{"id":410,"date":"2015-06-13T21:36:01","date_gmt":"2015-06-13T21:36:01","guid":{"rendered":"http:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=410"},"modified":"2016-02-07T21:47:16","modified_gmt":"2016-02-07T21:47:16","slug":"lamazighite-de-lidentitaire-au-devenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lamazighite-de-lidentitaire-au-devenir\/","title":{"rendered":"L\u2019amazighit\u00e9: de l\u2019identitaire au devenir*"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_411\" aria-describedby=\"caption-attachment-411\" style=\"width: 239px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-411\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Hassan-Aourid-239x250.jpg?resize=239%2C250\" alt=\"Par: Hassan Aourid \" width=\"239\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Hassan-Aourid.jpg?resize=239%2C250&amp;ssl=1 239w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Hassan-Aourid.jpg?w=477&amp;ssl=1 477w\" sizes=\"auto, (max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-411\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Par: Hassan Aourid<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aytma d\u2019istima, zeg mag tellam<br \/>\nAzul fellawn<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au chevet de ma m\u00e8re malade, il y a de cela quelques semaines, elle me conta cette parabole, comme pour me conforter, face aux vicissitudes de la vie. Des oisillons sont all\u00e9s, me dit-elle, voir la cigogne, (la cigogne \u00e9tant un m\u00e2le en amazigh), pour lui poser la question que voici :<br \/>\n&#8211; Dis, oncle, que fais-tu du haut de ta demeure, quand la bourrasque te surprend?<br \/>\n&#8211; Je reste dans mon nid, leur dit la cigogne et ne bouge point, car toute bourrasque est passag\u00e8re.<br \/>\nDes bourrasques avaient souffl\u00e9 dans nos contr\u00e9es, et dans notre instinct collectif de survie, nous avons peut-\u00eatre mut\u00e9, mais jamais quitt\u00e9 notre nid.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u2019est-ce pas l\u00e0, une g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9j\u00e0 quand le regrett\u00e9 Mouloud Maameri, op\u00e9ra un repli tactique en drapant de culturel ce qui est au fond existentiel. Il le fit, conscient des rapports de force, pour pr\u00e9server l\u2019essentiel. Les pouvoirs en place ne s\u2019\u00e9taient pas tromp\u00e9s sur la v\u00e9ritable teneur de son discours et avaient s\u00e9vi. Ici, on a pens\u00e9 endiguer la lame de fond en proc\u00e9dant \u00e0 quelques am\u00e9nagements de forme. Une revue a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e qui portait le nom, combien symbolique d\u2019 \u00ab Amazigh \u00bb. Mais comment pouvait-on chasser le naturel ? La revendication de notre culture fut brim\u00e9e et l\u2019appel \u00e0 une relecture de notre histoire par le regrett\u00e9 Sidiqi Azaykou, lui valut la prison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos ain\u00e9s, comme la cigogne, se repli\u00e8rent pour laisser passer la bourrasque. Ils avaient laiss\u00e9 des plumes, car, il faudra peut-\u00eatre le rappeler, que de ces actes de r\u00e9sistances, on ne sort jamais indemne. On garde le sourire certes, on maintient la t\u00eate haute, on fait fi des calomnies, on brave les tracasseries, mais on ne vit pas la vie du commun des mortels quand on est habit\u00e9 par une id\u00e9e. Et ce qui fait la vie : une famille, une demeure, une carri\u00e8re, un pactole, tout cela vole en \u00e9clats pour un \u00eatre m\u00fb par un id\u00e9al. Hommage \u00e0 nos ain\u00e9es qui ont fait de nous leur famille, leur demeure, leur carri\u00e8re, leur fortune, et qui de leurs blessures respectives ont apport\u00e9 un baume \u00e0 notre blessure ontologique. Gloire \u00e0 nos h\u00e9ros. Il n\u2019y a pas de registre aussi grand pour les contenir, ni de mots capables d\u2019exprimer notre d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 leur \u00e9gard. Fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 nos martyrs o\u00f9 qu\u2019ils fussent. Comment ne pas se pas s\u2019incliner ici \u00e0 la m\u00e9moire d\u2019 Abbane Ramdan, Larabi Mhidi, Zerktouni, Amirouche, Mohammed Messadi, Moha Ou Herra, Krim Belcacem, Sifaw Mahroug, Boujema Hbbaz, Ag Baha n Mga, Massinissa Guermah, et ne veux point oublier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hommage \u00e0 nos cadets o\u00f9 qu\u2019ils soient, qui raniment la flamme de notre m\u00e9moire pour paver la voie de notre devenir, pour un printemps renouvel\u00e9, pour une tafsut tis-krat atteg tazegzawt. Un printemps fleuri et f\u00e9cond que nous voulons \u00e9clore de notre terre. Pour une marche certaine n\u2019 tawada s\u2019 dat vers l\u2019avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aytma d\u2019 istma :<br \/>\nQuand la brise des Droits de l\u2019homme s\u2019est \u00e9pandue, au lendemain de la chute du mur de Berlin, les maitres des c\u00e9ans, ici et l\u00e0, ne pouvaient ignorer la cigogne qui tr\u00f4ne sur les hauteurs. La cigogne ou l\u2019aigle pour reprendre l\u2019image de ce beau po\u00e8me de Mohammed Chafik, \u00ab idder wayur \u00bb. On avait mis l\u2019aigle dans une basse-cour, enferm\u00e9 avec des poules qui le tournaient en ridicule. On finit par le sortir de la basse cour, mais on le voulait apprivois\u00e9, sinon entrav\u00e9 pour qu\u2019il ne pr\u00eet jamais son envol\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et des bourrasques soufflent toujours de ce chergui id\u00e9ologique qui nous est familier, depuis des si\u00e8cles..Elles soufflent encore. Mais rappelez vous ce qui me disait ma m\u00e8re, \u00ab toute bourrasque est passag\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et comment prendre son envol ? N\u2019est pas l\u00e0 la question ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cigogne ou l\u2019aigle se d\u00e9v\u00eat de son accoutrement culturel pour se parer de son sceptre existentiel. Tenir comme Jugurthen (Jugurtha) et Dihia. Devenir comme Memmis n\u2019Izza (Massinisa) Awragh dit Saint Augustin ou Memmis n\u2019Tachfin. L\u2019aigle fait tomber le masque dont il se paraissait. Il brise les n\u0153uds qui l\u2019entravent. Il veut devenir acteur. Il se d\u00e9gage d\u2019une longue nuit o\u00f9 il fut maintenu en tutelle. Il pense et r\u00e9fl\u00e9chit avant de prendre son envol. Que dit l\u2019aigle dans sa cogitation dont nous sommes ici t\u00e9moins ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au commencement, il y a la g\u00e9ographie. Ernest Renan avait le mot juste pour faire valoir l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019espace territorial, appelons le, l\u2019assise g\u00e9ographique, le cadre ou le th\u00e9\u00e2tre dans lequel se d\u00e9roule une geste. \u00ab Une nation, disait Renan, r\u00e9sulte du mariage d\u2019un groupe d\u2019hommes avec une terre \u00bb. La terre est la matrice, l\u2019homme est la semence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019assise g\u00e9ographique n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre uniforme. Le peuple ou l\u2019acteur de la pi\u00e8ce qui habite l\u2019espace s\u2019y identifie et porte souvent son nom : Les Arabes pour l\u2019Arabie, les Assyriens pour la Syrie, notion ch\u00e8re au concepteur du nationalisme syrien Antoun Saad\u00e9, le Touranisme, la matrice id\u00e9ologique des Jeunes Turcs, pour la chaine Touran. L\u2019Egypte pour les Koptus, qui a donn\u00e9 par la suite les Coptes, avec le glissement s\u00e9mantique qu\u2019on connait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait \u00e9grener les exemples : Francs et France. Cet espace qui est le n\u00f4tre, fut longtemps connu par la berb\u00e9rie qui est le cadre o\u00f9 vivaient et vivent encore les berb\u00e8res et le th\u00e9\u00e2tre dans lequel s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 leur geste. Avec bien s\u00fbr des \u00e0 coups, des sc\u00e8nes inachev\u00e9es, des actes manqu\u00e9s, mais aussi de grandes \u00e9pop\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019assise g\u00e9ographique est donc l\u2019\u00e9l\u00e9ment primordial. Peut-\u00eatre devrons- nous en fixer les contours. La t\u00e2che est ais\u00e9e parce que c\u2019est un lieu commun, et notre assise g\u00e9ographique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie aussi bien par les Grecs, les Ph\u00e9niciens, les Romains, les Arabes, que par les puissances europ\u00e9ennes. Il s\u2019agit de cet espace contigu\u00eb \u00e0 Egypte qui s\u2019\u00e9tend de l\u2019oasis de Siwa \u00e0 l\u2019Est, aux rivages de l\u2019Atlantique, voire aux \u00eeles des Canaries \u00e0 l\u2019Ouest, et de la m\u00e9diterran\u00e9e au nord, jusqu\u2019au grand Sahara au sud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le marqueur de cette assise g\u00e9ographique est la langue, expression du g\u00e9nie d\u2019un peuple et de son interaction avec son milieu. Dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, les contours g\u00e9ographiques sont exprim\u00e9s par la langue certes, mais comme les peuples subissent des flux migratoires et des influences culturelles, la toponymie est un autre marqueur qui vient \u00e0 la rescousse quand la langue cesse de l\u2019\u00eatre. Ouvrez une carte et jetez le regard sur les noms des lieux, y compris dans les espaces o\u00f9 on a cess\u00e9 de parler l\u2019amazigh, vous serez \u00e9difi\u00e9 sur les contours de l\u2019assise g\u00e9ographique. Qu\u2019est-ce un toponyme si ce n\u2019est le t\u00e9moignage sur les peuplades qui y ont v\u00e9cus ? F\u00e8s, T\u00e9touan, Anfa, Tazrout, Laghouat, Tichla, Boutilimit, Fezzan, Tajoura, Tala, sont autant d\u2019indices sur ceux qui avaient meubl\u00e9 ces espaces, m\u00eame si, dans ces contr\u00e9es, on a cess\u00e9 de parler la langue premi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La langue est l\u2019expression du g\u00e9nie d\u2019un peuple, de sa fa\u00e7on de penser, de sa philosophie de la vie. Dans \u00ab Discours \u00e0 la nation allemande \u00bb de Fichte, si la nation est consubstantielle \u00e0 la langue, elle n\u2019en est pas r\u00e9ductible, car Fichte ajoute un autre \u00e9l\u00e9ment fort important \u00e0 mon sens, la fa\u00e7on de vivre la vie, de la concevoir et de la penser. Les langues \u00e9voluent et les parlers peuvent muter, de m\u00eame que les peuples peuvent, sous diverses conditions, changer de langue, mais ils changent rarement de fa\u00e7on de sentir ou de vivre. L\u2019Italien d\u2019aujourd\u2019hui ne parle plus le latin, la langue de ses anc\u00eatres, mais il n\u2019est pas moins le continuateur du g\u00e9nie latin. L\u2019Egyptien a chang\u00e9, au fil des mill\u00e9naires, de langues, mais il est toujours marqu\u00e9 par ce que Noam Chomsky appelle, la structure profonde ou ce que Taha Hussein appelle, la personnalit\u00e9 \u00e9gyptienne, id\u00e9e reprise par la g\u00e9ographe Jamal Hamdane. Le Maghr\u00e9bin, ou l\u2019Amazigh, peut toujours parler l\u2019Amazigh, comme il peut ne pas le parler, il n\u2019en est pas moins marqu\u00e9 par son g\u00e9nie. Nos dialectes dits darija, portent l\u2019empreinte du g\u00e9nie amazigh. Cela transparait dans l\u2019intonation de nos darijas, la syntaxe, le lexique, et surtout notre face de penser et d\u2019agir. Comme Jourdan qui faisait de la prose sans le savoir, le Maghr\u00e9bin ou le nord-africain, quand il n\u2019est pas amazighophone, parle l\u2019amazigh sans le savoir, mais surtout pense en amazigh et se comporte en Amazigh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La langue est donc l\u2019habitacle du g\u00e9nie d\u2019un peuple. C\u2019est sa m\u00e9moire, mais aussi son code g\u00e9n\u00e9tique culturel qui porte sa vision du monde et la conditionne \u00e0 la fois. La langue amazighe est l\u2019expression de notre g\u00e9nie. Face aux vicissitudes de l\u2019histoire qui l\u2019ont confin\u00e9e \u00e0 se retrancher, elle a valeur de symbole. Il est fondamental de rappeler qu\u2019aucun peuple ne peut accepter le sacrifice de sa langue. Elle peut \u00eatre vernaculaire, peu \u00e9volu\u00e9e, mais elle s\u2019identifie, pour son locuteur \u00e0 sa m\u00e8re. Quand bien m\u00eame vous lui faites part de ses carences ou ses impotences, il vous sort le vers de Moli\u00e8re :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Guenon, si l\u2019on veut, ma guenon m\u2019est ch\u00e8re<br \/>\nLangue de la vie qui n\u2019est pas handicap\u00e9e par le poids de la sacralit\u00e9 et le formalisme que fait peser le fardeau du patrimoine, notre langue, l\u2019amazigh, peut ais\u00e9ment \u00e9voluer. Je me permets de dire que le choix de sa transcription, d\u00e9terminera son essor. Pour ma part, au risque de commettre une incartade, je plaide pour le caract\u00e8re latin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La langue arabe qui s\u2019est m\u00eal\u00e9e \u00e0 notre trame culturelle, qui a fondu dans les m\u00e9andres d\u2019une histoire mill\u00e9naire, est aussi notre langue. Nous tenons \u00e0 le r\u00e9it\u00e9rer pour qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019\u00e9quivoque l\u00e0-dessus. Nous n\u2019en faisons pas un f\u00e9tiche, car nous ne devons pas en avoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos \u00e9lites \u00e0 travers l\u2019histoire devaient s\u2019ouvrir au monde et apprendre d\u2019autres langues valoris\u00e9es et valorisantes, mais elles ne devaient aucunement se soustraire au g\u00e9nie immanent \u00e0 notre assise g\u00e9ographique. Que se soit avec Apul\u00e9e, Saint Augustin, Ibn Khaldoun, al Youssi, Kateb Yassine, Messaadi, Kheireddine, Kaouni, on trouve cette trame qui fait le \u00ab Maghr\u00e9bin \u00bb ou l\u2019Amazigh, un proche parent du Grec, qui comme lui, peut \u00eatre tent\u00e9 par l\u2019anthropomorphisme, mais il est surtout marqu\u00e9 par une propension rationnelle. Il se d\u00e9marque du S\u00e9mite port\u00e9 sur les abstractions et l\u2019expression imag\u00e9e. Cela rebute l\u2019Amazigh et l\u2019indispose. Il se retrouve dans le concret. Quand bien m\u00eame il adopte les religions du S\u00e9mite, il les fait couler dans son moule. Le monoth\u00e9isme, dans sa puret\u00e9, rechigne \u00e0 la figuration et \u00e0 l\u2019intercession. Le Maghr\u00e9bin ou l\u2019Amazigh, ne pouvait appr\u00e9hender l\u2019absolu qu\u2019\u00e0 travers des Saints et des intercesseurs \u00e0 qui il peut parler et qui peuvent lui parler, comme le Grec avait ses dieux et ses oracles. La profession de foi du monoth\u00e9iste est un abandon de la raison. Le Maghr\u00e9bin attelle foi et raison dans le m\u00eame fiacre. Qu\u2019on pense \u00e0 Saint Augustin, Ibn Rochd, ou Ma\u00efmonide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une assise g\u00e9ographique, disions-nous, dont le marqueur est la langue, c\u2019est certainement la sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce ou de la saga, mais qu\u2019en est \u2013il de l\u2019acteur que nous n\u2019avons qu\u2019esquiss\u00e9 ? Comment le d\u00e9finir ? Race ? Ethnie ? Peuple ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut pr\u00e9tendre \u00e0 une puret\u00e9 ethnique, car non seulement l\u2019id\u00e9e est incongrue, mais dangereuse. On peut certainement parler de charpente ethnique sur laquelle se sont greff\u00e9s d\u2019autres affluences. On peut, tout aussi bien parler de trame culturelle commune, avec des ilots qui tirent leur force politique, culturelle ou \u00e9conomique, de leur liens avec des galaxies externes, autour duquel ils gravitaient ou continuent \u00e0 graviter. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est r\u00e9current depuis la p\u00e9riode romaine, voire ph\u00e9nicienne. L\u2019acteur n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 une ethnie, \u00e0 une race, ou \u00e0 une identit\u00e9..Ce sont des \u00e9l\u00e9ments vaseux qui s\u2019apparentent \u00e0 la formule chimique d\u2019une mol\u00e9cule, comme l\u2019oxyg\u00e8ne et l\u2019hydrog\u00e8ne pour l\u2019eau. Il est peut-\u00eatre n\u00e9cessaire pour les chimistes des peuples d\u2019en connaitre les composantes. La question est subsidiaire quand on pense au devenir. L\u2019acteur ici, s\u2019appelle peuple. Il est comme l\u2019eau qui coule dans le fleuve. Eternelle. Les gouttes d\u00e9goulinent, s\u2019agr\u00e8gent pour former un flot qui coule, sans interruption. Avec certes des affluents qui alimentent le fleuve. Ils le grossissent. Ils peuvent alt\u00e9rer sa puret\u00e9 par leur turbine, le sortir m\u00eame de son lit, mais aussi l\u2019enrichir pas leurs limons. Le fleuve a une source pure, une trajectoire sinueuse et une embouchure. Les deux lieux ou temps les plus importants d\u2019un fleuve, sont sa source et son embouchure : savoir d\u2019o\u00f9 on vient et vers o\u00f9 on va. Je reviendrai \u00e0 cette image, en vous rappelant cette maxime de Jean Jaur\u00e8s que je cite souvent : \u00ab c\u2019est en allant vers la mer, que la rivi\u00e8re reste fid\u00e8le \u00e0 sa source \u00bb. En d\u00e9finitive, c\u2019est le devenir qui valorise la source et non l\u2019inverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une sc\u00e8ne qui s\u2019appelle l\u2019assise g\u00e9ographique, un acteur, qui s\u2019appelle le peuple ? Mais qu\u2019en est-il de la pi\u00e8ce qu\u2019on devrait jouer ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte est \u00e0 \u00e9crire. Il doit se conformer \u00e0 deux consid\u00e9rations fondamentales :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Le socle historique et une vision du monde<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le socle devrait int\u00e9grer toutes les s\u00e9quences de la geste d\u2019un peuple. Il arrive, par des effervescences de l\u2019histoire, qu\u2019on veuille faire table rase sur les s\u00e9quences pr\u00e9c\u00e9dentes. L\u2019id\u00e9ologie ici supplante la science. La r\u00e9volution fran\u00e7aise qui pensait faire table rase de l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019Ancien r\u00e9gime, en adoptant m\u00eame un nouveau calendrier, fut rattrap\u00e9e par ce que Hegel appelle la ruse de l\u2019histoire. Il ne fut jamais question d\u2019une coupure mais d\u2019une continuit\u00e9. Il faudra ici relire \u00ab l\u2019Ancien r\u00e9gime \u00bb de Tocqueville, pour \u00eatre \u00e9difi\u00e9 combien il co\u00fbte cher de faire des ponctions sur sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, les lectures id\u00e9ologiques en vogue, n\u2019ont focalis\u00e9 que sur une s\u00e9quence de l\u2019histoire de l\u2019Afrique mineure, celle qui avait commenc\u00e9 avec la chevauch\u00e9e d\u2019Oqba. Nous savons bien s\u00fbr, par les r\u00e9cits d\u2019historiens et de chroniqueurs s\u00e9rieux, dont Ibn Hawqal ou Ibn Khaldoun que l\u2019islamisation sous les Omeyyades se voulait d\u2019abord une domination arabe et que nos anc\u00eatres y avaient oppos\u00e9 une r\u00e9sistance farouche, d\u2019abord avec Dihia, et puis, en retournant contre le conqu\u00e9rant ses propres armes, en se portant les champions des id\u00e9aux proclam\u00e9s, par le truchement du Kharijisme, cette version \u00e9galitaire de l\u2019Islam et qui demeure encore pr\u00e9gnante, de mani\u00e8re manifeste, dans le djebel N\u2019 foussa, Djerba, le Mzab, et de mani\u00e8re latente dans le rigorisme religieux des oasis au Maroc ou en Maur\u00e9tanie, m\u00eame si le kharijisme avait disparu dans ces contr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport \u00e0 l\u2019Islam a oscill\u00e9 entre la tendance d\u2019amazigher l\u2019islam qui devait disparaitre, celle port\u00e9e par les Bourghwatas (peut-\u00eatre faudrait-il prononcer aussi Boulghwatas, le l et le R, sont en amazigh interchangeables, et que Laghwat serait une survivance philologique des Bourghawatas, et pourquoi pas s\u00e9mantique). L\u2019autre tendance qui a eu le bonheur de r\u00e9ussir, celle qui voulait islamiser l\u2019amazighit\u00e9, port\u00e9 par les Almoravides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Les Amazighs n\u2019ont jamais perdu leur \u00e2me en se convertissant \u00e0 l\u2019Islam<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui nous importe dans cette notion de socle de l\u2019histoire, c\u2019est bien s\u00fbr de construire sur du solide, et cela n\u2019est possible que par une approche scientifique de l\u2019histoire de l\u2019Afrique mineure. Il y eut une histoire avant Oqba et elle \u00e9tait riche. L\u2019Afrique mineure a donn\u00e9 \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 de grandes pontes de la pens\u00e9e universelle. Elle fut m\u00eame une base de repli \u00e0 la rive nord de la m\u00e9diterran\u00e9e quand celle-ci fut envahie par les barbares, et un lampion quand l\u2019Europe s\u2019enfon\u00e7ait dans les t\u00e9n\u00e8bres. Je pense \u00e0 ce g\u00e9ant de la pens\u00e9e qui \u00e9tait Saint Augustin qui l\u2019a, \u00e0 pr\u00e9serv\u00e9, \u00e0 la fois dans les contreforts de l\u2019Eglise, et a op\u00e9r\u00e9 un mariage heureux, entre rationalit\u00e9 et spiritualit\u00e9, expression du g\u00e9nie du sol. Il y a eu une histoire, apr\u00e8s Oqba, riche et tumultueuse. Il faut savoir d\u00e9m\u00ealer ses \u00e9cheveaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport objectif \u00e0 l\u2019histoire, et partant relativiste, est fondamental, car in fine, nous devons interpeller l\u2019histoire, comme l\u2019avait fait Ibn Khaldoun, dans toutes ses s\u00e9quences. On ne peut bien s\u00fbr nier la forte influence culturelle de l\u2019Orient, depuis Oqba, mais comment peut-on nier la trajectoire verticale qui a pr\u00e9sid\u00e9 aux rapports de l\u2019Afrique mineure avec on voisinage ? Cela \u00e9tait saillant avant l\u2019Islam. Il n\u2019\u00e9tait pas moins vrai avec l\u2019Islamisation. Les deux rives se rapprochent et cohabitent dans un mariage manifeste, comme en Andalousie, en Sardaigne, en Sicile. Elles peuvent aussi entretenir des relations cach\u00e9es, via des conseillers, des courtisans, des commer\u00e7ants, des concubines ou \u00e9pouses, des aventuriers, ceux qu\u2019on appelait les Ren\u00e9gats, et autres avatars. Les deux rives peuvent divorcer aussi, et le divorce pourrait \u00eatre douloureux. Qu\u2019en pense \u00e0 ses enfants commun\u00e9ment connus par les Morisques, chass\u00e9s de leur terre en Andalousie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque fois qu\u2019il y a eu divorce, c\u2019\u00e9tait toujours par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des id\u00e9ologies messianiques d\u2019inspiration religieuse : jihad ou Reconquista avec son corollaire l\u2019inquisition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le sud, l\u2019Afrique mineure, \u00e9tait constamment irrigu\u00e9e par des flux migratoires, souvent port\u00e9s par des discours messianiques. Ainsi est la ruse de l\u2019Histoire. Mais le mouvement pourrait \u00eatre dans l\u2019autre sens, vers le sud aussi, quand le Nord se recroqueville. C\u2019\u00e9tait souvent des individus ou des groupes, en qu\u00eate de l\u2019aventure ou du gain mat\u00e9riel, ou pour pr\u00eacher la bonne parole, ou tout cela \u00e0 la fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019avanc\u00e9e militaire, technologique et \u00e9conomique de la rive nord, la nostalgie a gagn\u00e9 des aventuriers d\u2019Europe pour relier les deux rives, dans l\u2019aventure coloniale. Ce qui devait \u00eatre un mariage heureux fut un viol. Un viol traumatisant dont les s\u00e9quelles se font sentir jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure. Il faudra peut-\u00eatre dire quelque chose de douloureux que la m\u00eame mal\u00e9diction qui avait frapp\u00e9 les enfants n\u00e9s du mariage des deux rives, et qui furent expuls\u00e9s de leur terre natale en Ib\u00e9rie il y a de cela plus de quatre si\u00e8cles, toucha d\u2019autres enfants, n\u00e9s dans nos contr\u00e9es, chass\u00e9s ou pouss\u00e9s \u00e0 quitter une terre o\u00f9 ils \u00e9taient n\u00e9s et qu\u2019ils avaient contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9fricher : je pense \u00e0 ceux qu\u2019on appelle \u00ab les pieds noirs \u00bb. Comment refuser \u00e0 quelqu\u2019un qui se d\u00e9finissait comme nord africain, l\u2019attachement \u00e0 cette terre ? Comment voudrait-on les voir tous sous le prisme d\u00e9formant, de colons repus, arrogants et m\u00e9prisants ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le socle historique nous rappelle le d\u00e9terminisme g\u00e9ographique : Nous sommes africains port\u00e9s par des rapports verticaux avec notre voisinage. N\u2019est ce pas l\u00e0 l\u2019appel ou le rappel de notre anc\u00eatre Massinissa : \u00ab l\u2019Afrique aux Africains \u00bb. Le socle historique devrait nous rappeler ce qui est plus important : Nous avons une structure mentale grecque tout autant qu\u2019un pass\u00e9 latin. Corps et esprit ne peuvent, dans la conception grecque se tourner le dos, et ne doivent pas, pour nous, se tourner le dos. Rappelez- vous l\u2019adage : un esprit sain dans un corps sain. Et comme avec Aristote, chaque chose a un pourquoi et une fin, qu\u2019on d\u00e9cortique avec la raison. Revendiquer l\u2019h\u00e9ritage gr\u00e9co-romain ne serait pas une lubie. Il fut un temps o\u00f9 l\u2019Afrique mineure \u00e9tait plus romaine que ne l\u2019\u00e9tait la Gaule. Viendrait-il \u00e0 l\u2019esprit de la France d\u2019aujourd\u2019hui de renier les racines nourrici\u00e8res de sa latinit\u00e9 ou de son h\u00e9ritage hell\u00e9nique ? Le rapport \u00e0 la langue fran\u00e7aise ne devrait nous poser probl\u00e8me. La langue fran\u00e7aise s\u2019int\u00e8gre ais\u00e9ment \u00e0 notre geste car nous avons adopt\u00e9 d\u2019autres langues \u00e0 travers notre histoire, et de surcro\u00eet elle sert nos desseins. Elle nous rattache \u00e0 ce patrimoine gr\u00e9co-romain que nous revendiquons et nous balise la voie, par un raccourci, \u00e0 la modernit\u00e9. Faisons n\u00f4tre la maxime de Kateb Yasssine : \u00ab la langue fran\u00e7aise est un butin de guerre \u00bb. Rappelons aussi son corollaire : je parle fran\u00e7ais pour dire aux Fran\u00e7ais que je ne suis pas fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la vision qui devrait nous inspirer, ce qu\u2019on pourrait appeler Weltanschauung, elle devrait \u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9ment dynamique, le moteur qui actionne le devenir. L\u2019assise g\u00e9ographique, la trame culturelle, sont des \u00e9l\u00e9ments statiques, sans incidence historique s\u2019ils ne sont attel\u00e9s \u00e0 une locomotive, \u00e0 un projet. Nous pourrons \u00e9grener les exemples de peuples, qui, dans des circonstances d\u00e9termin\u00e9es, par l\u2019entremise de phares qui ont pav\u00e9 la voie aux leurs, sont pass\u00e9s de l\u2019\u00e9tat de force \u00e0 celui de puissance. Furent-ils des outils de leur temps, d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019histoire, comme le veut l\u2019orthodoxie marxiste ? Ou des acteurs ind\u00e9termin\u00e9s ? La question importe peu, mais l\u2019histoire nous apprend que ces portes flambeaux sont indispensables pour tracer une voie. Fichte, Ziya Gop Alp, Herzl, Michel Aflaq, \u00e9taient des lampions qui allaient f\u00e9d\u00e9rer les leurs, en r\u00e9action \u00e0 une blessure ontologique, et les inscrire dans l\u2019aventure humaine, autrement dit \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De tous ces exemples qu\u2019il faut certes connaitre, d\u00e9cortiquer et en puiser la quintessence, il faudra forger le n\u00f4tre. Si certains ont eu le bonheur de r\u00e9ussir, ils n\u2019ont pas tous \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019emprise des vagues des \u00ab nationalismes \u00bb du XIX\u00e8me si\u00e8cle, avec comme soubassement, un substrat identitaire et son corollaire, la n\u00e9gation de l\u2019Autre ou des \u00ab Autres \u00bb. La purification culturelle avait confin\u00e9 des fois,, h\u00e9las, \u00e0 des \u00e9purations ethniques. On connait les d\u00e9rives du germanisme, les exc\u00e8s du touranisme dont le g\u00e9nocide des Arm\u00e9niens et le d\u00e9ni des Kurdes, sont les facettes sombres. On ne peut passer sous le boisseau le p\u00e9ch\u00e9 originel du sionisme qui s\u2019est fait sur le d\u00e9ni du peuple palestinien, selon l\u2019assertion \u00ab un peuple sans terre, pour une terre sans peuple \u00bb. On ne s\u2019attardera pas sur le simplisme du panarabisme ni de son \u00e9chec. Nous ne pouvons nous permettre d\u2019\u0153uvrer par \u00e9limination. Nous avons le devoir de proc\u00e9der plut\u00f4t par accumulation, en r\u00e9gulant les diff\u00e9rents apports, les diverses composantes, par la foi en des valeurs communes. Il n\u2019y pas de toile qui puisse tenir sans trame, et ce sont les valeurs qui font la trame. Les valeurs auxquelles nous souscrivons sont la libert\u00e9, au sens que lui donnait Benjamin Constant, c\u2019est \u00e0 dire la facult\u00e9 d\u2019agir, autrement l\u2019acc\u00e8s au pouvoir, la justice au sens de John Rawls, c&rsquo;est-\u00e0-dire participative, autrement dit l\u2019acc\u00e8s des communaut\u00e9s \u00e0 leurs ressources. Enfin la rationalit\u00e9, par rapport aux choses, (la science), aux faits (les sciences sociales) et aux \u00eatres (le contre social). Dans ce dernier aspect, nous nous inspirons de Rousseau, en mettant l\u2019accent sur le contrat social, pr\u00e9alable pour d\u00e9gager la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, et un cadre \u00e9ducatif pour forger un homme nouveau. Il y eut un pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire qui a r\u00e9ussi \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer les diff\u00e9rents apports dans la foi commune en des valeurs, en mettant l\u2019accent sur l\u2019unit\u00e9 dans la pluralit\u00e9, en faisant valoir et pr\u00e9valoir, le peuple comme acteur et souverain, c\u2019est celui des Etats Unis. Le peuple, qu\u2019il ne faut confondre avec la masse, est certes un concept abstrait, mais c\u2019est lui conf\u00e8re \u00e2me \u00e0 la multitude, avec un ancrage g\u00e9ographique, une conscience historique, et un devenir. Il a la pr\u00e9s\u00e9ance sur tout. Il est la constante. Formes ou modes de gouvernance, configurations g\u00e9ographiques qui d\u00e9limitent les pays, sont des variables qui au fil de l\u2019histoire avaient mu\u00e9. Les variables doivent \u00eatre au service de la constante et non l\u2019inverse. Le mod\u00e8le am\u00e9ricain \u00e9tait le premier fleuron de la philosophie des Lumi\u00e8res. Penchons- nous sur le mod\u00e8le que sur sa source d\u2019inspiration. R\u00eavons des Etats Unis d\u2019Afrique du Nord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aytma d\u2019istma :<br \/>\nIl n\u2019y a de force dans cette phase que celle de l\u2019esprit. Faisons- en notre arme. Il faut parler \u00e0 ceux qui sont libres dans leur esprit ou voudraient l\u2019\u00eatre. Il faut que ceux qui parlent la langue premi\u00e8re de nos contr\u00e9es, soient libres dans leur esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a de cela soixante dix ans, un cri a port\u00e9 dans nos contr\u00e9s :<br \/>\nKker mmis n umazigh<br \/>\nTafuyet nex tulli-d ;<br \/>\n(L\u00e8ve- toi, \u00d4, fils d\u2019Amazigh<br \/>\nNotre soleil s\u2019est lev\u00e9)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019entends ici m\u00eame l\u2019\u00e9cho de ce cri de ralliement. J\u2019hume les effluves du printemps, d\u2019un printemps renouvel\u00e9 qui nous fasse oublier les stigmates des deux pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je termine en citant ce beaux vers du po\u00e8te allemand Novalis :<br \/>\n\u00abQuand nous r\u00eavons que nous sommes en train de r\u00eaver, l\u2019heure du r\u00e9veil est proche.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons longtemps r\u00eav\u00e9, et nos r\u00eaves furent souvent ponctu\u00e9s des fois de cauchemar. Nous sommes peut-\u00eatre en train de r\u00eaver que nous sommes en train de r\u00eaver. N\u2019est ce pas l\u00e0 l\u2019heure du r\u00e9veil ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Homme libre, de contr\u00e9e libre, tu es rendez vous de l\u2019histoire. Sois ce que tu devrais \u00eatre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tanemirt.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">*Allocution de M. Hassan Aourid \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 d\u2019Agadir le 7 mai 2014<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aytma d\u2019istima, zeg mag tellam Azul fellawn Au chevet de ma m\u00e8re malade, il y a de cela quelques semaines, elle me conta cette parabole, comme pour me conforter, face aux vicissitudes de la vie. 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