{"id":1095,"date":"2017-03-13T12:15:28","date_gmt":"2017-03-13T12:15:28","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1095"},"modified":"2017-03-13T12:30:05","modified_gmt":"2017-03-13T12:30:05","slug":"le-maroc-un-royaume-multiculturel-1ere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-maroc-un-royaume-multiculturel-1ere-partie\/","title":{"rendered":"LE MAROC, UN ROYAUME MULTICULTUREL (1\u00e8re PARTIE)"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1096\" aria-describedby=\"caption-attachment-1096\" style=\"width: 332px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1096\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou-332x250.png?resize=332%2C250\" alt=\"\" width=\"332\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?resize=332%2C250&amp;ssl=1 332w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?w=642&amp;ssl=1 642w\" sizes=\"auto, (max-width: 332px) 100vw, 332px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1096\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>DR. MOHAMED CHTATOU: Anthropologue et linguiste<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Il est vrai que le Maroc est un pays tr\u00e8s riche, riche de sa diversit\u00e9 culturelle et linguistique. Mais est-il pour autant un pays multiculturel, et peut-on dire que le marocain moyen a le r\u00e9flexe du multiculturalisme\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>Ce qui est s\u00fbr c\u2019est que le Maroc est un havre de la tol\u00e9rance et un haut lieu de l\u2019acceptation de l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence.<\/em><\/p>\n<p><em>Ces deux concepts de grande importance de nos jours font partie, si on peut dire, du code g\u00e9n\u00e9tique du peuple marocain.<\/em><\/p>\n<p><em>Toutefois, au vu du terrorisme, de la violence, de la x\u00e9nophobie, et de la haine qui s\u00e9vit\u00a0 dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, le multiculturalisme marocain est un exemple \u00e0 suivre et un cas \u00e0 \u00e9tudier et \u00e0 faire d\u00e9couvrir et propager de fa\u00e7on p\u00e9dagogique convaincante.<\/em><\/p>\n<p><em>Mais c\u2019est quoi au juste le multiculturalisme dynamique, on a le droit de se demander\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>Le multiculturalisme dynamique est une approche culturelle non exclusive et plurielle qui permet \u00e0 une culture donn\u00e9 d\u2019accepter les inputs d\u2019une autre culture, de les dig\u00e9rer et assimiler dans un ensemble ou le genre culturel entrant reste facilement identifiable tout en faisant partie de la culture m\u00e8re.<\/em><\/p>\n<p><strong><u>Le pays\u00a0 carrefour<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Le Maroc est un pays carrefour, un pays de passage et un pays de rencontres pour diff\u00e9rentes cultures, civilisations, langues, croyances et religions. Il est et il a \u00e9t\u00e9 ainsi depuis l\u2019aube du temps.<\/p>\n<p>Il se distingue par des influences culturelles amazighes, arabes, juives, m\u00e9diterran\u00e9ennes et africaines dont s\u2019enorgueillit la culture marocaine. A cette diversit\u00e9 culturelle s\u2019ajoute une diversit\u00e9 g\u00e9ographique. En effet le Maroc compte des paysages diversifi\u00e9s, du d\u00e9sert aux montagnes en passant par les plaines fertiles qu\u2019encadrent des c\u00f4tes de 3 500 km de long.<\/p>\n<p>Le Maroc fut \u00e0 diff\u00e9rentes p\u00e9riodes de son histoire mill\u00e9naire investi par les Ph\u00e9niciens, les Carthaginois, les Romains, les Vandales, les Arabes, les Portugais, les Espagnols et les Fran\u00e7ais. M\u00eame les Allemands, furieux du partage de la Conf\u00e9rence d\u2019Alg\u00e9sim\u00e8tres du 7 avril 1906, qui pla\u00e7a le Maroc sous la protection de grandes puissances europ\u00e9ennes (douze dont la France, le Royaume Uni, l\u2019Allemagne, l\u2019Espagne et l\u2019Italie) sous couvert de r\u00e9forme, de modernit\u00e9 et de l\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie marocaine, et ne leur confia aucune partie du \u00ab\u00a0g\u00e2teau Maroc\u00a0\u00bb, vinrent au large des c\u00f4tes marocaines du sud afficher leur m\u00e9contentement de puissance coloniale en gestation, en bombardant la ville d\u2019Agadir le 13 juillet 1911 par une de leurs canonni\u00e8res portant le nom de Panthera. (1)<\/p>\n<p>Ces multiples rencontres avec d\u2019autres cultures et d\u2019autres langues et races ont cultiv\u00e9 chez le marocain moyen un go\u00fbt avanc\u00e9 pour l\u2019autre et sa civilisation et par voie de cons\u00e9quence son aversion pour la diversit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p>Donc la diversit\u00e9 culturelle n\u2019est pas quelque chose de nouveau pour le marocain moyen mais sa notion est bien enfouie dans son pass\u00e9, son subconscient et sa culture. Cette notion peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9 dans son langage quotidien, ses faits et gestes et m\u00eames ses croyances religieuses, sans pour autant oublier son patrimoine mat\u00e9riel ou immat\u00e9riel. (2)<\/p>\n<p><strong><u>Un bouillon de cultures <\/u><\/strong><\/p>\n<p>Au nord-est de la ville de Ksar Kab\u00eer, elle-m\u00eame situ\u00e9e au nord ouest du Maroc, se trouve un village nomm\u00e9 Tatoft ou r\u00e9side une confr\u00e9rie religieuse d\u2019un genre singulier\u00a0: les <strong>Jahjoukas <\/strong>(3)\u00a0d\u2019Ahl Srif, un groupe qui pratique la musique spirituelle, une musique de transe cens\u00e9e gu\u00e9rir les fid\u00e8les qui sont poss\u00e9d\u00e9s par les esprits malfaisants, entre autres les <strong>jnouns<\/strong>. (4)\u00a0Ces preux musiciens sont les descendants du saint soufi Sidi Ahmed Cheikh venu apparemment du Machrek pour la pr\u00e9dication religieuse mais finit par s\u2019installer chez les Ahl Srif, des berb\u00e8res du Rif arabis\u00e9s, leur apprenne les vertus du soufisme et l\u2019art d\u2019utiliser la musique pour gu\u00e9rir certaines maladies psychiques.<\/p>\n<p>Depuis, les <strong>Jahjoukas<\/strong> ont d\u00e9laiss\u00e9 l\u2019agriculture, leur occupation d\u2019antan, pour se donner corps et \u00e2me \u00e0 la musique spirituelle, en contrepartie de quoi ils re\u00e7oivent de leur tribu chaque ann\u00e9e, en \u00e9t\u00e9, des dons de graines et d\u2019argent pour leur r\u00f4le religieux de gardiens du mausol\u00e9e du saint en question et de sa musique ancestrale, en quelque sorte un d\u00eeme.<\/p>\n<p>Pour plusieurs marocains, les ma\u00eetres musiciens de <strong>Jahjouka<\/strong> sont de vulgaires <strong>ghaiatas <\/strong>(5)\u00a0 qui sillonnent les souks pour qu\u00e9mander de l\u2019argent aux paysans. Mais, en r\u00e9alit\u00e9 les <strong>Jahjoukas<\/strong> sont plus qu\u2019un groupe de musiciens de souks et de f\u00eates de mariage, de bapt\u00eame et de circoncision, ils sont un exemple vivant de la diversit\u00e9 culturelle au Maroc.<\/p>\n<p>Pour certains anthropologues, les <strong>Jahjoukas <\/strong>(6)\u00a0perp\u00e9tuent des traditions pr\u00e9islamiques qui datent du temps de l\u2019Empire romain, comme les rites annuels de la f\u00e9condit\u00e9 du calendrier agricole. Pour d\u2019autres la <strong>ghaita<\/strong> de ce groupe leur rappelle la divinit\u00e9 ancienne de Pan et son aversion pour le sexe et par cons\u00e9quence l\u2019abondance et la f\u00e9condit\u00e9. Pour les ethnomusicologues, ce groupe perp\u00e9tue une musique mill\u00e9naire unique au monde.<\/p>\n<p>Les Ma\u00eetres Musiciens de <strong>Jahjouka <\/strong>ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand public en 1968 par Brian Jones, le guitariste phare des \u00abRolling Stones\u00bb, qui avait enregistr\u00e9 des compositions de leurs <strong>ghaitas<\/strong> dans un album intitul\u00e9 \u00ab<strong>\u00a0Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka\u00a0<\/strong>\u00bb. De nombreux autres artistes, tels Jimmy Page, Ornette Coleman (7)\u00a0et Peter Gabriel les ont sollicit\u00e9s pour l\u2019originalit\u00e9 de leur musique. Le groupe a eu \u00e9galement une influence sur les po\u00e8tes et les \u00e9crivains de la g\u00e9n\u00e9ration <strong>\u00ab\u00a0beat\u00a0\u00bb<\/strong>, tels Williams Burroughs et Paul Bowles, qui les avaient rencontr\u00e9s \u00e0 Tanger. De m\u00eame, ces musiciens marocains apparaissent dans le film \u00ab\u00a0Le Ciel Protecteur\u00a0\u00bb de Bernardo Bertolucci, sur une suggestion de Bowles.<\/p>\n<p>Ce qui est important chez les <strong>Jahjoukas,<\/strong> beaucoup plus que chez d\u2019autres musiciens du m\u00eame genre c\u2019est que ce groupe a assimil\u00e9 avec succ\u00e8s, la diversit\u00e9 culturelle dans ses traditions musicales, culturelles et spirituelles. Les <strong>Jahjoukas<\/strong> (8)\u00a0sont des adeptes de la musique soufie qui est cens\u00e9e lib\u00e9rer l\u2019\u00e2me de son enveloppe charnelle et lui permettre de planer en toute libert\u00e9 pour communiquer ouvertement avec autrui. De ce fait, leur musique est en r\u00e9alit\u00e9 une musique qui encourage le dialogue avec l\u2019autre. La preuve en et que de grands musiciens de renomm\u00e9e internationale tels Ravi Shankar, Randy Weston, Ornette Coleman et beaucoup d\u2019autres avaient fait le d\u00e9placement dans leur village pour les rencontrer et appr\u00e9cier de visu leur art ancestral.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s de la tradition <strong>Jahjouka<\/strong> (9)\u00a0r\u00e9side dans le fait que leur musique, leurs transes et leurs pratiques religieuses ont r\u00e9ussi de fa\u00e7on remarquable \u00e0 surligner la fraternit\u00e9 des hommes et la concordance des cultures et non leur discordance.<\/p>\n<p>La <strong>boujloudia<\/strong> est une f\u00eate c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les <strong>Jahjoukas<\/strong> chaque ann\u00e9e dans leur village avec brio, lors de la f\u00eate du mouton <strong>A\u00efd al-Adha<\/strong>. Cette f\u00eate de musique de transe, de danse et de repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale c\u00e9l\u00e8bre la f\u00e9condit\u00e9, mais c\u2019est une f\u00eate aussi pour remercier Dieu pour la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ses dons en faveur de l\u2019homme. La <strong>boujloudia<\/strong> est en effet un point de rencontre entre la religion chr\u00e9tienne, dans ses concepts de chastet\u00e9 et de puret\u00e9 de l\u2019\u00e2me, et de la religion musulmane dans son asc\u00e9tisme, son sens du sacrifice et la b\u00e9n\u00e9diction divine.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9 la pratique de la <strong>boujloudia <\/strong>remonte aux temps imm\u00e9moriaux dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Elle trouve son origine dans la mythologie grecque avec le dieu Pan qui \u00e9tait le protecteur des bergers, des troupeaux et de la nature et dont les ardeurs amoureuses lui valurent aussi le titre de divinit\u00e9 de la f\u00e9condit\u00e9. Dans plusieurs contr\u00e9es m\u00e9diterran\u00e9ennes, des c\u00e9l\u00e9brations ont lieu m\u00eame aujourd\u2019hui \u00e0 la fin du cycle agricole qui rappelle les rites de f\u00e9condit\u00e9 du dieu Pan dans le pass\u00e9. Pan est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par des danses de transe et des courses effr\u00e9n\u00e9es pour f\u00e9conder la nature et les \u00eatres humains pour l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Cette pratique pa\u00efenne f\u00fbt introduite au Maroc antique par les Romains dont le nom de ce dieu dans leur mythologie s\u2019appelait Lupercus. Depuis, cette pratique est entr\u00e9e de plein pied dans la culture populaire marocaine surtout parmi la population majoritairement rurale, pratiquant l\u2019agriculture pour sa subsistance.<\/p>\n<p>Ce qui est int\u00e9ressant dans le temp\u00e9rament et la philosophie du marocain moyen \u00e0 travers l\u2019histoire c\u2019est son ouverture d\u2019esprit vis-\u00e0-vis de l\u2019autre et de sa culture m\u00eame si celle-ci est en contradiction avec ses croyances.<\/p>\n<p>Le marocain, de nature, ne rejette rien \u00a0de ce qui lui vient d\u2019ailleurs, il essaie de l\u2019assimiler \u00e0 sa fa\u00e7on et dans son contexte \u00e0 lui pour que cela ne puisse pas para\u00eetre en contradiction avec sa foi et sa tradition. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est une grande capacit\u00e9 d\u2019adaptation avec autrui et d\u2019acceptation de l\u2019autre\u00a0: un don de multiculturalisme dynamique.<\/p>\n<p>Lorsque Sidi Ahmed Sheikh, le grand soufi venu de l\u2019est arriva dans la localit\u00e9 de Tatoft au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, il f\u00fbt subjugu\u00e9 par la beaut\u00e9 de la r\u00e9gion et la sympathie de ses habitants qui \u00e9taient en majorit\u00e9 des Berb\u00e8res en cours d\u2019arabisation. Il leur enseigna la religion, en se faisant il se rendit compte qu\u2019ils avaient un amour et un don pour la musique et pratiquaient des c\u00e9l\u00e9brations pa\u00efennes en fin d\u2019\u00e9t\u00e9. En bon soufi \u00e9pris d\u2019ouverture d\u2019esprit et de puret\u00e9 d\u2019\u00e2me, Il assimila ses pratiques \u00e0 l\u2019Islam, et ainsi la c\u00e9l\u00e9bration du rite de f\u00e9condit\u00e9 f\u00fbt d\u00e9cal\u00e9e sur le calendrier de l\u2019H\u00e9gire pour co\u00efncider avec la f\u00eate du mouton. Sur ce, \u00a0la f\u00eate f\u00fbt appel\u00e9e <strong>boujloudia <\/strong>ou bien <strong>boujloud <\/strong>en Arabe et <strong>bou-irmawen <\/strong>ou <strong>bou-isrikhen<\/strong> en Tamazight, parce que le personnage principal du rite se v\u00eatit de peaux du mouton sacrifi\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019autre personnage principal de la pratique n\u2019est autre que la belle vierge du village que le dieu Pan essaie d\u2019amadouer pour b\u00e9n\u00e9ficier de ses faveurs sexuelles afin de la f\u00e9conder et f\u00e9conder la nature avec. Dans la tradition islamis\u00e9 du rite, cette femme est appel\u00e9e <strong>Aicha l-Hamqa<\/strong> \u00ab\u00a0Aicha la folle\u00a0\u00bb,\u00a0 pour dire la femme aux milles tentations afin d\u2019aseptiser en quelque sorte le rite et le rendre acceptable vis-\u00e0-vis de la <strong>chari\u00e2a<\/strong> et imputer \u00e0 sa folie cet acte sexuel ill\u00e9gal, donc g\u00e9n\u00e9ralement non repr\u00e9sent\u00e9\u00a0 dans les pratiques th\u00e9\u00e2trales musulmanes.<\/p>\n<p>Cette pratique a \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre de William Shakespeare (1564-1616) <strong><em>Julius Caesar,<\/em><\/strong>\u00a0 \u00e9crite en 1606. En effet dans l\u2019Acte 1 de la Sc\u00e8ne 2.\u00a0 Jules C\u00e9sar demanda \u00e0 Antonie, qui se pr\u00e9parait pour une course de pratique religieuse de bien vouloir toucher de sa main Calprunia, sa femme st\u00e9rile, pour avoir des h\u00e9ritiers pour son vaste empire. (10)<\/p>\n<p><strong><u>Les langues d\u2019expression<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Beaucoup de gens qui visitent le Maroc se posent une question sur les raisons de la facilit\u00e9 d\u2019apprentissage des langues chez les marocains, est-ce cela est d\u00fb \u00e0 des raisons physiologiques, linguistiques ou culturelles, ou autres, se demandent-elles\u00a0?<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 est que, si les marocains font preuve de facilit\u00e9 d\u2019apprentissage de langues d\u00e9concertante, cela est due en grande partie \u00e0 leur disposition culturelle inn\u00e9e \u00e0 mieux conna\u00eetre l\u2019autre par la voie de la communication directe et limpide.<\/p>\n<p>Communiquer directement permet aux personnes en dialogue de mieux saisir leurs \u00e9tats d\u2019\u00e2mes, leurs nuances, leurs aspirations respectifs, et de mieux comprendre leur humanit\u00e9. Dans l\u2019interpr\u00e9tariat, beaucoup de ses subtilit\u00e9s se perdent ou se tordent de telle fa\u00e7on que des contresens peuvent avoir lieu dans la communication involontairement.<\/p>\n<p>Douglas Porch, un historien am\u00e9ricain raconte dans son ouvrage\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>The Conquest of Morocco\u00a0<\/strong>\u00bb (11)\u00a0les d\u00e9rapages volontaires et involontaires de l\u2019interpr\u00e9tariat. Il rapporte qu\u2019au d\u00e9but du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, Tanger, pratiquement la seule ville marocaine ouverte aux \u00e9trangers en dehors de Mogador (Essaouira), attirait beaucoup de voyageurs occidentaux en mal d\u2019aventure, de fortune, de d\u00e9paysement et d\u2019autres raisons. L\u2019un de ses personnages pittoresques n\u2019\u00e9tait autre qu\u2019un pr\u00eatre venu convertir les musulmans au christianisme. Autour de lui s\u2019\u00e9tait form\u00e9 un cercle dense de gens qui semblaient \u00eatre absorb\u00e9s et fascin\u00e9s par son pr\u00eache relay\u00e9 par un interpr\u00e8te autochtone juch\u00e9 sur un escabeau. Le secret de cet int\u00e9r\u00eat avide port\u00e9 \u00e0 ce pr\u00eache par tous ses fid\u00e8les maures trouve son explication dans le fait que l\u2019interpr\u00e8te maure au lieu de traduire le message \u00e9vang\u00e9lique du pr\u00eatre s\u2019est permis, pour des raisons purement culturelles, raconter au cercle de badauds les histoires fantastiques et captivantes de Mille et une Nuit dans la pure tradition de l\u2019art de la <strong>halqa<\/strong>. (12)<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que le Maroc a toujours \u00e9t\u00e9 au vu de sa g\u00e9ographie un pays carrefour, il \u00e9tait aussi et est toujours par voie de cons\u00e9quence un vrai <em>melting pot<\/em> linguistique et culturel.<\/p>\n<p>Du nord sont venus les langues des conqu\u00e9rants, que les Marocains avaient appris pour mieux communiquer avec l\u2019autre. Des traces ind\u00e9l\u00e9biles de ces civilisations existent toujours dans nos langues nationales tel l\u2019amazigh d\u2019aujourd\u2019hui dans sa variante rifaine\u00a0: (13)<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"199\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tamazight<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">firas<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"193\"><strong>Latin<\/strong><\/p>\n<p>pirus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 poire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"199\">fugus<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"193\">pullus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 poussin<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"199\">asnus<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"193\">asinus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00e2non<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"199\">othan<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"193\">hortus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 verger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"199\">furu\/firu\/filu<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"193\">filum\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 fil<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Mais en plus de ses vestiges linguistiques toujours pr\u00e9sents dans les parlers, des Marocains, les Romains avaient laiss\u00e9 aussi des villes enti\u00e8res au Maroc telles\u00a0: Volubilis, Lixus et d\u2019autres.<\/p>\n<p>Pour les sp\u00e9cialistes de l\u2019\u00e9poque romaine la circulation maritime facile dans les eaux chaudes de la Mer M\u00e9diterran\u00e9e, commun\u00e9ment appel\u00e9 <strong>mare nostrum<\/strong> \u00ab\u00a0notre mer\u00a0\u00bb par les romains, a grandement contribu\u00e9 aux \u00e9changes entre les diff\u00e9rentes cultures\u00a0: (14)<\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale vit, \u00e0 coup s\u00fbr, l\u2019apog\u00e9e de la vie maritime dans la M\u00e9diterran\u00e9e antique, en ce qui concerne l\u2019intensit\u00e9 du trafic, le nombre des navires et des passagers, le volume des marchandises. L\u2019unification politique du monde m\u00e9diterran\u00e9en sous l\u2019\u00e9gide de Rome et la paix qui en r\u00e9sultait pour tous les pays riverains donn\u00e8rent \u00e0 la circulation des personnes et des biens une libert\u00e9, une facilit\u00e9 et une s\u00e9curit\u00e9 jamais connues auparavant.<\/em><\/p>\n<p>Mais en plus des Romains sont venus aussi les Vandales, les Portugais, les Espagnols, les Anglais, les Italiens et on laiss\u00e9 des traces linguistiques de leur passage. Aujourd\u2019hui ses traces sont audibles dans l\u2019arabe marocain, (15)\u00a0et, toutefois, ses multiples emprunts sont de 19% pour ce qui est du fran\u00e7ais, dans tout le territoire, et de 12% pour ce qui est de l\u2019espagnol au nord et dans le Sahara marocain.<\/p>\n<p>Des exemples \u00e9difiants de ces emprunts dus aux \u00e9changes s\u00e9culaires et aussi\u00a0 aux frictions sont comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><u>Langue fran\u00e7aise<\/u><\/p>\n<p><u>Verbes<\/u><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"235\"><strong>Arabe dialectal (Darija)<\/strong><\/td>\n<td width=\"240\"><strong>Fran\u00e7ais<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">staji<\/td>\n<td width=\"240\">faire un stage<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">marki<\/td>\n<td width=\"240\">marquer<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">taka<\/td>\n<td width=\"240\">attaquer<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">trini<\/td>\n<td width=\"240\">s\u2019entra\u00eener<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">kraza<\/td>\n<td width=\"240\">\u00e9craser<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">sni<\/td>\n<td width=\"240\">signer<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">soudi<\/td>\n<td width=\"240\">souder<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">stopi<\/td>\n<td width=\"240\">stopper<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">srbi<\/td>\n<td width=\"240\">servir<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><u>Noms<\/u><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"235\"><strong>Arabe dialectal (Darija)<\/strong><\/td>\n<td width=\"240\"><strong>Fran\u00e7ais<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">trisniti<\/td>\n<td width=\"240\">\u00e9lectricit\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">mikanisian<\/td>\n<td width=\"240\">m\u00e9canicien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">plombi<\/td>\n<td width=\"240\">plombier<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">chifour<\/td>\n<td width=\"240\">chauffeur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">tran<\/td>\n<td width=\"240\">train<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">sansour<\/td>\n<td width=\"240\">ascenseur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"235\">fran<\/td>\n<td width=\"240\">frein<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><u>Langue espagnole<\/u><\/p>\n<p><u>Noms<\/u><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"209\"><strong>Arabe dialectal (Darija)<\/strong><\/td>\n<td width=\"213\"><strong>Espagnol<\/strong><\/td>\n<td width=\"198\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">pasaport\u00e9<\/td>\n<td width=\"213\">pasaporte<\/td>\n<td width=\"198\">passeport<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">nobia<\/td>\n<td width=\"213\">novia<\/td>\n<td width=\"198\">Copine, petite amie<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">campo<\/td>\n<td width=\"213\">campo<\/td>\n<td width=\"198\">campagne<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">cama<\/td>\n<td width=\"213\">cama<\/td>\n<td width=\"198\">lit<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">manta<\/td>\n<td width=\"213\">manta<\/td>\n<td width=\"198\">couverture<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">skwila<\/td>\n<td width=\"213\">escuela<\/td>\n<td width=\"198\">\u00e9cole<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">swirti<\/td>\n<td width=\"213\">suerte<\/td>\n<td width=\"198\">chance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">viaje<\/td>\n<td width=\"213\">viaje<\/td>\n<td width=\"198\">voyage<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Aujourd\u2019hui l\u2019Anglais est en train de prendre racine, lentement mais s\u00fbrement, dans le paysage linguistique marocain et dans les m\u0153urs des Marocains gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019immigration, l\u2019Internet et l\u2019art (cin\u00e9ma, musique, etc.). Ainsi, des appellations en langue anglaise resurgissent dans les enseignes commerciales\u00a0: <strong>Best Shop<\/strong>, <strong>My Tailor<\/strong>, <strong>Nice and Easy<\/strong>, <strong>Baby Shop<\/strong>, etc. en m\u00eame temps que dans le langage des jeunes\u00a0: <strong>cool<\/strong>, <strong>friend<\/strong>, <strong>girlfriend<\/strong>, <strong>baby<\/strong>, <strong>black, clean, groove,<\/strong> etc.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement des c\u00e9l\u00e9brations anglo-saxonnes d\u2019ordre commerciales se sont implant\u00e9es progressivement dans le paysage culturel marocain durant le d\u00e9but de ce mill\u00e9nium, telles\u00a0: Halloween, les f\u00eates des fant\u00f4mes et des spectres et la Saint Valentine, la f\u00eate de l\u2019amour. Ces rites mercantiles modernes n\u2019ont, en principe, aucune place dans la culture marocaine vu qu\u2019ils v\u00e9hiculent une philosophie contraire \u00e0 l\u2019\u00e9thique islamique. (16)\u00a0Mais, quoi qu\u2019il en soit ces pratiques se sont install\u00e9es confortablement dans les m\u0153urs des marocains d\u2019aujourd\u2019hui, qui, r\u00e9volution digitale aidant, veulent s\u2019exporter davantage \u00e0 l\u2019international, et surtout l\u2019international \u00e0 coloration et r\u00e9sonance yankee.<\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00a0<\/strong>Pour les d\u00e9tails les plus diverse, de la conf\u00e9rence, voir le document, avec abondante information \u00ab\u00a0<strong>Chronique de la Conf\u00e9rence<\/strong>\u00a0\u00bb, MEE, TR XX\/38, Caisse 334.<\/li>\n<li>Chez les Rifains <strong><em>aghrib<\/em><\/strong>, l\u2019autre, l\u2019\u00e9tranger, le voyageur, etc. ne b\u00e9n\u00e9ficie pas seulement de la protection du clan ou de la tribu, mais aussi du droit d\u2019habitation et de vie sur son territoire. Cela fait parti du code de l\u2019honneur de chaque entit\u00e9 clanique et tribale que les bardes chantent durant les festivit\u00e9s tels les mariages les circoncisions et les bapt\u00eames.<\/li>\n<li>Cf\u00a0. M. Chtatou\u00a0; \u00ab\u00a0The Magical World of the Master Musicians of Jahjouka\u00a0\u00bb in <strong>BRISMES Proceedings of the 1986 Conference on Middle Eastern Studies. Ed. L.D. Lanthan. Oxford\u00a0: British Society of Middle Eastern Studies<\/strong>, 1968.<\/li>\n<li><strong><em>Jnouns<\/em><\/strong>, pl<strong><em>. jenn\u00a0<\/em><\/strong>: esprits malfaisants dans la tradition culturelle orale et populaire marocaine.<\/li>\n<li><strong><em>Ghaiatas,<\/em><\/strong> <strong><em>ghaiat\u00a0<\/em><\/strong>: joueur d\u2019instrument \u00e0 musique \u00e0 air commun\u00e9ment appel\u00e9 <strong><em>ghaita.<\/em><\/strong><\/li>\n<li>S. Davis. <strong>Jajouka Rolling Stone\u00a0: a Fable of Gods and Heroes<\/strong>. New York\u00a0: Random House, 1993. Dans ce roman il narre la visite d\u2019un journaliste de National Geographic \u00e0 Jahjouka et ses efforts de publier un article sur leur musique et mode de vie. Il y parle aussi du d\u00e9veloppement de la carri\u00e8re internationale de ce groupe\u00a0: visite de Brian Jones, enregistrement avec Randy Weston. Il parle aussi de la tradition musicale et th\u00e9\u00e2trale Jahjouka, l\u2019influence romaine, la <strong>boujloudia,<\/strong> le d\u00e9cret royal instituant le groupe officiellement, les perp\u00e9tuelles visites des musiciens \u00e9trangers, l\u2019homosexualit\u00e9, la marijuana. Il ach\u00e8ve cet ouvrage sur des interviews avec les multiples \u00ab\u00a0movers\u00a0\u00bb des Jahjouka\u00a0: Brion Gysin, William Burroughs, Paul Bowles, Keith Richards et Mick Jagger.<\/li>\n<li>R. williams.\u00a0\u00ab\u00a0Ornette and the Pipes of Jahjouka\u00a0\u00bb in <strong>Melody Maker, March 17, 1973, <\/strong>p. 22.<\/li>\n<li>P. D. Schuyler.\u00a0\u00ab\u00a0The Master Musicians of Jahjouka\u00a0\u00bb in <strong>Natural History 92\u00a0:10<\/strong>, pp. 60-69.<\/li>\n<li>K. Sabin. \u00ab\u00a0Moroccan Music\u00a0: \u00a0The \u00ab\u00a0Foreign\u00a0\u00bb and the \u00ab\u00a0Familiar\u00a0\u00bb\u00a0: an Annotated Bibliography and Discography\u00a0\u00bb, ( term paper for Popular Culture in the Middle East (SOCIO 470), Spring 2000.) http:\/\/users.ox.ac.uk\/~sant1114\/MoroccanMusic.htm\u00a0#Jahjouka<\/li>\n<li>Caesar:<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Calpurnia\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Calpurnia\u00a0:<\/p>\n<p><em>Here, my Lord<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Caesar\u00a0:<\/p>\n<p><em>Stand you directly in Antonius way,<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 When he doth run his course. Antonius\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Antony\u00a0<strong>:<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><em>Caesar, my Lord\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Caesar\u00a0:<\/p>\n<p><em>Forget not in your speed, Antonius<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 To touch Calpurnia\u00a0; for our elderly say,<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 The barren, touched in the holy chase<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Shake off their sterile. <\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Dans cet ouvrage fort int\u00e9ressant l\u2019auteur d\u00e9crit la ville de Tanger au d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle. D. Porch. <strong>The Conquest of Morocco<\/strong>. New york: Alfred Knopf, 1983, P. 14.<\/li>\n<li><strong>halqa: <\/strong>th\u00e9\u00e2tre musical des rues, march\u00e9s et places publiques.<\/li>\n<li>M. Chtatou. \u201c Aspects of the Phonology of the Berber Dialect of the Rif\u201d. Th\u00e8se de Doctorat non-publi\u00e9e, SOAS, Universit\u00e9 de Londres, 1982, p.82. Cf. , also, M. Chtatou. <strong>Central-Eastern Europe and the Mediterranean Region: Similarities and Differences<\/strong>. (Athens: Halki International Seminars 1997 (Occasional Papers. OP97.10)), p. 4.<\/li>\n<li><strong>Encyclopaedia Universalis, <\/strong>Vol. 10. Paris: Encyclopaedia Universalis France, 1980, p.729Cf.<\/li>\n<li>M. Chtatou. \u00ab\u00a0Language Policy in Morocco\u00a0\u00bb. <strong>Morocco<\/strong><strong>: Occasional Papers No. 1<\/strong>, <strong>1994<\/strong>, pp. 43-62.<\/li>\n<li>D\u2019ailleurs lorsque les islamistes pr\u00f4nent, avec force, dans leur jargon id\u00e9ologique la r\u00e9islamisation de la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019un de leurs multiples buts n\u2019est autre que d\u00e9barrasser la soci\u00e9t\u00e9 musulmane des<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est vrai que le Maroc est un pays tr\u00e8s riche, riche de sa diversit\u00e9 culturelle et linguistique. Mais est-il pour autant un pays multiculturel, et peut-on dire que le marocain moyen a le r\u00e9flexe du multiculturalisme\u00a0? 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