, en conséquence, un nouvel accord de paix. Car comme vous le soulignez, l’Union européenne reste convaincue que le dialogue doit être privilégié pour aplanir les différends et favoriser l’instauration d’une paix durable au Nord Mali. Dans ce sens, nous appelons l’Union Européenne à encourager les dirigeants militaires maliens des FAMa et les combattants Touarègues de la Coordination des Mouvements d’Azawad (CMA) (ou du Cadre Stratégique Permanent (CSP)) à s’asseoir, pour de bon, autour d’une table ronde où l’instauration d’un système territorial fédéral constituerait la meilleure option politique pour sauver le Mali et le Sahel.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de notre considération fort distinguée.

Rachid RAHA, Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe.

Notes :

[1]- www.algeria-watch.org/fr/aw/gspc_etrange_histoire_intro.htm

[2]- www.jeuneafrique.com/134517/politique/romano-prodi-sans-accord-avec-le-nord-il-n-y-aura-jamais-de-paix-au-mali/

[3]- http://amamazigh.org/wp-content/uploads/2018/10/AMA_MANIFESTE-DE-TAMAZGHA_5-langues.pdf

[4]- www.esisc.org/publications/briefings/les-desaccords-internationaux-hypothequent-lintervention-militaire-au-nord-mali

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