{"id":3907,"date":"2021-08-21T20:16:49","date_gmt":"2021-08-21T19:16:49","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=3907"},"modified":"2021-08-21T20:16:57","modified_gmt":"2021-08-21T19:16:57","slug":"lidentite-dans-le-nouveau-roman-de-mohamed-ouissaden","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lidentite-dans-le-nouveau-roman-de-mohamed-ouissaden\/","title":{"rendered":"L\u2019identit\u00e9 dans le nouveau roman de Mohamed Ouissaden"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3908 alignleft\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/israe.png?resize=174%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"174\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/israe.png?resize=174%2C250&amp;ssl=1 174w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/israe.png?w=462&amp;ssl=1 462w\" sizes=\"auto, (max-width: 174px) 100vw, 174px\" \/><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Par: Mohammed Serraji<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Israe et Kamal, un jeune couple marocain, de remarquables journalistes d\u2019investigation sur l\u2019exode des juifs marocains vers Isra\u00ebl. Ce documentaire a suscit\u00e9 la convoitise du DG d\u2019une entreprise marocaine de documentaire audiovisuel. Ce qui a pouss\u00e9 Israe \u00e0 proposer la r\u00e9alisation d\u2019un film documentaire sur les juifs marocains du douar d\u2019Iril \u00e0 Talouine, en se basant sur le parcours d\u2019Ishaq Hazzani, le grand p\u00e8re de son \u00e9poux. Mais celle-ci ignore que cette qu\u00eate, bien plus ardue qu\u2019il n\u2019y semblait au d\u00e9part, va \u00e9crouler son couple et secouer toute sa vie. Manipul\u00e9, menac\u00e9e, accul\u00e9e malgr\u00e9 elle aux pires mensonges; pourrait-elle malgr\u00e9 tout trouver l\u2019amour dont elle r\u00eave tant, et surtout, retrouver sa dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de Mohammed Ouissaden d\u00e9poussi\u00e8re l\u2019histoire contemporaine du Maroc, en traitant un sujet culturel \u00e0 l\u2019aube de la normalisation des relations entre le Maroc et Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>D\u2019embl\u00e9e, le roman intitul\u00e9 \u00abIsrae, Elle\u2026\u00bb, et qui renvoi \u00e0 l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl. Ce paronyme aspir\u00e9 par l\u2019auteur dans le dessein d\u2019aborder une r\u00e9alit\u00e9 culturelle de notre soci\u00e9t\u00e9; l\u2019identit\u00e9 juive, une composante parmi d\u2019autres; amazighe, arabe, hssania\u2026 Qui forment le corps de l\u2019identit\u00e9 marocaine. Le choix de l\u2019\u00e9crivain est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 sollicit\u00e9 par le titre du r\u00e9cit. Ce dernier relate l\u2019histoire tumultueuse d\u2019un couple arabo juif est qui a caus\u00e9 le d\u00e9but de l\u2019isolement d\u2019Israe de sa famille. Les p\u00e9rip\u00e9ties de celle-ci d\u00e9butent par ce d\u00e9chirement identitaire. Mais le couple le surpasse par \u00abamour\u00bb. Israe, tout au long de l\u2019histoire affronte les pires probl\u00e8mes que peut rencontrer une femme dans son existence.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>La cupidit\u00e9\u00a0!<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le DG de l\u2019entreprise marocaine de documentaire audiovisuel disait: Money is the sinews of war (L\u2019argent est le nerf de la guerre), Money dosn\u2019t grow on trees (L\u2019argent ne pousse pas sur les arbres). Ces deux r\u00e9pliques en anglais prononc\u00e9es par celui qui incarne la rapacit\u00e9. Ce beau discours enflamme la concupiscence du couple ce qui les emporte vers les enfers. Le r\u00f4le le plus dangereux dans cette conspiration inhumaine est attribu\u00e9 \u00e0 Israe: faux divorce, faux mariage, faux b\u00e9b\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019objet de convoitise \u00e0 savoir la photo d\u2019Ishaq Hazzani pour attribuer une touche d\u2019authenticit\u00e9 au film documentaire cette photo m\u00e9morise le d\u00e9part des juifs marocains orchestr\u00e9 par les sionistes o\u00f9 le grand p\u00e8re de Kamal pleurait.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #000080;\">L\u2019Infid\u00e9lit\u00e9<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Israe a toujours cherch\u00e9 l\u2019amour croyant la trouv\u00e9 avec Kamal, mais h\u00e9las\u00a0! En d\u00e9couvrant sa bisexualit\u00e9, elle a tent\u00e9 de mettre fin \u00e0 leur union mais en vain. Lorsqu\u2019 elle s\u2019est engag\u00e9e dans la tumultueuse conspiration \u00e9bauch\u00e9e par le DG, Israe avait d\u00e9cid\u00e9 de mettre un terme \u00e0 cette existence. Mais le pire qui s\u2019est arriv\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019histoire en d\u00e9couvrant la trahison de son ex-mari avec son amie Salma.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019homme vit dans plusieurs dimensions. Il se meut dans l\u2019espace, o\u00f9 le milieu naturel exerce une influence constante sur lui. Il existe dans le temps, qui lui donne un pass\u00e9 historique et le sentiment de l\u2019avenir. Il poursuit ses activit\u00e9s au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dont il fait partie et il s\u2019identifie avec les autres membres de son groupe pour coop\u00e9rer avec eux \u00e0 son maintien et \u00e0 sa continuit\u00e9\u00bb Melville J. Herskovits, Les bases de l\u2019anthropologie culturelle (1950).<\/p>\n<p>Mohammed Ouissaden lance un appel pour pouvoir s\u2019ouvrir les composantes de notre identit\u00e9 par le d\u00e9tour de la litt\u00e9rature. Si L&rsquo;identit\u00e9 culturelle est ce par quoi se reconna\u00eet une communaut\u00e9 humaine (sociale, politique, r\u00e9gionale, nationale, ethnique, religieuse,&#8230;) en termes de valeurs, de pens\u00e9es et d&rsquo;engagement, de langue et de lieu de vie, de pratiques, de traditions et de croyances, de v\u00e9cu en commun et de m\u00e9moire historique. L&rsquo;identit\u00e9 culturelle d&rsquo;une communaut\u00e9 est rarement statique, \u00e9voluant avec le cours de l&rsquo;histoire et de l&rsquo;actualit\u00e9, les mouvements migratoires, le c\u00f4toiement avec d&rsquo;autres identit\u00e9s culturelles et les avanc\u00e9es et reculs de la civilisation. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9, le mot provient du bas-latin alteritas, qui signifie diff\u00e9rence ; l&rsquo;antonyme d&rsquo;\u00ab alt\u00e9rit\u00e9 \u00bb est \u00ab identit\u00e9 \u00bb ou la reconnaissance de l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence, aussi bien culturelle que religieuse. La question de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;inscrit dans un espace intellectuel de large empan, qui va de la philosophie, de la morale et du juridique jusqu&rsquo;aux sciences de l&rsquo;homme et de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Cette question a particuli\u00e8rement interrog\u00e9 plusieurs sciences sociales, souvent depuis leur fondation, comme en anthropologie, ou depuis leur p\u00e9riode classique, comme en sociologie. Elle n\u2019est pas non plus \u00e9trang\u00e8re au champ esth\u00e9tique qui avec les \u0153uvres litt\u00e9raires, plastiques, musicales, fournit une ample mati\u00e8re pour \u00e9tudier le rapport \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>La fiction de Mohamed Ouissaden vient d\u2019offrir une opportunit\u00e9 pour concr\u00e9tiser le d\u00e9bat sur les affluents de l\u2019identit\u00e9 marocaine comme le stipule la constitution du royaume. C\u2019est une occasion artistique et litt\u00e9raire qui renforce les utilit\u00e9s soci\u00e9tales d\u2019unification identitaire. L\u2019exemple le plus significatif est sans doute le film intitul\u00e9 \u00abTinghir-J\u00e9rusalem, les \u00e9chos du mellah\u00bb de Kamal Hachkar. L\u2019auteur de ce film, est un professeur d&rsquo;histoire qui a \u00e9migr\u00e9 en France \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 mois depuis son Maroc natal. Un p\u00e8lerinage au village amazigh de ses p\u00e8res, Tinghir, lui r\u00e9v\u00e8le la longue cohabitation qui a uni en ces lieux Juifs et Musulmans, avant que la plupart des Juifs marocains ne rejoignent le jeune Etat d&rsquo;Isra\u00ebl dans les ann\u00e9es 1950. Kamal cherche \u00e0 comprendre les raisons de ce d\u00e9part. D&rsquo;abord en parlant avec les anciens du village, ensuite en partant pour Isra\u00ebl, o\u00f9 il retrouve les Juifs de Tinghir, dont certains descendants de sa g\u00e9n\u00e9ration qui partagent sa curiosit\u00e9 pour ce pass\u00e9 commun.<\/p>\n<p>C\u2019est ce pass\u00e9 commun qui doit \u00eatre enseign\u00e9 dans nos \u00e9coles dans le but d\u2019unifier notre histoire. Un travail de tissage est indispensable pour souder notre identit\u00e9 comme le faisait les femmes marocaines. Cet art est le leur, elles ont su mobiliser toute la dext\u00e9rit\u00e9 de leur geste, la patience de leur engagement et la candeur de leur intention pour alors parvenir \u00e0 l\u2019excellence de leur ouvrage. Une fois termin\u00e9, le tapis n\u2019appartient plus \u00e0 son artisane. Il est, face au monde, un reflet du visage du Maroc.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00abL\u2019art, c\u2019est le plus court chemin de l\u2019homme \u00e0 l\u2019homme\u00bb dixit Andr\u00e9 Malraux<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par: Mohammed Serraji Israe et Kamal, un jeune couple marocain, de remarquables journalistes d\u2019investigation sur l\u2019exode des juifs marocains vers Isra\u00ebl. Ce documentaire a suscit\u00e9 la convoitise du DG d\u2019une entreprise marocaine de documentaire audiovisuel. 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