{"id":1790,"date":"2018-05-29T19:06:43","date_gmt":"2018-05-29T19:06:43","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1790"},"modified":"2018-05-29T19:06:43","modified_gmt":"2018-05-29T19:06:43","slug":"la-guerre-chimique-contre-le-rif-6eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-guerre-chimique-contre-le-rif-6eme-partie\/","title":{"rendered":"La guerre chimique contre le Rif (6\u00e9me Partie)"},"content":{"rendered":"<p><strong><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1800 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/livre6.jpg?resize=600%2C300\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/livre6.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/livre6.jpg?resize=450%2C225&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"highlight highlight-red\">Les plans politico-militaires d\u2019utilisation de gaz toxiques et leur application effective<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les plans politico-militaires examinaient en th\u00e9orie l\u2019utilisation massive de gaz toxiques avec fin de causer le plus grand mal possible \u00e0 l\u2019ennemi et l\u2019obliger \u00e0 se soumettre, l\u2019analyse de la documentation nous indique que, dans la pratique, ce fut pour des probl\u00e8mes dans l\u2019obtention de la substance toxique, retards dans la charge des projectiles et bombes d\u2019a\u00e9ronefs, accidents, des fois\u00a0\u00e9norm\u00e9ment graves, dans les magasins de gaz ou des avaries qui obligeaient \u00e0 interrompre la production, ou bien pour des consid\u00e9rations d\u2019ordre politique, qui ne conseillaient pas toujours leur utilisation, que ni l\u2019Artillerie, ni l\u2019Aviation espagnoles n\u2019arriv\u00e8rent \u00e0 les employer massivement, les limitant, de mani\u00e8re s\u00e9lective, \u00e0 des objectifs et tribus tr\u00e8s pr\u00e9cis. Dans ce sens, dans le cadre d\u2019un plan belliqueux plus complet et global, la guerre chimique d\u00fb \u00eatre circonscrite, dans une strat\u00e9gie plus ample de \u00ab\u00a0guerre totale\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019emploi du gaz avec des bombes \u00e0 haute capacit\u00e9 explosive et incendiaire, non seulement contre des tranch\u00e9es, blockhaus ou points d\u00e9fensifs rifains, mais aussi contre des march\u00e9s, cultures, for\u00eats et n\u2019importe quels \u00e9l\u00e9ments n\u00e9vralgiques du syst\u00e8me militaire ou civil d\u2019Abdelkrim(41).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019existence de nombreuses sources documentaires, qui se trouvent dans les archives militaires \u00e0 la disposition des chercheurs, permettent d\u2019\u00e9tablir l\u2019\u00e9volution de l\u2019A\u00e9ronautique Militaire espagnole le long du conflit rifain, en laquelle il se met en relief la progressive adaptation du personnel et des appareils de vol \u00e0 la guerre. Il convient de rappeler que les pilotes espagnols furent d\u00e9j\u00e0, en novembre 1913, les premiers aviateurs de l\u2019Histoire \u00e0 r\u00e9aliser un bombardement a\u00e9rien et leur tactique et mat\u00e9riel furent s\u2019am\u00e9liorant durant tout le conflit nord africain. Il se rapporte le lancement de gaz par des canons de 155 mm, mais, \u00e9tant donn\u00e9 les limites de man\u0153uvre de l\u2019Artillerie, entre autres raisons pour la configuration accidentelle du terrain, et de son atteinte ou rayon d\u2019action, son emploi se concentra en des points concrets du front, et le poids de la guerre chimique sur objectifs \u00e9loign\u00e9 \u2013 avec son ind\u00e9niable pouvoir effectif et psychologique \u2013 retomba sur l\u2019Aviation, surtout \u00e0 partir de 1924. Toutes ses recrues durent faire front \u00e0 un nouveau mode de guerre, pour laquelle ils n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s ni non plus suffisamment avertis sur ses risques. La guerre du Rif sera la premi\u00e8re du XXe si\u00e8cle dans laquelle l\u2019aviation utilisa des gaz toxiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce \u00e0 un document r\u00e9serv\u00e9 envoy\u00e9 par le Haut Commissariat du Maroc au Commandant G\u00e9n\u00e9ral de Melilla, nous savons qu\u2019en octobre 1922, il se prit la d\u00e9cision de cr\u00e9er une commission pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019emploi de bombes et de la fabrication de gaz toxiques pour l\u2019Aviation(42). Entre temps, pour pouvoir r\u00e9aliser des attaques avec gaz toxiques il fallu recourir aux stocks \u00e9trangers, qui fournirent des bombes de 11 Kg, et l\u2019assistance technique pour la charge de projectiles d\u2019Artillerie ; concr\u00e8tement de la maison fran\u00e7aise Schneider qui apporta mat\u00e9riel et techniciens au Parc d\u2019artillerie des ateliers militaires de Melilla. La premi\u00e8re attaque a\u00e9rienne avec gaz toxique fut r\u00e9alis\u00e9e par les bimoteurs (Bristol F.2B du 4e Groupe d\u2019Escadrilles, durant les 14, 26 et 28 juillet 1923, dans le village de Amessaouro (tribu de Temsaman)(43). A partir d\u2019ao\u00fbt de cette ann\u00e9e, on commence \u00e0 enregistrer dans la documentation l\u2019existence de bombes de gaz toxiques (identifi\u00e9es comme bombes X) dans la soute \u00e0 munition de Nador, avec une moyenne non inf\u00e9rieure \u00e0 200 unit\u00e9s(44).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous parlons de gaz toxiques et d\u2019attaques a\u00e9riennes nous devons in\u00e9vitablement nous r\u00e9f\u00e9rer aux m\u00e9moires de Ignacio Hidalgo de Cisneros. La lecture de ses m\u00e9moires, qui doivent \u00eatre faites prudemment nous conduit \u00e0 penser que le haut commandement espagnol pensa initialement aux poli moteurs fran\u00e7ais Farman F.60 Goliath pour le lancement de grandes bombes de gaz. Cet avion, bien qu\u2019il causait divers probl\u00e8mes pour son maniement et atterrissage dans les a\u00e9rodromes marocains, \u00e9tait l\u2019unique capable de lancer 4 ou 6 bombes de 100 kilos qui, selon Hidalgo, \u00e9taient d\u2019yp\u00e9rite et avaient \u00e9t\u00e9 achet\u00e9es du stock alli\u00e9 de guerre(45).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les aviateurs et techniciens espagnols initi\u00e8rent une \u00e9valuation de toutes les bombes charg\u00e9es de gaz toxiques et, suivant la corr\u00e9lation num\u00e9rique des bombes de gaz identifi\u00e9es par le sigle C, ils arriv\u00e8rent \u00e0 la conclusion de ce que le mod\u00e8le C-5 (charg\u00e9 avec 20 Kg d\u2019yp\u00e9rite) \u00e9tait le plus efficace pour les attaques (46). La r\u00e9vision des informations d\u2019emmagasinement et de lancement de bombes des divers gaz toxiques (phosg\u00e8ne, chloropicrine et yp\u00e9rite) entre les ann\u00e9es 1923 et 1927 appuient l\u2019id\u00e9e du successif perfectionnement\u00a0en fonction de l\u2019efficacit\u00e9. Si en 1924 les bombes C-1 (yp\u00e9rite, 50 Kg) et C-2 (yp\u00e9rite, 10 Kg) semblent \u00eatre les plus utilis\u00e9es, \u00e0 partir de 1925 et jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre du Rif la C-5 s\u2019imposera aux autres. Le haut commandement rapidement se rendit compte de ce que la chaleur de l\u2019aire septentrionale marocaine \u00e9tait pr\u00e9judiciable pour l\u2019effet du gaz et envisagea la possibilit\u00e9 d\u2019utiliser le gaz dans des vols nocturnes, missions nouvelles qui avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9aliser avant le lancement de gaz toxiques par l\u2019aviation : Il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 \u00e0 la hi\u00e9rarchie des moyens pour effectuer des vols de nuit et bombarder les lieux o\u00f9 il y aurait des concentrations ennemies. De m\u00eame il se disposera rapidement de projectiles charg\u00e9s de gaz qu\u2019il conviendra de lancer peu avant le lev\u00e9 du jour. Afin que l\u2019efficacit\u00e9 de ceci et de cela soit maximale, il convient que le service d\u2019information pr\u00e9cise si possible le lieu o\u00f9 dorment les ennemis r\u00e9unis en harkas, pr\u00e9cisant si c\u2019est le m\u00eame qu\u2019ils occupent durant le jour ou s\u2019ils se r\u00e9partissent par les douars les plus proches aux campements de la harka. Melilla, 16 mai 1922(47).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bombardements nocturnes, qu\u2019ils fussent par l\u2019Artillerie ou par l\u2019Aviation, avaient pour objet que les gaz ne se volatisent pas par l\u2019effet de la haute temp\u00e9rature, qu\u2019ils ne s\u2019\u00e9tendent pas et que leur persistance augmente dans la zone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment des bombes si p\u00e9rilleuses ont-elles \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es par des \u00e9quipages peu instruits dans le maniement et la pr\u00e9vention des effets du gaz ? Il est certain qu\u2019il y eut de nombreux probl\u00e8mes techniques et humains dans le maniement du mat\u00e9riel chimique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sebastien Balfour a cit\u00e9 les informations donn\u00e9es en 1924 par l\u2019attach\u00e9 am\u00e9ricain Shean(48), en ce qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la faible efficacit\u00e9 de l\u2019aviation qui bombarde toujours \u00e0 la m\u00eame heure du matin et du soir dans des missions form\u00e9es par un avion et, exceptionnellement, les jours de march\u00e9, par trois. L\u2019absence de facteur de surprise que l\u2019observateur am\u00e9ricain fait \u00e0 l\u2019\u00e9gard des espagnols s\u2019explique par la simple raison que les hautes temp\u00e9ratures nord africaines emp\u00eachaient les vols \u00e0 la mi journ\u00e9e ou en milieu de soir\u00e9e, d\u00fb \u00e0 ce que, comme l\u2019indiquent les renseignements des ateliers de maintenance de l\u2019Escadrille du Maroc, les avaries \u00e9taient nombreuses\u00a0dans les syst\u00e8mes de r\u00e9frig\u00e9ration ou dans le r\u00e9chauffement des moteurs, ce qui provoquait un d\u00e9g\u00e2t accus\u00e9 des avions(49). Par ailleurs, mis \u00e0 part le cas des missions de reconnaissance, le fait de destiner un seul appareil pour frapper un objectif \u00e9tait plus en relation avec la tactique espagnole d\u2019\u00e9conomiser moyens et mat\u00e9riel \u2013 sans \u00e9viter l\u2019objectif psychologique de la pr\u00e9sence a\u00e9rienne permanente \u2013 en fonction d\u2019un ennemi dispers\u00e9, dont la force r\u00e9sidait, dans les gu\u00e9rillas et auquel on ne pouvait faire obstacle qu\u2019en des moments concrets, comme le jour de c\u00e9l\u00e9bration des march\u00e9s. Sheean ne devait pas avoir connaissance de ce que les espagnols, pour r\u00e9soudre les deux probl\u00e8mes, recoururent \u00e0 la compl\u00e8te tactique des vols de bombardement nocturne avant l\u2019aube et en nuits claires, ce en quoi le dommage des bombes s\u2019unissait \u00e0 l\u2019effet moral d\u2019emp\u00eacher le repos de l\u2019ennemi et de cr\u00e9er un \u00e9tat de guerre permanente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Balfour aussi indique que la tactique espagnole de vol rasant \u00e9tait tr\u00e8s pauvre en r\u00e9sultats, en d\u00e9pit de s\u2019\u00eatre inspir\u00e9e de celle qu\u2019utilisa la RAF en Irak en 1919. I l n\u2019apporte cependant aucune preuve documentaire de ce suppos\u00e9 transfert de m\u00e9thode de guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1913, ann\u00e9e en laquelle les espagnols r\u00e9alis\u00e8rent le premier bombardement a\u00e9rien de l\u2019histoire, la tactique de bombardement s\u2019\u00e9tait beaucoup am\u00e9lior\u00e9e, jusqu\u2019au point qu\u2019en 1921 il s\u2019\u00e9tait cr\u00e9e dans les Alcazares (Murcia), l\u2019Ecole de Tir de Bombardement A\u00e9rien, o\u00f9 beaucoup de pilotes et observateurs qui volaient en Afrique avaient fait leurs \u00e9tudes. Il faut tenir compte de ce que l\u2019orographie compliqu\u00e9e du Rif obligeait \u00e0 concentrer le feu des mitrailleuses et bombes en des points de difficile acc\u00e8s, les avions \u00e9tant soumis au feu rifain depuis diverses hauteurs. Ainsi, donc, l\u2019unique fa\u00e7on de fournir des approvisionnement et procurer une couverture aux soldats c\u2019\u00e9tait en r\u00e9alisant des vols dans lesquels les appareils, \u00e0 tr\u00e8s basse altitude (100 m\u00e8tres), avec la protection de leurs deux ou trois mitrailleuses, attaquaient l\u2019objectif pour lancer les bombes sous les tirs ennemis ajust\u00e9s, qui caus\u00e8rent de nombreuses pertes de membres d\u2019\u00e9quipages et d\u2019appareils. Cette tactique risqu\u00e9e, baptis\u00e9e\u00a0par le journaliste fran\u00e7ais Maurillac comme \u00ab\u00a0vol \u00e0 l\u2019espagnole\u00a0\u00bb (50), fut, de toute fa\u00e7on, prohib\u00e9e par Alfredo Kindelan lorsqu\u2019il assuma le commandement des Forces A\u00e9riennes au Maroc le 27 ao\u00fbt 1922, pour consid\u00e9rer qu\u2019elle \u00e9tait peu efficace en relation avec l\u2019\u00e9norme perte d\u2019appareils et membres d\u2019\u00e9quipages qu\u2019elle occasionnait (51), orientant la tactique, comme nous le verrons \u00e0 un bombardement plus syst\u00e9matique et planifi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le mat\u00e9riel volant se versa dans la campagne et on s\u2019attela \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une r\u00e9serve suffisante de bombes pour que la couverture sur les objectifs f\u00fbt continue. Alfredo Kindelan, chef des Forces A\u00e9riennes du Maroc, sp\u00e9cifia \u00e0 la fin de 1923 la n\u00e9cessit\u00e9 de compter avec \u2018 des r\u00e9serves de 1.000 bombes de 11 kilogrammes incendiaires et autant asphyxiantes, et d\u2019augmenter jusqu\u2019\u00e0 12.000 celles de tolite \u2018(52). Il y a des documents qui conduisent \u00e0 penser que l\u2019usage intensif du gaz contre les tribus les plus irr\u00e9ductibles comme celle de A\u00eft Waryaghel (la tribu d\u2019Abdelkrim), fut pr\u00e9sent dans l\u2019esprit des strat\u00e8ges militaires espagnols, qui arriv\u00e8rent \u00e0 calculer qu\u2019\u2019 avec une r\u00e9serve de 1.000 bombes de 11 kilogrammes de gaz ou 3 de 50 kilogrammes on nettoierait [sic] compl\u00e8tement en jour de calme un kilom\u00e8tre carr\u00e9 de terrain, c\u2019est \u00e0 dire, qu\u2019avec quasi 8.000 bombes de 11 kg ou 1.000 de 5, l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019A\u00eft Waryaghel resterait irrespirable avec un co\u00fbt de 3 ou 4 millions de pesetas \u2018(53). Mais la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait autre. Les informations refl\u00e8tent quelles \u00e9taient dans la pratique la production et les stocks des poudri\u00e8res et, en fonction de ces variables, il fallut doser leur emploi, d\u2019apr\u00e8s ce qu\u2019il ressort de la documentation consult\u00e9e : \u00ab\u00a0Puisque l\u2019on ne dispose pas pour le moment de ce type de bombes en quantit\u00e9 n\u00e9cessaires et, dans le souci de trouver une solution pratique, et rapidement r\u00e9alisable, je crois que l\u2019action doit se limiter, pour le moment, \u00e0 bombarder avec du gaz et des bombes incendiaires les villages, les hameaux et les fortifications ennemies, ainsi que les groupes et le b\u00e9tail, et avec des grenades incendiaires les champs de maiz, les silos et les for\u00eats\u00a0\u00bb(54).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La campagne du Rif, initi\u00e9e depuis septembre 1921, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une guerre conventionnelle dans le sens large\u00a0du terme, avec une composante additionnelle de \u00abguerre chimique\u00bb. Cette derni\u00e8re constitua, sans doute, un aspect tr\u00e8s important du conflit mais non le d\u00e9cisif. Il est certain qu\u2019\u00e0 partir de fin janvier 1923, apr\u00e8s la lib\u00e9ration des prisonniers espagnols \u00e0 Ajdir, le haut commandement eut souhait\u00e9 disposer de la plus grande quantit\u00e9 possible de gaz toxique pour la balancer aux rifains, mais ce souhait buta contre de nombreuses difficult\u00e9s techniques au cours de la guerre, comme celle concernant l\u2019obtention de la substance chimique (l\u2019oxol) que fournirent les allemands pour la fabrication de l\u2019yp\u00e9rite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cela le gouvernement espagnol demanda d\u00e8s la mie de 1924, \u00e0 l\u2019Allemagne, la pr\u00e9sence de techniciens et de mat\u00e9riel pour acc\u00e9l\u00e9rer la production \u00e0 un rythme de 1400 bombes par jour, et, dans ce but, lors du mois d\u2019octobre se d\u00e9plac\u00e8rent \u00e0 Melilla deux sp\u00e9cialistes dirig\u00e9s par le technicien germanique le Dr Hofmeister(55). Par ailleurs, le rythme de la production se trouvait \u00e9galement soumis aux pressions du gouvernement du Directoire Militaire de Primo de Rivera, qui avait \u00e9vit\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1924, une tentative d\u2019insubordination militaire de hauts chefs d\u2019un secteur de l\u2019arm\u00e9e, lorsqu\u2019il d\u00e9cida le retrait des troupes espagnoles de la r\u00e9gion occidentale de la zone \u00e0 une ligne d\u00e9fensive appuy\u00e9e sur l\u2019occupation de divers points le long de la c\u00f4te, ce qui fut interpr\u00e9t\u00e9 comme une premi\u00e8re \u00e9tape d\u2019abandon du Protectorat. En achever avec la guerre du Rif \u00e9tait prioritaire pour le gouvernement qui mit de grands espoirs dans les nouvelles armes, sp\u00e9cialement dans le gaz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chefs de l\u2019Aviation espagnole ont examin\u00e9 la strat\u00e9gie \u00e0 suivre et, pour des raisons non seulement techniques mais aussi politiques, on ne proc\u00e9da pas \u00e0 un bombardement toxique indiscrimin\u00e9 du Rif. On se proposait de lancer le gaz d\u2019une mani\u00e8re s\u00e9lective, sur les tribus qui constituaient le \u00ab\u00a0noyau dur\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0 de la r\u00e9sistance, comme le r\u00e9v\u00e8le le t\u00e9l\u00e9gramme suivant du Commandant G\u00e9n\u00e9ral au chef des Forces a\u00e9riennes, le 30 ao\u00fbt 1923 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son Excellence, Monsieur le Haut Commissaire, dans un t\u00e9l\u00e9gramme d\u2019aujourd\u2019hui me dit : \u2018 Pri\u00e8re d\u2019appeler le Lieutenant Colonel Kindelan et de lui pr\u00e9senter le projet de division par zones\u00a0des tribus Temsaman et A\u00eft Waryaghel afin de les attaquer \u00e0 fond l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre jusqu\u2019en finir avec toutes, en employant dans ce but tous les types de bombes de tolite, incendiaires et X (gaz toxiques) dont vous disposiez\u2019(56).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les attaques contre des objectifs concrets furent une constante dans la strat\u00e9gie suivie par les hauts commandements tout le long de la guerre. Un t\u00e9l\u00e9gramme du 5 mars 1925 indique que 50 bombes C-5 (yp\u00e9rite, 20 kg) avaient \u00e9t\u00e9 remises par l\u2019aviation afin de bombarder Souk El Arbaa de Taourirt situ\u00e9 sur la rive gauche du Nekor, qui \u00e9tait d\u2019apr\u00e8s ledit t\u00e9l\u00e9gramme, \u2018 la seule zone insoumise non yp\u00e9rit\u00e9e, dans laquelle se r\u00e9unissaient de grands contingents(57). Dans une d\u00e9p\u00eache du 22 mars 1925 au G\u00e9n\u00e9ral en chef, le Commandant Militaire de Melilla \u00e9tait plus explicite quant aux raisons pour l\u2019\u00e9lection de cet objectif :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2018 Dans le souk el-arbaa de Taourirt de Ait Wariaghel se r\u00e9unissent les mercredis une grande quantit\u00e9 d\u2019ennemis confiants en ce que ledit souk n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 par aucun type de bombes du fait d\u2019\u00eatre situ\u00e9 assez loin et que je n\u2019avais pas eu jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent connaissance de ces informations. Et puisqu\u2019il y est fort probable que beaucoup de monde s\u2019y rende en toute confiance le mercredi s\u2019il faisait beau temps et que nous aurions l\u2019occasion de leur causer beaucoup de mal et de les ch\u00e2tier durement, je prie S.E. de m\u2019autoriser \u00e0 employer cent bombes C-5 pour le bombardement que j\u2019ordonnerais pour le premier mercredi o\u00f9 il ferait beau et qui servira sans doute \u00e0 faire beaucoup de mal \u00e0 l\u2019ennemi \u2018(58).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce document il est question de cent bombes, mais l\u2019Aviation n\u2019en re\u00e7ut que cinquante qui, en plus, devaient \u00eatre retourn\u00e9es au cas o\u00f9 leur emploi ne fut pas consid\u00e9r\u00e9 n\u00e9cessaire. Etant donn\u00e9 la p\u00e9nurie de bombes C-5 en ce moment, il fallait rationner au maximum le stock disponible. A Melilla, en janvier 1925, eurent lieu d\u2019importantes avaries dans l\u2019installation et une violente r\u00e9action des gaz, dues \u00e0 des corps \u00e9trangers ou impuret\u00e9s de l\u2019oxol utilis\u00e9 comme mati\u00e8re premi\u00e8re, qui \u00e9tait de qualit\u00e9 tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0\u00a0celle, envoy\u00e9e en 1924. Les essais chimiques r\u00e9alis\u00e9s avec la mati\u00e8re d\u00e9montr\u00e8rent qu\u2019elle \u00e9tait inad\u00e9quate et p\u00e9rilleuse pour la fabrication \u00e0 laquelle elle \u00e9tait destin\u00e9e. Des 27 bidons analys\u00e9s seuls trois \u00e9taient acceptables, tandis que le reste pouvait mettre en p\u00e9ril l\u2019installation et causer des victimes parmi le personnel, \u00e9tant donn\u00e9 que les d\u00e9gagements violents des gaz pouvaient provoquer une explosion. Il fallut donc suspendre la fabrication de la substance destin\u00e9e \u00e0 la charge des bombes C-5 jusqu\u2019\u00e0 ce que les avaries constat\u00e9es dans les r\u00e9acteurs de production d\u2019yp\u00e9rite fussent r\u00e9par\u00e9s. Sous le r\u00e9gime normal de fabrication on pouvait produire 100 bombes par jour, mais de nombreuses difficult\u00e9s faisaient que seules pouvaient se faire 75 charges et, cela, s\u2019ils n\u2019arrivaient pas d\u2019accidents ou d\u2019avaries impr\u00e9vus \u2018(59).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut tenir compte de ce que l\u2019atelier de Melilla \u00e9tait le seul qui fabriquait des gaz toxiques et qu\u2019il devait fournir des bombes non seulement \u00e0 l\u2019artillerie et \u00e0 l\u2019aviation de ce territoire, mais aussi \u00e0 celles de la r\u00e9gion occidentale du Protectorat, de sorte que si la fabrication venait \u00e0 s\u2019interrompre, il fallait puiser dans les stocks disponibles. Le 18 janvier 1925, s\u2019embarqu\u00e8rent sur le garde-c\u00f4te Oued Targa 200 bombes C-5, dont 100 d\u2019entre elles \u00e0 destination de Sebta et autant d\u2019autres \u00e0 destination de Larache, et le 9 f\u00e9vrier, 400 autres bombes C-5(60), furent transport\u00e9es \u00e0 Sebta ; ces envois \u00e9tant effectu\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement, selon les n\u00e9cessit\u00e9s et le nombre de bombes disponibles. Les fr\u00e9quentes interruptions dans la fabrication des gaz, pour avaries ou autres inconv\u00e9nients, provoquaient une p\u00e9nurie des stocks disponibles et il fallut \u00e0 plusieurs reprises limiter leur emploi, m\u00eame dans les cas o\u00f9 les plans strat\u00e9giques le consid\u00e9raient opportun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bombes de gaz tout comme le reste du mat\u00e9riel de guerre \u00e9taient habituellement transport\u00e9es par tous les avions terrestres de l\u2019aviation Militaire. Les hydravions en transport\u00e8rent \u00e9galement de fa\u00e7on exceptionnelle(61).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019A\u00e9ronautique Navale intervint au Maroc avec une unit\u00e9 form\u00e9e par le porte-a\u00e9ronefs D\u00e9dalo \u00e9quip\u00e9 avec un dirigible\u00a0et plusieurs hydravions, qui tout en disposant assez t\u00f4t de bombes de gaz emmagasin\u00e9es dans ses soutes, n\u2019aurait pas, d\u2019apr\u00e8s les informations qui nous sont parvenues, employ\u00e9 une partie de ses hydravions au lancement de ce genre de bombes(62). A partir du moment o\u00f9 la fabrique de Melilla commen\u00e7a \u00e0 produire en s\u00e9rie des bombes de gaz de diff\u00e9rents calibres, les Breguet XIV DH-4, Potez 15, Fokker C. IV et DH-9 de l\u2019Escadrille A\u00e9rienne du Maroc initi\u00e8rent une guerre chimique qui s\u2019\u00e9tendit jusqu\u2019\u00e0 juillet 1927, mais qui pour les raisons mentionn\u00e9es, n\u2019arriva jamais \u00e0 \u00eatre massive. Par le carnet de vol d\u2019un pilote qui vola au Maroc, nous savons que de 167 missions r\u00e9alis\u00e9es entre juin 1924 et juillet 1925, il n\u2019en fit que deux avec yp\u00e9rite(63). Les feuilles de service de l\u2019observateur Jos\u00e9 Lopez Jimenez qui participa dans la campagne du Rif entre ao\u00fbt 1925 et avril 1927, indiquent qu\u2019il r\u00e9alisa seulement 7 bombardements avec yp\u00e9rite sur un total de 130 missions(64). Dans le rapport personnel de l\u2019Infant Alfonso d\u2019Orl\u00e9ans, qui fut \u00e0 la t\u00eate d\u2019une escadrille de Foker C.IV durant les op\u00e9rations d\u2019Al Hoceima, il raconte qu\u2019il bombarda avec yp\u00e9rite seulement les villages de Beni Zalea et Oued Laou(65) (r\u00e9gion de Ghomara). Enfin nous disposons du t\u00e9moignage de Pedro T onda Bueno, observateur d\u2019un Potez 15, dont l\u2019unit\u00e9 participait au Maroc depuis juin 1924. Dans son \u0153uvre sus mentionn\u00e9e, T onda \u00e9voque la vie quotidienne de son unit\u00e9 et se r\u00e9f\u00e8re aussi aux bombardements avec yp\u00e9rite, mais il le fait de fa\u00e7on exceptionnelle dans le cadre des multiples missions que les aviateurs r\u00e9alis\u00e8rent dans la campagne contre Abdelkrim.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces exemples ne peuvent certainement pas refl\u00e9ter toute l\u2019activit\u00e9 d\u2019une force a\u00e9rienne qui parvint \u00e0 disposer de quelques 150 a\u00e9roplanes, et il faudrait consulter la documentation plus \u00e0 fond, mais ils apportent de toute mani\u00e8re des donn\u00e9es sur l\u2019usage non massif du gaz toxique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le d\u00e9barquement d\u2019Al Hoceima, le 8 septembre 1925, le gaz toxique fut employ\u00e9 dans les localit\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur, tandis que le mat\u00e9riel de haute capacit\u00e9 explosive fut utilis\u00e9 sur la premi\u00e8re ligne du front. L\u2019analyse de la documentation indique que les escadrilles\u00a0qui particip\u00e8rent \u00e0 l\u2019appui a\u00e9rien au d\u00e9barquement employ\u00e8rent exclusivement des bombes d\u2019yp\u00e9rite C-5 (20 Kg), laissant de c\u00f4t\u00e9 les bombes de chloropicrine ou C-4 (10 g), qui \u00e9taient assez p\u00e9rilleuses pour les aviateurs espagnols, m\u00eame lorsqu\u2019ils respectaient la hauteur de lancement(66). L\u2019yp\u00e9rite \u00e9tait le gaz indiqu\u00e9 pour causer des pertes chez l\u2019ennemi dans des aires que les troupes propres n\u2019allaient pas occuper ou traverser durant une p\u00e9riode de temps sup\u00e9rieure \u00e0 la persistance du gaz, qui pouvait \u00eatre sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure selon la temp\u00e9rature et d\u2019autres circonstances. C\u2019est ainsi que dans le d\u00e9barquement d\u2019Al Hoceima il fut utilis\u00e9 dans des localit\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur pour produire des pertes chez l\u2019arri\u00e8re-garde rifaine sans que les troupes espagnoles en premi\u00e8re ligne du front souffrent ses effets toxiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019attaque rifaine, en avril 1925, aux postes militaires fran\u00e7ais dans la tribu de Beni zeroual, \u00e0 l\u2019autre rive de l\u2019Ouerga, conduit les gouvernements fran\u00e7ais et espagnol \u00e0 entamer des conversations qui donn\u00e8rent lieu au Trait\u00e9 de Madrid de juillet 1925, destin\u00e9 \u00e0 coordonner les efforts militaires pour en finir d\u00e9finitivement avec Abdelkrim dans une action combin\u00e9e des moyens a\u00e9riens, terrestres et navals qui culmin\u00e8rent dans le d\u00e9barquement d\u2019Al Hoceima. Cette op\u00e9ration, avec grand d\u00e9ploiement de moyens, sera le d\u00e9but de la fin d\u2019Abdelkrim. Al Hoceima \u00e9tait la cl\u00e9 du Rif, du fait que l\u00e0 \u00e9tait situ\u00e9e la tribu des A\u00eft Waryaghel, coeur de toutes les r\u00e9sistances \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration \u00e9trang\u00e8re. Il y avait d\u00e9j\u00e0 eut ant\u00e9rieurement de nombreux plans pour un d\u00e9barquement \u00e0 Al Hoceima, sans qu\u2019aucun d\u2019entre eux ne fut concr\u00e9tis\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce que le plan dessin\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Gomez Jordana fut d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9 et actualis\u00e9 en coop\u00e9ration avec l\u2019alli\u00e9 fran\u00e7ais, qui devait attaquer simultan\u00e9ment, depuis la zone sud du Protectorat. Comme ce fut d\u00e9j\u00e0 le cas en 1913, dans l\u2019emploi pour la premi\u00e8re fois des avions bombardiers, les espagnols, avec ce plan de d\u00e9barquement, furent les pr\u00e9curseurs d\u2019une nouvelle technique de guerre dont les r\u00e9sultats seraient pris en compte par les g\u00e9n\u00e9rations militaires post\u00e9rieures(67).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 2 octobre 1925 les colonnes du g\u00e9n\u00e9ral Sanjurjo prirent Ajdir, la capitale rifaine, ce qui obligea Abdelkrim \u00e0 fuir et continuer la lutte depuis d\u2019autres point du territoire insoumis jusqu\u2019au 27 mai 1926, o\u00f9 il finit par se rendre aux fran\u00e7ais, de crainte des repr\u00e9sailles espagnoles. Apr\u00e8s la reddition d\u2019Abdelkrim, les partisans du chef rifain continu\u00e8rent la r\u00e9sistance dans les tribus du Rif central, Ghomara et Jebala, qui resteraient insoumises, jusqu\u2019\u00e0 ce que le 10 juillet 1927 le g\u00e9n\u00e9ral Sanjurjo annon\u00e7a officiellement \u00e0 Bab Taza la fin de la guerre. Dans cette p\u00e9riode, pour combattre les noyaux rebelles, particuli\u00e8rement dans les massifs montagneux de Jebel Alam et Jebel Hessana, l\u2019aviation continua \u00e0 assurer un important appui \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de terre avec les modernes Breguet XIX. Il y eut encore l\u2019occasion d\u2019employer des gaz contre les noyaux rebelles, puisque le 3 juin 1927, 42 bombes C-5 furent largu\u00e9es \u00e0 Beni Guizit, tandis que les magasins de Tetouan et Larache comptaient respectivement avec 200 et 497 unit\u00e9s de ce type de bombes d\u2019yp\u00e9rite(68) .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les plans politico-militaires d\u2019utilisation de gaz toxiques et leur application effective Si les plans politico-militaires examinaient en th\u00e9orie l\u2019utilisation massive de gaz toxiques avec fin de causer le plus grand mal possible \u00e0 l\u2019ennemi et l\u2019obliger \u00e0 se soumettre, l\u2019analyse de la documentation nous indique que, dans la pratique, ce fut pour des probl\u00e8mes dans &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1800,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[29],"tags":[],"class_list":["post-1790","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-livre-en-episodes"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/livre6.jpg?fit=600%2C300&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-sS","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1790"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1790\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1804,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1790\/revisions\/1804"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1800"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}