{"id":1098,"date":"2017-03-13T12:27:51","date_gmt":"2017-03-13T12:27:51","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1098"},"modified":"2017-03-13T12:27:51","modified_gmt":"2017-03-13T12:27:51","slug":"le-maroc-un-royaume-multiculturel-2eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-maroc-un-royaume-multiculturel-2eme-partie\/","title":{"rendered":"LE MAROC, UN ROYAUME MULTICULTUREL (2\u00e8me PARTIE)"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1096\" aria-describedby=\"caption-attachment-1096\" style=\"width: 332px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1096\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou-332x250.png?resize=332%2C250\" alt=\"\" width=\"332\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?resize=332%2C250&amp;ssl=1 332w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?w=642&amp;ssl=1 642w\" sizes=\"auto, (max-width: 332px) 100vw, 332px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1096\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>DR. MOHAMED CHTATOU: Anthropologue et linguiste<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><u>La musique de transe<\/u><\/strong><\/p>\n<p>La tradition <strong>ganoua<\/strong>, venu \u00e0 travers les \u00e2ges de l\u2019Afrique sub-saharienne s\u2019installer et prosp\u00e9rer au Maroc montre \u00e0 quel point ce pays carrefour est un vrai <em>melting pot<\/em><strong>\u00a0 <\/strong>capable de s\u2019adapter et surtout d\u2019assimiler des pratiques et des influences venues d\u2019ailleurs soit du nord, riche et Chr\u00e9tien ou du sud, pauvre et Musulman et m\u00eame des fois animiste.<\/p>\n<p>Les <strong>gnaouas <\/strong>ou<strong> gnawas<\/strong>, selon les translitt\u00e9rations retenues, sont des descendants d\u2019anciens esclaves issus de populations d\u2019origine d\u2019Afrique Noire (S\u00e9n\u00e9gal, Soudan, Ghana, Mali, Guin\u00e9e, etc.). (1)\u00a0D\u2019ailleurs pour les linguistes le mot <strong>gnaoui\u00a0 <\/strong>est une prononciation locale\u00a0 du lieu d\u2019origine\u00a0 de ces esclaves: c&rsquo;est-\u00e0-dire la Guin\u00e9e. Cela voulait dire dans le parler marocain du temps une personne originaire de Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Les esclaves <strong>gnaouas<\/strong> furent amen\u00e9s par les anciennes dynasties qui ont travers\u00e9s l\u2019histoire du Maroc, en commen\u00e7ant par les Almohades (1145-1269) Pour entreprendre les constructions de palais et les renforcements de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Musiciens, gu\u00e9risseurs, voyants, th\u00e9rapeutes et exorcistes, les <strong>gnaouas <\/strong>sont tout cela et plus, une confr\u00e9rie issue de la terre d\u2019Afrique et dialoguant avec les cieux, invoquant les saints de l\u2019Islam et les divinit\u00e9s surnaturelles dans d\u2019impressionnantes transes de possession. Un rite \u00e9trange et \u00f4 combien pr\u00e9cieux,\u00a0 pr\u00e9serv\u00e9 depuis des si\u00e8cles par des populations venues de loin. Longtemps livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, les <strong>gnaouas <\/strong>n\u2019ont eu bien souvent d\u2019autres choix que celui de pratiquer leur musique dans la clandestinit\u00e9 ou dans la rue et les souks.<\/p>\n<p>Apres leur affranchissement de l\u2019esclavage par les Sultans marocains le d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, ils se sont constitu\u00e9s en confr\u00e9ries \u00e0 travers le territoire marocain. Ces confr\u00e9ries en question s\u2019articulent\u00a0 autour des ma\u00eetres musiciens <strong>m\u00e2allems,<\/strong> des joueurs d\u2019instruments (quasi exclusivement les <strong>qraqechs <\/strong>\u2013sorte de crotales- et le <strong>gambri <\/strong>ou <strong>hajhouj<\/strong>, instruments \u00e0 cordes), des voyantes <strong>chouafas<\/strong>, de m\u00e9diums et d\u2019adeptes.<\/p>\n<p>Ils pratiquent ensemble un rite de possession syncr\u00e9tique appel\u00e9 <strong>lila <\/strong>ou se m\u00eale \u00e0 la fois des apports africains et arabo &#8211; berb\u00e8res, pendant lequel les adeptes s\u2019adonnent \u00e0 c\u0153ur joie \u00e0 la pratique des danses de possession et de transe.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la musique des <strong>gnaouas <\/strong>s\u2019internationalise de plus en plus gr\u00e2ce au Festival des Gnaouas et des Musiques du Monde, qui se tient chaque ann\u00e9e dans la ville c\u00f4ti\u00e8re d\u2019Essaouira en juin, et gr\u00e2ce aussi aux influences ext\u00e9rieures comme l\u2019apport des musiciens tels Bill Laswell, Adam Rudolph, et Randy Weston qui font souvent\u00a0 appel \u00e0 des musiciens <strong>gnaouas <\/strong>dans leurs compositions. (2)<\/p>\n<p>Le Festival d\u2019Essaouira, le dixi\u00e8me en nombre, de cette ann\u00e9e s\u2019est tenu du 19 au 23 juin 2007 et a connu un succ\u00e8s sans pr\u00e9c\u00e8dent. En effet, il a \u00e9t\u00e9 suivi par un demi-million de personnes venues des quatre coins du royaume et aussi de l\u2019\u00e9tranger. L\u2019ambiance musicale a \u00e9t\u00e9 assur\u00e9e par 25 groupes de <strong>gnaouas<\/strong>, 250 artistes marocains et 150 artistes \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Cette \u00e9dition \u00e9tait avant tout la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un parcours ou \u00e9motion et musique ne font qu\u2019un\u00a0: une langue universelle. La langue d\u2019un multiculturalisme global et dynamique. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 question d\u2019une simple \u00abfolklorisation\u00bb d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne musical devenu mondial, le festival a mis\u00e9 sur l\u2019ouverture sur d\u2019autres cieux\u00a0 malgr\u00e9 les critiques conservatrices que cela aurait pu soulever. (3)<\/p>\n<p>Ainsi un programme riche et vari\u00e9 a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 au public. Des concerts acoustiques plongeant dans les racines des musiques <strong>gnaouas, <\/strong>une parade d\u00e9ambulatoire des musiciens <strong>gnaouas, <\/strong>des marionnettes g\u00e9antes de la troupe Orishat\u00e9 de Cuba.<\/p>\n<p>La musique des <strong>gnaouas\u00a0 <\/strong>ainsi que les rituels qui l\u2019accompagnent sont des traces de la m\u00e9moire collective des peuples de l\u2019Afrique noire d\u00e9chir\u00e9e par l\u2019esclavage, la trahison et l\u2019avidit\u00e9 de l\u2019homme. Les fondateurs du premier noyau de la tradition <strong>gnaoua\u00a0 <\/strong>\u00e0 Essaouira sont les noirs que le destin a conduits dans la r\u00e9gion amazighe de Haha, arrach\u00e9s \u00e0 leurs racines en Afrique sub-saharienne ou ils men\u00e8rent une vie paisible et libre.<\/p>\n<p>Leurs rythmes, les rituels particuliers qu\u2019ils pratiquaient quand ils pouvaient sous les dures circonstances de l\u2019esclavage, \u00e9taient une forme de consolation et une traduction de la douleur et de la nostalgie. Une ultime issue pour d\u00e9voiler une identit\u00e9 perdue, un langage de chagrin et de pleurs suscit\u00e9 par une souffrance int\u00e9rieur et profonde. Les chants et po\u00e8mes ambigus des <strong>gnaouas <\/strong>sont plus proches \u00e0 des g\u00e9missements qu\u2019\u00e0 des chansons.<\/p>\n<p>Leurs pratiques \u00e0 la fois musicales, initiatiques et th\u00e9rapeutiques m\u00ealent des apports africains et arabo-berb\u00e8res\u00a0; Bien que musulmans les <strong>gnaouas <\/strong>fondent\u00a0 leur sp\u00e9cificit\u00e9 sur le culte des <strong>jnouns, <\/strong>esprits malfaisants, et leurs rites ont conserv\u00e9 nombre de traits propres\u00a0 aux cultes\u00a0 de possession africains et le rituel est comparable au <strong>Vaudou<\/strong> de Ha\u00efti et \u00e0 la <strong>Macumba<\/strong> du Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie la plus importante et la plus spectaculaire des <strong>gnaouas <\/strong>est la<strong> lila,\u00a0 <\/strong>dont la fonction est essentiellement th\u00e9rapeutique. Durant la c\u00e9l\u00e9bration, le <strong>m\u00e2allem, <\/strong>accompagn\u00e9 de sa troupe, appelle les saints et les entit\u00e9s surnaturelles \u00e0 prendre possession des adeptes, qui s\u2019adonnent alors \u00e0 la transe.<\/p>\n<p>Les <strong>gnaouas <\/strong>pensent que chaque \u00eatre humain vit avec un <strong>melk, <\/strong>une entit\u00e9 immat\u00e9rielle qui partage son corps. Le <strong>melk<\/strong> peut \u00eatre un homme ou une femme, un \u00eatre bon ou agressif, vertueux ou d\u00e9vergond\u00e9. Bref il est humain. Les <strong>gnaouas<\/strong> expliquent tous les probl\u00e8mes psychologiques gr\u00e2ce \u00e0 cette interpr\u00e9tation\u00a0: un schizophr\u00e8ne\u00a0? C\u2019est quelqu\u2019un poss\u00e9d\u00e9 par deux <strong>melks, <\/strong>un homosexuel\u00a0? C\u2019est un homme poss\u00e9d\u00e9 par un <strong>melk <\/strong>femme.<\/p>\n<p>Il y a sept cat\u00e9gories de <strong>melks. <\/strong>A chaque cat\u00e9gorie correspondent une couleur et un encens particulier. Il y a les <strong>melks <\/strong>blancs, les verts (les saints comme Abdelkader Jilali), le bleu ciel (les c\u00e9lestes), le bleu fonc\u00e9 (les marins, emmen\u00e9s par Sidi Moussa al-Marsaoui), les jaunes (exclusivement des femmes, la plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tant Lalla Malika la libertine), les rouges (carnivores et amateurs de sacrifices comme Sidi Mimoun) et, enfin les noirs, redoutables (tel Aicha Quandisha qu\u2019on \u00e9voque dans l\u2019obscurit\u00e9 la plus totale). (4)<\/p>\n<p>Les sept couleurs sont pass\u00e9es en revue lors d\u2019une soir\u00e9e traditionnelle <strong>lila<\/strong>. Le rituel comporte trois grandes phases successives\u00a0: la procession <strong>l-wa\u00e2da,<\/strong> chants, jeux et danses <strong>koyous <\/strong>et l\u2019interpellation des esprits <strong>melks <\/strong>par la musique de transe.<\/p>\n<p>Les initi\u00e9s entrent en transe lorsque leur <strong>melk <\/strong>est invoqu\u00e9 et il prend possession de leurs corps le temps d\u2019un air de musique. Donc la musique <strong>gnaoua<\/strong> est le lien entre le monde des humains et celui des esprits, ce monde parall\u00e8le.<\/p>\n<p>Les vrais ma\u00eetres de la c\u00e9r\u00e9monie de la <strong>lila<\/strong> ne sont pas les musiciens, comme on peut le croire. La vraie cl\u00e9 de vo\u00fbte du rite, c\u2019est la pr\u00eatresse voyante <strong>mqedma<\/strong>. C\u2019est elle qui donne le rythme des incantations, elle indique au <strong>m\u00e2allem<\/strong> musicien quel type de <strong>melk <\/strong>invoquer. Elle entre en transe d\u00e8s le d\u00e9but de la soir\u00e9e. Dans cet \u00e9tat elle peut gu\u00e9rir les malades ou apporter sa <strong>baraka <\/strong>(gr\u00e2ce divine) aux gens de l\u2019assistance.<\/p>\n<p><strong><u>La tol\u00e9rance de l\u2019autre<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Au haut Moyen Age, la lutte contre les Maures, fut assimil\u00e9e \u00e0 une croisade sp\u00e9cifique \u00e0 la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, g\u00e9n\u00e9rale pour la chr\u00e9tient\u00e9. Des ordres militaires comme l\u2019Ordre de Saint Jacques, l\u2019Ordre de Calatrava, l\u2019Ordre d\u2019Alcantara, l\u2019Ordre d\u2019Avis et m\u00eame les Templiers furent fond\u00e9s dans ce but. Les papes appel\u00e8rent en plusieurs occasions les chevaliers europ\u00e9ens \u00e0 la croisade dans la P\u00e9ninsule. La bataille de Las Navas de Tolosa (1212) vit la victoire d\u2019une coalition d\u2019Aragonais, de Fran\u00e7ais, de L\u00e9onais, de Portugais, et des Castillans, qui dirigeaient les op\u00e9rations, sous les ordres de leur roi, Alphonse VIII. (5)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chute de Grenade et l\u2019ach\u00e8vement de la <em>reconquista<\/em> le 1492, commen\u00e7a un douloureux processus d\u2019expulsion des non chr\u00e9tiens vers le Maghreb et le reste de l\u2019Europe, question de pr\u00e9munir la soci\u00e9t\u00e9 catholique espagnole contre le danger infid\u00e8le.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019expulsion de masse de populations autochtones vers d\u2019autres cieux pris fin en 1602 sous le r\u00e8gne de Philippe III.<\/p>\n<p>Les expuls\u00e9s de l\u2019Espagne catholique furent un m\u00e9lange de plusieurs ethnies\u00a0: Les <strong>Mozarabes<\/strong> (des descendants des Wisigoths ou de Romains qui se convertirent \u00e0 l\u2019Islam), les <strong>Muladis<\/strong> (Chr\u00e9tiens convertis \u00e0 l\u2019Islam lors de la conqu\u00eate), les <strong>Ren\u00e9gats<\/strong> (des Chr\u00e9tiens qui se convertissent \u00e0 l\u2019Islam lors de la <em>Reconquista<\/em> et se retourn\u00e8rent contre leurs anciens compatriotes), les <strong>Mud\u00e9jars<\/strong> <strong>ou Moriscos<\/strong> (Musulmans demeurant dans les terres conquises par les Chr\u00e9tiens et les Juifs s\u00e9pharades<strong>)<\/strong>. (6)<\/p>\n<p>Beaucoup de ces ethnies vinrent s\u2019installer au Maroc dans des villes comme T\u00e9touan, Tanger, Rabat, Sal\u00e9, F\u00e8s et Mekn\u00e8s et impos\u00e8rent leur culture, andalouse, tr\u00e8s raffin\u00e9e, \u00e0 la culture autochtone. Ainsi, la musique andalouse devint, et reste m\u00eame aujourd\u2019hui, une musique qui s\u2019accompagne d\u2019un certain faste dans l\u2019habillement\u00a0: Caftan, djellabas et une multitude d\u2019accessoires et des mets tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s et tr\u00e8s co\u00fbteux\u00a0: <strong>pastilla<\/strong>, <strong>m\u00e9choui<\/strong> et <strong>tagine.<\/strong><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au dynamisme des Juifs et des Moriscos, la culture andalouse, apr\u00e8s le d\u00e9chirement d\u00fb \u00e0 la <em>Reconquista<\/em>, fut adopt\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 marocaine sans heurts ni probl\u00e8mes et devint m\u00eame une culture de r\u00e9f\u00e9rence et de raffinement dans tout le pays. Ainsi, la musique andalouse devint\u00a0: <strong>mousiqa al-ala<\/strong> \u00e0 l\u2019ouest et au nord et <strong>tarab al-gharnati<\/strong> \u00e0 Oujda. Des ma\u00eetres musiciens juifs devinrent des chanteurs de grande renomm\u00e9e comme la famille Boutbol, la famille Pinhas et d\u2019autres. Certaines traditions de l\u2019Espagne musulmane de Grenade, Cordoue et S\u00e9ville furent ressuscit\u00e9es au Maroc\u00a0; accompagnement des moments de repas et de sieste par la musique andalouse, la c\u00e9l\u00e9bration de certaines f\u00eates juives par les musulmans et vice-versa.<\/p>\n<p>Il est vrai que les Juifs \u00e9taient consign\u00e9s aux Mellahs (quartiers souvent construits pr\u00e8s du palais du Sultan pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9 en cas de troubles), mais ils \u00e9taient libres de leurs mouvements dans tout le territoire du Maroc. Vu leur grande exp\u00e9rience dans le commerce ambulant, ils sillonn\u00e8rent le pays de long en large \u00e0 la t\u00eate de caravanes ou sur dos de mulets pour vendre leurs produits dans recoins les plus recul\u00e9s du pays.<\/p>\n<p>Dans certaines contr\u00e9es amazighes, les plus inaccessibles, des fois <strong>Mosh\u00e9 \u00e2attar<\/strong> (le commer\u00e7ant juifs ambulant) \u00e9tait tr\u00e8s appr\u00e9cie par les autochtones, pour son sens pouss\u00e9 du commerce, son accessibilit\u00e9, son amiti\u00e9 et par-dessus le march\u00e9 sa pratique du cr\u00e9dit avec des gens d\u00e9munis.<\/p>\n<p>Dans leur opus intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<strong>Meaning and Order in Moroccan Society\u00a0: Three Essays in Cultural Analysis<\/strong>\u00a0\u00bb (7)\u00a0Clifford Geertz, Hildred Geertz et Laurence Rozen traitent de la vie dans une localit\u00e9 du Moyen Atlas : Sefrou, o\u00f9 vivaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te Juifs, Amazighs et Arabes en harmonie totale pendant des si\u00e8cles. Gr\u00e2ce \u00e0 ce travail scientifique de renomm\u00e9e mondiale, la ville de Sefrou devint un haut lieu de tol\u00e9rance dans la communaut\u00e9 scientifique anglo-saxonne de part le monde. (8)<\/p>\n<p><strong><u>La cohabitation confessionnelle<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Ces anthropologues am\u00e9ricains qui se sont int\u00e9ress\u00e9s de pr\u00e8s \u00e0 la structure sociale de la ville de Sefrou et son \u00e9conomie de bazar sont arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que la communaut\u00e9 juive de cette ville, bien que juive de confession, n\u2019\u00e9tait pas diff\u00e9rente de la communaut\u00e9 musulmane et n\u2019\u00e9tait s\u00fbrement pas une communaut\u00e9 \u00e0 part vivant en r\u00e9clusion\u00a0: (9)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab\u00a0<em>The Jewish trading community provides, when set beside the Muslim, a model case in the delicacies of sociological comparison: From many points of view it looks exactly like the Muslim community; from as many others, totally different. The Jews were at once Sefrouis like any others and resoundingly themselves. Many of their institutions \u2013in the bazaar setting, most of them- were direct counterparts to Muslim ones; often even the terminology was not changed. But the way those institutions were put together to from a pattern, the organizational whole they add to, was in such sharp contrast to the Muslim way as to be almost an answer to it. It is not possible to treat the Jews as just one more \u00ab\u00a0tribe\u00a0\u00bb in the Moroccan conglomerate, another nisba, though they were certainly that too. Moroccan to the core and Jewish to the same core, they were heritors of a tradition double and indivisible and in no way marginal.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, ces chercheurs sont arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que les Juifs, qui, certes \u00e9taient marocains \u00e0 cent pour cent, jouaient un r\u00f4le pivotal dans la stabilisation de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine dans la r\u00e9gion. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils \u00e9taient instrumental dans la croissance et le d\u00e9veloppement du commerce de proximit\u00e9, le commerce rural et le commerce des caravanes et aussi calmaient les adversit\u00e9s des Amazighs du Moyen Atlas et des Arabes de la plaine de Sais\u00a0: (10)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>\u00ab\u2026 the role of the Jews in connecting Sefrou&rsquo;s region-focusing bazaar to the cloud of locality-focusing bazaars growing up around it was crucial from the earliest stages of the transition from passage to central place trade and to some extent even preceded them. Just why this should have been so, why the Arabic speakers of Sais Plain Morocco and Berber speakers of the Middle Atlas should have needed a third element distinct from them both to relate them commercially, can only be a matter of speculation. The desire of intensely competitive groups suspicious of each other&rsquo;s actions, jealous of each other&rsquo;s power, and frightened of each other&rsquo;s ambitions \u2013to conduct their trade through politically impotent agents, individuals who could bring neither force not authority to bear in the exchange process and could achieve nothing more than wealth by means of it, is perhaps part of the answer. A related desire to divest trading activities of any meaning beyond the cash and carry and so blunt their acculturative force may be another. But whatever the reason, the fact had a profound impact, virtually a determining one, on the shaping of Jewish activities in the bazaar economy.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il reste une ou deux familles juives \u00e0 Sefrou, les autres elles ont toutes migr\u00e9s vers F\u00e8s ou vers Casablanca o\u00f9 immigr\u00e9 au Canada et en Isra\u00ebl. Mais en d\u00e9pit de leur d\u00e9part, ils restent tr\u00e8s attach\u00e9s \u00e0 cette ville mythique qui a vu, des si\u00e8cles durant, une cohabitation harmonieuse et exemplaire entre deux religions, trois ethnies et plusieurs niveaux de vie.<\/p>\n<p>Plusieurs familles reviennent annuellement \u00e0 Sefrou pour entreprendre un p\u00e8lerinage sentimental dans les d\u00e9dales d\u00e9licieux de cette localit\u00e9 mill\u00e9naire et revoir, le <strong>mellah<\/strong>, connu sous le nom du Petit J\u00e9rusalem, les synagogues et l\u2019\u00e9cole talmudique.<\/p>\n<p><strong><u>La coexistence religieuse<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Sefrou \u00a0n\u2019\u00e9tait pas seulement une ville o\u00f9 vivaient en harmonie Musulmans et Juifs, c\u2019\u00e9tait aussi une localit\u00e9 qui inventa, il y a fort longtemps de cela, le concept de la coexistence religieuse dans son vrai sens.<\/p>\n<p>Bien que la communaut\u00e9 juive de Sefrou f\u00fbt tr\u00e8s r\u00e9duite en nombre, son importance dans la vie de la ville et l\u2019\u00e9conomie du bazar \u00e9tait pr\u00e9dominante \u00e0 plus d\u2019un titre.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 30 du si\u00e8cle dernier, la majorit\u00e9 des Juifs vivaient dans le <strong>mellah<\/strong> \u00e0 l\u2019exception d\u2019une minorit\u00e9 d\u2019entre eux qui servaient dans l\u2019administration coloniale en tant qu\u2019interpr\u00e8tes ou officiers de l\u2019Etat civil. Ceux l\u00e0, vu leur importance dans la hi\u00e9rarchie sociale, vivaient dans la Ville Nouvelle, le quartier europ\u00e9en. Dans les ann\u00e9es 1950, vivre dans ce quartier \u00e9tait un symbole d\u2019ascension sociale pour Juifs et Musulmans.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, le <strong>mellah<\/strong> n\u2019\u00e9tait plus le lieu \u00a0de r\u00e9sidence exclusive des Juifs puisque des familles musulmanes s\u2019y install\u00e8rent sans <em>\u00e0 priori<\/em> aucun. Ce changement de normes sociales cr\u00e9a dans cette ville une culture de solidarit\u00e9 et de partage entre les communaut\u00e9s juives et musulmanes. Cette culture se basait sur le concept du respect de l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence religieuse, et ethnique. Ce faisant les deux communaut\u00e9s vivaient en compl\u00e8te symbiose.<\/p>\n<p>Les Musulmans c\u00e9l\u00e9braient avec les Juifs leur f\u00eate religieuse, tandis que les Juifs respectaient \u00e0 la lettre le code d\u2019abstinence des Musulmans durant le mois sacr\u00e9 du Ramadan, chose que ces derniers appr\u00e9ciaient \u00e9norm\u00e9ment.<\/p>\n<p>Mais le clou de la coexistence religieuse initi\u00e9e \u00e0 Sefrou \u00e9tait\u00a0 la v\u00e9n\u00e9ration des m\u00eames saints par les deux communaut\u00e9s religieuses. Pour les anthropologues am\u00e9ricains cit\u00e9s ci-dessus, les Juifs et les Musulmans avaient, en d\u00e9pit de leurs diff\u00e9rences, beaucoup en commun sur le plan culturel. (11)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>\u00a0\u00bb\u00a0\u2026 Jews mixed with Muslims under uniform ground rules, which, to an extent difficult to credit for whose ideas about Jews in traditional trade are based on the role they played in premodern Europe, were different in religious status. There was, of course, some penetration of communal concerns into the bazaar setting (exclusively Jewish trades, like goldworking and tinsmithing and such special phenomena phenomena as Kosher butchers), but what is remarkable is not how much there was but how little. The cash nexus was quite real; the Jew was cloth seller, peddler, shopkeeper, shoe-maker or porter before he was a Jew and dealt and was dealt with as such. Contrariwise, there was some penetration of general \u00a0Moroccan patterns of life into the communal area: Jewish kinship patterns\u00a0 were not all that unlike Muslim; Jewish not only had saints of their own but often honored Muslim ones as well: and Arabic not Hebrew, was the language of the home.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette coexistence parfaite entre Juifs et Musulmans a Sefrou a trouv\u00e9 son ultime expression dans l\u2019adoration du m\u00eame saint par les deux religions. En effet, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e nord de la ville en question, sur le flanc d\u2019une petite montagne situ\u00e9e sur la droite se trouve une caverne, qui, d\u2019apr\u00e8s la litt\u00e9rature hagiographique aussi bien du Juda\u00efsme et de l\u2019Islam marocains abrite le tombeau d\u2019un saint v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les deux communaut\u00e9s religieuses. Le site est adroitement appel\u00e9 <strong>kaf al-moumen<\/strong> \u00ab\u00a0la caverne du croyant\u00a0\u00bb, sans pour autant sp\u00e9cifier de quel croyant s\u2019agit-il.<\/p>\n<p>Les gens de Sefrou, si confiants dans leurs traditions ancestrales ne se sont jamais pos\u00e9s la question est-ce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un seul et m\u00eame saint pour les deux religions ou de deux saints diff\u00e9rents. En quelque sorte une telle question \u00e9tait totalement superflue pour eux.<\/p>\n<p>Cette question, si pertinente pour certains fondamentalistes des deux bords, n\u2019avait aucune importance pour les habitants de Sefrou. Leur coexistence religieuse \u00e9tait tellement forte et solide qu\u2019ils ont am\u00e9nag\u00e9 le temps de visite \u00e0 la caverne autour du calendrier religieux de chaque confession et pour des si\u00e8cles durant ce calendrier a fonctionn\u00e9 \u00e0 merveille et sans probl\u00e8mes aucun et il aurait pu continuer \u00e0 fonctionner si les Juifs de cette ville ne l\u2019avaient pas quitt\u00e9e suite \u00e0 des campagnes d\u2019incitation des agences juives am\u00e9ricaines et internationales \u00e0 l\u2019immigration vers Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>Cette coexistence religieuse n\u2019\u00e9tait pas l\u2019apanage de la ville de Sefrou, en effet on trouvait plein d\u2019exemples similaires dans d\u2019autres localit\u00e9s du Maroc, soient-elles villes imp\u00e9riales ou petites bourgades sans grande importance.<\/p>\n<p>Cette\u00a0 coexistence bien qu\u2019effective sur tout le territoire cachait, n\u2019emp\u00eache un ph\u00e9nom\u00e8ne de racisme latent chez certaines couches sociales, surtout les plus d\u00e9munies qui voyaient le succ\u00e8s des Juifs marocains avec beaucoup de jalousie et exprimaient ce sentiment par brimades, comportements agressifs sur le plan verbal, ou tout simplement en consid\u00e9rant le Juif et le Chr\u00e9tien comme des \u00eatres impurs, d\u2019on l\u2019usage du terme arabe \u00ab\u00a0\u00a0<strong>hachak<\/strong>\u00a0\u00bb en mentionnant leurs noms ou en faisant allusion \u00e0 eux.<\/p>\n<p>Toutefois, beaucoup de voyageurs \u00e9trangers ont mal compris ce comportement et lui ont donn\u00e9 des interpr\u00e9tations fallacieuses, comme par exemple J.G. Jackson,\u00a0 (12)\u00a0un voyageur anglais, qui avait visit\u00e9 le Maroc au d\u00e9but du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Il faut pr\u00e9ciser, que celui-ci en d\u00e9pit de son ouverture d\u2019esprit \u00ab\u00a0enlightened traveller\u00a0\u00bb et sa disposition \u00e0 \u00e9tudier de mani\u00e8re impartiale les m\u00e9canismes culturels des soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019il a visit\u00e9es,\u00a0 a mal compris le statut des Juifs au Maroc. Ils n\u2019\u00e9taient pas une classe sociale pers\u00e9cut\u00e9e, comme lui semble croire, mais une classe avec sa propre identit\u00e9 religieuse fi\u00e8re de sa marocanit\u00e9 \u00e0 cent pour cent quand il s\u2019agit de son appartenance sociale et culturelle.<\/p>\n<p>A tort,\u00a0 celui-ci croyait que les Juifs \u00e9taient trait\u00e9s comme sont trait\u00e9s les chiens dans les pays chr\u00e9tiens: (13)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>\u00ab\u00a0\u2026 the poor Jews, who are treated in this country somewhat worse than dogs in Christian countries, have a hand with the fingers spread out, painted on their doors or house, as an amulet to charm away oppression. Accordingly (Khumsa alik), \u00ab\u00a0Five be upon thee, or the hand of power be upon thee\u00a0\u00bb, is a curse or malediction frequently conferred by the Moors on the oppressed Jews.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Il faut toutefois souligner avec insistance et force que beaucoup de voyageurs europ\u00e9ens du 18\u00e8me, 19\u00e8me et 20\u00e8me si\u00e8cles visitaient les pays musulmans munis d\u2019id\u00e9es toutes faites sur ces derniers et essayaient inlassablement de trouver tout ce qui pourrait de loin ou de pr\u00e8s\u00a0 justifier leur comportement raciste et hautain aboutissant \u00e0 l\u2019ethnocentrisme colonial.<\/p>\n<p>Il est vrai que les Marocains dans le temps \u00e9taient pauvres, illettr\u00e9s en majorit\u00e9 et point sophistiqu\u00e9s, mais ils avaient toujours dans leur sang, leurs g\u00eanes du respect pour l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence: ethnique ou confessionnelle soit-elle. Sefrou n\u2019\u00e9tait pas la seule ville multiculturelle du Maroc, il y avait plein d\u2019autres villes similaires et surtout sur la c\u00f4te, comme Tanger qui doit sa renomm\u00e9e a son pluralisme proverbial. (14)<\/p>\n<p>A la diff\u00e9rence de plusieurs villes du Maroc, Tanger n\u2019avait point de <strong>mellah<\/strong> pour les juifs parce qu\u2019elle \u00e9tait une ville totalement ouverte sur l\u2019autre, une ville internationale, donc plurielle dans son \u00e2me et son esprit. Les Juifs vivaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec les Musulmans dans la paix et la dignit\u00e9 et c\u2019est ce que affirme Leared: (15)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>There is no Jewish quarter in Tangier as there is in most Moorish towns, and the Israelites live peaceably amongst the general population.<\/em><\/p>\n<p>Cette opinion est parfaitement partag\u00e9 par d\u2019autres voyageurs sans parti pris ou pr\u00e9jug\u00e9s culturels comme Schickler qui souligne un aspect inh\u00e9rent du multiculturalisme marocain: la coexistence m\u00eame dans les contr\u00e9es les plus recul\u00e9es du pays: (16)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Toutefois les Juifs du Maroc paraissent jouir d\u2019une enti\u00e8re libert\u00e9 religieuse. On ajoute que certaines tribus juives, tr\u00e8s anciennement \u00e9tablies sur les montagnes, y vivent sur le pied d\u2019une parfaite\u00a0 \u00e9galit\u00e9 avec les familles berb\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p>La population juive marocaine \u00e9tait d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre indispensable pour l\u2019\u00e9conomie marocaine, ils \u00e9taient de grands banquiers et des hommes d\u2019affaires de renomm\u00e9e internationale a tel point que les diff\u00e9rents Sultans du Maroc leur confiaient le portefeuille du commerce international du pays et c\u2019est ainsi qu\u2019ils furent nomm\u00e9s <strong>tajirs<\/strong> du Sultan d\u2019apr\u00e8s El mansour: (17)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>In fact Mawlay Sulayman did choose his <strong>tajir-s <\/strong>from amongst Jews as well as from the ranks of his Muslim subjects. Whereas his father has decided in 1789 has decided to withdraw his money from Jewish hands and to place in the hand of Europan merchants. Mawlay sulayman restored the privileges of his Jewish subjects by entrusting them with his business. The most trusted Jewish merchants belonged to the\u00a0 Mancin\u00a0 and Guidalla families of Essaouira who had commercial interests in England. <\/em><\/p>\n<p>Mais les Juifs marocains encourag\u00e9s par la p\u00e9rennit\u00e9 du multiculturalisme marocain avaient des ambitions politiques et diplomatiques, ainsi plusieurs d\u2019entre eux int\u00e9gr\u00e8rent l\u2019appareil administratif du\u00a0 <strong>makhzen <\/strong>\u00a0et ils sont m\u00eame all\u00e9s jusqu\u2019a devenir vice-consuls dans des repr\u00e9sentations diplomatiques \u00e9trang\u00e8res par le biais du r\u00e9gime de <strong>prot\u00e9g\u00e9 <\/strong>en vogue au Maroc \u00e0 la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Ceci est confirm\u00e9 par Porch dans son travail: (18)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Many Jews, however, supremely adaptable, drifted to coastal towns where<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>a number of them insinuated themselves into the prot\u00e9g\u00e9 network as vice-consuls, agents and interpreters.<\/em><\/p>\n<p><strong><u>Le multiculturalisme marocain<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Le Maroc est un pays mill\u00e9naire de grande diversit\u00e9 ethnique, culturelle et m\u00eame g\u00e9ographique. Cette richesse cong\u00e9nitale a inspir\u00e9 les publicitaires du tourisme \u00e0 adopter le slogan suivant: \u00abLe Maroc, royaume aux mille royaumes\u00bb.<\/p>\n<p>Il est vrai que l\u2019attraction majeure du Maroc r\u00e9side dans le fait qu\u2019on peut, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce m\u00eame pays aller d\u2019un royaume \u00e0 un autre sans changer de pays. D\u2019ailleurs n\u2019est-il pas le cas que chaque r\u00e9gion \u00e0 sa propre culture, ses propres croyances populaires, son propre langage et son propre microclimat?<\/p>\n<p>En effet, au Maroc on parle deux langues nationales\u00a0; le Tamazight et l\u2019Arabe. Mais on parle aussi trois langues internationales, le Fran\u00e7ais, l&rsquo;Espagnol et l&rsquo;Anglais. Le Tamazight quant \u00e0 lui il se subdivise en trois dialectes : le Tarifit parl\u00e9 au nord, la Tamazight usit\u00e9 au Moyen Atlas et le Tachelhit au sud. Pour sa part l&rsquo;Arabe se subdivise en Darija\u00a0 parl\u00e9 dans 70% du territoire et le Hssania dans le Sahara, sans bien s\u00fbr oublier les diff\u00e9rents dialectes r\u00e9gionaux de Tamazight et de l&rsquo;Arabe. (19)<\/p>\n<p>Cette diversit\u00e9 linguistique a pour corollaire une diversit\u00e9 culturelle sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le Maroc baigne dans un multiculturalisme inn\u00e9 et cela a toujours eu une attraction magn\u00e9tique sur les chercheurs qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude minutieuse des diff\u00e9rentes facettes de sa culture mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>Attir\u00e9 par la diversit\u00e9 culturelle du Maroc et l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit des marocains vis-\u00e0-vis des autres cultures, Edward Alexander Westermarck (1862-1939), un anthropologue, sociologue et philosophe finnois, dont la sp\u00e9cialit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait autre que l&rsquo;histoire du mariage, la moralit\u00e9, et les institutions religieuses, avait\u00a0 entrepris, entre 1897 et 1904 des s\u00e9jours de recherche au Maroc et a d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thodologie de recherche de terrain en anthropologie sociale. Ses multiples travaux et observations sur la culture marocaine furent\u00a0 consign\u00e9s dans de multiples ouvrages, qui sont aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9s comme des chefs- d&rsquo;ouvres d&rsquo;anthropologie et d\u2019ethnologie: <strong>Ceremonies and Beliefs Connected with Agriculture, Certain Dates of the Solar Year and the Weather in Morocco<\/strong> (1913). <strong>Marriage Ceremonies in Morocco<\/strong> (1914), T<strong>he Moorish Conception of Holiness <\/strong>(1916), <strong>Ritual and Belief in Morocco<\/strong> (1926), <strong>Wit and Wisdom in Morocco<\/strong> (1930). (20)<\/p>\n<p>Westermarck a \u00e9t\u00e9 attire par le multiculturalisme marocain que ce soit au niveau des croyances, des m\u0153urs et des pratiques sociales, de la litt\u00e9rature \u00e9crite et orale, des comportements sociaux ou ethniques. Cons\u00e9quemment, il a pass\u00e9 son temps de travail de terrain au Maroc \u00e0 sillonner ses diff\u00e9rentes r\u00e9gions, m\u00eame les plus inaccessibles \u00e0 amasser des tonnes d&rsquo;informations de premi\u00e8re main qu\u2019aucun chercheur en sociologie ou anthropologie n&rsquo;a pu \u00e0 ce jour \u00e9galer son parcours acad\u00e9mique et ses r\u00e9sultats scientifiques.<\/p>\n<p>Dans son introduction des deux volumes de Westermarck intitul\u00e9s <strong>Ritual and Belief in Morocco <\/strong>(1926), Bronislaw Malinowski affirme avec force que le travail entrepris par ce chercheur n&rsquo;a pas d&rsquo;\u00e9gal dans les annales de la recherche acad\u00e9mique au Maroc vu son importance scientifique: <sup>(21)<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>\u00ab\u00a0No better field-work exists, however, than that of Westermarck in Morocco. It was done with a greater expenditure of care and time than any other specialised anthropological research; it has brought to fruition Westermarck&rsquo;s comprehensive learning and special grasp of sociology; it revealed his exceptional linguistic talents and his ability to mix with people of other race and culture.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le Multiculturalisme marocain est une r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9niable dans un monde d\u00e9chir\u00e9 par le terrorisme aveugle, le lib\u00e9ralisme sauvage et la x\u00e9nophobie rampante.<\/p>\n<p>Il faut conc\u00e9der, enfin de compte, que bien que la r\u00e9volution digitale de notre \u00e8re \u00e0 rapproch\u00e9 davantage les humains et que notre monde est devenu un village plan\u00e9taire. Malheureusement, cette r\u00e9volution gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Internet et les t\u00e9l\u00e9visions satellitaires a encourag\u00e9 la ghetto\u00efsation de l&rsquo;\u00eatre humains dans son amour propre, ses croyances, parfois, d\u00e9bordantes et agressives et ses visions \u00e0 sens unique. Il essaye, avec grand acharnement, \u00e0 convertir son prochain \u00e0 sa croyance ou son id\u00e9ologie sans respect aucun pour les siennes. Il croit qu\u2019il est le seul \u00e0 d\u00e9tenir la v\u00e9rit\u00e9, alors que la v\u00e9rit\u00e9 a de multiples facettes et qu&rsquo;il n&rsquo;y a point de v\u00e9rit\u00e9 absolue.<\/p>\n<p><strong><u>Le multiculturalisme marocain, un cas d&rsquo;\u00e9cole<\/u><\/strong><\/p>\n<p>On peut dire en toute qui\u00e9tude et sans peur de verser dans l&rsquo;ethnocentrisme et le nombrilisme b\u00e9at, que le multiculturalisme marocain est un exemple \u00e0 encourager et \u00e0 propager par le biais de cursus scolaire, surtout en un temps ou on essaye de globaliser l\u2019humanit\u00e9 sans pour autant la diaboliser dans ses faits et gestes et la diaboliser dans son \u00e2me et conscience.<\/p>\n<p>Il semble que le Marocain moyen a, inscrit, dans son code g\u00e9n\u00e9tique des notions de multiculturalisme dynamique. Le Marocain d&rsquo;hier comme le Marocain d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ont tous en commun une grande ouverture d&rsquo;esprit, un sens pouss\u00e9 de tol\u00e9rance et un penchant prononc\u00e9 pour le respect de l&rsquo;autre\u00a0 dans sa diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Ainsi, le Maroc a toujours \u00e9t\u00e9 une destination pris\u00e9 par les voyageurs, les chercheurs universitaires, et les touristes parce qu\u2019il offre une diversit\u00e9 culturelle par la richesse de son \u00ab\u00a0<strong>royaume aux mille royaumes<\/strong>\u00a0\u00bb et par ses myst\u00e8res, ses \u00e9nigmes, ses joies et ses rencontres et exp\u00e9riences qui permettent le fameux\u00a0\u00ab<strong>\u00e9blouissement des sens<\/strong>\u00a0\u00bb tant aussi d\u00e9cri\u00e9 par les publicitaires du tourisme.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui ce qu\u2019il faudrait entreprendre, au niveau des \u00e9coles, c\u2019est faire red\u00e9couvrir au Marocain les r\u00e9alit\u00e9s de son sens du multiculturalisme et de sa diversit\u00e9 culturelle par les actions p\u00e9dagogiques suivantes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Pr\u00e9paration d\u2019un cursus adapt\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>Formation des enseignants\u00a0;<\/li>\n<li>Organisation d\u2019\u00e9changes interscolaires avec d\u2019autres pays\u00a0;<\/li>\n<li>Organisation de semaines d\u2019activit\u00e9s sur le multiculturalisme au niveau des acad\u00e9mies\u00a0: concours d\u2019\u00e9criture, de photo, de th\u00e9\u00e2tre, de poster, etc.\u2026 et d\u00e9cerner des prix aux gagnants\u00a0;<\/li>\n<li>D\u00e9clarer une quinzaine de l\u2019ann\u00e9e scolaire, quinzaine du multiculturalisme\u00a0;<\/li>\n<li>Revoir tout le cursus scolaire de fond en comble et y enlever toute notion qui pourrait inciter \u00e0 la haine, \u00e0 la x\u00e9nophobie et \u00e0 la violence.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces m\u00eames actions p\u00e9dagogiques pourraient \u00eatre aussi r\u00e9-inculqu\u00e9es et renforc\u00e9es chez le Marocain moyen par le biais des m\u00e9dias, du pr\u00eache religieux, l\u2019art, et la culture\u00a0 pour l\u2019immuniser contre les courants extr\u00e9mistes qui ne reculent devant rien pour arriver \u00e0 leurs fins et atteindre leurs objectifs noirs et mal\u00e9fiques.<\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Paul Bowles, jacket notes. <strong>Gnawa Music of Marrakesh: Night Spirit Masters. <\/strong>Produced by Richard Horowitz and Bill Laswell. Axiom\/ Island Records, 314-510\u00a0147-2, 1990. Paul Bowles cet \u00e9crivain am\u00e9ricain, qui a v\u00e9cu durant le si\u00e8cle dernier \u00e0 Tanger s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 aux <strong>gnaouas<\/strong> et \u00e0 leur musique. Il parle de leurs origines africaines, de leur esclavage et de leur musique aux propri\u00e9t\u00e9s prophylactiques et th\u00e9rapeutiques.<\/li>\n<li>Mark Hudson. \u201cArts and Books Features: The Home of trance and Dance from Paul Bowles to the Rolling Stones and Modern Club DJs: the Mysterious Musical life of North Africa has Long Fascinated Western Writers and Musicians. Mark Hudson travels to Marrakesh, Casablanca and Deep into the Night in Search of the Authentic Sound of \u201d <strong>The<\/strong> <strong>Daily Telegraph, London, 4 March 2000:7<\/strong>. Cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en pr\u00e9vision d\u2019une s\u00e9rie de concerts de musique nord-africaine \u00e0 Londres. L\u2019auteur y traite de sa visite \u00e0 Casablanca et Marrakech ou li d\u00e9couvre et participe \u00e0 une <strong>lila <\/strong>des <strong>gnaouas <\/strong>et fait connaissance avec le riche r\u00e9pertoire de la musique marocaine.<\/li>\n<li>Lulu Norman. \u201cTravel Agenda: The Original Trance Dance; This Week a Spiritual Blues Festival Beguins at Essaouira in Southern Morocco.\u201d <strong>The Independent, London, 30 May 1998, Features: 2. <\/strong>L\u2019article en couverture parle de la mont\u00e9e en puissance de la World Music dans le domaine artistique et l\u2019int\u00e9r\u00eat que les m\u00e9lomanes commencent \u00e0 porter \u00e0 ce genre de musique. Apr\u00e8s, l\u2019article traite\u00a0 du Festival d\u2019Essaouira et la journaliste compare la musique des <strong>gnaouas<\/strong> \u00e0 celle des Blues aux Etats Unis, sachant que les deux genres sont jou\u00e9s par des descendants d\u2019anciens esclaves. La journaliste s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies de transe et d\u2019exorcismes <strong>lila <\/strong>conduites et orchestr\u00e9es par des femmes pr\u00eatresses.<\/li>\n<li>Dolly Dhingra. \u201cHealing Groovy; the Gnawa Heal Spiritual Wounds by a Combination of Chanting, Dancing and Honey Sprinkling. Dolly Dhingra Lived the Experience.\u201d Rev. of performance by Regragui Cherif, et al. Somerset College of Arts and Technology, Taunton. <strong>The Independent, London, 25 November 1993: 28. <\/strong>La journaliste d\u00e9crit dans cet article une c\u00e9r\u00e9monie de la <strong>derdba <\/strong>des <strong>gnaouas <\/strong>dans le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une universit\u00e9 londonienne. Elle y parle aussi de leurs origines, de leurs pouvoirs th\u00e9rapeutiques, des sc\u00e8nes d\u2019exorcisme pratiqu\u00e9es durant la c\u00e9r\u00e9monie et de leurs danses et chants pour appeler les <strong>melks<\/strong>, esprits malveillants.<\/li>\n<li>Cf.\u00a0<a href=\"http:\/\/fr.wikip\u00e9dia.org\/wiki\/Reconquista\">ttp:\/\/fr.wikip\u00e9dia.org\/wiki\/Reconquista<\/a>.<\/li>\n<li>Ibid<\/li>\n<li>Cf. Clifford Geertz; Hildred Geertz et Lawrence Rosen (1979). <strong>Meaning and Order in Moroccan Society<\/strong>. (New York: Cambridge University Press 1979).<\/li>\n<li>Le Mellah de sefrou occupait la moiti\u00e9 de la M\u00e9dina et en 1948 sa population totale \u00e9tait de 5000 (la densit\u00e9 \u00e9tait de 415\u00a0815 par km2 l\u2019une des plus \u00e9lev\u00e9es au monde). Sefrou abrite les tombes de plusieurs saints juifs tels: Moshe Elbaz, the Masters of the Cave, Eliahou Harroch et David Arazil. La ville de Sefrou avait le surnom de la Petite J\u00e9rusalem en raison de sa grande densit\u00e9 juive et sa vie religieuse tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e. Au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, un rabbin de Sefrou f\u00fbt \u00e9lu au parlement marocain.<\/li>\n<li>p. 164 (note 23).<\/li>\n<li>p. 170 (note 23).<\/li>\n<li>p. 165 (note 23).<\/li>\n<li>J. G. Jackson, 1814. <strong>An Account of the Empire of Morocco<\/strong>. (London: Frank Cass. 1814 (reprinted 1968)).<\/li>\n<li>Ibid, p. 165.<\/li>\n<li>M. Chtatou. \u201cTangier as seen Through Foreign Eyes\u201d in <strong>The Journal of north African Studies, <\/strong>Vol.1, No. 3, (London: Frank Cass 1996), pp. 266-278.<\/li>\n<li>E. Leared. <strong>Morocco and the Moors. <\/strong>(London: Darf Publishing 1876 (reprinted 1985)), pp. 4-11.<\/li>\n<li>M. F. Schickler. \u201cQuelques Jours au Maroc: Notes de Voyage\u201d, in <strong>Maroc-Europe <\/strong>No.1 (Rabat: Editions de la Porte 1991).<\/li>\n<li>M. El Mansour. <strong>Morocco in the Reign of Mawlay Sulayman. <\/strong>(Wisbech: Menas Press 1990), p. 45.<\/li>\n<li>Porch (note 11) p. 21.<\/li>\n<li>Chtatou (note 15) p. .<\/li>\n<li>M. Chtatou \u00ab\u00a0Saints and Spirits and their Significance in Moroccan Cultural Beliefs and Practices: An Analysis of Westermarck&rsquo;s work.\u00a0\u00bb In <strong>Morocco<\/strong>, n\u00b0 1 (1996), pp.62-84.<\/li>\n<li>Bronislaw Malinowski, \u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb in E. Westermarck, Ritual<strong> and Belief in Morocco<\/strong>, 2 vols. (London: Macmillan 1926).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique de transe La tradition ganoua, venu \u00e0 travers les \u00e2ges de l\u2019Afrique sub-saharienne s\u2019installer et prosp\u00e9rer au Maroc montre \u00e0 quel point ce pays carrefour est un vrai melting pot\u00a0 capable de s\u2019adapter et surtout d\u2019assimiler des pratiques et des influences venues d\u2019ailleurs soit du nord, riche et Chr\u00e9tien ou du sud, pauvre &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1096,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-1098","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chtatou.png?fit=642%2C483&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-hI","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1098","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1098"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1098\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1099,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1098\/revisions\/1099"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1096"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1098"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1098"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1098"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}