{"id":395,"date":"2015-05-13T20:46:09","date_gmt":"2015-05-13T20:46:09","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=395"},"modified":"2016-02-07T20:53:18","modified_gmt":"2016-02-07T20:53:18","slug":"lamazighite-en-devenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lamazighite-en-devenir\/","title":{"rendered":"L\u2019AMAZIGHITE en devenir \u2026"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_396\" aria-describedby=\"caption-attachment-396\" style=\"width: 204px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-396\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Mohamed-El-Manouar-204x250.jpg?resize=204%2C250\" alt=\"Par Mohamed EL MANOUAR\" width=\"204\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Mohamed-El-Manouar.jpg?resize=204%2C250&amp;ssl=1 204w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Mohamed-El-Manouar.jpg?w=240&amp;ssl=1 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-396\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Par: Mohamed EL MANOUAR<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">PRELUDE\u2026<br \/>\n\u00abMontrez-moi un h\u00e9ros, et je vous \u00e9crirai une trag\u00e9die \u00bb<br \/>\nFrancis Scott Fitzgerald<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme \u00e9crivait Nietzsche: \u00abIl y a toujours un peu de folie dans l\u2019amour, bien qu\u2019i y ait toujours un peu de raison dans la folie\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est cette id\u00e9e folle conjugu\u00e9e \u00e0 l\u2019amour pour Tamazighte qui m\u2019avait prise, m\u2019avait hant\u00e9e; je ne saurai ni pourquoi ni comment? J\u2019\u00e9tais subjugu\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019enregistrer, d\u2019immortaliser les propos d\u2019un grand personnage pour qu\u2019ils restassent, autant que possible, dans le patrimoine de l\u2019humanit\u00e9, de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, de la permanence de ce que nous sommes et peut-\u00eatre resterons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019allais commencer par dire avec Henri Michaux: \u00abce qu\u2019on te reproche, cultive le, c\u2019est toi\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019\u00e9tais dans mon pluriel obnubil\u00e9 par ce personnage singulier, embl\u00e9matique, attrayant, s\u00e9duisant, ferme dans ses convictions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passionn\u00e9 par cet homme passionnant, hors du commun, ses jugements me paraissent sans concession. Je l\u2019ai d\u00e9couvert avec bonheur, ravissement ; un \u00ab Auvergnat \u00bb de plate couture qui, dans l\u2019assistance tonne et raisonne de sa voix rauque, son fran\u00e7ais ch\u00e2ti\u00e9, sa stature imposante que nul ne peut \u00e9treindre, son regard d\u2019aigle per\u00e7ant, ses arguments tranchants. Un homme qui ne pouvait se faire passer inaper\u00e7u. Il est, comme \u00e9crivait Victor Hugo, \u00ab un monde enferm\u00e9 dans un homme. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous \u00e9tions tous les deux \u00e0 F\u00e8s. Nos chemins ne s\u2019\u00e9taient jamais crois\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Ironie de l\u2019histoire ! Ce n\u2019\u00e9tait que tard, beaucoup plus tard, que je l\u2019avais rencontr\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 mon ami Ali Amsoubri, chez lui \u00e0 Rabat avec son \u00e9pouse, Out\u00e9, Itto, cette grande dame, tamazight de c\u0153ur et de langue qui nous avait fait le plaisir, le bonheur de nous recevoir avec la fine d\u00e9licatesse des dames de souche et de grande famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Convivial, l\u2019entretien se fit sans couture apparente. C\u2019\u00e9tait, pour moi, l\u2019occasion d\u2019approcher et d\u2019appr\u00e9cier cet homme d\u2019envergure. Ce fut le d\u00e9clic qui m\u2019avait pouss\u00e9 les ailes pour percevoir d\u2019en-haut et explorer le fond d\u2019un grand militant, d\u2019un grand personnage qui laisse, \u00e0 coup s\u00fbr, ind\u00e9l\u00e9biles ses traces dans l\u2019histoire de L\u2019Amazighit\u00e9. Perspicaces, ses analyses restent dans la m\u00e9moire du mouvement amazighe dans sa substance, sa diversit\u00e9 et ses valeurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semblerait, selon Ali Amsoubri, que le contact, la communion des id\u00e9es furent prises. On se comprenait \u00e0 demi-mot. De ses ruades, ses coups de gueule, que de plaisir et d\u2019\u00e9merveillement. Unique dans sa substance, il \u00e9tait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-397 alignright\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/en-devenir-333x250.jpg?resize=333%2C250\" alt=\"en devenir\" width=\"333\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/en-devenir.jpg?resize=333%2C250&amp;ssl=1 333w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/en-devenir.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/en-devenir.jpg?w=500&amp;ssl=1 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/>Au-del\u00e0 de sa rigueur, son aspect vestimentaire raffin\u00e9, son Fran\u00e7ais ch\u00e2ti\u00e9, il \u00e9tait l\u2019ami, le p\u00e8re de tous. Dr Ousadden cachait une jovialit\u00e9, une tendresse que seuls les intimes connaissaient et appr\u00e9ciaient. Il \u00e9tait le v\u00e9t\u00e9ran, la conscience de l\u2019appartenance \u00e0 L\u2019Amazighit\u00e9. Un combat qu\u2019il avait men\u00e9 depuis sa tendre enfance. Il l\u2019avait pay\u00e9 d\u2019un tribut \u00e9norme. Que d\u2019\u00e9preuves humiliantes il avait subies. Il feignait se d\u00e9passer sans sa t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 persistante. Que d\u2019obstacles Il s\u00fbt vaincre; les emb\u00fbches et les traquenards d\u2019une vie combien r\u00e9sistante et ardue. Rest\u00e9 \u00e9gal \u00e0 lui-m\u00eame il \u00e9tait ; non corrompu et il s\u00fbt raison garder.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il recevait dans sa r\u00e9sidence \u00e0 Imouzzer n Kandar les bourgeons de la jeune junte des Imazighen. Tromp\u00e9 comme acier, il r\u00e9sistait, faisait de L\u2019Amazighit\u00e9 sa raison d\u2019\u00eatre et de rester, vivre et survivre dans cette passion qui l\u2019avait habit\u00e9e et qui ne l\u2019avait jamais quitt\u00e9e jusqu\u2019au bord de sa tombe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette id\u00e9e fin\u00eet par se concr\u00e9tiser alors que j\u2019\u00e9tais au festival national d\u2019Ahidous organis\u00e9 par l\u2019association taymat \u00e0 Ain Louh. Son pr\u00e9sident, de concert avec l\u2019IRCAM, m\u2019y invitaient pour mod\u00e9rer une rencontre culturelle sur la po\u00e9sie amazighe dans ses divers genres et notamment sa composante Ahidous. Profitant de l\u2019occasion, contact fut pris avec Dr. Abdelmalek Ousadden qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9 sp\u00e9cialement, malgr\u00e9 son \u00e9tat de sant\u00e9, de Bir Tam Tam \u00e0 Imouzzer. Nous part\u00eemes, moi, Aicha Ouzine et Ali Amsoubri, mes deux amis les plus intimes, \u00e0 Imouzzer n kandar rencontrer ce monument hors du temps, dans le temps, ce visionnaire intr\u00e9pide, ce baroudeur infatigable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut un moment d\u00e9licieux, succulent ; un moment inoubliable ; un moment sublime \u00e0 \u00e9couter dans le sens, le son, les propos de cet homme hors pair ; un homme qu\u2019on aura peine \u00e0 retrouver ; un homme qui restera incrust\u00e9 dans les c\u0153urs de ceux qui l\u2019aiment. A coup s\u00fbr, il est un homme avec ses forces et ses faiblesses et non un ange irr\u00e9prochable\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une s\u00e9ance qui devait durer une ou deux heures ! L\u2019entretien durera six heures sans interruption malgr\u00e9 mes injonctions d\u2019arr\u00eater de filmer. Ce n\u2019\u00e9tait que peine perdue. Il insista. Et quand il insiste, personne au monde ne peut arr\u00eater ce mastodonte, cette t\u00eate de mule lucide dont les positions \u00e9taient souvent tonitruantes ; mais il \u00e9tait agr\u00e9able \u00e0 vivre. L\u2019estime et la consid\u00e9ration finissent par niveler les diff\u00e9rences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H\u00e9sitant au d\u00e9part, je m\u2019\u00e9tais permis de lui faire savoir qu\u2019un jour il partira et avec lui un pan de L\u2019Amazighit\u00e9. Et c\u2019est par devoir, le devoir de la m\u00e9moire, de l\u2019enregistrer dans ses p\u00e9r\u00e9grinations, sa militance et ses convictions. Convaincu, il se m\u00eet \u00e0 l\u2019\u0153uvre avec une constance toute seigneuriale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses propos sont consign\u00e9s dans cet ouvrage qui rend hommage \u00e0 un personnage fier de ce qu\u2019il \u00e9tait. Il restera l\u2019exemple d\u2019un amazighe entier, singulier et sans couture apparente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec notre Professeur Mohamed Chafik, ils sont les deux penseurs, les deux pr\u00e9curseurs d\u2019une identit\u00e9, d\u2019une langue, d\u2019une culture, d\u2019une histoire tentaculaire ; une histoire qui a d\u00e9fi\u00e9 les al\u00e9as, les outrages du temps, les caprices, les humeurs changeantes des hommes. Ils sont les deux chercheurs de la prospective du possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019on ne peut parler des Ayt Sadden et de Dr Abdelmalek Ousadden sans \u00e9voquer Mohamed Chafik, l\u2019une des figures embl\u00e9matiques des imazighen. Il est de cette r\u00e9gion. Il est l\u2019un des \u00e9minents penseurs libres de notre pays , de notre temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1963, Mohamed Chaifik publie les premiers articles sur la culture et le patrimoine amazighes dans les premiers num\u00e9ros de la revue \u00ab Afaq \u00bb de l\u2019Union des \u00e9crivains du Maroc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hassan Aourid de pr\u00e9ciser que :<br \/>\n\u00ab D\u00e9j\u00e0 Chafik, figure de proue du mouvement culturel Amazigh annon\u00e7a la couleur lors d\u2019une d\u00e9claration contenue dans Agraw en mars 1997 sp\u00e9cifiant qu\u2019il est temps de consid\u00e9rer la langue et la culture amazighes comme ph\u00e9nom\u00e8ne politique. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur les colonnes du \u00ab Journal Hebdomadaire \u00bb , La journaliste Abla Ababou lui avait consacr\u00e9 ces beaux extraits qui r\u00e9sument de fa\u00e7on admirable la consistance et la constance de cet illustre personnage connu par sa probit\u00e9 et son courage. Un homme qui a beaucoup servi sans se servir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Acad\u00e9micien, ancien directeur du Coll\u00e8ge Royal, fervent d\u00e9fenseur de la berb\u00e9rit\u00e9, membre fondateur de l\u2019OMDH, inspecteur principal \u00e0 la retraite, ancien instituteur&#8230; Mohamed Chafik collectionne les fonctions et affiche un pragmatisme \u00e0 toute \u00e9preuve. Esprit libre et moderne \u00e0 cheval entre le Protectorat fran\u00e7ais et une ind\u00e9pendance marocaine marqu\u00e9e par une nouvelle identit\u00e9 d\u00e9faillante, il se souvient pr\u00e9cis\u00e9ment de cette p\u00e9riode agit\u00e9e, de cette histoire souvent n\u00e9glig\u00e9e par nos manuels scolaires. Avec un langage ch\u00e2ti\u00e9 et une logique implacable, l\u2019homme de lettres et d\u2019esprit nous transporte dans une \u00e9poque o\u00f9 les Fran\u00e7ais occupaient le Royaume. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le jeune Mohammed ne se laisse pas pour autant d\u00e9courager. De retour au bercail, il entame des \u00e9tudes par correspondance avec l\u2019\u00e9cole nord-africaine d\u2019Alger. Il sollicite \u00e9galement les services de Bisson, ancien directeur du coll\u00e8ge d\u2019Azrou, devenu inspecteur de l\u2019enseignement primaire. Ce franc-ma\u00e7on dot\u00e9 d\u2019une grande humanit\u00e9 et d\u2019une p\u00e9dagogie exceptionnelle ne r\u00e9siste pas \u00e0 la volont\u00e9 du jeune homme. Faisant fi de la liste, il le recrute en tant qu\u2019instituteur suppl\u00e9ant et ne le d\u00e9clare que quelques mois plus tard, apr\u00e8s lui avoir permis de faire ses preuves. L\u2019administration fran\u00e7aise est alors oblig\u00e9e de suspendre son ancien verdict. Cela n\u2019emp\u00eache pas Bisson de sermonner, peu de temps apr\u00e8s, le jeune \u00ab\u00a0Watani\u00a0\u00bb, comme il aimait le nommer. Les propos de ce visionnaire sont encore inscrits dans la m\u00e9moire de Mohamed Chafik. Avec un ton th\u00e9\u00e2tral, il nous les rapporte : \u00a0\u00bb \u00c9coutez mon enfant, vous voulez votre ind\u00e9pendance ? Et bien vous l\u2019aurez. Peut-\u00eatre dans 5, 6 ans, ou m\u00eame dix ans. Pourquoi ? Car \u00e7a va dans le sens de l\u2019histoire. Mais attention, les bourgeois vous feront tirer les marrons du feu. Ce que vous avez de mieux \u00e0 faire, c\u2019est d\u2019instruire ces petits morveux que vous avez face \u00e0 vous. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Suite aux \u00e9v\u00e8nements fran\u00e7ais de mai 68 qui avaient perturb\u00e9 le paysage \u00e9ducatif marocain, notre homme fut appel\u00e9 par feu Hassan II au cabinet Royal. Il y r\u00e9dige un premier rapport sur l\u2019\u00e9tat des lieux de l\u2019enseignement et par la suite entreprend une nouvelle recherche sur la valeur p\u00e9dagogique de l\u2019enseignement de l\u2019\u00e9cole coranique. En d\u00e9pit d\u2019une conclusion d\u00e9non\u00e7ant le bien-fond\u00e9 d\u2019une telle p\u00e9dagogie, le Souverain d\u00e9cide de g\u00e9n\u00e9raliser cet enseignement afin de lutter contre un communisme croissant. Cela ne l\u2019emp\u00eachera pas de nommer plus tard notre homme \u00e0 la direction du Coll\u00e8ge royal et de soutenir, en 1980, son entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie du Royaume du Maroc, o\u00f9 il perturbe les esprits en faisant un premier discours sur la berb\u00e9rit\u00e9. Depuis, il n\u2019aura de cesse de d\u00e9fendre cette culture inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019histoire du pays et pourtant lourdement n\u00e9glig\u00e9e pour ne pas dire insult\u00e9e apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les deux furent et restent des rares qui avaient invent\u00e9 le futur, c\u2019est-\u00e0-dire le pr\u00e9sent qui, in\u00e9vitablement, enclenche un processus irr\u00e9versible pour que Tamazight puisse recouvrer la place qui lui sied dans l\u2019\u00e9chiquier national, culturel, spatial et politique. Et ils firent aussit\u00f4t des \u00e9mules assidues dans ce voyage qui traverse et piste le temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et comme \u00e9crivait Salem Chaker :<br \/>\n\u00ab La responsabilit\u00e9 de l\u2019intellectuel berb\u00e8re est donc lourde : il lui revient, au moins dans le champ des id\u00e9es, de briser le cercle et d\u2019imposer la l\u00e9gitimit\u00e9 du Berb\u00e8re dans le Maghreb pr\u00e9sent et \u00e0 venir. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En revanche, ils ont laiss\u00e9 une p\u00e9pini\u00e8re qui va se fortifiant, se foisonnant, tambours battants ; elle est essaim\u00e9e \u00e0 travers Tamazgha et particuli\u00e8rement au Maroc ; elle est sur les premiers rangs de la mise en \u0153uvre de la constitutionnalisation de L\u2019Amazighit\u00e9. Tamazight ne se meurt jamais. Elle est non seulement une langue de communication, mais surtout une langue qui incarne la matrice de notre identit\u00e9 nationale et transnationale avec ses valeurs humanistes et universelles. Notre pays doit s\u2019enorgueillir d\u2019avoir l\u2019une des langues les plus anciennes du monde. Il se doit de la conserver, de la promouvoir. Une langue \u00e9crite dans sa graphie propre ; une langue qui v\u00e9hicule une histoire de plus de trente trois si\u00e8cles ; une langue, une culture qui ont surv\u00e9cu \u00e0 tous les cataclysmes pass\u00e9s\u2026une langue qui vit et continuera de vivre\u2026 qu\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 ses d\u00e9tracteurs, \u00e0 leur paradigme unique, inique, d\u2019une pens\u00e9e qui s\u2019en va \u00e0 vau l\u2019eau\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mass Mohamed Chafik se d\u00e9marque ostensiblement par sa libert\u00e9 d\u2019esprit et sa visc\u00e9rale ind\u00e9pendance. Et on le comprendra avec bonheur et aisance quand il \u00e9crivait :<br \/>\n\u00ab Il ne vous reste \u00e0 parler berb\u00e8re \u00e0 vos moutons ou \u00e0 vos vaches, si on vous a donn\u00e9 \u00e0 garder. Une fois par an, on viendra vous mettre la corde au cou -car vous \u00eates une b\u00eate assez r\u00e9tive- et on vous conduira, parmi vos semblables, \u00e0 un grand festival. L\u00e0, on vous demandera d\u2019effectuer les meilleures pirouettes que vous ayez appris \u00e0 faire tout seul dans les champs et l\u2019on vous montrera \u00e0 de belles dames et \u00e0 de beaux messieurs venus de loin en leur disant : \u00ab Voici d\u2019authentiques Berb\u00e8res ! Dommage qu\u2019ils soient en voie de disparition, n\u2019est-ce pas ?! \u00bb Ne soyez donc pas complex\u00e9. \u00ab Mettez-vous tout de suite \u00e0 l\u2019anglais, et vous aurez devanc\u00e9 tout ce monde ! Commencez par apprendre que vous \u00eates un cow-boy qui s\u2019ignore. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et la bataille ardue qui nous reste \u00e0 gagner, cependant, elle est contre le mal qui est en nous, le mal collectif qui nous ronge et qui nous emp\u00eache de voir les choses telles qu\u2019elles doivent \u00eatre et non telles qu\u2019ils les veulent qu\u2019elles soient, qu\u2019elles restassent muettes comme \u00e0 l\u2019image d\u2019un pass\u00e9 non lointain obs\u00e9quieux et poltron.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car tels sont ces silences de l\u2019Histoire qu\u2019il faille d\u00e9crire, d\u00e9crypter et faire connaitre ou comme disait Paul Ric\u0153ur : \u00ab Le r\u00e9cit est le gardien du temps \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u2d5c\u2d53\u2d37\u2d54\u2d5c \u2d49 \u2d5c\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d5c<br \/>\nTudert i Tmazight<br \/>\nLongue vie \u00e0 Tamazight<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PRELUDE\u2026 \u00abMontrez-moi un h\u00e9ros, et je vous \u00e9crirai une trag\u00e9die \u00bb Francis Scott Fitzgerald Comme \u00e9crivait Nietzsche: \u00abIl y a toujours un peu de folie dans l\u2019amour, bien qu\u2019i y ait toujours un peu de raison dans la folie\u00bb. C\u2019est cette id\u00e9e folle conjugu\u00e9e \u00e0 l\u2019amour pour Tamazighte qui m\u2019avait prise, m\u2019avait hant\u00e9e; je ne &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":396,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-395","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Mohamed-El-Manouar.jpg?fit=240%2C294&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-6n","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=395"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/395\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":398,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/395\/revisions\/398"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/396"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}