{"id":1716,"date":"2018-05-05T12:24:26","date_gmt":"2018-05-05T12:24:26","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1716"},"modified":"2018-05-05T12:24:26","modified_gmt":"2018-05-05T12:24:26","slug":"la-guerre-chimique-contre-le-rif-3eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-guerre-chimique-contre-le-rif-3eme-partie\/","title":{"rendered":"La guerre chimique contre le Rif (3\u00e9me Partie)"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1717 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/livre3.jpg?resize=600%2C300\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/livre3.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/livre3.jpg?resize=450%2C225&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p><strong><span class=\"highlight highlight-red\">Les gaz toxiques dans la guerre du Rif<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que vulgairement connus comme \u00abgaz de guerre\u00bb, la plupart d&rsquo;entre eux sont en r\u00e9alit\u00e9 liquides, certains tr\u00e8s volatiles, c&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;une fois dispers\u00e9s dans la zone d&rsquo;attaque, ils s&rsquo;\u00e9vaporent rapidement, tandis que d&rsquo;autres sont plus persistants comme l&rsquo;yp\u00e9rite, liquide qui ne pr\u00e9sente pas un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de volatilit\u00e9 en comparaison avec d&rsquo;autres agents chimiques. Si dans la guerre du Rif, le gaz dont il se parla le plus fut l&rsquo;yp\u00e9rite, peut \u00eatre pour l&rsquo;impact que causa son utilisation durant la premi\u00e8re Guerre Mondiale, il ne fut cependant pas l&rsquo;unique, puisque d&rsquo;autres, particuli\u00e8rement le phosg\u00e8ne et la chloropicrine, furent aussi utilis\u00e9s. L&rsquo;yp\u00e9rite, dont la d\u00e9nomination correcte est le sulfure de bis (2 chloropicrine), \u00e9tait appel\u00e9e par les allemands HS (\u00abHun Stoffe\u00bb; \u00abGerman Stuff\u00bb en anglais). Elle est aussi connu comme \u00abgaz moutarde\u00bb, \u00abmustard gas\u00bb en anglais, d\u00fb \u00e0 ce que durant la premi\u00e8re Guerre Mondiale, il se disait qu&rsquo;elle sentait comme ce produit culinaire obtenu de la plante du m\u00eame nom.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que la volatilit\u00e9 de l&rsquo;yp\u00e9rite ne soit pas tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, sa persistance \u00e9tait plus ou moins grande en fonction de la temp\u00e9rature de la zone o\u00f9 elle \u00e9tait utilis\u00e9e. Plus \u00e9lev\u00e9e est la temp\u00e9rature, plus \u00e9lev\u00e9e est la volatilit\u00e9 et par cons\u00e9quent moindre la persistance. De nuit, en raison de ce que le refroidissement de la terre affecte les couches les plus basses et l&rsquo;air, il fait plus froid, et l\u00e0 les gaz (ou liquides qui se volatilisent) tendent \u00e0 se comprimer et ne s&rsquo;\u00e9tendent\u00a0pas, c&rsquo;est \u00e0 dire que du fait de ne pas monter sa pers istance dans la zone augmente. Au contraire, de jour, le r\u00e9chauffement de la terre, par absorption de la radiation solaire, affecte les couches les plus basses et, dans ce cas, l&rsquo;air est plus chaud pour ce que les gaz (ou liquides volatiles) s&rsquo;\u00e9tendent, diminuant la pers istance de l&rsquo;agent, mais affectant les individus qu&rsquo;il croise en montant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;yp\u00e9rite appartient au groupe des gaz dits v\u00e9sicants. Depuis le point de vue physiologique, elle attaque avec plus ou moins d&rsquo;intensit\u00e9, selon sa concentration toxique, tous les tissus de rev\u00eatement, traversant les couches superficielles de la peau et produisant en elle des l\u00e9sions semblables \u00e0 des br\u00fblures et cloques et, elle attaque aussi d&rsquo;autres organes, tels les yeux, avec possibilit\u00e9 de provocation d&rsquo;aveuglement passager. L&rsquo;inhalation de ses vapeurs cause aussi de graves troubles digestifs (vomissements, diarrh\u00e9e), cardio-vasculaire (chute de la pression art\u00e9rielle) et nerveux (asth\u00e9nie, coma) et jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, des heures apr\u00e8s l&rsquo;inhalation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant au phosg\u00e8ne et la chloropicrine, les deux sont des agents neumotoxiques. A la diff\u00e9rence des agents v\u00e9sicants, le phosg\u00e8ne ne produit pas de br\u00fblures; la voie d&rsquo;intox ication \u00e9tant pulmonaire. Une fois inhal\u00e9, il alt\u00e8re la perm\u00e9abilit\u00e9 de la membrane alv\u00e9olaire, qui est situ\u00e9e \u00e0 la fin du tractus respiratoire o\u00f9 se produit l&rsquo;interchangement de l&rsquo;oxyg\u00e8ne qui passe au sang et le dioxyde de carbone qui passe au tractus respiratoire pour \u00eatre expir\u00e9. La perm\u00e9abilit\u00e9 de cette membrane \u00e9tant alt\u00e9r\u00e9e, du liquide passe \u00e0 l&rsquo;espace interstitiel, ce qui fait que la personne ait des difficult\u00e9s pour respirer, en raison de l&#8217;emp\u00eachement de ce liquide, qui s&rsquo;interpose, que l&rsquo;oxyg\u00e8ne puisse arriver jusqu&rsquo;au sang. Si la concentration inhal\u00e9e est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, du liquide passe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des poumons et la personne affect\u00e9e meurt par oed\u00e8me pulmonaire. L&rsquo;autre agent neumotoxique, la chloropicrine, r\u00e9actione dans les parties hautes du tractus respiratoire sans arriver \u00e0 la membrane alv\u00e9olaire; ce pourquoi les intoxications dans ce cas sont moins graves que celles du Phosg\u00e8ne. A se dissoudre dans l&rsquo;eau des s\u00e9cr\u00e9tions bronchiales, elle produit de l&rsquo;acide chlorhydrique qui l\u00e8se le tractus respiratoire,\u00a0bien que, \u00e9videmment, si la concentration inhal\u00e9e est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, elle\u00a0peut affecter non seulement le tractus respiratoire mais aussi les alv\u00e9oles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans tous les cas, bien que les v\u00e9sicants et les neumotoxiques soient deux agents distincts et que les m\u00e9canismes d&rsquo;action ne soient pas les m\u00eames, le fait qu&rsquo;un agent chimique soit incapacitant ou l\u00e9tal d\u00e9pend de sa toxicit\u00e9 intrins\u00e8que, mais aussi de la concentration inhal\u00e9e et du temps d&rsquo;exposition. L&rsquo;inhalation d&rsquo;yp\u00e9rite produit aussi des l\u00e9sions dans l&rsquo;appareil respiratoire et il est \u00e9tabli que lors de la premi\u00e8re Guerre Mondiale, les personnes qui mouraient de forme imm\u00e9diate apr\u00e8s les attaques avec yp\u00e9rite l&rsquo;\u00e9taient non en raison des br\u00fblures de la peau, mais en raison de l&rsquo;inhalation de hautes concentrations d&rsquo;yp\u00e9rite qui l\u00e9sait le tractus respiratoire(10) .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les documents du Service Historique Militaire (SHM) mentionnent les gaz toxiques, des fois de fa\u00e7on euph\u00e9mistique, avec des expressions telles que \u00abbombes X\u00bb, \u00abbombes sp\u00e9ciales\u00bb ou \u00abbombes d&rsquo;illumination\u00bb, mais en de nombreuses occasions ils les mentionnent explicitement, tant\u00f4t de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rique, sans sp\u00e9cifier de quel gaz il s&rsquo;agissait, tandis que d&rsquo;autres fois ils indiquent clairement le nom du gaz: yp\u00e9rite, phosg\u00e8ne, chloropicrine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nonobstant, les diff\u00e9rents types de bombes apparaissent avec un nom cl\u00e9 qui correspond au contenu et au poids de chacune. Ainsi, les cl\u00e9s pour les diff\u00e9rents types de bombes \u00e9taient les suivantes: C-1 (yp\u00e9rite, 50 kg); C-2 (yp\u00e9rite, 10 kg); C-3 (phosg\u00e8ne, 26 kg); C-4 (chloropicrine, 10 kg); C-5 (yp\u00e9rite, 20 kg). Il faut signaler que d&rsquo;autres types de bombes, qui n&rsquo;\u00e9taient pas asphyxiantes, portaient ainsi un nom cl\u00e9: celles d\u00e9sign\u00e9es par la lettre A (A-1 \u00e0 A-3) \u00e9taient de tolite, un explosif puissant; les B-1 (essences, 7 kg), B-2 (Phosfore, 1 kg), B-3 (cartouches)(11).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les gaz toxiques dans la guerre du Rif Bien que vulgairement connus comme \u00abgaz de guerre\u00bb, la plupart d&rsquo;entre eux sont en r\u00e9alit\u00e9 liquides, certains tr\u00e8s volatiles, c&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;une fois dispers\u00e9s dans la zone d&rsquo;attaque, ils s&rsquo;\u00e9vaporent rapidement, tandis que d&rsquo;autres sont plus persistants comme l&rsquo;yp\u00e9rite, liquide qui ne pr\u00e9sente pas un degr\u00e9 &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1717,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[29],"tags":[],"class_list":["post-1716","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-livre-en-episodes"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/livre3.jpg?fit=600%2C300&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-rG","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1716"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1730,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716\/revisions\/1730"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1717"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}