{"id":4194,"date":"2022-02-03T12:38:54","date_gmt":"2022-02-03T11:38:54","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4194"},"modified":"2022-02-03T14:31:09","modified_gmt":"2022-02-03T13:31:09","slug":"le-nouvel-an-amazighe-quelques-expressions-et-manifestations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-nouvel-an-amazighe-quelques-expressions-et-manifestations\/","title":{"rendered":"Le Nouvel an amazighe, quelques expressions et manifestations"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4195 alignleft\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=333%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"333\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=333%2C250&amp;ssl=1 333w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w\" sizes=\"auto, (max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/><\/p>\n<p>Nombreuses sont les manifestations de la c\u00e9l\u00e9bration du Nouvel an amazigh dit \u00abid n usggas\u00bb ou bien \u00abixfn usggwas\u00bb , en ce qu\u2019elles sont des expressions sociales porteuses de connotations symboliques et historiques aux multiples ramifications culturelles, artistiques et anthropologiques.<\/p>\n<p>Ce qui distingue la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;ann\u00e9e amazighe demeure n\u00e9anmoins l&rsquo;adh\u00e9sion des populations \u00e0 des us et traditions qui diff\u00e8rent d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;autre. Leur caract\u00e8re \u00e9clectique procure \u00e0 ces c\u00e9l\u00e9brations des dimensions symboliques que la soci\u00e9t\u00e9 exprime via des rituels \u00e0 caract\u00e8re c\u00e9r\u00e9moniel ancr\u00e9s dans la culture amazighe, et qui ont fait de celle-ci la richesse nationale qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019ann\u00e9e amazighe a commenc\u00e9 \u00e0 gagner en importance en s\u2019\u00e9rigeant en tradition annuelle tant au niveau des zones rurale et urbaines. Ainsi, elle a incarn\u00e9 de nouvelles dimensions depuis qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les communes urbaines et rurales, ainsi que les institutions publiques et priv\u00e9es. De m\u00eame, elle s&rsquo;est inscrite sur l\u2019agenda des revendications des acteurs amazighs, qui demandent \u00e0 ce qu\u2019elle soit reconnue officiellement comme journ\u00e9e f\u00e9ri\u00e9e et f\u00eate nationale, au m\u00eame titre que les nouveaux\u00a0 \u00a0musulman et gr\u00e9gorien. Cette revendication tire sa raison d\u2019\u00eatre des connotations symboliques, culturelles, civilisationnelles et historiques que charrie sa c\u00e9l\u00e9bration.<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9bration du nouvel an amazighe s\u2019articule autour de la pr\u00e9paration de mets traditionnels et de rituels c\u00e9r\u00e9moniels conform\u00e9ment aux coutumes amazighes h\u00e9rit\u00e9es des anc\u00eatres et variant d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 une autre. Cependant, ces manifestations ont pour d\u00e9nominateur commun la pr\u00e9dominance du caract\u00e8re collectif, dans ce sens que la c\u00e9l\u00e9bration du Nouvel an amazigh constitue une occasion pendant laquelle les membres de la famille se r\u00e9unissent pour consolider \u00a0des ponts de communication et renforcer leurs liens.<\/p>\n<p>Le Nouvel an amazigh co\u00efncide avec la nuit du 13 janvier du calendrier gr\u00e9gorien dans l\u2019ensemble des pays d&rsquo;Afrique du Nord. Il est connu sous le nom de \u00abYennayer\u00bb, mot compos\u00e9 de \u00abYen\u00bb, qui signifie \u00abun\u00bb, et \u00abAyer\u00bb qui veut dire \u00abmois\u00bb. \u00abYennayer\u00bb signifie donc le premier mois de l\u2019ann\u00e9e. Il est \u00e9galement appel\u00e9 \u00abId N Ousggwas\u00bb signifiant le r\u00e9veillon du nouvel an, ou \u00abTaburt N Usggwas\u00bb, que l\u2019on peut traduire litt\u00e9ralement par \u00abPorte de l\u2019ann\u00e9e\u00bb, et qui renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une journ\u00e9e qui s\u00e9pare deux p\u00e9riodes.<\/p>\n<p>Parmi les caract\u00e9ristiques de la veille du Nouvel an amazigh est qu&rsquo;elle correspond \u00e0 la plus longue nuit de l&rsquo;ann\u00e9e, annonciatrice du d\u00e9but de journ\u00e9es \u00e9tendues et des nuits courtes, conduisant \u00e0 \u00ab\u00a0La\u2019ansra\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9. En outre, \u00abYennayer\u00bb co\u00efncide avec la succession des saisons et correspond aux diff\u00e9rentes phases du cycle de vie des plantes, ce qui d\u00e9termine g\u00e9n\u00e9ralement les p\u00e9riodes de la culture et du labour. S\u2019agissant du calendrier, \u00abId N Usggas Amaynou\u00bb tombe \u00e0 la moiti\u00e9 de ce que le calendrier agricole amazighe nomme \u00abLlyali Tikhatarin\u00bb, ou \u00abgrandes nuits\u00bb, lesquelles nuits commencent le 25 d\u00e9cembre de chaque ann\u00e9e et durent 40 jours[1].<\/p>\n<p>Symbole de la fertilit\u00e9 et la prosp\u00e9rit\u00e9, Yennayer est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 via des rituels sp\u00e9ciaux accomplis par les communaut\u00e9s amazighes. A cette occasion, un coq est \u00e9gorg\u00e9 sur le seuil de la maison afin de contrer le mauvais sort et en guise d&rsquo;optimisme quant \u00e0 l&rsquo;abondance des r\u00e9coltes. Dans certaines r\u00e9gions, une croyance consiste \u00e0 affirmer que quiconque c\u00e9l\u00e8bre \u00abYennayer\u00bb s\u2019immunise du mauvais \u0153il et des tourments de la vie. Yennayer repr\u00e9sente \u00e9galement l&rsquo;occasion d&rsquo;accomplir de nombreux rituels locaux, variant d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 une autre.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e amazighe correspond au 13 janvier de chaque ann\u00e9e. A la veille de ce jour-ci, le nouvel an est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 selon des rituels sp\u00e9cifiques, connaissant n\u00e9anmoins de l\u00e9g\u00e8res variations selon les r\u00e9gions. Cette nuit se nomme \u00abId Usggas\u00bb ou encore \u00abId N Usggas\u00bb dans certaines r\u00e9gions, tandis que dans d&rsquo;autres, elle est connue sous le nom de \u00abId N Hagouza\u00bb (A\u00eft Seghrouchen, Iza\u00efanes, Achqirn) et \u00abBiano\u00bb (A\u00eft Warayn)[1]. Comme son nom l&rsquo;indique, Id Usggass, ou \u00abveille du nouvel an\u00bb, signifie la la derni\u00e8re nuit de l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e annonciatrice de l\u2019av\u00e8nement de la nouvelle ann\u00e9e. Afin d\u2019exprimer leur joie \u00e0 cette occasion, les gens pr\u00e9parent des mets sp\u00e9ciaux, dont les ingr\u00e9dients varient selon les r\u00e9gions.<\/p>\n<p><strong>Les caract\u00e9ristiques de l&rsquo;ann\u00e9e amazighe<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019av\u00e8nement de la nouvelle ann\u00e9e amazighe, le 1er Yennayer, marque le commencement de l&rsquo;activit\u00e9 agricole. Cette p\u00e9riode se situe g\u00e9n\u00e9ralement entre l&rsquo;\u00e9quinoxe de printemps et le solstice d&rsquo;hiver.<\/p>\n<p>Le professeur Mohammad Hamam souligne \u00e0 cet effet que \u00ab\u00a0ce que nous savons de l&rsquo;ann\u00e9e agricole \u00e0 travers la tradition orale, est qu\u2019elle se compose de 365 jours divis\u00e9s en quatre saisons: \u00abTagrest\u00bb,\u00a0 \u00abTildrar\u00bb ou \u00abTardrar\u00bb (hiver) chez les populations de Dades, d\u2019Imghran et d\u2019A\u00eft Bou Oulli dans le Haut Atlas, \u00abTafssout\u00bb ou \u00abTifssa\u00bb (printemps) dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du Moyen-Atlas et du nord de la ville de F\u00e8s, Anbdou (\u00e9t\u00e9) \u00a0au Nord et \u00abTamanzwit\u00bb (automne) chez les A\u00eft Bou Oulli.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4195\" aria-describedby=\"caption-attachment-4195\" style=\"width: 672px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4195 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=618%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=333%2C250&amp;ssl=1 333w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Femme.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4195\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Jeune fille du Moyen Atlas en costume traditionnel \u00e0 l\u2019occasion du nouvel an amazigh<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00abTamenzwit\u00bb est d\u00e9riv\u00e9e de la racine du verbe \u00abEnzi\u00bb qui signifie \u00abarriver t\u00f4t\u00bb. En d&rsquo;autres termes, cette saison est celle des labours pr\u00e9coces et de certaines cultures rapides. A remarquer que les dur\u00e9es de ces saisons connaissent de l\u00e9g\u00e8res variations selon les r\u00e9gions, la saison de haute temp\u00e9rature commen\u00e7ant t\u00f4t dans les zones d\u00e9sertiques.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s le professeur Mohammed Hamam, ( Bulletin d\u2019information N\u00b0 2 \u00c9dition IRCAM 2004) la saison agricole amazighe se d\u00e9cline en douze mois : janvier, f\u00e9vrier, mars, avril, mai, juin, juillet, ao\u00fbt, septembre, octobre, novembre et d\u00e9cembre. En raison de la diffusion de l&rsquo;islam au Maroc, les noms de certains mois amazighes ont \u00e9t\u00e9 islamis\u00e9s, en particulier les mois \u00e0 caract\u00e8re religieux, tels que Ramadan, outre des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 forte charge symbolique en Islam comme la f\u00eate \u00ab Achoura \u00bb et la comm\u00e9moration de la naissance du proph\u00e8te. L&rsquo;ann\u00e9e agricole amazighe s\u2019est retrouv\u00e9e ainsi en situation de chevauchement avec celle h\u00e9girienne.<\/p>\n<p>Voici une liste des mois amazighes selon la m\u00eame \u00e9tude :<br \/>\n1 \/ Rmdan = Ramadan<br \/>\n2 \/ Win l&rsquo;A\u00efd = Chawwal<br \/>\n3 \/ Win Guer La\u2019a\u00efad = Du Al Lqi\u2019ada<br \/>\n4 \/ Win Tafaska = Du Al Hijjah<br \/>\n5 \/ Ta\u2019achourt = Muharram<br \/>\n6 \/ Win Lmouloud = Safar<br \/>\n7 \/ Eguen Izwarn = Rabi\u2019a Al Awwal<br \/>\n8 \/ Wissin Iguenyoun = Rabi\u2019a Al Tani<br \/>\n9 \/ Atfas Amzwar = Jumada Al Oula<br \/>\n10 \/ Atfas Ikran = Jumada A\u2019Ttaniya<br \/>\n11 \/ Win Iguerramn (ou Aguerram) = Rajab<br \/>\n12 \/ Taltyourt = Cha\u2019aban<\/p>\n<p><strong>Quelques aspects de la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;ann\u00e9e amazighe dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du Maroc<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des diff\u00e9rences de c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019ann\u00e9e amazighe telles qu\u2019elles sont perceptibles d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 une autre, les rassemblements familiaux autour de la table du d\u00eener de \u00abYennayer\u00bb demeure une donne invariable et une tradition transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9bration par les Marocains de l&rsquo;ann\u00e9e agricole est l\u2019expression de leur attachement \u00e0 la terre et aux richesses qu\u2019elle offre. En t\u00e9moignent les rituels associ\u00e9s \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration, o\u00f9 sont pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion plusieurs plats et mets traditionnels, et dont les d\u00e9signations diff\u00e8rent selon les r\u00e9gions et les types de cultures qui y sont produites (c\u00e9r\u00e9ales, l\u00e9gumes, etc). Le repas d\u2019\u00abImnsi\u00bb (d\u00eener) est pr\u00e9par\u00e9 sp\u00e9cialement pour c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;ann\u00e9e amazighe, ce qui fait que les plats servis doivent \u00eatre l\u2019incarnation de la richesse, de la fertilit\u00e9 et de l&rsquo;abondance de la r\u00e9colte.<\/p>\n<p>Voici un exemple de rituels observ\u00e9s \u00e0 cette occasion. Chez les tribus d\u2019A\u00eft M\u2019zal, le plat pr\u00e9par\u00e9 par les femmes consiste en une bouillie (Taguella). Avant de le consommer, sont plac\u00e9s dans le plat un \u00absou\/une pi\u00e8ce\u00bb, un noyau de date et une partie de l&rsquo;\u00e9corce d\u2019un arganier (Erkan N Wargan). Une croyance affirme que quiconque trouvera la \u00abpi\u00e8ce\u00bb lors de la consommation du met rencontrera la richesse, que celui qui sera tomb\u00e9 sur le noyau verra son b\u00e9tail gagner en nombre, tandis que celui qui trouvera le morceau de l\u2019\u00e9corce de l\u2019arganier est vou\u00e9 \u00e0 la pauvret\u00e9. Dans les montagnes du Souss, ce plat est appel\u00e9 \u00abBrkoukss\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les rituels pr\u00e9paratoires en vigueur au sein des tribus de l\u2019Atlas pour accueillir cette nouvelle journ\u00e9e \u00ab\u00a0Ikhf N Usggas\u00a0\u00bb, figure le rassemblement des femmes des familles de la tribu, leur pr\u00e9paration du couscous conform\u00e9ment aux exigences de la tradition appel\u00e9e \u00ab\u00a0Ta\u2019am N Fouss\u00a0\u00bb. Ce met est constitu\u00e9 de farine de bl\u00e9 ou d&rsquo;orge, d&rsquo;eau et de sel, et est pr\u00e9par\u00e9 sur la base de l\u2019ensemble des grains connus dans la r\u00e9gion, ce qui symbolise l\u2019espoir d\u2019une bonne ann\u00e9e agricole.<\/p>\n<p>Les moyens de pr\u00e9paration se composent du tamis et d\u2019 \u00ab Agra\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire du couscoussier en argile, d\u2019\u00abAsmssel\u00bb, outre un ustensile m\u00e9tallique appel\u00e9 en amazigh des tribus d\u2019A\u00eft Yahia, \u00abTassilt N S\u2019ba\u2019ama\u2019ad\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e amazighe est \u00e9galement l&rsquo;occasion de pr\u00e9parer un d\u00eener sp\u00e9cial \u00ab\u00a0Imnsi\u00a0\u00bb, repr\u00e9sent\u00e9 par un plat de couscous contenant sept types de l\u00e9gumes et d&rsquo;une date. Le fortun\u00e9 \u00ab\u00a0Anbarch\u00a0\u00bben dialect tamazighte ; est celui qui aura trouv\u00e9 le noyau de date pendant la consommation du d\u00eener. Parmi les coutumes de l&rsquo;Atlas, figure aussi l\u2019\u00e9change de v\u0153ux entre jeunes filles \u00e0 l\u2019occasion de la nouvelle ann\u00e9e, o\u00f9 celles-ci souhaitent les unes aux autres d\u2019atteindre les objets de leur convoitise, aussi simples fussent-ils, et de rencontrer la joie et la f\u00e9licit\u00e9.<\/p>\n<p>Une des coutumes qui sont observ\u00e9es \u00e0 cette occasion dans certaines r\u00e9gions du Souss est celle de la pr\u00e9paration de la bouillie (Taguella N Yennayer). Il s\u2019agit-l\u00e0 d\u2019une c\u00e9l\u00e9bration du nouvel an par le plat de la bouillie, que chaque famille consomme au d\u00eener, la veille du 1er Yennayer. La bouillie est garnie de noyaux d\u2019argan (Aqqayn) ou de dates (Aghermi). Le consommateur de ce met qui aura trouv\u00e9 le noyau de ces fruits gagne en optimisme et mesure sa fortune au nombre de noyaux trouv\u00e9s.<\/p>\n<p>Les femmes pr\u00e9parent un repas de couscous avec sept diff\u00e9rentes sortes de l\u00e9gumes outre \u00abL\u2019bssis\u00bb et \u00abOurkimen\u00bb. Ces deux derniers mets sont une combinaison de l\u00e9gumineuses et de \u00ab Berkoukss \u00bb, qui est une pr\u00e9paration culinaire \u00e0 base de farine m\u00e9lang\u00e9e et arros\u00e9e d\u2019eau, auquel sont ensuite ajout\u00e9s de l&rsquo;huile d&rsquo;argan, du miel, de l\u2019Amlou et autres ingr\u00e9dients.<\/p>\n<p>\u00abTaguella\u00bb (bouillie) est consid\u00e9r\u00e9e comme un aliment distingu\u00e9 et profond\u00e9ment symbolique dans la culture amazighe. Ce met est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion du nouvel an amazigh depuis des temps imm\u00e9moriaux, et souligne l\u2019\u00e9tendue de l\u2019attachement de l\u2019Amazigh \u00e0 sa terre.<\/p>\n<p>La tradition, telle qu\u2019h\u00e9rit\u00e9e depuis la nuit des temps, exige que la consommation de ce met soit accompagn\u00e9e de rituels culturels, dont l\u2019\u00e9lection de l\u2019homme et de la femme de l\u2019ann\u00e9e, qui ne sont autres que les heureux chanceux qui auraient trouv\u00e9, pendant qu\u2019ils mangeaient, \u00ab\u00a0Aghormi\u00a0\u00bb, le noyau de date dissimul\u00e9 dans le plat pr\u00e9par\u00e9.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la r\u00e9gion du Rif, la chercheuse \u00e0 l&rsquo;Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), A\u2019alach Sabah, rel\u00e8ve que les rituels observ\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de la nouvelle ann\u00e9e amazighe diff\u00e8rent d\u2019une tribu \u00e0 une autre. Chez les A\u00eft Ouriaghel, Tamsamane, A\u00eft Oulichek, A\u00eft Touzine, Iqer\u2019iyen et A\u00eft Sa\u00efd, les habitudes de c\u00e9l\u00e9bration sont quasi-identiques. Des fruits secs sont pr\u00e9sent\u00e9s et des mets, comme \u00abThirwawin\u00bb et \u00abOuthimouyaz\u00bb, sont pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 partir de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumineuses. Ces mets sont confectionn\u00e9s en torr\u00e9fiant du bl\u00e9 ou de l&rsquo;orge. Est \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9 le repas dit \u00abImchyakh\u00bb, qui combine l\u00e9gumineuses et c\u00e9r\u00e9ales, en particulier du ma\u00efs et du bl\u00e9, additionn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ail. La gousse est \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9e, donnant lieu au plat appel\u00e9 \u00abIghdwin Outheb\u00bb chez les Iqer\u2019iyen. Des cr\u00eapes, \u00abTharfin\u00bb ou \u00abRmsmmen\u00bb, sont \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9es. Les diff\u00e9rents pains et \u00abRmsmmen\u00bb sont coup\u00e9s dans une \u00abTahbbit\u00bb, ou grande assiette, afin de servir \u00ab Arfis \u00bb, sur lequel est d\u00e9pos\u00e9 le poulet cuit dans le bouillon.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la tribu \u00ab Bakkioua \u00bb ou les \u00ab Ibaqouyn \u00bb, deux journ\u00e9es sont consacr\u00e9es \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de la venue du nouvel an amazighe. Lors du premier, les plats sont pr\u00e9par\u00e9s avec la plante alfa garnie de fruits secs en la possession de cuisiniers ou achet\u00e9s au march\u00e9, tels que les amandes, \u00ab Thimouyaz \u00bb, \u00ab Thazart Youzghen \u00bb, les raisins secs, les pois chiches, et ibawen (f\u00e8ves). Les femmes pr\u00e9parent des cr\u00eapes, qui sont distribu\u00e9es aux enfants au m\u00eame titre que les fruits secs. Quant au deuxi\u00e8me jour, les femmes pr\u00e9parent un d\u00eener sp\u00e9cial, souvent un poulet beldi (fermier).<\/p>\n<figure id=\"attachment_4196\" aria-describedby=\"caption-attachment-4196\" style=\"width: 619px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4196 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/couscous.jpg?resize=618%2C362&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"362\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/couscous.jpg?w=619&amp;ssl=1 619w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/couscous.jpg?resize=426%2C250&amp;ssl=1 426w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4196\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Plat pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;ann\u00e9e amazighe \u00e0 l&rsquo;Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) archive<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Il existe \u00e9galement des rituels pr\u00e9voyant une bonne saison agricole.<\/p>\n<p>Les habitants de certaines tribus (A\u00eft Ouriaghel par exemple) distribuent des portions du d\u00eener dans tous les coins de la maison afin de faire part de leur intention de partager les dons de la terre avec ce qu\u2019ils croient \u00eatre des cr\u00e9atures surnaturelles ou des forces b\u00e9nies.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion de Figuig, est pr\u00e9par\u00e9e la \u00ab\u00a0K\u2019lila\u00a0\u00bb, une sorte de lait ass\u00e9ch\u00e9 localement pendant les saisons o\u00f9 cette denr\u00e9e est abondante. Ce lait est ensuite transform\u00e9 en grains ressemblant \u00e0 du gravier. Lors des c\u00e9l\u00e9brations du nouvel an, de l&rsquo;eau est vers\u00e9e sur ces grains afin de fabriquer le lait \u00ab K\u2019lila \u00bb, qui est ensuite servi aux convives et aux membres de la famille.<\/p>\n<p>Dans les tribus \u00ab Imghran \u00bb, \u00ab Toudgha \u00bb et \u00ab A\u00eft Atta \u00bb, les femmes pr\u00e9parent un plat de couscous arros\u00e9 d&rsquo;un bouillon de viande et de sept diff\u00e9rentes sortes de l\u00e9gumes ou plus, dans lequel elles dissimulent un noyau de datte. Elles croient que la personne qui aura trouv\u00e9 ce noyau en mangeant le plat est destin\u00e9e au bonheur et qu\u2019elle sera la personne chanceuse et b\u00e9nie de l&rsquo;ann\u00e9e. Il existe un dicton circulant au sein de ces tribus qui affirme que quiconque n&rsquo;ayant pas pu se rassasier \u00e0 la veille du nouvel an, la faim le hantera tout au long de cette ann\u00e9e-l\u00e0. Il existe \u00e9galement une autre croyance qui consid\u00e8re que s&rsquo;il pleut \u00e0 la veille du nouvel an ou pendant le premier jour, l\u2019ann\u00e9e en question connaitra une abondance de pluies et la saison agricole sera fructueuse et les r\u00e9coltes importantes.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion de \u00ab Haha \u00bb, les femmes placent, \u00e0 l\u2019occasion du r\u00e9veillon du nouvel an, trois morceaux de mets traditionnels sur les toits des maisons avant d\u2019aller se coucher. Le chiffre trois symbolise les trois premiers mois de l\u2019ann\u00e9e : janvier, f\u00e9vrier et mars. Afin d\u2019attirer la cl\u00e9mence des pluies, elles saupoudrent, d\u2019une certaine distance et avec du sel, l&rsquo;endroit o\u00f9 sont pos\u00e9s les bouts d\u2019aliments. Le lendemain, les femmes examinent les morceaux de plus pr\u00e8s pour savoir sur lequel d\u2019entre eux se sont \u00e9chou\u00e9s les grains de sel et ainsi conna\u00eetre le mois qui sera pluvieux en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Au niveau maghr\u00e9bin, la communaut\u00e9 kabyle c\u00e9l\u00e8bre cette occasion selon des coutumes h\u00e9rit\u00e9es des a\u00efeules et qui co\u00efncident avec les saisons des semis et des r\u00e9coltes. Ces saisons sont d\u00e9sign\u00e9es par plusieurs appellations comme : \u00ab Imlalen \u00bb, \u00ab Ssmaym N L\u2019khrif \u00bb, \u00ab Adrf 30 \u00bb, \u00ab Adrf 90 \u00bb\u2026 Les familles kabyles accueillent cette occasion en offrant \u00ab Asfl \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire en sacrifiant du b\u00e9tail. Le cheptel sacrifi\u00e9 diff\u00e8re d&rsquo;une famille \u00e0 l&rsquo;autre selon les moyens de tout un chacun.<\/p>\n<p>Dans certains villages kabyles, la tradition veut que soient abattus un coq pour chaque homme et une poule pour chaque femme, tandis que la femme enceinte a droit au sacrifice d\u2019un coq et d\u2019une poule \u00e0 la fois . Ce faisant, les femmes kabyles pr\u00e9parent divers mets traditionnels que les habitants de la r\u00e9gion appellent \u00abImnsi N Yennayer\u00bb, lesquels mets sont suppos\u00e9s refl\u00e9ter les moyens de subsistance dont disposeront les familles le long de ann\u00e9e \u00e0 venir. La diversit\u00e9 de ces plats servis sugg\u00e8re l&rsquo;abondance des moyens de subsistance, des b\u00e9n\u00e9fices et des r\u00e9coltes.<\/p>\n<p>Le couscous, que l\u2019on retrouve dans chaque maison kabyle, occupe une place de choix dans la table de Yennayer. Compos\u00e9 de viande de l\u2019animal sacrifi\u00e9 auparavant et de l\u00e9gumes secs (en guise d\u2019assaisonnement), il est accompagn\u00e9 d\u2019aliments traditionnels faits principalement de pains tels que \u00ab Lekhfaf \u00bb ou \u00ab Sfnj \u00bb, \u00ab Lmssmmen \u00bb, \u00ab Thighrfin \u00bb, lesquels incarnent la force d&rsquo;attachement au patrimoine h\u00e9rit\u00e9 des anc\u00eatres.<\/p>\n<p>Parmi les autres coutumes qui pr\u00e9valent en Kabylie, figure la coupe des cheveux des b\u00e9b\u00e9s ayant atteint l\u2019\u00e2ge d\u2019un an \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de cette occasion. Le b\u00e9b\u00e9 a droit aux plus beaux v\u00eatements avant d\u2019\u00eatre plac\u00e9 dans une grande \u00e9cuelle, suite \u00e0 quoi une femme \u00e2g\u00e9e lui jette bonbons, noix, sucre et \u0153ufs.<\/p>\n<p>Bon nombre d\u2019\u00e9tudes historiques d\u00e9montrent que les amazighs ont attach\u00e9 leurs traditions \u00e0 la terre. De ce fait, ces traditions sont pratiques de mani\u00e8re spontan\u00e9e suivant un syst\u00e8me chronologique pr\u00e9cis, \u00e0 commencer par la premi\u00e8re nuit de l&rsquo;ann\u00e9e agricole o\u00f9 la c\u00e9r\u00e9monie a eu lieu, en passant par la pr\u00e9paration de \u00ab Taguella N Id N Yennayer \u00bb. La temporalit\u00e9 de la c\u00e9l\u00e9bration de cette tradition rev\u00eat deux dimensions :<\/p>\n<ul>\n<li>Premi\u00e8re dimension : \u00e9vidente \u00e0 travers le lien unissant les composantes de cette tradition et la terre, puisqu\u2019il s\u2019agit, comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, du d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e agricole, et que le met servi \u00e0 l\u2019occasion incarne une symbolique et constitue un indice quant \u00e0 l&rsquo;avenir de l&rsquo;ann\u00e9e suivante.<\/li>\n<li>Deuxi\u00e8me dimension : intrins\u00e8que \u00e0 l&rsquo;histoire des Amazighes, laquelle commence chronologiquement, selon les sources \u00e9crites &#8211; notamment h\u00e9rit\u00e9es des anciens Grecs -, avec l&rsquo;accession de l&rsquo;Aguellid (roi) amazigh Sheshonq au tr\u00f4ne d\u2019Egypte, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 le dernier des rois de la vingt et uni\u00e8me famille, \u00e0 savoir le roi Rams\u00e8s III, lors d\u2019une bataille d\u00e9cisive en l\u2019an 950 a.j.<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u2019autre part, la culture populaire associe le calendrier amazighe aux mythes et anciennes croyances amazighes. Une l\u00e9gende raconte qu\u2019une vieille femme avait sous-estim\u00e9 les forces de la nature. Apr\u00e8s avoir r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019hiver, elle s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 prendre d\u2019orgueil en expliquant avoir r\u00e9ussi cet exploit gr\u00e2ce \u00e0 sa force. Yennayer, symbole de la fertilit\u00e9 et de la culture, est entr\u00e9 dans une vive col\u00e8re contre cette femme qui a manqu\u00e9 de remercier le ciel. Aussi a-t-il demand\u00e9 \u00e0 \u00ab Fourar \u00bb (mois de f\u00e9vrier) de lui pr\u00eater un jour afin de punir la vieille femme de son ingratitude. Une violente temp\u00eate s\u2019est alors abattue sur les biens agricoles de la vieille femme.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, ce jour s\u2019est mu\u00e9 dans la m\u00e9moire collective pour symboliser la punition r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 celles et ceux qui m\u00e9prisent la nature.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, les amazighes invoquent toujours la l\u00e9gende de la vieille femme. Ils consid\u00e9raient qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un jour de pr\u00e9caution et de prudence, dans lequel ils \u00e9vitaient d&rsquo;aller au p\u00e2turage et de s\u2019adonner aux travaux agricoles et autres, par crainte de la revanche des forces de la nature. Au lieu de cela, ils le consacraient \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de la terre et des biens naturels qui lui sont associ\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>En guise de conclusion, et en raison du manque accus\u00e9 en mati\u00e8re de recherche et de litt\u00e9rature ayant trait au sujet de la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019ann\u00e9e amazighe, le champ de recherche est appel\u00e9 \u00e0 s\u2019engager dans le domaine des prospections anthropologique et arch\u00e9ologique, et ce afin d\u2019apporter un regard plus clair appuy\u00e9 par des \u00e9l\u00e9ments d\u2019information plus satisfaisants de ce ph\u00e9nom\u00e8ne caract\u00e9ristique de l\u2019Afrique du Nord, notamment parmi les communaut\u00e9s amazighes. De m\u00eame, et compte tenu du fait que le Nouvel an amazighe est l&rsquo;un des rituels amazighs les plus importants dans les pays nord-africains, davantage d\u2019efforts doivent \u00eatre consentis afin de classer cette c\u00e9l\u00e9bration en tant que patrimoine immat\u00e9riel mondial. Par ailleurs, il est primordial de f\u00e9d\u00e9rer les efforts des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u0153uvrant dans le domaine de la promotion de la culture amazighe, et de tous ceux qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la tradition orale, afin de rassembler toutes les informations relatives aux rituels de la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019av\u00e8nement du Nouvel an amazigh \u00e0 travers l\u2019ensemble du territoire marocain.<\/p>\n<p>\u00abAsgguas anbrach issa\u2019aden isb\u2019han ifoulkin\u00bb \u00e0 cette occasion.<\/p>\n<p><strong><em>Extrait traduit de l\u2019ouvrage en langue arabe, \u00abAspects de la culture amazighe contemporaine\u00bb de Khadija AZIZ Edition IRCAM 2018.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4202 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/WhatsApp-Image-2022-02-03-at-14.23.52.jpeg?resize=519%2C408&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"519\" height=\"408\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/WhatsApp-Image-2022-02-03-at-14.23.52.jpeg?w=519&amp;ssl=1 519w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/WhatsApp-Image-2022-02-03-at-14.23.52.jpeg?resize=318%2C250&amp;ssl=1 318w\" sizes=\"auto, (max-width: 519px) 100vw, 519px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nombreuses sont les manifestations de la c\u00e9l\u00e9bration du Nouvel an amazigh dit \u00abid n usggas\u00bb ou bien \u00abixfn usggwas\u00bb , en ce qu\u2019elles sont des expressions sociales porteuses de connotations symboliques et historiques aux multiples ramifications culturelles, artistiques et anthropologiques. 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