{"id":3065,"date":"2020-10-19T17:10:52","date_gmt":"2020-10-19T17:10:52","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3065"},"modified":"2020-10-19T17:10:52","modified_gmt":"2020-10-19T17:10:52","slug":"entretien-avec-mohamed-mammad-directeur-de-tv8-la-creation-de-la-chaine-amazighe-tv8-fut-a-tout-point-de-vue-une-premiere-dans-le-paysage-audiovisuel-marocain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/entretien-avec-mohamed-mammad-directeur-de-tv8-la-creation-de-la-chaine-amazighe-tv8-fut-a-tout-point-de-vue-une-premiere-dans-le-paysage-audiovisuel-marocain\/","title":{"rendered":"Entretien avec Mohamed Mammad, directeur de TV8: \u00abLa cr\u00e9ation de la chaine amazighe (TV8) fut, \u00e0 tout point de vue, une premi\u00e8re dans le paysage audiovisuel marocain\u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3066 alignright\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/MAMMAD-376x250.jpg?resize=376%2C250\" alt=\"\" width=\"376\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/MAMMAD.jpg?resize=376%2C250&amp;ssl=1 376w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/MAMMAD.jpg?resize=310%2C205&amp;ssl=1 310w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/MAMMAD.jpg?w=830&amp;ssl=1 830w\" sizes=\"auto, (max-width: 376px) 100vw, 376px\" \/>Pr\u00e9sentez-vous bri\u00e8vement \u00e0 nos lecteurs.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Je suis originaire d\u2019Er-Rachidia, natif plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019un petit village situ\u00e9 \u00e0 17 km de la ville de Goulmima et qui porte le nom de Tadighoust. Une oasis o\u00f9 j\u2019ai effectu\u00e9 mes \u00e9tudes primaires. J\u2019ai poursuivi une partie de mes \u00e9tudes, secondaires et universitaires, entre les villes de Goulmima, Rabat et Casablanca. L\u2019essentiel de ma carri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision 2M. D\u2019abord en tant que journaliste et chef d\u2019\u00e9dition, ensuite en qualit\u00e9 de directeur en charge des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et des magazines d\u2019informations arabophones et francophones. Aux d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2010 j\u2019ai pris en charge le projet du Portail 2M.tv \u00e0 la demande de M. N Sail directeur g\u00e9n\u00e9ral de SOREAD 2M \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Par la suite, j\u2019ai totalement bifurqu\u00e9 vers autre chose en devenant directeur des ressources humaines, apr\u00e8s avoir obtenu au passage, un Master en GRH. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 trois ann\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de cette direction, toujours \u00e0 2M, j\u2019ai op\u00e9r\u00e9 un autre virage, mais cette fois ci, vers la gestion des contenus (retour aux premiers amours oblige) en tant que directeur des programmes et des relations internationales. En 2009 je fus nomm\u00e9 Directeur Central en charge des cha\u00eenes Amazighes Radio et TV \u00e0 la SNRT.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En ce qui concerne ma formation universitaire, en plus du dipl\u00f4me en journalisme obtenu en 1988 \u00e0 l\u2019Institut Sup\u00e9rieur du Journalisme de Rabat (ISJ), j\u2019ai \u00e9galement suivi des \u00e9tudes sup\u00e9rieures \u00e0 lSCAE, option gestion des entreprises, et enfin des \u00e9tudes en 2017 pour l\u2019obtention d\u2019un Master en mati\u00e8re de production des contenus num\u00e9riques \u00e0 l\u2019ISIC.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Quel bilan dressez-vous, en tant que responsable des programmes de l\u2019amazighe \u00e0 la SNRT, de la pr\u00e9sence de l\u2019amazighe (langue, culture et identit\u00e9), au sein du paysage audiovisuel national\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Avant de r\u00e9pondre \u00e0 votre question il me semble tr\u00e8s important de rappeler le contexte dans lequel cette cha\u00eene a vu le jour. En 2010, je peux aujourd\u2019hui affirmer, sans risque d\u2019\u00eatre contredit, que le projet a \u00e9t\u00e9 quasiment cr\u00e9\u00e9 ex-niilo, \u00e0 partir de presque rien. En dehors des \u00e9quipements techniques et technologiques, qui furent pour l\u2019\u00e9poque, il faut bien le rappeler et le souligner, \u00e0 la pointe de technologie, les conditions qui devaient permettre \u00e0 cette cha\u00eene de d\u00e9marrer dans des conditions, disons normales, n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9unies, et ce pour des raisons tout \u00e0 fait objectives ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 m\u00eame des responsables de la SNRT. Et ce n\u2019\u00e9taient pas faute d\u2019avoir tout entrepris de la part des promoteurs du projet, en l\u2019occurrence la SNRT sous la direction de M Laarichi, puisqu\u2019il a fallu lancer cette cha\u00eene dans un environnement tr\u00e8s peu favorable. Quelques exemples pour illustrer le propos : absence d\u2019un march\u00e9 des programmes digne de ce nom, inexistence ou presque de ressources humaines qualifi\u00e9es et en quantit\u00e9s suffisantes pour pouvoir fournir en programmes et de mani\u00e8re continue une cha\u00eene g\u00e9n\u00e9raliste en langue amazighe avec toutes les contraintes logistiques et linguistiques que cela suppose. Il a donc fallu soit carr\u00e9ment surseoir \u00e0 la mise en \u0153uvre du projet en attendant que les conditions soient plus favorables soit se lancer la t\u00eate baiss\u00e9e dans cette aventure en empruntant parfois quelques chemins de traverse. Nous avions choisi la seconde option \u00e0 nos risques et p\u00e9rils.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cha\u00eene g\u00e9n\u00e9raliste et de proximit\u00e9, Tamazight fut officiellement lanc\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 Nationale de Radio et de T\u00e9l\u00e9vision (SNRT) le 1er mars 2010, avec pour objectif premier la promotion, par tous les moyens et supports possibles, la langue et de la culture amazigh. Sa cr\u00e9ation fut, \u00e0 tout point de vue, une premi\u00e8re dans le paysage audiovisuel marocain. Son av\u00e8nement s\u2019inscrivit, en effet, dans la dynamique des grandes mutations que le Maroc a v\u00e9cues au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. Mutations multisectorielles qui ont port\u00e9, entre autres, sur la question centrale de la gestion de la diversit\u00e9 culturelle abord\u00e9e notamment par le Discours fondateur prononc\u00e9 par SM Le Roi Mohamed VI \u00e0 Ajdir, le 17 octobre 2001, \u00e0 Kh\u00e9nifra.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un Discours qui donna le coup d\u2019envoi \u00e0 une s\u00e9rie de r\u00e9alisations visant toutes \u00e0 redonner \u00e0 la culture et \u00e0 la langue amazighes toute la place qui devrait \u00eatre la leur sur la sc\u00e8ne culturelle nationale. En t\u00e9moignent, notamment, la mise en place de l\u2019Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM), suivie par l\u2019introduction des \u00e9missions en langue Amazighe dans les grilles des programmes des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9visions et stations radio publiques, la cr\u00e9ation de la cha\u00eene Tamazight et enfin l\u2019officialisation de Tamazighte en tant que langue nationale par la nouvelle Constitution adopt\u00e9e en 2011.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La gen\u00e8se de ce projet fut en soi, ponctu\u00e9e des hauts et de bas. Au d\u00e9part, l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en langue Amazighe fut per\u00e7ue par certains acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile et intellectuels amazighes totalement irr\u00e9alisable. D\u2019aucuns estimaient, en effet, que la cr\u00e9ation d\u2019une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en langue amazigh risquait de \u2018\u2019 gu\u00e9toiser\u2019\u2019 la langue et la culture amazighes, en ce sens que le public qui allait avoir acc\u00e8s \u00e0 ses programmes allait \u00eatre forc\u00e9ment, \u00ab num\u00e9riquement tr\u00e8s limit\u00e9 \u00bb et, par cons\u00e9quent, le r\u00e9sultat allait \u00eatre en totale contradiction avec les objectifs escompt\u00e9s, \u00e0 savoir, la promotion et le rayonnement de la culture et de la langue amazighes. D\u2019autres, par contre, soutenaient la th\u00e8se oppos\u00e9e et d\u00e9fendaient bec et ongles la mise en \u0153uvre de ce projet dont ils voyaient l\u2019un des moyens les plus \u00e0 m\u00eame d\u2019ouvrir de formidables perspectives devant cette langue et cette culture, notamment par le truchement des m\u00e9dias audiovisuels.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Quelles sont les actions novatrices que vous avez initi\u00e9es dans ce domaine\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Dix ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es depuis le lancement officiel de la cha\u00eene Tamazighe, \u00a0le 4 mars 2010, peut-on consid\u00e9rer aujourd\u2019hui que les objectifs qui lui ont \u00e9t\u00e9 initialement assign\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Interrogation tout \u00e0 fait d\u2019actualit\u00e9 et parfaitement l\u00e9gitime. Dix ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es d\u00e9j\u00e0 depuis sa cr\u00e9ation. Son \u00ab bilan \u00bb, est, sans conteste, tr\u00e8s positif dans la mesure o\u00f9 cette cha\u00eene a pu, en un laps de temps relativement court, trouver toute la place qui devait \u00eatre la sienne dans un environnement particuli\u00e8rement difficile et surtout fortement concurrentiel. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 se forger une identit\u00e9 qui lui est propre et apporter des r\u00e9ponses aux diff\u00e9rentes attentes d\u2019un public aussi disparate, composite et multilingue. Elle a pu \u00e9galement offrir \u00e0 ses t\u00e9l\u00e9spectateurs, partout o\u00f9 ils se trouvent, des grilles de programmes sans cesse renouvel\u00e9es et en parfaite ad\u00e9quation avec leurs attentes. Cette cha\u00eene, au positionnement quelque peu atypique, constitue, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, la v\u00e9ritable synth\u00e8se de ce que l\u2019on pourrait qualifier, \u00e0 juste titre, d\u2019identit\u00e9 marocaine dans toute sa diversit\u00e9 arabo musulmane, amazighe, africaine, hassani, h\u00e9bra\u00efque, andalouse m\u00e9diterran\u00e9enne et africaine.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas un hasard si le slogan retenu, au moment de son lancement, fut volontairement f\u00e9d\u00e9rateur et transversal: \u00abune cha\u00eene pour tous les marocains\u00bb \u00ab\u00a0\u062a\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a\u062a \u0642\u0646\u0627\u0629 \u0644\u0643\u0644 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0627\u0631\u0628\u0629\u00a0\u00bb. C\u2019en est une, en effet puisque, outre les trois composantes de la langue amazighe dans lesquelles elle allait diffuser ses programmes, elle a en m\u00eame temps fait le choix, totalement assum\u00e9, de sous-titrer une partie de ses programmes en langue arabe. Une r\u00e9ponse concr\u00e8te \u00e0 une revendication fondamentale de l\u2019ensemble des marocains, \u00e0 savoir, l\u2019identit\u00e9 marocaine est forc\u00e9ment multiple et ses ramifications n\u00e9cessairement diverses et vari\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ce concept de cha\u00eene se devait d\u2019accompagner les transformations tous azimuts que le Maroc \u00e9tait en train de vivre dans tous les domaines : expliquer, expliciter et rendre compte aux t\u00e9l\u00e9spectateurs du bien -fond\u00e9, de la pertinence et de la justesse des choix op\u00e9r\u00e9s par notre pays dans tous les domaines : politique \u00e9conomique, social culturel et artistique. Mais \u00e9galement pointer, mettre en perspective et analyser, en toute objectivit\u00e9, le pourquoi et le comment de tous les dysfonctionnements qui rongent notre soci\u00e9t\u00e9 et qui l\u2019emp\u00eache de prendre r\u00e9ellement son envol. Une mission qui porte un nom : le service public.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s avoir accompagn\u00e9 les principaux \u00e9v\u00e9nements que notre pays a v\u00e9cu ces huit derni\u00e8res ann\u00e9es, Tamazight se trouve aujourd\u2019hui \u00e0 un tournant d\u00e9cisif de son histoire. Les dirigeants de la SNRT pour lesquels le d\u00e9veloppement de cette entit\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 un chantier strat\u00e9gique, ont d\u00e9cid\u00e9 de moderniser les structures de cette cha\u00eene en proc\u00e9dant au renouvellement de ses infrastructures techniques et technologique (passage \u00e0 la technologie HD notamment), en adoptant le mode de diffusion multipiste, en passant tr\u00e8s prochainement \u00e0 la diffusion de ses programmes 24h sur 24h, et enfin en proc\u00e9dant au relefting\u00a0 de son habillage pour le rendre, \u00e0 la fois visuellement plus attractif mais \u00e9galement en phase avec les mutations qu\u2019elle est en train de vivre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Profondes transformations qui vont permettre \u00e0 Tamazight d\u2019\u00e9largir son audience tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Maroc. Elle accordera une attention toute particuli\u00e8re aux communaut\u00e9s marocaines vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00e0 travers des programmes sp\u00e9cifiques qui aborderont toutes les th\u00e9matiques qui les pr\u00e9occupent dans leurs pays d\u2019accueil respectifs mais \u00e9galement en les informant de fa\u00e7on objective et exhaustive sur les principaux \u00e9v\u00e9nements qui se produisent dans leur pays d\u2019origine en l\u2019occurrence le Maroc. Ainsi nous contribuerons au raffermissement des liens entre les Marocains du Monde (toutes g\u00e9n\u00e9rations confondues) et leur pays d\u2019origine.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Fort de son positionnement en tant que cha\u00eene publique g\u00e9n\u00e9raliste et de proximit\u00e9, sa mission principale, comme le pr\u00e9cise clairement son cahier des charges, est de satisfaire les attentes de ses t\u00e9l\u00e9spectateurs en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, d\u2019information et du divertissement. Une t\u00e2che \u00e0 laquelle s\u2019est attel\u00e9e, avec d\u00e9vouement et pers\u00e9v\u00e9rance, une \u00e9quipe jeune, dynamique, multidisciplinaires et aux comp\u00e9tences professionnellement av\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les chantiers qu\u2019elle se propose de lancer visent, enfin, \u00e0 renforcer son positionnement en tant que cha\u00eene jeune dont le c\u0153ur de cible est prioritairement la jeunesse amazighe vivant, aussi bien au Maroc qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger, aussi bien dans les villes que dans les campagnes mais \u00e9galement le reste de la jeunesse marocaine toutes cat\u00e9gories socio-professionnelles confondues. La cha\u00eene ambitionne aussi de r\u00e9pondre aux besoins de toutes les autres composantes de la population marocaine en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, de culture et de divertissement en mettant notamment \u00e0 profit toutes les possibilit\u00e9s qu\u2019offrent aujourd\u2019hui les nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Comment g\u00e9rez-vous les variations dialectales de l\u2019amazighe (\u00e0 la radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision) tout en prenant en consid\u00e9ration la dimension standard de la langue que le syst\u00e8me \u00e9ducatif a pris en charge\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En toute modestie, toutes les actions entreprises depuis la cr\u00e9ation de cette cha\u00eene sont novatrices en ce sens que, comme nous l\u2019avons pr\u00e9cis\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, nous sommes pratiquement partis de rien. Il a fallu tout \u00ab inventer \u00bb et mettre en \u0153uvre concomitamment toutes les initiatives. Il a fallu, en effet, mettre en place une nouvelle organisation qui prenne en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s de la cha\u00eene sur le plan \u00e9ditorial, technique et organisationnel, la gestion des ressources humaines&#8230; Sur le plan de la gestion de la cha\u00eene au quotidien, il a \u00e9galement fallu prendre en compte les contraintes li\u00e9es aux dispositions du cahier des charges de la cha\u00eene telle que la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver un juste \u00e9quilibre entre les trois composantes sur le plan linguistique. Ce qui ne fut pas toujours une chose ais\u00e9e en raison du d\u00e9calage constat\u00e9 entre les trois composantes Amazighes au niveau de la production audiovisuelle Amazighe. La r\u00e9gion du Souss \u00e9tait tr\u00e8s en avance dans ce domaine sur les autres composantes en d\u00e9pit du caract\u00e8re artisanal des structures de production et de l\u2019absence quasi total des ressources humaines form\u00e9es et qualifi\u00e9es. Sur ce plan, il a \u00e9galement fallu \u00ab tout inventer \u00bb pour pouvoir assurer un certain \u00e9quilibre entre Tachlhit, Tamazight et Tarifit. Un objectif que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 atteindre progressivement. Un exercice certes tr\u00e8s difficile \u00e0 atteindre mais que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 conqu\u00e9rir gr\u00e2ce \u00e9galement aux efforts et sacrifices des diff\u00e9rentes composantes du personnel de la cha\u00eene.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Est-il encore besoin de rappeler qu\u2019avant la naissance de la cha\u00eene, les \u00e9lites Amazighes, les repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les militants associatifs, les artistes, toutes cat\u00e9gories confondues, n\u2019ont aucune possibilit\u00e9 de se produire. Je peux attester de cet \u00e9tat de fait en parfaite connaissance de cause et ce pour avoir occup\u00e9 des responsabilit\u00e9s de premier plan \u00e0 2M dont celle de la direction des programmes. L\u2019arriv\u00e9e de Tamazight a permis \u00e0 toutes ces sensibilit\u00e9s de se produire en toute libert\u00e9 et sans aucune limite si ce n\u2019est celles qu\u2019imposent les lois en vigueur dans notre pays.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">S\u2019agissant toujours du chapitre des r\u00e9alisations, il me semble fondamental de rappeler que depuis 2010, nos productions dramatiques (t\u00e9l\u00e9films, t\u00e9l\u00e9 feuilletons, s\u00e9ries, documentaires&#8230;) ont connu un formidable bon en avant. Des dizaines de projets ont \u00e9t\u00e9 produits et diffus\u00e9s, permettant ainsi au secteur de la production audiovisuelle en langue amazighe de se d\u00e9velopper et se structurer. Cela a \u00e9galement permis de cr\u00e9er des d\u00e9bouch\u00e9es pour des dizaines de jeunes techniciens, sc\u00e9naristes et r\u00e9alisateurs&#8230;.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Sans langue de bois, que repr\u00e9sente pour vous le Sud-Est\u00a0? Quelles contributions sp\u00e9cifiques peut-il apporter au paysage audiovisuel amazighe national\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pour ce qui est de la Radio Amazigh, elle a toujours \u00e9t\u00e9 pionni\u00e8re en la mati\u00e8re. Chaque composante de la langue amazighe est prise en compte lors de l\u2019\u00e9laboration de sa grille des programmes. Depuis 2010, en d\u00e9pit de la faiblesse des moyens de cette \u00ab station mythique \u00bb, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une sorte de toilettage de ses contenus, \u00e0 la remise \u00e0 plat de ces \u00e9missions tant sur le plan conceptuel et qu\u2019\u00e9ditorial. Nous avons \u00e9galement proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une profonde restructuration de ces processus de production et de son management. R\u00e9sultat : ses audiences ont pratiquement doubl\u00e9 et le bassin de ses auditeurs a consid\u00e9rablement augment\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Nous avons trouv\u00e9 les n\u00e9cessaires synergies entre la radio et la t\u00e9l\u00e9vision en cr\u00e9ant des passerelles entre les deux entit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Etes-vous serein pour l\u2019avenir de l\u2019amazighe au Maroc\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Tout d\u2019abord, le sud-est est l\u2019une des r\u00e9gions du Maroc qui peut se pr\u00e9valoir de potentialit\u00e9s extraordinaires dans tous les domaines, mais malheureusement toutes ces richesses multisectorielles ne sont pas encore exploit\u00e9es comme il se doit. Sous-\u00e9quip\u00e9s en infrastructures, elle est en l\u2019\u00e9tat actuel des choses dans l\u2019incapacit\u00e9 de donner tout la mesure de son potentiel. Une r\u00e9gion qui a toujours fourni au Maroc des \u00e9lites de tr\u00e8s haut niveau dans tous les secteurs et qui a ainsi fortement contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social de notre pays. Culturellement, ses richesses sont encore totalement sous-exploit\u00e9es. Pour rester dans le domaine de l\u2019audiovisuel, cette r\u00e9gion rec\u00e8le un formidable potentiel pour le d\u00e9veloppement de l\u2019industrie cin\u00e9matographique nationale et internationale.\u00a0 Toute la r\u00e9gion regorge de sites capables d\u2019en faire, \u00e0 terme, une formidable destination pour les cin\u00e9astes du monde entier. Pour peu, \u00e9videmment, que l\u2019on veuille bien entreprendre quelques n\u00e9cessaires investissements infrastructurels de base dans le secteur<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>\u00a0Votre dernier mot<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Vous savez, je suis et j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 un incorrigible optimiste. Adepte de la fameuse formule : le verre est \u00e0 moiti\u00e9 plein. La culture et la langue Amazighes, les probl\u00e9matiques tr\u00e8s complexes qu\u2019elles charrient repr\u00e9sentent \u00e0 non pas douter, un chantier strat\u00e9gique pour le Maroc. SM le Roi en a fait l\u2019une des grandes priorit\u00e9s de son r\u00e8gne. Les choses se mettent en place petit \u00e0 petit en d\u00e9pit des difficult\u00e9s que l\u2019on sait. C\u2019est un projet que l\u2019ensemble des marocains doivent s\u2019approprier collectivement. C\u2019est de leur identit\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit. Chacun se doit, par cons\u00e9quent, d\u2019agir en fonction de la position qui est la sienne et des possibilit\u00e9s dont il dispose pour faire aboutir le projet. L\u2019approche doit \u00eatre syst\u00e9mique et s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e : le court, le moyen et le long terme. Le chemin \u00e0 parcourir reste encore tr\u00e8s long. Je pense que toutes les questions non encore r\u00e9solues trouveront une issue favorable par le dialogue et la concertation. Deux grands principes qui fondent La d\u00e9mocratie. Car seules les structures d\u00e9mocratiques seront en mesure d\u2019offrir des solutions idoines \u00e0 ce type de probl\u00e8mes. Qu\u2019il y\u2019ait encore des r\u00e9sistances, ou m\u00eame des tentatives plus au moins avou\u00e9es et av\u00e9r\u00e9es pour essayer de ralentir le rythme de mise en \u0153uvre des dispositions de la constitution relative au chantier de Tamazight, je trouve cela quelque part \u00ab tout \u00e0 fait normal \u00bb mais sachez que, in fine, on n\u2019arr\u00eate jamais la marche de l\u2019histoire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Le mot de la fin :<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Tamazight est un projet qui a vu le jour dans un contexte particuli\u00e8rement difficile. Nous avons entrepris pour essayer de la d\u00e9velopper avec les moyens qui lui sont allou\u00e9s. On peut ne pas, \u00eatre par certains aspects, \u00e0 la hauteur des attentes de nos diff\u00e9rents publics. Normal car ces attentes sont multiples et vari\u00e9es. Mais cette cha\u00eene reste un acquis ind\u00e9niable pour le chantier de Tamazight dans notre pays. Il doit \u00eatre certes critiqu\u00e9 et \u00e9valu\u00e9 en permanence. C\u2019est le droit voire le devoir de ses t\u00e9l\u00e9spectateurs. Mais il est important de le soutenir pour l\u2019aider \u00e0 se d\u00e9velopper. Le secteur a besoin d\u2019investissements publics et priv\u00e9s pour pouvoir \u00e9voluer. Le secteur priv\u00e9 est appel\u00e9 \u00e0 s\u2019y investir massivement. Reste bien s\u00fbr \u00e0 lui offrir, au secteur priv\u00e9 j\u2019entends, un cadre ad\u00e9quat aussi bien sur le plan juridique qu\u2019institutionnel. Sur ce plan la responsabilit\u00e9 des pouvoirs publics est totale.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Propos recueillis par\u00a0:\u00a0<strong>Moha Moukhlis<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentez-vous bri\u00e8vement \u00e0 nos lecteurs. Je suis originaire d\u2019Er-Rachidia, natif plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019un petit village situ\u00e9 \u00e0 17 km de la ville de Goulmima et qui porte le nom de Tadighoust. Une oasis o\u00f9 j\u2019ai effectu\u00e9 mes \u00e9tudes primaires. J\u2019ai poursuivi une partie de mes \u00e9tudes, secondaires et universitaires, entre les villes de Goulmima, Rabat &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3066,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[4,10],"tags":[],"class_list":["post-3065","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-interviews","category-maroc"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/MAMMAD.jpg?fit=830%2C552&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-Nr","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3065"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3067,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065\/revisions\/3067"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3066"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}