{"id":2304,"date":"2019-12-09T18:37:37","date_gmt":"2019-12-09T18:37:37","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=2304"},"modified":"2019-12-09T18:37:37","modified_gmt":"2019-12-09T18:37:37","slug":"le-naturel-et-le-culturel-dans-la-reception-des-metiers-dart-et-du-design-dans-la-societe-tunisienne-dilemme-et-horizon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-naturel-et-le-culturel-dans-la-reception-des-metiers-dart-et-du-design-dans-la-societe-tunisienne-dilemme-et-horizon\/","title":{"rendered":"Le \u00abnaturel\u00bb et le \u00abculturel\u00bb dans la r\u00e9ception des m\u00e9tiers d\u2019art et du design dans la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne: dilemme et horizon"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2305\" aria-describedby=\"caption-attachment-2305\" style=\"width: 246px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2305 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/zinat-246x250.jpg?resize=246%2C250\" alt=\"\" width=\"246\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/zinat.jpg?resize=246%2C250&amp;ssl=1 246w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/zinat.jpg?w=317&amp;ssl=1 317w\" sizes=\"auto, (max-width: 246px) 100vw, 246px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2305\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\">Par: Zinet BOUHAGEB<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Introduction:<\/span> <\/strong><\/p>\n<p>Le \u00ab<strong>naturel<\/strong>\u00bb chez l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est ce qui est li\u00e9 au commun, inn\u00e9 et instinctif, en d\u00e9pit du cadre temporel, et en de\u00e7\u00e0 de la culture \u00e0 laquelle il appartient. Cependant, le concept \u00ab<strong>culturel<\/strong>\u00bb, englobe tous les caract\u00e8res acquis par \u00e9ducation (traditions, cultures, valeurs, techniques\u2026). La symbiose entre le naturel et le culturel, sous diff\u00e9rentes formules, est derri\u00e8re toutes conduites humaines. Celles-ci auraient alors des \u00abcauses\u00bb d\u2019une part, et des \u00abfinalit\u00e9s culturelles\u00bb d\u2019autre part. Par ailleurs, il est impossible de dissocier chez l\u2019\u00eatre humain le naturel et le culturel. D\u2019ailleurs, certains penseurs jugent que : <strong><em>\u00abIl est impossible de superposer chez l&rsquo;homme une premi\u00e8re couche de comportements que l&rsquo;on appellerait \u00abnaturels\u00bb, et un monde culturel ou spirituel fabriqu\u00e9. Tout est fabriqu\u00e9, et tout est naturel chez l&rsquo;homme, comme on voudra dire\u00bb<\/em><\/strong><strong><em>[1]<\/em><\/strong><strong><em>.<\/em><\/strong> De ce fait, la r\u00e9ception du \u00abnouveau\u00bb, est li\u00e9e, \u00e0 notre sens, \u00e0 ces deux concepts qui sont tellement inter-m\u00eal\u00e9s, qu\u2019il est difficile, voire m\u00eame impossible, de les s\u00e9parer<\/p>\n<p>Le design en Tunisie, est, comme les arts plastiques, la manifestation des informations g\u00e9n\u00e9tiques naturelles d\u00e9chiffr\u00e9es par l\u2019ouverture sur le monde occidental, qui a su faire la dissociation entre la praxis (artistique ou design), et la conception mentale. Ph\u00e9nom\u00e8ne que les soci\u00e9t\u00e9s maghr\u00e9bines n\u2019ont pas connu avant la colonisation.<\/p>\n<p>En Tunisie, la migration du design, du \u00abconceptuel\u00bb vers le \u00abculturel\u00bb, n\u2019est pas encore achev\u00e9e. Le designer tunisien n\u2019a pas encore su r\u00e9soudre le probl\u00e8me d\u2019errance in\u00e9luctable, entre l\u2019essence m\u00eame du design, comme \u00e9tant une cr\u00e9ation \u00e0 vocation esth\u00e9tique et utilitaire, et les besoins de la soci\u00e9t\u00e9, qui sont parfois en contradiction avec\u00a0 \u00a0l\u2019\u00e2me du design.<\/p>\n<p>Devant ce dilemme, se retrouvent \u00a0le design et le designer tunisien, lui, qui ne cesse de \u00a0basculer entre ses ambitions, parfois exhaustives, et un v\u00e9cu, imposant ses contraintes techniques, \u00e9conomiques, sociales, voire tout simplement ce que nous appelons, <strong>\u00ables contraintes naturelles et culturelles<\/strong>\u00bb.<\/p>\n<p>Quels \u00e9quilibres seront-ils \u00e0 la port\u00e9e des designers tunisiens, pour qu\u2019ils puissent surmonter les entraves culturelles, ainsi que celles, naturelles, sous le r\u00e8gne d\u2019une globalisation, qui s\u2019av\u00e8re l\u2019ennemie de toute intention individualiste?<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>1- Implantations dissemblables des arts plastiques du design, et des m\u00e9tiers d\u2019art dans la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne-<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le domaine des Arts Plastiques, les nouvelles techniques ne sont que des langues visuelles, entre d\u2019autres, qu\u2019il n\u2019est pas demand\u00e9 \u00e0 un artiste, d\u2019en apprendre leurs \u00e9tendus, leurs sp\u00e9cificit\u00e9s, et leurs d\u00e9tails, car les Arts, dans leur essence, ne sont pas appuy\u00e9s ni fond\u00e9s sur le c\u00f4t\u00e9 fonctionnel. Ainsi, l\u2019apport de la technologie se limite \u00e0 la forme de l\u2019expression, voire la mani\u00e8re de la \u00a0transmission du message artistique. Cependant, dans l\u2019univers du design, \u00eatre renseign\u00e9 sur toutes les nouveaut\u00e9s et les d\u00e9couvertes, est primordial, attendu que la contrainte \u00ab<strong>fonctionnalit\u00e9<\/strong>\u00bb sugg\u00e8re, outre qu\u2019une \u00a0\u00e9chelle diff\u00e9rentielle de pertinence des mati\u00e8res et des dispositifs ad\u00e9quats, un \u00e9ventail de techniques, en rapport avec les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles et patrimoniales des soci\u00e9t\u00e9s. Par ailleurs, le design repose de mani\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rante sur l\u2019imagination du designer, sur \u00a0ses potentiels cr\u00e9atifs, et sur son savoir-faire: \u00ab<strong><em>Tout art, comme tout m\u00e9tier d&rsquo;art, conjugue l&rsquo;imagination cr\u00e9atrice et un ensemble de techniques<\/em><\/strong>\u00bb[2]. L\u2019objectif est \u00a0d\u2019assurer la conversion de l\u2019imagination inventive du designer -ou\u00a0 dans une moindre mesure- celle de l\u2019artisan\/artiste en des id\u00e9es diff\u00e9renci\u00e9es, puis leur traduction en des objets \u00e0 caract\u00e8re artistique ou des \u00abobjets designs\u00bb.<\/p>\n<p>Les m\u00e9tiers d\u2019art, compar\u00e9s au design, sont moins charg\u00e9s du volet \u00ab<strong>mental<\/strong>\u00bb: ils sont intellectuels, et plus concentr\u00e9s sur le c\u00f4t\u00e9 \u00ab<strong>technicit\u00e9<\/strong>\u00bb et \u00ab<strong>habilet\u00e9<\/strong>\u00bb. N\u00e9anmoins, on ne peut gu\u00e8re les r\u00e9duire \u00e0 leur r\u00f4le proc\u00e9dural, comme ils repr\u00e9sentent- d\u2019une mani\u00e8re plus ou moins consciente- la voie la plus fiable de la pr\u00e9servation de l\u2019h\u00e9ritage culturel mat\u00e9riel et immat\u00e9riel d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 ou d\u2019une communaut\u00e9. Le site de l\u2019INMA pr\u00e9cise, d\u2019ailleurs, que les m\u00e9tiers d\u2019arts \u00ab<strong><em>peuvent travailler pour la conservation et la restauration du patrimoine<\/em><\/strong>\u00bb-<\/p>\n<p>Signalons \u00e0 ce niveau, que nous consid\u00e9rons que le design et les m\u00e9tiers d\u2019art sont consid\u00e9r\u00e9s, comme \u00e9tant deux entit\u00e9s compos\u00e9es des m\u00eames mati\u00e8res, \u00e0 savoir la composante \u00ab<strong>id\u00e9elle<\/strong>\u00bb et la composante \u00ab<strong>proc\u00e9durale<\/strong>\u00bb. N\u00e9anmoins, les concentrations de ces deux mati\u00e8res varient d\u2019une entit\u00e9 \u00e0 une autre.<\/p>\n<p>Pour mieux \u00e9laborer et illustrer \u00a0notre id\u00e9e, on va se baser sur la diff\u00e9rentiation pr\u00e9sent\u00e9e par Alliance Fran\u00e7aise des Designers, entre le design et les m\u00e9tiers d\u2019art: \u00ab<strong><em>Dans l\u2019activit\u00e9 des m\u00e9tiers d\u2019arts, ce sont les notions de dext\u00e9rit\u00e9 technique et de production qui sont pr\u00e9pond\u00e9rantes. Dans celle des designers, ce sont la conception et le processus intellectuel qui le sont. Ce sont ces notions qui d\u00e9finissent et distinguent les deux activit\u00e9s, m\u00e9tiers d\u2019arts et design. M\u00eame si le designer peut s\u2019appuyer sur un savoir-faire technique qu\u2019il poss\u00e8de ou qu\u2019il cherche \u00e0 maitriser, en s\u2019associant \u00e0 d\u2019autres professions pour rendre tangibles ses id\u00e9es traduites en dessins, ce n\u2019est pas celui-ci qui d\u00e9finit son activit\u00e9<\/em><\/strong><em>\u00bb<\/em><em><strong>[3]<\/strong><\/em>. Ce que nous voulons tirer de cette distinction entre les deux pratiques -devenues identificatrices des soci\u00e9t\u00e9s-, c\u2019est, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019id\u00e9e que le design et les m\u00e9tiers d\u2019art sont deux activit\u00e9s de m\u00eame composantes substantielles, quoique celles-ci soient \u00e0 diff\u00e9rentes doses.<\/p>\n<p>Quant au second point que nous convoitons de mettre en exergue, il est bel et bien li\u00e9 aux \u00ab<strong>\u00e9tendues<\/strong>\u00bb de ces deux activit\u00e9s si proches qualitativement, et tellement diff\u00e9rentes naturellement, puisque les m\u00e9tiers d\u2019art, contrairement au design, sont de dimension \u00ab<strong>civilisationnelle<\/strong>\u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils naissent dans un territoire ou dans une r\u00e9gion dont ils seront \u00e0 leur image, (puisqu\u2019 ils refl\u00e8tent les sp\u00e9cificit\u00e9s des communaut\u00e9s qui les avaient produits), toutefois, ils acceptent \u00eatre export\u00e9s ou imit\u00e9s par d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s, \u00e0 travers les diff\u00e9rentes sortes d\u2019\u00e9changes culturels ou d\u2019acculturations. Cette aptitude de transmission rel\u00e8ve de la qualit\u00e9 technique de cette pratique \u00ab<strong>cr\u00e9atrice<\/strong>\u00bb, ainsi que des charges fonctionnelles et <em>\u00ab<\/em><strong>utilitaires<\/strong>\u00bb qu\u2019elle accomplie. En effet, nous n\u2019ajoutons pas de nouveau, quand \u00a0nous rappelons que: \u00ab<strong><em>La notion de civilisation s&rsquo;applique alors aux moyens qui servent les fins utilitaires et mat\u00e9rielles de la vie humaine collective<\/em><\/strong><em>\u00bb<\/em><em><strong>[4]<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>Le design, comme l\u2019art a, entre autres, une filiation culturelle puisqu\u2019on ne peut se passer de son c\u00f4t\u00e9 esth\u00e9tique, intellectuel \u00a0et spirituel. N\u00e9anmoins, personne n\u2019est cens\u00e9 d\u00e9mentir le lien de parent\u00e9 entre le design et le <strong>\u00abfonctionnel<\/strong>\u00bb ou l\u2019 \u00ab<strong>utilitaire<\/strong>\u00bb, ou encore les probl\u00e9matiques quotidiennes, petites et grandes, li\u00e9es aux contraintes \u00e9conomiques, sociales et environnementales.<\/p>\n<p>Si nous admettons cette nuance tellement sensible entre les m\u00e9tiers d\u2019art et le design, nous comprendrons le disfonctionnement qui entrave ces deux secteurs strat\u00e9giques, dont la relance est une n\u00e9cessit\u00e9 r\u00e9alisable et un chemin qu\u2019on doit parcourir, attendu que la nature des produits \u00e0 caract\u00e8re civilisationnel est volatile (tr\u00e8s mobile), qui se diffuse et se r\u00e9pand dans toutes les directions. Nous allons d\u00e9velopper \u00a0notre id\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re r\u00e9sum\u00e9e, puis nous allons expliquer la d\u00e9marche r\u00e9flexive suivie.<\/p>\n<p>Si on part de la question relative \u00e0 l\u2019 \u00ab<strong>\u00e9tendu<\/strong>\u00bb civilisationnel des m\u00e9tiers d\u2019arts, puisqu\u2019ils sont \u00e0 la base des techniques proc\u00e9durales, nous ne pouvons que saluer tout emprunt ou ouverture sur les autres r\u00e9solutions techniques et technologiques universelles, vu que les civilisations fonctionnent d\u2019apr\u00e8s Strauss, comme des \u00ab\u00a0<strong><em>machines \u00e0 vapeur\u00bb<\/em><\/strong><strong><em>[5]<\/em><\/strong><strong><em>. <\/em><\/strong>Celles-ci\u00a0 tendent \u00e0 diffuser leur \u00ab\u00a0gaz\u00a0\u00bb dans toutes les directions. Par contre, les arts sont les productions de nature <strong>culturelle<\/strong> qui ont tendance \u00e0 \u00eatre lisibles par toutes les autres cultures, voire m\u00eame \u00e0 \u00eatre universelles, sans pour autant \u00eatre apprises, imit\u00e9es ou export\u00e9es.<\/p>\n<p>Les Arts plastiques contemporains, \u00e0 notre sens, ne sont point une d\u00e9riv\u00e9e \u00ab\u00a0<strong>civilisationnelle<\/strong>\u00a0\u00bb comme le voyaient les historiens allemands, mais plut\u00f4t, une r\u00e9sultante culturelle, et\u00a0 \u00a0ce, pour maintes raisons \u00a0dont on peut en citer quelques-unes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Les arts contemporains exaltent le c\u00f4t\u00e9 id\u00e9el r\u00e9flexif et conceptuel. La dext\u00e9rit\u00e9 et l\u2019habilet\u00e9 ne sont plus les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9pond\u00e9rants dans la pratique artistique contemporaine.<\/li>\n<li>M\u00eame les pratiques artistiques les plus antiques ont fait preuve de la \u00ab<strong>nature\u00a0 culturelle<\/strong>\u00bb des Arts. Nous pouvons argumenter notre opinion en \u00e9voquant l\u2019exemple de l\u2019art de civilisation romaine antique qui \u00e9tait la copie conforme de celui de la civilisation grecque. Les historiens de l\u2019art qualifient \u00a0cet art d\u2019 \u00ab<strong>Art gr\u00e9co-romain<\/strong>\u00bb, bien qu\u2019il soit produit par la civilisation romaine. En fait, en mati\u00e8re de production artistique, on n\u2019attribue jamais la m\u00eame importance \u00e0 une \u0153uvre authentique qu\u2019\u00e0 une copie (m\u00eame si elle est de bonne qualit\u00e9).<\/li>\n<li>les arts admettent p\u00e9niblement leur r\u00e9partition sur des territoires \u00e9trangers. Il n\u2019est pas sans importance de rappeler la situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans laquelle se trouvent les \u00a0artistes maghr\u00e9bins qui reproduisent les m\u00eames sujets et th\u00e8mes qu\u2019abordent les artistes occidentaux. Dans cette perspective Khlil M\u2019rabet dit: \u00ab<strong><em>ils continuent \u00e0 mimer les artistes \u00e9trangers contemporains, nourris d\u2019une culture dont les assises sont dans un monde autre, d\u00e9j\u00e0 construit, structur\u00e9, fond\u00e9 sur la production et la consommation. Fuyant le particulier, ces artistes tombent dans le pi\u00e8ge \u00e9vident de l\u2019universalisme, v\u00e9ritable drogue du si\u00e8cle<\/em>.<sup>[6]<\/sup><\/strong><\/li>\n<li>m\u00eame les cultures qui n\u2019ont pas su se transformer en civilisations, ont cr\u00e9\u00e9 leurs m\u00e9thodes expressives, et ont pratiqu\u00e9 leurs arts (danse, musique, arts visuels\u2026).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il convient \u00e0 cet \u00e9gard de remarquer que pour le design, les circonstances ne sont plus pareilles. Vu que le design comprend dans son essence une composante civilisationnelle \u00e0 \u00e9tendues plus larges (en l\u2019occurrence ceux qui int\u00e9ressent les techniques, les proc\u00e9dures ou les fonctions), il serait, alors, l\u00e9gal et m\u00eame naturel de s\u2019approprier des acquis et des aboutissements technologiques des autres civilisations, pour cr\u00e9er d\u2019autres produits design ou \u00ab<strong>artisanaux<\/strong>\u00bb. \u00c9l\u00e9ment \u00a0qu\u2019ont compris les pays qui savent imiter, sans avoir peur de <strong>\u00abl\u2019effacement identitaire<\/strong>\u00bb. Nous \u00e9voquons ici, l\u2019exemple de la Chine de cette \u00e8re contemporaine, et l\u2019exemple de la civilisation romaine de l\u2019\u00e8re pr\u00e9historique. Ces deux exemples montrent bien comment et combien l\u2019imitation intelligente est salutaire, quand il s\u2019agit d\u2019emprunt portant sur les produits \u00e0 \u00ab<strong>caract\u00e8re civilisationnel<\/strong>\u00bb.<\/p>\n<p>Par contre, le\u00a0 probl\u00e8me persiste, et s\u2019aggrave quand l\u2019emprunt est orient\u00e9 vers ce qui est du genre <strong>culturel<\/strong>, parce que la culture, bien qu\u2019indiff\u00e9rente \u00e0 sa r\u00e9partition coercitive et forc\u00e9e dans d\u2019autres territoires, notamment ceux qui n\u2019ont pas pr\u00e9par\u00e9 ou contribu\u00e9 \u00e0 sa \u00abconstruction\u00bb, \u00a0est tr\u00e8s sensible aux sp\u00e9cificit\u00e9s subjectives, spirituelles et immat\u00e9rielles. Dans cet ordre d\u2019id\u00e9es, \u00a0Guy ROCHER \u00a0pr\u00e9cise que: \u00ab<strong><em>La culture comprend plut\u00f4t les aspects plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s et plus spirituels de la vie collective, fruits de la r\u00e9flexion et de la pens\u00e9e \u00abpures\u00bb, de la sensibilit\u00e9 et de l&rsquo;id\u00e9alisme<\/em><\/strong>\u00bb.<strong>[7]<\/strong> Nous voulons rappeler, aussi la formule de Durkheim d\u00e9finissant la culture, comme \u00e9tant <strong>\u00ab<em>mani\u00e8res de penser, de sentir et d&rsquo;agir<\/em><\/strong>\u00bb. Nous voulons insister, \u00e0 travers ces deux citations, sur l\u2019insignifiance de l\u2019appropriation de l\u2019artiste tunisien des abords, aboutissements, sujets, probl\u00e9matiques, pens\u00e9es, crises\u2026 li\u00e9s aux autres artistes issus d\u2019autres cultures, que si cet emprunt se limitait au c\u00f4t\u00e9 technique et proc\u00e9dural. Etant donn\u00e9 que les arts sont \u00e0 l\u2019image de la culture qui les produit, ils ne peuvent \u00eatre implant\u00e9s dans d\u2019autres cultures, voire \u00ab\u00a0<em>d\u2019autres mani\u00e8res de penser, de sentir et d&rsquo;agir\u00a0\u00bb<\/em> que sous leurs aspects les plus techniques et formelles.<\/p>\n<p>Ce que nous venons de d\u00e9velopper dans les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents ne peut \u00eatre saisissable, que si nous comprenons la diff\u00e9rence existant entre une civilisation et une culture. Cela nous aidera \u00e0 mieux distinguer les entraves qui amortissent l\u2019avancement de la production artisanale tunisienne d\u2019une part, et de discerner celles qui ralentissent le progr\u00e8s du design \u00ab\u00a0tunisien\u00a0\u00bb d\u2019autre part, et enfin il projettera la lumi\u00e8re sur les insuffisances qui entachent la cr\u00e9ation artistique en Tunisie.<\/p>\n<p>Hant\u00e9 par son ambition d\u2019exercer une d\u00e9marche cr\u00e9ative, qui ob\u00e9it \u00e0 la demande et au besoin de la cible, l\u2019artiste tunisien se trouve tiraill\u00e9 entre son d\u00e9sir cr\u00e9atif culminant et l\u2019exigence effective de cette cible. Etant donn\u00e9 que cette vis\u00e9e est d\u00e9finie de prime abord, chose qui est quasi-absente dans le monde de l\u2019art. Pour mieux expliquer cette id\u00e9e, nous voudrions pr\u00e9ciser une conviction que nous avons et que nous allons d\u00e9velopper pour expliquer le double dilemme qui entrave le d\u00e9collage de nos designers malgr\u00e9 les potentiels naturels et id\u00e9els qu\u2019ils exhibent. Cette conviction concerne la qualit\u00e9 m\u00eame des deux notions ou pratiques.<\/p>\n<p>Les Arts, comme nous l\u2019avons bien expliqu\u00e9 dans les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents- ne sont que la d\u00e9rive des cultures. Cependant, le design est le r\u00e9sultat de m\u00e9tissages entre une substance de nature <strong>culturelle<\/strong> et une autre de genre <strong>civilisationnel<\/strong>. Quant aux m\u00e9tiers d\u2019art, qui sont fond\u00e9s essentiellement sur la dext\u00e9rit\u00e9, ils sont de caract\u00e8re <strong>civilisationnel<\/strong>. C\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: bien qu\u2019issus d\u2019une culture, ils sont transmissibles, appropriables et importables, tant qu\u2019ils sont aptes d\u2019\u00eatre export\u00e9s vers \u00a0autres cultures et civilisations. C\u2019est l\u00e0, justement o\u00f9 r\u00e9side toute la diff\u00e9rence entre ces deux\u00a0 pratiques\u00a0: art, design et m\u00e9tiers d\u2019art, tellement poches, mais si bien diff\u00e9rents qualitativement.<\/p>\n<p>En fait, les pays en voie de d\u00e9veloppement demeurent des producteurs de cultures et non de civilisations ; car leurs champs d\u2019intervention se limitent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle naturelle, puisqu\u2019une culture a pour finalit\u00e9 la ma\u00eetrise de la nature et le contr\u00f4le de l\u2019environnement. Cette t\u00e2che est \u00e9galement accomplie par les civilisations comme premi\u00e8re \u00e9tape, mais est d\u00e9pass\u00e9e naturellement pour\u00a0 assurer le contr\u00f4le de l\u2019humanit\u00e9 sur elle-m\u00eame, pour instaurer des valeurs converties en universelles. \u00ab\u00a0<strong><em>La premi\u00e8re distinction (<\/em>entre culture et civilisation) <em>consiste \u00e0 englober dans la culture l&rsquo;ensemble des moyens collectifs dont disposent l&rsquo;homme ou une soci\u00e9t\u00e9 pour contr\u00f4ler et manipuler l&rsquo;environnement physique, le monde naturel <\/em>(\u2026) <em>La civilisation comprend l&rsquo;ensemble des moyens collectifs auxquels l&rsquo;homme peut recourir pour exercer un contr\u00f4le sur lui-m\u00eame\u00a0<\/em><\/strong><em>\u00bb<\/em><em><strong>[8]<\/strong><\/em><em>. <\/em>En d\u2019autres termes<em>, <\/em>pour les pays d\u00e9velopp\u00e9s, leur champ d\u2019action, se d\u00e9ploie jusqu\u2019au contr\u00f4le de l\u2019Homme sur lui-m\u00eame, ses conditions de travail, son luxe concret et son confort effectif. D\u2019o\u00f9 g\u00e9n\u00e8re la \u00ab\u00a0<strong>pertinence culminante<\/strong>\u00a0\u00bb des r\u00e9solutions civilisationnelles. Celle-ci est suivie de sa r\u00e9partition \u00ab\u00a0in\u00e9luctable\u00a0\u00bb dans toutes les directions. C\u2019est dans cette perspective que Guy Rocher ajoute :<em> <strong>\u00ab la civilisation porte un caract\u00e8re rationnel, qu&rsquo;exige le progr\u00e8s des conditions physiques et mat\u00e9rielles du travail, de la production, de la technologie<\/strong>\u00bb<\/em><em><strong>[9].<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En somme, apr\u00e8s avoir projet\u00e9 la lumi\u00e8re sur toutes ces nuances\u00a0: entre Art, design, et m\u00e9tiers\u00a0 d\u2019art , d\u2019une part, et entre la notion de \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb et celle de \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb d\u2019autre part, nous convoitons d\u2019analyser l\u2019\u00e9tat des lieux de ces pratiques culturelles en Tunisie, en focalisant notre int\u00e9r\u00eat sur le secteur des m\u00e9tiers d\u2019art et celui du design, afin de mettre le doigt sur les obstacles qui peuvent embarrasser les recherches relatives \u00e0 ces domaines si proches et compl\u00e9mentaires, ainsi que les atouts desquels peuvent profiter les designers et les artisans tunisiens, pour relancer ces secteurs et les promouvoir.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>2- R\u00e9alit\u00e9 des m\u00e9tiers d\u2019art et du design en Tunisie<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Avant de pr\u00e9senter notre analyse, nous voudrions noter que traiter du sujet de la r\u00e9alit\u00e9 des m\u00e9tiers d\u2019art et du design- en rassemblant leurs destins en un seul- ne d\u00e9ment point notre conscience que ces volets sont tellement distincts, et que leurs natures sont si diff\u00e9rentes. Par ailleurs, leur compl\u00e9mentarit\u00e9 et leurs compositions similaires (faites de composantes intellectuelles d\u2019une part, et techniques d\u2019autre part) nous permettent de les associer, tout en soulignant l\u2019importante diff\u00e9rence de doses relatives de ces deux composantes formant les deux secteurs.<\/p>\n<p>Tout nouveau savoir proc\u00e9dural assimil\u00e9, comme tout savoir-faire acquis, fait partie du \u00ab <strong>culturel<\/strong> \u00bb. Ce dernier est con\u00e7u de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, qui ob\u00e9issent au gout du designer, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il se meut, et aux besoins du march\u00e9. En d\u2019autres termes, les apprentissages sont relatifs \u00e0 des contraintes subjectives. Il s\u2019agit d\u2019une osmose bidirectionnelle, entre le cultuel et le subjectif. \u00ab <strong><em>Un objet ou un meuble design combine habilement l&rsquo;aspect technologique avec la cr\u00e9ativit\u00e9 artistique de l&rsquo;ing\u00e9nieur ou du designer. Le design s&rsquo;appuie souvent sur les nouvelles techniques et les avanc\u00e9es technologiques des mat\u00e9riaux.<\/em>\u00bb<\/strong><strong>[10]<\/strong><\/p>\n<p>Oscillant entre ces deux contraintes -parfois antagonistes-, \u00e0 savoir celle <strong>culturelle<\/strong> et l\u2019autre <strong>naturelle<\/strong>, les m\u00e9tiers d\u2019art en Tunisie, se trouvent coinc\u00e9s, aussi bien du point de vue productivit\u00e9 que celui qualitatif. D\u2019ailleurs, de telles d\u00e9clarations sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes dans les recherches port\u00e9es sur l\u2019actualit\u00e9 du design \u00ab\u00a0tunisien\u00a0\u00bb <strong><em>\u00ab multiples probl\u00e8mes que rencontre notre artisanat, jadis florissant et aujourd\u2019hui \u00e0 la tra\u00eene, tant du point de vue de la qualit\u00e9 qu\u2019au niveau de la quantit\u00e9 et donc de l\u2019exportation. Outre la R\u00e9volution et la crise du secteur du Tourisme, de nombreux facteurs participent \u00e0 ce recul <\/em><\/strong>\u00bb<strong>[11]<\/strong>. Au lieu d\u2019\u00eatre stimul\u00e9s par les pulsions du\u00ab <strong>naturel<\/strong> \u00bb, et orient\u00e9s par la lueur du \u00ab <strong>culturel<\/strong> \u00bb &#8211; puisque l\u2019art nait d\u2019une <strong>n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure <\/strong>quand le produit artistique, comme le design est le fils de sa temporalit\u00e9 et des contingentes qui environnent sa gen\u00e8se : \u00ab<strong>L\u2019\u0153uvre surgit dans son temps et de son temps<\/strong> \u00bb<strong>[12]<\/strong> , les domaines des arts de la mode et du design sont inhib\u00e9s \u00e0 cause des \u00e9l\u00e9ments intra-conceptuels que l\u2019un est neutralis\u00e9 par son voisin et partenaire au sein du m\u00eame concept.<\/p>\n<p>Dans le but d\u2019expliquer notre point de vue, on propose une d\u00e9marche analytique reposant sur deux parties : <u>une premi\u00e8re, qui traitera des supports et les inhibiteurs de l\u2019ordre culturel<\/u>, <u>la deuxi\u00e8me partie traitera des entraves qui ralentissent toute mouvance cr\u00e9ative,<\/u> m\u00eame en pr\u00e9sence de g\u00e8nes codant pour l\u2019attachement \u00e9troit -dans la perception maghr\u00e9bine, en l\u2019occurrence celle tunisienne- de la r\u00e9solution th\u00e9orique \u00e0 la pratique, ou en d\u2019autres termes, l\u2019incapacit\u00e9 des anciennes soci\u00e9t\u00e9s tunisiennes de s\u00e9parer les m\u00e9tiers des arts (chose que les occidentaux n\u2019ont fait que tr\u00e8s tardivement) ?<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>a- Le culturel: orienteur d\u00e9boussol\u00e9 :<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La Tunisie, ce carrefour de civilisations, ne manque pas de legs culturel riche et orgueilleusement charg\u00e9 en substance essentielle pour l\u2019instauration d\u2019une banque de donn\u00e9es, qui, investie par les artistes, les professionnels et les designers, ouvrira la porte \u00e0 des champs illimit\u00e9s d\u2019investissement et d\u2019exp\u00e9riences \u00e9clectiques, sauf qu\u2019un h\u00e9ritage \u00abprometteur \u00bb et la volont\u00e9 des sujets engag\u00e9s dans le processus culturel, ne sont pas les seuls piliers sur lesquels repose l\u2019acte cr\u00e9atif. En effet, la formation des professionnels hautement qualifi\u00e9s, sollicite tout un dispositif complexe, qui \u0153uvre pour un PROJET NATIONAL dans lequel interviennent plusieurs facteurs et institutions, afin de renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9, et d\u2019approuver le potentiel innovant chez les futurs producteurs. De tels pas ne peuvent que tisser des liens, et tracer des chemins, entre le cr\u00e9ateur et \u00ab l\u2019industriel \u00bb, mais aussi, dessiner des voies entre le design tunisien, les m\u00e9tiers d\u2019art et le consommateur tunisien, comme celui, \u00e9tranger. Nous pouvons conclure alors, qu\u2019une vision strat\u00e9gique, orient\u00e9e vers les secteurs du design et des m\u00e9tiers d\u2019art, est indispensable pour instaurer une r\u00e9forme exhaustive, capable de sauver ces activit\u00e9s <strong>\u00e0 double revenu<\/strong> : culturel et industriel.<\/p>\n<p>La question qui nous interpelle \u00e0 ce niveau est la suivante<strong> : l\u2019Etat Tunisien poss\u00e8de-t-il cette volont\u00e9 de pousser, jusqu\u2019au bout, la roue du d\u00e9veloppement des secteurs design et des m\u00e9tiers d\u2019art ?<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse sur cette interrogation nous vient, via les voix des experts et des personnes directement concern\u00e9es par ces activit\u00e9s, et qui d\u00e9gagent un cri de secours :\u00ab l<strong><em>e tapis traditionnel tunisien, si important pour l\u2019exportation, a vu sa production chuter de 426 mille m2 en 2001, \u00e0 68 800 m\u00b2 en 2013&#8230;Ce n\u2019est l\u00e0, qu\u2019un des multiples probl\u00e8mes que rencontre notre artisanat, jadis florissant, et aujourd\u2019hui \u00e0 la tra\u00eene, tant du point de vue de la qualit\u00e9 qu\u2019au niveau de la quantit\u00e9, et donc de l\u2019exportation. Outre la R\u00e9volution et l\u2019absence de touristes, de nombreux facteurs participent \u00e0 ce recul. <\/em><\/strong>\u00bb<strong>[13]<\/strong><\/p>\n<p>Des experts rendent le d\u00e9collage inhib\u00e9 du design tunisien, \u00e0 plusieurs facteurs, entre autres le copiage des mod\u00e8les et l\u2019imitation des designs, d\u00e9sormais ouverts et accessibles \u00e0 tous les fronts, et ce gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019internet et les nombreuses autres manifestations de la globalisation. Cette lecture, bien que v\u00e9ridique, \u00a0nous parait inachev\u00e9e, car elle pr\u00e9sente le ph\u00e9nom\u00e8ne comme \u00e9tant une \u00ab<strong>cause<\/strong> \u00bb, alors qu\u2019il est pour nous une \u00ab\u00a0<strong>cons\u00e9quence\u00a0\u00bb<\/strong>, voire un r\u00e9sultat de l\u2019absence quasi- totale de proc\u00e9dures fermes et propices, pour lutter contre de telles pratiques, et d\u2019encourager l\u2019esprit cr\u00e9atif de nos designers. Il n\u2019est pas sans importance \u00e0 ce niveau, de rappeler que le design est un \u00ab\u00a0<strong><em>processus intellectuel<\/em><\/strong> <strong><em>cr\u00e9atif\u00a0\u00bb.<\/em><\/strong> C\u2019est ainsi qu\u2019il repr\u00e9sente\u00a0 \u00a0une pratique culturelle qui interpelle le patrimoine, et accorde de l\u2019importance au v\u00e9cu ainsi qu\u2019au futur, avant qu\u2019elle n\u2019atteigne, \u00a0jusqu\u2019au civilisationnel envahisseur exhaustif.<\/p>\n<p>Pour expliquer notre point de vue, nous pr\u00e9sentons une lecture comparative de l\u2019exp\u00e9rience fran\u00e7aise, qui pariait sur le potentiel des jeunes designers, pour pousser et stimuler le cot\u00e9 novateur chez eux, affirmer leur confiance en eux-m\u00eames, et la renforcer \u00e0 post\u00e9riori.<\/p>\n<p>En 1981, et lors de sa premi\u00e8re conf\u00e9rence de presse, Fran\u00e7ois Mitterrand annonce sa strat\u00e9gie de \u00ab <strong>Grands travaux<\/strong> \u00bb, celle-ci \u00e9tait conduite par son Ministre de la\u00a0 Culture Jack Lang. En 1982, cinq cr\u00e9ateurs qui n\u2019avaient pas \u00e0 cette \u00e9poque, acquis de notori\u00e9t\u00e9, (puis devenus parmi les plus renomm\u00e9s dans le monde de la cr\u00e9ation),\u00a0 sont s\u00e9lectionn\u00e9s pour renouveler les appartements priv\u00e9s de l\u2019Elys\u00e9e, et ce, pour encourager les jeunes designers ainsi que les cr\u00e9ations originales. De plus, et dans ce m\u00eame contexte de l\u2019incitation \u00e0 la recherche dans le secteur du design et des m\u00e9tiers d\u2019art, l\u2019Etat organise des concours de cr\u00e9ation \u2013design, avec \u00e0 la cl\u00e9 la promesse d\u2019une commande de l\u2019administration tout en offrant aux candidats des cartes blanches, sorte de bouses attribu\u00e9es aux cr\u00e9ateurs, qui les utilisent comme ils l\u2019entendent.<\/p>\n<p>Pour convertir la vision, claire et structur\u00e9e de <strong>Jack Lang<\/strong>, en des r\u00e9alisations\u00a0 culturelles puis civilisationnelles, l\u2019Etat fran\u00e7ais a focalis\u00e9 son int\u00e9r\u00eat sur le \u00ab\u00a0 <strong>culturel<\/strong> \u00bb, dans lequel il a investi massivement. Le r\u00e9sultat \u00e9tait ainsi \u00a0spectaculaire\u00a0: quant aux cr\u00e9ations des designers, elles \u00a0\u00e9taient authentiques et inspiratrices des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de cr\u00e9ateurs de tous les pays. \u00a0Voil\u00e0 alors, comment de telles d\u00e9marches peuvent pr\u00e9venir la paresse mentale et l\u2019imitation insens\u00e9e des produits artisanaux \u00e9trangers qu\u2019on importe de la Chine, et de quoi les \u00e9trangers visiteurs de la Tunisie se plaignent en insistant : \u00ab \u00a0<strong><em>on nous prend vraiment pour des ploucs ! Si on avait envie d\u2019acheter des pyramides ou des statuettes de pharaons, on serait all\u00e9s en \u00c9gypte\u2026<\/em><\/strong> \u00bb<strong>[14] <\/strong>. C\u2019est ainsi aussi que les designers tunisiens sentent la fiert\u00e9 d\u2019appartenir \u00e0 un pays riche en mati\u00e8re patrimoniale, et se convainquent que le design, n\u2019est pas uniquement un savoir-faire \u00e0 acqu\u00e9rir, mais principalement un processus mental, \u00a0cr\u00e9atif et culturel.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>b- Le naturel : l\u2019existant qui perd sa voie\/x\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le naturel, chez l\u2019\u00eatre humain est strictement li\u00e9 \u00e0 \u00a0l\u2019h\u00e9r\u00e9ditaire, \u00e0 l\u2019ancestral et \u00e0 l\u2019inn\u00e9. Les maghr\u00e9bins, en tant qu\u2019entit\u00e9 populaire tr\u00e8s diversifi\u00e9e en mosa\u00efque, mais aussi tr\u00e8s solidaire et compl\u00e9mentaire, n\u2019ont pas connu de s\u00e9paration entre la vie quotidienne et l\u2019art. D\u2019ailleurs maintes \u00e9tudes et plusieurs penseurs ont \u00e9voqu\u00e9 cette relation \u00e9troite entre les pratiques communes et habituelles chez les maghr\u00e9bins et la cr\u00e9ation du \u00ab<strong> Beau<\/strong> \u00bb. En effet, depuis le 19\u00e8me si\u00e8cle, Eug\u00e8ne Delacroix a parl\u00e9 d\u2019un certain talent ou habilet\u00e9 qui marquent les faits et les travaux habituels dans les soci\u00e9t\u00e9s maghr\u00e9bines. N\u2019a-t-il pas dit : \u00ab <strong>La beaut\u00e9 s\u2019unit \u00e0 tout ce qu\u2019ils font<\/strong>\u00bb<strong>[15]<\/strong>, le m\u00eame artiste affirme encore que : \u00ab<strong>Certains usages antiques et vulgaires ont la majest\u00e9 qui manque chez nous dans les circonstances les plus graves<\/strong> \u00bb<strong>[16]<\/strong>. A \u00a0\u00a0travers ces propos qu\u2019on rencontre aussi chez Matisse, qui assure depuis sa visite au Maroc, que \u00ab <strong>La r\u00e9v\u00e9lation m\u2019est venue de l\u2019Orient<\/strong>\u00bb<strong>[17]<\/strong>, nous voulons affirmer , par l\u2019id\u00e9e ,que l\u2019association entre les m\u00e9tiers et l\u2019art est une pratique authentique chez les Magr\u00e9bins , puisque l\u2019essence m\u00eame de l\u2019art n\u2019est autre que : \u00ab <strong><em>Cr\u00e9ation d&rsquo;objets ou de mises en sc\u00e8ne sp\u00e9cifiques destin\u00e9es \u00e0 produire chez l&rsquo;homme un \u00e9tat particulier de sensibilit\u00e9, plus ou moins li\u00e9 au plaisir esth\u00e9tique<\/em><\/strong> \u00bb<strong>[18]<\/strong> \u00a0Sauf que l\u2019\u00e9tat des lieux de ces pratiques qui inspiraient jadis les artistes, ont d\u00e9clin\u00e9, tout en c\u00e9dant leurs places aux importations de mauvaises qualit\u00e9s ou, du moins, qui ne sont qu\u2019occasionnelles dites celles \u00ab <strong><em>Des foires<\/em><\/strong> \u00bb. Si cette crise, qui contamine tous les secteurs des m\u00e9tiers d\u2019art et du design n\u2019est pas naturelle, ou disons qu\u2019elle ne l\u2019\u00e9tait pas avant le colonialisme, nous serons donc amen\u00e9s \u00e0 sp\u00e9culer sur \u00a0ses raisons. Parmi les causes qui s\u2019exhibent, nous pensons \u00e0 l\u2019estimation inappropri\u00e9e rabaissant, quant \u00e0 l\u2019ouverture des m\u00e9tiers d\u2019art et du design sur le monde d\u00e9velopp\u00e9, ainsi qu\u2019aux nouvelles technologies. Nous nous orientons aussi vers les retomb\u00e9es de la colonisation qui a pu doublement influencer la perception de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne, port\u00e9es aux pratiques utilitaires et cr\u00e9atives. Toutes ces id\u00e9es seront \u00e9num\u00e9r\u00e9es et d\u00e9velopp\u00e9es plus amplement dans ce qui suivra de notre texte :<\/p>\n<ul>\n<li>Le design, \u00e9tant une entit\u00e9 hybride, faite, en partie, de substance d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0essence culturelle\u00a0\u00bb, et \u00e9galement d\u2019une autre, de \u00ab\u00a0nature civilisationnelle\u00a0\u00bb (attendu que l\u2019on ne peut tourner le dos aux cot\u00e9s utilitaires et aux aboutissements proc\u00e9duraux mis en jeu), admet l\u2019ouverture sur les trouvailles exotiques et accepte l\u2019imitation ou m\u00eame l\u2019appropriation des nouvelles technologiques import\u00e9es d\u2019ailleurs. Par ailleurs, le c\u00f4t\u00e9 intellectuel, subjectif et spirituel du design est cens\u00e9 naitre de la culture qui le nourrit et qu\u2019il enrichit par des r\u00e9flexions et des conceptions. Ce sont, alors, ces recherches id\u00e9elles, mentales, et spirituelles, qui devraient s\u2019animer de l\u2019 \u00ab <strong><em>imaginaire commun<\/em><\/strong> \u00bb et fouiller dans les h\u00e9ritages mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. Chose qui ne se produit que laborieusement en Tunisie, vu que l\u2019ouverture sur le patrimoine se perp\u00e9tue fr\u00e9quemment de mani\u00e8res superficielles, formelles et r\u00e9ductrices.<br \/>\nQuant aux m\u00e9tiers d\u2019art, leur promotion est plus facile et moins complexe, attendu qu\u2019ils sont plus tol\u00e9rants aux emprunts et aux imitations des trouvailles et aboutissements ext\u00e9rieurs. Cette tol\u00e9rance est appuy\u00e9e par le fondement de l\u2019exercice des m\u00e9tiers d\u2019art sur la dext\u00e9rit\u00e9, la technicit\u00e9, et l\u2019apprentissage proc\u00e9dural qui peut \u00eatre transmis aux apprentis, sans avoir besoin d\u2019approfondir cette pratique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assimilation des r\u00e9flexions ou des conceptions qui ont contribu\u00e9 \u00e0 ces d\u00e9couvertes. Pour mieux expliquer notre point de vue, nous prenons l\u2019exemple des produits artisanaux \u00ab formellement \u00bb tunisiens, mais fabriqu\u00e9s en Chine ou en Turquie. Ces produits sont tellement r\u00e9pandus dans notre pays, qu\u2019un nombre de \u00a0d\u00e9put\u00e9s ont rappel\u00e9 au\u00a0\u00a0 Ministre du Tourisme,\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mr Ren\u00e9 Trabelsi, la menace s\u00e9rieuse de ce ph\u00e9nom\u00e8ne sur notre artisanat. Le Ministre du Tourisme r\u00e9pondit alors : \u00ab <strong><em>Il est regrettable de trouver aujourd\u2019hui des cartes postales de Sidi Bou Sa\u00efd fabriqu\u00e9es en Chine<\/em><\/strong> \u00bb, et ce, sur la radio Shems Fm, et promettait \u00a0\u00ab\u00a0<strong> <em>d\u2019interdire les produits artisanaux Made In China\u00a0\u00bb<\/em>[19]<\/strong>.<br \/>\nNous pensons qu\u2019il ne pourrait gu\u00e8re \u00eatre suffisant d\u2019interdire les produits artisanaux fabriqu\u00e9s en Chine ou en Turquie. Nous pensons aussi que cette d\u00e9claration, tout comme la r\u00e9action du Ministre contrecarre la politique de l\u2019Etat qui tend \u00e0 s\u2019ouvrir vers le lib\u00e9ralisme.<br \/>\nRemarquons d\u2019abord que la Chine ou la Turquie, en approchant l\u2019artisanat et les m\u00e9tiers d\u2019arts tunisiens ne se sont pas souci\u00e9s de l\u2019authenticit\u00e9 de la pratique mise en jeu. Ils ne se sont pas reproch\u00e9 de se d\u00e9t\u00e9riorer \u00ab identitairement \u00bb. Signalons aussi qu\u2019ils n\u2019avaient pas de crainte sur le destin de leurs patrimoines, car s\u2019ouvrir sur l\u2019Autre ne substitut pas l\u2019autre circuit artisanal, bas\u00e9 sur la conservation et la restauration du patrimoine. La Chine ou encore la Turquie, ont compt\u00e9 sur leurs \u00ab\u00a0<strong>potentiels comp\u00e9titifs<\/strong>\u00a0\u00bb. Ces deux pays, pris en exemples, ont su attribuer \u00e0 cette activit\u00e9 culturelle une dimension civilisationnelle, en plus d\u2019une dimension, \u00e0 caract\u00e8re \u00a0\u00ab\u00a0<strong><em>commercial<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb. D\u2019ailleurs, c\u2019est le passage du <strong><em>\u00ab\u00a0culturel<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb au <strong><em>civilisationnel<\/em><\/strong> qui est recommand\u00e9 par certains\u00a0 experts qui voient que \u00ab\u00a0<strong><em>Le but est de d\u00e9tacher l\u2019artisanat de sa vocation purement d\u00e9coratrice et artistique pour y int\u00e9grer une vocation utilitaire et commerciale\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><strong><em> [20]<\/em><\/strong><strong><em>. <\/em><\/strong>A partir de l\u00e0, on con\u00e7oit plus pertinemment les obstacles qui ralentissent le d\u00e9collage de nos m\u00e9tiers d\u2019art qui n\u2019ont trac\u00e9 que des voies cultuelles, alors qu\u2019il est l\u00e9gitime de viser une dimension civilisationnelle, commerciale et comp\u00e9titive.<\/li>\n<li><strong>L\u2019implantation de nouvelle relation entre la th\u00e9orie et la pratique<\/strong>:<\/li>\n<li>L\u2019esth\u00e9tique occidentale a toujours \u00e9tabli une diff\u00e9rence entre des m\u00e9tiers qui se basent sur les r\u00e9flexions th\u00e9oriques, et ceux qui se focalisent dans leurs productions, sur les pratiques manuelles ou artisanales. Cette perception a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par les maghr\u00e9bins, en l\u2019occurrence les tunisiens, qui se d\u00e9tournent de plus en plus contre les m\u00e9tiers artisanaux, et ne s\u2019efforcent pas de faire progresser ces m\u00e9tiers qui peuvent former une solution ad\u00e9quate au ch\u00f4mage, et \u00e0 d\u2019autres fl\u00e9aux, tels que la migration ill\u00e9gale, l\u2019obscurantisme \u2026<\/li>\n<li>Le s\u00e8me de la sensation d\u2019avoir une \u00ab n\u00e9gligeable aptitude cr\u00e9ative \u00bb chez l\u2019individu maghr\u00e9bin, que dans la pr\u00e9sence de la reconnaissance des pays du centre (centre du monde) :<\/li>\n<li>En \u00a0fait, nous n\u2019allons pas ajouter grand-chose, si nous \u00e9voquons le probl\u00e8me de la tutelle culturelle que vit la sc\u00e8ne culturelle tunisienne. Attendu que personne ne peut d\u00e9savouer le fardeau, que repr\u00e9sente le monopole \u00e9valuatif des occidentaux pour nos productions artistiques, artisanales et designs, nonobstant que celles-ci ne sont que le r\u00e9sultat de circonstances socioculturelles, et cela est digne de leur donner l\u2019aura de l\u2019\u00ab<strong>authentique et de l\u2019original<\/strong>\u00bb.<br \/>\nEn somme, et pour clore cette id\u00e9e en quelques lignes, nous pr\u00e9tendons que le \u00ab<strong>naturel<\/strong>\u00bb, qui codait nagu\u00e8re pour la corr\u00e9lation simultan\u00e9e entre les m\u00e9tiers et les arts, entre l\u2019habilet\u00e9 et la production entre le con\u00e7u et le fait, est frein\u00e9e ou presque. Cela est visible, sans s\u2019efforcer \u00e0 le rendre ainsi, ce qu\u2019il faut faire, c\u2019est justement de faire face \u00e0 ce blocage, et de convertir cette h\u00e9sitation et oscillation, entre cette identit\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e des maghr\u00e9bins, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment les tunisiens, en force propositionnelle qui boit de plusieurs sources, pour vivre ou mieux, pour se rafra\u00eechir et non pas, pour s\u2019empoisonner et mourir.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pour conclure<\/strong> <strong>:<\/strong> Nous pensons que la dichotomie entre le naturel et le culturel est ancienne, et c\u2019est \u00e0 travers la gestion de cette opposition que les soci\u00e9t\u00e9s se diff\u00e9rencient, et bercent entre celles les plus civilis\u00e9es, aux plus sauvages. (Si on admet les oppositions que pr\u00e9sentent les dictionnaires et les explications livresques). Sauf que le cultuel peut \u00eatre infect\u00e9 par l\u2019artificiel, comme le culturel pourrait s\u2019intoxiquer par le biais du vulgaire, et c\u2019est dans ce sens que la Tunisie post- r\u00e9volution, doit se tracer des sentiers entre tous ces champs. La Tunisie doit cueillir le labeur de maints si\u00e8cles de civilisation, sans que le naturel, jadis stimulateur, ne se d\u00e9grade en inhibition chronique.<\/p>\n<p>Nous avons cette conviction que l\u2019opposition entre le naturel et le culturel peut, et ne doit, qu\u2019\u00eatre fertile et fructueuse, si elle est guid\u00e9e par une nouvelle \u00ab <strong>Doctrine Culturelle<\/strong> \u00bb, qui vise l\u2019orientation de ces moteurs responsables de la conscience et de la production humaine, vers un m\u00eame sens, celui de \u00ab <strong>L\u2019affirmation de soi<\/strong> \u00bb, tout en ayant le regard en \u00e9ventail, tr\u00e8s ouvert sur les diversit\u00e9s sp\u00e9cifiques de notre culture et l\u2019unicit\u00e9 bien d\u00e9termin\u00e9e, chez chaque individu. C\u2019est \u00e0 notre sens le d\u00e9fi sur lequel l\u2019Etat tunisien doit \u00a0travailler, pour gagner son pari sur ses propres potentiels humains.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019Etat tunisien, sa t\u00e2che est plus complexe, afin de traduire cette nouvelle \u00ab\u00a0<strong>doctrine culturelle\u00a0\u00bb <\/strong>en des m\u00e9canismes et d\u00e9cisions engrenant les diff\u00e9rents intervenants sectoriels relatifs aux designs et m\u00e9tiers d\u2019art. C\u2019est dans cet esprit que, Fatnassi Abderraouf, l\u2019un des experts dans les strat\u00e9gies du perfectionnement de l\u2019artisanat tunisien d\u00e9clare: \u00ab\u00a0<strong><em>Pour parvenir \u00e0 am\u00e9liorer davantage la comp\u00e9titivit\u00e9 de cette activit\u00e9, il y a lieu de b\u00e2tir un partenariat efficient entre les diff\u00e9rents intervenants et mettre en place les outils n\u00e9cessaires pour une \u00e9volution continue de ce secteur, parall\u00e8lement \u00e0 une formation professionnelle valorisante et bien adapt\u00e9e des artisans.<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb<strong>[21]<\/strong><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p><strong>[1]<\/strong> Maurice Merleau Ponty, <strong><em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de la perception<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>[2]<\/strong> DEHAYE (P.),<em> membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, site <strong>Valeurs en Jeu \/ Direct en Jeu \/ Les Puzzles de Jean, <\/strong><\/em>extrait d\u2019un article intitul\u00e9\u00a0:<strong><em> L\u2019Artisanat, C\u2019est quoi ?, <\/em><\/strong><em>\u00a0<a href=\"https:\/\/valeursenjeu.fr\/index.php\/artisanat-cest-quoi\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/valeursenjeu.fr\/index.php\/artisanat-cest-quoi\/<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>[3]<\/strong> <a href=\"http:\/\/www.alliance-francaise-des-designers.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.alliance-francaise-des-designers.org\/<\/a><\/p>\n<p><strong>[4]<\/strong> ROCHER (G.), Extraits du chapitre IV: \u00ab<strong><em>Culture, civilisation et id\u00e9ologie<\/em><\/strong>\u00bb, <strong><em>Introduction \u00e0 la SOCIOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE<\/em><\/strong>. Premi\u00e8re partie: <strong><em>L&rsquo;ACTION SOCIALE<\/em><\/strong>, chapitre IV, pp. 101-127. Montr\u00e9al: \u00c9ditions Hurtubise HMH lt\u00e9e, 1992, troisi\u00e8me \u00e9dition.<\/p>\n<p><strong>[5]<\/strong> Claude LEVI STRAUSS (C.), Troisi\u00e8me entretien avec Georges CHARBONNIER : <strong><em>Horloges et machines \u00e0 vapeur-<\/em><\/strong> Claude LEVI STRAUSS, poursuit la comparaison des soci\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0primitives\u00a0\u00bb et des soci\u00e9t\u00e9s modernes. Soci\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0froides\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 Soci\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0chaudes\u00a0\u00bb, comme des horloges par rapport \u00e0 des machines \u00e0 vapeur.<\/p>\n<p><strong>[6]<\/strong> Khalil M\u2019Rabet, <em>Peinture et identit\u00e9, l\u2019exp\u00e9rience Marocain<\/em>, Ed. Le Harmattan, 1987, p .70.<\/p>\n<p><strong>[7]<\/strong> ROCHER (G.), <strong><em>Introduction \u00e0 la SOCIOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE. Premi\u00e8re partie: L\u2019ACTION SOCIALE<\/em><\/strong>, chapitre IV, Montr\u00e9al: \u00c9ditions Hurtubise HMH lt\u00e9e, 1992, troisi\u00e8me \u00e9dition. p.101-127<\/p>\n<p><strong>[8]<\/strong> ROCHER (G.), <strong><em>Introduction \u00e0 la SOCIOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE. Premi\u00e8re partie: L\u2019ACTION SOCIALE<\/em><\/strong>, chapitre IV. p.101-127, Ibidem.<\/p>\n<p><strong>[9]<\/strong> ROCHER (G.), <strong><em>Introduction \u00e0 la SOCIOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE. Premi\u00e8re partie: L\u2019ACTION SOCIALE<\/em><\/strong>, chapitre IV. p.101-127, Ibidem.<\/p>\n<p><strong>[10]<\/strong> Revue \u00e9lectronique <strong><em>Meubliz<\/em><\/strong>, <a href=\"https:\/\/www.meubliz.com\/style\/style_design\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.meubliz.com\/style\/style_design\/<\/a><\/p>\n<p><strong>[11] <\/strong>Ma\u00e2rouf Y.), extrait de son article <strong><em>\u00ab\u00a0L\u2019artisanat tunisien se meurt<\/em><\/strong>, revue \u00e9lectronique<strong><em> R\u00e9alit\u00e9 online, <\/em><\/strong>publi\u00e9 1 mars 2015,\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/<\/a><\/p>\n<p><strong>[12]<\/strong> Malraux (M.),\u00a0 <strong><em>La M\u00e9tamorphose des dieux<\/em><\/strong>, \u00a0Ed, <em>nrf, <\/em>novembre<em>\u00a0;<\/em>(1957)<\/p>\n<p><strong>[13] <\/strong>Ma\u00e2rouf\u00a0 (Y.), citant un haut responsable du secteur<strong><em>,\u00a0 L\u2019artisanat tunisien se meurt,<\/em><\/strong> Ibid, <a href=\"https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong><em>https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/<\/em><\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong>[14]<\/strong> Ma\u00e2rouf (Y.), Extrait d\u2019un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<strong><em>L\u2019artisanat tunisien se meurt<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb, <strong><em>R\u00e9alit\u00e9s online, <\/em><\/strong>\u00a0mars 2015<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.realites.com.tn\/2015\/03\/lartisanat-tunisien-se-meurt\/<\/a><\/p>\n<p><strong>[15]<\/strong> Delacroix (E.), d\u2019apr\u00e8s Florenne (Y.), <strong><em>\u00ab Les plus belles pages \u00bb,<\/em><\/strong> Ed, Mercure de France. Paris, 1963, p.96.<\/p>\n<p><strong>[16] <\/strong>Ibid.<\/p>\n<p><strong>[17] <\/strong>Matisse (M.),\u00a0 propos de Matisse rapport\u00e9s par Diehl (G.), in <strong><em>Art Pr\u00e9sent<\/em><\/strong> n\u00b02,1947.<\/p>\n<p><strong>[18]<\/strong> Dictionnaire <strong><em>Larousse<\/em><\/strong> <a href=\"http:\/\/www.larousse.fr\/dictionnaires\/francais\/art\/5509\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.larousse.fr\/dictionnaires\/francais\/art\/5509<\/a><\/p>\n<p><strong>[19]<\/strong> <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HJFQettXIDo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HJFQettXIDo<\/a><\/p>\n<p><strong>[20]<\/strong> B\u00e9ji (s.), cit\u00e9 dans <strong><em>l\u2019article\u00a0: Le Palais de l\u2019Artisan pour l\u2019ascension de l\u2019artisanat tunisien de par le monde, <\/em><\/strong>site<strong><em> Directinfo, L`information de derni\u00e8re minute<\/em><\/strong>, publi\u00e9 en F\u00e9v. 10, 2014 par : Di avec Communiqu\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/directinfo.webmanagercenter.com\/2014\/02\/10\/le-palais-de-lartisan-pour-lascension-de-lartisanat-tunisien-de-par-le-monde\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/directinfo.webmanagercenter.com\/2014\/02\/10\/le-palais-de-lartisan-pour-lascension-de-lartisanat-tunisien-de-par-le-monde\/<\/a><\/p>\n<p><strong>[21]<\/strong> Fatnassi (A.), Extrait de son article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<strong><em>Secteur de l&rsquo;artisanat en Tunisie<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb, du site <strong><em>Turess, <\/em><\/strong>Publi\u00e9 dans <strong><em>L&rsquo;expert,<\/em><\/strong> le 08 &#8211; 06 \u2013 2009<strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><a href=\"https:\/\/www.turess.com\/fr\/lexpert\/1894\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.turess.com\/fr\/lexpert\/1894<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction: Le \u00abnaturel\u00bb chez l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est ce qui est li\u00e9 au commun, inn\u00e9 et instinctif, en d\u00e9pit du cadre temporel, et en de\u00e7\u00e0 de la culture \u00e0 laquelle il appartient. 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