{"id":4343,"date":"2022-04-14T21:18:16","date_gmt":"2022-04-14T20:18:16","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4343"},"modified":"2022-04-14T21:18:16","modified_gmt":"2022-04-14T20:18:16","slug":"entretien-avec-mohamed-oubenal-co-auteur-de-louvrage-regards-croises-sur-les-societes-amazighes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/entretien-avec-mohamed-oubenal-co-auteur-de-louvrage-regards-croises-sur-les-societes-amazighes\/","title":{"rendered":"Entretien avec Mohamed Oubenal, co-auteur de l\u2019ouvrage \u00ab\u00a0Regards crois\u00e9s sur les soci\u00e9t\u00e9s amazighes\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4345 alignright\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/received_407702097394198.jpeg?resize=366%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"366\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/received_407702097394198.jpeg?resize=366%2C250&amp;ssl=1 366w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/received_407702097394198.jpeg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/received_407702097394198.jpeg?w=960&amp;ssl=1 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 366px) 100vw, 366px\" \/><strong>Moha Moukhlis<\/strong><\/p>\n<p>Ouvrage collectif qui a mobilis\u00e9 tous les chercheurs du Centre des Etudes Anthropologiques et Sociologiques (CEAS-IRCAM), ce livre est le r\u00e9sultat d\u2019un travail transversal fond\u00e9 sur une approche plurielle, des regards crois\u00e9s sur les soci\u00e9t\u00e9s amazighes, avant, pendant et apr\u00e8s l\u2019\u00e8re coloniale. Le chercheur Mohamed Oubenal, co-auteur de l\u2019ouvrage, nous en parle en r\u00e9pondant \u00e0 nos questions.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>1-Dans un premier temps, parlez-nous de l\u2019apport de cet ouvrage et du choix des th\u00e9matiques.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans cet ouvrage, nous avons choisi, au sein du centre, de prendre le temps de mener une revue critique de la litt\u00e9rature existante sur des domaines pr\u00e9cis touchant aux soci\u00e9t\u00e9s amazighes. Il ne s\u2019agissait pas de faire une anthologie avec une s\u00e9lection de textes fondateurs pr\u00e9c\u00e9demment publi\u00e9s mais de produire notre propre lecture des \u00e9crits de la p\u00e9riode coloniale et postcoloniale sur des sujets d\u00e9termin\u00e9s. Cela commence d\u2019abord par l\u2019inventaire de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait sur le sujet avant d\u2019en livrer une lecture critique. Par exemple, lorsque Hammou Belghazi s\u2019int\u00e9resse au regard port\u00e9 sur les tribus amazighes Zemmour, il constate que le mot \u00ab\u00a0siba\u00a0\u00bb est souvent utilis\u00e9 pour les qualifier. Il commence alors par d\u00e9terminer les textes o\u00f9 l\u2019on utilise ce terme en rapport avec la caract\u00e9risation de la soci\u00e9t\u00e9 amazighe que ce soit chez les historiens du Makhzen (Ahmed Ennassiri), dans la correspondance des sultans, chez les Fran\u00e7ais durant la p\u00e9riode coloniale (Pierre Loti, Charles de Foucault, Marcel Lesne) ou encore chez les Marocains apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance (Abdallah Laroui, Paul Pascon et Mohamed Guessous). Il discute ensuite la notion de \u00ab\u00a0siba\u00a0\u00bb au regard des travaux qu\u2019il a lui-m\u00eame consacr\u00e9s aux pratiques juridiques locales ainsi qu\u2019au pacte de coalition tribale \u2d5c\u2d30\u2d39\u2d30 (taDa) chez les Zemmour.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>2-En quoi l\u2019approche pluridisciplinaire au sein de votre centre est-elle pertinente ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Regards crois\u00e9s sur les soci\u00e9t\u00e9s amazighes s\u2019inscrit dans la suite des volumes publi\u00e9s par le Centre des \u00e9tudes anthropologiques et sociologiques (CEAS) sous forme d\u2019ouvrages collectifs. Je citerai, \u00e0 titre d\u2019exemple, deux livres que nous avons publi\u00e9s depuis que je suis au CEAS\u00a0: l\u2019un sur le droit communautaire, plus connu sous le nom de l\u2019\u2d30\u2d63\u2d54\u2d3c (azrf) ou \u2d4d\u2d44\u2d53\u2d54\u2d3c (l\u00f4rf),\u00a0; l\u2019autre, sur les mutations des musiques amazighes. A chaque fois, il s\u2019agit pour nous de choisir une th\u00e9matique commune pour ensuite mobiliser nos domaines respectifs de sp\u00e9cialisation disciplinaire (anthropologie, histoire et sociologie). Par exemple, dans notre ouvrage Regards crois\u00e9s\u2026, El Khatir Aboulkacem interroge la conceptualisation des structures sociales des tribus amazighes dans l\u2019anthropologie coloniale notamment chez Robert Montagne, Jacques Berque et Andr\u00e9 Adam. Pour sa part, Mbark Wanaim mobilise un mat\u00e9riau historique pour \u00e9tudier les notions de territoire et d\u2019institutions des tribus amazighes dans les r\u00e9cits des voyageurs\/explorateurs fran\u00e7ais ainsi que les cons\u00e9quences de la conqu\u00eate militaire fran\u00e7aise sur l\u2019organisation sociale des tribus qui furent d\u00e9sarm\u00e9es et leurs territoires plac\u00e9s sous autorit\u00e9 militaire.<\/p>\n<p>En plus de cette diversit\u00e9 disciplinaire, chacun parmi nous peut mobiliser sa propre approche m\u00e9thodologique ou privil\u00e9gier l\u2019\u00e9tude d\u2019un mat\u00e9riel particulier\u00a0: l\u2019archive coloniale ou personnelle, l\u2019entretien, l\u2019observation et une revue de litt\u00e9rature. Et m\u00eame, lorsqu\u2019on mobilise le m\u00eame mat\u00e9riel, on peut l\u2019analyser de mani\u00e8re diff\u00e9rente. C\u2019est d\u2019ailleurs cette id\u00e9e de croiser des regards diff\u00e9rents qui a motiv\u00e9 le choix du titre de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>La question des \u00ab\u00a0regards crois\u00e9s\u00a0\u00bb est \u00e9galement pr\u00e9sente dans notre fa\u00e7on de travailler. Les r\u00e9unions durant lesquelles on choisit la th\u00e9matique abord\u00e9e ou pour \u00e9valuer l\u2019\u00e9tat d\u2019avancement de nos travaux respectifs, nous permettent de nous enrichir mutuellement. Par exemple, \u00e0 mon arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019IRCAM, j\u2019avais surtout une approche de sociologie \u00e9conomique bas\u00e9e sur les entretiens qui permettaient d\u2019\u00e9tudier les interd\u00e9pendances entre acteurs, la collaboration avec des coll\u00e8gues qui mobilisent les archives m\u2019a permis de diversifier le regard que je portais sur mes objets d\u2019\u00e9tude. Je tiens \u00e9galement \u00e0 signaler qu\u2019en dehors des r\u00e9unions formelles de travail, les discussions informelles avec diff\u00e9rents coll\u00e8gues de l\u2019IRCAM m\u2019ont aussi permis d\u2019explorer de nouvelles pistes de r\u00e9flexion.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>3-Pouvez-vous nous pr\u00e9senter l\u2019impact des mutations socio\u00e9conomiques sur les structures des communaut\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le dernier ouvrage, j\u2019ai surtout travaill\u00e9 sur les mutations socio\u00e9conomiques qui ont impact\u00e9 la r\u00e9gion de l\u2019Anti-Atlas. Il faut d\u2019abord signaler que la p\u00e9n\u00e9tration des produits europ\u00e9ens (sucre, th\u00e9 et cotonnades), qui se fait bien avant la signature du trait\u00e9 du protectorat, va transformer les habitudes de consommation des Imazighen et des Marocains en g\u00e9n\u00e9ral. Le d\u00e9veloppement des villes du Nord notamment Tanger et Casablanca va ensuite conduire plusieurs Issoussiyn des tribus qui jouxtent la montagne de Lkest (Tafraout, Ida ou Gnidif, etc.) \u00e0 migrer vers les villes du Nord pour travailler comme ibeqqaln et \u00e9piciers avant que certains parmi eux ne parviennent \u00e0 r\u00e9ussir dans des secteurs d\u2019activit\u00e9s diversifi\u00e9s. Ce sont ceux-l\u00e0 que j\u2019appelle les Iboudrarn (montagnards) du commerce parce qu\u2019ils sont originaires de l\u2019adrar (montagne) n\u2019Lkest et qu\u2019ils ont connu une importante ascension sociale.<\/p>\n<p>\u2d5c\u2d30\u2d56\u2d4f\u2d4f\u2d30\u2d4f\u2d5c (Taghnnant) que je d\u00e9finirai, ici, comme la comp\u00e9tition de statut entre paires pousse ces Iboudrarn, ayant accumul\u00e9 de l\u2019argent dans leur commerce, \u00e0 faire des d\u00e9penses prestigieuses qui vont transformer le mode de vie et l\u2019aspect m\u00eame des vall\u00e9es de l\u2019Anti-Atlas. On y voit \u00e9merger de grandes constructions en b\u00e9ton dispers\u00e9es qui contrastent avec les vieux villages comportant des maisons traditionnelles coll\u00e9es les unes aux autres.<\/p>\n<p>En somme, notre ouvrage est l\u2019aboutissement d\u2019un travail collectif pour faire le point sur les transformations sociales et culturelles qui ont affect\u00e9 les communaut\u00e9s amazighes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moha Moukhlis Ouvrage collectif qui a mobilis\u00e9 tous les chercheurs du Centre des Etudes Anthropologiques et Sociologiques (CEAS-IRCAM), ce livre est le r\u00e9sultat d\u2019un travail transversal fond\u00e9 sur une approche plurielle, des regards crois\u00e9s sur les soci\u00e9t\u00e9s amazighes, avant, pendant et apr\u00e8s l\u2019\u00e8re coloniale. 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