{"id":3782,"date":"2021-06-18T21:22:29","date_gmt":"2021-06-18T20:22:29","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3782"},"modified":"2021-06-18T21:22:29","modified_gmt":"2021-06-18T20:22:29","slug":"lidentite-culturelle-et-les-arts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lidentite-culturelle-et-les-arts\/","title":{"rendered":"L\u2019identit\u00e9 culturelle et les arts"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_3793\" aria-describedby=\"caption-attachment-3793\" style=\"width: 403px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3793\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Mohammed-Serraji.jpg?resize=403%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"403\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Mohammed-Serraji.jpg?resize=403%2C250&amp;ssl=1 403w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Mohammed-Serraji.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 403px) 100vw, 403px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3793\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Par: Mohammed Serraji<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;art est\u00a0une activit\u00e9 cr\u00e9atrice. C&rsquo;est\u00a0le moyen par lequel l&rsquo;\u00eatre humain se d\u00e9tache de la nature. Contrairement \u00e0 la technique, son produit n&rsquo;a pas comme finalit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre utile, il est\u00a0destin\u00e9 \u00e0 la contemplation plut\u00f4t\u00a0qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;action. L&rsquo;art est\u00a0li\u00e9 \u00e0 la question du beau et \u00e0 son universalit\u00e9. C\u2019est par lequel on obtient \u00a0un r\u00e9sultat (par l&rsquo;effet d&rsquo;aptitudes naturelles). \u00a0Aussi, il est un ensemble de connaissances et de r\u00e8gles d&rsquo;action, dans un domaine particulier. L&rsquo;art\u00a0regroupe les \u0153uvres humaines destin\u00e9es \u00e0 toucher les sens et les \u00e9motions du public. Il peut s&rsquo;agir aussi bien de peinture\u00a0que\u00a0de sculpture, vid\u00e9o, photo, dessin, litt\u00e9rature, musique, danse\u2026<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art est\u00a0un objet qui doit servir de support \u00e0 la pens\u00e9e, \u00e0 la r\u00e9flexion. L&rsquo;art permet de r\u00e9fl\u00e9chir et de comprendre la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle on vit. Par l\u00e0 m\u00eame, il permet d&rsquo;\u00eatre plus libre, d&rsquo;avoir plus de capacit\u00e9s \u00e0 choisir, de d\u00e9velopper un esprit critique. C&rsquo;est pleinement un support d&rsquo;\u00e9ducation citoyenne.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Un aper\u00e7u sur l\u2019exp\u00e9rience picturale du Maroc:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>On parle souvent d\u2019une peinture de signe. En effet, le plus souvent issus de l\u2019iconographie pictogramme, les signes constituent r\u00e9pertoire multiforme d\u2019une m\u00e9moire ancienne et sombre. C\u2019est pourquoi les lettres tifinaghs se trouvent consid\u00e9rablement dans certains travaux qui sont r\u00e9pertori\u00e9s en peinture du signe. Celle pratiqu\u00e9e au Maroc renvoie \u00e0 une culture plusieurs fois mill\u00e9naires.<\/p>\n<p>La peinture marocaine d\u2019inspiration culturelle cas de Cherkaoui dont l\u2019un de ses a\u00efeux, Mohamed Cherki, est un\u00a0soufi\u00a0c\u00e9l\u00e8bre, et par sa m\u00e8re, qui meurt alors qu&rsquo;il est encore jeune, d&rsquo;un village amazigh\u00a0du\u00a0Moyen Atlas,<\/p>\n<figure id=\"attachment_3783\" aria-describedby=\"caption-attachment-3783\" style=\"width: 295px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-3783\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Detail-dune-peinture-de-Mohamed-Charkaoui.jpg?resize=295%2C164&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"295\" height=\"164\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Detail-dune-peinture-de-Mohamed-Charkaoui.jpg?resize=450%2C250&amp;ssl=1 450w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Detail-dune-peinture-de-Mohamed-Charkaoui.jpg?w=536&amp;ssl=1 536w\" sizes=\"auto, (max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3783\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">D\u00e9tail d&rsquo;une peinture de Mohamed Charkaoui<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00abEnfant, ces signes l&rsquo;intriguaient chez sa m\u00e8re qui les portait sous forme de tatouages au visage et sur les mains. Il a fait des recherches \u00e0 travers l&rsquo;Atlas et dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du Maroc (&#8230;). Il les admir\u00e9s sur les poteries anciennes, les bijoux, les tapis, les cuirs des r\u00e9gions sahariennes (&#8230;)\u00bb. Mohamed Sijelmassi La peinture marocaine<\/em>, <em>Paris, \u00e9ditions Jean-Pierre Taillandier, 1972, p. 62.<\/em><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on parle de la peinture marocaine, il est tr\u00e8s utile de mettre en exergue la singularit\u00e9 de cette derni\u00e8re par rapport \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019Europe et en particulier sa partie m\u00e9diterran\u00e9enne. L\u2019entr\u00e9e du chevalet au Maroc\u00a0: Mohamed Ben Ali Rbati : Il est admis que le premier\u00a0peintre\u00a0de\u00a0chevalet marocain\u00a0qui s&rsquo;est appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exercice est Mohamed Ben Ali Rbati (1861-1939). Natif de Rabat, il vint \u00e0 Tanger avec sa famille tout jeune, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle comme artisan menuisier. Nous souhaiterons traiter l\u2019activit\u00e9 picturale marocaine avant cette p\u00e9riode, celle de l\u2019entr\u00e9e du chevalet au Maroc.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>L\u2019art rupestre d\u00e8s la pr\u00e9histoire:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>D\u00e8s la Pr\u00e9histoire, la terre qui est aujourd&rsquo;hui le Maroc \u00e9tait habit\u00e9e par des populations amazighs un peuplement facilit\u00e9 par le climat tr\u00e8s favorable. Gr\u00e2ce aux recherches scientifiques et arch\u00e9ologiques, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que les premi\u00e8res activit\u00e9s humaines dans la r\u00e9gion datent d\u2019au moins 700\u00a0000 ans. Au Maroc, ont notamment \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s des ossements, des outils ainsi que des vases et des bijoux datant de la Pr\u00e9histoire. Le Maroc compte justement de nombreux sites arch\u00e9ologiques pr\u00e9historiques. Aux carri\u00e8res Thomas, \u00e0 8km au sud-ouest de Casablanca, une mandibule d\u2019Homo-Erectus a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e. A la carri\u00e8re de Sidi Abderrahmane, des fouilles ont permis la d\u00e9couverte d&rsquo;outils en pierre taill\u00e9e et d&rsquo;une faune fossile tr\u00e8s vari\u00e9e. Jbel Irhoud, entre Safi et Marrakech, est le site o\u00f9 deux cr\u00e2nes d\u2019Hominid\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 sortis de terre. A 30km au sud de Rabat, se trouve le site de Rouazi Skhirat\u00a0: une n\u00e9cropole du N\u00e9olithique (environ 3800 av. J.C.), o\u00f9 de nombreux vases en c\u00e9ramique, des gobelets, des bracelets en ivoire ainsi que des restes humains ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s. Et la liste est loin d&rsquo;\u00eatre finie. La grotte de Kaf Taht El Ghar, la grotte de Taforalt, la grotte de Dar Soltane, mais aussi les peintures rupestres de l&rsquo;Atlas et des r\u00e9gions pr\u00e9sahariennes et sahariennes font du Maroc une r\u00e9gion majeure de la Pr\u00e9histoire.)<\/p>\n<p>Les\u00a0<strong>gravures rupestres d&rsquo;A\u00eft Ouazik<\/strong> sont des gravures pr\u00e9historiques du\u00a0M\u00e9solithique, apparent\u00e9es \u00e0 celles du sud\u00a0oranais\u00a0(Alg\u00e9rie). On les date d&rsquo;environ 10\u00a0000\u00a0ans. Le site est un ancien lit de rivi\u00e8re, d&rsquo;o\u00f9 le nom des Gorges A\u00eft Ouaazik, et un ancien lac ass\u00e9ch\u00e9, gagn\u00e9 par le d\u00e9sert du\u00a0Sahara. A\u00eft Ouaazik se trouve \u00e0 70\u00a0km\u00a0de route au nord de\u00a0Zagora.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>L\u2019identit\u00e9 et l\u2019art rupestre:<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Depuis la nuit des temps, les interrogations sur l&rsquo;identit\u00e9 ont toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes. Cependant, elle semble trouver son paroxysme depuis la c\u00e9l\u00e8bre phrase de Socrate<strong>,\u00a0<\/strong><em>\u00ab Homme, connais-toi toi-m\u00eame \u00bb<\/em>. Ainsi a-t-elle saisi l&rsquo;attention de nombreux penseurs issus des divers champs de recherche scientifique.<\/p>\n<p>En effet, l&rsquo;homme s&rsquo;est toujours pos\u00e9 tant de questions sur sa propre identit\u00e9, sur sa propre nature, sur son origine et sur sa destin\u00e9e. Une qu\u00eate \u00e0 la recherche de soi et en vue de savoir r\u00e9ellement qui il est.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3785\" aria-describedby=\"caption-attachment-3785\" style=\"width: 130px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3785\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-de-stele-portant-une-inscription-libyque.jpg?resize=130%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"130\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-de-stele-portant-une-inscription-libyque.jpg?resize=130%2C250&amp;ssl=1 130w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-de-stele-portant-une-inscription-libyque.jpg?w=239&amp;ssl=1 239w\" sizes=\"auto, (max-width: 130px) 100vw, 130px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3785\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Figure 1: Exemple de st\u00e8le portant une inscription libyque<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les experts ont utilis\u00e9 des notions th\u00e9oriques provenant de l&rsquo;arch\u00e9ologie, de l&rsquo;anthropologie, de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, des \u00e9tudes autochtones, de l&rsquo;analyse de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et des \u00e9tudes sur le patrimoine visuel. Ils ont cherch\u00e9 \u00e0 comprendre ce que l&rsquo;art rupestre signifie pour les populations contemporaines, comment les gens l&rsquo;utilisent aujourd&rsquo;hui, et comment ces compr\u00e9hensions et utilisations varient d&rsquo;une nation postcoloniale \u00e0 l&rsquo;autre. Ils ont d\u00e9termin\u00e9 qu&rsquo;une gestion appropri\u00e9e des sites rupestres fragiles dans les parcs nationaux et d&rsquo;\u00c9tat peut changer les choses, car elle remet en question les id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues sur l&rsquo;art rupestre et les populations.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse de donn\u00e9es ethnographiques et arch\u00e9ologiques a produit des r\u00e9sultats probants et des suggestions pratiques concernant la formation de l&rsquo;identit\u00e9 et la pr\u00e9sentation de l&rsquo;art rupestre autochtone. Ces r\u00e9sultats sont applicables aux sites d&rsquo;art rupestre publics du monde entier. L\u2019\u00e9criture libyque est utilis\u00e9e pour noter la langue du m\u00eame nom \u2013 d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e par H\u00e9rodote (IV, 155) \u00a0et, apr\u00e8s plus de deux mill\u00e9naires, sa descendante actuelle, appel\u00e9e ti\ufb01nagh, sert toujours aux Touaregs, avec quelques variantes, pour noter leur langue <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/afriques\/716#ftn26\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>26<\/strong><\/a>. Rappelons que le terme \u00ab libyque \u00bb d\u00e9signe ici le nord de l\u2019Afrique, selon l\u2019usage ancien, et que les textes libyques de Numidie (actuelles Tunisie septentrionale et Alg\u00e9rie \u00a0orientale) sont g\u00e9n\u00e9ralement contemporains de l\u2019Antiquit\u00e9 carthaginoise et romaine. L\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des inscriptions libyques, formulaires et r\u00e9p\u00e9titives, se trouvent sur des st\u00e8les fun\u00e9raires (\ufb01g. 1), o\u00f9 elles sont parfois accompagn\u00e9es de textes puniques ou latins, tandis que les inscriptions ti\ufb01nagh (\ufb01g. 2) sont tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralement grav\u00e9es ou peintes sur les rochers du Sahara central et Centro-m\u00e9ridional.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3787\" aria-describedby=\"caption-attachment-3787\" style=\"width: 215px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3787\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-dinscription-saharienne-en-caracteres-tifinagh-Tadrart-Akukas-Libye.-Photo-Jean-Loic-Le-Quellec.jpg?resize=215%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"215\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-dinscription-saharienne-en-caracteres-tifinagh-Tadrart-Akukas-Libye.-Photo-Jean-Loic-Le-Quellec.jpg?resize=215%2C250&amp;ssl=1 215w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Exemple-dinscription-saharienne-en-caracteres-tifinagh-Tadrart-Akukas-Libye.-Photo-Jean-Loic-Le-Quellec.jpg?w=239&amp;ssl=1 239w\" sizes=\"auto, (max-width: 215px) 100vw, 215px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3787\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Figure 2 : Exemple d\u2019inscription saharienne en caract\u00e8res tifinagh, Tadrart Akukas (Libye). Photo Jean Lo\u00efc Le Quellec<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019aire de r\u00e9partition de ces graphies (en gros, des Canaries \u00e0 la Libye, et de la M\u00e9diterran\u00e9e au Sahel) recouvre celle des parlers berb\u00e8res actuels ou disparus, qu\u2019elles ont servi ou servent encore \u00e0 transcrire. Les lettres utilis\u00e9es sont construites \u00e0 partir du point, du trait, du cercle et du carr\u00e9, leur trac\u00e9 est non cursif, et elles sont dispos\u00e9es en lignes verticales de bas en haut pour les textes libyques, verticales ou horizontales pour les textes en ti\ufb01nagh.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>La peinture amazighe<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Depuis la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX \u00e8me, les pays nord africains ( pays du Maghreb) , apr\u00e8s les d\u00e9colonisations de ces derniers, cette aire g\u00e9ographique a connu un grand rebondissement culturel amazigh qui revendiquait essentiellement des droits culturels l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>Cette p\u00e9riode a vu la naissance de plusieurs associations culturelles qui ont pu et gr\u00e2ce \u00e0 eux que le patrimoine artistique et culturel de ces pays a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 des politiques d\u2019effacement identitaire. C\u2019est pourquoi nous parlons de peinture \u00ab\u00a0 amazighe \u00bb cet adjectif qui a donn\u00e9 cette particularit\u00e9 aux arts plastiques du Maghreb en g\u00e9n\u00e9ral et en particulier au Maroc o\u00f9 ceux-ci ont perp\u00e9tr\u00e9 des expressions artistiques les plus anciennes ; le graphisme et la gravure que l\u2019Homme nord africain a explor\u00e9 depuis le n\u00e9olithique. Parall\u00e8lement au dessin r\u00e9aliste, l\u2019Homme pr\u00e9historique a tr\u00e8s t\u00f4t d\u00e9couvert l\u2019art abstrait et le symbolisme. Les artistes de ces temps ont explor\u00e9 un vaste r\u00e9pertoire de symboles, de signe et de motifs qui ont peint, grav\u00e9 et tatou\u00e9.<\/p>\n<p>Cette expression artistique, transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, a certainement subi, au fil du temps, plusieurs \u00e9volutions et d\u2019influences d\u2019autres cultures. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur diff\u00e9rents supports et selon divers techniques. L\u2019art de graphisme a toujours accompagn\u00e9 l\u2019activit\u00e9 humaine sur tout le territoire nord africain. Nos a\u00efeux amazighs nous ont l\u00e9gu\u00e9 le t\u00e9moignage infaillible de leurs activit\u00e9s artistiques.<\/p>\n<p><strong>La gen\u00e8se des arts plastiques au Maroc ne date donc pas des ann\u00e9es cinquante, comme le pr\u00e9tendent certains critiques d\u2019art, et n\u2019est pas tributaire de l\u2019av\u00e8nement de la colonisation, bien au contraire, c\u2019est une pratique ancestrale enracin\u00e9e et grav\u00e9e dans le patrimoine culturel plusieurs fois mill\u00e9naires des marocains.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Qu\u2019est-ce que l\u2019art sinon un acte de partage et donc de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>L\u2019acte de cr\u00e9ation n\u2019est autre que l\u2019accomplissement par l\u2019artiste de ses pens\u00e9es intimes. Celles-ci sont partag\u00e9es avec le publique<\/em><\/strong>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3788\" aria-describedby=\"caption-attachment-3788\" style=\"width: 249px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3788 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/a.jpg?resize=249%2C332&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"249\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/a.jpg?w=249&amp;ssl=1 249w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/a.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w\" sizes=\"auto, (max-width: 249px) 100vw, 249px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3788\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9tail d&rsquo;un tableau. Technique mixte sur bois. M. Serraji, 2008.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3789\" aria-describedby=\"caption-attachment-3789\" style=\"width: 187px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3789 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/b.jpg?resize=187%2C337&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/b.jpg?w=187&amp;ssl=1 187w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/b.jpg?resize=139%2C250&amp;ssl=1 139w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3789\" class=\"wp-caption-text\">Technique mixte sur toile. 2007.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3790\" aria-describedby=\"caption-attachment-3790\" style=\"width: 185px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3790 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/c.jpg?resize=185%2C337&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"185\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/c.jpg?w=185&amp;ssl=1 185w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/c.jpg?resize=137%2C250&amp;ssl=1 137w\" sizes=\"auto, (max-width: 185px) 100vw, 185px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3790\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9tail d&rsquo;une peinture sur bois. 2019.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3791\" aria-describedby=\"caption-attachment-3791\" style=\"width: 249px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3791 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/d.jpg?resize=249%2C360&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"249\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/d.jpg?w=249&amp;ssl=1 249w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/d.jpg?resize=173%2C250&amp;ssl=1 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 249px) 100vw, 249px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3791\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9tail, technique mixte sur bois. 2015.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3792\" aria-describedby=\"caption-attachment-3792\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3792 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/e.jpg?resize=210%2C368&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/e.jpg?w=210&amp;ssl=1 210w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/e.jpg?resize=143%2C250&amp;ssl=1 143w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3792\" class=\"wp-caption-text\">Tablette, technique mixte. 2006.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;art est\u00a0une activit\u00e9 cr\u00e9atrice. C&rsquo;est\u00a0le moyen par lequel l&rsquo;\u00eatre humain se d\u00e9tache de la nature. Contrairement \u00e0 la technique, son produit n&rsquo;a pas comme finalit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre utile, il est\u00a0destin\u00e9 \u00e0 la contemplation plut\u00f4t\u00a0qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;action. L&rsquo;art est\u00a0li\u00e9 \u00e0 la question du beau et \u00e0 son universalit\u00e9. 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