{"id":1887,"date":"2018-09-07T19:55:10","date_gmt":"2018-09-07T19:55:10","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=1887"},"modified":"2018-09-07T19:55:10","modified_gmt":"2018-09-07T19:55:10","slug":"comprendre-la-trinite-culturelle-amazighe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/comprendre-la-trinite-culturelle-amazighe\/","title":{"rendered":"Comprendre la trinit\u00e9 culturelle amazighe"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1671\" aria-describedby=\"caption-attachment-1671\" style=\"width: 375px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1671\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato-375x250.jpg?resize=375%2C250\" alt=\"\" width=\"375\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?resize=375%2C250&amp;ssl=1 375w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?w=960&amp;ssl=1 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1671\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\">Par: Dr Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Peu importe comment on explique, ou croit que les Amazighs de l&rsquo;Afrique du Nord sont venus dans la r\u00e9gion\u00a0; une chose est certaine, leur pr\u00e9sence au Maroc est tr\u00e8s ancienne et a eu une influence consid\u00e9rable sur le mode de vie du Marocain contemporain et son sens de \u00a0l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019appartenance, sans oublier pour autant\u00a0 l&rsquo;ensemble de ses croyances pa\u00efennes ou monoth\u00e9istes soient-elles, \u00e0 travers les \u00e2ges.<\/p>\n<p>Il y a sp\u00e9cifiquement et exclusivement trois th\u00e8mes principaux dans la culture Amazighe qui sont d\u00e9finis comme une <strong>trinit\u00e9<\/strong> importante et primordiale dans son syst\u00e8me des valeurs et sont facilement identifiables dans la culture marocaine et nord africaine d\u2019aujourd\u2019hui. Ces th\u00e8mes ont transcend\u00e9 la culture amazighe et ont \u00e9t\u00e9 largement accept\u00e9s comme des concepts de base de l\u2019identit\u00e9 marocaine. La <strong>trinit\u00e9<\/strong> en question s\u2019articule autour des notions suivantes\u00a0: l&rsquo;importance de la langue comme v\u00e9hicule de la culture et marqueur principal de l\u2019identit\u00e9 (<strong><em>tamazight\/awal<\/em><\/strong>) sur \u00e0 la fois le plan de la communication et de la perp\u00e9tuation de l\u2019histoire, l&rsquo;omnipr\u00e9sence du syst\u00e8me fort et indivisible de la parent\u00e9 et de l\u2018appartenance \u00e0 la famille \u00e9tendue (<strong><em>ddam\/tamount<\/em><\/strong>) qui s\u2019exprime par la solidarit\u00e9 et la coexistence, ainsi que la forte connexion \u00e0 la terre et l\u2019identification avec ces bienfaits et la croyance en sa sacralit\u00e9 (<strong>akkal\/<em>tammourt\/tamazirt<\/em><\/strong>) qui est forte aussi chez d\u2019autres peuplades du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p>Ces trois piliers de la culture amazighe d&rsquo;origine et par extension de la culture marocaine d\u2019aujourd\u2019hui, dans son ensemble, sont ind\u00e9niablement le <em>substratum<\/em> de la tr\u00e8s forte notion de <strong><em>tamaghrabit <\/em><\/strong>(l\u2019appartenance \u00e0 un Maroc multiculturel, divers et tol\u00e9rant) qui soude les Marocains. En effet, si aujourd\u2019hui les Marocains ne sont pas d\u00e9chir\u00e9s par des conflits ethniques, linguistiques et culturels, comme c\u2019est le cas au Moyen Orient, depuis l\u2019av\u00e8nement du printemps r\u00e9volutionnaire, c\u2019est parce que dans leur DNA on trouve les traces de cette <strong>trinit\u00e9<\/strong> qui amplifie leur appartenance multiple et indivisible\u00a0:[i]\n<ul>\n<li>Appartenance amazighe\u00a0;<\/li>\n<li>Appartenance arabo-musulmane\u00a0;<\/li>\n<li>Appartenance h\u00e9bra\u00efque\u00a0;<\/li>\n<li>Appartenance m\u00e9diterran\u00e9enne\u00a0; et<\/li>\n<li>Appartenance africaine.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Chose qui a \u00e9t\u00e9 refl\u00e9t\u00e9 puissamment dans le texte de la constitution de 2011, dans les termes suivants\u00a0:[ii]\n<p><em>\u00ab\u00a0Etat musulman souverain, attach\u00e9 \u00e0 son unit\u00e9 nationale et \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 territoriale, le Royaume du Maroc entend pr\u00e9server, dans sa pl\u00e9nitude et sa diversit\u00e9, son identit\u00e9 nationale une et indivisible. Son unit\u00e9, forg\u00e9e par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s\u2019est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, h\u00e9bra\u00efque et m\u00e9diterran\u00e9en.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;importance de la langue\u00a0: <em>Tamazight\/awal<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le th\u00e8me le plus \u00e9vident, qui est pr\u00e9sent dans la communaut\u00e9 amazighe au Maroc, est l&rsquo;importance de la langue dans la soci\u00e9t\u00e9, la civilisation et le v\u00e9cu. Quand on contemple\u00a0 la culture du peuple amazigh, il y a une corr\u00e9lation claire entre la pertinence de la langue et la pr\u00e9servation de la civilisation et des traditions mill\u00e9naires (voir la tradition des Maitres Musiciens Jahjouka au nord est du Maroc).[iii] Leur musique de transe et leur th\u00e9\u00e2tre anthropologique a travers\u00e9 quatre mille ans d\u2019histoire sans \u00e9gratignure aucune.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire et le syst\u00e8me de croyances du peuple amazigh ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s de fa\u00e7on orale de p\u00e8re en fils\u00a0; o\u00f9 une g\u00e9n\u00e9ration transmettait l&rsquo;histoire, la sagesse et les lois \u00e0 une autre, de fa\u00e7on automatique par le biais de la langue maternelle, puissant v\u00e9hicule linguistique. En r\u00e9alit\u00e9, malgr\u00e9 l&rsquo;existence de trois dialectes amazighes distincts au Maroc, l&rsquo;histoire et les lois du peuple amazigh se sont synchronis\u00e9es et ont surv\u00e9cu \u00e0 d&rsquo;innombrables invasions \u00e0 travers son longue histoire de huit mill\u00e9niums.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1889 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/2.jpg?resize=549%2C521\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/2.jpg?w=549&amp;ssl=1 549w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/2.jpg?resize=263%2C250&amp;ssl=1 263w\" sizes=\"auto, (max-width: 549px) 100vw, 549px\" \/><\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;invasion arabe a eu lieu ( 647-709), les Arabes ont apport\u00e9 avec eux une appr\u00e9ciation similaire pour la nature essentielle de la langue et le r\u00f4le que les personnes \u00e2g\u00e9es et sages (<strong>respect de la s\u00e9niorit\u00e9<\/strong>) devraient jouer dans la pr\u00e9servation de la culture dans ses composantes linguistiques et mat\u00e9rielles. M\u00eame si l&rsquo;on oublie le fait que l&rsquo;Arabe et le Tamazight, les langues parl\u00e9es par le peuple amazigh aujourd\u2019hui, proviennent de la famille des langues afro-asiatiques, les deux langues mettent fortement l&rsquo;accent sur l\u2019<strong>identit\u00e9<\/strong> et l\u2019<strong>appartenance<\/strong> pour assurer la continuit\u00e9 de la langue, par \u00e9crit ou oralement.[iv]\n<p>Pour Salem Chakir, la tradition litt\u00e9raire amazighe est tr\u00e8s forte\u00a0:[v]\n<p><em>\u00ab\u00a0\u2026les Berb\u00e8res ont et ont toujours eu une tradition litt\u00e9raire tr\u00e8s vigoureuse et diversifi\u00e9e\u00a0: po\u00e9sie, contes, l\u00e9gendes, devinettes et \u00e9nigmes\u2026 Au Moyen \u00c2ge d\u00e9j\u00e0, un auteur arabe comme Ibn Khaldoun s&rsquo;\u00e9merveillait de la prolixit\u00e9 de cette litt\u00e9rature berb\u00e8re. En fait, dans les soci\u00e9t\u00e9s berb\u00e8res traditionnelles, tous les moments de la vie, quotidiens ou exceptionnels, sont ponctu\u00e9s par la litt\u00e9rature, po\u00e9sie, chants, contes\u2026 Les f\u00eates \u2013 naissances, circoncision, mariage, mort \u2013 \u00e9taient l&rsquo;occasion de po\u00e9sies et chants rituels ou improvis\u00e9s\u00a0; tous les actes de la vie quotidienne donnaient naissance \u00e0 des genres particuliers\u00a0: chants de travail, chant de tissage, contes des veill\u00e9es, chants et po\u00e9sies de p\u00e8lerinage\u2026 Dans la soci\u00e9t\u00e9 ancienne, les personnes \u00e2g\u00e9es, hommes et femmes, \u00e9taient les principaux d\u00e9positaires et transmetteurs de ce patrimoine litt\u00e9raire oral, mais tout le monde \u00e9tait peu ou prou po\u00e8te ou conteur<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le dialecte arabe parl\u00e9 par les Marocains <strong><em>darija <\/em><\/strong>est hautement diff\u00e9rent de celui du Machrek vu la forte influence de Tamazight sur ses aspects phon\u00e9tiques, phonologiques, syntaxiques et s\u00e9mantiques. En un mot, quant les Amazighs sont entr\u00e9s en contact avec l\u2019Arabe ils l\u2019ont amazigh\u00e9 de fond en comble,[vi] et c\u2019est la raison pour laquelle les Arabes du Moyen Orient sont incapables de comprendre la<em> <strong>darija<\/strong><\/em>, alors que les Marocains comprennent leur idiome et le parle avec aise.<\/p>\n<p>Les Marocains, aussi, au vu de l\u2019influence de Tamazight, dont le registre phon\u00e9tique est riche en sons divers, arrivent \u00e0 apprendre et parler les langues internationales avec un bon accent et beaucoup de facilit\u00e9.[vii]\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1890 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/3.jpg?resize=618%2C429\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/3.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/3.jpg?resize=360%2C250&amp;ssl=1 360w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/3.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p><strong>Pertinence de la parent\u00e9\u00a0: <em>ddam\u00a0\/tamount<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me th\u00e8me que l&rsquo;on doit consid\u00e9rer lorsqu&rsquo;on compare la culture amazighe et la culture marocaine contemporaine est l&rsquo;id\u00e9e de parent\u00e9 qui est na\u00eet du syst\u00e8me communautaire amazigh.[viii]\n<p>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00c9tat-nation \u00e9tait un concept \u00e9tranger des envahisseurs de l&rsquo;Occident que les \u00a0autochtones Amazighs et Arabes du Maroc avaient\u00a0 rejet\u00e9 avec vigueur. Pour les Amazighs comme pour les Arabes, on admet que les similitudes entre les hommes ne sont pas d\u00e9finies par des lignes imaginaires mais plut\u00f4t par une identit\u00e9 qui d\u00e9coule d&rsquo;une langue commune, d&rsquo;une histoire partag\u00e9e et, pour les Arabes, d&rsquo;une religion forte dans sa conception de l\u2019appartenance (<strong><em>oumma<\/em><\/strong>).<\/p>\n<p>Cette d\u00e9finition commune de l&rsquo;identit\u00e9 a abouti \u00e0 un syst\u00e8me communautaire omnipr\u00e9sent dans la culture amazighe et marocaine. Ce syst\u00e8me communautaire est d\u00e9fini en des termes \u00e9conomiquement socialistes mais, aussi, socialement d\u00e9mocratiques qui peuvent encore \u00eatre trouv\u00e9s dans l&rsquo;hospitalit\u00e9 des Marocains aujourd&rsquo;hui et leur sens inn\u00e9 de la tol\u00e9rance et la cohabitation\u00a0 et la coexistence (voir le sens de la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019accueil et de bienvenue du th\u00e9 \u00e0 la menthe tr\u00e8s sucr\u00e9).<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;id\u00e9e de parent\u00e9 qui se manifeste \u00e0 travers des personnes li\u00e9es par le sang, le v\u00e9cu et l\u2019histoire accuse une distinction pertinente entre la culture amazighe et marocaine dans le sens que le syst\u00e8me communautaire amazigh met l&rsquo;accent sur la notion de la matriarche comme personne-pivot de la famille impr\u00e9gn\u00e9e de valeurs d\u00e9mocratiques, alors que la culture marocaine, de substrat arabe, \u00a0pr\u00e9f\u00e8re une patriarchie, tr\u00e8s forte et sans partage.<\/p>\n<p>Chez les Amazighs les liens de sang sont sacr\u00e9s dans le mariage, dans la paternit\u00e9 et les appartenances familiales. En effet, deux tribus signent leur alliance par un mariage. Le sang\u00a0 dans le contexte du sacrifice et aussi signe de r\u00e9conciliation, de demande de pardon et de respect, <strong><em>tagharst<\/em><\/strong>. Il est aussi le symbole d\u2019hospitalit\u00e9, on \u00e9gorge un mouton pour souhaiter la bienvenue \u00e0 un invit\u00e9 ou \u00e9tranger quelconque parce que faire couler du sang c\u2019est \u00e9tablir un lien de respect avec le nouveau arriv\u00e9 et l\u2019inclure dans la soci\u00e9t\u00e9 <strong><em>jma\u2019ath.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>La centralit\u00e9 de la terre\u00a0: <em>akkal<\/em>\/<em>tammourt\/tamazirt<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les Amazighs consid\u00e8rent la terre comme un bien sacr\u00e9 qui, non seulement soutenait la vie, mais fournissait une protection contre les campagnes imp\u00e9rialistes occidentales et arabes et qui contribuaient, aussi, \u00e0 pr\u00e9server la langue et le syst\u00e8me communautaire. D\u2019ailleurs la vente de tout lopin de terre h\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 une notion fortement stigmatis\u00e9e (<strong><em>hchouma<\/em><\/strong>) dans la culture amazighe de toujours. L&rsquo;aspect spirituel\/sacr\u00e9 de la terre peut \u00eatre trouv\u00e9, aussi, dans le r\u00e9f\u00e9rentiel de \u00a0l&rsquo;Islam marocain (\u00e9troitement li\u00e9 au Soufisme et a la spiritualit\u00e9 amazighe), aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1891\" aria-describedby=\"caption-attachment-1891\" style=\"width: 457px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1891 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/4.jpg?resize=457%2C667\" alt=\"\" width=\"457\" height=\"667\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/4.jpg?w=457&amp;ssl=1 457w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/4.jpg?resize=171%2C250&amp;ssl=1 171w\" sizes=\"auto, (max-width: 457px) 100vw, 457px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1891\" class=\"wp-caption-text\">Baroud Amazigh : d\u00e9fense de la trinit\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il existe une relation complexe avec la langue, les normes communautaires de la soci\u00e9t\u00e9 et la connexion \u00e0 la terre entre les traditions culturelles amazighes et leur place dans la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. La structure soci\u00e9tale et la relation \u00e0 la terre sont fortement corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 leur acceptation dans la culture marocaine d\u2019aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>La civilisation amazighe a surv\u00e9cu \u00e0\u00a0 l\u2019usure du temps et des cultures envahissantes gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amour infini que les autochtones de l\u2019Afrique du Nord portent a la terre qui les nourrit, les prot\u00e8ge et les fortifie. N\u2019est il pas le cas que\u00a0<strong>l\u2019amazighit\u00e9<\/strong>\u00a0continue \u00e0 d\u00e9fier le temps parce que les montagnes\u00a0<em><strong>(akkal)<\/strong><\/em>\u00a0l\u2019ont prot\u00e9g\u00e9 contre l\u2019acculturation et l\u2019invasion.<\/p>\n<p>L\u2019amour des Amazighs pour la terre se manifeste dans l\u2019agriculture et les c\u00e9l\u00e9brations de ses dons g\u00e9n\u00e9reux en \u00e9t\u00e9, lors des\u00a0<em><strong>moussems<\/strong><\/em><em>.\u00a0<\/em>Des c\u00e9l\u00e9brations de remerciements au bon dieu pour son don de fertilit\u00e9 et sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Cette c\u00e9l\u00e9bration on la retrouve des plus belles chez les anciens amazighs des Jbalas, en particulier le clan des Ait Serif ou les musiciens les plus anciens de la M\u00e9diterran\u00e9e,\u00a0<em><strong>Jahjouka,\u00a0<\/strong><\/em>c\u00e9l\u00e8brent la fertilit\u00e9 de la terre en musique et dance durant leur festival annuel connu sous le nom de\u00a0<em><strong>bou irmawen\/ilmawen.<\/strong><\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_1892\" aria-describedby=\"caption-attachment-1892\" style=\"width: 566px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1892 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/5.jpg?resize=566%2C383\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/5.jpg?w=566&amp;ssl=1 566w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/5.jpg?resize=369%2C250&amp;ssl=1 369w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/5.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1892\" class=\"wp-caption-text\">Maitres Musiciens amazighs de Jbala, chantres de l\u2019amazighit\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p>On raconte que William Shakespeare \u00a0(1564\u20131616) avait durant sa vie rencontr\u00e9 un chef de guerre amazigh qui d\u00e9fendait,\u00a0 avec courage et t\u00e9m\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la t\u00eate de son arm\u00e9e, la riche\u00a0 ville-\u00e9tat de V\u00e9nice. Shakespeare l\u2019a immortalis\u00e9 dans sa pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre\u00a0:\u00a0<em><strong>Othello, the Moor,\u00a0<\/strong><\/em>qui est pass\u00e9 \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Ce chef et guerrier amazigh \u00e9tait grand, g\u00e9n\u00e9reux et noble, aim\u00e9 par ses amis et craint par ses ennemis, il d\u00e9fendait la terre becs et ongles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Notes\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong>[i]<\/strong>\u00a0 Chtatou, M. 2009. \u00ab La diversit\u00e9 culturelle et linguistique au Maroc\u00a0: pour un multiculturalisme dynamique\u00bb. <em>Asinag 2<\/em> (2009), p 149-161. Retrieved from: <a href=\"http:\/\/www.ircam.ma\/doc\/revueasing\/mohamed_chtatou_asinag2fr.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.ircam.ma\/doc\/revueasing\/mohamed_chtatou_asinag2fr.pdf<\/a><\/p>\n[ii]\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.bladi.net\/texte-integral-nouvelle-constitution-marocaine.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.bladi.net\/texte-integral-nouvelle-constitution-marocaine.html<\/a><\/p>\n[iii]\u00a0 Hamri, Mohamed (1975),\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Tales_of_Joujouka\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Tales of Joujouka<\/em><\/a>. Capra Press.<\/p>\n<p><strong>[iv]<\/strong>\u00a0 Chtatou, M. 1991. \u201cBin \u2013Abd Al-Karim Al-Khattabi in the Rifi Oral Tradition ofGzenneya,\u201d in <em>Tribe and State: Essays in Honour of David Montgomery Hart<\/em>, ed. E. G. H. Joffe and C. R.Pennell (Cambridgeshire, U.K.: Middle East and North Africa Studies Press, 1991), p 182\u2013212.<\/p>\n[v]\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.clio.fr\/bibliotheque\/langue_et_litterature_berberes.asp\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.clio.fr\/bibliotheque\/langue_et_litterature_berberes.asp<\/a><\/p>\n[vi]\u00a0 Chtatou, M. 1997. The Influence of the Berber Language on Arabic. <em>International Journal of the Sociology of Language, 123<\/em> (1997), p 101\u2013118.<\/p>\n[vii]\u00a0 <a href=\"http:\/\/projetbabel.org\/forum\/viewtopic.php?t=6748\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/projetbabel.org\/forum\/viewtopic.php?t=6748<\/a><\/p>\n[viii]\u00a0 \u00a0Chtatou, M. 2001. \u00ab\u00a0La notion d&rsquo;appartenance au groupe chez les Rifains\u00a0\u00bb in\u00a0<em>Awal <\/em>15, MSH, Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu importe comment on explique, ou croit que les Amazighs de l&rsquo;Afrique du Nord sont venus dans la r\u00e9gion\u00a0; une chose est certaine, leur pr\u00e9sence au Maroc est tr\u00e8s ancienne et a eu une influence consid\u00e9rable sur le mode de vie du Marocain contemporain et son sens de \u00a0l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019appartenance, sans oublier pour &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1671,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-1887","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?fit=960%2C640&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-ur","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1887","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1887"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1887\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1893,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1887\/revisions\/1893"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1671"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1887"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1887"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1887"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}