{"id":3367,"date":"2021-01-30T21:07:47","date_gmt":"2021-01-30T21:07:47","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3367"},"modified":"2021-01-30T21:09:13","modified_gmt":"2021-01-30T21:09:13","slug":"lhistoire-du-traite-de-1721-entre-le-maroc-et-la-grande-bretagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lhistoire-du-traite-de-1721-entre-le-maroc-et-la-grande-bretagne\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire du Trait\u00e9 de 1721 entre le Maroc et la Grande Bretagne"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2891\" aria-describedby=\"caption-attachment-2891\" style=\"width: 333px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2891\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/chtatou.jpg?resize=333%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"333\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/chtatou.jpg?resize=333%2C250&amp;ssl=1 333w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/chtatou.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/chtatou.jpg?w=668&amp;ssl=1 668w\" sizes=\"auto, (max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2891\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #0000ff;\">Par: Dr Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L&rsquo;importance g\u00e9opolitique de Gibraltar<\/strong><\/p>\n<p>Les conditions et les r\u00e9ponses locales \u00e0 l&rsquo;expansion europ\u00e9enne ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;\u00e9mergence interactive de la domination europ\u00e9enne. Toutefois, le manque comparatif de sources a eu tendance \u00e0 occulter ce qu&rsquo;elles \u00e9taient. Au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, le Maroc r\u00e9pondait \u00e0 la croissance de la puissance anglaise en M\u00e9diterran\u00e9e ; Ali b. Abd Allah al-\u1e24amami, l&rsquo;un des plus puissants ministres du sultan Moulay Ismail, a tent\u00e9 de coop\u00e9rer avec les Anglais afin de g\u00e9rer leur influence et de consolider sa propre position politique. Cela leur a offert un moyen potentiel de surmonter les obstacles qui, par rapport aux r\u00e9gences nord-africaines, rendaient le Maroc r\u00e9sistant \u00e0 l&rsquo;influence politique et \u00e9conomique europ\u00e9enne. Ces efforts ont toutefois \u00e9t\u00e9 contrecarr\u00e9s par une combinaison de facteurs. La cr\u00e9dibilit\u00e9 politique d&rsquo;al-\u1e24amami \u00e9tant menac\u00e9e, le d\u00e9veloppement de la coop\u00e9ration entre les Anglais et une partie de l&rsquo;\u00e9lite marocaine a \u00e9t\u00e9 sap\u00e9e, laissant inchang\u00e9e la dynamique fondamentale des relations anglo-marocaines.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3373 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/mar-bre.jpg?resize=618%2C350&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/mar-bre.jpg?w=665&amp;ssl=1 665w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/mar-bre.jpg?resize=441%2C250&amp;ssl=1 441w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Sous le r\u00e8gne de la reine Anne (1702-1714), la Grande-Bretagne a ajout\u00e9 le rocher de Gibraltar \u00e0 ses possessions en ao\u00fbt 1704. Ce fut le signe d&rsquo;une nouvelle orientation de la politique britannique fond\u00e9e sur des relations \u00e9troites avec le Maroc &#8211; une politique qui devait durer deux cents ans jusqu&rsquo;en 1904. Dans les ann\u00e9es suivantes, le Maroc deviendra important en tant qu&rsquo;avant-poste sur la route du roi vers l&rsquo;Inde. R. Thomassy, un \u00e9crivain fran\u00e7ais, a soulign\u00e9 dans ce sens que\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L&rsquo;entretien de la flotte et de la garnison n\u00e9cessitait le maintien de relations amicales avec Tanger et T\u00e9touan, les seuls endroits o\u00f9 les h\u00f4pitaux anglais pouvaient obtenir de la nourriture pour les malades, qui sans cette aide seraient morts de faim. Ainsi, une alliance avec les c\u00f4tes du Maroc devenait indispensable pour nourrir Gibraltar&#8230;. D&rsquo;autre part, les Maures avaient besoin de l&rsquo;Angleterre qui, en \u00e9change de provisions, leur fournissait des munitions de guerre&#8230;\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>John Windus \u00e9tait un ambassadeur britannique au Maroc qui a \u00e9crit un r\u00e9cit populaire et influent de ses voyages dans ce pays en 1725. En 1720, il a accompagn\u00e9 une exp\u00e9dition diplomatique au Maroc avec le commodore Charles Stewart, qui a re\u00e7u un petit escadron naval et l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;un ministre pl\u00e9nipotentiaire. Ils quittent l&rsquo;Angleterre le 24 septembre 1720 et se rendent \u00e0 T\u00e9touan, o\u00f9 ils rencontrent le Basha Hamed Ben Ali Ben Abdallah. Les deux parties se sont entendues sur un <strong>trait\u00e9 de paix<\/strong> qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 \u00e0 M\u00e9kn\u00e8s en janvier 1721, en vertu duquel les Marocains s&rsquo;engageaient \u00e0 interdire la piraterie et \u00e0 lib\u00e9rer les captifs anglais. Ils se sont ensuite rendus \u00e0 Mekn\u00e8s o\u00f9 ils ont rencontr\u00e9 le roi du Maroc, le sultan Moulay Ismail, et ont reconfirm\u00e9 l&rsquo;alliance anglo-marocaine.<\/p>\n<p>Windus a pass\u00e9 quatre mois \u00e0 voyager au Maroc et s&rsquo;est inspir\u00e9 de ses exp\u00e9riences pour \u00e9crire \u201c<em>A Journey to Mequinez, the Residence of the Present Emperor of Fez and Morocco\u201c<\/em>, \u00e0 l&rsquo;occasion de la publication en 1725 de l&rsquo;ouvrage du Commodore Stewart intitul\u00e9\u00a0: \u201c<em>Thither Ambassy for the Redemption of the British Captives in the Year 1721\u201c<\/em>. Ce livre n&rsquo;\u00e9tait que le deuxi\u00e8me publi\u00e9 en anglais sur le sujet du Maroc et \u00e9tait de loin le compte rendu le plus complet de la vie, de la soci\u00e9t\u00e9, de la politique et de l&rsquo;environnement d&rsquo;un pays que peu de chr\u00e9tiens avaient visit\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque. Il a fait l&rsquo;objet de plusieurs \u00e9ditions et a influenc\u00e9 les \u00e9crivains suivants, tout en fournissant un t\u00e9moignage historique inestimable sur le Maroc \u00e0 cette \u00e9poque. Il a \u00e9t\u00e9 traduit en allemand en 1726 et en arabe en 1993.<\/p>\n<p><strong>Les Juifs marocains de Gibraltar<\/strong><\/p>\n<p>Il convient de souligner que les sultans marocains ont \u00e9galement d\u00e9ploy\u00e9 leurs efforts diplomatiques pour promouvoir et prot\u00e9ger la pr\u00e9sence \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger de membres de leur communaut\u00e9 juive, qui ont souvent servi de diplomates, commer\u00e7ants, de traducteurs ou d&rsquo;interm\u00e9diaires pour le compte du Makhzen. Dans le cas du Royaume-Uni, il y a eu l&rsquo;exemple de la question probl\u00e9matique des Juifs marocains r\u00e9sidant et commer\u00e7ant \u00e0 Gibraltar, un territoire strat\u00e9gique contr\u00f4lant le principal acc\u00e8s \u00e0 la mer M\u00e9diterran\u00e9e, tombant sous domination anglaise en 1703.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht de 1713 a scell\u00e9 le transfert de la souverainet\u00e9 de l&rsquo;Espagne sur Gibraltar \u00e0 l&rsquo;Angleterre. Il comprenait un article qui a \u00e9t\u00e9 initialement introduit sur l&rsquo;insistance de l&rsquo;Espagne, interdisant aux Juifs de r\u00e9sider et\/ou de commercer \u00e0 Gibraltar m\u00eame sous la domination britannique.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 stipulait que\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0sa Majest\u00e9 britannique, \u00e0 la demande du roi catholique, ne consent pas et accepte qu&rsquo;aucune permission ne sera donn\u00e9 sous quelque pr\u00e9texte que ce soit, soit \u00e0 des Juifs, soit \u00e0 des Maures pour qu&rsquo;ils r\u00e9sident ou aient leurs habitations dans ladite ville de Gibraltar\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>(\u201cHer Britannic Majesty, at the request of the Catholic King, does not consent and agree that no leave shall be given under any pretext whatsoever, either to Jews or Moors to reside or have their dwellings in the said town of Gibraltar.\u201d)<\/em><\/p>\n<p>Cette discrimination injuste a \u00e9t\u00e9 combattue par le sultan Moulay Ismail qui, en 1725, a nomm\u00e9 l&rsquo;ambassadeur Mohammed Benali Abghali \u00e0 la cour du roi George Ier, en lui confiant la mission sp\u00e9cifique d&rsquo;exiger un traitement \u00e9quitable pour les Juifs marocains qui vivaient et faisaient du commerce \u00e0 Gibraltar. La d\u00e9fense des Juifs marocains par l&rsquo;ambassadeur a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9e par l&rsquo;existence du trait\u00e9 anglo-marocain de paix et de commerce, sign\u00e9 \u00e0 F\u00e8s le 23 janvier 1721.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3368\" aria-describedby=\"caption-attachment-3368\" style=\"width: 446px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3368 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Monnaie-de-Gibraltar.jpg?resize=446%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"446\" height=\"225\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3368\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #0000ff;\">Monnaie de Gibraltar<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les sp\u00e9cifications du trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht concernant la population mauresque r\u00e9sidente n&rsquo;ont cependant suscit\u00e9 que peu de protestations de la part des Britanniques. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec la signature du trait\u00e9 maroco-britannique de 1721 que les Juifs et les Maures seront autoris\u00e9s \u00e0 retourner \u00e0 Gibraltar sans la menace d&rsquo;une d\u00e9portation forc\u00e9e. M\u00eame si le s\u00e9jour est l\u00e9galement autoris\u00e9, les Britanniques semblait d\u00e9tester la population mauresque de la colonie. Les Maures \u00e9taient d\u00e9crits comme \u00e9tant moins qu&rsquo;humains, souvent qualifi\u00e9s de sauvages et de barbares.<\/p>\n<p><strong>Le background politique du trait\u00e9 de 1721<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de Gibraltar, et donc celle de sa communaut\u00e9 juive, est \u00e9troitement li\u00e9e aux fluctuations des relations internationales entre l&rsquo;Angleterre, l&rsquo;Espagne et le Maroc. L&rsquo;occupation anglaise du Rocher date du 24 juillet 1704, date \u00e0 laquelle la garnison est pass\u00e9e des mains des Espagnols \u00e0 celles des Anglais pendant les guerres de succession d&rsquo;Espagne. L&rsquo;Espagne a ripost\u00e9 en coupant l&rsquo;approvisionnement de la forteresse, un stratag\u00e8me particuli\u00e8rement efficace car le rocher n&rsquo;a pas de ressources naturelles ni de potentiel pour l&rsquo;agriculture.<\/p>\n<p>Les Anglais ont rapidement d\u00e9sign\u00e9 Gibraltar comme un port franc afin d&rsquo;assurer un approvisionnement continu en nourriture fra\u00eeche, en eau et en mat\u00e9riaux de construction. Pour repeupler la ville, des colons ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s de toutes les r\u00e9gions de la M\u00e9diterran\u00e9e. Les commer\u00e7ants juifs des villes c\u00f4ti\u00e8res du Maroc ont \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9s par les Anglais \u00e0 s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 Gibraltar. \u00c0 cette \u00e9poque, le commerce \u00e9tait principalement local et centr\u00e9 sur les besoins des militaires anglais et de la petite population civile. Il consistait \u00e0 importer des provisions du Maroc et \u00e0 exporter des produits manufactur\u00e9s britanniques. La majorit\u00e9 des commer\u00e7ants juifs provenaient de la communaut\u00e9 commerciale des villes de la c\u00f4te marocaine, d&rsquo;autres sont venues de Leghorn (Italie), du Portugal et d&rsquo;Espagne. La migration locale a \u00e9t\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment important dans les d\u00e9buts de la communaut\u00e9 juive. En r\u00e9ponse aux nouvelles opportunit\u00e9s offertes par les marchands juifs, un cadre de porteurs, de colporteurs, de colporteurs et d&rsquo;ouvriers marocains s&rsquo;est rapidement \u00e9tabli dans la forteresse.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3369\" aria-describedby=\"caption-attachment-3369\" style=\"width: 402px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3369 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Sultan-Moulay-Ismail-1645-22-mars-1727.jpg?resize=402%2C531&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"402\" height=\"531\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Sultan-Moulay-Ismail-1645-22-mars-1727.jpg?w=402&amp;ssl=1 402w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Sultan-Moulay-Ismail-1645-22-mars-1727.jpg?resize=189%2C250&amp;ssl=1 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 402px) 100vw, 402px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3369\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #0000ff;\">Sultan Moulay Ismail (1645 &#8211; 22 mars 1727)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Cet afflux de Juifs marocains s&rsquo;est produit en d\u00e9pit des efforts espagnols pour forcer l&rsquo;exclusion des Juifs et des Maures de Gibraltar par le biais de l&rsquo;article X du trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht. Les Anglais, pr\u00e9occup\u00e9s par les desseins espagnols sur Gibraltar et la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;appuyer sur les approvisionnements marocains en cas de si\u00e8ge, ne voulaient pas offenser l&#8217;empereur du Maroc. En cons\u00e9quence, l&rsquo;article d&rsquo;exclusion a \u00e9t\u00e9 soigneusement ignor\u00e9. En 1712, 28 magasins juifs payaient un loyer et une taxe de No\u00ebl au gouverneur et Gibraltar s&rsquo;\u00e9tait int\u00e9gr\u00e9 dans une diaspora commerciale s\u00e9farade tr\u00e8s \u00e9tendue dans la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale.<\/p>\n<p>Les hostilit\u00e9s anglo-espagnoles \u00e9clatent \u00e0 nouveau lors du treizi\u00e8me si\u00e8ge de Gibraltar en 1727. Bien que le si\u00e8ge lui-m\u00eame n&rsquo;ait dur\u00e9 que quatre mois, les n\u00e9gociations de paix se sont poursuivies pendant pr\u00e8s d&rsquo;un an. L&rsquo;un des r\u00e9sultats de ce trait\u00e9 fut l&rsquo;instruction du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat anglais, Clayton, de faire respecter le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht par le gouverneur de Gibraltar et d&rsquo;expulser les Juifs et les Maures de la forteresse. Comme l&rsquo;Espagne avait mis en place un blocus terrestre le long de l&rsquo;isthme reliant Gibraltar au continent en 1728 (qui est rest\u00e9 en place pendant les 25 ann\u00e9es suivantes), les biens et les services fournis par les Juifs ont \u00e9t\u00e9 cruciaux pour la survie de la garnison.<\/p>\n<p>Ainsi, dans une tentative d&rsquo;\u00e9quilibrer les demandes espagnoles et les besoins de la forteresse, Gibraltar a promulgu\u00e9 un trait\u00e9 avec le Maroc en 1729, permettant aux Maures et aux Juifs marocains de r\u00e9sider temporairement \u00e0 Gibraltar pendant 30 jours \u00e0 des fins commerciales. La p\u00e9riode de r\u00e9sidence de 30 jours \u00e9tait plus th\u00e9orique que r\u00e9elle et l&rsquo;interdiction du droit de s&rsquo;installer n&rsquo;\u00e9tait pas appliqu\u00e9e. Les Juifs avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 construire des maisons sur le rocher en 1728. En 1749, d&rsquo;ailleurs, le plus grand Le propri\u00e9taire \u00e0 Gibraltar \u00e9tait un Juif, Isaac Aboab.<\/p>\n<p>La vie de la communaut\u00e9 naissante fut cependant courte. Gr\u00e2ce aux efforts du nouveau lieutenant-gouverneur de Gibraltar, le colonel Stanhope Cotton, les relations avec l&rsquo;Espagne se sont normalis\u00e9es. Suite aux demandes persistantes des Espagnols, Cotton fit appliquer l&rsquo;article X du Trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht (1713) et en janvier 1718, les Juifs et les Maures furent expuls\u00e9s du Rocher. En signe de protestation, le Maroc a rompu ses relations avec l&rsquo;Angleterre et Gibraltar. Les relations amicales entre l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Angleterre ne dur\u00e8rent cependant que quelques mois et, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1718, les deux pays \u00e9taient de nouveau en guerre. Gibraltar se retrouva isol\u00e9 des approvisionnements espagnols, d\u00e9pendant des marchandises marocaines, et ayant besoin des services de marchands juifs. La position p\u00e9rilleuse de la garnison a conduit \u00e0 la reprise des n\u00e9gociations entre l&rsquo;Angleterre et le Maroc en 1720 et, avec l&rsquo;\u00e9tablissement de la paix en 1721, les Juifs et les Maures ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9admis au Rocher.<\/p>\n<p><strong>Le contenu du Trait\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En septembre 1720, le capitaine Charles Stewart est envoy\u00e9 avec une petite escadrille contre les corsaires de Barbarie et se rend dans une ambassade \u00e0 Mekn\u00e8s pour \u00e9tablir un nouveau trait\u00e9. Lorsqu&rsquo;il arriva \u00e0 Gibraltar, il d\u00e9couvrit que l&rsquo;agent Ben Attar et d&rsquo;autres marchands juifs \u00e9taient de retour sur le Rock. Il a \u00e9galement a trouv\u00e9 une arm\u00e9e espagnole sous le marquis de Leda, camp\u00e9e autour de la baie. Il \u00e9tait en route pour lever le si\u00e8ge de Ceuta. Pensant que c&rsquo;\u00e9tait une bonne occasion il a \u00e9crit au Basha de T\u00e9touan pour nommer un ambassadeur ; et Cardenash, qui avait \u00e9t\u00e9 dans une ambassade \u00e0 Londres, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Gibraltar. Mais quand Stewart a appris que Ben Atttar \u00e9tait \u00e0 T\u00e9touan et qu&rsquo;il allait agir en tant que n\u00e9gociateur, il a navigu\u00e9 avec son escadron jusqu&rsquo;\u00e0 la baie de T\u00e9touan. Le nouveau trait\u00e9 a \u00e9t\u00e9 convenu par le Basha et des copies sign\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e9chang\u00e9es le 17 janvier 1721. Il ne restait plus \u00e0 Stewart qu&rsquo;\u00e0 se rendre \u00e0 Mekn\u00e8s pour la faire ratifier par l&rsquo;Empereur.<\/p>\n<p>Dans son livre \u00ab\u00a0<em>A history of the Jews in North Africa: From the Ottoman conquests to the present time<\/em>\u00a0\u00bb (Brill, 1981), Haim Zeev Hirschberg \u00e9crit que Mo\u00efse ben Shem Tob Ben Attar est n\u00e9 \u00e0 Sal\u00e9 dans une famille \u00ab\u00a0<em>r\u00e9put\u00e9e pour son savoir rabbinique et son sens des affaires<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Cavendish, le pr\u00e9c\u00e9dent ambassadeur britannique, avait offert aux Marocains 12 000 barils de poudre \u00e0 canon, 12 000 pi\u00e8ces d&rsquo;artillerie et 100 pi\u00e8ces de tissu pour la lib\u00e9ration de 175 captifs britanniques, et 8 500 dollars suppl\u00e9mentaires \u00e0 Ben Attar pour avoir nourri et soign\u00e9 les capitaines de navire, tout cela s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 quelque 40 000 \u00a3 en tout, mais le nombre de captifs est pass\u00e9 depuis \u00e0 290 et Stewart a d\u00fb augmenter la ran\u00e7on d&rsquo;un quart. N\u2019ayant pas en sa possession les 50 000 \u00a3 n\u00e9cessaires, Stewart a d\u00fb se rendre \u00e0 Lisbonne pour obtenir l&rsquo;argent avant la r\u00e9alisation de la transaction. Il a laiss\u00e9 Ben Attar et Cardenash \u00e0 Gibraltar jusqu\u2019\u00e0 son retour.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 original sign\u00e9 est en espagnol et est class\u00e9 parmi les papiers de Gibraltar aux Archives nationales et non comme Documents de l&rsquo;\u00c9tat marocain. Le trait\u00e9 comporte quatorze articles qui \u00e9tablissent la paix entre les deux pays. L&rsquo;article 7 donne aux commer\u00e7ants britanniques le droit de s&rsquo;installer et de faire du commerce dans tout le Maroc et se termine par les mots\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0et que les sujets de l&rsquo;Empereur de F\u00e8s et du Maroc, qu&rsquo;ils soient Maures ou Juifs, r\u00e9sidant dans les dominions du roi de Grande-Bretagne, jouiront pleinement des m\u00eames privil\u00e8ges que ceux qui sont accord\u00e9s aux Anglais r\u00e9sidant en Barbarie\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;article 9 pr\u00e9voyait des droits de capitulation pour tous les litiges entre les sujets au Maroc devant \u00eatre jug\u00e9s par le consul britannique, et de m\u00eame les sujets marocains en possession britannique verraient leurs litiges domestiques jug\u00e9s par l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. \u00ab\u00a0<em>Un Maure pour les Maures et un Juif pour les Juifs<\/em>\u00ab\u00a0. La position de Gibraltar est clarifi\u00e9e dans l&rsquo;article 13 :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Et comme il a plu \u00e0 Dieu tout-puissant que, par les armes de Sa Majest\u00e9, l&rsquo;\u00eele de Minorque et la ville de Gibraltar soient d\u00e9sormais les possessions de Sa Majest\u00e9 et fassent partie des dominions de Sa Majest\u00e9 britannique, il est donc convenu que toute personne naviguant sur des bateaux ou des navires, qu&rsquo;elle soit espagnole, anglaise ou autre, p\u00eachant dans des bateaux ou des navires, y vivant ou y r\u00e9sidant, sera consid\u00e9r\u00e9e comme son sujet naturel, sur pr\u00e9sentation des laissez-passer appropri\u00e9s des gouverneurs ou du commandant en chef de ces lieux\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Ce trait\u00e9 \u00e9tait en contradiction avec l&rsquo;engagement pris par la Grande-Bretagne dans le cadre du trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht, mais le principal objectif de Stewart \u00e9tait d&rsquo;assurer l&rsquo;approvisionnement en provenance du Maroc. Au moment o\u00f9 le gouvernement britannique a pris conscience de la contradiction le trait\u00e9 avec le Maroc avait \u00e9t\u00e9 sign\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3370\" aria-describedby=\"caption-attachment-3370\" style=\"width: 363px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3370 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Reine-Anne-6-fevrier-1665-%E2%80%93-1-aout-1714.jpg?resize=363%2C486&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"363\" height=\"486\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Reine-Anne-6-fevrier-1665-%E2%80%93-1-aout-1714.jpg?w=363&amp;ssl=1 363w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Reine-Anne-6-fevrier-1665-%E2%80%93-1-aout-1714.jpg?resize=187%2C250&amp;ssl=1 187w\" sizes=\"auto, (max-width: 363px) 100vw, 363px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3370\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #0000ff;\">Reine Anne (6 f\u00e9vrier 1665 \u2013 1 ao\u00fbt 1714)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le gouvernement britannique devait concilier ses engagements contradictoires, lorsque John Russel a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au Maroc en 1728 pour n\u00e9gocier un nouveau trait\u00e9, il a re\u00e7u l&rsquo;ordre de modifier les dispositions pr\u00e9c\u00e9dentes concernant les Juifs et les Musulmans et le premier article du trait\u00e9 sign\u00e9 en 1729 se lit comme suit:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0<em>Que tous les Maures et les Juifs soumis \u00e0 l&rsquo;Empereur du Maroc, seront autoris\u00e9s \u00e0 circuler librement pour acheter ou vendre pendant trente jours, dans la ville de Gibraltar ou l&rsquo;\u00eele de Minorque, mais ne pourront r\u00e9sider dans aucun de ces lieux, \u00e0 partir avec leurs effets sans laisser ni entraver aucune partie des dominions dudit Empereur<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Cette clause a \u00e9t\u00e9 reprise dans tous les trait\u00e9s ult\u00e9rieurs avec le Maroc jusqu&rsquo;\u00e0 1763, apr\u00e8s quoi elle n&rsquo;a plus eu d&rsquo;effet puisque la majorit\u00e9 des Juifs de Gibraltar \u00e9taient n\u00e9s sur le Rocher et que, selon le droit commun anglais, ils avaient le droit de s\u00e9jour complet (droit du sol).<\/p>\n<p><strong>Les implications du Trait\u00e9 en question<\/strong><\/p>\n<p>En 1721, un trait\u00e9 (le premier vrai trait\u00e9, d\u2019apr\u00e8s des chercheurs et des officiels anglais) a \u00e9t\u00e9 officiellement r\u00e9dig\u00e9 entre le Maroc et le gouvernement britannique, permettant aux Juifs et aux Maures de vivre et de faire des affaires \u00e0 Gibraltar. Au cours des n\u00e9gociations du trait\u00e9, le gouvernement marocain, et le repr\u00e9sentant du sultan Moulay Ismail, Moses Ben Attar, se sont donn\u00e9s beaucoup de mal pour prot\u00e9ger les droits des Maures et des Juifs r\u00e9sidant \u00e0 Gibraltar. Plus r\u00e9v\u00e9lateur encore des \u00e9v\u00e9nements entourant la signature du trait\u00e9 est le r\u00f4le interm\u00e9diaire important de Ben Attar, un diplomate juif qui facilitait les discussions entre la population chr\u00e9tienne et musulmane, lui a valu le respect des deux pays.<\/p>\n<p>Cette confiance l&rsquo;a conduit \u00e0 jouer un r\u00f4le permanent dans les affaires diplomatiques impliquant de futurs diff\u00e9rends entre la Grande-Bretagne et le Maroc. Le sultan et son m\u00e9diateur avaient tout \u00e0 gagner financi\u00e8rement en menant des affaires et en ouvrant le commerce avec Gibraltar. Les deux hommes ont soigneusement r\u00e9dig\u00e9 le nouveau trait\u00e9 exigeant l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits des Maures et des Juifs. Les hommes ont r\u00e9dig\u00e9 un trait\u00e9 qui sp\u00e9cifie clairement la protection l\u00e9gale des deux groupes ethniques. C&rsquo;est notamment le cas de l&rsquo;article 9 du trait\u00e9, qui stipule que seul un Maure peut juger un Maure dans une cour de justice et qu&rsquo;il en va de m\u00eame pour les Juifs. Le trait\u00e9 aborde \u00e9galement le droit \u00e0 la citoyennet\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Que ce soit les Espagnols, les Anglais ou autres qui y vivent ou y r\u00e9sident, ils seront consid\u00e9r\u00e9s comme ses sujets naturels.\u00a0\u00bb\u00a0 <\/em><\/p>\n<p>Les Marocains cherchaient \u00e0 s&rsquo;assurer que leurs moyens de subsistance et ceux des Juifs ne seraient pas marginalis\u00e9s par la politique britannique.<\/p>\n<p>La signature du trait\u00e9 de 1721 reconna\u00eet officiellement le droit de la population juive \u00e0 r\u00e9sider l\u00e9galement \u00e0 Gibraltar, abolissant de fait les stipulations du trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht. La r\u00e9daction du trait\u00e9 en 1721 refl\u00e9tait la d\u00e9pendance de Gibraltar vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Afrique du Nord pour les biens mat\u00e9riels. En plus des \u00e9changes quotidiens tels que les v\u00eatements et la nourriture, le gouvernement britannique avait \u00e9galement besoin de bois, de briques et d&rsquo;autres provisions pour fortifier la garnison contre toute attaque espagnole future. Reconnaissant ce besoin le gouvernement anglais a accept\u00e9 les termes du trait\u00e9 en se rangeant du c\u00f4t\u00e9 du gouvernement marocain. En acceptant le trait\u00e9 marocain, le gouvernement anglais a accept\u00e9, aussi, qu&rsquo;il \u00e9tait l\u00e9gal pour les immigrants juifs et marocains de r\u00e9sider \u00e0 Gibraltar, garantissant ainsi leur pr\u00e9sence continue dans la colonie britannique.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3371 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/300.jpg?resize=618%2C346&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/300.jpg?w=665&amp;ssl=1 665w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/300.jpg?resize=447%2C250&amp;ssl=1 447w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>\u00c0 partir de ce moment, la pr\u00e9sence juive \u00e0 Gibraltar est devenue florissante. Les Juifs ont obtenu des droits fonciers pour construire des maisons et des synagogues. Les terres accord\u00e9es aux Juifs \u00e9taient principalement des terrains vagues dont les Anglais ne voulaient pas. C&rsquo;est sur ces terrains vagues que les premi\u00e8res synagogues ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9es.<\/p>\n<p>Alors que les opportunit\u00e9s se multipliaient et que la population juive augmentait en raison de l&rsquo;\u00e9volution des perceptions parmi les Gibraltariens britanniques, la perception des Juifs en Grande-Bretagne restait inchang\u00e9e. Les visiteurs anglais, constern\u00e9s par le nombre \u00e9lev\u00e9 de Juifs, ont activement tent\u00e9 de persuader le gouvernement britannique de maintenir le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht. Leur intol\u00e9rance contraste avec la compr\u00e9hension et l&rsquo;acceptation des colons britanniques \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la population juive de Gibraltar et constitue un exemple de leur intol\u00e9rance.<\/p>\n<p>Les Gibraltariens britanniques, par contre, comprenaient que le grand pourcentage d&rsquo;\u00e9trangers \u00e9tait le r\u00e9sultat de l&rsquo;absence d&rsquo;une immigration substantielle d&rsquo;hommes britanniques en provenance de Grande-Bretagne. Le manque d&rsquo;immigration en provenance de Grande-Bretagne, associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 de la Grande-Bretagne \u00e0 fournir \u00e0 la colonie l&rsquo;approvisionnement et le commerce essentiels ont assur\u00e9 l&rsquo;existence continue d&rsquo;une population \u00e9trang\u00e8re dans la colonie. Cela a conduit \u00e0 leur d\u00e9pendance sur les \u00e9trangers tels que les Juifs et les Maures, dont la pr\u00e9sence s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e vitale pour maintenir la stabilit\u00e9 socio-\u00e9conomique de Gibraltar.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Le Maroc et la Grande-Bretagne entretiennent des liens politiques et commerciaux de longue date. Les relations diplomatiques remontent au moins \u00e0 1213 apr\u00e8s J.-C., lorsque le roi Jean d&rsquo;Angleterre a d\u00e9p\u00each\u00e9 des \u00e9missaires pour obtenir le soutien de Mohammed an-Nasir, le quatri\u00e8me souverain almohade du Maroc.<\/p>\n<p>En 1661, le roi du Portugal a donn\u00e9 Tanger au roi Charles II d&rsquo;Angleterre comme partie d&rsquo;une dot de mariage. Une garnison anglaise y est maintenue pendant vingt ans, mais les forces marocaines de Moulay Ismail ont rendu la vie si difficile \u00e0 la garnison que les Anglais d\u00e9cid\u00e8rent d&rsquo;abandonner Tanger en 1684. Les relations furent r\u00e9tablies sur des bases plus saines au XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Moulay Ismail voulait l&rsquo;aide des Anglais contre les Espagnols, et les Anglais avaient besoin de l&rsquo;aide du Maroc pour approvisionner la garnison de leur nouvelle colonie de Gibraltar. Un trait\u00e9 de paix et de commerce fut sign\u00e9 \u00e0 F\u00e8s en 1721 et des \u00e9changes de lettres eurent lieu entre les sultans marocains et les rois George II et III de Grande-Bretagne.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;il y ait eu des tensions dans les relations &#8211; notamment le contr\u00f4le britannique de Tanger entre 1661 et 1684 et des attaques de corsaires marocains sur les navires britanniques &#8211; au XVIIIe si\u00e8cle les liens politiques et \u00e9conomiques sont devenus interd\u00e9pendants et les deux pays ont sign\u00e9 deux trait\u00e9s de \u00ab\u00a0paix et de commerce\u00a0\u00bb en 1721 et de nouveau en 1760. Au si\u00e8cle suivant.<\/p>\n<p>Ainsi, la Grande-Bretagne \u00e9tait devenue le plus important partenaire commercial et politique du Maroc partenaire. Le fait que le Maroc ait pu \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre colonis\u00e9 tout au long du XIXe si\u00e8cle, alors que la majeure partie du continent africain tombait sous contr\u00f4le europ\u00e9en, c\u2019\u00e9tait, ind\u00e9niablement, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;engagement de la Grande-Bretagne au maintien de l&rsquo;ind\u00e9pendance du Royaume, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme le meilleur des moyens de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats britanniques dans le Gibraltar voisin.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3372 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/carte.jpg?resize=618%2C660&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"660\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/carte.jpg?w=665&amp;ssl=1 665w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/carte.jpg?resize=234%2C250&amp;ssl=1 234w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;importance g\u00e9opolitique de Gibraltar Les conditions et les r\u00e9ponses locales \u00e0 l&rsquo;expansion europ\u00e9enne ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;\u00e9mergence interactive de la domination europ\u00e9enne. Toutefois, le manque comparatif de sources a eu tendance \u00e0 occulter ce qu&rsquo;elles \u00e9taient. Au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, le Maroc r\u00e9pondait \u00e0 la croissance de la puissance anglaise en &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2891,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[10,13],"tags":[],"class_list":["post-3367","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-maroc","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/chtatou.jpg?fit=668%2C501&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-Sj","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3367","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3367"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3367\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3374,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3367\/revisions\/3374"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3367"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3367"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3367"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}