{"id":3483,"date":"2021-03-08T17:01:29","date_gmt":"2021-03-08T17:01:29","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3483"},"modified":"2021-03-08T17:01:29","modified_gmt":"2021-03-08T17:01:29","slug":"des-femmes-amazighes-dans-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/des-femmes-amazighes-dans-lhistoire\/","title":{"rendered":"DES FEMMES AMAZIGHES DANS L\u2019HISTOIRE"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1237\" aria-describedby=\"caption-attachment-1237\" style=\"width: 305px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1237 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rachid-RAHA.jpg?resize=305%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"305\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rachid-RAHA.jpg?resize=305%2C250&amp;ssl=1 305w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rachid-RAHA.jpg?w=340&amp;ssl=1 340w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1237\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Par: Rachid RAHA*<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Si selon le grand anthropologue fran\u00e7ais Gabriel Camps, les Amazighs sont aux marges de l\u2019Histoire, on pourrait affirmer sans complexe que les femmes amazighes, elles, sont encore aux marges des marges de l\u2019histoire universelle et plus particuli\u00e8rement de l\u2019histoire nord-africaine, malgr\u00e9 le fait qu\u2019elles aient jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9servation de la langue amazighe, de la culture, des valeurs, des l\u00e9gendes, des contes, \u2026 et des histoires orales de la civilisation et identit\u00e9 mill\u00e9naires des Amazighs.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le historique des femmes est encore un des sujets tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9s, presque absent dans les recherches universitaires et tr\u00e8s peu d\u00e9battu publiquement aux pays d\u2019Afrique du Nord.<\/p>\n<p>Ainsi, son r\u00f4le dans l\u2019Histoire est presque totalement ignor\u00e9 des manuels p\u00e9dagogiques et des livres scolaires. Et pourtant, les femmes amazighes continuent \u00e0 avoir le m\u00e9rite de v\u00e9hiculer, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, le patrimoine culturel amazigh, d\u00e9passant \u00ables trois mille ans d\u2019histoire des Tunisiennes\u00bb d\u2019Emma Ben Miled et les \u00ab33 si\u00e8cles d\u2019histoire\u00bb que le doyen Mohamed Chafik avait r\u00e9sum\u00e9 dans une de ses publications, allant au-del\u00e0 des dix mille ans, au moment de la constitution de l\u2019importante civilisation amazighe au Grand Sahara, selon les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques et les derniers r\u00e9sultats de l\u2019anthropologie g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>Les femmes amazighes, gardiennes d&rsquo;un patrimoine civilisationnel inestimable, ont d\u00e9fi\u00e9 les si\u00e8cles et les \u00e9poques en r\u00e9ussissant \u00e0 pr\u00e9server et \u00e0 transmettre \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations ce legs jusqu\u2019\u00e0 notre troisi\u00e8me mill\u00e9naire. En atteste la permanence de la langue amazighe de l\u2019\u00e9poque n\u00e9olithique jusqu\u2019\u00e0 nos jours, alors que les langues des grandes civilisations du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en ont disparu presque \u00e0 jamais, comme le punique des ph\u00e9niciens, le latin des romains ou l\u2019\u00e9gyptien des pharaons.<\/p>\n<p>Une des valeurs caract\u00e9ristiques ind\u00e9niables de la soci\u00e9t\u00e9 amazighe c\u2019est son \u00abhospitalit\u00e9\u00bb et sa \u00abg\u00e9n\u00e9rosit\u00e9\u00bb, et celles-l\u00e0 ne pourraient subsister qu\u2019\u00e0 cause de ses femmes. C\u2019est ainsi que les femmes amazighes ont toujours veill\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense des enfants, \u00e0 la coh\u00e9sion familiale et \u00e0 la solidarit\u00e9 sociale de la tribu, \u00e0 tel point qu\u2019elles c\u00e9daient leurs parts d\u2019h\u00e9ritage des terrains cultivables \u00e0 leurs fr\u00e8res, dans le but de maintenir la coh\u00e9sion tribale, et malgr\u00e9 le fait que le droit coutumier stipulait le partage \u00e0 part \u00e9gale avec les hommes.<\/p>\n<p>M\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 nord-africaine, avec ses diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, est devenue fondamentalement patriarcale, \u00e0 partir de l\u2019apparition des religions monoth\u00e9istes, et surtout depuis la conversion presque compl\u00e8te de la majorit\u00e9 \u00e9crasante des Amazighs \u00e0 la religion islamique au XI\u00e8me si\u00e8cle, la femme continuait \u00e0 jouer un r\u00f4le essentielle dans la dynamique soci\u00e9tale et continuait \u00e0 occuper l\u2019espace public, \u00e0 avoir de la notori\u00e9t\u00e9 et de l\u2019influence dont certaines ont ind\u00e9niablement marqu\u00e9 de leurs mains certaines pages de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Effectivement, malgr\u00e9 l\u2019ordre patriarcal, qui a pris compl\u00e8tement le dessus sur la \u00abmatrilin\u00e9arit\u00e9\u00bb originelle, partout, et \u00e0 l\u2019exception de l\u2019espace touar\u00e8gue, la femme amazighe, a eu des pouvoirs d\u00e9cisifs sur les hommes, des r\u00f4les d\u2019arbitrage et des fonctions de leadership. Selon la grande anthropologue fran\u00e7aise Camille Lacoste-Dujardin, dans son extraordinaire \u00e9tude \u00abDes m\u00e8res contre les femmes\u00bb, o\u00f9 la femme amazighe devient une des d\u00e9fendeurs acharn\u00e9s de l\u2019ordre patriarcal, elle a su comment faire passer ses pr\u00e9rogatives et jouer le jeu des pouvoirs, non pas seulement \u00e0 travers leurs maris, sinon surtout \u00e0 travers leur prog\u00e9niture, \u00e0 travers leurs nombreux fils, en influant sur les d\u00e9cisions de l\u2019assembl\u00e9e tribale \u00abagraw\u00bb ou \u00abtajma\u00e2t\u00bb, et ce r\u00f4le devenant plus accentu\u00e9 lorsqu\u2019elle devenait veuve. C\u2019est dans ce sens qu\u2019on pourrait comprendre cet ancien proverbe surgit \u00e0 l\u2019\u00e9poque des Almoravides: \u00abderri\u00e8re un grand homme, il y a une grande femme\u00bb.<\/p>\n<p>Comme le souligne H\u00e9l\u00e8ne Claudot-Hawad, dans son livre \u00abLes Touaregs, portrait en fragments\u00bb (Edisud 1993): \u2018Sur le plan politique, as\u00e9gewur d\u00e9signe les assises ou le conseil, tenus dans l\u2019enceinte de la \u00abtente\u00bb, o\u00f9 s\u2019\u00e9laborent les d\u00e9cisions et les strat\u00e9gies de la famille, du cercle le plus \u00e9troit au plus large. Dans l\u2019as\u00e9gewur, qui r\u00e9unit hommes et femmes d\u2019une m\u00eame lign\u00e9e, la voix f\u00e9minine p\u00e8se autant et m\u00eame davantage que celle des hommes. Une d\u00e9cision ne peut \u00eatre arr\u00eat\u00e9e que si les femmes sont d\u2019accord\u2019. Elle ajoute: \u2018Pour toute d\u00e9cision grave engageant la soci\u00e9t\u00e9, comme par exemple une alliance strat\u00e9gique, une d\u00e9claration de guerre, une proposition de paix, la premi\u00e8re condition \u00e0 obtenir est l\u2019assentiment des femmes. La consultation commencera par elles. Si les femmes sont d\u2019accord, les hommes se prononcent, puis les alli\u00e9s et les tributaires, jusqu\u2019\u00e0 la convocation de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale\u2019.<\/p>\n<p>Des femmes extraordinaires qui ont jou\u00e9, de pr\u00e8s ou de loin, des r\u00f4les dans la m\u00e9moire collective, se chargeant de la logistique, des m\u00e9tiers de l\u2019infirmerie, de la communication, de l\u2019approvisionnement des armes, de l\u2019encouragements des troupes, ou simplement en les animant par des chants, par des po\u00e8mes et des danses\u2026 Des femmes qui ont eu des interconnexions avec des rois et des chefs de tribus \u00e0 des \u00e9poques d\u00e9termin\u00e9es, d\u00e9tenant des pouvoirs et participant parfois aux grandes batailles. Des femmes qui ont marqu\u00e9 les aspects sociaux, \u00e9conomiques, politiques, culturels et religieux de certaines \u00e9poques historiques de notre continent de Tamazgha, d\u00e9limit\u00e9 par quatre mers, la M\u00e9diterran\u00e9e au nord, l\u2019Atlantique \u00e0 l\u2019ouest, la mer rouge \u00e0 l\u2019est, et la grande mer des dunes de sable du Grand Sahara au sud.<\/p>\n<p>A travers ce modeste texte, nous allons essayer de faire ressortir le r\u00f4le historique de certaines de ces femmes l\u00e9gendaires, ignor\u00e9es volontairement et injustement par l\u2019histoire officielle de tous les pays d\u2019Afrique du Nord.<\/p>\n<p><strong>FEMMES DE LA PREHISTOIRE :<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, lors les \u00e9poques les plus recul\u00e9s de la pr\u00e9histoire, l\u2019homme \u00e0 l\u2019\u00e2ge de pierre commen\u00e7ait \u00e0 croire aux divinit\u00e9s f\u00e9minines comme le refl\u00e8tent la d\u00e9couverte de nombreuses figurines anthropomorphes de sexe f\u00e9minin qu\u2019on d\u00e9nomme les \u00abv\u00e9nus\u00bb et cela dans divers endroits, et plus particuli\u00e8rement en Europe. Et l\u2019une de ces v\u00e9nus les plus anciennes fabriqu\u00e9es par l\u2019homme est incontestablement constitu\u00e9e par <strong>la figurine de Tan Tan<\/strong>, \u00e0 laquelle les arch\u00e9ologues donnent une datation d\u2019entre 300 000 et 500 000 ans !<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3486 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/femme-amazigh1.jpg?resize=615%2C527&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"615\" height=\"527\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/femme-amazigh1.jpg?w=615&amp;ssl=1 615w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/femme-amazigh1.jpg?resize=292%2C250&amp;ssl=1 292w\" sizes=\"auto, (max-width: 615px) 100vw, 615px\" \/><\/p>\n<p>Des d\u00e9esses figurent aussi dans l\u2019extraordinaire art rupestre du Grand Sahara, et nous aimerions nous arr\u00eater \u00e0 celle trouv\u00e9e dans l\u2019Ahaggar, \u00e0 N\u2019Arouanrhat, pr\u00e8s de Jebbaren au c\u0153ur de Tassili N\u2019Ajjer, donnant de la pluie et de la vie, et que les arch\u00e9ologues lui ont accol\u00e9 le nom de \u00ab<strong>Ga\u00efa<\/strong>\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9esse Terre dans la mythologie grecque, et qui refl\u00e8tent l\u2019attachement visc\u00e9ral des Amazighs \u00e0 la terre nourrici\u00e8re. Des noms f\u00e9minins aux d\u00e9esses, qui sont comme les femmes, \u00e0 l\u2019origine de la f\u00e9condit\u00e9 et de la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3487 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA-2.png?resize=407%2C527&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"407\" height=\"527\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA-2.png?w=407&amp;ssl=1 407w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA-2.png?resize=193%2C250&amp;ssl=1 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 407px) 100vw, 407px\" \/><\/p>\n<p>Ainsi, dans la religion pa\u00efenne des Amazighs, les premi\u00e8res divinit\u00e9s \u00e9taient tous f\u00e9minines.<\/p>\n<p>Ce qui expliquerait ses origines matrilin\u00e9aires, et ce qui donnerait le nom \u00e0 la d\u00e9esse de tout l\u2019univers: \u00ab<strong>Yemma n dunnit<\/strong>\u00bb, m\u00e8re du monde, et qui est \u00e0 l\u2019origine de tout objet, anim\u00e9 ou non, et de tout ph\u00e9nom\u00e8ne sur terre et dans l\u2019univers. Dans certaines contes et l\u00e9gendes tr\u00e8s anciennes, on raconte que la dite D\u00e9esse, en commettant une grave faute, s\u2019est transform\u00e9e en sorci\u00e8re qu\u2019on appelle \u00abSettut\u00bb en Kabylie!.<\/p>\n<p>En effet, les Amazighs pr\u00eatent souvent aux femmes des pouvoirs occultes et surnaturels, avec des vertus de magie ou de gu\u00e9rison!.<\/p>\n<p>Par rapport aux origines de l\u2019humanit\u00e9, on tombe souvent sur une lecture misogyne, minimisant \u00e0 fond le r\u00f4le de la femme dans l\u2019\u00e9volution humaine, \u00e0 tel point qu\u2019elle n\u2019est jamais repr\u00e9sent\u00e9e dans les dessins ! Par exemple, la derni\u00e8re d\u00e9couverte comme quoi l\u2019homo sapiens serait originaire de \u00abL\u2019Homme d\u2019Adrar Ighud\u00bb vers 315 000 ans (d\u00e9passant celui d\u2019Omo Kibish \u00e9thiopien dat\u00e9 autour de 195.000 ans), on parle de cr\u00e2ne d\u2019adultes (5 individus ont \u00e9t\u00e9 mis au jour, 3 adultes, un adolescent et un enfant\u00bb) en nous laissant sous-entendre qu\u2019ils sont tous de sexe masculin, comme s\u2019ils n\u2019avaient pas de m\u00e8re!.<\/p>\n<p>Mais heureusement les anthropologues g\u00e9n\u00e9ticiens parient sur la lign\u00e9e matrilin\u00e9aire (en se basant parfois sur l\u2019ADN mitochondrial qui n\u2019est transmis que par les ovules des femmes) et font remonter l\u2019origine de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 une seule \u00abEve africaine\u00bb. Qu\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019homo erectus, la plus ancienne d\u00e9couverte pour le moment se trouve au site alg\u00e9rien d\u2019Ain Bouch\u00e9rit, pr\u00e8s de S\u00e9tif, ayant une datation de 2,4 millions d\u2019ann\u00e9es, d\u00e9tr\u00f4nant \u00abLucy\u00bb d\u2019Ethiopie, ou qu\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019homo sapiens, tous les africains, asiatiques, europ\u00e9ens, am\u00e9ricains et australiens descendent tous d\u2019une m\u00eame m\u00e8re: une Eve Amazighe, <strong>l\u2019Eve d\u2019Adrar Ighud<\/strong>!<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3488 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA3.jpg?resize=452%2C284&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"452\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA3.jpg?w=452&amp;ssl=1 452w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA3.jpg?resize=398%2C250&amp;ssl=1 398w\" sizes=\"auto, (max-width: 452px) 100vw, 452px\" \/><\/p>\n<p><strong>FEMMES DE l\u2019ANTIQUITE ET A L\u2019EPOQUE ROMAINE:<\/strong><\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, l\u2019une des premi\u00e8res tentatives de disserter sur la femme amazighe dans l\u2019Histoire revient, sans aucun doute, \u00e0 notre grand et admir\u00e9 anthropologue fran\u00e7ais Gabriel Camps, \u00e0 travers son formidable livre \u00abL\u2019Afrique du Nord au f\u00e9minin\u00bb (Paris 1992) o\u00f9 il donnait des r\u00e9cits de l\u2019histoire si riche et si complexe de Tamazgha. Feu Gabriel Camps disait: \u00abCertains s\u2019\u00e9tonneront, peut-\u00eatre, de la place importante que j\u2019ai donn\u00e9e, dans ces r\u00e9cits aux croyances et au sentiment religieux, mais ce serait oublier, que le maghr\u00e9bin, comme la maghr\u00e9bine, est un \u00eatre de foi profonde. En ces pays, plus qu\u2019ailleurs, les empires furent constitu\u00e9s au nom du Dieu tout-puissant\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi ces femmes, nous signalons:<\/p>\n<p><strong>EUNOE ET SOPHONISBA<\/strong><\/p>\n<p>Gabriel Camps distingue \u00e0 l\u2019\u00e9poque romaine certaines femmes comme la reine Euno\u00e9 et la reine Sophonisba. La premi\u00e8re \u00e9tait l\u2019\u00e9pouse du roi maure Bogud et maitresse de Jules C\u00e9sar, qui est tomb\u00e9 profond\u00e9ment amoureux d\u2019elle (45 avant J-C.). La reine Euno\u00e9 se distinguait par ses connaissances en sciences. Quant \u00e0 la belle reine Sophonisba, \u00e0 propos de laquelle il y a plus d\u2019\u00e9crits, elle \u00e9tait la fille du g\u00e9n\u00e9ral carthaginois Asdrubal. Elle \u00e9tait promise, et peut \u00eatre mari\u00e9e au prince numide Massinissa, mais les carthaginois ont chang\u00e9 d\u2019avis, et la jeune Sophonisba f\u00fbt offerte comme \u00e9pouse au roi numide Syphax. Lorsque ce dernier, avec les Carthaginois, furent vaincus par les Romains, elle f\u00fbt prise comme \u00e9pouse par le roi Massinissa, qui \u00e9tait un alli\u00e9 des Romains. Mais la reine s\u2019est malheureusement suicid\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme le souligne Maria Dolores Miron Perez dans le livre \u00ab Mujer Tamazight \u00bb (Eds Vicente Moga Romero et Rachid Raha, Melilla 1998) : \u2018Sofonisba para\u00eet, par cons\u00e9quent, une victime des avatars politiques et jeux d\u2019alliances entre Numides, Romains et Carthaginois, et elle change de mari conform\u00e9ment aux changements de ces alliances, et sans prendre en compte son opinion\u2019.<\/p>\n<p><strong>ELISSA DIDON<\/strong><\/p>\n<p>Et n\u2019oublions pas que la cr\u00e9ation de la civilisation carthaginoise est due \u00e0 la d\u00e9termination, \u00e0 la ruse et le courage d\u2019une femme courageuse et extraordinaire : Elissa Didon. Cette derni\u00e8re en s\u2019appropriant des richesses de son oncle Acherbas, avec lequel elle s\u2019est mari\u00e9e, et qui s\u2019est fait assassin\u00e9 par son fr\u00e8re, elle a fui le Liban, et a r\u00e9ussi, dans une soci\u00e9t\u00e9 qui exprime beaucoup d\u2019estime \u00e0 la femme, \u00e0 unir autour d\u2019elles des tribus autochtones en 814 avant J-C. Elle fonda, par ailleurs, la fameuse ville tunisienne de Carthage. Une fois qu\u2019elle eut mis pied en territoire des \u00ab lebous \u00bb, on a tout le droit de la consid\u00e9rer comme une reine amazighe autant que reine ph\u00e9nicienne, du fait que son royaume s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 et s\u2019est prosp\u00e9r\u00e9 en terres de Tamazgha, malgr\u00e9 le fait qu\u2019elle a refus\u00e9 de se marier avec le roi amazighe Hiarbas des Maxitans! Son suicide reste toujours un myst\u00e8re, mais elle est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une grande civilisation qui a converti Carthage dans, peut-\u00eatre, la premi\u00e8re r\u00e9publique de l\u2019histoire selon Aristote, avec un s\u00e9nat o\u00f9 est repr\u00e9sent\u00e9 une partie du peuple. La dite civilisation carthaginoise qui avait le m\u00e9rite de cr\u00e9er un empire en M\u00e9diterran\u00e9e, en conqu\u00e9rant les \u00eeles de Sicile, de Sardaigne, de Corse, ainsi que la r\u00e9gion de Murcie en Espagne, avait connu une tr\u00e8s grande notori\u00e9t\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 Hannibal. Celui-ci avait d\u00e9fi\u00e9 les montagnes des Alpes en les traversant avec des \u00e9l\u00e9phants, et ce afin de faire la guerre aux Romains jusqu\u2019aux portes de Rome! La grande d\u00e9esse de cet empire, qui donnait des frissons aux Romains, s\u2019appelait \u00abTanit \u00bb, une d\u00e9esse amazighe charg\u00e9 de prot\u00e9ger la fertilit\u00e9, les naissances et la croissance.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3489 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA4.jpg?resize=618%2C203&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA4.jpg?w=618&amp;ssl=1 618w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA4.jpg?resize=450%2C148&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p><strong>CLEOPATRE CELENE<\/strong><\/p>\n<p>Une autre femme amazighe qui se distingue durant cette \u00e9poque romaine est incontestablement Cl\u00e9op\u00e2tre C\u00e9l\u00e9n\u00e9, femme du souverain Juba II de la Mauritanie c\u00e9sarienne, en 20 av J-C jusqu\u2019\u00e0 l\u2019an 5 ap. J-C, et en plus, elle est la fille de la reine \u00e9gyptienne Cl\u00e9op\u00e2tre VII et de Marc Antoine. La reine amazighe Cl\u00e9op\u00e2tre C\u00e9l\u00e9n\u00e9, qui f\u00fbt couronn\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 son ascendance maternelle, exer\u00e7\u00e2t une profonde influence sur la politique de son \u00e9pouse Juba II, et plus particuli\u00e8rement en ce qui concerne les arts, les lettres et l\u2019architecture.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3490 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA5.jpg?resize=566%2C292&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"292\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA5.jpg?w=566&amp;ssl=1 566w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA5.jpg?resize=450%2C232&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p><strong>KYRIA DU DJURJURA<\/strong><\/p>\n<p>M. H. Fantar et F. Decret dans leur \u0153uvre L\u2019Afrique du Nord dans l\u2019Antiquit\u00e9 des origines au V\u00e8me si\u00e8cle (Paris, 1981) mentionne cette femme d\u00e9nomm\u00e9e Kyria des montagnes de la Kabylie de Djurjura, qui a eu le courage de combattre l\u2019entr\u00e9e des romains en Alg\u00e9rie en 370 apr\u00e8s J-C. Apr\u00e8s, elle organisait, mont\u00e9e sur son cheval, avec les tribus amazighes gagn\u00e9es \u00e0 sa cause, des assauts de fa\u00e7on circulaire qui r\u00e9duisait son rayon de d\u00e9fense jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019arm\u00e9e romaine prenne le dessus sur elle.<\/p>\n<p><strong>TIN HINAN, LA REINE DES TOUAREGS (\u00ab LES HOMMES BLEUS \u00bb DU SARARA)<\/strong><\/p>\n<p>Ti-n Hinan, qui veut dire en langue tamacheqt \u00ab celle des tentes \u00bb, sachant que pour les touar\u00e8gues, la tente, dite \u2018ehen\u2019, d\u00e9signe la cellule familiale et la parent\u00e9 matrilin\u00e9aire, qui est \u00e0 l\u2019origine du r\u00e9gime matrilin\u00e9aire par lequel les hommes h\u00e9ritent de leur m\u00e8re du pouvoir et du droit au commandement. Comme le souligne Mme. Claudot-Hawad, les femmes qui sont \u00e0 la t\u00eate d\u2019une tente puissante ont le pouvoir de faire valoir et d\u2019imposer leur jugement, en tant que protectrices de l\u2019honneur et piliers de la soci\u00e9t\u00e9 nomade.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9e comme un mythe, cette anc\u00eatre l\u00e9gendaire des habitants de l\u2019Ahaggar, est originaire de la r\u00e9gion marocaine de Tafilalt.<\/p>\n<p>Elle eut trois filles : T\u00e9nert (l\u2019antilope), Tahenkod (la gazelle) et T\u00e9merewelt (la hase, femelle de li\u00e8vre) qui sont prises comme les m\u00e8res des tribus touar\u00e8gues de l\u2019Ahaggar (Inemba, Kel R\u00e9la, le clan qui exerce la souverainet\u00e9 de tous les Ihaggaren, Iboglan\u2026).<\/p>\n<p>Elle f\u00fbt accompagn\u00e9e dans le d\u00e9sert du Grand Sahara par sa servante Takamat. Le mausol\u00e9e de la reine touar\u00e8gue, sous la forme d\u2019un imposant tumulus de pierres, f\u00fbt d\u00e9couvert par des arch\u00e9ologues en 1925 \u00e0 Abalessa, et renfermait un squelette bien conserv\u00e9, accompagn\u00e9 de bijoux en or et en argent, de pi\u00e8ces de monnaies, de mobilier fun\u00e9raire, et curieusement, d\u2019une statuette f\u00e9minine en calcaire (expos\u00e9s au mus\u00e9e Bardo d\u2019Alger).<br \/>\nGabriel Camps l\u2019a dat\u00e9 vers le IV\u00b0 si\u00e8cle ap. J-C., bien avant l\u2019apparition de l\u2019Islam. Mais du fait que les historiens \u00ab arabes et arabis\u00e9s \u00bb n\u2019acceptent pas de voir de bon \u0153il le r\u00f4le des femmes guerri\u00e8res, ils ont essay\u00e9, du fait de son empreinte profonde dans la soci\u00e9t\u00e9 saharienne, de la rattacher \u00e0 l\u2019\u00e9poque musulmane, dans un document o\u00f9 elle est signal\u00e9e comme fille de Sa\u00efd Malek vers 1642, une chronologie en parfaite contradiction avec les donn\u00e9es arch\u00e9ologiques !<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3491 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA6.png?resize=566%2C282&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"282\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA6.png?w=566&amp;ssl=1 566w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA6.png?resize=450%2C224&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p><strong>FEMMES AU MOYEN AGE ET A L\u2019EPOQUE MUSULMANE<\/strong><\/p>\n<p>Les actuelles \u00e9coles de nos diff\u00e9rents pays d\u2019Afrique du Nord continuent \u00e0 enseigner une histoire officielle et superficielle, qui n\u00e9gligent et marginalise volontairement le fait autochtone et infra valorise l\u2019histoire pr\u00e9islamique, et par cons\u00e9quent elles ne donnent pas assez d\u2019importance aux vestiges et monuments arch\u00e9ologiques avant l\u2019arriv\u00e9e des premiers conqu\u00e9rants Arabes.<\/p>\n<p>L\u2019obscurcissement de notre histoire nord-africaine continue encore \u00e0 cause de cette \u00e9lite form\u00e9e dans la culture th\u00e9ocratique ethnocentriste arabo-islamique. La dite \u00e9lite, non seulement continue \u00e0 falsifier une grande partie de notre tr\u00e8s riche histoire, sinon elle ne peut plus admettre des exploits historiques faites par des femmes, \u00e0 telle point, comme le souligne Emma Miled, elle a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9liminer les noms des femmes des arbres g\u00e9n\u00e9alogiques!<\/p>\n<p>Un fait extraordinaire que nous voulons mettre en \u00e9vidence au Moyen Age c\u2019est qu\u2019avec l\u2019av\u00e8nement de la derni\u00e8re religion monoth\u00e9iste de l\u2019Islam en terre amazighe, ce sont bien les femmes qui sont les premi\u00e8res \u00e0 se dresser contre les premiers conqu\u00e9rants Arabes tels la Kahina. Et ce sont aussi les femmes amazighes qui ont contribu\u00e9 efficacement \u00e0 la conversion et \u00e0 la propagation de l\u2019Islam en Afrique du Nord, en Afrique sub-sahariennes et en Espagne musulmane.<\/p>\n<p>Parmi ces femmes \u00e9rudites qui se sont distingu\u00e9e \u00e0 la nouvelle \u00e8re de l\u2019islamisation, nous citons:<\/p>\n<p><strong>DIHYA MATIYA ou KAHINA :<\/strong><\/p>\n<p>De son vrai nom Dayhia ou Dihya, fille de Matiya ben Tifan, que d\u00e9j\u00e0 les historiens arabes traitent de sorci\u00e8re en la d\u00e9signant par le terme de \u00ab Kahina \u00bb, et cela afin de la d\u00e9nigrer et de porter atteinte \u00e0 sa mythification. Ibn Khaldoun soup\u00e7onne qu\u2019elle \u00e9tait de confession juive du fait que sa tribu Djerawa \u00e9tait largement juda\u00efs\u00e9e au VII-i\u00e8me si\u00e8cle. Cette authentique reine amazighe est apparue sur la sc\u00e8ne dans les Aur\u00e8s (awras) alg\u00e9riens. Elle avait particip\u00e9 \u00e0 la bataille de Tehuda en 683 apr\u00e8s J-C, aux c\u00f4t\u00e9 des troupes de Koceila, et au cours de laquelle f\u00fbt tu\u00e9 Uqba Ibn Nafi\u00e2. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 chasser les nouvelles troupes de Hassan ben Nu\u00e2man, que le calife Abdelmalik avait charg\u00e9 de r\u00e9primer les Amazighs en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019assassinat du fondateur de Kairaouan. C\u2019\u00e9tait en 688-689 au nord de Khenchela, sur la rivi\u00e8re Nini.<\/p>\n<p>Dihya qui avait un fort caract\u00e8re de commandement et une intelligence aigu\u00eb, avait pris sous sa protection un enfant arabe, Khalid Ben Yazid, en le convertissant et en faisant un fils adoptif. A cause de ce geste de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et sa tactique de \u00ab terres br\u00fbl\u00e9e \u00bb, en croyant qu\u2019elle allait dissuader les Arabes de revenir, certaines populations amazighes et ce fils adoptif vont la trahir lorsque Hassan ben Nu\u00e2man revint avec plus de renforts en 698. Au pied des Aur\u00e8s, Dihya Matiya f\u00fbt battue devant un puits qui porte toujours nom, le puits de Kahina. Du fait que les Arabes n\u2019admettaient gu\u00e8re qu\u2019une femme leur inflige\u00e2t pareille humiliation, sa t\u00eate fut coup\u00e9e et offerte comme troph\u00e9e de guerre au calife Abdelmalik. Ce dernier laissa la vie sauve \u00e0 ses deux fils, lesquels suivirent les conseils de leur m\u00e8re de se convertir \u00e0 la nouvelle religion, dont l\u2019un d\u2019eux fut un des commandants les plus importants de Hassan ben Nu\u00e2man.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3492\" aria-describedby=\"caption-attachment-3492\" style=\"width: 346px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3492 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA7.jpg?resize=346%2C459&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"346\" height=\"459\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA7.jpg?w=346&amp;ssl=1 346w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA7.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w\" sizes=\"auto, (max-width: 346px) 100vw, 346px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3492\" class=\"wp-caption-text\">Statut de DIHYA MATIYA<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3493\" aria-describedby=\"caption-attachment-3493\" style=\"width: 255px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3493 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA8.jpg?resize=255%2C348&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"255\" height=\"348\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA8.jpg?w=255&amp;ssl=1 255w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA8.jpg?resize=183%2C250&amp;ssl=1 183w\" sizes=\"auto, (max-width: 255px) 100vw, 255px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3493\" class=\"wp-caption-text\">Kenza AWRABIYA in Histoire du Maroc en BD (Med Maazouzi Dir. Rabat 1993)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>KENZA AWRABIYA<\/strong><\/p>\n<p>Le royaume du Maroc s\u2019obstine toujours \u00e0 s\u2019enfermer dans une histoire officielle r\u00e9duite \u00e0 une \u00e9poque mise en lumi\u00e8re en remontant juste \u00e0 douze si\u00e8cles, exactement \u00e0 la fondation de la dynastie des Idrissides. Lisez ce que v\u00e9hicule un des historiens \u00e0 leur solde: \u2018l\u2019histoire du Maroc d\u00e9buta avec l\u2019islamisation\u2026Le fondateur de la Nation marocaine, Idriss I-ier, constitua un Etat ind\u00e9pendant des deux grands p\u00f4les du monde musulman qu\u2019\u00e9taient alors Bagdad et Cordoue\u2019.<\/p>\n<p>Mais ce qui est un fait historique, c\u2019est qu\u2019Idriss I eut un r\u00e8gne \u00e9ph\u00e9m\u00e8re autour de Volubilis, lorsqu\u2019il \u00e9pousa la fille de chef des tribus amazighes Awraba, Kenza. Le r\u00e8gne des Idrissides a connu plut\u00f4t sa splendeur et sa croissance sous le r\u00e8gne d\u2019Idriss II, et ce dernier n\u2019a pris le pouvoir qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de onze ans. En r\u00e9alit\u00e9, la personne qui d\u00e9tenait vraiment les arcanes du pouvoir \u00e9tait bel et bien sa m\u00e8re, Kenza, et c\u2019est elle, et gr\u00e2ce \u00e0 son intelligence, \u00e0 sa ruse et \u00e0 ses capacit\u00e9s de n\u00e9gociation, elle a r\u00e9ussi v\u00e9ritablement \u00e0 unir les tribus amazighes autour de F\u00e8s.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une femme amazighe, qui en se fondant sur la l\u00e9gitimit\u00e9 patriarcale des hommes et en manipulant son fils, qu\u2019elle g\u00e9rait les affaires politiques, administratives et militaires de ce nouvel \u00e9tat musulman. Et lorsque son fils mourut, en 828 ou 829, c\u2019est toujours elle qui a postul\u00e9 le partage du r\u00e8gne entre ses dix petits-fils, et par cons\u00e9quent, elle l\u2019a affaibli par les tiraillements de ces nombreux successeurs, jusqu\u2019au 920 o\u00f9 la capitale de F\u00e8s tomba aux mains des tribus des Miknasa et K\u00e9tama.<\/p>\n<p>En fin de compte, si la dynastie idrisside a eu un r\u00f4le religieux d\u00e9terminant dans la conversion \u00e0 l\u2019Islam de nombreuses tribus amazighes pa\u00efennes ainsi que la diffusion de la tradition ch\u00e9rifienne, cela revient au courage d\u2019une femme \u00e9rudite : Kenza Awrabiya.<\/p>\n<p><strong>ZAYNAB NAFZAWIYA<\/strong><\/p>\n<p>La reine Zaynab Nafzawiya, femme du grand roi Youssef Ibn Tachfine, a marqu\u00e9 de ses empreintes l\u2019empire des Almoravides (1054-1147). Na\u00eet en 1039 \u00e0 Aghmat, elle \u00e9tait, selon certaines sources, originaire du Nefzawa dans le sud-tunisien, appartenait \u00e0 la tribu des Hawwara et avait eu le privil\u00e8ge de suivre une bonne \u00e9ducation. Comme toutes les reines amazighes, elle \u00e9tait tr\u00e8s belle, tr\u00e8s intelligente et tr\u00e8s spirituelle ; elle s\u2019est mari\u00e9e en premier \u00e0 Abu Bakr ibn Omar. Ce dernier est le fondateur du mouvement almoravide, qui la quitte afin de mater une r\u00e9bellion au Sahara, et de ce fait, conseille bizarrement \u00e0 sa belle femme d\u2019\u00e9pouser son cousin Youssef ben Tachfine. Ce grand roi amazigh et musulman lui attribue le titre de reine en partageant avec elle son pouvoir. Zaynab accompagnait son mari partout, en le conseillant et en l\u2019assistant \u00e0 la croissance de la dynastie des Sanhadja, qui avait \u00e9tendu ses fronti\u00e8res de S\u00e9n\u00e9gal jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Andalousie, et elle \u00e9tait aussi sa principale conseill\u00e8re lors de la fondation de l\u2019une des plus prestigieuses villes d\u2019Afrique : Marrakech.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3494 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA9.jpg?resize=608%2C341&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"608\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA9.jpg?w=608&amp;ssl=1 608w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA9.jpg?resize=446%2C250&amp;ssl=1 446w\" sizes=\"auto, (max-width: 608px) 100vw, 608px\" \/><\/p>\n<p>M\u00eame si les historiens maghr\u00e9bins du Moyen Age, impr\u00e9gn\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la moelle de la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale du patriarcat, essaient d\u2019effacer le r\u00f4le historique de certaines femmes et de minimiser \u00e0 fond leur pouvoir politique, ils doivent admettre que si les nord-africains ont embrass\u00e9, dans leur \u00e9crasante majorit\u00e9, le courant mal\u00e9kite de sunnisme islamique, c\u2019est parce que ce rite constitue pour eux le courant le plus ouvert, le moins violent et le plus tol\u00e9rant des autres rites\u2026 Et si les Amazighs eux-m\u00eames, et non pas les Arabes conqu\u00e9rants, ont r\u00e9ussi \u00e0 le diffuser dans toute l\u2019Afrique du Nord, cela revient dans une grande mesure gr\u00e2ce au r\u00f4le primordial des femmes et des reines amazighes.<\/p>\n<p><strong>FEMMES AMAZIGHES CONTRE LA COLONISATION EUROPEENNE :<\/strong><\/p>\n<p>Comme nous venons de voir, la femme amazighe a marqu\u00e9 de ses mains la p\u00e9riode pr\u00e9historique, l\u2019antiquit\u00e9 et le Moyen Age. La p\u00e9riode contemporaine n\u2019est pas en reste.<\/p>\n<p>En Alg\u00e9rie par exemple, suite \u00e0 la colonisation turque, puis fran\u00e7aise, des femmes se sont impliqu\u00e9s activement dans la r\u00e9sistance arm\u00e9e.<\/p>\n<p>On d\u00e9nomme par exemple Oum Hani et Fadma n\u2019Soumeur.<\/p>\n<p>Oum Hani, chef de tribu au Sahara, qui a r\u00e9ussi \u00e0 mener plusieurs batailles contre le pouvoir des beys au XVIII\u00e8me si\u00e8cle et lorsque la sant\u00e9 ne lui permettait plus, elle prodiguait des conseils \u00e0 ses fils pour continuer ces batailles.<\/p>\n<p>Aux Iles Canaries, on distingue le r\u00f4le de la reine Arminda dans la r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation espagnole des Iles vers 1480. Et Sith al-Hourra \u00e0 Chefchaouen, vers 1520\u2026<\/p>\n<p>On cite aussi Fadma n\u2019Soumeur qui est une grande h\u00e9ro\u00efne kabyle et qui organisa une partie de la r\u00e9sistance \u00e0 la conqu\u00eate fran\u00e7aise \u00e0 deux reprises, en 1855 et 1857. Elle est n\u00e9e au village d\u2019Ouerdja en 1830 dans une famille maraboutique \u00e0 laquelle appartient le grand leader alg\u00e9rien Hocine Ait Ahmed. Ayant un caract\u00e8re autoritaire, elle f\u00fbt v\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme une femme sainte, et elle a r\u00e9ussi, avec son fr\u00e8re Tahar, lors d\u2019une assembl\u00e9e de Soumer, d\u2019organiser la r\u00e9sistance des tribus montagnardes kabyles (A\u00eft Itsouregh, Illilten, A\u00eft Iraten, Illulen n umalu\u2026) contre les premiers assauts de la conqu\u00eate fran\u00e7aise en 1855. Apr\u00e8s la r\u00e9ussite de cette premi\u00e8re bataille \u00e0 Tazrouts, elle f\u00fbt arr\u00eat\u00e9e lors de la deuxi\u00e8me le 11 juillet 1857 apr\u00e8s que les colons fran\u00e7ais soient revenus avec plus de renforts militaires et humains.<\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, les femmes amazighes, m\u00eame s\u2019elles ne sont pas au-devant des batailles, elles participaient d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 la r\u00e9sistance contre la colonisation turque et europ\u00e9enne en Afrique du Nord. Comme le souligne Assia Benadada dans son article \u2018Les femmes dans le mouvement nationaliste marocain\u2019 (<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/1523\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/1523<\/a> ), \u00ab les femmes approvisionnaient en eau et nourriture les combattants, chargeaient les fusils et parfois rempla\u00e7aient les morts au front. Elles marquaient les hommes qui fuyaient les combats avec du henn\u00e9 pour les ridiculiser et les marginaliser et interdisaient \u00e0 leurs \u00e9pouses de s\u2019approvisionner en eau aux puits et aux sources; les femmes de la tribu Ghomara demandaient m\u00eame le divorce lorsque leur mari refusait de participer au combat. Les femmes surveillaient \u00e9galement les mouvements des troupes ennemies et renseignaient les combattants avec un code sp\u00e9cial \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi au Maroc, pendant la Guerre du Rif (1921-1927) contre Mohamed Abdelkrim El Khattabi, plusieurs femmes ont particip\u00e9 activement. On mentionne dans la r\u00e9gion de Jbala, Fatima A\u2019zayr de Chefchaouen et Hidna. Cette derni\u00e8re est la s\u0153ur d\u2019un r\u00e9sistant qui a r\u00e9ussi \u00e0 assassiner l\u2019officier Valdivia \u00e0 Beni Arous. Et dans le Rif central et oriental, on distingue A\u00efcha Abi Ziane, qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019une fillette \u00e2g\u00e9e de dix ans seulement, et qui aurait particip\u00e9 \u00e0 la fameuse bataille d\u2019Anoual en 1921, ainsi que Mamat Al Farkhania, A\u00efcha Al Ouarghalia et Haddhoum Al Hassan. Au Moyen Atlas, on distingue Ytto Moha Ouhamou Zayani, fille de Moha ou Hamou Zayani qui a men\u00e9 la lutte aux c\u00f4t\u00e9s de son p\u00e8re contre les Fran\u00e7ais. Dans le Souss on cite la combattante A\u00efcha Al Amrania, de la tribu des A\u00eft Ba Amrane, tu\u00e9e dans la bataille d\u2019Assak en 1916. Au sud est, dans la r\u00e9gion d\u2019Assamar, \u2018Adjou Oumouh des Ait Atta s\u2019est distingu\u00e9e dans la r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise \u00e0 Adrar Saghro \u00e0 la bataille de Bougafer en 1933, une bataille o\u00f9 ont p\u00e9ri, selon certaines sources, 117 femmes.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3495 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA10.jpg?resize=556%2C270&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"556\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA10.jpg?w=556&amp;ssl=1 556w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/FA10.jpg?resize=450%2C219&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 556px) 100vw, 556px\" \/><\/p>\n<p>Et \u00e0 propos des mouvements de lib\u00e9ration pour l\u2019ind\u00e9pendance des pays de Tamazgha, nous citons le r\u00f4le de Ghita Allouche, femme leader de l\u2019arm\u00e9e de Lib\u00e9ration du Maroc (ALN, Abbass Messaadi, et Fadma Mimoun El Hammouti , femme du r\u00e9sistant Mohand Khider, qui \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son mari aidait de mani\u00e8re exceptionnelle les membres de l\u2019Arm\u00e9e de Lib\u00e9ration Nationale de l\u2019Alg\u00e9rie (FLN) qui se r\u00e9fugiaient \u00e0 Beni Enzar dans la province de Nador.<\/p>\n<p><strong>LES REINES DE L\u2019EGYPTE ANTIQUE ONT-ELLES \u00c9T\u00c9 EN RAPPORT AVEC DES FEMMES AMAZIGHES?<\/strong><\/p>\n<p>Une des questions qui se posent avec acuit\u00e9 c\u2019est celle de savoir si les reines \u00e9gyptiennes, comme Nefertiti ou Cl\u00e9opatre, ont-elles \u00e9t\u00e9 en rapport avec les femmes amazighes anciennes, du fait qu\u2019elles partageaient l\u2019origine matriarcal.<\/p>\n<p>Nous pouvons parfaitement r\u00e9pondre par l\u2019affirmative du fait que derni\u00e8rement des chercheurs s\u2019alignent de plus en plus sur la conviction de l\u2019id\u00e9e que la grande civilisation pharaonique \u00e9tait d\u2019origine amazighe. Ainsi des \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques du National Geographic, et surtout du grand immunologue Dr. Antonio Arnaiz-Villena ( co-\u00e9diteur avec Jorge Alonso Garc\u00eda \u201cEgipcios, Bereberes, Guanches y Vascos\u201d (Editorial Complutense de Madrid, 2000), des \u00e9tudes arch\u00e9ologiques et historiques de Malika Hachid, auteur de l\u2019\u00e9tude monumental Les Premiers Berb\u00e8res \u00bb (Edisud, Aix-En-Provence2000) et de Taklit Mebarek Slaouti auteur de Les Amazighs en Egypte, (Anep, Alger 2016) confirment ce constat. Mais \u00e7a c\u2019est une autre histoire !<\/p>\n<p>Mais pour revenir aux belles femmes \u00e9gyptiennes anciennes, v\u00e9n\u00e9r\u00e9es et admir\u00e9es, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les grecs et les romains se surprenaient profond\u00e9ment de leurs r\u00f4les et de leurs pouvoirs, celles-ci gouvernaient, d\u00e9cidaient et g\u00e9raient le pays \u00e0 l\u2019\u00e9gal des hommes, \u00e0 l\u2019encontre de la misogynie des religions patriarcales d juda\u00efsme, du christianisme, de l\u2019islam et des civilisations gr\u00e9co-romaines. Les reines Merneith, N\u00e9f\u00e9rousobek, Hatchepsout, Taousert, Tyi, N\u00e9fertiti ou Cl\u00e9op\u00e2tre, qu\u2019elle soient la m\u00e8re, la s\u0153ur ou la principale \u00e9pouse du Pharaon, d\u00e9tenaient un r\u00f4le politique de premier ordre en g\u00e9rant les affaires de l\u2019Etat \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celui-ci ou\/et durant son absence, ou sa mort !<\/p>\n<p>En conclusion :<\/p>\n<p>Les traces de l\u2019ancien ordre matriarcal de la soci\u00e9t\u00e9 amazighe persiste encore de nos jours dans la terminologie de certains mots. Ainsi l\u2019origine \u00e9tymologique des mots \u00ab uma \u00bb et \u00ab ultma \u00bb qui d\u00e9signent respectivement fr\u00e8re et s\u0153ur d\u00e9rive des mots \u00ab mis n yemma \u00bb et \u00ab yellis n yemma \u00bb, qui voudrait dire fils et fille de ma m\u00e8re, toujours en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la m\u00e8re !<br \/>\nA cause d\u2019une lecture de l\u2019histoire faite exclusivement par les hommes, et en plus impr\u00e9gn\u00e9s exclusivement des th\u00e8ses patriarcales et de l\u2019id\u00e9ologie import\u00e9e du Proche Orient arabo-islamo-salafiste, le r\u00f4le des femmes, s\u2019est retrouv\u00e9 totalement marginalis\u00e9 et exclu de l\u2019histoire officielle des diff\u00e9rents pays d\u2019Afrique du Nord.<\/p>\n<p>Certains pays d\u2019Afrique du Nord, en l\u2019occurrence le Maroc et l\u2019Alg\u00e9rie, malgr\u00e9 le fait qu\u2019ils aient reconnus officiellement leur langue et identit\u00e9 autochtones amazighes dans leur constitution, n\u2019ont pas encore r\u00e9form\u00e9 les manuels scolaires pour revoir leur m\u00e9moire collective et pour que les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations se r\u00e9concilient avec leur histoire authentique, avec ses pages lumineuses et ses pages sombres. En d\u00e9finitive, cette n\u00e9cessaire et nouvelle relecture de l\u2019histoire d\u2019Afrique du Nord, tant d\u00e9sir\u00e9e, tant attendue et tant revendiqu\u00e9e, ne pourrait se r\u00e9\u00e9crire sans les femmes amazighes, sans timgharin.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Rachid RAHA est pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e Mondiale Amazighe et de la Fondation M\u00e9diterran\u00e9enne \u00abDavid Montgomery Hart\u00bb des Etudes Amazighes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong> :<\/p>\n<ul>\n<li>Abdelaziz Belkhodja, Elyssa la fondatrice de Carthage, Apollonia \u00e9dition, Tunis, 2014.<\/li>\n<li>Ibn Khaldoun: \u201cHistoire des Berb\u00e8res. Trad. De Slane. Paris.<\/li>\n<li>Ben-Ncer, Abdelouahed et Hublin, Jean-Jacques: \u201cJbel Irhoud, une avanc\u00e9 pal\u00e9oanthropologique d\u00e9cisive \u00bb in Hesp\u00e9ris-Tamuda LII (2), Rabat 2017.<\/li>\n<li>Camps, Gabriel, \u00ab Les Berb\u00e8res ; m\u00e9moire et identit\u00e9 \u00bb, Editions Errance, Paris, 1987.<\/li>\n<li>Gabriel Camps, L\u2019Afrique du Nord au f\u00e9minin, Perrin \u00e9dition, Paris, 1992.<\/li>\n<li>Hachid, Malika, \u00ab Les premiers berb\u00e8res : entre M\u00e9diterran\u00e9e, Tassili et Nil \u00bb, Edisud, Aix-En-Provence, 2000.<\/li>\n<li>Hamid, Khadija, \u00ab Histoire du Maroc, \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019arch\u00e9ologie \u00bb, Edition Afrique Orient, Casablanca 2012.<\/li>\n<li>Camille Lacoste-Dujardin, Las madres contra las mujeres patriarcado y maternidad en el mundo \u00e1rabe, feminismos, Traducci\u00f3n Alicia Martorell, Edici\u00f3n Tel\u00e9maco, Madrid, 1993.<\/li>\n<li>Laurence le Guuen, Kahina reine des Berb\u00e8res, Yomad \u00e9dition, Rabat, 2011.<\/li>\n<li>Moga Romero,Vicente &amp; Raha, Rachid, Coord.: Mujer Tamazight y fronteras culturales, Edici\u00f3n conmemorativa del D\u00eda del Libro, Melilla, 1998.<br \/>\nRaha Ahmed, R., \u00a0\u00bb Imazighen del Magreb entre Occidente y Oriente\u201d. Granada, 1994.<\/li>\n<li>Revue Egypte ancienne n\u00b031 : Reines d\u2019Egypte, des femmes influentes.<\/li>\n<li>Zakya Daoud, Zaynab reine de Marrakech, Edition le fennec, 2\u00e9me \u00e9dition, Casablanca, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si selon le grand anthropologue fran\u00e7ais Gabriel Camps, les Amazighs sont aux marges de l\u2019Histoire, on pourrait affirmer sans complexe que les femmes amazighes, elles, sont encore aux marges des marges de l\u2019histoire universelle et plus particuli\u00e8rement de l\u2019histoire nord-africaine, malgr\u00e9 le fait qu\u2019elles aient jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9servation de la langue &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1237,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[10,13],"tags":[],"class_list":["post-3483","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-maroc","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rachid-RAHA.jpg?fit=340%2C279&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-Ub","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3483","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3483"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3483\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3497,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3483\/revisions\/3497"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1237"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3483"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3483"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3483"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}