{"id":3660,"date":"2021-05-07T19:34:03","date_gmt":"2021-05-07T18:34:03","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3660"},"modified":"2021-05-07T19:37:57","modified_gmt":"2021-05-07T18:37:57","slug":"al-kahina-une-reine-amazighe-stigmatisee-par-les-arabes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/al-kahina-une-reine-amazighe-stigmatisee-par-les-arabes\/","title":{"rendered":"Al-Kahina, une reine amazighe stigmatis\u00e9e par les Arabes"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1671\" aria-describedby=\"caption-attachment-1671\" style=\"width: 375px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1671\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?resize=375%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"375\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?resize=375%2C250&amp;ssl=1 375w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?w=960&amp;ssl=1 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1671\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Par: Dr Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les anciens peuples indig\u00e8nes d&rsquo;Afrique du Nord, \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;\u00c9gypte, \u00e9taient compos\u00e9s de nombreuses tribus et \u00e9taient commun\u00e9ment appel\u00e9s les Berb\u00e8res\/Amazighes. Leurs terres ont \u00e9t\u00e9 envahies \u00e0 plusieurs reprises, mais ils ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir leurs langues et leur culture ainsi qu&rsquo;une puissance militaire consid\u00e9rable. Parmi les envahisseurs et conqu\u00e9rants de l&rsquo;Afrique du Nord, citons les Ph\u00e9niciens, les Romains, les Vandales (tribus germaniques), les Byzantins les Arabes et, enfin, les Fran\u00e7ais, les Espagnols et les Italiens.<\/p>\n<p>En outre, d&rsquo;autres \u00e9trangers vivaient dans l&rsquo;ancienne Afrique du Nord, comme les Grecs et les Juifs. Les Juifs, bien qu\u2019une poign\u00e9e, continuent \u00e0 vivre en toute qui\u00e9tude au Maroc et en Tunisie, des si\u00e8cles apr\u00e8s leur arriv\u00e9e en l\u2019an 72. Beaucoup d\u2019entre eux se sont convertis au berb\u00e9risme culturel tout en gardant leur religion d\u2019origine et sont ainsi, sans aucun doute, co-concepteurs du substratum culturel jud\u00e9o-amazigh. [i]\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>R\u00e9sistance aux envahisseurs Ph\u00e9niciens, Romains, Vandales et Byzantins<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Au 7e si\u00e8cle, un si\u00e8cle apr\u00e8s avoir vaincu les Vandales, les terres des Berb\u00e8res\/Amazighes, en particulier les villes c\u00f4ti\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord, \u00e9taient gouvern\u00e9es par les Byzantins.\u00a0 Aujourd&rsquo;hui, nous appelons cet ensemble de villes c\u00f4ti\u00e8res de l&rsquo;\u00e9poque l&rsquo;Exarchat d&rsquo;Afrique et elles \u00e9taient dirig\u00e9es par un vice-roi (un exarque) des Byzantins bas\u00e9 dans l&rsquo;ancienne ville de Carthage (\u00e0 l&rsquo;est de l&rsquo;actuelle Tunis).<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res suivaient les diff\u00e9rentes voies de la foi et de la religion, certains \u00e9taient chr\u00e9tiens, d&rsquo;autres juifs et d&rsquo;autres encore suivaient leur ancienne religion polyth\u00e9iste. \u00c0 la fin du si\u00e8cle, les Byzantins ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s d&rsquo;Afrique et les Berb\u00e8res ont d\u00fb faire face \u00e0 un nouvel envahisseur porteur d&rsquo;une nouvelle religion, les Arabes.<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res \u00e9taient divis\u00e9s en tribus qui \u00e9taient souvent en conflit les unes avec les autres. Cependant, ils \u00e9taient capables de s&rsquo;unir en conf\u00e9d\u00e9rations <strong><em>leff<\/em><\/strong> pour combattre les \u00e9trangers. Ces unions \u00e9taient de courte dur\u00e9e et n&rsquo;ont jamais dur\u00e9 au point de permettre aux Berb\u00e8res d&rsquo;\u00e9tablir des \u00e9tats puissants. L&rsquo;Afrique du Nord a \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9e par des \u00e9trangers tels que les Carthaginois\/Ph\u00e9niciens, les Grecs et les Romains et, dans certains cas, incorpor\u00e9e \u00e0 leurs empires.<\/p>\n<p>Cependant, ces \u00e9trangers n&rsquo;ont pu contr\u00f4ler pleinement que les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res. Les Berb\u00e8res de l&rsquo;arri\u00e8re-pays sont rest\u00e9s ind\u00e9pendants et ma\u00eetres de leurs territoires ce qui a permis la survie de la culture et sa prosp\u00e9rit\u00e9. La domination de Rome sur l&rsquo;Afrique du Nord a dur\u00e9 jusqu&rsquo;au 5e si\u00e8cle. Malgr\u00e9 la longue p\u00e9riode de domination romaine, seuls certains Berb\u00e8res des provinces d&rsquo;Afrique et de Numidie se sont assimil\u00e9s \u00e0 la vie imp\u00e9riale. Les Berb\u00e8res des r\u00e9gions montagneuses, des plateaux et du Sahara sont rest\u00e9s autonomes et la seule relation qu&rsquo;ils avaient avec Rome consistait \u00e0 payer un tribut et \u00e0 fournir des soldats auxiliaires en temps de guerre.<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res avaient un fort esprit d&rsquo;ind\u00e9pendance et ils se rebellaient fr\u00e9quemment contre Rome, surtout pendant les p\u00e9riodes de crise de l&#8217;empire. Un exemple est la <strong>Guerre de Tacfarinus<\/strong>, [ii] que la tribu des Musulamii, a men\u00e9e contre Rome. Ce conflit a dur\u00e9 de 15 \u00e0 24 (pendant le r\u00e8gne de Tib\u00e8re\u00a0: 14-37) [iii] et les Romains ont subi plusieurs d\u00e9faites humiliantes aux mains des Musulamii et de leurs alli\u00e9s tribaux avant d&rsquo;\u00eatre finalement vaincus en 24. Pour souligner davantage leur ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de Rome, plusieurs tribus berb\u00e8res ont adopt\u00e9 des croyances \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9tiques\u00a0\u00bb lorsqu&rsquo;elles se sont converties au christianisme, comme le donatisme. [iv] Ainsi, les conflits religieux qui s\u00e9vissaient en Afrique du Nord au 4e si\u00e8cle \u00e9taient \u00e9galement des guerres raciales entre les habitants indig\u00e8nes de la r\u00e9gion et les colons imp\u00e9riaux. En outre, l&rsquo;hostilit\u00e9 des Berb\u00e8res envers Rome a facilit\u00e9 la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique du Nord par les Vandales. Cependant, m\u00eame ces conqu\u00e9rants germaniques devaient constamment lutter contre leurs sujets autochtones. Les Byzantins ont vaincu les Vandales et reconquis l&rsquo;Afrique du Nord, qu&rsquo;ils ont gouvern\u00e9e pendant environ un si\u00e8cle (531-642). Les chefs de tribus locales ont constamment r\u00e9sist\u00e9 et combattu les gouverneurs byzantins. L&rsquo;autorit\u00e9 byzantine n&rsquo;\u00e9tait pleinement \u00e9tablie que dans la province d&rsquo;Afrique (Tunisie) et la partie nord de la province de Cyr\u00e9na\u00efque (nord-est de l&rsquo;Alg\u00e9rie) ainsi que dans les villes c\u00f4ti\u00e8res. L&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e0 l&rsquo;exception de quelques places fortes, \u00e9tait sous le contr\u00f4le des diff\u00e9rentes tribus berb\u00e8res qui \u00e9taient pratiquement ind\u00e9pendantes d\u2019o\u00f9 vient l\u2019appellation\u00a0: <strong>amazigh<\/strong> qui veut dire fier et libre. Telle \u00e9tait la situation lorsque les musulmans sont entr\u00e9s en sc\u00e8ne en 647, juste apr\u00e8s leur conqu\u00eate de l&rsquo;\u00c9gypte.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #000080;\">R\u00e9sistance \u00e0 la conqu\u00eate arabe<\/span> <\/strong><\/p>\n<p>Dans un premier temps, les \u00c9tats berb\u00e8res ont pu vaincre les envahisseurs omeyyades lors de la <strong>Bataille de Vescera<\/strong> (aujourd&rsquo;hui Biskra en Alg\u00e9rie), [v] qui a oppos\u00e9 en 682 apr\u00e8s J.-C. les Berb\u00e8res du roi Koussayla et leurs alli\u00e9s byzantins de l&rsquo;Exarchat d&rsquo;Afrique \u00e0 une arm\u00e9e omeyyade command\u00e9e par Oqba Ibn Nafi, le fondateur de Kairouan. [vi]\n<p>Oqba Ibn Nafi avait men\u00e9 ses hommes dans une invasion \u00e0 travers l&rsquo;Afrique du Nord, atteignant finalement l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique et marchant jusqu&rsquo;au sud des rivi\u00e8res Draa et Sous. A son retour, il fut rencontr\u00e9 par la coalition berb\u00e9ro-byzantine \u00e0 Tahouda au sud de Vescera, son arm\u00e9e fut \u00e9cras\u00e9e et lui-m\u00eame fut tu\u00e9. \u00c0 la suite de cette d\u00e9faite cuisante, les Arabes ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de la r\u00e9gion de la Tunisie moderne et de l&rsquo;est de l&rsquo;Alg\u00e9rie pendant plus d&rsquo;une d\u00e9cennie. [vii]\n<p>A part l\u2019\u00e9pisode de Tahouda et les batailles d\u2019al-Kahina, le niveau de r\u00e9sistance des populations locales aux envahisseurs arabes dans les territoires conquis \u00e9tait variable et d\u00e9pendait de la r\u00e9gion et de ses habitants. Dans certaines r\u00e9gions, il n&rsquo;y a eu que peu ou pas de r\u00e9sistance et certaines personnes ont m\u00eame accueilli favorablement les envahisseurs car ils \u00e9taient plus tol\u00e9rants sur le plan religieux que leurs anciens ma\u00eetres. Dans les empires byzantin et sassanide, c&rsquo;\u00e9taient surtout les \u00e9lites qui avaient \u00e0 perdre et c&rsquo;est elles qui se sont le plus battues contre les Arabes. Le plus souvent, ils ne recevaient que peu ou pas de soutien de la part de leurs sujets, qui souvent ne partageaient pas leur religion, leur langue ou leur culture.<\/p>\n<p>Cependant, dans certaines r\u00e9gions, les Arabes se sont heurt\u00e9s \u00e0 une opposition tr\u00e8s forte \u00e0 leur avanc\u00e9e. Dans leur pouss\u00e9e vers l&rsquo;ouest, ils ont rencontr\u00e9 les tribus berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord. Ces tribus, qui avaient \u00e9galement une longue tradition d&rsquo;ind\u00e9pendance et d&rsquo;autonomie, ont men\u00e9 une lutte acharn\u00e9e contre les envahisseurs. L&rsquo;une des figures les plus remarquables de cette lutte fut al-Kahina, une <strong>reine berb\u00e8re<\/strong> qui est entr\u00e9e dans l&rsquo;histoire comme une souveraine et une guerri\u00e8re qui a refus\u00e9 de plier le genou aux conqu\u00e9rants imp\u00e9riaux arabes et les a m\u00eame chass\u00e9s d&rsquo;Afrique du Nord avant d&rsquo;\u00eatre vaincue lors de l&rsquo;affrontement final entre elle et ses adversaires. Bien qu&rsquo;al-Kahina soit rarement mentionn\u00e9e dans les livres d&rsquo;histoire, elle est sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec d&rsquo;autres grandes guerri\u00e8res et souveraines telles que Boudicca (Boadic\u00e9e) des Ic\u00e9niens,[viii] Zenobia de Palmyre, [ix] Mavia des Tanukhids [x] et Caterina Sforza, [xi] qui ont toutes d\u00e9fi\u00e9 l&rsquo;expansion des grandes puissances de leur \u00e9poque dans leurs domaines.<\/p>\n<p>Lorsque le proph\u00e8te Mohammed est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 632, les musulmans ne r\u00e9gnaient plus que sur la p\u00e9ninsule arabique. Cependant, dix ans plus tard, le califat Rachidoun (Califes bien guid\u00e9s) [xii] a accompli l&rsquo;une des conqu\u00eates les plus remarquables de l&rsquo;histoire. Entre 635 et 642, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 conqu\u00e9rir la Syrie, la Palestine et l&rsquo;\u00c9gypte aux Byzantins, puis l&rsquo;Irak et la Perse. La conqu\u00eate arabe a d\u00e9finitivement modifi\u00e9 le Moyen-Orient, car quel que soit le pays conquis, la plupart des habitants de ce pays sont devenus musulmans et arabophones (\u00e0 l&rsquo;exception de la Perse qui a conserv\u00e9 sa langue).<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 680, les Arabes de la dynastie des Omeyyades (une dynastie arabe qui gouverne le monde musulman de 661 \u00e0 750 puis al-Andalous de 756 \u00e0 1031) ont travers\u00e9 l&rsquo;Afrique du Nord, de l&rsquo;\u00c9gypte \u00e0 l&rsquo;Atlantique. [xiii] Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 698 que les musulmans ont r\u00e9ussi \u00e0 prendre le contr\u00f4le de Carthage et qu&rsquo;ils ont compl\u00e8tement expuls\u00e9 les chr\u00e9tiens byzantins. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que les conqu\u00e9rants arabes \u00e9taient sur le point d&rsquo;affronter leur dernier et plus tenace ennemi, al-Kahina.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Av\u00e8nement de la reine guerri\u00e8re amazighe Dihya (695-703)<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3662 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d1.jpg?resize=618%2C458&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d1.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d1.jpg?resize=337%2C250&amp;ssl=1 337w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/>Dihya al-Kahina \u00e9tait une <strong>reine guerri\u00e8re et une voyante l\u00e9gendaire<\/strong> des Zenata, un peuple berb\u00e9rophone qui vivait dans la r\u00e9gion du nord-est de l&rsquo;Alg\u00e9rie aux alentours du 7e si\u00e8cle. Issue d&rsquo;une sous-tribu royale des Zenata appel\u00e9e les Jerawa, al-Kahina est surtout connue pour avoir r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la conqu\u00eate arabe de l&rsquo;Afrique du Nord jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, entre 702 et 705 apr\u00e8s J.-C. (les r\u00e9cits sur la fa\u00e7on dont elle est morte diff\u00e8rent, mais il semble probable qu&rsquo;elle soit morte au c\u0153ur de la bataille). On pense \u00e9galement qu&rsquo;elle \u00e9tait une proph\u00e9tesse qui pouvait communiquer avec des oiseaux l&rsquo;avertissant d&rsquo;une bataille \u00e0 venir. Le reste de sa vie est entour\u00e9 de mythes et de l\u00e9gendes, mais elle est devenue une sorte d&rsquo;h\u00e9ro\u00efne pour les diff\u00e9rents groupes ethniques berb\u00e8res, qui voient en elle une championne contre la domination arabe.<\/p>\n<p>Y. Mod\u00e9ran introduit al-Kahina dans les termes suivants : [xiv]\n<p style=\"text-align: left; padding-left: 40px;\"><em>\u201cLa Kahena est probablement la figure la plus c\u00e9l\u00e8bre et aussi la plus mal connue de l\u2019histoire de la r\u00e9sistance berb\u00e8re \u00e0 la conqu\u00eate arabe au VIIe si\u00e8cle.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left; padding-left: 40px;\"><em>Se fondant principalement sur les r\u00e9cits de Ibn \u1e34\u1e96ald\u00fbn et de Ibn cI\u1e0f\u1e96\u00e2r\u00ee, deux auteurs du XIVe si\u00e8cle, l\u2019historiographie moderne a donn\u00e9 de sa vie une version qui a elle-m\u00eame \u00e9t\u00e9 le support de toutes sortes de fictions litt\u00e9raires ou po\u00e9tiques. Selon ces r\u00e9cits, lorsque, vers 688-89 ou 692-93, le g\u00e9n\u00e9ral arabe Hassan fut nomm\u00e9 gouverneur de la nouvelle province d\u2019Ifr\u00eeqiyya, reconquise par son pr\u00e9d\u00e9cesseur apr\u00e8s la d\u00e9faite et la mort de Koceila, on lui apprit que l\u2019ennemi le plus mena\u00e7ant pour les musulmans \u00e9tait la Kahena, \u00ab reine du Mont Auras \u00bb (l\u2019Aur\u00e8s), et chef de la tribu des Djeraoua (\u1e0ejar\u00e2wa), qui elle-m\u00eame \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de tous les Berb\u00e8res Botr. Hassan l\u2019attaqua, mais fut vaincu. Il s\u2019enfuit vers la Cyr\u00e9na\u00efque (\u00ab le pays de Barka \u00bb), tandis que la Kahena devenait ma\u00eetresse de toute l\u2019Ifr\u00eeqiyya. Cinq ans plus tard, le g\u00e9n\u00e9ral revint \u00e0 l\u2019assaut, et b\u00e9n\u00e9ficia d\u2019informations d\u2019un jeune Arabe fait prisonnier par la Kahena, \u1e34\u1e96aled, ainsi que du soutien des populations locales, tyrannis\u00e9es et ruin\u00e9es par la reine qui avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019appliquer la tactique de la terre br\u00fbl\u00e9e pour d\u00e9courager les conqu\u00e9rants musulmans. Hassan fut vainqueur et la Kahena, qui avait pr\u00e9dit son sort, fut tu\u00e9e dans l\u2019Aur\u00e8s, pr\u00e8s du lieu d\u00e8s lors appel\u00e9 B\u00eer al-Kahina. Mais ses deux fils, qu\u2019elle avait envoy\u00e9s avant la bataille aupr\u00e8s du g\u00e9n\u00e9ral, devinrent les chefs d\u2019un contingent de 12 000 Berb\u00e8res d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l\u2019arm\u00e9e arabe. \u201c<\/em><\/p>\n<p>Cette reine berb\u00e8re mystique connue b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une hagiographie qui remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Ibn Khaldoun (1332-1406), [xv] l&rsquo;historien nord-africain du haut Moyen \u00c2ge. [xvi] C&rsquo;est dans son histoire des peuples berb\u00e8res guerriers que nous apprenons l&rsquo;histoire d\u2019al-Kahina, [xvii] qui a courageusement r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assaut des guerriers islamiques qui faisaient pression sur son peuple pour qu&rsquo;il se convertisse. Selon Ibn Khaldoun, al-Kahina \u00e9tait courageuse, vaillante et d\u00e9fiante. Bien que son propre fond religieux n&rsquo;est pas clair, Ibn Khaldoun sugg\u00e8re qu&rsquo;elle aurait confess\u00e9 le juda\u00efsme. [xviii]\n<p>En arabe, al-Kahina signifie un devin ou une sorci\u00e8re, ce qui peut \u00eatre p\u00e9joratif. En grec, Kahina est tir\u00e9 de <em>Karina <\/em>qui signifie \u201c\u00eatre pur\u201c. En h\u00e9breu, le mot est proche de <em>Cohen<\/em> ou <em>kohanim<\/em> qui a le sens de pr\u00eatre. Elle avait un don proph\u00e9tique et \u00e9tait v\u00e9n\u00e9r\u00e9e par son peuple. Elle \u00e9tait l&rsquo;une des premi\u00e8res f\u00e9ministes et reines guerri\u00e8res de l&rsquo;histoire. Les Occidentaux la comparent \u00e0 Jeanne d&rsquo;Arc et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels. Dans un monde purement patriarcal, Ibn Khaldoun g\u00ean\u00e9 par le sexe d\u2019al-Kahina l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 dans les termes suivants\u00a0: [xix]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cCette femme avait trois fils, h\u00e9ritiers du commandement de la tribu, et comme elle les avait \u00e9lev\u00e9s sous ses yeux, elle les dirigeait \u00e0 sa fantaisie et gouvernait, par leur interm\u00e9diaire, toute la tribu. \u201c<\/em><\/p>\n<p>Al-Kahina \u00e9tait le nom donn\u00e9 par les Arabes au chef de la tribu berb\u00e8re des Jerawa, Dihya, dans la r\u00e9gion des monts Aur\u00e8s du Maghreb central (Alg\u00e9rie actuelle). Ce nom refl\u00e9tait le fait qu&rsquo;elle \u00e9tait une extatique qui proph\u00e9tisait et effectuait des divinations. Elle a men\u00e9 la r\u00e9sistance contre les envahisseurs arabes musulmans apr\u00e8s la chute de la Carthage byzantine en 692\/93 face \u00e0 \u1e24assan Ibn an-Nou\u02bfman. Elle lui inflige une d\u00e9faite majeure et repousse ses forces hors de l&rsquo;Ifriqiya (Tunisie moderne) presque jusqu&rsquo;\u00e0 Tripoli. [xx]\n<p>Son nom est donn\u00e9 dans diff\u00e9rentes variantes telles que Dihya, Dahya, Dehiya, \u2d37\u2d49\u2d40\u2d62\u2d30. Son surnom \u00a0\u00bb al-Kahina \u00a0\u00bb (la pr\u00eatresse voyante ou la proph\u00e9tesse) lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par ses adversaires arabo-musulmans en raison de sa capacit\u00e9 suppos\u00e9e \u00e0 pr\u00e9voir l&rsquo;avenir. C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s probablement le r\u00e9sultat de son intelligence et de sa capacit\u00e9 de persuasion. Certains historiens associent son surnom au fait qu&rsquo;elle \u00e9tait juive, puisque \u00ab\u00a0Kahina\u00a0\u00bb est probablement d\u00e9riv\u00e9 du terme juif \u00ab\u00a0<em>Cohen<\/em>\u00ab\u00a0, qui signifie pr\u00eatre. Cette hypoth\u00e8se est corrobor\u00e9e par plusieurs autres r\u00e9cits de son histoire. L&rsquo;historien du 14e si\u00e8cle Ibn Khaldoun affirme qu\u2019al-Kahina et sa tribu, les Jerawa des montagnes des Aur\u00e8s, dans l&rsquo;est de l&rsquo;Alg\u00e9rie et de la Tunisie, \u00e9taient juifs. Un autre historien a d\u00e9crit al-Kahina comme \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;appellation pittoresque de la &lsquo;D\u00e9borah berb\u00e8re&rsquo;<\/em>\u00ab\u00a0, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 D\u00e9borah, une juge de l&rsquo;ancien Isra\u00ebl. [xxi]\n<p>Si certains pensent que la r\u00e9sistance d\u2019al-Kahina aux Arabes \u00e9tait aliment\u00e9e par son patriotisme berb\u00e8re et sa foi juive, d&rsquo;autres estiment que sa r\u00e9sistance n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;inspiration religieuse et nient qu&rsquo;elle \u00e9tait juive, car certains r\u00e9cits indiquent que, lors de ses voyages, elle \u00e9tait accompagn\u00e9e d&rsquo;une \u00ab\u00a0idole chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb repr\u00e9sentant un saint chr\u00e9tien ou la Vierge Marie.\u00a0 Le contexte religieux d\u2019al- Kahina reste donc quelque peu obscur. En revanche, les r\u00e9cits de sa bravoure sont aussi solides que possible. Sa carri\u00e8re \u00e0 la t\u00eate des Berb\u00e8res commence lorsqu&rsquo;elle succ\u00e8de au chef de guerre Koce\u00efla (Caecilius) et prend la t\u00eate de l&rsquo;arm\u00e9e amazighe dans les ann\u00e9es 680.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on reprend la s\u00e9quence des \u00e9v\u00e9nements, on constate que peu apr\u00e8s que les Arabes ont pris le contr\u00f4le de Carthage aux mains des Byzantins, la courageuse et provocante al-Kahina a dirig\u00e9 ses forces de r\u00e9sistance contre les avanc\u00e9es militaires des Arabes, et a fini par vaincre le g\u00e9n\u00e9ral arabe Hassan Ibn an-Nou\u2019man lors de la <strong>Bataille de Meskinana<\/strong>, \u00e9galement connue sous le nom de Bataille des Chameaux, pr\u00e8s de Meskiana, en Alg\u00e9rie. Al-Kahina \u00e9tait connue des Arabes de l&rsquo;\u00e9poque comme \u00ab\u00a0<strong>la Reine des Berb\u00e8res<\/strong>\u00ab\u00a0, le monarque le plus puissant d&rsquo;Afrique du Nord. Cette seule d\u00e9faite a entra\u00een\u00e9 une retraite de plusieurs centaines de kilom\u00e8tres des Arabes, car le g\u00e9n\u00e9ral Hassan s&rsquo;est retir\u00e9 jusqu&rsquo;en Libye. Al-Kahina prend alors le contr\u00f4le de Carthage et devient le souverain de la plupart des Berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord pour une p\u00e9riode de cinq ans (695-700).<\/p>\n<p>Al-Kahina \u00e9tait une guerri\u00e8re redoutable qui commandait une forte arm\u00e9e. Hassan ibn an-Nou\u2019man, un prince arabe \u00e9gyptien, ayant r\u00e9ussi \u00e0 vaincre les Byzantins \u00e0 Carthage en 687, entreprit de la rencontrer dans la bataille ; elle le battit en Tunisie. Les traditions arabes racontent qu&rsquo;au moment de sa victoire, elle a lib\u00e9r\u00e9 tous les otages, sauf un, qu&rsquo;elle a adopt\u00e9 afin de s&rsquo;assurer sa loyaut\u00e9. (Dans une version, elle a allait\u00e9 ce nouveau fils afin de cimenter sa loyaut\u00e9 envers elle ; s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un soldat, cela aurait \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement \u00e9trange). Hassan retourna en \u00c9gypte, o\u00f9 il attendit des renforts pendant environ cinq ans.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Reine guerri\u00e8re, cauchemar des Arabes<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dihya (en berb\u00e8re : \u2d37\u2d49\u2d40\u2d62\u2d30, en arabe : \u062f\u064a\u0647\u064a\u0627) al-Kahina \u00e9tait une reine berb\u00e8re, [xxii] chef religieux et militaire qui a combattu l&rsquo;expansion islamique en Afrique du Nord-Ouest au 7e si\u00e8cle. Son nom est enregistr\u00e9 avec un certain nombre de variantes, notamment Daya et Dahlia. Le titre \u00ab\u00a0al-Kahina\u00a0\u00bb, qui signifie \u00ab\u00a0sorci\u00e8re\u00a0\u00bb, lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par ses adversaires musulmans parce que les d\u00e9faites qu&rsquo;elle leur infligeait \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme le r\u00e9sultat de la magie. [xxiii].<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3663 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d2.jpg?resize=332%2C381&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"332\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d2.jpg?w=332&amp;ssl=1 332w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d2.jpg?resize=218%2C250&amp;ssl=1 218w\" sizes=\"auto, (max-width: 332px) 100vw, 332px\" \/><\/p>\n<p>Dihya a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans les montagnes des Aur\u00e8s, dans ce qui est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Alg\u00e9rie moderne. Elle \u00e9tait la fille du chef d&rsquo;une tribu juive berb\u00e8re, mais certaines sources sugg\u00e8rent qu&rsquo;elle avait aussi des origines grecques. Peu d&rsquo;informations sur son enfance ou sa vie priv\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 recueillies, \u00e0 l&rsquo;exception de certains r\u00e9cits faisant \u00e9tat de sa passion pour les oiseaux du d\u00e9sert, dont l&rsquo;\u00e9tude a donn\u00e9 lieu aux premi\u00e8res avanc\u00e9es de la science biologique nord-africaine.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du 7e si\u00e8cle, les Berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord-Ouest \u00e9taient sous le contr\u00f4le de l&rsquo;Exarchat de Carthage, lui-m\u00eame une division de l&rsquo;Empire byzantin. Cependant, apr\u00e8s la conqu\u00eate de l&rsquo;\u00c9gypte par l&rsquo;Islam, l&rsquo;Exarchat s&rsquo;est retrouv\u00e9 en conflit direct avec les califats islamiques.\u00a0 La capitale byzantine de Carthage est finalement tomb\u00e9e aux mains des arm\u00e9es du g\u00e9n\u00e9ral omeyyade Hassan Ibn an-Nou&rsquo;man, [xxiv] ce qui a essentiellement mis fin au contr\u00f4le byzantin de la r\u00e9gion.[xxv] Cependant, avec la d\u00e9faite de leurs anciens dirigeants, Dihya a pu rallier toutes les tribus berb\u00e8res sous sa direction et elle est devenue connue comme la \u00ab\u00a0<strong>Reine des Berb\u00e8res<\/strong>\u00ab\u00a0. Elle a mont\u00e9 une campagne de r\u00e9sistance contre les envahisseurs Omeyyades, en utilisant d&rsquo;abord la gu\u00e9rilla mais en passant rapidement au conflit ouvert. Sous son autorit\u00e9, les forces berb\u00e8res d\u00e9sorganis\u00e9es se sont rapidement transform\u00e9es en une arm\u00e9e bien disciplin\u00e9e, elle nous rappelle curieusement Ibn Abdelkrim al-Khattabi qui d\u00e9fia et d\u00e9fit les Espagnols dans le Rif marocain dans les ann\u00e9es 20 du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Voyant en Dihya l&rsquo;adversaire le plus puissant de la r\u00e9gion, le g\u00e9n\u00e9ral Hassan marche vers le sud pour l&rsquo;affronter. Leurs arm\u00e9es se rencontrent pr\u00e8s de Meskiana, o\u00f9 les forces de Dihya battent celles de Hassan si compl\u00e8tement qu&rsquo;il fuit la r\u00e9gion et se retire en Libye pour les ann\u00e9es suivantes. Pendant cette p\u00e9riode, Dihya est sur le point de cr\u00e9er un nouvel \u00c9tat-nation, en mettant en place de nouveaux syst\u00e8mes administratifs pour soutenir son arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re bataille a lieu \u00e0 Meskiana. [xxvi] De nuit, al-Kahina dissimule son arm\u00e9e dans la montagne pour prendre en embuscade les troupes ennemies, et remporte une victoire fracassante qui sera ensuite appel\u00e9e la \u00ab <strong>Bataille des chameaux<\/strong> \u00bb (les Berb\u00e8res ayant tir\u00e9 leurs fl\u00e8ches entre les jambes de leurs chameaux). Suite \u00e0 ces victoires, al-Kahina r\u00e8gne sur l\u2019Ifriqiya (royaume d\u2019Afrique du Nord comprenant\u00a0:\u00a0 la Tunisie, l\u2019est de l\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019ouest de la Libye) pendant cinq ans.<\/p>\n<p>Cependant, les Berb\u00e8res \u00e9taient devenus le seul opposant \u00e0 la domination islamique en Afrique et les califes ont consacr\u00e9 d&rsquo;\u00e9normes ressources \u00e0 leur d\u00e9faite. Hassan revient avec de nouvelles forces, cette fois-ci alli\u00e9es \u00e0 l&rsquo;un des fils de Dihya qui a fait d\u00e9fection. Les deux arm\u00e9es se sont affront\u00e9es pr\u00e8s de la ville de Tabarka (<strong>Bataille de Tabarka<\/strong>), pr\u00e8s de la fronti\u00e8re moderne Alg\u00e9rie-Tunisie, o\u00f9 un point d&rsquo;\u00e9tranglement existe entre la mer M\u00e9diterran\u00e9e et la\u00a0Montagnes des Aur\u00e8s en 701, 702 ou 703 AD.\u00a0La bataille &#8211; d\u00e9crite comme \u00ab f\u00e9roce \u00bb\u00a0&#8211; s&rsquo;est sold\u00e9 par une victoire des Omeyyades, la mort de Dihya et la fin de la r\u00e9sistance berb\u00e8re organis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;invasion des Omeyyades. [xxvii] Les forces berb\u00e8res sont vaincues et Dihya elle-m\u00eame est tu\u00e9e dans la bataille. Selon certains r\u00e9cits, elle s&#8217;empoisonna lorsque la d\u00e9faite devint in\u00e9vitable, tandis que d&rsquo;autres disent qu&rsquo;elle mourut au combat, une \u00e9p\u00e9e \u00e0 la main. Toutefois certains r\u00e9cits historiques racontent qu\u2019al-Kahina est faite prisonni\u00e8re en 693, et elle est ex\u00e9cut\u00e9e par d\u00e9capitation par Hassan Ibn an-Nou\u2019man qui r\u00e9clame alors 12 000 cavaliers aux Berb\u00e8res, dont il confie le commandement aux deux fils d\u2019al-Kahina. Ifran et Yezdia qui se verront \u00e9galement attribuer le gouvernement de l\u2019Aur\u00e8s. Derni\u00e8re voix de la r\u00e9sistance \u00e0 la domination arabe en Afrique du Nord-Ouest, la mort de Dihya marqua la fin d&rsquo;une \u00e9poque pour la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Pour Cynthia Becker, al Kahina est la fiert\u00e9 des Amazighs de l\u2019Afrique du Nord\u00a0: [xxviii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cLes militants amazighs consid\u00e8rent Dihya, Massinissa et Jugurtha comme des figures historiques fondamentales afin de d\u00e9montrer que les Berb\u00e8res ont une histoire profonde dans la r\u00e9gion avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes. Beaucoup se rallient aux origines juives de la Kahina pour souligner les rapports pr\u00e9coloniaux qui existaient entre les berb\u00e9rophones musulmans et juifs. En outre, ces personnages donnent aux Berb\u00e8res un sentiment d&rsquo;autonomie et renforcent l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9bellion et d&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;oppression ext\u00e9rieure. Jugurtha et la Kahina, en particulier, repr\u00e9sentent l&rsquo;intr\u00e9pidit\u00e9 et la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;oppression, et sont glorifi\u00e9es pour servir les objectifs politiques contemporains du mouvement amazigh. La repr\u00e9sentation d&rsquo;une femme guerri\u00e8re sert \u00e0 renforcer l&rsquo;affirmation des militants amazighs selon laquelle, avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes, les femmes nord-africaines jouissaient d&rsquo;une plus grande libert\u00e9 et d&rsquo;un meilleur statut qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cAmazigh activists view Dihya, Massinissa, and Jugurtha as seminal historical figures in order to demonstrate that Berbers have a deep history in the region prior to the arrival of the Arabs. Many embrace the Jewish origins of the Kahina to emphasize the pre-colonial rapport that existed between Muslim and Jewish Berber-speakers. Furthermore, these figures give Berbers a sense of agency and reinforce the idea of rebellion and opposition against external oppression. Jugurtha and the Kahina, especially, represent fearlessness and resistance against oppression, glorifying them to further the Amazigh movement\u2019s contemporary political goals. The representation of a female warrior serves to further the assertion made by Amazigh activists that prior to the arrival of Arabs, North African women enjoyed greater freedom and status than they do today<\/em>. <em>\u201c]<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Qui \u00e9tait al-Kahina ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Quatre ann\u00e9es s&rsquo;\u00e9coulent avant que le califat puisse renouveler son offensive en Afrique du Nord. Le calife omeyyade Abd al-Malik (r. 685-705) [xxix] ne pouvait pas disposer des hommes et des ressources n\u00e9cessaires \u00e0 une nouvelle exp\u00e9dition en raison de plusieurs affaires urgentes et de crises qui affectaient ses domaines plus pr\u00e8s de chez lui. Abd al-Malik nomma Hassan ibn an-Nou\u2019man comme nouveau gouverneur et commandant du califat sur le front nord-africain. Hassan ibn an-Nou\u2019man se voit confier les revenus de l&rsquo;\u00c9gypte dans leur int\u00e9gralit\u00e9 afin de lever et d&rsquo;\u00e9quiper une grande arm\u00e9e pour conqu\u00e9rir d\u00e9finitivement l&rsquo;Afrique du Nord. Son premier objectif \u00e9tait d&rsquo;\u00e9liminer la pr\u00e9sence byzantine dans la r\u00e9gion. Apr\u00e8s avoir repris Kairouan, il attaque et occupe Carthage. Il d\u00e9truit le port de la ville pour emp\u00eacher la marine byzantine de l&rsquo;utiliser pour se renforcer et se r\u00e9approvisionner. Apr\u00e8s avoir occup\u00e9 Carthage, Hassan envoie des d\u00e9tachements pour combattre et expulser les derniers vestiges des Byzantins dans la r\u00e9gion. La plupart des Byzantins survivants fuient au nord vers les \u00eeles de la M\u00e9diterran\u00e9e, principalement la Sicile.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;entre en sc\u00e8ne al-Kahina. Elle a pris la t\u00eate de la r\u00e9sistance contre Hassan et son arm\u00e9e apr\u00e8s la mort de Koce\u00efla[xxx] et l&rsquo;expulsion des Byzantins d&rsquo;Afrique du Nord. En fait, Hassan croyait avoir accompli sa t\u00e2che militaire apr\u00e8s avoir vaincu les Byzantins et \u00e9tait retourn\u00e9 \u00e0 Kairouan. Il a reconstruit la grande mosqu\u00e9e de la ville en utilisant des mat\u00e9riaux plus durables que la construction originale. On lui attribue \u00e9galement la mise en place de la premi\u00e8re administration efficace de l&rsquo;Ifriqiya et la construction de l&rsquo;arsenal (Dar al-sina&rsquo;a) \u00e0 Tunis. Il a \u00e9galement mis en place des politiques administratives qui ont permis l&rsquo;incorporation et l&rsquo;assimilation des Berb\u00e8res et ont assur\u00e9 leur coop\u00e9ration et leur loyaut\u00e9, une politique que son successeur, Moussa Ibn Nou\u00e7air, poursuivra et qui aboutira \u00e0 la conqu\u00eate compl\u00e8te de l&rsquo;Afrique du Nord en 710. Hassan re\u00e7ut une nouvelle surprenante \u00e0 Kairouan : une femme, al-Kahina, avait rassembl\u00e9 une grande force de Berb\u00e8res et proclam\u00e9 qu&rsquo;elle allait expulser les Arabes d&rsquo;Ifriqiya.<\/p>\n<p>Qui \u00e9tait donc al-Kahina ? Il est difficile de se faire une id\u00e9e pr\u00e9cise de sa v\u00e9ritable personnalit\u00e9, qui \u00e9tait certainement tr\u00e8s complexe. Les sources qui la mentionnent sont tellement impr\u00e9gn\u00e9es de l\u00e9gende que l&rsquo;on ne peut avoir qu&rsquo;une image d\u00e9form\u00e9e de cette femme impressionnante. M\u00eame son nom r\u00e9el fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat. Al-Kahina est le nom qui lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par les Arabes et qui signifie : \u00ab\u00a0sorci\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0voyante\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0proph\u00e9tesse\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pr\u00eatresse\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s la mort de Koce\u00efla en 688 et l&rsquo;effondrement du pouvoir byzantin dans la r\u00e9gion, elle est devenue le chef et l&rsquo;esprit directeur de la r\u00e9sistance berb\u00e8re aux Arabes sous le commandement de Hassan Ibn an-Nou\u2019man. Certains disent que son vrai nom \u00e9tait Dihya et Ibn Khaldoun en mentionne plusieurs variantes, notamment : Dahya, Dahiya, Damya, et Damiya &#8211; selon lui, il s&rsquo;agissait \u00e9galement de variantes pour le nom d&rsquo;une tribu berb\u00e8re.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3664\" aria-describedby=\"caption-attachment-3664\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3664 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dihya-reine-guerriere-amazighe.jpg?resize=618%2C433&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dihya-reine-guerriere-amazighe.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dihya-reine-guerriere-amazighe.jpg?resize=357%2C250&amp;ssl=1 357w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3664\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Dihya, reine guerri\u00e8re amazighe<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Son ascendance est \u00e9galement incertaine. Les sources indiquent qu&rsquo;elle \u00e9tait la fille de Tatit, ou de Matiya (Matthias, Matthieu) fils de Tifan (Theophanus). Cela peut signifier qu&rsquo;elle \u00e9tait une Berb\u00e8re de sang m\u00eal\u00e9 et explique ainsi son autorit\u00e9 sur les quelques Byzantins restant dans ses domaines en plus de ses partisans berb\u00e8res. Elle a eu deux fils de deux p\u00e8res : l&rsquo;un berb\u00e8re et l&rsquo;autre grec. Plusieurs tribus berb\u00e8res de ses domaines, y compris sa propre tribu Jewara (un sous-groupe des Zenata), s&rsquo;\u00e9taient initialement converties au juda\u00efsme, mais sous le r\u00e8gne d&rsquo;al-Kahina, elles \u00e9taient devenues chr\u00e9tiennes. Al-Kahina \u00e9tait une proph\u00e9tesse et pratiquait la divination. Selon les chroniques arabes, c&rsquo;\u00e9tait une extatique qui \u00e9tait saisie d&rsquo;une violente excitation lorsqu&rsquo;elle recevait son inspiration proph\u00e9tique. Dans ces moments-l\u00e0, elle se frappait la poitrine et laissait couler ses cheveux abondants, qui se dressaient sur la pointe des pieds. Au moment o\u00f9 elle a d\u00e9fi\u00e9 les Arabes, al-Kahina \u00e9tait veuve et probablement une femme tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e. Ibn Khaldoun affirme qu&rsquo;\u00e0 sa mort, elle avait 127 ans, mais il s&rsquo;agit tr\u00e8s probablement d&rsquo;une exag\u00e9ration qui fait partie de sa \u00ab\u00a0l\u00e9gende\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>R\u00e8gne d&rsquo;al-Kahina<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Pour Benjamin Hendrickx dans un article intitul\u00e9\u00a0: \u201c Al-Kahina: The Last Ally of the Roman-Byzantines in the Maghreb Against the Muslim Arab Conquest?\u201c [xxxi] [\u00a0\u00bb Al-Kahina : Le dernier alli\u00e9 des romano-byzantins au Maghreb contre la conqu\u00eate arabo-musulmane ? \u00ab\u00a0], il r\u00e9examine les sources sur al-Kahina, ainsi que la situation militaire et politique byzantine au Maghreb \u00e0 la fin du 7e si\u00e8cle de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, afin de d\u00e9terminer sa relation avec les Byzantins pendant sa guerre de r\u00e9sistance contre les Arabes conqu\u00e9rants. Les faits historiques ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s des l\u00e9gendes et des traditions.<\/p>\n<p>Il appara\u00eet ainsi clairement qu\u2019al-Kahina, en tant que chr\u00e9tienne, s&rsquo;est alli\u00e9e aux romains- byzantins. Elle l&rsquo;a fait en sa qualit\u00e9 de reine berb\u00e8re. D&rsquo;un point de vue byzantin, et dans le contexte de la th\u00e9orie politique ainsi que de la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9ologie et de la tradition militaire romano-byzantines, la \u00ab\u00a0conversion\u00a0\u00bb de ses fils \u00e0 l&rsquo;Islam sur ses ordres est possible mais pas certaine.<\/p>\n<p>On pense qu\u2019al-Kahina a combattu aux c\u00f4t\u00e9s de Koce\u00efla (Aksel) dans les ann\u00e9es 680 et qu&rsquo;elle a fait ses preuves au combat. Cette affirmation est \u00e9tay\u00e9e par l&rsquo;acceptation par ses troupes de sa comp\u00e9tence en tant que commandant militaire. Elle a remport\u00e9 une victoire pr\u00e9coce contre Hassan ibn an-Nou\u2019man (date inconnue) et a forc\u00e9 sa retraite. Hassan remobilise ses troupes et prend furieusement la ville de Carthage en 698. Tenant d\u00e9sormais les r\u00e9gions du nord-est, il attaque \u00e0 nouveau al-Kahina et est si s\u00e9v\u00e8rement battu qu&rsquo;il se retire en Libye ou en \u00c9gypte. [xxxii]\n<p>Le pr\u00e9tendu don de proph\u00e9tie d\u2019al-Kahina lui aurait permis de savoir comment son adversaire formerait ses troupes, comment elles seraient renforc\u00e9es et de quelle direction elles viendraient. Son pouvoir spirituel a donn\u00e9 lieu \u00e0 des comparaisons avec l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne fran\u00e7aise Jeanne d&rsquo;Arc (1412-1431) et elle pr\u00e9sente \u00e9galement des similitudes avec la voyante et guerri\u00e8re apache Lozen (1840-1889), [xxxiii] qui \u00e9tait capable d&rsquo;anticiper et de vaincre les troupes de la cavalerie am\u00e9ricaine par pr\u00e9cognition. On dit qu&rsquo;en utilisant ses pouvoirs, al-Kahina aurait remport\u00e9 une troisi\u00e8me victoire contre le g\u00e9n\u00e9ral Hassan, ou peut-\u00eatre une arm\u00e9e sous les ordres d&rsquo;un autre chef alors que Hassan \u00e9tait en \u00c9gypte ou en Libye.<\/p>\n<p>Selon la l\u00e9gende, lors de cet engagement, elle fut d\u00e9pass\u00e9e en nombre par les forces arabes et battit en retraite. Cependant, reconnaissant la direction du vent, elle ordonna \u00e0 son arm\u00e9e d&rsquo;allumer des feux que le vent porta ensuite \u00e0 l&rsquo;ennemi. L&rsquo;arm\u00e9e arabe fut contrainte de battre en retraite et le pays fut si gravement br\u00fbl\u00e9 que toute campagne future devrait traverser une terre aride et sans ressources.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre r\u00e9cit possible est que les historiens arabes attribuent \u00e0 al-Kahina la <strong>tactique de la terre br\u00fbl\u00e9e<\/strong> connue pour avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les arm\u00e9es arabes envahissantes ailleurs. En \u00c9gypte, en Libye et en M\u00e9sopotamie, les envahisseurs arabes musulmans utilisaient r\u00e9guli\u00e8rement cette tactique pour soumettre la population. Il est donc probable qu&rsquo;ils aient fait de m\u00eame en Afrique du Nord, les auteurs ult\u00e9rieurs attribuant la responsabilit\u00e9 de la destruction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 la reine qui avait men\u00e9 la r\u00e9sistance contre eux.<\/p>\n<p>Il est donc possible que Hassan, ou un autre commandant, ait initi\u00e9 la politique de la terre br\u00fbl\u00e9e en Afrique du Nord pour d\u00e9moraliser le peuple &#8211; tout comme ils l&rsquo;avaient fait ailleurs &#8211; et que cela ait r\u00e9ussi \u00e0 briser la r\u00e9sistance. Ceux qui avaient auparavant soutenu ouvertement al-Kahina n&rsquo;ont peut-\u00eatre plus pu se permettre de voir leurs r\u00e9coltes et leurs maisons d\u00e9truites. Il est \u00e9galement possible qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, le peuple ait tout simplement consid\u00e9r\u00e9 la victoire des Arabes musulmans comme in\u00e9vitable ; al-Kahina elle-m\u00eame a peut-\u00eatre ressenti la m\u00eame chose, comme en t\u00e9moigne la reddition ult\u00e9rieure de ses fils \u00e0 Hassan.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Al-Kahina, une personnalit\u00e9 complexe<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Qui \u00e9tait donc al-Kahina ? Il est difficile de se faire une id\u00e9e pr\u00e9cise de sa v\u00e9ritable personnalit\u00e9, qui \u00e9tait certainement tr\u00e8s complexe. Les sources qui la mentionnent sont tellement impr\u00e9gn\u00e9es de l\u00e9gende que l&rsquo;on ne peut avoir qu&rsquo;une image d\u00e9form\u00e9e de cette femme impressionnante. M\u00eame son nom r\u00e9el fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat. Al-Kahina est le nom qui lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par les Arabes et qui signifie : \u00ab\u00a0sorci\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0voyante\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0proph\u00e9tesse\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pr\u00eatresse\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s la mort de Koce\u00efla en 688 et l&rsquo;effondrement du pouvoir byzantin dans la r\u00e9gion, elle est devenue le chef et l&rsquo;esprit directeur de la r\u00e9sistance berb\u00e8re aux Arabes sous le commandement de Hassan Ibn an-Nou\u2019man. Certains disent que son vrai nom \u00e9tait Dihya et Ibn Khaldoun en mentionne plusieurs variantes, notamment : Dahya, Dahiya, Damya, et Damiya &#8211; selon lui, il s&rsquo;agissait \u00e9galement de variantes pour le nom d&rsquo;une tribu berb\u00e8re.<\/p>\n<p>Toutefois, John Mason, nous livre dans <em>Arab America <\/em>un profil romanc\u00e9 de cette courageuse femme amazighe\u00a0: [xxxiv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cUne femme leader d&rsquo;une tribu berb\u00e8re ou amazigh d&rsquo;Afrique du Nord, al-Kahina, a une longue histoire qui remonte \u00e0 14 si\u00e8cles. Elle aurait men\u00e9 la r\u00e9sistance nord-africaine \u00e0 l&rsquo;invasion arabo-islamique de cette r\u00e9gion au 7e si\u00e8cle de notre \u00e8re. Al-Kahina est connue dans la majeure partie de l&rsquo;Afrique du Nord, principalement comme une h\u00e9ro\u00efne, une femme qui, dans les termes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, serait qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0lib\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb, voire de \u00ab\u00a0f\u00e9ministe\u00a0\u00bb. Elle pourrait \u00e9galement avoir des racines dans la tradition juive. Ces descriptions d&rsquo;al-Kahina ont cr\u00e9\u00e9 une vision tr\u00e8s romanc\u00e9e d&rsquo;elle, qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les Berb\u00e8res, les colonialistes fran\u00e7ais et les femmes contemporaines pour soutenir leurs causes respectives. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cA female leader from a Berber or Amazigh tribe in North Africa, al-Kahina, has a long history going back 14 centuries. She supposedly led the North African resistance to the Arab-Islamic invasion of that region in the 7th century A.D. Al-Kahina is known over most of North Africa, mostly as a heroine, a woman who in today\u2019s terms would be called \u201cliberated,\u201d even a \u201cfeminist.\u201d She may also have roots in the Jewish tradition. Such descriptions of al-Kahina have created a highly romanticized vision of her, which has been used by Berbers, French colonialists, and contemporary women to support their respective causes. \u201c]<\/em><\/p>\n<p>Cinq ans apr\u00e8s le jour de leur d\u00e9faite, les Arabes reviennent avec une forte arm\u00e9e et envahissent les terres berb\u00e8res. Al-Kahina fut vaincu et tu\u00e9 au combat, une vraie mort de guerrier dans les Aur\u00e8s (aujourd&rsquo;hui l&rsquo;est de l&rsquo;Alg\u00e9rie). Le puits qui se trouvait \u00e0 proximit\u00e9 du lieu de sa mort porte toujours son nom, Bir al-Kahina (le puits d\u2019al-Kahina).<\/p>\n<p>Guerri\u00e8re intr\u00e9pide, Dihya a bri\u00e8vement retenu les envahisseurs arabes qui balayaient l&rsquo;Afrique du Nord au 7e si\u00e8cle. [xxxv] Grande et puissante, la g\u00e9n\u00e9rale Dihya, en inf\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique, a ex\u00e9cut\u00e9 un dernier acte de d\u00e9fi obstin\u00e9 contre une arm\u00e9e arabe qui envahissait sa patrie dans le nord-ouest de l&rsquo;Afrique. Loin du st\u00e9r\u00e9otype de la femme maghr\u00e9bine docile et soumise, cette guerri\u00e8re l\u00e9gendaire originaire des montagnes de l&rsquo;Aur\u00e8s, en Alg\u00e9rie, a ordonn\u00e9 \u00e0 ses hommes d&rsquo;allumer des feux, que les vents dominants ont port\u00e9s jusqu&rsquo;aux troupes dirig\u00e9es par un g\u00e9n\u00e9ral omeyyade nomm\u00e9 Hassan Ibn an-Nou\u2019man, les obligeant \u00e0 se retirer en Libye.<\/p>\n<p>Joshua J. Mark \u00e9crit \u00e0 ce propos dans l&rsquo;<em>Ancient History Encyclopedia\u00a0: <strong>[xxxvi]<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cSelon la l\u00e9gende, au cours de cet engagement, elle fut d\u00e9pass\u00e9e en nombre par les forces arabes et battit en retraite. Cependant, reconnaissant la direction du vent, elle ordonna \u00e0 son arm\u00e9e d&rsquo;allumer des feux que le vent porta ensuite \u00e0 l&rsquo;ennemi. L&rsquo;arm\u00e9e arabe fut contrainte de battre en retraite et le pays fut si gravement br\u00fbl\u00e9 que toute campagne future devrait traverser une terre aride et sans ressources.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00c0 ce stade de son histoire, il existe deux r\u00e9cits possibles. Selon les historiens et l\u00e9gendes arabes, sa victoire par le feu aurait donn\u00e9 \u00e0 Kahina l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;initier une politique de terre br\u00fbl\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle. Elle aurait cru que les Arabes n&rsquo;\u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s que par les richesses de la terre et que, si elle les supprimait, ils laisseraient son peuple tranquille. Elle a donc ordonn\u00e9 \u00e0 son arm\u00e9e de d\u00e9molir les fortifications, de d\u00e9truire les villes et les villages et de faire fondre l&rsquo;or et l&rsquo;argent. Elle ordonna en outre de couper les vergers, de br\u00fbler les champs et m\u00eame de d\u00e9truire les jardins priv\u00e9s. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cAccording to legend, during this engagement she was outnumbered by the Arab forces and fell back in retreat. Recognizing the direction of the wind, however, she ordered her army to set fires which the wind then carried to the enemy. The Arab army was forced to retreat and the land was so badly burned that any future campaigns would have to cross an arid wasteland without resources.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>At this point in her story, there are two possible narratives. According to the Arab historians and legends, her victory by fire gave Kahina the idea to initiate a scorched-earth policy on a large scale. She is claimed to have believed that the Arabs were only interested in the riches of the land and that, if she removed these, they would leave her people alone. She therefore commanded her army to tear down the fortifications, destroy the cities and towns, and melt down the gold and silver. She further ordered orchards cut down, fields burned, and even private gardens destroyed. ]<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_3665\" aria-describedby=\"caption-attachment-3665\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3665 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Graffiti-peint-sur-lentree-dun-village-kabyle-situe-a-lexterieur-de-la-ville-de-Tizi-Ouzou-Photo-de-Cynthia-Becker-2006.jpg?resize=618%2C582&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"582\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Graffiti-peint-sur-lentree-dun-village-kabyle-situe-a-lexterieur-de-la-ville-de-Tizi-Ouzou-Photo-de-Cynthia-Becker-2006.jpg?w=620&amp;ssl=1 620w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Graffiti-peint-sur-lentree-dun-village-kabyle-situe-a-lexterieur-de-la-ville-de-Tizi-Ouzou-Photo-de-Cynthia-Becker-2006.jpg?resize=265%2C250&amp;ssl=1 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3665\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Graffiti peint sur l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un village kabyle situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la ville de Tizi Ouzou (Photo de Cynthia Becker (2006))<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les Amazighs d&rsquo;Afrique du Nord &#8211; connus aujourd&rsquo;hui sous le nom de Berb\u00e8res, un terme p\u00e9joratif qu&rsquo;ils n&rsquo;utilisent pas eux-m\u00eames &#8211; ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;expansion remarquablement rapide des arm\u00e9es arabes dans les r\u00e9gions d&rsquo;Afrique du Nord pr\u00e9c\u00e9demment contr\u00f4l\u00e9es par les Byzantins. En 647, la M\u00e9sopotamie et l&rsquo;\u00c9gypte \u00e9taient tomb\u00e9es, entra\u00eenant l&rsquo;adoption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l&rsquo;islam. Hassan a captur\u00e9 Carthage en 698 dans ce qui est aujourd&rsquo;hui la Tunisie. Ensuite, le reste du Maghreb.<\/p>\n<p>Certaines sources affirment qu&rsquo;avant sa mort, Dihya a remis ses deux fils aux Arabes pour qu&rsquo;ils se convertissent \u00e0 l&rsquo;islam et \u00e9chappent \u00e0 son propre destin, bien que l&rsquo;historien du e si\u00e8cle Al-Waqidi et l&rsquo;historien du 13e si\u00e8cle Ibn al-Athir aient tous deux sugg\u00e9r\u00e9 que ses enfants ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Avec la mort de Dihya et la domination des Arabes sur l&rsquo;Afrique du Nord qui en a r\u00e9sult\u00e9, les d\u00e9tails de sa vie sont devenus un m\u00e9lange de mythes et d&rsquo;hyperboles.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Aucune l\u00e9gende n&rsquo;a articul\u00e9 ou promu autant de mythes, ni servi autant d&rsquo;id\u00e9ologies que celle-ci\u00a0\u00bb<\/em>,<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201c[N]o legend has articulated or promoted as many mythos, nor served as many ideologies as this one\u201d]<\/em><\/p>\n<p>\u00e9crit Abdelmajid Hannoum dans <em>Colonial Histories, Post-Colonial Memories<\/em> <em>: The Legend of the Kahina, a North African Heroine<\/em>. [xxxvii] Notant que l&rsquo;histoire de cette guerri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 transmise par la tradition orale pendant deux si\u00e8cles avant d&rsquo;\u00eatre consign\u00e9e par \u00e9crit, Hannoum explique qu&rsquo;au fil des ans, l&rsquo;Afrique du Nord &#8211; en fonction du conqu\u00e9rant du jour &#8211; a \u00e9t\u00e9 <em>\u00ab\u00a0tant\u00f4t arabe, tant\u00f4t fran\u00e7aise, tant\u00f4t berb\u00e8re et tant\u00f4t juive\u00a0\u00bb<\/em> [\u201c<em>sometimes Arab, sometimes French, sometimes Berber and sometimes Jewish.\u201d<\/em>]. Il ajoute que la l\u00e9gende de Dihya est cruciale dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique du Nord islamique car elle repr\u00e9sente un moment o\u00f9 la r\u00e9gion <em>\u00ab\u00a0renaissait et se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rait.\u00a0\u00bb<\/em> [\u201c<em>was reborn and regenerated<\/em>.\u201d].<\/p>\n<figure id=\"attachment_3666\" aria-describedby=\"caption-attachment-3666\" style=\"width: 619px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3666 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Statue-de-Dihya-a-Bagai-en-Algerie.jpg?resize=618%2C689&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"689\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Statue-de-Dihya-a-Bagai-en-Algerie.jpg?w=619&amp;ssl=1 619w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Statue-de-Dihya-a-Bagai-en-Algerie.jpg?resize=224%2C250&amp;ssl=1 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3666\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Statue de Dihya \u00e0 Bagai en Alg\u00e9rie<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>En ce qui concerne la vie personnelle de la Kahina, les historiens d\u00e9crivent qu&rsquo;elle \u00e9tait belle avec de longs cheveux bruns et qu&rsquo;elle \u00e9tait de grande taille, qui sont dits \u00eatre des caract\u00e9ristiques l\u00e9gendaires des proph\u00e8tes. Elle a eu trois fils, deux \u00e9taient les siens et le troisi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 (Khaled Ibn Yazid Al-Qaysi). Une l\u00e9gende raconte qu&rsquo;elle a entrepris une tactique politique afin de lib\u00e9rer son peuple d&rsquo;un certain tyran. La l\u00e9gende dit qu&rsquo;elle a accept\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pouser, puis qu&rsquo;elle l&rsquo;a assassin\u00e9 lors de leur nuit de noces.<\/p>\n<p>Dihya se distingue parmi les hommes et les femmes de l&rsquo;histoire m\u00e9di\u00e9vale, car elle a atteint la grandeur uniquement par ses propres efforts. C&rsquo;est une femme courageuse et une guerri\u00e8re qui a consacr\u00e9 son pouvoir \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;invasion et \u00e0 la protection de sa terre et de sa culture, ce qui a fait d&rsquo;elle l&rsquo;une des figures l\u00e9gendaires les plus c\u00e9l\u00e8bres de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique du Nord antique.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Les repr\u00e9sentations d&rsquo;al-Kahina<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentations d&rsquo;al-Kahina vont de l&rsquo;anti-h\u00e9ros de l&rsquo;Islam au guerrier de la r\u00e9sistance du peuple amazigh. Avant les invasions arabes, le christianisme \u00e9tait r\u00e9pandu dans la r\u00e9gion avec l&rsquo;occupation romaine, ce qui am\u00e8ne les chercheurs \u00e0 d\u00e9duire qu&rsquo;al-Kahina \u00e9tait chr\u00e9tienne. D&rsquo;autres sources d\u00e9crivent al-Kahina comme juive en se basant sur des traditions orales, des interpr\u00e9tations d\u2019al-Kahina et les \u00e9crits d&rsquo;Abd ar-Rahman Ibn Khaldoun. Au cours du vingti\u00e8me si\u00e8cle, le gouvernement fran\u00e7ais s&rsquo;est appropri\u00e9 l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Kahina pour promouvoir son programme colonial. Dans la r\u00e9gion, aujourd&rsquo;hui, al-Kahina a \u00e9t\u00e9 iconis\u00e9e et utilis\u00e9e comme le \u00ab\u00a0visage\u00a0\u00bb de l&rsquo;activisme social des Imazighen. Les diverses caract\u00e9ristiques imagin\u00e9es et imaginaires de l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Kahina ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour promouvoir diff\u00e9rents agendas politiques, tant dans le pass\u00e9 que dans le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de consensus sur la l\u00e9gende d&rsquo;al-Kahina, cependant, plusieurs sources la d\u00e9crivent comme une femme souveraine du 7e si\u00e8cle du clan Jerawa, des Imazighen kabyles dans les Aur\u00e8s. On dit qu&rsquo;elle avait le don de proph\u00e9tie et qu&rsquo;elle a pr\u00e9vu non seulement l&rsquo;invasion arabe, mais aussi sa mort aux mains du g\u00e9n\u00e9ral Hassan Ibn an-Nou&rsquo;man al-Ghassani, qui s&rsquo;est produite vers l&rsquo;an 700. Parmi les personnages les plus importants de la l\u00e9gende d&rsquo;al-Kahina figurent Koce\u00efla, Khalid b. Yazid al-Absi [xxxviii]ou Khalid b. Yazid al-Qaysi [xxxix] et le g\u00e9n\u00e9ral Hassan. Koce\u00efla est commun\u00e9ment d\u00e9crit comme le chef amazigh christianis\u00e9 et le pr\u00e9d\u00e9cesseur d&rsquo;al-Kahina en tant que g\u00e9n\u00e9ral de la r\u00e9sistance militaire aux invasions arabes vers 670. Khalid est repr\u00e9sent\u00e9 comme un homme arabe fait prisonnier par al-Kahina qui l&rsquo;a adopt\u00e9 comme fils ou en a fait son amant. Enfin, le g\u00e9n\u00e9ral Hassan, qui est charg\u00e9 de mener la campagne arabe en Afrique du Nord et, vraisemblablement, de neutraliser al-Kahina.<\/p>\n<p>Adam Silverstein remet en question l&rsquo;approche historique d&rsquo;Ibn Khaldoun, affirmant qu&rsquo;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00a0\u00bb <em>[il] a pass\u00e9 une grande partie de sa vie d&rsquo;adulte immerg\u00e9 dans des projets \u00e9gocentriques et des machinations politiques <\/em>\u00ab\u00a0. [xl]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201c[he] spent much of his adult life immersed in self-serving schemes and political machinations.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Et ajoute qu&rsquo;Ibn Khaldoun,<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201c\u00a0\u2026consid\u00e9rait l&rsquo;histoire comme le produit de certains processus identifiables et dynamiques, tels que l&rsquo;interaction entre les barbares impr\u00e9gn\u00e9s de coh\u00e9sion \u00ab\u00a0tribale\u00a0\u00bb (&lsquo;asabiyya) et les civilisations s\u00e9dentaires qu&rsquo;ils c\u00f4toyaient. La th\u00e9orie de l&rsquo;histoire d&rsquo;Ibn Khaldoun stipule que les barbares s&rsquo;unissent parfois pour envahir les civilisations voisines et se civiliser eux-m\u00eames, pour \u00eatre ensuite conquises par un nouveau groupe de barbares. Le processus se r\u00e9p\u00e8te ind\u00e9finiment&#8230; [Il] consid\u00e9rait l&rsquo;histoire comme cyclique et soumise \u00e0 des r\u00e8gles et \u00e0 des mod\u00e8les<\/em>. \u201c [xli]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201csaw history as the product of certain identifiable, dynamic processes, such as the interaction between barbarians imbued with \u2018tribal\u2019 cohesions (\u2018asabiyya) and the settled civilizations they bordered. Ibn Khald\u00fbn\u2019s theory of history dictates that barbarians will occasionally unite to overrun neighbouring civilizations and become civilized themselves, only to be conquered by a new batch of barbarians as the process is repeated indefinitely\u2026 [he] saw history as cyclical and subject to rules and patterns.<\/em> <em>\u201c]<\/em><\/p>\n<p>Bien que critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de cette approche, Silverstein reconna\u00eet l&rsquo;impact d&rsquo;Ibn Khaldoun sur les \u00e9tudes acad\u00e9miques et le monde universitaire actuels, ainsi que sa pertinence en tant que source historique.<\/p>\n<p>La principale contribution d&rsquo;Ibn Khaldoun \u00e0 l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Kahina est son affirmation qu&rsquo;elle \u00e9tait juive. Le passage souvent cit\u00e9, tel que traduit par Abdelmajid Hannoum, est le fondement des arguments sur la jud\u00e9it\u00e9 d&rsquo;al-Kahina est comme suit : [xlii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cIl est possible que certains de ces Berb\u00e8res aient profess\u00e9 le juda\u00efsme qu&rsquo;ils ont pris aux Enfants d&rsquo;Isra\u00ebl lorsque leur royaume s&rsquo;est \u00e9tendu et s&rsquo;est ainsi rapproch\u00e9 de la Syrie. Ce fut le cas de la population des monts Awras, la tribu de K\u00e2hina qui fut tu\u00e9e par les Arabes au d\u00e9but des conqu\u00eates. C&rsquo;est aussi le cas des Naffousa, une tribu berb\u00e8re de l&rsquo;Ifriqiya, des Qandalawa, des Madyouna, des Ghiyata et des Baniata et les Banou Fazzan, une tribu de Berb\u00e8res de l&rsquo;extr\u00eame Maghreb<\/em>. \u201c<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cIt is possible that some of these Berbers professed Judaism that they took from the Children of Israel when their kingdom extended and thus became near to Syria. This was the case of the population of the Awras mountains, the tribe of the K\u00e2hina who was killed by the Arabs early on during the conquests. This was also the case of the Naffusa, a Berber Tribe from Ifriqiya, the Qandalawa, the Madyuna, the Ghiyata, and the Banu Fazzan, a tribe of the Berbers of the far Maghrib. \u201c] <\/em><\/p>\n<p>Hannoum insiste sur le fait que le but de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Ibn Khaldoun, intitul\u00e9 <strong><em>Kit\u00e2b al-&lsquo;lbar<\/em><\/strong> (<em>Livre des Le\u00e7ons<\/em>), est de <em>\u00ab\u00a0restaurer une image positive des Berb\u00e8res en les rattachant \u00e0 une origine arabe et en montrant leurs nobles qualit\u00e9s<\/em> \u00a0\u00bb [\u201c<em>restore a positive image of the Berbers by relating them to an Arab origin and showing their noble qualities<\/em>,\u201d] [xliii] et de nombreux chercheurs, dont moi-m\u00eame, sont d&rsquo;accord avec Hannoum.<\/p>\n<p>Ibn Khaldoun fournit des informations suppl\u00e9mentaires, comme une histoire g\u00e9n\u00e9alogique des Imazighen, y compris le clan d&rsquo;al-Kahina, affirmant que son nom complet \u00e9tait Dihya bint Tab\u00eeta b. N\u00eeq\u00e2n b. B\u00e2wr\u00e2 b. Maskisr\u00ee b. Afrad b. Was\u00eela b. Jr\u00e2w b.B\u00e2wr\u00e2 b. Maskisr\u00ee b. Afrad b. Was\u00eela b. Jr\u00e2w. L&rsquo;historien tunisien Mohammed Talbi fournit une g\u00e9n\u00e9alogie tr\u00e8s diff\u00e9rente pour al-K\u00e2hina et \u00e9crit : \u00a0\u00bb <em>&lsquo;Dihya fille de Matiya fils de Tifian&rsquo; (c&rsquo;est-\u00e0-dire Dahya, fille de Mathew, fils de Theophanes)<\/em>\u00ab\u00a0, pour appuyer l&rsquo;argument selon lequel elle \u00e9tait en fait chr\u00e9tienne. [xliv]\n<p>Dans le sillage d\u2019Ibn Khaldoun, Jo\u00eblle Allouche-Benayoun croit, dur comme fer, \u00e0 la judeit\u00e9 d\u2019al-Kahina\u00a0: [xlv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cLa Kahina, une reine juive en Berb\u00e9rie ? Les origines des communaut\u00e9s juives en Afrique du Nord remontent \u00e0 la plus haute antiquit\u00e9, probablement d\u00e8s l\u2019\u00e9poque de la fondation de Carthage, au viiie si\u00e8cle avant J.-C. Des Juifs vivaient l\u00e0 certainement d\u00e9j\u00e0 deux si\u00e8cles avant notre \u00e8re. Des Jud\u00e9ens s\u2019install\u00e8rent au Maghreb, chass\u00e9s par les Ptol\u00e9m\u00e9es, puis par les Romains apr\u00e8s la destruction du Temple en 70 apr\u00e8s. J.-C. A la suite de la violente insurrection des Juifs de Cyr\u00e9na\u00efque, sous le r\u00e8gne de Trajan, celui-ci, apr\u00e8s les avoir \u00e9cras\u00e9s, d\u00e9porte les survivants dans la province de Maur\u00e9tanie (Maghreb actuel, \u00e0 l&rsquo;ouest de Constantine). D\u00e8s l\u2019\u00e9poque romaine, ces Juifs du Maghreb convertissent des tribus berb\u00e8res : la plus c\u00e9l\u00e8bre d&rsquo;entre elles, celle des Djeraoua, a pour reine, au viie si\u00e8cle, celle que l\u2019on surnomme la Kahina. Son vrai nom est Dihya : la belle, ou la devineresse en amazigh. Sa g\u00e9n\u00e9alogie d\u00e9marre avec l\u2019anc\u00eatre Guerra, dont le nom signifie converti (guer) en h\u00e9breu, mais qui est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019un des descendants de Aaron le Grand Pr\u00eatre (Kohen), fr\u00e8re de Mo\u00efse. Cet anc\u00eatre a fond\u00e9 la tribu des Djeraoua (Guerraoua : les convertis ?) qui vit dans les Aur\u00e8s, \u00e0 l\u2019est du Maghreb, dans une r\u00e9gion qui s\u2019\u00e9tend de la Constantine actuelle \u00e0 la Tunisie. Une tribu qui opposa, selon le r\u00e9cit d\u2019Ibn Khaldoun, une vive et ultime r\u00e9sistance \u00e0 la conqu\u00eate arabe de l\u2019Afrique du Nord entre 695 et 700 : \u00ab Une partie des Berb\u00e8res professait le juda\u00efsme, religion qu&rsquo;ils avaient re\u00e7ue de leurs puissants voisins, les Isra\u00e9lites de la Syrie. \u201c<\/em><\/p>\n<p>\u00a0Le tra\u00e7age des liens de parent\u00e9 n&rsquo;est pas clair. Celle d&rsquo;Ibn Khaldoun semblerait \u00eatre matrilin\u00e9aire (Tabita) et celle de Talbi patrilin\u00e9aire (Mathew), mais en fin de compte, nous ne sommes pas en mesure de le d\u00e9terminer avec certitude car les noms de famille n&rsquo;\u00e9taient pas utilis\u00e9s comme ils le sont aujourd&rsquo;hui comme le souligne la linguiste Fatima Sadiqi :[xlvi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cLes g\u00e9n\u00e9alogies puniques et romaines ont surv\u00e9cu jusqu&rsquo;au Moyen \u00c2ge musulman\u2026 Les coutumes matronymiques berb\u00e8res remontent \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9-Carthage. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque punique, les \u00e9pitaphes sur les tombes antiques enregistraient la lign\u00e9e maternelle et les Libyens antiques avaient parfois des noms matronymiques indiquant la lign\u00e9e f\u00e9minine. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cThe Punic and Roman genealogies survived through Muslim Middle Ages\u2026. Berber matronymic customs go back to the pre-Carthage era. In the Punic era, epitaphs on ancient tombs recorded maternal lineage and ancient Libyans sometimes had matronymic names indicating female lineage. This tradition continued after the foundation of Carthage, as archaeologists noted the regular persistence of matronymic names. \u201c]<\/em><\/p>\n<p>Cette tradition s&rsquo;est poursuivie apr\u00e8s la fondation de Carthage, les arch\u00e9ologues ayant constat\u00e9 la persistance r\u00e9guli\u00e8re de noms matronymiques.<\/p>\n<p>En plus des d\u00e9bats susmentionn\u00e9s concernant sa g\u00e9n\u00e9alogie et ses croyances spirituelles, certains des \u00e9l\u00e9ments vacillants de sa l\u00e9gende incluent : son existence en tant que figure historique, le nombre de batailles qu&rsquo;elle a livr\u00e9es avec le g\u00e9n\u00e9ral Hassan, sa prog\u00e9niture &#8211; combien et ce qu&rsquo;il est advenu d&rsquo;elle, ses motivations pour diriger un groupe de rebelles, etc. et ce qu&rsquo;il leur est arriv\u00e9, les raisons qui l&rsquo;ont pouss\u00e9e \u00e0 mener un soul\u00e8vement contre les Arabes, et les politiques de gouvernement qu&rsquo;elle a mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3667 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d3.jpg?resize=618%2C544&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"544\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d3.jpg?w=621&amp;ssl=1 621w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d3.jpg?resize=284%2C250&amp;ssl=1 284w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Utilisant les m\u00eames sources arabes que Roth, Norris entrelace les r\u00e9cits pour cr\u00e9er un r\u00e9cit sensationnel. En utilisant des analogies, Norris d\u00e9peint al-Kahina comme une Boudica maghr\u00e9bine, [xlvii] avec des cheveux sauvages comme ceux de la reine Asbyte des Garamantes. Norris consid\u00e8re la plus grande partie de l&rsquo;histoire comme une l\u00e9gende qui incorpore des caract\u00e9ristiques des conteurs arabes avec une certaine r\u00e9alit\u00e9 historique, soutenant que les Arabes sont responsables de sa cr\u00e9ation, de sa repr\u00e9sentation et de sa r\u00e9putation. Il conclut la section sur al-Kahina par une citation du colonialiste fran\u00e7ais E.-F. Gautier qui, selon lui, \u00ab\u00a0<em>r\u00e9sume parfaitement la signification de l&rsquo;histoire<\/em> \u00a0\u00bb [xlviii]:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cL&rsquo;acte de la K\u00e2hina est quelque chose d&rsquo;essentiellement berb\u00e8re. C&rsquo;est particuli\u00e8rement Botr. La K\u00e2hina a adopt\u00e9 un fils arabe qui devait jouer un r\u00f4le pr\u00e9dominant dans le dernier acte du drame. C&rsquo;est lui qui guide la vraie prog\u00e9niture de la vieille reine vers l&rsquo;\u00e9mir arabe. Tout au long de l&rsquo;histoire du Maghreb, nous rencontrerons l&rsquo;attraction qui rapproche les nomades, arabes et berb\u00e8res\u2026. Au Maghreb, s\u00e9dentaires et nomades n&rsquo;ont jamais essay\u00e9 de vivre ensemble sans que l&rsquo;un d\u00e9gorge l&rsquo;autre. C&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side le triomphe de l&rsquo;invasion arabe. C&rsquo;\u00e9tait le tournant, et c&rsquo;est Hass\u00e2n qui l&rsquo;a d\u00e9pass\u00e9. Musa Ibn Nusayr peut venir, mais il ne rencontrera pas plus qu&rsquo;un \u00e9parpillement de tribus d\u00e9sorganis\u00e9es, avec une r\u00e9elle soumission nulle part, c&rsquo;est bien vrai, mais de r\u00e9sistance s\u00e9rieuse rien de plus. Et il pourra lancer l&rsquo;Islam dans une nouvelle aventure, bien plus loin, \u00e0 travers l&rsquo;eau jusqu&rsquo;en Espagne. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cThe act of the K\u00e2hina is something essentially Berber. It is particularly Botr. The K\u00e2hina adopted an Arab son who was to play a predominant role in the last act of the drama. He it is who guides the true offspring of the old queen to the Arab Amir. Throughout the whole history of the Maghrib we shall come across the attraction which brings the nomads, both Arab and Berber closer together\u2026. In the Maghrib, sedentaries and nomads have never tried to live together without the one disgorging the other. There lies the triumph of the Arab invasion. It was the turning point, and it was Hass\u00e2n who passed beyond it. Musa Ibn Nusayr may come, but he will not meet more than a scattering of disorganized tribes, with real submission nowhere to be found, that is indeed true, but of serious resistance nothing more. And he will be able to launch Islam into a new adventure, much further onwards, across the water into Spain. \u201c]<\/em><\/p>\n<p>Cette citation illustre la complexit\u00e9 sociale de la r\u00e9gion, et comment la l\u00e9gende d&rsquo;al-Kahina a \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9e par les Arabes pour assimiler les Imazighen et unifier la r\u00e9gion sous l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>La Kahina dans la litt\u00e9rature moderne<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentations litt\u00e9raires de la f\u00e9ministe al-Kahina de Kateb Yacine [xlix] ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es en d\u00e9tail, bien que ces \u00e9tudes ne fournissent pas de preuves suffisantes pour justifier une telle interpr\u00e9tation. [l] La th\u00e9oricienne de la litt\u00e9rature Winifred Woodhull a explor\u00e9 les sous-entendus du roman <em>Nedjma<\/em> de Kateb, paru en 1956. Bien qu\u2019al-Kahina n&rsquo;ait jou\u00e9 qu&rsquo;un r\u00f4le mineur dans son analyse, elle a n\u00e9anmoins fait valoir que la l\u00e9gende est le lien entre le pass\u00e9 ethnique incertain de l&rsquo;Alg\u00e9rie et son avenir moderne, observant que l&rsquo;h\u00e9ritage mixte du personnage principal du roman renvoie \u00e0 celui d\u2019al-Kahina et que cette ambigu\u00eft\u00e9 repr\u00e9sentait la tension ethnique et coloniale globale qui se produisait dans l&rsquo;Alg\u00e9rie r\u00e9volutionnaire. [li]\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences vagues et symboliques d\u2019al-Kahina ne justifient pas de l&rsquo;interpr\u00e9ter comme une f\u00e9ministe, bien que le sujet de l&rsquo;\u0153uvre de Woodhull ait indubitablement tent\u00e9 de la repr\u00e9senter en tant que tel.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l&rsquo;anthropologue Majid Hannoum a li\u00e9 la l\u00e9gende au personnage titulaire de <em>Nedjma<\/em> de Kateb. Selon Hannoum, le personnage de <em>Nedjma<\/em>, dans le contexte des \u00e9v\u00e9nements du roman, repr\u00e9sente une \u00ab\u00a0femme humili\u00e9e\u00a0\u00bb et ethniquement incertain, mais qui avait \u00e9t\u00e9 vaincu par de puissants envahisseurs \u00e9trangers. [lii]\n<p>Dans cette interpr\u00e9tation, la repr\u00e9sentation litt\u00e9raire d\u2019al-Kahina par <em>Nedjma<\/em> a donn\u00e9 une voix aux opinions anticoloniales de Kateb et a sugg\u00e9r\u00e9 une glorification de la multiethnicit\u00e9 de l&rsquo;Alg\u00e9rie. En outre, Hannoum a d\u00e9crit la repr\u00e9sentation d\u2019al-Kahina dans la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Kateb, <em>La Kahina<\/em>. La pi\u00e8ce est une mise en sc\u00e8ne de ses derniers jours et sugg\u00e8re que la conqu\u00eate arabe de l&rsquo;Alg\u00e9rie a entra\u00een\u00e9 un traitement oppressif des femmes, puisqu&rsquo;elle a conduit \u00e0 la chute d\u2019al-Kahina, qui \u00e9tait autrefois puissante et exer\u00e7ait une influence sur la soci\u00e9t\u00e9 nord-africaine. [liii]\n<p>L\u00e0 encore, si la description de Hannoum de <em>La Kahina<\/em> de Kateb est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00e9tant f\u00e9ministe, je pense que le lien dans <em>Nedjma<\/em> est trop vague et symbolique et que l&rsquo;association dans <em>La Kahina<\/em>, bien que plus directe et historique, n&rsquo;est pas non plus en mesure de montrer le caract\u00e8re f\u00e9ministe d\u2019al-Kahina.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de base d&rsquo;Ibn Khaldoun sur al-Kahina, discut\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, a persist\u00e9 \u00e0 travers les si\u00e8cles, bien que chaque r\u00e9cit historiographique successif ait manipul\u00e9 des d\u00e9tails p\u00e9riph\u00e9riques afin de modifier la fa\u00e7on dont al-Kahina et les Berb\u00e8res \u00e9taient per\u00e7us et de d\u00e9fendre une interpr\u00e9tation sp\u00e9cifique de leur histoire.<\/p>\n<p>Cette vitalit\u00e9 s&rsquo;est poursuivie pendant la p\u00e9riode coloniale fran\u00e7aise \u00e0 partir de 1830, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre fermement ancr\u00e9e dans l&rsquo;imaginaire musulman nord-africain.[liv] C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les r\u00e9interpr\u00e9tations d\u2019al-Kahina ont assum\u00e9 des r\u00f4les culturels h\u00e9g\u00e9moniques. R\u00e9alisant l&rsquo;importance de l&rsquo;histoire comme outil d&rsquo;\u00e9tablissement de la domination, les colonisateurs fran\u00e7ais ont surtout remodel\u00e9 al-Kahina au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle. Dans ces interpr\u00e9tations d\u2019al-Kahina, l&rsquo;objectif \u00e9tait d&rsquo;\u00e9tablir une h\u00e9g\u00e9monie culturelle par des moyens politiques respectifs en politisant les peuples respectifs pour lesquels le mythe avait une signification.<\/p>\n<p>En d&rsquo;autres termes, la promulgation de ces id\u00e9ologies justifiait effectivement la pr\u00e9sence coloniale. Le premier r\u00e9cit historique significatif sur al-Kahina, \u00e9crit pendant la p\u00e9riode coloniale, provient d&rsquo;Ernest Mercier, [lv] un politicien-historien qui a travaill\u00e9 sans rel\u00e2che \u00e0 l&rsquo;instauration de la domination coloniale fran\u00e7aise. [lvi] La terre d\u2019al-Kahina, l&rsquo;Afrique du Nord, est d\u00e9crite comme \u00e9tant \u00ab\u00a0<em>berb\u00e8re et, non moins significativement, romaine<\/em>\u00ab\u00a0. [lvii]\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9tabli les origines europ\u00e9ennes suppos\u00e9es de l&rsquo;Alg\u00e9rie, Mercier poursuit en sugg\u00e9rant que les Fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 s&rsquo;installer en Alg\u00e9rie. Mercier poursuit en sugg\u00e9rant que l&rsquo;occupation fran\u00e7aise de la r\u00e9gion nord-africaine n&rsquo;\u00e9tait pas seulement justifi\u00e9e, mais aussi li\u00e9e par un devoir historique. Le r\u00e9cit de Mercier sur al-Kahina et le peuple berb\u00e8re est cens\u00e9 remettre en question l&rsquo;hypoth\u00e8se, en Europe et en France, selon laquelle l&rsquo;Afrique du Nord \u00e9tait une terre arabe, ce qui justifiait, voire n\u00e9cessitait, l&rsquo;intervention des colonisateurs fran\u00e7ais. Al-Kahina bien qu&rsquo;elle soit d\u00e9peinte comme humaine et intelligente, n&rsquo;est significative que par sa r\u00e9sistance aux Arabes.[lviii]\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les militants amazighs consid\u00e8rent Dihya, Koce\u00efla, Massinissa et Jugurtha comme des figures historiques fondamentales afin de d\u00e9montrer que les Berb\u00e8res ont une histoire profonde dans la r\u00e9gion avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes. Beaucoup se rallient aux origines juives de la Kahina pour souligner les rapports pr\u00e9coloniaux qui existaient entre les berb\u00e9rophones musulmans et juifs. En outre, ces personnages donnent aux Berb\u00e8res un sentiment d&rsquo;autonomie et renforcent l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9bellion et d&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;oppression ext\u00e9rieure. Jugurtha et al-Kahina, en particulier, repr\u00e9sentent l&rsquo;intr\u00e9pidit\u00e9 et la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;oppression, et sont glorifi\u00e9es pour servir les objectifs politiques contemporains du mouvement amazigh. La repr\u00e9sentation d&rsquo;une femme guerri\u00e8re sert \u00e0 renforcer l&rsquo;affirmation des militants amazighs selon laquelle, avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes, les femmes nord-africaines jouissaient d&rsquo;une plus grande libert\u00e9 et d&rsquo;un meilleur statut qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter qu\u2019al-Kahina est parfois qualifi\u00e9e d&rsquo;augure ; selon la tradition arabe, Hassan \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire un devin juif avant qu&rsquo;il ne puisse aller de l&rsquo;avant. La signification du nom de cette reine a \u00e9t\u00e9 d\u00e9battue pendant des ann\u00e9es, \u00e0 savoir s&rsquo;il signifie une catastrophe, un probl\u00e8me majeur ou une personne sournoise.<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, tr\u00e8s probablement \u00e0 la fin du 7e si\u00e8cle, Hassan d\u00e9cida de rencontrer \u00e0 nouveau cette guerri\u00e8re, ayant renforc\u00e9 ses forces et ayant appris que le m\u00e9contentement local \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Il \u00e9tait persuad\u00e9 qu&rsquo;il serait victorieux cette fois-ci. Pendant ce temps, al-Kahina aurait pr\u00e9vu sa propre fin, y compris sa mort au combat ; elle a donc confi\u00e9 la vie de ses deux fils \u00e0 leur fr\u00e8re \u00ab\u00a0adoptif\u00a0\u00bb Khalid, qui aurait servi de cinqui\u00e8me colonne \u00e0 Hassan, lui fournissant des informations permettant cette victoire cruciale.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de la reine berb\u00e8re est remplie de faits et de fictions ; le manque de sources contemporaines rend assez difficile de toujours \u00eatre pr\u00e9cis. Les diff\u00e9rentes versions sont contradictoires : soit ses fils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s avec elle dans la bataille pr\u00e8s d&rsquo;un puits appel\u00e9 Bir al-Kahina, soit ils sont rest\u00e9s avec leur fr\u00e8re adoptif, se sont convertis \u00e0 l&rsquo;Islam et ont conquis ensemble l&rsquo;Espagne en 711. Cette derni\u00e8re version semble \u00eatre beaucoup plus romanc\u00e9e et correspondre aux tendances historiographiques arabes m\u00e9di\u00e9vales.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3668 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d4.jpg?resize=382%2C547&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"382\" height=\"547\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d4.jpg?w=382&amp;ssl=1 382w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d4.jpg?resize=175%2C250&amp;ssl=1 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px\" \/><\/p>\n<p>Son \u00e2ge et la dur\u00e9e de son r\u00e8gne sont incertains, bien que le r\u00e8gne le plus court qui lui soit attribu\u00e9 soit de 35 ans. Pourtant, m\u00eame apr\u00e8s avoir enlev\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 romantique, certains faits restent incontest\u00e9s et sont soutenus par un po\u00e8me jud\u00e9o-arabe \u00e9crit par des Juifs locaux qui la condamnent pour avoir cr\u00e9\u00e9 une telle d\u00e9vastation pour son propre peuple. Son succ\u00e8s en tant que guerri\u00e8re l&rsquo;a bien servie jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle choisisse un moyen autodestructeur pour r\u00e9sister \u00e0 une seconde attaque d&rsquo;une arm\u00e9e arabe renforc\u00e9e. Son mauvais jugement a conduit \u00e0 sa propre destruction et \u00e0 celle de l&rsquo;Afrique du Nord byzantine. La d\u00e9faite qu&rsquo;elle a subie a ouvert la voie \u00e0 la conqu\u00eate arabe de l&rsquo;Espagne en 711, le seul pays d&rsquo;Europe occidentale \u00e0 conna\u00eetre la domination islamique.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation d&rsquo;al-Kahina comme symbole de l&rsquo;unit\u00e9 amazighe dans la politique contemporaine refl\u00e8te une longue histoire d&rsquo;organisation de la r\u00e9sistance par les Imazighen. En raison de l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 entourant ses croyances et ses motifs, elle peut repr\u00e9senter une diversit\u00e9 de peuples amazighs. C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles sa l\u00e9gende a \u00e9t\u00e9 appropri\u00e9e et qu&rsquo;elle a surv\u00e9cu pendant quatorze si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Non seulement son image est repr\u00e9sent\u00e9e et sa l\u00e9gende perp\u00e9tu\u00e9e, mais le nom d&rsquo;al-Kahina est utilis\u00e9 par diverses organisations en Alg\u00e9rie, au Maroc, en Tunisie, et peut-\u00eatre m\u00eame en Libye. L&rsquo;utilisation symbolique d&rsquo;al-Kahina par les Imazighen pour combattre la marginalisation politique et sociale est nouvelle, mais leur d\u00e9sir d&rsquo;autonomie et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 est toujours pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>A ce propos, Cynthia Becker \u00e9crit dans <em>Mizan<\/em>\u00a0: [lix]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cComme tous les mouvements ethniques vivants et dynamiques, le mouvement amazigh cr\u00e9e et utilise des images d&rsquo;une femme guerri\u00e8re pr\u00e9islamique pour sugg\u00e9rer une histoire alternative qui existe en dehors de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie arabo-islamique promue par leurs gouvernements nationaux. Dans toute l&rsquo;Afrique du Nord, les Imazighen pr\u00e9sentent de telles images sur des sites web amazighs d\u00e9di\u00e9s \u00e0 leur cause et les artistes peignent des images de la Kahina avec une expression f\u00e9roce de d\u00e9fi. La Kahina a travers\u00e9 l&rsquo;Atlantique jusqu&rsquo;aux \u00c9tats-Unis o\u00f9 une soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine vendant de l&rsquo;huile d&rsquo;argan s&rsquo;appelle \u00ab\u00a0Kahina Giving Beauty\u00a0\u00bb, soulignant le fait que les rituels de beaut\u00e9 ravissent les femmes et leur donnent du pouvoir. L&rsquo;entreprise se pr\u00e9sente comme travaillant avec et aidant les femmes berb\u00e8res marocaines puisqu&rsquo;elle leur ach\u00e8te de l&rsquo;huile d&rsquo;argan \u00e0 un prix \u00e9quitable.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>On ignore si la Kahina a r\u00e9ellement exist\u00e9, ou si elle \u00e9tait juive, chr\u00e9tienne ou pa\u00efenne, mais elle symbolise la r\u00e9sistance et l&rsquo;autod\u00e9termination. La Kahina renforce les aspirations politiques des Berb\u00e8res contemporains et nous donne un aper\u00e7u de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 culturelle et historique complexe de l&rsquo;Afrique du Nord. \u201c<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u201cLike all vibrant, living ethnic movements, the Amazigh movement creates and uses images of a pre-Islamic female warrior to suggest an alternative history that exists outside of the Arab-Islamic hegemony promoted by their national governments. Imazighen across northern Africa feature such images on Amazigh-centric websites dedicated to their cause and artists paint images of the Kahina complete with a fierce expression of defiance.10 The Kahina has crossed the Atlantic into the United States where an American company selling argan oil calls itself \u201cKahina Giving Beauty,\u201d stressing the fact that beauty rituals both delight and empower women. The company frames itself as working with and helping Moroccan Berber women since it buys argan oil from them at a fair price.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Whether the Kahina actually existed, or whether she was Jewish, Christian, or pagan, remains unknown, but she symbolizes resistance and self-determination. The Kahina reinforces contemporary Berber political aspirations and gives us a glimpse into the complex cultural and historical heterogeneity of North Africa. \u201c]<\/em><\/p>\n<p>Roth postule que K\u00e2hina ne se traduit pas par \u00ab\u00a0<em>pr\u00eatresse<\/em>\u00ab\u00a0, mais<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0plut\u00f4t par une sorte de d\u00e9esse divine, fonction qui \u00e9tait souvent exerc\u00e9e chez les Berb\u00e8res comme nous le savons d&rsquo;Ibn Khald\u00fbn et du t\u00e9moignage contemporain de Procope de C\u00e9sarie, un historien byzantin du sixi\u00e8me si\u00e8cle. \u201c <strong>[lx]<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Il sugg\u00e8re en outre que Dihya doit \u00eatre lu comme <em>Dahiya<\/em> qui signifie rus\u00e9e ou astucieuse en arabe, citant les r\u00e9cits d&rsquo;Ibn Idhari al-Nuwari sur les pouvoirs de divination d&rsquo;al-Kahina. Roth conclut que non seulement al-Kahina est une \u00e9pith\u00e8te mais aussi Dihya.<\/p>\n<p>Dans son article, Roth aborde \u00e9galement deux personnages cl\u00e9s de l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Kahina, Koce\u00efla et Khalid. Koussayla \u00e9tait un chef amazigh chr\u00e9tien qui s&rsquo;est converti \u00e0 l&rsquo;islam, mais s&rsquo;est finalement retourn\u00e9 contre les dirigeants arabes. Citant Waqidi (mort en 822), via Ibn al-Athir (mort en 1233), [lxi] qui d\u00e9peint al-Kahina cherchant \u00e0 venger la mort de Koce\u00efla comme la raison de son soul\u00e8vement contre l&rsquo;invasion musulmane. Roth se demande, toutefois, si Koce\u00efla et al-Kahina ont \u00e9t\u00e9 le d\u00e9but de l&rsquo;unification des tribus amazighes contre l&rsquo;occupation ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Avec des repr\u00e9sentations allant du guerrier de la r\u00e9sistance antimusulmane du septi\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 la pr\u00eatresse mythique, al-Kahina occupe une place importante dans les r\u00e9cits historiques des peuples amazighs, juifs et arabes d&rsquo;Afrique du Nord. Malgr\u00e9 son statut l\u00e9gendaire, l&rsquo;existence d&rsquo;al-Kahina en tant que figure f\u00e9minine historique ayant r\u00e9gn\u00e9 sur les Amazighs n&rsquo;est pas prouv\u00e9e. L&rsquo;histoire d&rsquo;al-Kahina a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour renforcer ou combattre diff\u00e9rents agendas politiques, \u00e0 la fois historiquement et aujourd&rsquo;hui. Actuellement, dans la r\u00e9gion, al-Kahina a \u00e9t\u00e9 iconis\u00e9e et utilis\u00e9e comme le \u00ab\u00a0visage\u00a0\u00bb des mouvements nationalistes et culturels amazighs.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Bibliographie\u00a0:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Abun-Nasr, Jamil M. <em>A History of the Maghrib<\/em>. New York, NY: Cambridge University Press, 1975.<\/p>\n<p>Al-M\u0101lik\u012b, Riy\u0101d an-Nuf\u016bs. \u201cLe r\u00e9cit d\u2019al-M\u0101lik\u012b sur la Conqu\u00eate de l\u2019Ifr\u012bqiya, \u201c <em>Revue des Etudes Islamiques<\/em> 37, 1969\u00a0: 117-149.<\/p>\n<p>Becker, Cynthia. \u201cThe Kahina: The Female Face of Berber History.\u201d <a href=\"http:\/\/www.mizanproject.org\/the-kahina-the-female-face-of-berber-history\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.mizanproject.org\/the-kahina-the-female-face-of-berber-history\/<\/a>.<\/p>\n<p>Beider, Alexander. \u00ab\u00a0Jews of Berber Origin: Myth or Reality?.\u00a0\u00bb Hamsa. Journal of Judaic and Islamic Studies 3, 2016: 38-61.<\/p>\n<p>Brett, Michael. <em>Ibn Khaldun and the Medieval Maghrib<\/em>. Brookfield, VT: Ashgate Publishing,1999.<\/p>\n<p>Brett, Michael and Fentress, Elizabeth. <em>The Berbers<\/em>. Malden, MA: Blackwell, 1997.<\/p>\n<p>Decret, Francois. <em>Early Christianity in North Africa<\/em>. Eugene, OR: Cascade Books, 2009.<\/p>\n<p>Fanon, Frantz. Studies in a Dying Colonialism. London: Earthscan, 1989.<\/p>\n<p>Halimi, Gis\u00e8le.\u00a0<em>La Kahina<\/em>. Paris\u00a0: Plon, 2006, r\u00e9\u00e9dition Pocket 2009.<\/p>\n<p>Hannoum, Abdelmajid.\u00a0\u201cHistoriography, Mythology and Memory in Modern North Africa: The Story of the Kahina,\u00a0\u201c<em>Studia Islamica<\/em>,\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a085,\u200e\u00a01997\u00a0:\u00a085-130.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-. \u201cHistoriographie et l\u00e9gende au Maghreb\u00a0: la K\u00e2hina ou la production d&rsquo;une m\u00e9moire,\u00a0\u201c<em>Annales. Histoire, Sciences Sociales<\/em>,\u00a0vol.\u00a054,\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a03,\u200e\u00a01999\u00a0:\u00a0667-686.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;. <em>Colonial Histories, Post-colonial Memories: The Legend of the Kahina, a North African Heroine<\/em>. Portsmouth, NH: Heinemann, 2001.<\/p>\n<p>Hendrickx, Benjamin. \u00ab\u00a0Al-Kahina: The Last Ally of the Roman-Byzantines in the Maghreb Against the Muslim Arab Conquest.\u201d <em>Journal of Early Christian History<\/em> Vol 3, 2, 2013: 47-61.<\/p>\n<p>Ibn \u2018Abd Al-Hakam.\u00a0<em>Futuh misr wa al-maghrib<\/em>, Charles C. Torrey (\u00e9d.), New Haven\u00a0: Yale University Press, 1920 (traduction fran\u00e7aise d&rsquo;Albert Gateau,\u00a0<em>Conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique du Nord et de l&rsquo;Espagne<\/em>, avec le texte arabe annot\u00e9, Paris\u00a0: Carbonel, 1947).<\/p>\n<p>Ibn-Khaldun, Wali al-Din Abd-Ar-Rahman. <em>Histoire des Berb\u00e8res et des Dynasties Musulmanes de l\u2019Afrique Septentrionale<\/em>. Traduit par William MacGuckin, Baron de Slane. Alger, 1847-1851.<\/p>\n<p>Ikor, Roger. <em>La Kahina<\/em>. Paris\u00a0: Encre, 1979.<\/p>\n<p>Kateb, Yacine, trans. by Richard Howard. <em>Nedjma<\/em>. Charlottesville, VA: University Press of Virginia, 1991.<\/p>\n<p>Laroui, Abdallah. <em>The History of the Mahgrib: an interpretive essay<\/em>. Princeton, NJ: University of Princeton Press, 1977.<\/p>\n<p>Maddy-Weitzman, Bruce. <em>The Berber Identity Movement and the Challenge to North African States<\/em>. Austin, TX: University of Texas, 2011.<\/p>\n<p>Mod\u00e9ran, Yves. \u201cKahena,\u00a0\u201c<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>,\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a027, \u200e\u00a01<sup>er<\/sup>\u00a0juin 2011\u00a0: 4102-4111. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1306\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1306<\/a><\/p>\n<p>Nebot, Didier. La Kah\u00e9na, reine d\u2019Ifrikia. Paris\u00a0: Ed Anne Carri\u00e8re, 1998.<\/p>\n<p>Norris, H.T. <em>The Berbers in Arabic Literature<\/em>. Essex, London: Longman Group Limited, 1982.<\/p>\n<p>Raven, Susan. <em>Rome in Africa<\/em>. New York, NY: Longman, 1984.<\/p>\n<p>Roth, Norman. \u00ab\u00a0The Kahina: Legendary Material in the Accounts of the Jewish Berber Queen.\u201d <em>The Maghrib Review<\/em>. Vol 7, 5-6, 1982: 122-125.<\/p>\n<p>Sadiqi, F. <em>Moroccan Feminist Discourses<\/em>. New York, NY: Palgrave Macmillan, 2016.<\/p>\n<p>Salhi, Zahia Smail. <em>Politics, Poetics, and the Algerian Novel<\/em>. Lewiston, NY: Edwin Mellen Press, 1999.<\/p>\n<p>Salhi, Zahia Smail. \u201cAlgerian women, citizenship, and the \u2018Family Code\u2019.\u201d <em>Gender and Development<\/em> 11, no. 3 (November 2003): 27-31.<\/p>\n<p>Silverstein, Adam J. <em>Islamic History: A Very Short Introduction<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 2010.<\/p>\n<p>Talbi, Mohammed. \u201cUn nouveau fragment de l\u2019histoire de l\u2019Occident musulman (62-196\/682-812) : l\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019al Kahina. \u201c <em>Cahiers de Tunisie<\/em> vol. 19, 1970\u00a0: 19-52.<\/p>\n<p>Turshen, Meredith. \u201cAlgerian Women in the Liberation Struggle and the Civil War: From Active Participants to Passive Victims?\u201d <em>Social Research<\/em> 69, no. 3 (Fall 2002): 890-901.<\/p>\n<p>Woodhull, Winifred. \u201cRereading Nedjma: Feminist Scholarship and North African Women.\u201d <em>SubStance<\/em> 69 (1992): 47.<\/p>\n<p>Woodhull, Winifred. <em>Transfigurations of the Maghreb: Feminism, Decolonization, and Literatures<\/em>. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1993.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Sources arabes\u00a0:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Ibn\u00a0<sup>c<\/sup>Abd Al-Hakam,\u00a01922.\u00a0<em>Kit\u00e2b Futu\u1e25\u00a0Mi\u1e63r,\u00a0<\/em>V, \u00e9d. C. C. Torrey, Yale, trad. A. Gateau,\u00a0<em>Revue tunisienne,\u00a0<\/em>1932, p. 71-74.<\/p>\n<p>Al Bal\u00e2dhuri,\u00a01916.\u00a0<em>Futu\u1e25\u00a0al-Buldan,\u00a0<\/em>trad. P. K. Hitti et F. C. Murgotten, t. 1, New York, p. 360.<\/p>\n<p>Ibn Al-R\u00e2q\u00eeq, 1990.\u00a0<em>T\u00e2r\u00ee\u1e35\u1e96\u00a0Ifriqiyya wa-l-Maghrib,\u00a0<\/em>\u00e9d. A. A. Zaydan et E. O. Musa, Tunis-Tripoli.<\/p>\n<p>Al-M\u00e2lik\u00ee, 1969.\u00a0<em>Kit\u00e2b Riyad al-Nuf\u00fbs,\u00a0<\/em>trad. partielle par H.R. Idris, dans\u00a0<em>Revue des \u00e9tudes islamiques,\u00a0<\/em>t. XXXVII, 1, p. 143-146.<\/p>\n<p>Al-B\u00e2kr\u00ee\u00a0[El-Bekri], 1913.\u00a0<em>Mas\u00e2lik,\u00a0<\/em>trad. De Slane,\u00a0<em>Description de l\u2019Afrique septentrionale,\u00a0<\/em>Alger, p. 22-23, 48, 69, 121, 277, 340.<\/p>\n<p>Ibn Al-Ath\u00eer,\u00a01896.\u00a0<em>Al-K\u00e2milf\u00ee al-t\u00e2r\u00ee\u1e35\u1e96,\u00a0<\/em>\u00e9d. Tornberg, t. IV, p. 31-33\u00a0; trad. Fagnan,\u00a0<em>Annales du Maghreb et de l\u2019Espagne, Revue africaine,\u00a0<\/em>p. 376-379.<\/p>\n<p>Al-Nuwayr\u00ee, 1841. trad. De Slane, dans<em>\u00a0Journal asiatique,\u00a0<\/em>3<sup>e<\/sup>\u00a0s\u00e9rie, t. XI, p. 557-560.<\/p>\n<p>Al-Tidj\u00e2n\u00ee,\u00a01852.\u00a0<em>Ri\u1e96la,\u00a0<\/em>trad. partielle A. Rousseau, dans\u00a0<em>Journal asiatique,\u00a0<\/em>4<sup>e<\/sup>\u00a0s\u00e9rie, t. 20, p. 118-121.<\/p>\n<p>Ibn\u00a0<sup>c<\/sup>Idh\u00e2r\u00ee,\u00a01901.\u00a0<em>Al-Bay\u00e2n al-Mughrib,\u00a0<\/em>\u00e9d. G. S. Colin et E. L\u00e9vi-Proven\u00e7al, t. 1, p. 35-38\u00a0; trad. partielle par E. Fagnan, t. 1, Alger, p. 25-31.<\/p>\n<p><sup>c<\/sup>Ubayd All\u00e2h Ibn S\u00e2lih, 1954.\u00a0<em>Fat\u1e25\u00a0al-Arab li-l Maghrib,\u00a0<\/em>trad. E. L\u00e9vi-Proven\u00e7al, \u00ab\u00a0Un nouveau r\u00e9cit de la conqu\u00eate de l\u2019Afrique du Nord par les Arabes\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Arabica,\u00a0<\/em>t. 1, p. 40-41.<\/p>\n<p>Ibn Khald\u00fbn, 1852.\u00a0<em>Kit\u00e2b al-<sup>c<\/sup>Ibar,\u00a0<\/em>trad. De Slane,\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res\u00a0<\/em>t. 1, Alger, p, 208, 213-215\u00a0; t. 3, p. 192-194.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] Mohamed Chtatou. \u201cReflecting On Moroccan Sense Of Tolerance, \u201c<em>Signal <\/em>dated September 5, 2019. <a href=\"https:\/\/sino-israel.org\/articles\/reflecting-on-moroccan-sense-of-tolerance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/sino-israel.org\/articles\/reflecting-on-moroccan-sense-of-tolerance\/<\/a><\/p>\n<p><em>This article was originally published on June 9, 2019. In the eurasiareview website:<\/em><a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/09062019-reflecting-on-moroccan-sense-of-tolerance-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/09062019-reflecting-on-moroccan-sense-of-tolerance-analysis\/<\/a><em>.<\/em><\/p>\n[ii] Tacfarinas (forme latinis\u00e9e du berb\u00e8re : Tikfarin ou Takfarin) est un ancien soldat romain, auxiliaire d&rsquo;origine berb\u00e8re, d\u00e9serteur, puis chef de guerre de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 1er si\u00e8cle apr. J.-C., r\u00e9volt\u00e9 contre l&rsquo;Empire romain sous le r\u00e8gne de l&#8217;empereur Tib\u00e8re pendant sept ans. \u00c0 la t\u00eate d&rsquo;une arm\u00e9e form\u00e9e principalement des tribus berb\u00e8res Musulames et Garamantes qu&rsquo;il parvient \u00e0 soulever en 17 apr. J.-C., il tint en \u00e9chec pendant 7 ans les l\u00e9gions romaines stationn\u00e9es en Afrique et d\u00e9stabilisa la province pendant une tr\u00e8s longue p\u00e9riode, gr\u00e2ce \u00e0 une strat\u00e9gie de gu\u00e9rilla et de raids \u00e9clairs men\u00e9s depuis les marges d\u00e9sertiques de l&rsquo;Afrique romaine. Il meurt en Maur\u00e9tanie, au cours d&rsquo;une bataille contre les forces du proconsul d&rsquo;Afrique Publius Cornelius Dolabella en 24 apr. J.-C. Longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme un exemple de la r\u00e9sistance berb\u00e8re \u00e0 la romanisation, il devint \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque contemporaine une ic\u00f4ne du nationalisme berb\u00e8re, faisant de lui l&rsquo;incarnation de l&rsquo;unit\u00e9 entre les tribus d&rsquo;Afrique du nord contre toutes les formes de colonisation. (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Tacfarinas\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Tacfarinas<\/a>)<\/p>\n<p>Cf. Bassem Abdi. \u201cLa guerre de Tacfarinas, \u201c<em>Inumiden <\/em>du 29 mars 2015. <a href=\"https:\/\/www.inumiden.com\/la-guerre-de-tacfarinas-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.inumiden.com\/la-guerre-de-tacfarinas-2\/<\/a><\/p>\n[iii] Catherine Wolff. \u201cLa guerre de Tacfarinas (17-24)\u00a0; \u201c\u00a0<em>Faire la guerre, faire la paix<\/em>. Perpignan\u00a0: France, mai 2011\u00a0: 53-67.\u00a0<a href=\"https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01580386\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u27e8hal-01580386\u27e9<\/a><\/p>\n[iv] Le donatisme \u00e9tait une secte chr\u00e9tienne menant au schisme dans l&rsquo;\u00c9glise catholique romaine, dans la r\u00e9gion de l&rsquo;\u00c9glise de Carthage, du quatri\u00e8me au sixi\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re. Les donatistes soutenaient que le clerg\u00e9 chr\u00e9tien devait \u00eatre irr\u00e9prochable pour que son minist\u00e8re soit efficace et que ses pri\u00e8res et sacrements soient valides. Le donatisme avait ses racines dans la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u00e9tablie de longue date dans la province de l&rsquo;Afrique romaine (la Tunisie actuelle, le nord-est de l&rsquo;Alg\u00e9rie et la c\u00f4te occidentale de la Libye.) lors des pers\u00e9cutions des chr\u00e9tiens sous Diocl\u00e9tien. Nomm\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9v\u00eaque chr\u00e9tien berb\u00e8re <strong>Donatus Magnus<\/strong>, le donatisme a prosp\u00e9r\u00e9 au cours des quatri\u00e8mes et cinqui\u00e8mes si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Cf. Tilley, Maureen A, ed. \u00a0<em>Donatist martyr stories: the Church in conflict in Roman North Africa<\/em>. Liverpool\u00a0:\u00a0Liverpool University Press, 1996.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> La bataille de Vescera (aujourd&rsquo;hui Biskra en Alg\u00e9rie) a oppos\u00e9 en 682 ou 683 les Berb\u00e8res du roi Caecilius et leurs alli\u00e9s byzantins de l&rsquo;Exarchat de Carthage \u00e0 une arm\u00e9e arabe omeyyade command\u00e9e par Uqba ibn Nafi (le fondateur de Kairouan). Uqba ibn Nafi avait men\u00e9 ses hommes dans une exp\u00e9dition \u00e0 travers l&rsquo;Afrique du Nord, atteignant l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique et marchant jusqu&rsquo;aux rivi\u00e8res Draa et Sous. \u00c0 son retour, il fut pris en embuscade par la coalition berb\u00e9ro-byzantine \u00e0 Tehouda (Thabudeos) au sud de Vescera, vaincu et tu\u00e9. \u00c0 la suite de cette d\u00e9faite \u00e9crasante, les Arabes ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de la r\u00e9gion de la Tunisie moderne pendant une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>Cf. McKenna, Amy.\u00a0<em>The History of Northern Africa<\/em>. Chicago, Illinois, U.S.\u00a0:<em>\u00a0 <\/em>Britannica Educational Publishing, 2011\u00a0: 40.<\/p>\n[vi] <em>Dictionary of African Biography<\/em>, Volumes 1-6, By Emmanuel Kwaku Akyeampong, Henry Louis Gates.<\/p>\n[vii] \u00a0McKenna, Amy<em>.\u00a0The History of Northern Africa.<\/em> Op. cit.<\/p>\n[viii] Boudica ou Boudicca, et en gallois sous le nom de Buddug (IPA : [\u02c8b\u0268\u00f0\u0268\u0261]), \u00e9tait une reine de la tribu celtique britannique des Iceni qui a men\u00e9 un soul\u00e8vement contre les forces conqu\u00e9rantes de l&rsquo;Empire romain en 60 ou 61 apr\u00e8s JC. Selon des sources romaines, peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec du soul\u00e8vement, elle s&#8217;empoisonna ou mourut de ses blessures, bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucune preuve r\u00e9elle de son sort. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une h\u00e9ro\u00efne populaire britannique.<\/p>\n<p>Dudley, Donald R. &amp; Webster, Graham. <em>The Rebellion of Boudicca<\/em>. London: Routledge, 1962.<\/p>\n[ix] Septimia Zenobia (240 &#8211; 274 AD) \u00e9tait une reine du troisi\u00e8me si\u00e8cle de l&rsquo;Empire des Palmyr\u00e8nes en Syrie. De nombreuses l\u00e9gendes entourent son ascendance ; elle n&rsquo;\u00e9tait probablement pas une roturi\u00e8re et elle a \u00e9pous\u00e9 le souverain de la ville, Odaenathus. Son mari est devenu roi en 260, \u00e9levant Palmyre au rang de puissance supr\u00eame au Proche-Orient en battant les Sassanides et en stabilisant l&rsquo;Orient romain. Apr\u00e8s l&rsquo;assassinat d&rsquo;Odaenathus, Z\u00e9nobie devient la r\u00e9gente de son fils Vaballathus et d\u00e9tient le pouvoir de facto tout au long de son r\u00e8gne.<\/p>\n<p>En 270, Z\u00e9nobie lan\u00e7a une invasion qui mit sous son emprise la plus grande partie de l&rsquo;Orient romain et culmina avec l&rsquo;annexion de l&rsquo;\u00c9gypte. Au milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 271, son royaume s&rsquo;\u00e9tendait d&rsquo;Ancyre, en Anatolie centrale, jusqu&rsquo;au sud de l&rsquo;\u00c9gypte, bien qu&rsquo;elle rest\u00e2t nominalement subordonn\u00e9e \u00e0 Rome. Cependant, en r\u00e9action \u00e0 la campagne de l&#8217;empereur romain Aur\u00e9lien en 272, Z\u00e9nobie d\u00e9clara son fils empereur et prit le titre d&rsquo;imp\u00e9ratrice (d\u00e9clarant ainsi la s\u00e9cession de Palmyre de Rome). Les Romains sont victorieux apr\u00e8s de durs combats ; la reine est assi\u00e9g\u00e9e dans sa capitale et captur\u00e9e par Aur\u00e9lien, qui l&rsquo;exile \u00e0 Rome, o\u00f9 elle passe le reste de sa vie.<\/p>\n<p>Cf. Andrade, Nathanael J.\u00a0<em>Zenobia: Shooting Star of Palmyra<\/em>. Oxford\u00a0: Oxford University Press, 2018.<\/p>\n[x] Mavia, (Arabic: \u0645\u0627\u0648\u064a\u0629\u200e, M\u0101wiyya; also transliterated Mawia, Mawai, or Mawaiy, and sometimes referred to as Mania) was an Arab warrior-queen, who ruled over the Tanukhids, a confederation of semi-nomadic Arabs, in southern Syria, in the latter half of the fourth century. She led her troops in a rebellion against late Roman rule, riding at the head of her army into Phoenicia and Palestine. After reaching the frontiers of Egypt and repeatedly defeating the Roman army, the Romans finally made a truce with her on conditions she stipulated. The Romans later called upon her for assistance when being attacked by the Goths, to which she responded by sending a force of cavalry.<\/p>\n<p>Considered to be \u00ab\u00a0the most powerful woman in the late antique Arabia after Zenobia,\u00a0\u00bb much of what is known about Mavia comes from early, almost contemporaneous accounts, such as the writings of Rufinus, thought to be derived from a now lost account by Gelasius of Caeserea. Later authors transformed her into a Christian of Roman stock, though she was evidently Arab, and perhaps initially pagan.<\/p>\n<p>Cf. Ball, Warwick.\u00a0<em>Rome in the East: The Transformation of an Empire<\/em> London\u00a0:\u00a0Routledge, 2001.<\/p>\n[xi] Caterina Sforza (1463 &#8211; 28 mai 1509) \u00e9tait une noble italienne, comtesse de Forl\u00ec et dame d&rsquo;Imola, d&rsquo;abord avec son mari Girolamo Riario, puis apr\u00e8s sa mort comme r\u00e9gente de son fils Ottaviano.<\/p>\n<p>Caterina \u00e9tait la fille ill\u00e9gitime de Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan et de Lucrezia, l&rsquo;\u00e9pouse du courtisan Gian Piero Landriani, un ami proche du duc. Elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans la cour raffin\u00e9e de Milan. Descendante d&rsquo;une dynastie de condottieri de renom, Caterina s&rsquo;est distingu\u00e9e d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge par ses actions audacieuses et imp\u00e9tueuses pour sauvegarder ses possessions d&rsquo;\u00e9ventuels usurpateurs et pour d\u00e9fendre ses dominions des attaques, lorsqu&rsquo;ils \u00e9taient impliqu\u00e9s dans des intrigues politiques.<\/p>\n<p>Dans sa vie priv\u00e9e, Caterina se consacre \u00e0 diverses activit\u00e9s, notamment \u00e0 des exp\u00e9riences d&rsquo;alchimie et \u00e0 l&rsquo;amour de la chasse et de la danse. Elle eut de nombreux enfants, mais seul le plus jeune, le capitaine Giovanni delle Bande Nere, h\u00e9rita de la forte personnalit\u00e9 militante de sa m\u00e8re. La r\u00e9sistance de Caterina \u00e0 Cesare Borgia lui valut d&rsquo;affronter sa fureur et d&rsquo;\u00eatre emprisonn\u00e9e. Apr\u00e8s avoir gagn\u00e9 sa libert\u00e9 \u00e0 Rome, elle a ensuite men\u00e9 une vie tranquille \u00e0 Florence. Dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, elle s&rsquo;est confi\u00e9e \u00e0 un moine : \u00ab\u00a0<em>Se io potessi scrivere tutto, farei stupire il mondo<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Si je pouvais \u00e9crire tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, je choquerais le monde).<\/em><\/p>\n<p>Cf. Lev, Elizabeth.\u00a0<em>The Tigress of Forli: Renaissance Italy&rsquo;s Most Courageous And Notorious Countess, Caterina Riario Sforza De&rsquo; Medici<\/em>. Boston: Houghton Mifflin Harcourt, 2011.<\/p>\n[xii] Le califat Rachidoun (arabe : \u0627\u064e\u0644\u0652\u062e\u0650\u0644\u064e\u0627\u0641\u064e\u0629\u064f \u0671\u0644\u0631\u064e\u0651\u0627\u0634\u0650\u062f\u064e\u0629\u064f, al-Khil\u0101fah ar-R\u0101\u0161idah) \u00e9tait le premier des quatre grands califats \u00e9tablis apr\u00e8s la mort du proph\u00e8te islamique Mohammed. Il a \u00e9t\u00e9 gouvern\u00e9 par les quatre premiers califes (successeurs) successifs de Mohammed apr\u00e8s sa mort en 632 CE (11 AH). Ces califes sont collectivement connus dans l&rsquo;islam sunnite comme les Rachidoun, ou califes \u00a0\u00bb bien guid\u00e9s \u00a0\u00bb (\u0627\u064e\u0644\u0652\u062e\u064f\u0644\u064e\u0641\u064e\u0627\u0621\u064f \u0671\u0644\u0631\u064e\u0651\u0627\u0634\u0650\u062f\u064f\u0648\u0646\u064e al-Khulaf\u0101\u02be ar-R\u0101\u0161id\u016bn).<\/p>\n<p>Le califat rachidoun est caract\u00e9ris\u00e9 par une p\u00e9riode de vingt-cinq ans d&rsquo;expansion militaire rapide, suivie d&rsquo;une p\u00e9riode de cinq ans de luttes internes. \u00c0 son apog\u00e9e, l&rsquo;arm\u00e9e rachidoun comptait plus de 100 000 hommes. Dans les ann\u00e9es 650, le califat, en plus de la p\u00e9ninsule arabique, avait soumis le Levant, la Transcaucasie au nord, l&rsquo;Afrique du Nord, de l&rsquo;\u00c9gypte \u00e0 la Tunisie actuelle, \u00e0 l&rsquo;ouest, et le plateau iranien \u00e0 certaines parties de l&rsquo;Asie centrale et de l&rsquo;Asie du Sud \u00e0 l&rsquo;est.<\/p>\n<p>Cf. <em>Hoyland, Robert G. In God&rsquo;s Path: the Arab Conquests and the Creation of an Islamic Empire. <\/em>Oxford\u00a0: Oxford University Press, 2015.<\/p>\n[xiii] Le califat omeyyade (661-750 arabe : \u0671\u0644\u0652\u062e\u0650\u0644\u064e\u0627\u0641\u064e\u0629 \u0671\u0644\u0652\u0623\u064f\u0645\u064e\u0648\u0650\u064a\u064e\u0651\u0629, romanis\u00e9 : al-Khil\u0101fah al-\u02beUmaw\u012byah) \u00e9tait le deuxi\u00e8me des quatre califats majeurs \u00e9tablis apr\u00e8s la mort de Mahomet. Le califat \u00e9tait dirig\u00e9 par la dynastie des Omeyyades (arabe : \u0671\u0644\u0652\u0623\u064f\u0645\u064e\u0648\u0650\u064a\u064f\u0651\u0648\u0646, al-\u02beUmaw\u012by\u016bn, ou \u0628\u064e\u0646\u064f\u0648 \u0623\u064f\u0645\u064e\u064a\u064e\u0651\u0629, Ban\u016b \u02beUmayyah, \u00ab\u00a0Fils d&rsquo;Omeyyah\u00a0\u00bb). Le troisi\u00e8me calife du califat rashidun, Uthman ibn Affan (r. 644-656), \u00e9tait \u00e9galement membre du clan des Omeyyades. La famille a \u00e9tabli un r\u00e9gime dynastique et h\u00e9r\u00e9ditaire avec Muawiya ibn Abi Sufyan, longtemps gouverneur d&rsquo;al-Sham (Grande Syrie), qui est devenu le sixi\u00e8me calife apr\u00e8s la fin de la premi\u00e8re guerre civile musulmane en 661. Apr\u00e8s la mort de Mu&rsquo;awiyah en 680, les conflits pour la succession entra\u00eenent une deuxi\u00e8me guerre civile et le pouvoir tombe finalement entre les mains de Marwan Ier, issu d&rsquo;une autre branche du clan. La r\u00e9gion de la Syrie est rest\u00e9e la principale base de pouvoir des Omeyyades par la suite, et Damas \u00e9tait leur capitale.<\/p>\n<p>Les Omeyyades ont poursuivi les conqu\u00eates musulmanes, incorporant la Transoxiane, le Sind, le Maghreb et la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique (Al-Andalus) au monde musulman. \u00c0 son apog\u00e9e, le califat omeyyade couvrait 11 100 000 km2, ce qui en fait l&rsquo;un des plus grands empires de l&rsquo;histoire en termes de superficie. La dynastie a finalement \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e par une r\u00e9bellion men\u00e9e par les Abbassides en 750. Les survivants de la dynastie s&rsquo;\u00e9tablirent \u00e0 Cordoue qui, sous la forme d&rsquo;un \u00e9mirat puis d&rsquo;un califat, devint un centre mondial de science, de m\u00e9decine, de philosophie et d&rsquo;invention, inaugurant la p\u00e9riode de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p>Cf. Kennedy, Hugh. <em>The Prophet and the Age of the Caliphates: The Islamic Near East from the 6th to the 11th Century<\/em> (Third ed.). Oxford and New York: Routledge, 2016.<\/p>\n[xiv] Y.\u00a0Moderan,\u00a0\u00ab\u00a0Kahena\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>\u00a0[En ligne], 27\u00a0|\u00a02005, document K22, mis en ligne le\u00a001 juin 2011, consult\u00e9 le\u00a004 mai 2021.\u00a0URL\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1306\u00a0;\u00a0DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1306\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1306<\/a><\/p>\n[xv] Ibn Khaldoun (\/\u02c8\u026ab\u0259n k\u00e6l\u02c8du\u02d0n\/ ; arabe : \u0623\u0628\u0648 \u0632\u064a\u062f \u0639\u0628\u062f \u0627\u0644\u0631\u062d\u0645\u0646 \u0628\u0646 \u0645\u062d\u0645\u062f \u0628\u0646 \u062e\u0644\u062f\u0648\u0646 \u0627\u0644\u062d\u0636\u0631\u0645\u064a, Ab\u016b Zayd &lsquo;Abd ar-Ra\u1e25m\u0101n ibn Mu\u1e25ammad ibn Khald\u016bn al-\u1e24a\u1e0dram\u012b ; 27 mai 1332 &#8211; 17 mars 1406) \u00e9tait un sociologue, philosophe et historien arabe qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme le fondateur des disciplines modernes que sont l&rsquo;historiographie, la sociologie, l&rsquo;\u00e9conomie et la d\u00e9mographie. Niccol\u00f2 Machiavel, de la Renaissance, et les sp\u00e9cialistes europ\u00e9ens du XIXe si\u00e8cle ont largement reconnu l&rsquo;importance de ses \u0153uvres et ont consid\u00e9r\u00e9 Ibn Khaldoun comme l&rsquo;un des plus grands philosophes du Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>Son livre le plus connu, la <em>Mouqaddimah<\/em> ou <em>Prol\u00e9gom\u00e8nes<\/em> (\u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb), qu&rsquo;il a \u00e9crit en six mois comme il le d\u00e9clare dans son autobiographie, a influenc\u00e9 les historiens ottomans du XVIIe si\u00e8cle comme K\u00e2tip \u00c7elebi, Ahmed Cevdet Pacha et Mustafa Naima, qui ont utilis\u00e9 ses th\u00e9ories pour analyser la croissance et le d\u00e9clin de l&rsquo;Empire ottoman. Ibn Khaldoun a eu des contacts avec Tamerlane, le fondateur de l&rsquo;Empire timouride.<\/p>\n<p>Cf. Ahmad, Zaid.\u00a0<em>The epistemology of Ibn Khaldun<\/em>. New York: RoutledgeCurzon, 2003.<\/p>\n[xvi] L&rsquo;histoire des Kahina a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite pour la premi\u00e8re fois au IXe si\u00e8cle par W\u00e2qid\u00ee, mais il faudra attendre Ibn Khaldoun que des concepts historiographiques plus modernes ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s, rendant ainsi le r\u00e9cit plus pr\u00e9cis sur le plan historique.<\/p>\n[xvii] Ibn Khaldoun (1332-1406). <em>Kit\u0101b al-\u02bbibar wa-d\u012bw\u0101n al-mubtada\u02bc wa-al-khabar \u0323f\u012b ayy\u0101m al-\u02bbArab wa-al-\u02bbajam \u0323wa-al-barbar wa-man \u02bb\u0101s\u0323arahym min dhaw\u012b al-sult\u0323\u0101n al-akllhbar wa-huwa tar\u012bkh wah\u0323\u012bd \u02bbas\u0323rih<\/em>. al-Qahirah : \u02bbAbd al-Mat\u0323ba\u02bbah al-Mis\u0323r\u012byah bi-B\u016bl\u0101q, 1867.<\/p>\n<p>Ibn Khaldun, 1332-1406:\u00a0<a href=\"https:\/\/catalog.hathitrust.org\/Record\/100895339\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique Septentrionale par Abou-Zeid Abd-er-Rahman ibn-Mohammed ibn Khaldoun. Texte arabe:\u00a0(Alger, Imprimerie du gouvernement, 1847-1851)<\/a>, also by William MacGuckin Slane and France Ministry of War (page images at HathiTrust)<\/p>\n<p>Publications d\u2019Ibn Khaldoun\u00a0: <a href=\"https:\/\/onlinebooks.library.upenn.edu\/webbin\/book\/lookupname?key=Ibn%20Khaldun%2c%201332%2d1406\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/onlinebooks.library.upenn.edu\/webbin\/book\/lookupname?key=Ibn%20Khaldun%2c%201332%2d1406<\/a><\/p>\n[xviii] De nombreuses personnes, dont Kateb Yacine, ont sugg\u00e9r\u00e9 qu\u2019al-Kahina est une version arabis\u00e9e du mot h\u00e9breu Kohen, qui signifie \u00ab\u00a0chef\u00a0\u00bb.<\/p>\n[xix] Ibn Khaldoun. <em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>. Traduit par De Slane. Troisi\u00e8me Tome. Alger\u00a0: Imprimerie du Gouvernement, 1865\u00a0: 193.<\/p>\n[xx] Norman A. Stillman, \u201cK\u0101hina, al-\u201d, in:\u00a0<em>Encyclopedia of Jews in the Islamic World<\/em>, Executive Editor Norman A. Stillman. Consulted online on 29 April 2021. First published online: 2010.<\/p>\n[xxi] Selon le Livre des Juges, D\u00e9borah (h\u00e9breu : \u05d3\u05b0\u05bc\u05d1\u05d5\u05b9\u05e8\u05b8\u05d4, D\u0259\u1e07\u014dr\u0101h, \u00a0\u00bb abeille \u00a0\u00bb ; arabe : \u062f\u0628\u0648\u0631\u0627\u0647, Dab\u016br\u0101h) \u00e9tait une proph\u00e9tesse du Dieu des Isra\u00e9lites, le quatri\u00e8me juge de l&rsquo;Isra\u00ebl pr\u00e9-monarchique et la seule femme juge mentionn\u00e9e dans la Bible. De nombreux chercheurs soutiennent que l&rsquo;expression \u00ab\u00a0une femme de Lappidot\u00a0\u00bb, traduite de l&rsquo;h\u00e9breu biblique dans Juges 4:4, d\u00e9signe son statut marital en tant qu&rsquo;\u00e9pouse de Lappidot, ou \u00ab\u00a0Lappidoth\u00a0\u00bb, comme indiqu\u00e9 dans de nombreuses traductions de la Bible. En outre, \u00ab\u00a0lappid\u00a0\u00bb se traduit par \u00ab\u00a0torche\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0foudre\u00a0\u00bb, donc l&rsquo;expression \u00ab\u00a0femme de Lappidot\u00a0\u00bb pourrait faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 D\u00e9borah en tant que \u00ab\u00a0femme de feu\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0D\u00e9borah a dit \u00e0 Barak, un g\u00e9n\u00e9ral isra\u00e9lite de Kedesh en Nephtali, que Dieu lui avait ordonn\u00e9 de mener une attaque contre les forces de Jabin, roi de Canaan, et de son chef militaire Sisera (Juges 4:6-7) ; le r\u00e9cit complet est relat\u00e9 au chapitre.<\/p>\n<p>Cf. Schroeder, Joy A.\u00a0<em>Deborah&rsquo;s Daughters: Gender Politics and Biblical Interpretation<\/em>. New York: Oxford University Press, 2014.<\/p>\n[xxii] Moh Cherbi; Thierry Deslot &amp; Tarek Bellahce\u0300ne. <em>La Kahe\u0301na : reine des Berbe\u0300res: Dihya<\/em>. Paris : Paris-Me\u0301diterrane\u0301e \/ Edif, 2000.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du VIIe si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C., lorsqu&rsquo;apr\u00e8s plusieurs tentatives infructueuses, les Arabes repartent \u00e0 l&rsquo;assaut du Maghreb, avec une arm\u00e9e command\u00e9e par Hassan Ibn an-Nou\u2019man, ils se heurtent une nouvelle fois \u00e0 la r\u00e9sistance berb\u00e8re. C&rsquo;est une reine de l&rsquo;Aur\u00e8s, Dihya, surnomm\u00e9e \u00a0\u00bb al-Kahina \u00a0\u00bb qui est l&rsquo;\u00e2me de cette r\u00e9sistance. Elle combat \u00e9nergiquement et tient en \u00e9chec les Arabes, mais elle finit par \u00eatre vaincue et captur\u00e9e. Elle demeure vivante dans la m\u00e9moire de tous les Berb\u00e8res<em>.<\/em><\/p>\n[xxiii] Abdelmajid Hannoum. \u201c Historiographie et l\u00e9gende au Maghreb : la K\u00e2hina ou la production d&rsquo;une m\u00e9moire, \u201c <em>Annales, <\/em>Ann\u00e9e 1999, 54-3, 1999\u00a0: 667-686. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/ahess_0395-2649_1999_num_54_3_279771\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/ahess_0395-2649_1999_num_54_3_279771<\/a><\/p>\n<p><em>\u201cOn sait peu de choses de la Kahina, cette c\u00e9l\u00e8bre femme berb\u00e8re qui a tenu t\u00eate aux Arabes lors des conqu\u00eates du Maghreb \u00e0 la fin du 7e si\u00e8cle. Pourtant c&rsquo;est d&rsquo;elle que se r\u00e9clament aujourd&rsquo;hui aussi bien les Berb\u00e8res, les juifs que les f\u00e9ministes, et c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9pisode de sa r\u00e9sistance qui explique selon eux le Maghreb des temps pr\u00e9sents. Cet \u00e9pisode, cependant, fut d&rsquo;abord et pour longtemps le monopole des historiens arabes. Je chercherai dans cet article \u00e0 voir comment la l\u00e9gende s&rsquo;est form\u00e9e, \u00e0 partir de quels \u00e9l\u00e9ments, et ce qu&rsquo;elle signifie \u00e0 chaque phase de sa transformation. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e9lera \u00e9galement comment les historiens et chroniqueurs ont \u00e9labor\u00e9 graduellement une mythologie pour justifier la pr\u00e9sence arabe au Maghreb et expliquer la place des Berb\u00e8res dans la communaut\u00e9 musulmane. \u201c<\/em><\/p>\n[xxiv] Hassan ibn an-Nou&rsquo;man al-Ghassani (arabe : \u062d\u0633\u0627\u0646 \u0628\u0646 \u0627\u0644\u0646\u0639\u0645\u0627\u0646 \u0627\u0644\u063a\u0633\u0627\u0646\u064a, romanis\u00e9 : Hass\u0101n ibn an-Nou\u02bfm\u0101n al-Ghass\u0101n\u012b) \u00e9tait un g\u00e9n\u00e9ral arabe du califat omeyyade qui mena la conqu\u00eate finale musulmane de l&rsquo;Ifriqiya, \u00e9tablissant fermement la domination islamique dans la r\u00e9gion. Nomm\u00e9 par le calife Abd al-Malik (r. 685-705), Hassan lan\u00e7a une s\u00e9rie de campagnes durant les derni\u00e8res ann\u00e9es du VIIe si\u00e8cle, au cours desquelles il vainquit les Byzantins et les Berb\u00e8res men\u00e9s par al-Kahina. La capitale byzantine de Carthage est d\u00e9truite en 698 et la ville voisine de Tunis est fond\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e suivante. \u00c0 Kairouan, Hassan met en place une administration musulmane pour la province afin de collecter les imp\u00f4ts de ses habitants chr\u00e9tiens et de payer les troupes. Il a enr\u00f4l\u00e9 des milliers de Berb\u00e8res dans l&rsquo;arm\u00e9e, ce qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 crucial pour les succ\u00e8s militaires musulmans ult\u00e9rieurs au Maghreb et dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. Il fut finalement \u00e9vinc\u00e9 de son poste par le gouverneur d&rsquo;\u00c9gypte, Abd al-Aziz ibn Marwan, en raison d&rsquo;une lutte d&rsquo;influence sur l&rsquo;Ifriqiya.<\/p>\n[xxv] Kennedy, Hugh. <em>The Great Arab Conquests: How the Spread of Islam Changed the World We Live In<\/em>. Philadelphia, Pennsylvania: Da Capo Press, 2007.<\/p>\n<p>Le monde arabe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 une vitesse vertigineuse. En un peu plus de cent ans apr\u00e8s la mort de Mohammed en 632, les Arabes ont assujetti un territoire dont l&rsquo;\u00e9tendue est-ouest \u00e9tait plus grande que celle de l&rsquo;Empire romain, et ce en deux fois moins de temps. Au milieu du huiti\u00e8me si\u00e8cle, les arm\u00e9es arabes avaient conquis l&rsquo;Empire perse mill\u00e9naire, r\u00e9duit l&rsquo;Empire byzantin \u00e0 un peu plus qu&rsquo;une cit\u00e9-\u00c9tat autour de Constantinople et d\u00e9truit le royaume wisigoth d&rsquo;Espagne. Les effets culturels et linguistiques de cette expansion islamique pr\u00e9coce se r\u00e9percutent aujourd&rsquo;hui. Cet ouvrage est le premier r\u00e9cit populaire en langue anglaise depuis de nombreuses ann\u00e9es sur cette \u00e9tonnante refonte de la carte politique et religieuse du monde. Le vaste r\u00e9cit de Hugh Kennedy r\u00e9v\u00e8le comment les arm\u00e9es arabes ont conquis presque tout sur leur passage, et met en lumi\u00e8re les caract\u00e9ristiques uniques de la domination islamique. L&rsquo;un des rares historiens universitaires \u00e0 poss\u00e9der un v\u00e9ritable talent de conteur, Kennedy offre un m\u00e9lange fascinant de personnages plus grands que nature, de batailles f\u00e9roces et du grand choc des civilisations et des religions.<\/p>\n[xxvi] Philippe S\u00e9nac &amp; Patrice Cressier.\u00a0<em>Histoire du Maghreb m\u00e9di\u00e9val : VIIe-XIe si\u00e8cle<\/em>. Paris\u00a0: Armand Colin, 2012\u00a0: 111.<\/p>\n[xxvii] Houtsma, M. Th.\u00a0<em>Premi\u00e8re encyclop\u00e9die de l&rsquo;islam de E. J. Brill. <\/em>Leiden\u00a0: Brill, Volume 4, 1993\u00a0: 626-627, 1913-1936.<\/p>\n[xxviii] Cynthia Becker. \u201c Dihya : The Female Face of Amazigh History, \u201c <em>Amazigh World News<\/em> du 2 novembre 2015. <a href=\"https:\/\/amazighworldnews.com\/dihya-the-female-face-of-amazigh-history\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amazighworldnews.com\/dihya-the-female-face-of-amazigh-history\/<\/a><\/p>\n[xxix] Abd al-Malik ibn Marwan ibn al-Hakam (arabe : \u0639\u0628\u062f \u0627\u0644\u0645\u0644\u0643 \u0627\u0628\u0646 \u0645\u0631\u0648\u0627\u0646 \u0627\u0628\u0646 \u0627\u0644\u062d\u0643\u0645, romanis\u00e9 : \u02bfAbd al-Malik ibn Marw\u0101n ibn al-\u1e24akam ; juillet\/ao\u00fbt 644 ou juin\/juillet 647 &#8211; 9 octobre 705) \u00e9tait le cinqui\u00e8me calife omeyyade, r\u00e9gnant d&rsquo;avril 685 \u00e0 sa mort. Membre de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de musulmans n\u00e9s, sa premi\u00e8re vie \u00e0 M\u00e9dine fut occup\u00e9e par des activit\u00e9s pieuses. Il a occup\u00e9 des postes administratifs et militaires sous le calife Mu&rsquo;awiya I (r. 661-680), fondateur du califat omeyyade, et sous son propre p\u00e8re, le calife Marwan I (r. 684-685). Au moment de l&rsquo;accession d&rsquo;Abd al-Malik, l&rsquo;autorit\u00e9 des Omeyyades s&rsquo;\u00e9tait effondr\u00e9e dans tout le califat \u00e0 la suite de la deuxi\u00e8me guerre civile musulmane et avait \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9e en Syrie et en \u00c9gypte sous le r\u00e8gne de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak en 686, Abd al-Malik se concentre sur la s\u00e9curisation de la Syrie avant de tenter de conqu\u00e9rir la majeure partie du califat aupr\u00e8s de son principal rival, le calife mecquois Abd Allah ibn al-Zubayr. \u00c0 cette fin, il conclut une tr\u00eave d\u00e9favorable avec l&rsquo;Empire byzantin revigor\u00e9 en 689, \u00e9touffe une tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 Damas par son parent, al-Ashdaq, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, et r\u00e9incorpore dans l&rsquo;arm\u00e9e les tribus Qaysi rebelles de la Jazira (Haute M\u00e9sopotamie) en 691. Il conquiert ensuite l&rsquo;Irak de Zubayrid et envoie son g\u00e9n\u00e9ral, al-Hajjaj ibn Yusuf, \u00e0 La Mecque o\u00f9 il tue Ibn al-Zubayr \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 692, r\u00e9unifiant ainsi le califat sous le r\u00e8gne d&rsquo;Abd al-Malik. La guerre avec Byzance reprend, entra\u00eenant des avanc\u00e9es omeyyades en Anatolie et en Arm\u00e9nie, la destruction de Carthage et la reprise de Kairouan, tremplin pour les conqu\u00eates ult\u00e9rieures de l&rsquo;Afrique du Nord occidentale et de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, en 698. \u00c0 l&rsquo;est, le vice-roi d&rsquo;Abd al-Malik, al-Hajjaj, a fermement \u00e9tabli l&rsquo;autorit\u00e9 du calife en Irak et au Khurasan, \u00e9crasant l&rsquo;opposition des Kharijites et de la noblesse tribale arabe en 702. Les derni\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;Abd al-Malik sont marqu\u00e9es par une consolidation du pouvoir dans la paix et la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Cf. Bosworth, C.E.\u00a0(1991).\u00a0\u00ab\u00a0Marw\u0101n I b. al-\u1e24akam\u00a0\u00bb. In\u00a0Bosworth, C. E.;\u00a0van Donzel, E.\u00a0&amp;\u00a0Pellat, Ch.\u00a0(eds.).\u00a0<em>The Encyclopaedia of Islam, New Edition, Volume VI: Mahk\u2013Mid<\/em>. Leiden: E. J. Brill. 1991\u00a0:\u00a0621\u2013623.<\/p>\n[xxx] Koussayla (arabe : Koussayla Ibn Malzam, latin : Caecilius) \u00e9tait un roi berb\u00e8re chr\u00e9tien du 7e si\u00e8cle du royaume d&rsquo;Altava, chef de la tribu Awraba des Imazighen et peut-\u00eatre roi chr\u00e9tien des Sanhaja. Il est connu pour avoir men\u00e9 une r\u00e9sistance militaire berb\u00e8re efficace contre la conqu\u00eate musulmane du Maghreb dans les ann\u00e9es 680. Son nom signifie \u00ab\u00a0l\u00e9opard\u00a0\u00bb en langue berb\u00e8re. Koussayla est mort en 688 en combattant les musulmans.<\/p>\n<p>Cf. Mod\u00e9ran, Y. \u00ab\u00a0Kusayla, l&rsquo;Afrique et les Arabes\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Identit\u00e9s et Cultures dans l&rsquo;Alg\u00e9rie Antique<\/em>. Rouen\u00a0: Universit\u00e9 de Rouen, 2005.<\/p>\n[xxxi] Benjamin Hendrickx.\u00a0\u201cAl-Kahina: The Last Ally of the Roman-Byzantines in the Maghreb Against the Muslim Arab Conquest?, \u201c\u00a0<em>Journal of Early Christian History<\/em>,\u00a03:2,\u00a02013\u00a0: 47-61,\u00a0DOI:\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/2222582X.2013.11877284\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">10.1080\/2222582X.2013.11877284<\/a><\/p>\n[xxxii] Mod\u00e9ran, Yves. \u00ab\u00a0Kahena. (Al-K\u00e2hina)\u00a0\u00bb. Kahena. <em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em> 27, Kairouan\u00a0: Kifan Bel-Ghomari. Aix-en-Provence : Edisud, 2005\u00a0: 4102\u20134111. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1306\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1306<\/a><\/p>\n[xxxiii] Lozen (vers 1840 &#8211; 17 juin 1889) \u00e9tait une guerri\u00e8re et un proph\u00e8te des Apaches Chihenne Chiricahua. Elle \u00e9tait la s\u0153ur de Victorio, un chef \u00e9minent. N\u00e9e au sein de la bande Chihenne dans les ann\u00e9es 1840, Lozen \u00e9tait, selon les l\u00e9gendes, capable d&rsquo;utiliser ses pouvoirs au combat pour conna\u00eetre les mouvements de l&rsquo;ennemi. Selon James Kaywaykla, Victorio l&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Nana : \u00ab\u00a0Lozen est mon bras droit&#8230; forte comme un homme, plus courageuse que la plupart des autres, et rus\u00e9e dans sa strat\u00e9gie. Lozen est un bouclier pour son peuple\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cf. Peter Aleshire.\u00a0<em>Warrior Woman, the Story of Lozen, Apache Warrior and Shaman<\/em>. New York: St. Martin&rsquo;s Press, 2001.<\/p>\n[xxxiv] John Mason. \u201cA representation of<em>\u00a0al-Kahina, \u201cArab America <\/em>du 31 octobre 2018. <a href=\"https:\/\/www.arabamerica.com\/an-early-feminist-al-kahina-7th-century-north-african-queen-fact-or-fancy\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.arabamerica.com\/an-early-feminist-al-kahina-7th-century-north-african-queen-fact-or-fancy\/<\/a><\/p>\n[xxxv] Basset, Ren\u00e9, \u201cal-K\u0101hina\u201d, in:\u00a0<em>Encyclopaedia of Islam, First Edition (1913-1936)<\/em>, Edited by M. Th. Houtsma, T.W. Arnold, R. Basset, R. Hartmann. Consulted online on 07 May 2021 <a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1163\/2214-871X_ei1_SIM_3802\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/dx.doi.org\/10.1163\/2214-871X_ei1_SIM_3802<\/a><\/p>\n[xxxvi] Joshua J. Mark. \u201cKahina, \u201c<em> World History Encyclopedia <\/em>du 16 mars 2018. <a href=\"https:\/\/www.worldhistory.org\/Kahina\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.worldhistory.org\/Kahina\/<\/a><\/p>\n[xxxvii]\u00a0 Abdelmajid Hannoum. <em>Colonial Histories, Post-Colonial Memories: The Legend of the K\u00e2hina, A North African Heroine<\/em>. Portsmouth, NH: Heinemann, 2001<\/p>\n<p>Aucune autre l\u00e9gende nord-africaine n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, transform\u00e9e et utilis\u00e9e par autant de groupes sociaux que celle du mythe d\u2019al-Kahina. Dans ce livre, Abdelmajid Hannoum examine le r\u00f4le que le mythe a jou\u00e9 dans ce que l&rsquo;on peut appeler une conqu\u00eate id\u00e9ologique. Depuis sa cr\u00e9ation au IXe si\u00e8cle, la l\u00e9gende d\u2019al-Kahina a servi d&rsquo;armature id\u00e9ologique aux luttes anticoloniales, au nationalisme nord-africain, au nationalisme berb\u00e8re et au f\u00e9minisme arabe. Mais l&rsquo;histoire d\u2019al-Kahina a \u00e9galement fourni la justification id\u00e9ologique des incursions en Afrique du Nord par divers groupes qui ont utilis\u00e9 la l\u00e9gende pour articuler la r\u00e9gion comme arabe, parfois fran\u00e7aise, parfois berb\u00e8re et parfois juive. Son livre explore \u00e9galement les processus et le contexte dans lesquels les souvenirs du pass\u00e9 sont transform\u00e9s et fa\u00e7onn\u00e9s, non seulement par ceux qui racontent la l\u00e9gende oralement, mais aussi par les historiens qui \u00e9crivent sur l&rsquo;Afrique du Nord, l&rsquo;Islam et la domination coloniale fran\u00e7aise dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Dans la tradition de l&rsquo;<em>Orientalisme<\/em> d&rsquo;Edward Said, l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;Abdelmajid Hannoum sur le mythe d\u2019al-Kahina est un compte rendu dynamique de la propagation de l&rsquo;Islam, de l&rsquo;Arabie et du colonialisme fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion nord-africaine. <em>Colonial Histories, Postcolonial Memories<\/em>, gr\u00e2ce \u00e0 sa m\u00e9thodologie innovante et \u00e0 l&rsquo;utilisation intensive de r\u00e9cits oraux, est \u00e9galement une exploration \u00e9clairante des complexit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la production de connaissances historiques.<\/p>\n[xxxviii] Ibid, 6.<\/p>\n[xxxix] H.T. Norris. <em>The Berbers in Arabic Literature<\/em>. Essex, London: Longman Group Limited, 1982\u00a0: 50.<\/p>\n[xl] Adam J. Silverstein. <em>Islamic History: A Very Short Introduction<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 2010\u00a0: 104.<\/p>\n[xli] Ibid., 105.<\/p>\n[xlii] Hannoum, <em>Colonial Histories<\/em>, 18.<\/p>\n[xliii] Ibid., 16.<\/p>\n[xliv] Benjamin Hendrickx. \u00ab\u00a0Al-K\u00e2hina: The Last Ally of the Roman-Byzantines in the Maghreb Against the Muslim Arab Conquest,\u201d <em>Journal of Early Christian History<\/em> 3, 2013\u00a0: 57.<\/p>\n[xlv] Jo\u00eblle\u00a0Allouche-Benayoun. \u201cGis\u00e8le HALIMI,\u00a0<em>La Kahina<\/em>, \u201c\u00a0<em>Clio. Histoire\u201a femmes et soci\u00e9t\u00e9s\u00a0[En ligne], 30\u00a0|\u00a02009<\/em>, 30\u00a0|\u00a02009\u00a0: 265-267.<\/p>\n[xlvi] Fatima Sadiqi. <em>Moroccan Feminist Discourses<\/em>. New York, NY: Palgrave Macmillan, 2016: 45-46.<\/p>\n[xlvii] Boudica est une reine celte britannique qui a men\u00e9 un soul\u00e8vement rat\u00e9 contre l&rsquo;occupation romaine.<\/p>\n[xlviii] Norris. <em>Arabic Literature<\/em>. Op. cit. 53.<\/p>\n[xlix] Kateb Yacine (2 ao\u00fbt 1929 ou 6 ao\u00fbt 1929 &#8211; 28 octobre 1989) est un \u00e9crivain amazigh alg\u00e9rien remarquable pour ses romans et ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, tant en fran\u00e7ais qu&rsquo;en dialecte alg\u00e9rien, et son plaidoyer pour la cause berb\u00e8re.<\/p>\n<p>Kateb Yacine est officiellement n\u00e9 le 6 ao\u00fbt 1929 \u00e0 Constantine. Bien que son nom de naissance soit Yacine Kateb, il a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait tellement habitu\u00e9 \u00e0 entendre ses professeurs prononcer les noms avec le nom de famille en premier qu&rsquo;il a adopt\u00e9 Kateb Yacine comme nom de plume.<\/p>\n<p>Il est n\u00e9 dans une famille berb\u00e8re maraboutique chaoutique \u00e9rudite de l&rsquo;actuelle Sedrata, dans la wilaya de Souk Ahras (r\u00e9gion des Aur\u00e8s). Son grand-p\u00e8re maternel \u00e9tait le \u00ab\u00a0bach adel\u00a0\u00bb, ou juge suppl\u00e9ant du qadi de Cond\u00e9 Smendou (Zirout Youcef). Son p\u00e8re \u00e9tait avocat, et la famille l&rsquo;a suivi dans ses diff\u00e9rentes affectations dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays. Le jeune Kateb (qui signifie \u00ab\u00a0\u00e9crivain\u00a0\u00bb), fr\u00e9quente l&rsquo;\u00e9cole coranique de Sedrata en 1937, puis en 1938 l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise de Lafayette (Bougaa) en Petite Kabylie, o\u00f9 la famille s&rsquo;est install\u00e9e. En 1941, il s&rsquo;inscrit au coll\u00e8ge colonial de S\u00e9tif comme pensionnaire.<\/p>\n<p>Kateb Yacine est en troisi\u00e8me ann\u00e9e de coll\u00e8ge lorsque surviennent les manifestations du 8 mai 1945. Il participe \u00e0 ces manifestations qui se terminent par le massacre de six \u00e0 huit (selon les nationalistes quarante-cinq) mille Alg\u00e9riens par l&rsquo;arm\u00e9e et la police fran\u00e7aises dans le massacre de S\u00e9tif et Guelma. Trois jours plus tard, il est mis en \u00e9tat d&rsquo;arrestation et emprisonn\u00e9 pendant deux mois. D\u00e8s lors, il devient un partisan de la cause nationaliste. Renvoy\u00e9 du coll\u00e8ge, voyant la sant\u00e9 psychologique de sa m\u00e8re se d\u00e9grader, traversant une p\u00e9riode de d\u00e9prime, plong\u00e9 dans les \u00e9crits de Lautr\u00e9amont et de Baudelaire, son p\u00e8re l&rsquo;envoie au lyc\u00e9e de B\u00f4ne (Annaba). Il y rencontre \u00ab\u00a0Nedjma\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9toile\u00a0\u00bb), une \u00ab\u00a0cousine d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9e\u00a0\u00bb avec laquelle il vit \u00ab\u00a0peut-\u00eatre huit mois\u00a0\u00bb, comme il le reconna\u00eetra plus tard.<\/p>\n<p>Cf. Ghania Khelifi,\u00a0<em>Kateb Yacine, Eclats et po\u00e8mes<\/em>. Alger\u00a0: Enag Editions, 1990.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref50\" name=\"_edn50\">[<\/a>l] Voir <em>Transfigurations of the Mahgreb<\/em>, 1993, par Winifred Woodhull, et <em>Colonial Histories, Post-Colonial Memories<\/em>, 2001, par Abdelmajid Hannoum.<\/p>\n[li] Winifred Woodhull. <em>Transfigurations of the Maghreb: Feminism, Decolonization, and Literatures<\/em>. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1993\u00a0: 31.<\/p>\n[lii] Hannoum, <em>Colonial Histories, Post-Colonial Memories<\/em>, 165.<\/p>\n[liii] Ibid., 169.<\/p>\n[liv] Ibid., 20.<\/p>\n[lv] Jean Ernest Mercier \u00e9tait un traducteur, historien et homme politique fran\u00e7ais (n\u00e9 le 17 septembre 1840 \u00e0 La Rochelle &#8211; mort le 16 mai 1907). Jean Ernest Mercier \u00e9tait le petit-fils d&rsquo;un sous-pr\u00e9fet, maire du d\u00e9partement du Doubs, et le fils d&rsquo;un chirurgien militaire qui participa \u00e0 la conqu\u00eate fran\u00e7aise de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 ses \u00e9tudes au coll\u00e8ge de La Rochelle, il suit son p\u00e8re en Alg\u00e9rie. Son int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;histoire nationale le conduit \u00e0 rejoindre la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie en 1863. Il est nomm\u00e9 militaire-interpr\u00e8te de la langue arabe, attach\u00e9 au commandant sup\u00e9rieur de Sebdou (province d&rsquo;Oran), en 1865, puis interpr\u00e8te judiciaire aupr\u00e8s du juge de paix d&rsquo;El Harrouch en 1866 et de T\u00e9n\u00e8s en 1869, avant de pr\u00eater serment comme interpr\u00e8te-traducteur de Constantine en 1871. En 1870, il est \u00e9lu lieutenant de la 2e compagnie, puis capitaine commandant la milice de T\u00e9n\u00e8s. Il devient lieutenant au 7e bataillon territorial, commandant la 3e compagnie en 1876. Il devient vice-pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 arch\u00e9ologique de Constantine en 1875, ainsi que membre de la Soci\u00e9t\u00e9 asiatique de Paris en 1878 et de la section orientale de l&rsquo;\u00e9cole des lettres d&rsquo;Alger en 1881. \u00c9lu conseiller municipal de Constantine en 1881 et r\u00e9\u00e9lu en 1884, il est \u00e9lu maire \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 en 1883, 1896 et 1900.<\/p>\n[lvi] Ibid., 35.<\/p>\n[lvii] Ibid., 36.<\/p>\n[lviii] Ernest Mercier. <em>Histoire de l&rsquo;Afrique Septentrionale (Berb\u00e9rie) Depuis les Temps les Plus Recul\u00e9s Jusqu&rsquo;\u00e0 la Conqu\u00eate Fran\u00e7aise (1830)<\/em>. Paris: Ernest Laroux, 1888.<\/p>\n[lix] Cynthia Becker. \u201c The Kahina: The Female Face of Berber History, \u201c<em>Mizan <\/em>du 26 octobre 2015. <a href=\"https:\/\/mizanproject.org\/the-kahina-the-female-face-of-berber-history\/#_ftn2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/mizanproject.org\/the-kahina-the-female-face-of-berber-history\/#_ftn2<\/a><\/p>\n[lx] Norman Roth, \u00ab\u00a0The K\u00e2hina: Legendary Material in the Accounts of the Jewish Berber Queen,\u201d <em>The Maghrib Review<\/em> 7(1982): 123<\/p>\n[lxi] Ibn Al-Ath\u00eer.\u00a0<em>Al-K\u00e2milf\u00ee al-t\u00e2r\u00ee\u1e35\u1e96,\u00a0<\/em>\u00e9d. Tornberg, t. IV, p. 31-33\u00a0; trad. Fagnan,\u00a0<em>Annales du Maghreb et de l\u2019Espagne, Revue africaine,\u00a0<\/em>1896\u00a0: 376-379.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les anciens peuples indig\u00e8nes d&rsquo;Afrique du Nord, \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;\u00c9gypte, \u00e9taient compos\u00e9s de nombreuses tribus et \u00e9taient commun\u00e9ment appel\u00e9s les Berb\u00e8res\/Amazighes. Leurs terres ont \u00e9t\u00e9 envahies \u00e0 plusieurs reprises, mais ils ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir leurs langues et leur culture ainsi qu&rsquo;une puissance militaire consid\u00e9rable. Parmi les envahisseurs et conqu\u00e9rants de l&rsquo;Afrique du Nord, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3661,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-3660","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/d-e1620412648672.jpg?fit=624%2C490&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-X2","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3660"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3660\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3669,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3660\/revisions\/3669"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3661"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3660"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}