{"id":1015,"date":"2017-01-21T17:18:30","date_gmt":"2017-01-21T17:18:30","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1015"},"modified":"2017-01-21T17:21:03","modified_gmt":"2017-01-21T17:21:03","slug":"chikh-belghazi-benaceur-nest-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/chikh-belghazi-benaceur-nest-plus\/","title":{"rendered":"Chikh Belghazi Benaceur, n\u2019est plus"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1016\" aria-describedby=\"caption-attachment-1016\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1016\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/hamzaoui-250x250.jpg?resize=250%2C250\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/hamzaoui.jpg?resize=250%2C250&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/hamzaoui.jpg?w=440&amp;ssl=1 440w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1016\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\">Ecrit par: HAMZAOUI Abdelmalek*<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">(Extrait d\u2019un nouveau livre sous impression)<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Belghazi Benaceur, s\u2019av\u00e8re \u00eatre un grand artiste amazighe, n\u00e9 vers 1940, \u00e0 Ait Sidi Hsa\u00efne, branche de la tribu des Ait Hdiddou, qui s\u2019est s\u00e9dentaris\u00e9e au c\u0153ur des tribus arabophones dans le territoire de la commune rurale de Sidi Abdellah Lkhiyat, cercle de Moulay Driss Zerhoune, dans la province de Mekn\u00e8s.<\/p>\n<p>Ce grand violoniste f\u00fbt influenc\u00e9 durant sa jeunesse par le fondateur de la premi\u00e8re \u00e9cole classique de la chanson et de la musique amazighe, au Moyen Atlas, le v\u00e9t\u00e9ran Ou\u00e2assim Hammou Ou Lyazid puis ses deux compatriotes, les violonistes\u00a0: chikh Ou Sidi Benaceur Lhajeb et chikh Mohamed qui lui dispensaient des cours de musique et de chant selon la m\u00e9thode traditionnelle\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire par l\u2019usage de la transmission directe et en totale ignorance du solf\u00e8ge, ainsi que nous l\u2019entendrions au sens moderne du terme.<\/p>\n<p>Belghazi Benaceur a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019initier au violon artisanal, qu\u2019il a fa\u00e7onn\u00e9 de ses propres mains, d\u00e9s l\u2019\u00e2ge de quinze ans. Ainsi ses d\u00e9buts dans le domaine artistique ne se propageaient pas au-del\u00e0 d\u2019un cercle restreint compos\u00e9 exclusivement de ses amis d\u2019enfance. En 1958, lorsqu\u2019il sentit que son initiation, vers l\u2019\u00e2ge de dix-huit ans,\u00a0 avait pris fin, il se hasarda \u00e0 se produire hors de son douar. Cette exp\u00e9rience fut couronn\u00e9e de succ\u00e8s lors de sa participation \u00e0 l\u2019animation d\u2019une grande f\u00eate au lieu dit\u00a0: <em>Tizi n Taghate<\/em>, dans la r\u00e9gion de la ville d\u2019Ifrane.<\/p>\n<p>Amoureux de l\u2019aventure et cherchant constamment \u00e0 assurer sa subsistance, l\u2019<em>anazur<\/em> Belghazi Benaceur, en 1963, int\u00e9gra, \u00e0 Casablanca, un <em>swirti<\/em> (terme emprunt\u00e9 \u00e0 la langue espagnole, <em>suerte<\/em>, qui signifie \u00ab\u00a0chance\u00a0\u00bb\u00a0; lieu o\u00f9 les gens pratiquaient les jeux de hasard). Ce *swirti* dans lequel Belghazi \u00e9tait embauch\u00e9 pour pr\u00e9senter des interm\u00e8des artistiques au public, en compagnie de sa troupe de chikhate de fortune, auquel s\u2019adjoignait\u00a0 son fid\u00e8le ami tambourinaire, Ssi Ali, qui exer\u00e7ait aussi les fonctions de* fqih*, effectuait des rotations entre les villes de Casablanca et Agadir.<\/p>\n<p>Le propri\u00e9taire du <em>swirti<\/em>, avait des amis qui venaient lui rendre visite fr\u00e9quemment et que Belghazi Benaceur a eu l\u2019occasion de conna\u00eetre par le biais de son patron. Parmi\u00a0 ces personnes il y avait un certain Rachid La\u00e2tabi qui \u00e9tait fonctionnaire de la RTM, au temps o\u00f9 Ziyani \u00e9tait directeur de la station. Ne voulant pas laisser \u00e9chapper cette occasion, notre artiste demanda alors \u00e0 Ssi Rachid s\u2019il pouvait lui aussi enregistrer quelques chansons comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. La r\u00e9ponse, toujours en 1963, ne tarda pas \u00e0 se faire conna\u00eetre afin de permettre \u00e0 Belghazi de faire sa premi\u00e8re entr\u00e9e dans les locaux d\u2019Ain Chok de la RTM, \u00e0 Casablanca. Il passa donc \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale marocaine, la seule d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il \u00e9tait le premier artiste amazighe du Moyen-Atlas, accompagn\u00e9 de sa troupe, \u00e0 para\u00eetre \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Ce qui fut consid\u00e9r\u00e9 comme une chance unique, \u00e0 un moment o\u00f9 la culture amazighe n\u2019avait pas une grande valeur pour les pouvoirs politiques marocains de l\u2019\u00e9poque.\u00a0 Sa premi\u00e8re chanson, diffus\u00e9e \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, \u00e9tait constitu\u00e9e d\u2019un m\u00e9lange de paroles en dialectal marocain et en tamazight.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son intelligence, ce grand artiste a su satisfaire tous les go\u00fbts du public marocain. Pour ne citer qu\u2019un exemple, afin d\u2019illustrer nos propos, nous reprenons un extrait d\u2019une chanson demeur\u00e9e ancr\u00e9e dans les m\u00e9moires jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n<ul>\n<li><em>awa kwani awa chwani<\/em> \u00a0(\u2018\u2019<em>awa<\/em>\u2019\u2019, en tamazight et le reste en dialectal marocain).<\/li>\n<li><em>ata kwani ata a mama nou<\/em> (\u2018\u2019kwani\u2019\u2019, en dialectal marocain et le reste en tamazight)<\/li>\n<li><em>awa kwani b 3younou <\/em>(\u2018\u2019<em>awa<\/em>\u2019\u2019, en tamazight et le reste en dialectal marocain).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette chanson f\u00fbt transf\u00e9r\u00e9e des studios de Ain Chok \u00e0 Casablanca, \u00e0 la radio amazighe de Rabat qui ne la pas conserv\u00e9 longtemps en raison des paroles\u00a0 en dialectal marocain.<\/p>\n<p>En 1964, chikh Belghazi Benaceur \u00e9tait convoqu\u00e9 sur les ondes de la radio amazighe \u00e0 rejoindre les studios de cette derni\u00e8re,\u00a0 en vue d\u2019enregistrer ses chansons en compagnie de son groupe. Il \u00e9tait re\u00e7u par monsieur Lhoussaine Berrahou qui travaillait \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 la RTM (radio) aux cot\u00e9s de Fadili Hmmadi Lyazid, Akharfi ben Brahim et le jeune Ou\u00e2ali Ouassaddine. A ce tournant historique de sa vie il a enregistr\u00e9 six chansons parmi lesquelles on peut noter\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>A yma nou mani gher idda usmoun<\/em><\/li>\n<li><em>Amiden ma ggane winou n3ma<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Au milieu des ann\u00e9es soixante, Driss Belkacem qui occupait le poste de chef de la programmation, au d\u00e9partement de la radio amazighe de la RTM, convoqua plusieurs chefs de groupes d\u2019artistes \u00e0 rejoindre Rabat pour enregistrer des chansons amazighes afin de constituer l\u2019archive de la dite radio, peu fournie \u00e0 cette \u00e9poque. Les <em>inazurn<\/em> qui ont r\u00e9pondu favorablement \u00e0 cet appel \u00e9taient\u00a0nombreux. Ceci \u00e9tant, nous axerons notre \u00e9tude, pour des raisons de commodit\u00e9, sur certains des musiciens les plus connus en ce temps-l\u00e0.<\/p>\n<p>&#8211; D\u2019El Ksiba, Roudani Cherki, Mimoune Outouhane Lbaz Benaceur, originaire de Tounfite &#8211; sans oublier le violoniste Belghazi Benaceur. Ces artistes s\u00e9journ\u00e8rent presqu\u2019un mois \u00e0 Rabat pour les raisons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es auparavant. A l\u2019occasion de ce long s\u00e9jour, ils purent faire plus ample connaissance entre eux. C\u2019est \u00e0 ce moment particulier que notre <em>artiste<\/em> a pu enregistrer dix-sept succ\u00e8s retentissants et inoubliables avec l\u2019aide de sa troupe, compos\u00e9e de son ami feu Ssi Ali, son seul et unique tambourinaire, ainsi que de ses accompagnatrices, les chikhate de Ain Leuh.<\/p>\n<p>Durant sa vie d\u2019artiste, notre violoniste \u00e0 constitu\u00e9 plusieurs groupes qu\u2019il a pr\u00e9sid\u00e9s. C\u2019\u00e9tait un homme plein de ressources, jamais \u00e0 court d\u2019id\u00e9es, qui d\u00e9nichait les <em>tinazurine<\/em>, dans la mesure o\u00f9 il \u00e9tait capable de trouver un tambourinaire <em>( <\/em><em>bu wallun<\/em><em>)<\/em> et des chikhate l\u00e0 o\u00f9 il se rendait. En ce sens, certains faits\u00a0 m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre connus par les lecteurs qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 son parcours artistique qui a dur\u00e9 plus de quatre d\u00e9cennies.<\/p>\n<ol>\n<li>Lors de son premier passage \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, Il a trouv\u00e9 des <em>tinazurine<\/em> amazighes, issues du Moyen-Atlas qu\u2019il a employ\u00e9es comme chanteuses dans la chorale, ainsi que des danseuses de la r\u00e9gion d\u2019Agadir, incorpor\u00e9es judicieusement au groupe d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9 et fait en sorte que personne ne s\u2019aper\u00e7oive de ce m\u00e9lange de chikhate issues du Maroc central et du sud.<\/li>\n<li>Il a enregistr\u00e9 \u00e0 maintes reprises \u00e0 la radio cit\u00e9e auparavant, en alternant les chikhate d\u2019Ain Leuh avec celles de Khenifra, d\u2019Azrou ou d\u2019El-Hajeb.<\/li>\n<li>Certaines fois, pour animer une soir\u00e9e ou une f\u00eate, il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 se faire accompagner du premier tambourinaire et des femmes-artistes qui se pr\u00e9sentaient au pied lev\u00e9. Tel fut le cas en 1988 lorsqu\u2019il rencontra fortuitement, dans le village de Sidi A\u00e2di \u00e0 cot\u00e9 d\u2019Azrou, Ouassaddine Ou\u00e2ali, fonctionnaire et responsable \u00e0 la radio, charg\u00e9 de la collecte des chansons amazighes du Moyen-Atlas et qui lui demanda s\u2019il avait de nouvelles cr\u00e9ations musicales \u00e0 enregistrer. La r\u00e9ponse de Belghazi, \u00e0 n\u2019en pas douter, fut positive. Cependant, il \u00e9mit un b\u00e9mol pour confirmer que sa voix s\u2019\u00e9tait d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e et qu\u2019en sus de cet al\u00e9a, il \u00e9tait important de trouver des chikhate pour chanter ainsi qu\u2019un tambourinaire pour assurer le rythme. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide inesp\u00e9r\u00e9e d\u2019une <em>tanazurt<\/em>, Mina n\u2019 Sidi A\u00e2ddi, les deux hommes trouv\u00e8rent un compromis. Ainsi, le tambourinaire et com\u00e9dien Lahcen Azayyi qui se trouvait lui aussi \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 Sidi A\u00e2di, f\u00fbt convoqu\u00e9 pour sauver la partie. Concernant les chikhates, Mina en fit son affaire dans l\u2019imm\u00e9diat et, tout naturellement, prit sa place au milieu du groupe constitu\u00e9 sans consultation pr\u00e9alable au sein de son domicile sis dans son village natal.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Parmi les chansons enregistr\u00e9es \u00e0 cette occasion par le duo, Belghazi Benaceur et Lahcen Azayyi,\u00a0en compagnie de chikha Mina, en 1988, on remarque celle-ci.<\/p>\n<ul>\n<li><em>yach a yma lach taba3kh ikkha oubrid nech yach a yma cheg a your tli tassa.<\/em><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<\/em><\/li>\n<li><em>awa kikh wa kikh koul dounit imouray nech ay asmoun ussat i jjine\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0<\/em><em>\u00a0<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce grand musicien chanteur reconna\u00eet que la plupart des succ\u00e8s qu\u2019il a enregistr\u00e9 en son nom, \u00e0 la RTM, ne lui appartenaient pas en r\u00e9alit\u00e9\u00a0; ce qui s\u2019explique par le fait qu\u2019autrefois la notion de piraterie ou de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle \u00e9tait inconnue en pays amazighe.<\/p>\n<p>R\u00e9trospectivement, nous avons \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment seulement quatre noms d\u2019artistes c\u00e9l\u00e8bres qui ont r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel lanc\u00e9 par la radio amazighe dans les ann\u00e9es soixante, parmi lesquels se trouve celui de Belghazi Benaceur.\u00a0 Notons au passage que le fait de ne pas avoir mentionn\u00e9 les autres artistes, ne signifie nullement que nous les avons oubli\u00e9; seulement, il y a pl\u00e9thore et une \u00e9tude ne suffirait pas \u00e0 traiter de tous les artistes qui ont \u00e9volu\u00e9 depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Nous avons mis l\u2019accent sur les <em>inazurn<\/em> du village d\u2019El Ksiba dans la mesure o\u00f9, en ce temps-l\u00e0 leur pr\u00e9sence \u00e9tait sur-repr\u00e9sent\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 leur compatriote, le fonctionnaire travaillant \u00e0 la radio monsieur Ouassaddine Ou\u00e2ali. Durant un mois les enregistrements s\u2019\u00e9taient succ\u00e9d\u00e9s; \u00e0 tour de r\u00f4le nos artistes ont donn\u00e9 le meilleur d\u2019eux-m\u00eames. Une fois les interventions individuelles \u00e9puis\u00e9es, des duos s\u2019\u00e9taient form\u00e9s sur place pour d\u2019autres productions. Tout un chacun voulait collaborer avec Belghazi Benaceur. La raison de cet engouement pour cet artiste r\u00e9side dans le fait que Belghazi \u00e9tait le seul violoniste privil\u00e9gi\u00e9, avec les joueurs de luth Cherki et Lbaz Benaceur. Il avait pu surpasser\u00a0 tous les autres musiciens. Il composa \u00e9galement avec Mimoune Outouhane qui jouait de *loutar* et c\u2019est ainsi que, toujours sous la tutelle Ouassaddine Ou\u00e2ali, d\u2019autres enregistrements en duo commenc\u00e8rent\u00a0; notamment avec\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Cherki \u2013 Belghazi Benaceur, dans\u00a0: <em><br \/>\n<\/em>a \u2013 <em>may illa badad am nk<\/em><\/li>\n<li>2- Lbaz Benaceur \u2013 Belghazi, dans cinq chansons parmi lesquelles\u00a0:<br \/>\na- sal imjerben sal talba bar chane oussafar ouma y adbib innayi badad our ghourse cha n\u2019tsoura<\/li>\n<li>Mimoune Outouhane \u2013 Belghazi, dans\u00a0:<br \/>\na- <em>inas wahya inas wakha<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Un grand parcours artistique comme celui de Belghazi ne peut pas se r\u00e9sumer en quelques lignes succinctes car il reste encore beaucoup de choses \u00e0 d\u00e9couvrir, \u00e0 \u00e9tudier et \u00e0 faire connaitre aux g\u00e9n\u00e9rations actuelles et \u00e0 celles \u00e0 venir. Une vie tr\u00e8s mouvement\u00e9e et pleine d\u2019aventures que lui-m\u00eame confirme. Un pilote de ligne marocain raconte qu\u2019en 1975 des troupes \u00ab\u00a0folkloriques\u00a0\u00bb amazighes, de retour de\u00a0 France, ont embarqu\u00e9 \u00e0 bord d\u2019un vol de la Royal Air Maroc qui assurait la liaison entre Paris et Casablanca. Parmi les passagers il y avait une artiste qui chantait \u00e0 haute voix. Une voix douce et percutante que tout l\u2019\u00e9quipage appr\u00e9cia et que tous les passagers encourag\u00e8rent par leurs applaudissements. Il est \u00e0 signaler, toujours d\u2019apr\u00e8s le narrateur, que tous les voyageurs ont quitt\u00e9 leur si\u00e8ge pour s\u2019approcher de cette dame qui n\u2019\u00e9tait autre que la <em>diva<\/em> Hadda Ou\u00e2akki \u00e0 qui l\u2019une des h\u00f4tesses de l\u2019air remit un microphone sur instruction du commandant de bord afin de faire profiter tous les passagers de cette voix m\u00e9lodieuse et sublime. De m\u00eame, en agissant ainsi, le commandant de bord voulait que chacun profite de cette opportunit\u00e9 en restant assis \u00e0 sa place afin de ne pas perturber le vol. Hadda \u00e9tait accompagn\u00e9e lors de sa prestation de son violoniste, Boujm\u00e2a, le percussionniste Benaceur Ou Khouya et\u00a0 du ma\u00eetre violoniste,Belghazi Bennaceur. La prestation durera tout le long du voyage. Elle avait commenc\u00e9 dans les cieux fran\u00e7ais et elle s\u2019acheva par l\u2019atterrissage sur le sol Marocain.<\/p>\n<p>Ce t\u00e9moigna consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019<em>anazur<\/em> Belghazi Benaceur, artiste amazighe du Moyen-Atlas, aussi modeste soit-il, ne peut se conclure sans un rappel de quelques \u00e9tapes-cl\u00e9s qui ont marqu\u00e9 sa vie d\u2019artiste.<\/p>\n<p>1-Il fut le premier \u00e0 passer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale de 1964 \u00e0 1972. Ceci \u00e9tant, Hammou Ou Lyazid \u00e9tait pass\u00e9 en second sur la m\u00eame cha\u00eene, en 1967.<\/p>\n<p>2-Il voyagea en Europe, en 1966, dans le cadre d\u2019une tourn\u00e9e artistique organis\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 Ait Mzale. Ce voyage \u00e9tait compos\u00e9 de trois troupes artistiques marocaines\u00a0: le groupe de notre musicien accompagn\u00e9 de chikhate d\u2019El-Hajeb et de son fid\u00e8le tambourinaire pr\u00e9cit\u00e9, une troupe du Souss qui comprenait\u00a0les <em>rways<\/em>\u00a0: Ouahrouch, Bounssir et Amntague\u2026 et la derni\u00e8re troupe \u00e9tait originaire de Marrakech.<\/p>\n<p>3-Il a \u00e9galement anim\u00e9 plus de trente-et-une f\u00eates du tr\u00f4ne qui se c\u00e9l\u00e9braient tous les trois mars de chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>La radio amazighe compte dans ses archives plus de cinquante-cinq (<strong>55<\/strong>) chansons\u00a0 du grand Belghazi Benaceur, et \u00e0 vrai dire la RTM (SNRT) a tir\u00e9 profit de cet artiste plus qu\u2019il n\u2019en a tir\u00e9 lui-m\u00eame. Durant ses d\u00e9buts, il avait toujours en t\u00eate qu\u2019il devrait atteindre un jour le niveau de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, \u00e0 l\u2019instar de\u00a0Hammou Ou Lyazid qu\u2019il a connu dans les locaux de la radio, gr\u00e2ce \u00e0 ses succ\u00e8s depuis1954 ainsi que chikh Ou Sidi Benaceur Lhajeb, Moha Oumouzoun, Benaceur Ou Khouya\u2026Il ne pouvait pas combattre l\u2019id\u00e9e qui l\u2019a hant\u00e9 que les artistes cit\u00e9s \u00e9taient ses concurrents.<\/p>\n<p>Belghazi Benaceur, aimait\u00a0 l\u2019une de ses anciennes chansons. Il l\u2019a pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 toutes ses productions. Il continuait, malgr\u00e9 son \u00e2ge avanc\u00e9, \u00e0 la fredonner en silence car elle lui rappelle sa jeunesse&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li><em>wnna y3ma bada dam nk a mma nou adas asikh lmouzit nali 3ari<\/em><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Le grand Belghazi Benaceur qui a d\u00e9but\u00e9 presque toutes ses chansons par une <em>tamawayt<\/em>\u00a0 r\u00e9cit\u00e9e \u00e0 voix douce, accompagn\u00e9 d\u2019une m\u00e9lodie \u00e9manant de son violon qu\u2019il a vendu il y a plus de dix-huit ans, apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 que l\u2019art n\u2019\u00e9tait pas le bon chemin qu\u2019il fallait suivre pour ne pas se retrouver actuellement \u00e0 l\u2019\u00e2ge de presque soixante-dix sept ans sans revenu quotidien ni retraite. Tous ses droits artistiques et surtout mat\u00e9riels se sont envol\u00e9s. Lui qui \u00e9tait po\u00e8te, parolier, compositeur et chanteur\u00a0; un homme-orchestre \u00e0 lui seul, se retrouve d\u00e9muni, faute d\u2019avoir assur\u00e9 ses arri\u00e8res.<\/p>\n<p>Avant de clore cette recherche, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019il est de notre devoir de cit\u00e9 le fr\u00e8re cadet de chikh Belghazi Bennaceur, Driss, qui a essay\u00e9 lui aussi de devenir artiste mais en vain.<\/p>\n<p>Le grand artiste Amazighe Belghazi Benaceur nous a quitt\u00e9 a jamais le 20 Janvier 2017 pour \u00eatre enterr\u00e9 dans son village natal Ait Sidi Hsa\u00efne le 21\/01\/2017 apr\u00e8s avoir v\u00e9cu dans une extr\u00eame pauvret\u00e9 depuis qu\u2019il s\u2019est retir\u00e9 de la sc\u00e8ne artistique vers la fin des ann\u00e9es quatre vingt dix.<\/p>\n<p><em>Hommage \u00e0 Belghazi Benaceur, l\u2019un des v\u00e9t\u00e9rans du chant instrumentalis\u00e9 Amazighe de la r\u00e9gion de Fazaz, <\/em><\/p>\n<p><em>A Dieu nous appartenant et \u00e0 lui nous retournerons.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #ff0000;\">*\u00a0\u00c9crivain et chercheur et Pr\u00e9sident de l&rsquo;Alliance Marocaine des Ecrivains Amazighes<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Extrait d\u2019un nouveau livre sous impression) Belghazi Benaceur, s\u2019av\u00e8re \u00eatre un grand artiste amazighe, n\u00e9 vers 1940, \u00e0 Ait Sidi Hsa\u00efne, branche de la tribu des Ait Hdiddou, qui s\u2019est s\u00e9dentaris\u00e9e au c\u0153ur des tribus arabophones dans le territoire de la commune rurale de Sidi Abdellah Lkhiyat, cercle de Moulay Driss Zerhoune, dans la province &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1016,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-1015","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/hamzaoui.jpg?fit=440%2C440&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-gn","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1015","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1015"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1015\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1018,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1015\/revisions\/1018"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}