{"id":4381,"date":"2022-05-15T11:42:31","date_gmt":"2022-05-15T10:42:31","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4381"},"modified":"2022-05-15T11:43:56","modified_gmt":"2022-05-15T10:43:56","slug":"la-grande-revolte-amazighe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-grande-revolte-amazighe\/","title":{"rendered":"La grande r\u00e9volte amazighe"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1671\" aria-describedby=\"caption-attachment-1671\" style=\"width: 375px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1671\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?resize=375%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"Dr. Mohamed Chtatou\" width=\"375\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?resize=375%2C250&amp;ssl=1 375w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/chtato.jpg?w=960&amp;ssl=1 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1671\" class=\"wp-caption-text\">Par: Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>P\u00e9riode de turbulence<\/strong><\/p>\n<p>Au XIIIe si\u00e8cle, entre la fin du califat des Omeyyades (661-750) de Damas et la dynastie des Idrissides (789-985), se d\u00e9roule une p\u00e9riode de grande turbulence en Afrique du Nord : la r\u00e9volte des Amazighs.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la conqu\u00eate musulmane du Maghreb (647-709), les Berb\u00e8res supportent mal la domination arabe. En effet, la soci\u00e9t\u00e9 amazighe \u00e9tait bas\u00e9e sur une structure communautaire accordant beaucoup d&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. Ils se r\u00e9voltent rapidement contre les Arabes. L&rsquo;\u00e9lite arabe a mis en place un syst\u00e8me de pr\u00e9s\u00e9ance qui lui garantissait un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel. Cette \u00e9lite s&rsquo;est battue avec acharnement pour \u00e9tablir et maintenir les m\u00e9canismes qui distinguaient les musulmans entre eux, et qui ali\u00e9naient leurs alli\u00e9s relativement r\u00e9cents du nord-ouest africain.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4383 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/1.jpg?resize=618%2C433&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/1.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/1.jpg?resize=357%2C250&amp;ssl=1 357w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>La crise commence lorsque Maysara, le chef berb\u00e8re, conduit en 739 une d\u00e9l\u00e9gation de 40 personnes aupr\u00e8s du calife Hisham (691-743) pour pr\u00e9senter les dol\u00e9ances des Amazighs : \u00e9galit\u00e9 dans le partage du butin et arr\u00eat de la pratique qui consiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9visc\u00e9ration des brebis pour obtenir la fourrure des f\u0153tus. [i] Les plaintes parviennent au calife mais il ne donne pas de r\u00e9ponse, ce qui d\u00e9clenche la r\u00e9volte \u00e0 Tanger. Maysara s\u2019empare de la ville, tue le gouverneur Omar Ibn Abdallah et se proclame calife. Il r\u00e9ussit \u00e0 emp\u00eacher le d\u00e9barquement d\u2019une arm\u00e9e omeyyade envoy\u00e9e d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>La grande r\u00e9volte amazighe de 739\/740-743 AD (122-125 AH dans le calendrier musulman) a eu lieu sous le r\u00e8gne du calife omeyyade Hisham ibn Abd al-Malik [ii] (691-743) et a marqu\u00e9 la premi\u00e8re s\u00e9cession r\u00e9ussie au sein du califat arabe (dirig\u00e9 depuis Damas). [iii] Enflamm\u00e9e par les pr\u00e9dicateurs puritains kharijites, [iv] la r\u00e9volte des Amazighes contre leurs souverains arabes omeyyades a commenc\u00e9 \u00e0 Tanger en 740, et a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e initialement par Maysara al-Matghari. [v] La r\u00e9volte s&rsquo;est rapidement propag\u00e9e dans le reste du Maghreb (Afrique du Nord) et \u00e0 travers les d\u00e9troits vers al-Andalus (Espagne). [vi]\n<p>Les Omeyyades se sont pr\u00e9cipit\u00e9s et ont r\u00e9ussi \u00e0 emp\u00eacher le noyau de l&rsquo;Ifriqiya (Tunisie) et d&rsquo;al-Andalus de tomber aux mains des rebelles. Mais le reste du Maghreb n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9. Apr\u00e8s avoir \u00e9chou\u00e9 \u00e0 capturer la capitale provinciale omeyyade de Kairouan, les arm\u00e9es rebelles amazighes se sont dissoutes et le Maghreb occidental s&rsquo;est fragment\u00e9 en une s\u00e9rie de petits \u00e9tats berb\u00e8res, gouvern\u00e9s par des chefs tribaux et des imams kharijites. [vii]\n<p>La r\u00e9volte amazighe [viii] a probablement \u00e9t\u00e9 le plus grand revers militaire du r\u00e8gne du calife Hisham. [ix] De l\u00e0, ont \u00e9merg\u00e9 certains des premiers \u00e9tats musulmans en dehors du califat. Il est parfois \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 comme le d\u00e9but de l&rsquo;ind\u00e9pendance marocaine, car le Maroc ne reviendrait plus jamais sous le r\u00e8gne d&rsquo;un calife oriental ou de toute autre puissance \u00e9trang\u00e8re jusqu&rsquo;au XXe si\u00e8cle. [x]\n<p>Les nouveaux Amazighs musulmans, ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s dans le message rudimentaire de l&rsquo;Islam et ayant reconnu son pouvoir, ont utilis\u00e9 les id\u00e9aux de l&rsquo;Islam contre leurs conqu\u00e9rants et ont proclam\u00e9 leur propre interpr\u00e9tation de la foi. Kusayla, un roi amazigh et musulman converti que &lsquo;Uqba pensait avoir pacifi\u00e9, s&rsquo;\u00e9chappa de ses cha\u00eenes et tua &lsquo;Uqba ibn Nafi&rsquo; peu apr\u00e8s la chevauch\u00e9e atlantique de celui-ci. &lsquo;Uqba est mort dans une oasis pr\u00e8s de la ville alg\u00e9rienne de Biskra. En m\u00eame temps, il existe des monuments \u00e0 la m\u00e9moire de ses ennemis, les Amazighs Dihya \u00a0(Kahina &#8211; la reine berb\u00e8re) [xi] et Kusayla, [xii] dont les musulmans d&rsquo;Afrique du Nord se souviennent encore comme des h\u00e9ros.<\/p>\n<p><strong>Les st\u00e9r\u00e9otypes arabes sur les Amazighes et racisme arabe<\/strong><\/p>\n<p>Nicolas Clarke de l\u2019Universit\u00e9 de Newcastle de l\u2019Angleterre nous apprend dans un article intitul\u00e9\u00a0: <strong>\u2018\u2019\u2018They are the most treacherous of people\u2019: religious difference in Arabic accounts of three early medieval Berber revolts\u2019\u2019<\/strong> [xiii] que les conqu\u00e9rants arabes, dans leur attitude hautaine, entretenaient des st\u00e9r\u00e9otypes n\u00e9fastes sur la population autochtone de l\u2019Afrique du Nord\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u02bfAbd al-Malik b. \u1e24ab\u012bb, juriste et historien mort au milieu du neuvi\u00e8me si\u00e8cle, conclut son r\u00e9cit de la conqu\u00eate musulmane de son Ib\u00e9rie natale au huiti\u00e8me si\u00e8cle par une longue sc\u00e8ne de dialogue, situ\u00e9e \u00e0 la cour du califat omeyyade (r. 661-750) \u00e0 Damas. Le dialogue se d\u00e9roule entre M\u016bs\u0101 b. Nu\u1e63ayr, le commandant des arm\u00e9es de la conqu\u00eate, et Sulaym\u0101n b. \u02bfAbd al-Malik, qui avait r\u00e9cemment succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 son fr\u00e8re al-Wal\u012bd comme calife. Elle prend une forme conventionnelle : une s\u00e9rie de questions laconiques du calife (\u00a0\u00bb Parlez-moi d&rsquo;al-Andalus ! \u00ab\u00a0) se heurte \u00e0 des r\u00e9ponses qui ont la consonance de l&rsquo;aphorisme. Les st\u00e9r\u00e9otypes y sont omnipr\u00e9sents, notamment dans les commentaires sur les Berb\u00e8res :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019[Sulaym\u0101n] dit : \u00ab\u00a0Parlez-moi des Berb\u00e8res.\u00a0\u00bb [M\u016bs\u0101] r\u00e9pondit : \u00ab\u00a0Ils sont les non-arabes qui ressemblent le plus aux Arabes (hum ashbah al-\u02bfajam bi-al-\u02bfarab) [dans leur] bravoure, leur constance, leur endurance et leur \u00e9quitation, sauf qu&rsquo;ils sont les personnes les plus perfides des gens (al-n\u0101s) &#8211; ils [n&rsquo;ont] aucun [soin] de la loyaut\u00e9, ni des pactes.\u00a0\u00bb (Ibn \u1e24ab\u012bb, 148)\u2019\u2019\u00a0 <\/em><\/p>\n<p>Dans le contexte de l&rsquo;\u00e9lite arabe, les croyances radicales semblaient initialement avoir un grand attrait pour les Amazighs. Bien que certaines sources arabes aient pu exag\u00e9rer, il semble que les premiers r\u00e9volutionnaires aient eu une r\u00e9action am\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Arabes sunnites non croyants, tuant parfois sans discernement et vendant femmes et enfants musulmans en esclavage, tout comme certains Arabes l&rsquo;avaient fait aux Berb\u00e8res lors de conqu\u00eates ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res r\u00e9bellions ont eu lieu pr\u00e8s de Tanger et dans tout l&rsquo;Occident musulman, d\u00e9clench\u00e9es, dit-on, par un commandant arabe qui avait marqu\u00e9 son garde amazigh au fer rouge comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de b\u00e9tail. [xiv] Mais les rebelles amazighes de confession Kharijite ont surtout \u00e9tabli leur domination dans des avant-postes quelque peu \u00e9loign\u00e9s et faciles \u00e0 d\u00e9fendre, comme le mont Nafusa, Sijilmasa [xv] et Tahert. Avec le temps, m\u00eame ces r\u00e9volutionnaires se sont install\u00e9s dans une routine, ils ont fond\u00e9 des dynasties et se sont int\u00e9gr\u00e9s dans un syst\u00e8me \u00e9conomique plus large.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4385 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/2.jpg?resize=618%2C433&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/2.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/2.jpg?resize=357%2C250&amp;ssl=1 357w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Les principales causes de la r\u00e9volte sont la politique s\u00e9v\u00e8re du gouverneur d&rsquo;Afrique du Nord, &lsquo;Ubayd Allah bin al-Habhab (qui exigeait que des esclaves amazighes soient livr\u00e9s dans le cadre du tribut pay\u00e9 par les tribus berb\u00e8res) et la discrimination \u00e0 l&rsquo;encontre des unit\u00e9s amazighes de l&rsquo;arm\u00e9e califale par rapport aux unit\u00e9s arabes, les premi\u00e8res \u00e9tant fr\u00e9quemment expos\u00e9es \u00e0 des dangers que les commandants \u00e9pargnaient aux secondes.<\/p>\n<p>Pour Philippe S\u00e9nac et Patrice Cressier, les r\u00e9voltes berb\u00e8res sont le r\u00e9sultat des exc\u00e8s des gouverneurs arabes de l\u2019Afrique du Nord\u00a0: [xvi]\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019Pour de nombreux historiens, les r\u00e9voltes berb\u00e8res qui affect\u00e8rent le Maghreb apparaissent comme la cons\u00e9quence directe de la conqu\u00eate arabe et des exc\u00e8s commis par les gouverneurs omeyyades de Kairouan. Dans leur grande majorit\u00e9, les tribus berb\u00e8res s\u2019\u00e9taient ralli\u00e9es \u00e0 l\u2019Islam et elles avaient particip\u00e9 au m\u00eame titre que les combattants arabes aux campagnes men\u00e9es dans al-Andalus et dans le sud de la Gaule. Malgr\u00e9 cet appui, elles furent cependant soumises \u00e0 des humiliations de la part du gouvernement de Damas, en particulier dans le deuxi\u00e8me quart du viiie si\u00e8cle.<br \/>\nDans un premier temps, les califes y\u00e9m\u00e9nites Sulaym\u00e2n (715-717) et \u2018Umar II (717-720) adopt\u00e8rent une attitude favorable \u00e0 l\u2019\u00e9gard des populations berb\u00e8res, mais la situation se d\u00e9grada rapidement\u2026\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Les causes sous-jacentes de la r\u00e9volte<\/strong><\/p>\n<p>Les causes sous-jacentes de la r\u00e9volte \u00e9taient les politiques des gouverneurs omeyyades de Kairouan, en Ifriqiya, qui avaient autorit\u00e9 sur le Maghreb (toute l&rsquo;Afrique du Nord \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;\u00c9gypte) et al-Andalus (Espagne).<\/p>\n<p>D\u00e8s les premiers jours de la conqu\u00eate musulmane de l&rsquo;Afrique du Nord, les commandants arabes avaient trait\u00e9 les auxiliaires non arabes (notamment amazighes) de mani\u00e8re incoh\u00e9rente et souvent plut\u00f4t mesquine. Bien que les Berb\u00e8res aient entrepris une grande partie des combats lors de la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne, ils ont re\u00e7u une part moindre du butin et ont souvent \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s aux t\u00e2ches les plus dures (par exemple, ils ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avant-garde tandis que les forces arabes \u00e9taient maintenues \u00e0 l\u2019arri\u00e8re ; ils ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s au service de garnison sur les fronti\u00e8res les plus troubl\u00e9es).<\/p>\n<p>Bien que le gouverneur arabe d\u2019Ifriqiya Musa ibn Nusair ait cultiv\u00e9 ses lieutenants amazighes (le plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tant Tariq ibn Ziyad), ses successeurs, notamment Yazid ibn Abi Muslim, avaient particuli\u00e8rement mal trait\u00e9 leurs forces berb\u00e8res. Plus grave encore, les gouverneurs arabes ont continu\u00e9 \u00e0 pr\u00e9lever des taxes extraordinaires sur les <em>dhimmi <strong>[xvii]<\/strong><\/em> (la <em>jizyah <\/em>[xviii] et le <em>kharaj <strong>[xix]<\/strong><\/em>) et des tributs d&rsquo;esclaves sur les populations non arabes qui s&rsquo;\u00e9taient converties \u00e0 l&rsquo;islam, en violation directe de la loi islamique. Cela \u00e9tait devenu particuli\u00e8rement courant pendant le califat de Sulayman (674-717).<\/p>\n<p>En 718, le calife omeyyade Umar II (682-720) a finalement interdit la perception d&rsquo;imp\u00f4ts extraordinaires et d&rsquo;hommages d&rsquo;esclaves aux musulmans non arabes, d\u00e9samor\u00e7ant une grande partie de la tension. Mais des revers militaires co\u00fbteux dans les ann\u00e9es 720 et 730 avaient forc\u00e9 les autorit\u00e9s califales \u00e0 rechercher des moyens innovants de reconstituer leurs tr\u00e9soreries. Pendant le califat d&rsquo;Hisham \u00e0 partir de 724, les interdictions ont \u00e9t\u00e9 contourn\u00e9es par des r\u00e9interpr\u00e9tations (par exemple, lier la taxe fonci\u00e8re <em>kharaj<\/em> \u00e0 la terre plut\u00f4t qu&rsquo;au propri\u00e9taire, de sorte que les terres qui \u00e9taient \u00e0 tout moment soumises au <em>kharaj<\/em> restaient sous <em>kharaj<\/em> m\u00eame si elles appartenaient actuellement \u00e0 un Musulman).<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, les Amazighes pleins de ressentiment sont devenus r\u00e9ceptifs aux militants radicaux kharijites de l&rsquo;est (notamment de persuasion sufrite [xx] et plus tard ibadite [xxi] [xxii]) qui avaient commenc\u00e9 \u00e0 arriver au Maghreb dans les ann\u00e9es 720. Les Kharijites pr\u00eachaient une forme puritaine d&rsquo;islam, promettant un nouvel ordre politique, o\u00f9 tous les musulmans seraient \u00e9gaux, ind\u00e9pendamment de leur appartenance ethnique ou de leur statut tribal, et o\u00f9 la loi islamique serait strictement respect\u00e9e. L&rsquo;appel du message kharijite aux oreilles amazighes a permis \u00e0 leurs militants de p\u00e9n\u00e9trer progressivement les r\u00e9giments et les centres de population berb\u00e8re. Les mutineries sporadiques des garnisons amazighes (par exemple sous Munnus en Cerdagne, Espagne, en 729-31) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9es avec difficult\u00e9. Un gouverneur ifriqiyen, Yazid ibn Abi Muslim, qui a ouvertement repris la <em>jizyah <\/em>et humili\u00e9 sa garde amazighe en lui marquant les mains, a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 en 721. [xxiii]\n<p>En 734, Ubayd Allah ibn al-Habhab est nomm\u00e9 gouverneur omeyyade \u00e0 Kairouan, avec autorit\u00e9 de tutelle sur tout le Maghreb (Afrique du Nord) et al-Andalus (Espagne). Arriv\u00e9 apr\u00e8s une p\u00e9riode de mauvaise gestion, Ubayd Allah s&rsquo;est rapidement mis \u00e0 augmenter les ressources fiscales du gouvernement en s&rsquo;appuyant fortement sur les populations non arabes, en reprenant sans excuses la fiscalit\u00e9 extraordinaire et le tribut des esclaves. Ses adjoints Oqba ibn al-Hajjaj al-Saluli \u00e0 Cordoue (Espagne) et Omar ibn el-Moradi \u00e0 Tanger (Maroc) ont re\u00e7u des instructions similaires. L&rsquo;\u00e9chec de co\u00fbteuses exp\u00e9ditions en Gaule durant la p\u00e9riode 732-737, repouss\u00e9es par les Francs sous Charles Martel, ne fit qu&rsquo;augmenter la pression fiscale. L&rsquo;\u00e9chec parall\u00e8le des arm\u00e9es califales \u00e0 l&rsquo;est n&rsquo;a apport\u00e9 aucun all\u00e9gement fiscal de Damas.<\/p>\n<p>Le livre \u00ab\u00a0<em>Langues et pouvoir en Alg\u00e9rie, histoire d&rsquo;un traumatisme linguistique<\/em>\u00ab\u00a0, de Mohamed Benrabah, [xxiv] rapporte un extrait d\u2019une lettre que Maysara envoie au calife de Damas sur le comportement des conqu\u00e9rants omeyyades : [xxv]\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019Informe le Prince des Croyants que notre \u00e9mir nous m\u00e8ne en exp\u00e9dition avec son jund (province militaire) et qu&rsquo;il distribue \u00e0 celui-ci le butin que nous avons fait, disant que nous avons plus que de m\u00e9rite. S&rsquo;il y a une ville assi\u00e9g\u00e9e, c&rsquo;est nous qu&rsquo;il met au premier rang, disant que notre m\u00e9rite au ciel ne sera que plus appr\u00e9ciable. Et pourtant les gens comme nous valent bien ses fr\u00e8res ! [\u2026] Tout cela, nous l&rsquo;avons support\u00e9, mais quand ensuite, ils ont enlev\u00e9 les plus belles de nos filles, nous leurs avions dit qu&rsquo;en tant que musulmans, nous ne trouvons pareil fait autoris\u00e9 ni par le Livre, ni par la pratique du proph\u00e8te&#8230;\u2019\u2019.<\/em><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse du calife de Damas fut l&rsquo;imposition d&rsquo;un imp\u00f4t, faisant des Amazighs des esclaves ennemis de l&rsquo;islam.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4386\" aria-describedby=\"caption-attachment-4386\" style=\"width: 624px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4386 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/3.jpg?resize=618%2C661&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"661\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/3.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/3.jpg?resize=234%2C250&amp;ssl=1 234w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4386\" class=\"wp-caption-text\">Maysara al-Matghari<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>R\u00e9volte dans Tamazgha<\/strong><\/p>\n<p>Le z\u00e8le des collecteurs d&rsquo;imp\u00f4ts omeyyades finit par briser la patience des Berb\u00e8res. On rapporte qu&rsquo;\u00e0 la suite des instructions d&rsquo;Ubayd Allah ibn al-Habhab de soutirer davantage de revenus aux Amazighes, Omar ibn al-Moradi, son vice-gouverneur \u00e0 Tanger, d\u00e9cida de d\u00e9clarer les Berb\u00e8res de sa juridiction \u00ab\u00a0<strong>peuple conquis<\/strong>\u00a0\u00bb et entreprit donc de saisir leurs biens et de les r\u00e9duire esclaves, car selon les r\u00e8gles de la conqu\u00eate, le \u00ab\u00a0cinqui\u00e8me califal\u00a0\u00bb \u00e9tait toujours d\u00fb \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat omeyyade (selon d&rsquo;autres sources, il aurait simplement doubl\u00e9 leur tribut). [xxvi]\n<p>Ce fut la goutte d&rsquo;eau qui fit d\u00e9border le vase. Inspir\u00e9es par les pr\u00e9dicateurs soufis, les tribus amazighes nord-africaines de l&rsquo;ouest du Maroc &#8211; initialement, les Ghomara, Berghouata et Miknasa &#8211; d\u00e9cid\u00e8rent de se r\u00e9volter ouvertement contre leurs suzerains arabes. Elles choisirent comme chef Maysara al-Matghari, qui, selon certains chroniqueurs arabes, \u00e9tait un humble porteur d&rsquo;eau (mais plus probablement un chef berb\u00e8re de haut rang de la tribu Matghara). La seule question qui se posait \u00e9tait celle du moment. L&rsquo;occasion se pr\u00e9senta \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 739 ou au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 740 (122 AH), lorsque le puissant g\u00e9n\u00e9ral Habib ibn Abi Obeida al-Fihri, qui avait r\u00e9cemment impos\u00e9 son autorit\u00e9 dans la vall\u00e9e du Sous, dans le sud du Maroc, re\u00e7ut des instructions du gouverneur de Kairouan, Ubayd Allah, pour mener une vaste exp\u00e9dition \u00e0 travers la mer contre la Sicile byzantine. Rassemblant ses forces, Habib ibn Abi Obeida fit marcher le gros de l&rsquo;arm\u00e9e hors du Maroc. [xxvii]\n<p>D\u00e8s que le puissant Habib fut hors du pays, Maysara rassembla sa coalition d&rsquo;arm\u00e9es amazighes, les t\u00eates ras\u00e9es \u00e0 la mode des kharijites et avec des inscriptions coraniques attach\u00e9es \u00e0 leurs lances et \u00e9p\u00e9es, et les amena sur Tanger. La ville tomba bient\u00f4t aux mains des rebelles et le gouverneur d\u00e9test\u00e9 Omar al-Moradi fut tu\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que Maysara aurait pris le titre et la pr\u00e9tention d&rsquo;<em>am\u00eer al-mu&rsquo;min\u00een<\/em> (\u00ab\u00a0commandant des croyants\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0calife\u00a0\u00bb). Laissant une garnison berb\u00e8re \u00e0 Tanger sous le commandement d&rsquo;un chr\u00e9tien converti, Abd al-Allah al-Hodeij al-Ifriqi, l&rsquo;arm\u00e9e de Maysara a commenc\u00e9 \u00e0 balayer l&rsquo;ouest du Maroc, gonflant ses rangs de nouveaux adh\u00e9rents, \u00e9crasant les garnisons omeyyades du d\u00e9troit jusqu&rsquo;au Sous. L&rsquo;un des gouverneurs locaux tu\u00e9s par les Amazighes fut Ismail ibn Ubayd Allah, le fils m\u00eame de l&rsquo;\u00e9mir de Kairouan [xxviii] La r\u00e9volte berb\u00e8re surprit le gouverneur omeyyade de Kairouan, Ubayd Allah ibn al-Habhab, qui n&rsquo;avait que tr\u00e8s peu de troupes \u00e0 sa disposition. Il envoie imm\u00e9diatement des messagers \u00e0 son g\u00e9n\u00e9ral Habib ibn Abi Obeida al-Fihri en Sicile pour lui demander d&rsquo;interrompre l&rsquo;exp\u00e9dition et de renvoyer d&rsquo;urgence l&rsquo;arm\u00e9e ifriqiyenne en Afrique. [xxix]\n<p>Pendant ce temps, Ubayd Allah rassemble une colonne de cavalerie lourde, compos\u00e9e de l&rsquo;\u00e9lite aristocratique arabe de Kairouan. Il place les nobles sous le commandement de Khalid ibn Abi Habib al-Fihri, et l&rsquo;envoie \u00e0 Tanger, pour contenir les rebelles berb\u00e8res, en attendant le retour de Habib de Sicile. Une plus petite arm\u00e9e de r\u00e9serve fut plac\u00e9e sous les ordres d&rsquo;Abd al-Rahman ibn al-Mughira al-Abdari et charg\u00e9e de tenir Tlemcen, au cas o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e rebelle amazighe venait \u00e0 percer la colonne et tenter de se diriger vers Kairouan. Les forces amazighes de Maysara rencontr\u00e8rent la colonne d&rsquo;avant-garde ifrqiyenne de Khalid ibn Abi Habib quelque part dans les environs de Tanger. Apr\u00e8s une br\u00e8ve escarmouche avec la colonne arabe, Maysara ordonne brusquement aux arm\u00e9es amazighes de se replier vers Tanger. Le commandant de la cavalerie arabe Khalid ibn Abi Habiba n&rsquo;a pas donn\u00e9 suite, mais a simplement tenu sa ligne au sud de Tanger, bloquant la ville tenue par les Berb\u00e8res, en attendant les renforts de l&rsquo;exp\u00e9dition sicilienne de Habib. [xxx]\n<p>Pendant ce r\u00e9pit, les rebelles amazighs se sont r\u00e9organis\u00e9s et ont entrepris un coup d&rsquo;\u00e9tat interne. Les chefs tribaux berb\u00e8res ont rapidement d\u00e9pos\u00e9 (et ex\u00e9cut\u00e9) Maysara et \u00e9lu le chef berb\u00e8re Zenati, Khalid ibn Hamid az-Zanati, comme nouveau \u00ab\u00a0calife\u00a0\u00bb amazigh. Les raisons de la chute de Maysara restent obscures. Peut-\u00eatre que la l\u00e2chet\u00e9 soudaine dont il a fait preuve devant la colonne de cavalerie arabe l&rsquo;a rendu militairement inapte, peut-\u00eatre parce que les pr\u00e9dicateurs puritains sufrites ont trouv\u00e9 un d\u00e9faut dans la pi\u00e9t\u00e9 de son caract\u00e8re, ou peut-\u00eatre simplement parce que les chefs tribaux de Zenata, \u00e9tant plus proches de la ligne de front ifriqiyenne, ont estim\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 eux de mener la r\u00e9bellion. Le nouveau chef berb\u00e8re Khalid ibn Hamid az-Zanati a choisi d&rsquo;attaquer imm\u00e9diatement la colonne ifriqiyenne au ralenti avant qu&rsquo;elle ne puisse \u00eatre renforc\u00e9e. Les rebelles berb\u00e8res de Khalid ibn Hamid ont \u00e9cras\u00e9 et an\u00e9anti la cavalerie arabe de Khalid ibn Abi Habiba lors d&rsquo;une rencontre connue sous le nom de Bataille des Nobles, en raison du v\u00e9ritable massacre de la cr\u00e8me de la noblesse arabe ifriqiyenne. Cette bataille est provisoirement dat\u00e9e des environs d&rsquo;octobre-novembre 740.<\/p>\n<p>La r\u00e9action arabe imm\u00e9diate \u00e0 la catastrophe montre \u00e0 quel point ce renversement \u00e9tait inattendu. Aux premi\u00e8res nouvelles de la d\u00e9faite des nobles, l&rsquo;arm\u00e9e de r\u00e9serve d&rsquo;Ibn al-Mughira \u00e0 Tlemcen est prise de panique. Voyant des pr\u00e9dicateurs sufrites partout dans la ville, le commandant omeyyade a ordonn\u00e9 \u00e0 ses troupes arabes nerveuses de mener une s\u00e9rie de rafles \u00e0 Tlemcen, dont plusieurs se sont sold\u00e9es par des massacres aveugles. Cela a provoqu\u00e9 un soul\u00e8vement populaire massif dans la ville jusqu&rsquo;alors calme. La population majoritairement amazighe de la ville a rapidement chass\u00e9 les troupes omeyyades. La ligne de front de la r\u00e9volte berb\u00e8re a maintenant saut\u00e9 au Maghreb moyen (Alg\u00e9rie).<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e exp\u00e9ditionnaire sicilienne de Habib ibn Abi Obeida est arriv\u00e9e trop tard pour emp\u00eacher le massacre des nobles. R\u00e9alisant qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas en mesure d&rsquo;affronter seuls l&rsquo;arm\u00e9e amazighe, ils se retir\u00e8rent \u00e0 Tlemcen, pour rassembler les r\u00e9serves, seulement pour d\u00e9couvrir que cette ville aussi \u00e9tait maintenant en plein d\u00e9sarroi. L\u00e0, Habib rencontra Musa ibn Abi Khalid, un capitaine omeyyade qui \u00e9tait courageusement rest\u00e9 derri\u00e8re dans les environs de Tlemcen rassemblant les forces loyales qu&rsquo;il pouvait trouver. L&rsquo;\u00e9tat de panique et de confusion \u00e9tait tel que Habib ibn Abi Obeida a d\u00e9cid\u00e9 de bl\u00e2mer le capitaine innocent pour tout le d\u00e9sordre et lui a coup\u00e9 une main et une jambe en guise de punition.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4387 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/4.jpg?resize=618%2C752&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"752\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/4.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/4.jpg?resize=206%2C250&amp;ssl=1 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Habib ibn Abi Obeida retrancha ce qui restait de l&rsquo;arm\u00e9e ifriqiyenne dans les environs de Tlemcen (peut-\u00eatre jusqu&rsquo;\u00e0 Tahert), et fit appel \u00e0 Kairouan pour des renforts. La demande a \u00e9t\u00e9 transmise \u00e0 Damas.<\/p>\n<p>Le calife Hisham, apprenant la nouvelle choquante, se serait exclam\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019Par Dieu, je ferai tr\u00e8s certainement rage contre eux avec une rage arabe, et j&rsquo;enverrai contre eux une arm\u00e9e dont le d\u00e9but est l\u00e0 o\u00f9 ils sont et dont la fin est l\u00e0 o\u00f9 je suis !<\/em>\u00a0\u00bb [xxxi]\n<p><strong>La Bataille des Nobles\/<\/strong><strong>\u063a\u0632\u0648\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0634\u0631\u0627\u0641<\/strong><\/p>\n<p>La Bataille des Nobles est un affrontement important de la r\u00e9volte amazighe vers 740. Elle s&rsquo;est sold\u00e9e par une victoire majeure des Berb\u00e8res sur les Arabes pr\u00e8s de Tanger. Au cours de la bataille, de nombreux aristocrates arabes ont \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s, ce qui a valu au conflit d&rsquo;\u00eatre appel\u00e9 la \u00ab\u00a0<strong>Bataille des Nobles<\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Les forces berb\u00e8res de Maysara rencontrent l&rsquo;avant-garde de la colonne ifrqiyenne de Khalid ibn Abi Habib quelque part dans les environs de Tanger. Apr\u00e8s une br\u00e8ve escarmouche, Maysara ordonna aux arm\u00e9es amazighes de se replier. Plut\u00f4t que de se lancer dans la poursuite, le commandant de cavalerie arabe Khalid ibn Abi Habib a tenu la ligne juste au sud de Tanger, bloquant la ville tenue par les Berb\u00e8res en attendant les renforts de l&rsquo;exp\u00e9dition sicilienne.<\/p>\n<p>Se regroupant apr\u00e8s ces escarmouches, les rebelles amazighs d\u00e9pos\u00e8rent et tu\u00e8rent leur chef, Maysara al-Matghari, et \u00e9lurent le chef berb\u00e8re Zenati, Khalid ibn Hamid az-Zanati, comme nouveau commandant berb\u00e8re. Les raisons de la chute de Maysara ne sont pas tout \u00e0 fait claires &#8211; peut-\u00eatre parce que sa l\u00e2chet\u00e9 soudaine devant la colonne de cavalerie arabe l&rsquo;a rendu inapte militairement, speut-\u00eatre parce que les pr\u00e9dicateurs puritains Sufrites ont trouv\u00e9 un d\u00e9faut dans la pi\u00e9t\u00e9 de son caract\u00e8re, ou simplement parce que les chefs de la tribu Zenati, \u00e9tant plus proches de la ligne de front Ifriqiyenne, ont estim\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait eux qui devaient mener la r\u00e9bellion.<\/p>\n<p>Le chroniqueur Ibn Khaldun affirme que Khalid ibn Abi Obeida a rencontr\u00e9 les forces amazighes et a tenu sa position au niveau de la rivi\u00e8re \u00ab\u00a0Shalif\u00a0\u00bb, que de nombreux commentateurs ont pris pour la c\u00e9l\u00e8bre rivi\u00e8re Chelif (Wadi ash-Shalif) dans le centre de l&rsquo;Alg\u00e9rie. Cependant, il est hautement improbable que l&rsquo;arm\u00e9e rebelle berb\u00e8re se soit trouv\u00e9e si loin \u00e0 l&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0. Des historiens modernes ont sugg\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;Ibn Khaldun ou ses transcripteurs ont fait une erreur ici. Julien (1961 : p. 30) [xxxii] sugg\u00e8re qu&rsquo;Ibn Khaldun voulait en fait dire la rivi\u00e8re Sebou, dont le cours sup\u00e9rieur placerait effectivement la colonne ifriqiyenne pr\u00e8s de Tanger. Le chroniqueur an-Noweri rapporte en effet que l&rsquo;escarmouche s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e hors des murs de Tanger. [xxxiii]\n<p>Khalid ibn Hamid az-Zanati choisit d&rsquo;attaquer imm\u00e9diatement l&rsquo;arm\u00e9e ifriqiyenne qui se trouve dans les environs du \u2018&rsquo;Shalif&rsquo;\u2019 (ou la p\u00e9riph\u00e9rie de Tanger) avant l&rsquo;arriv\u00e9e des renforts de Sicile. Les rebelles amazighs de Khalid ibn Hamid \u00e9cras\u00e8rent et d\u00e9firent compl\u00e8tement l&rsquo;arm\u00e9e de Khalid ibn Abi Habib, massacrant la cr\u00e8me de la noblesse arabe ifriqiyenne.<\/p>\n<p>La nouvelle du massacre des nobles ifriqiyens se r\u00e9pand comme une onde de choc. L&rsquo;arm\u00e9e de r\u00e9serve d&rsquo;Ibn al-Mughira \u00e0 Tlemcen a \u00e9t\u00e9 prise de panique. Voyant des pr\u00e9dicateurs sufrites partout dans la ville, les troupes lancent une s\u00e9rie de massacres aveugles, provoquant un soul\u00e8vement massif dans la ville jusque-l\u00e0 tranquille. [xxxiv]\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e exp\u00e9ditionnaire sicilienne de Habib ibn Abi Obeida arrive trop tard pour emp\u00eacher le massacre des nobles. R\u00e9alisant qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas en mesure d&rsquo;affronter les Amazighs seuls, ils se sont retir\u00e9s \u00e0 Tlemcen pour rassembler les r\u00e9serves, pour constater que cette ville aussi \u00e9tait maintenant en d\u00e9sordre et que les troupes \u00e9taient tu\u00e9es ou dispers\u00e9es.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 741, le calife omeyyade Hisham a nomm\u00e9 Kulthum ibn Iyad al-Qasi pour remplacer Obeid Allah, tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce, comme gouverneur de l&rsquo;Ifriqiya. Kulthum devait \u00eatre accompagn\u00e9 d&rsquo;une arm\u00e9e arabe fra\u00eeche de 30 000 hommes, lev\u00e9e \u00e0 partir des r\u00e9giments de <em>Jund<\/em> de l&rsquo;est. [xxxv] La Bataille de Bagdoura, encore plus importante, se d\u00e9roulera \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 741.<\/p>\n<p><strong>Bataille de Bagdoura<\/strong><\/p>\n<p>La Bataille de Bagdoura (ou Baqdura) est un affrontement d\u00e9cisif dans la r\u00e9volte berb\u00e8re de la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 741. [xxxvi] Elle faisait suite \u00e0 la Bataille des Nobles de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et s&rsquo;est sold\u00e9e par une victoire majeure des Amazighs sur les Arabes pr\u00e8s du fleuve Sebou (pr\u00e8s de l&rsquo;actuelle F\u00e8s) en octobre 741. [xxxvii] La bataille a bris\u00e9 d\u00e9finitivement l&#8217;emprise du califat omeyyade sur l&rsquo;extr\u00eame ouest du Maghreb (Maroc), et la retraite des forces d&rsquo;\u00e9lite syriennes en Espagne qui en a r\u00e9sult\u00e9 et a eu des r\u00e9percussions sur la stabilit\u00e9 d&rsquo;al-Andalus.<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e \u00ab\u00a0syrienne\u00a0\u00bb <em>Jund<\/em> (comme on l&rsquo;appelait, malgr\u00e9 son contingent \u00e9gyptien) partit au d\u00e9but de 742 et arriva en Ifriqiya en juillet-ao\u00fbt. La cavalerie syrienne d&rsquo;avant-garde, command\u00e9e par Balj ibn Bishr, qui avait devanc\u00e9 le gros des forces, fut la premi\u00e8re \u00e0 arriver \u00e0 Kairouan. Leur bref s\u00e9jour n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 heureux. Les Syriens arriv\u00e8rent dans un esprit hautain, jouant leur r\u00f4le de sauveurs des infortun\u00e9s Ifriqiyens. Ils ont re\u00e7u un accueil froid de la part des autorit\u00e9s ifriqiyennes m\u00e9fiantes de Kairouan &#8211; on rapporte que les portes de la ville \u00e9taient ferm\u00e9es \u00e0 l&rsquo;approche de Balj, et que les fonctionnaires locaux n&rsquo;ont pas du tout coop\u00e9r\u00e9 pour r\u00e9pondre aux demandes de l&rsquo;avant-garde syrienne. Interpr\u00e9tant cela comme de l&rsquo;ingratitude, les Syriens frustr\u00e9s se sont impos\u00e9s dans la ville, r\u00e9quisitionnant des fournitures et logeant des troupes chez les citoyens, sans se soucier des autorit\u00e9s ou des priorit\u00e9s locales. [xxxviii]\n<p>Les citoyens de Kairouan \u00e9crivirent imm\u00e9diatement au commandant militaire ifriqiyen Habib ibn Abi Obeida (alors avec le reste de l&rsquo;arm\u00e9e ifriqiyenne, toujours dans les faubourgs de Tlemcen) pour se plaindre du comportement des Syriens, et il envoya une missive enflamm\u00e9e \u00e0 Kulthum mena\u00e7ant de retourner ses armes contre les Syriens si les abus \u00e0 Kairouan ne cessaient pas. La r\u00e9ponse diplomatique de Kulthum a calm\u00e9 un peu les choses.<\/p>\n<p>Se d\u00e9pla\u00e7ant plus lentement avec le gros des forces, Kulthum ibn Iyad n&rsquo;entra pas lui-m\u00eame dans Kairouan, mais se contenta de d\u00e9p\u00eacher un message confiant le gouvernement de la ville \u00e0 Abd al-Rahman ibn Oqba al-Ghaffari, le qadi d&rsquo;Ifriqiya. Puis, rassemblant l&rsquo;avant-garde syrienne, Kulthum se d\u00e9p\u00eache de faire la jonction avec les forces ifriqiyennes restantes de Habib ibn Abi Obeida qui tiennent le terrain dans les environs de Tlemcen.<\/p>\n<p>La jonction entre les forces africaines et syriennes ne s&rsquo;est pas faite sans heurts. Les Ifriqiyens \u00e9taient encore furieux de la nouvelle de l&rsquo;inconduite des Syriens \u00e0 Kairouan, et les Syriens encore irrit\u00e9s par l&rsquo;accueil ingrat qu&rsquo;ils avaient re\u00e7u. Le ton monte lorsque Balj ibn Bishr \u00e9voque la lettre de menace de Habib et demande \u00e0 Kulthum de placer imm\u00e9diatement le commandant ifriqiyen en \u00e9tat d&rsquo;arrestation pour trahison. \u00c0 son tour, Habib ibn Abi Obeida mena\u00e7a de quitter le champ de bataille \u00e0 moins que l&rsquo;insupportable Balj et les commandants syriens ne s&rsquo;excusent et traitent les Ifriqiyens avec plus de respect. La querelle s&rsquo;intensifia et les arm\u00e9es faillirent en venir aux mains. Par une diplomatie habile, Kulthum ibn Iyad r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9samorcer la situation et \u00e0 maintenir les arm\u00e9es ensemble, mais les ranc\u0153urs mutuelles allaient jouer un r\u00f4le dans la suite des \u00e9v\u00e9nements. [xxxix]\n<p>Les anciennes rivalit\u00e9s tribales pr\u00e9islamiques ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le, car les Arabes ifriqiyens \u00e9taient en grande partie d&rsquo;origine tribale sud-arabe (\u00ab\u00a0Kalbid\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Y\u00e9m\u00e9nite\u00a0\u00bb), tandis que les <em>Jund <\/em>syriens \u00e9taient issus de tribus nord-arabes (\u00ab\u00a0Qaysid\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Syrien\u00a0\u00bb). Balj ibn Bishr, de l&rsquo;avis g\u00e9n\u00e9ral, un chauvin Qaysid, jouait sur cette diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>La jonction faite, Kulthum ibn Iyad dirigea l&rsquo;arm\u00e9e arabe fr\u00e9missante (30 000 Syriens et quelque 40 000 Ifriqiyens) vers l&rsquo;ouest, et descendit dans la vall\u00e9e du Sebou, au centre du Maroc, o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e rebelle amazighe avait \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9e.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4388 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5.jpg?resize=618%2C752&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"752\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5.jpg?resize=206%2C250&amp;ssl=1 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e rebelle berb\u00e8re, sous la direction de Khalid ibn Hamid az-Zanati (peut-\u00eatre conjointement avec un certain Salim Abu Yusuf al-Azdi), forte de quelque 200 000 hommes, d\u00e9passait largement les Arabes en nombre. Mais les Amazighs \u00e9taient tr\u00e8s mal \u00e9quip\u00e9s, beaucoup ne portant que des pierres et des couteaux, avec peu ou pas d&rsquo;armure, beaucoup n&rsquo;\u00e9tant v\u00eatus que d&rsquo;un pagne. Mais ils compensaient cela par leur connaissance du terrain, leur familiarit\u00e9 avec les armes arabes, leur excellent moral (ils venaient de vaincre la cr\u00e8me de l\u2019arm\u00e9e arabe l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente) et, ce qui ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9, une ferveur religieuse fanatique d&rsquo;inspiration sufrite. Les Berb\u00e8res avaient le cr\u00e2ne ras\u00e9 \u00e0 la mode sufrite kharijite et attachaient des copies des textes coraniques au bout de leurs grandes lances et \u00e9p\u00e9es. [xl]\n<p>Les arm\u00e9es arabes sous les ordres de Kulthum ibn Iyad rencontrent l&rsquo;arm\u00e9e amazighe de Khalid ibn Hamid az-Zanati \u00e0 Bagdoura (ou Baqdura), pr\u00e8s du fleuve Sebou, dans les environs de l&rsquo;actuelle F\u00e8s.<\/p>\n<p>Ayant d\u00e9j\u00e0 combattu avec et contre des Berb\u00e8res, Habib ibn Abi Obeida et les autres officiers ifriqiyens d\u00e9conseillent au gouverneur Kulthum ibn Iyad de faire preuve d&rsquo;imp\u00e9tuosit\u00e9. L&rsquo;arm\u00e9e ne devait pas \u00eatre tent\u00e9e d&rsquo;ouvrir la bataille, mais devait plut\u00f4t se retrancher et envoyer la cavalerie uniquement pour harceler. Habib incita fortement Kulthum \u00e0 ne combattre que \u00ab\u00a0<em>pied contre pied et cavalerie contre cavalerie<\/em>\u00ab\u00a0. Mais Balj ibn Bishr persuada son oncle que la populace berb\u00e8re pouvait \u00eatre facilement vaincue, et qu&rsquo;ils devaient se mettre en route contre elle imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>\u00c9coutant son neveu, Kulthum ibn Iyad rejeta le conseil de l&rsquo;Ifriqiyen, et les forces se rang\u00e8rent en formations d\u2019attaque. Balj re\u00e7ut le commandement de la cavalerie d&rsquo;\u00e9lite syrienne tandis que Kulthum resta avec l&rsquo;infanterie syrienne. Habib ibn Abi Obeida et ses troupes ifriqiyennes furent plac\u00e9s sous les ordres d&rsquo;officiers omeyyades.<\/p>\n<p>Certain que sa superbe cavalerie pourrait facilement venir \u00e0 bout des Amazighs en haillons, Balj ibn Bishr fut le premier \u00e0 se mettre en route. Mais les Berb\u00e8res se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent d&rsquo;excellents frondeurs et tirailleurs. Ils tendirent rapidement des embuscades \u00e0 de nombreux Syriens et les mirent hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire (parfois en lan\u00e7ant un sac rempli de cailloux sur la t\u00eate des chevaux). Pour emp\u00eacher l&rsquo;infanterie arabe d&rsquo;intervenir pour soutenir leurs camarades hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire, les Amazighs lanc\u00e8rent une d\u00e9bandade de juments sauvages (rendues folles par les sacs d&rsquo;eau et les lani\u00e8res de cuir attach\u00e9es \u00e0 leur queue) \u00e0 travers les rangs arabes, semant ainsi la confusion. Par ces moyens rudimentaires, les forces arabes furent rapidement priv\u00e9es d&rsquo;une grande partie de leur cavalerie, leur principal avantage. [xli]\n<p>Rassemblant le reste de sa cavalerie, Balj chargea furieusement et directement les lignes amazighes. Mais plut\u00f4t que de tenir le terrain, les forces berb\u00e8res s&rsquo;\u00e9cartent pour ouvrir un couloir et laisser passer la cavalerie syrienne, puis le referment, s\u00e9parant la cavalerie de la pi\u00e9taille arabe.<\/p>\n<p>Pendant que l&rsquo;arri\u00e8re-garde tenait une ligne pour emp\u00eacher la cavalerie de revenir, le gros de l&rsquo;arm\u00e9e berb\u00e8re, utilisant son nombre \u00e0 son avantage, s&rsquo;est abattu sur l&rsquo;infanterie arabe. La colonne Ifriqiyenne fut la premi\u00e8re \u00e0 \u00eatre touch\u00e9e. Sp\u00e9cialement cibl\u00e9s, les principaux commandants ifriqiyens, dont Habib ibn Abi Obeida, furent rapidement tu\u00e9s. Voyant leurs officiers abattus et ne tenant pas particuli\u00e8rement \u00e0 rester aux c\u00f4t\u00e9s des Syriens, les rangs ifriqiyens se disloquent et battent en retraite. D\u00e9sormais seule, l&rsquo;infanterie syrienne, avec Kulthum \u00e0 sa t\u00eate, r\u00e9siste encore un moment, mais le nombre des Amazighs les submerge bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Les Arabes sont mis en d\u00e9route. Parmi les troupes arabes initiales, on dit qu&rsquo;un tiers a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, un tiers captur\u00e9 et un tiers s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9. Un autre compte rendu estime les pertes \u00e0 18 000 Syriens et \u00e0 quelque 20 000 Ifriqiyens. Parmi les morts figurent le gouverneur Kulthum ibn Iyad al-Qasi et le commandant ifriqiyen Habib ibn Abi Obeida al-Fihri. [xlii]\n<p>Les forces ifriqiyennes restantes s&rsquo;enfuient en ordre dispers\u00e9 vers Kairouan. Les troupes syriennes restantes (environ 10 000 hommes), d\u00e9sormais sous la direction du neveu de Kulthum, le commandant de cavalerie Balj ibn Bishr, s&rsquo;enfuient vers la c\u00f4te, avec les Berb\u00e8res \u00e0 leur poursuite. Les Syriens se barricadent \u00e0 Ceuta et demandent \u00e0 traverser l&rsquo;eau pour rejoindre l&rsquo;Espagne. Le m\u00e9fiant souverain andalou Abd al-Malik ibn Qatan al-Fihri refuse dans un premier temps, mais finit par c\u00e9der et les autorise \u00e0 traverser au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 742, un \u00e9v\u00e9nement qui aura des r\u00e9percussions d\u00e9stabilisantes sur al-Andalus par la suite.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4389 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/6.jpg?resize=618%2C822&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"822\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/6.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/6.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>On n&rsquo;entend plus parler du chef amazigh zenati Khalid ibn Hamid az-Zanati qui a remport\u00e9 les deux grandes victoires sur les arm\u00e9es arabes. Il dispara\u00eet des chroniques peu apr\u00e8s cette bataille. La r\u00e9volte berb\u00e8re se poursuivra, toutefois, sous d&rsquo;autres commandants.<\/p>\n<p>La nouvelle de la victoire des Amazighs sur les Arabes encourage de plus larges r\u00e9bellions berb\u00e8res dans toute l&rsquo;Afrique du Nord et en Espagne, et des arm\u00e9es berb\u00e8res encore plus importantes sont rassembl\u00e9es par deux autres commandants, Oqasha ibn Ayub al-Fezari et Abd al-Wahid ibn Yazid al-Hawwari, contre Kairouan m\u00eame. Mais la r\u00e9action rapide du gouverneur \u00e9gyptien Handhala ibn Safwan al-Kalbi les emp\u00eache de prendre la ville. Les arm\u00e9es berb\u00e8res d&rsquo;Ifriqiya ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites par Handhala en 742 lors de deux batailles massivement sanglantes \u00e0 El-Qarn et El-Asnam [xliii].<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la bataille de Bagdoura s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e d\u00e9cisive. Elle a d\u00e9finitivement bris\u00e9 l&#8217;emprise arabe sur le Grand Maghreb (Maroc et ouest de l&rsquo;Alg\u00e9rie). Ces r\u00e9gions sont d\u00e9volues aux souverains amazighs locaux et ne seront jamais r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par le califat oriental. C&rsquo;est la premi\u00e8re grande perte territoriale du califat islamique, les premi\u00e8res provinces musulmanes \u00e0 se d\u00e9tacher et \u00e0 tracer une voie ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p><strong>La menace sufrite<\/strong><\/p>\n<p>La menace la plus imm\u00e9diate est apparue dans le sud de l&rsquo;Ifriqiya, o\u00f9 le chef sufrite Oqasha ibn Ayub al-Fezari a imm\u00e9diatement lev\u00e9 une arm\u00e9e berb\u00e8re et a assi\u00e9g\u00e9 Gab\u00e8s et Gafsa. Par une rapide incursion vers le sud avec le reste de l&rsquo;arm\u00e9e ifriqiyenne, le qadi de Kairouan Abd al-Rahman ibn Oqba al-Ghaffari r\u00e9ussit \u00e0 vaincre et \u00e0 disperser les forces d&rsquo;Oqasha pr\u00e8s de Gafsa en d\u00e9cembre 741. Mais le qadi poss\u00e9dait bien peu de troupes arabes pour engager une poursuite, et Oqasha entreprit imm\u00e9diatement de rassembler ses forces tranquillement autour de Tobna, dans la vall\u00e9e du Zab, dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Ifriqiya.<\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s avoir appris le d\u00e9sastre de Bagdoura, le calife Hisham ordonna \u00e0 Handhala ibn Safwan al-Kalbi, le gouverneur omeyyade d&rsquo;\u00c9gypte, de prendre rapidement en charge l&rsquo;Ifriqiya. En f\u00e9vrier 742, Handhala ibn Safwan pr\u00e9cipita son arm\u00e9e vers l&rsquo;ouest et atteignit Kairouan vers avril 742, au moment o\u00f9 Oqasha revenait tenter sa chance. Les forces de Handhala repoussent \u00e0 nouveau Oqasha.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;Oqasha rassemblait \u00e0 nouveau ses forces dans le Zab, il rencontra une grande arm\u00e9e amazighe venant de l&rsquo;ouest, sous le commandement du chef berb\u00e8re des Hawwara, Abd al-Wahid ibn Yazid al-Hawwari (peut-\u00eatre envoy\u00e9 par le calife amazighe Khalid ibn Hamid az-Zanati, bien qu&rsquo;il ne soit pas mentionn\u00e9 dans les chroniques). L&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Abd al-Wahid \u00e9tait compos\u00e9e de quelque 300 000 Amazihs, apparemment la plus grande arm\u00e9e berb\u00e8re jamais vue. Apr\u00e8s une rapide consultation, Oqasha et Abd al-Wahid se sont mis d&rsquo;accord sur une attaque conjointe sur Kairouan, Oqasha emmenant ses forces le long d&rsquo;une route vers le sud, tandis qu&rsquo;Abd al-Wahid conduisait sa grande arm\u00e9e par les cols du nord. Ils se rejoindraient dans les plaines tunisiennes, avant Kairouan.<\/p>\n<p>Apprenant l&rsquo;approche des grandes arm\u00e9es berb\u00e8res, Handhala ibn Safwan comprit qu&rsquo;il \u00e9tait primordial d&#8217;emp\u00eacher leur jonction. D\u00e9ployant une force de cavalerie pour harceler et ralentir Abd al-Wahid, Handhala lan\u00e7a le gros de ses forces vers le sud, \u00e9crasant Oqasha dans une bataille sanglante \u00e0 El-Qarn [xliv] et le faisant prisonnier. Mais Handhala avait lui-m\u00eame subi de lourdes pertes et devait maintenant faire face \u00e0 la perspective malheureuse de la gigantesque arm\u00e9e d&rsquo;Abd al-Wahid. Revenant rapidement sur ses pas, Handhala aurait mis toute la population de Kairouan sous les armes pour renforcer ses rangs, avant de repartir. Lors de la rencontre la plus sanglante des guerres berb\u00e8res, Handhala ibn Safwan a vaincu la grande arm\u00e9e berb\u00e8re d&rsquo;Abd al-Wahid ibn Yazid \u00e0 El-Asnam vers mai 742 (peut-\u00eatre un peu plus tard), \u00e0 trois kilom\u00e8tres de Kairouan. Quelque 120 000 \u00e0 180 000 Berb\u00e8res, dont Abd al-Wahid, sont tomb\u00e9s sur le champ de bataille lors de cette seule rencontre. Oqasha a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 peu apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Bien que Kairouan ait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e pour le califat, et avec elle l&rsquo;Ifriqiya, Handhala ibn Safwan avait maintenant la t\u00e2che peu enviable de ramener au bercail les provinces plus \u00e0 l&rsquo;ouest, toujours sous l&#8217;emprise amazighe. Il n&rsquo;aura pas l&rsquo;occasion d&rsquo;y parvenir.<\/p>\n<p><strong>Les pourquoi de cette r\u00e9volte<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s les premiers jours de la conqu\u00eate musulmane de l&rsquo;Afrique du Nord, les commandants arabes ont trait\u00e9 les auxiliaires non arabes (notamment les Amazighs) de mani\u00e8re in\u00e9gale, et souvent de mani\u00e8re assez mesquine. [xlv] Bien que les Berb\u00e8res aient pris part \u00e0 la plupart des combats de la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne, ils ont re\u00e7u une part moindre du butin et ont souvent \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s aux t\u00e2ches les plus dures (par exemple, les Berb\u00e8res \u00e9taient lanc\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avant-garde tandis que les forces arabes \u00e9taient maintenues \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re ; ils \u00e9taient affect\u00e9s \u00e0 des t\u00e2ches de garnison sur les fronti\u00e8res les plus troubl\u00e9es). Bien que le gouverneur ifriqiyen Musa ibn Nusair ait cultiv\u00e9 ses lieutenants amazighs (le plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tant Tariq ibn Ziyad), ses successeurs, notamment Yazid ibn Abi Muslim, ont particuli\u00e8rement mal trait\u00e9 leurs forces berb\u00e8res. [xlvi]\n<p>Plus grave encore, les gouverneurs arabes ont continu\u00e9 \u00e0 pr\u00e9lever des imp\u00f4ts <em>dhimmis<\/em> extraordinaires (la <em>jizyah<\/em> et le <em>khar\u00e2j<\/em>) et des tributs d&rsquo;esclaves sur les populations non arabes qui s&rsquo;\u00e9taient converties \u00e0 l&rsquo;Islam, en violation directe de la loi islamique. Cette pratique \u00e9tait devenue particuli\u00e8rement courante sous les califats de Walid Ier (668-715) et de Sulayman.<\/p>\n<p>La cause de leur r\u00e9volte amazighe \u00e9tait la politique supr\u00e9matiste arabe des Omeyyades, qui faisait des musulmans non arabes des citoyens de seconde zone. Entre autres choses, les musulmans non arabes devaient toujours payer la <em>jizyah<\/em>. Ces mesures \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme contraires aux enseignements de l&rsquo;Islam, selon lesquels l&rsquo;identit\u00e9 ethnique d&rsquo;une personne n&rsquo;a aucune importance.<\/p>\n<p>Ils se sont r\u00e9volt\u00e9s en raison de facteurs raciaux. Si beaucoup se sont int\u00e9gr\u00e9s aux Arabes en raison de leur similitude chamito-s\u00e9mitique, ceux qui ont des anc\u00eatres vandales se sont senti humili\u00e9s et se r\u00e9volt\u00e8rent.<\/p>\n<p>Non seulement les Amazighs, mais aussi les Perses et d&rsquo;autres peuples non arabes se sont r\u00e9volt\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises sous la banni\u00e8re de l&rsquo;Islam contre l&rsquo;oppression arabe, en particulier celle des Omeyyades. Les Omeyyades croyaient en quelque sorte \u00e0 la supr\u00e9matie arabe, [xlvii] ce qui allait directement \u00e0 l&rsquo;encontre des enseignements du Coran et du Proph\u00e8te Muhammad. Ils \u00e9taient responsables de l&rsquo;oppression de nombreux musulmans, y compris les compagnons (<em>Sah\u00e2ba<\/em>) et la famille directe du Proph\u00e8te (<em>Ahlu al-Bayt<\/em>). L&rsquo;Islam \u00e9tait donc l&rsquo;arme la plus puissante pour combattre l&rsquo;oppression. Chez les Perses, c&rsquo;est le mouvement <em>shu<sup>c<\/sup>ubiyyah<\/em> qui a combattu l&rsquo;oppression des Omeyyades. Ce mot <em>shu<sup>c<\/sup>ubiyyah<\/em> \u00e9tait directement d\u00e9riv\u00e9 du verset suivant du Coran\u00a0:<\/p>\n<p><strong><em>\u064a\u064e\u0627 \u0623\u064e\u064a\u064f\u0651\u0647\u064e\u0627 \u0627\u0644\u0646\u064e\u0651\u0627\u0633\u064f \u0625\u0650\u0646\u064e\u0651\u0627 \u062e\u064e\u0644\u064e\u0642\u0652\u0646\u064e\u0627\u0643\u064f\u0645 \u0645\u0650\u0651\u0646 \u0630\u064e\u0643\u064e\u0631\u064d \u0648\u064e\u0623\u064f\u0646\u062b\u064e\u0649 \u0648\u064e\u062c\u064e\u0639\u064e\u0644\u0652\u0646\u064e\u0627\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0634\u064f\u0639\u064f\u0648\u0628\u0627\u064b \u0648\u064e\u0642\u064e\u0628\u064e\u0627\u0626\u0650\u0644\u064e \u0644\u0650\u062a\u064e\u0639\u064e\u0627\u0631\u064e\u0641\u064f\u0648\u0627 \u0625\u0650\u0646\u064e\u0651 \u0623\u064e\u0643\u0652\u0631\u064e\u0645\u064e\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0639\u0650\u0646\u062f\u064e \u0627\u0644\u0644\u064e\u0651\u0647\u0650 \u0623\u064e\u062a\u0652\u0642\u064e\u0627\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0625\u0650\u0646\u064e\u0651 \u0627\u0644\u0644\u064e\u0651\u0647\u064e \u0639\u064e\u0644\u0650\u064a\u0645\u064c \u062e\u064e\u0628\u0650\u064a\u0631\u064c<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00d4 humanit\u00e9 ! Nous vous avons cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;un seul (couple) d&rsquo;un m\u00e2le et d&rsquo;une femelle, et avons fait de vous des nations (shu<sup>c<\/sup>\u016bb) et des tribus (qab\u00e2&rsquo;il), afin que vous vous connaissiez les uns les autres (et non pour que vous vous m\u00e9prisiez). En v\u00e9rit\u00e9, le plus honor\u00e9 d&rsquo;entre vous aupr\u00e8s d&rsquo;Allah est celui qui est le plus vertueux d&rsquo;entre vous. Et Allah a une connaissance parfaite et est bien inform\u00e9. <\/em><\/strong>(Coran\u00a0: 49, 13)<\/p>\n<p>Le proph\u00e8te, dans son dernier Sermon, avait d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re cat\u00e9gorique l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des hommes dans les termes suivants\u00a0:<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0\u00d4 peuple, votre Seigneur est unique, et votre p\u00e8re est unique : vous \u00eates tous issus d&rsquo;Adam, et Adam est issu de la terre. Le plus noble d&rsquo;entre vous aux yeux d&rsquo;Allah est le plus pieux : L&rsquo;Arabe n&rsquo;a aucun m\u00e9rite sur le non-Arabe autre que la crainte de Dieu.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Une telle insistance sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et la fraternit\u00e9 ne se retrouve nulle part ailleurs. L&rsquo;Islam est donc devenu une grande force morale pour faire respecter l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et la justice. C&rsquo;est la raison pour laquelle tous les peuples opprim\u00e9s se sont battus pour leurs droits sous la banni\u00e8re de l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4390 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/7.jpg?resize=618%2C822&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"822\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/7.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/7.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le Maghreb se d\u00e9tache du Machreq <\/strong><\/p>\n<p>Les Berghouata et les myst\u00e9rieux adeptes de Ha Mim ont cr\u00e9\u00e9 une forme d&rsquo;islam beaucoup plus domin\u00e9e par la langue Tamazight et les traditions et modes de vie locaux berb\u00e8res. Bien qu&rsquo;ils soient parfois d\u00e9peints comme des \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9tiques d\u00e9vots\u00a0\u00bb dans l&rsquo;historiographie maghr\u00e9bine, les Berghouata sont souvent montr\u00e9s du doigt dans les sources pour des pratiques qui auraient \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es \u00ab\u00a0\u00e9tranges\u00a0\u00bb par la plupart des musulmans du Xe si\u00e8cle. [xlviii]\n<p>Les Berghouata ne priaient pas cinq fois par jour comme la plupart des musulmans. Ils n&rsquo;utilisaient pas un horaire fixe d\u00e9termin\u00e9 par le soleil. Ils priaient plut\u00f4t au chant d&rsquo;un coq. Bien que de nombreuses sources les concernant, comme le r\u00e9cit d&rsquo;Al-Bakri, [xlix] soient probablement biais\u00e9es, il semble que leur Coran ait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en Tamazight.<\/p>\n<p>Les Berghouata existaient sur la c\u00f4te de la mer des t\u00e9n\u00e8bres, l&rsquo;Atlantique, du port de Sal\u00e9 \u00e0 Safi. Ils se sont form\u00e9s au VIIIe si\u00e8cle sous la direction d&rsquo;un ancien kharijite de l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9volte amazighe appel\u00e9 Tarif abu Salih. Son fils, Salih, h\u00e9ritant peut-\u00eatre de la r\u00e9bellion du mouvement kharijite, a pris une mesure que la plupart des kharijites, aussi radicaux soient-ils, n\u2019auraient pas prise. [l]\n<p>Il a rejet\u00e9 non seulement l&rsquo;autorit\u00e9 des califes mais aussi celle du Coran lui-m\u00eame, en ajoutant des sourates. Cette r\u00e9\u00e9criture berb\u00e8re du livre le plus sacr\u00e9 de l&rsquo;islam s&rsquo;est produite alors m\u00eame que les juristes <em>fouqah\u00e2\u2019<\/em> de F\u00e8s, Damas et Bagdad affirmaient que le Coran \u00e9tait si sacr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait incr\u00e9\u00e9, une manifestation inviolable de la parole et de l&rsquo;\u00eatre d&rsquo;Allah. \u00a0En proclamant des versets en Tamazight, il a viol\u00e9 un principe central du Coran, \u00e0 savoir que sa v\u00e9rit\u00e9 ne peut \u00eatre manifest\u00e9e qu&rsquo;en arabe et que l&rsquo;arabe est la cl\u00e9 qui peut d\u00e9verrouiller les portes de la croyance et du paradis. [li]\n<p>Parmi les sourates du Coran des Berghouata, il y en avait un sur le Coq, un sur Harut et Marut de Babel, un sur Iblis (le diable en arabe) et un sur les merveilles du monde. Comme pour les mouvements religieux ult\u00e9rieurs soutenus par les Amazighs, l&rsquo;un des principaux tenants des Berghouata \u00e9tait le mahdisme, une concentration sur le Mahdi, celui qui inaugurerait la fin des temps. [lii]\n<p>Les r\u00e9voltes amazighes du VIIIe si\u00e8cle, se sont concr\u00e9tis\u00e9es davantage chez les Berghouatas au IXe si\u00e8cle par l\u2019entremise de la berb\u00e9risation du champ religieux. Sur ce sujet, Mehdi Ghouirgate met l\u2019accent sur le fait que\u00a0: [liii]\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019Pour d\u00e9signer Dieu, les Bar\u0121aw\u0101ta utilisaient le m\u00eame terme que les Kharijites, \u00e0 savoir\u00a0Yak\u016b\u0161. Ils adapt\u00e8rent en berb\u00e8re les formules du dogme musulman \u00ab\u00a0Dieu est unique\u00a0\u00bb\u00a0(yan Yak\u016b\u0161), \u00ab\u00a0Dieu est grand\u00a0\u00bb\u00a0(muggar Yak\u016b\u0161), \u00ab\u00a0au nom de Dieu\u00a0\u00bb\u00a0(bi-sm n-Yak\u016b\u0161)\u00a0et \u00ab\u00a0il n&rsquo;y a de dieu que Dieu\u00a0\u00bb (\u016br-d \u0101m Yak\u016b\u0161). Il y eut d&rsquo;autres mouvements de ce type, mais comme les sources textuelles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es dans des milieux officiels sunnites de rite malikite, nous n&rsquo;en avons qu&rsquo;une connaissance partielle et indirecte.<\/em><\/p>\n<p><em>Ces tentatives de berb\u00e9risation de l&rsquo;islam s&rsquo;appuy\u00e8rent sur des corans en berb\u00e8re qui ne nous sont pas parvenus. Il est donc impossible de savoir s&rsquo;il s&rsquo;agissait de traductions ou, plus assur\u00e9ment, de paraphrases\u00a0; en effet, les textes bilingues arabe\/berb\u00e8re t\u00e9moignent du fait que c&rsquo;\u00e9tait bien ainsi que l&rsquo;on traduisait habituellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Au Coran proprement dit, des sourates \u00e9taient ajout\u00e9es, comme dans le Coran des Bar\u0121aw\u0101ta qui comprenait, entre autres, les sourates du \u00ab\u00a0Coq\u00a0\u00bb, de la \u00ab\u00a0Perdrix\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0Serpent\u00a0\u00bb. L&rsquo;apparition de proph\u00e8tes s&rsquo;appuyant sur des corans en berb\u00e8re est un ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9current au Maghreb jusqu&rsquo;au\u00a0xiv<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, \u00e9poque charni\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;islam sunnite de rite malikite s&rsquo;implante solidement.\u2019\u2019\u00a0\u202f<\/em><\/p>\n<p>Imitant peut-\u00eatre le Proph\u00e8te Muhammad, qui \u00e9tait le \u00ab\u00a0sceau des proph\u00e8tes\u00a0\u00bb, Salih \u00e9tait appel\u00e9 <em>Urya<\/em> en berb\u00e8re. Cela signifie \u00ab\u00a0celui apr\u00e8s lequel il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;autre proph\u00e8te\u00a0\u00bb. Certains ont dit de Salih qu&rsquo;il \u00e9tait juif. D&rsquo;autres r\u00e9cits sugg\u00e8rent qu&rsquo;un certain Yunis bin Ilyas (842-884) est celui qui a compos\u00e9 le Coran berb\u00e8re imposant par la force cette religion h\u00e9t\u00e9rodoxe. [liv]\n<p>Malgr\u00e9 les tentatives constantes des dynasties voisines pour les an\u00e9antir, les Berghouata ont perdur\u00e9 pendant plus de trois cents ans. Salih, et non plus Muhammad, fut proclam\u00e9 comme le dernier des proph\u00e8tes dans les terres occidentales du Maghreb. Leurs \u00e9rudits visitaient Cordoue, et leur r\u00e8gne d\u00e9passa m\u00eame les gloires du califat omeyyade en Espagne musulmane. L&rsquo;arriv\u00e9e des Almoravides du d\u00e9sert au XIe si\u00e8cle mettra fin \u00e0 la dynastie des Berghouata. [lv]\n<p>En plus de Salih, al-Maghrib al-Aqsa a connu un autre proph\u00e8te\u00a0: Ha Mim, qui est n\u00e9 au sein de la tribu berb\u00e8re Majkasa de la Ghumara, qui \u00e9tait une conf\u00e9d\u00e9ration importante dans les montagnes du Rif au nord du Maroc : site de nombreuses r\u00e9bellions futures tout au long de l&rsquo;histoire de ce pays. Ha Mim, nomm\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s deux lettres de l&rsquo;alphabet arabe, peut-\u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence aux lettres secr\u00e8tes au d\u00e9but de nombreux versets du Coran, a prosp\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;au Xe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Comme les Berghouata, Ha Mim a modifi\u00e9 et refondu l&rsquo;islam, r\u00e9duisant le nombre requis de pri\u00e8res quotidiennes de cinq \u00e0 deux. Le Ramadan, le mois sacr\u00e9 de je\u00fbne, est pass\u00e9 d&rsquo;un mois \u00e0 trois jours. Refl\u00e9tant peut-\u00eatre une tendance de Majkasa au matriarcat, les femmes et le pouvoir des oracles \u00e9taient un \u00e9l\u00e9ment central de la proph\u00e9tie de Ha Mim:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Oh [Dieu] qui a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;univers pour que nous le voyions, d\u00e9livre-moi de mes p\u00e9ch\u00e9s ! Je crois en Ha Mim et en son p\u00e8re Abu Khalif Min Allah ; mon esprit, ma t\u00eate et mon c\u0153ur, tout ce qui est enferm\u00e9 dans mon sang et dans ma chair [tous] croient. Je crois en Tabait, tante de Ha Mim et s\u0153ur d&rsquo;Abou Khalif Min Allah\u00a0\u00bb<\/em>. [lvi]\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Tabait, la tante maternelle de Ha Mim, est invoqu\u00e9e dans plusieurs de ces pri\u00e8res. Ibn Khaldun la qualifie de magicienne. La s\u0153ur de Ha Mim, nomm\u00e9e Debu, \u00e9tait \u00e9galement connue pour sa magie et pour ses sorts pendant la guerre et la s\u00e9cheresse. Ibn Khaldun rapporte que les femmes, en particulier les jeunes femmes, \u00e9taient c\u00e9l\u00e8bres pour leur culture des arts magiques dans le Rif jusqu&rsquo;au XIVe si\u00e8cle.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4391 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/8.jpg?resize=618%2C526&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"526\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/8.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/8.jpg?resize=294%2C250&amp;ssl=1 294w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>En m\u00eame temps, les histoires de pratiques \u00ab\u00a0magiques\u00a0\u00bb peuvent avoir \u00e9t\u00e9 simplement une tentative de la part des musulmans sunnites plus orthodoxes de d\u00e9l\u00e9gitimer \u00e0 la fois Ha Mim et les Barghwata. Ce qui semblait \u00eatre de la \u00ab\u00a0magie\u00a0\u00bb d&rsquo;un certain point de vue \u00e9tait une pratique religieuse l\u00e9gitime qui refl\u00e9tait les traditions culturelles et les notions locales sur les r\u00f4les et les pouvoirs des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Conclusion\u00a0: Les r\u00e9voltes Amazighes du Maghreb cr\u00e9ent une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain <\/strong><\/p>\n<p>Il est courant de d\u00e9signer 742 ou 743 comme la \u00ab\u00a0fin\u00a0\u00bb de la Grande R\u00e9volte Amazighe, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec des arm\u00e9es berb\u00e8res \u00e0 prendre Kairouan ou Cordoue. Mais l&#8217;emprise berb\u00e8re sur le Maroc, ainsi que sur les parties occidentale et centrale du Maghrib al-Awsat (Maghreb central, Alg\u00e9rie actuelle), se poursuivra, conduisant \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00e9tat de Barghwata \u00e0 Tamesna en 744, de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Abu Qurra \u00e0 Tlemcen en 742 et de l&rsquo;\u00e9mirat Midrarid \u00e0 Sijilmassa en 758, tandis que l&#8217;emprise arabe se maintiendra sur Al-Andalus et l&rsquo;Ifriqiya, y compris la partie orientale de l&rsquo;Alg\u00e9rie actuelle.<\/p>\n<p>Plus tard, des dynasties non berb\u00e8res sont arriv\u00e9es au pouvoir avec le soutien des Amazighs, comme les Rustamides, [lvii] une dynastie d&rsquo;origine perse qui, en 761, a \u00e9tabli un imamat sur la r\u00e9gion de Tahert, dans l&rsquo;Alg\u00e9rie moderne, et les Idrisides au Maroc, consid\u00e9r\u00e9s en 789 comme la dynastie fondatrice de l&rsquo;\u00e9tat marocain moderne.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, bien qu&rsquo;elles ne soient pas organis\u00e9es en tant qu&rsquo;\u00e9tats, de nombreuses r\u00e9gions \u00e9taient gouvern\u00e9es par des rebelles kharijites, comme Djerba, Wargla, S\u00e9tif, Tozeur, Gafsa et le Djebel Nafusa.<\/p>\n<p>Les r\u00e9voltes berb\u00e8res du VIIIe si\u00e8cle ont cr\u00e9\u00e9 une nouvelle situation politique et g\u00e9ostrat\u00e9gique dans la r\u00e9gion du Maghreb pour toujours tant sur le plan politique que religieux. Cette partie du monde musulman \u00e9chappa \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des empires musulmans des Omeyyades et des Abbassides. Ce point pr\u00e9cis est soulev\u00e9 par Gabriel Martinez-Gros dans une interview qu\u2019il a accord\u00e9 \u00e0 <em>L\u2019histoire\u00a0<\/em>: [lviii]\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u2018\u2019 A partir de la fin du Xe si\u00e8cle, on assiste \u00e0 une sorte de tremblement de terre, de glissement de terrain, \u00e0 la fois ethnique et g\u00e9ographique. Ethnique d&rsquo;abord : les Berb\u00e8res prennent le pouvoir pour leur propre compte lorsque les califats expression par excellence de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie arabe sur l&rsquo;Islam perdent de leur \u00e9clat et de leur autorit\u00e9. La premi\u00e8re dynastie berb\u00e8re importante de l&rsquo;Afrique du Nord est la dynastie des Zirides, originaire de l&rsquo;Alg\u00e9rois. Elle est d\u00e9sign\u00e9e par les Fatimides des Arabes pour les remplacer en Tunisie au moment o\u00f9 ils partent s&rsquo;\u00e9tablir en \u00c9gypte conquise. On attribue aux Zirides la fondation d&rsquo;Alger\u00a0Al-Jaza\u00efr, \u00ab les \u00eeles \u00bb en arabe, dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du Xe si\u00e8cle. Cette dynastie berb\u00e8re appara\u00eet en 973, exactement au m\u00eame moment que la premi\u00e8re dynastie turque sur le territoire de l&rsquo;actuel Afghanistan \u00e0 l&rsquo;autre bout de l&rsquo;Islam, signe de l&rsquo;\u00e9mergence de peuples nouveaux, au d\u00e9triment des Arabes.<\/em><\/p>\n<p><em>Bouleversement g\u00e9ographique ensuite : c&rsquo;est l&rsquo;ouest du Maghreb, qui prend pour la premi\u00e8re fois le dessus. Au milieu du XIe si\u00e8cle, commence en effet le temps des grandes dynasties berb\u00e8res marocaines : almoravide 1055-1147, almohade 1147-1269 et m\u00e9rinide 1248-1465, les deux premi\u00e8res dominant \u00e0 la fois le Maghreb et l&rsquo;Espagne. Ce temps des Berb\u00e8res s&rsquo;\u00e9tend jusqu&rsquo;au XVIe si\u00e8cle.<\/em><\/p>\n<p><em>Ces dynasties &#8211; surtout les M\u00e9rinides &#8211; ont dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Alg\u00e9rie leurs vassaux, \u00e0 partir du XIIe-XIIIe si\u00e8cle. C&rsquo;est le d\u00e9but du grand essor de Tlemcen, n\u00e9e dans la d\u00e9pendance des pouvoirs de Marrakech, et surtout de F\u00e8s. Tlemcen devient sans doute la ville culturellement la plus brillante du territoire de l&rsquo;actuelle Alg\u00e9rie \u00e0 la fin du Moyen Age. Ibn Khaldun et son fr\u00e8re sont au service de ses princes, dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIVe si\u00e8cle.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] <a href=\"https:\/\/boowiki.info\/go.php?go=http:\/\/books.google.fr\/books?client=firefox-a&amp;id=DwlyAAAAMAAJ&amp;q=739#search_anchor\"><em>Encyclop\u00e9die Berb\u00e8re<\/em>, Volume 27<\/a>\u00a0Gabriel Camps, ISBN 2857442017 | 9782857442011Sebou<\/p>\n[ii] Khleifat, Awad M.\u00a0 \u00ab The Caliphate of Hisham b. &lsquo;Abd al-Malik (105-125\/724-743) with special reference to internal problems. \u00bb,\u00a0<em>SOAS Research Online &#8211; Thesis<\/em>, ID :\u00a0<a href=\"http:\/\/isidore.science\/document\/10670\/1.qddlpb\">10.25501\/SOAS.00029257<\/a><\/p>\n[iii] Dhanun Taha, Abdulwahid. <em>The Muslim Conquest and Settlement of North Africa and Spain. <\/em>London: Routledge, 2017.<\/p>\n<p>Aux VIIe et VIIIe si\u00e8cles, les Arabes musulmans ont conquis de vastes r\u00e9gions d&rsquo;Afrique du Nord puis, avec l&rsquo;aide de leurs anciens adversaires en Afrique du Nord, les Berb\u00e8res, ont remport\u00e9 une victoire d\u00e9cisive sur les Wisigoths en Espagne. Ce livre, publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1989 et fond\u00e9 sur des sources arabes et autres, d\u00e9crit le processus de conqu\u00eate et de colonisation, en d\u00e9crivant d&rsquo;abord le manque d&rsquo;unit\u00e9 en Afrique du Nord et la corruption et l&rsquo;insolvabilit\u00e9 en Espagne qui ont rendu cette avanc\u00e9e possible. Il fournit une classification inestimable des colons arabes et berb\u00e8res en Espagne par origine tribale, zone d&rsquo;implantation et \u00e9poque d&rsquo;entr\u00e9e. Cet ouvrage souligne l&rsquo;importance des relations \u00e9conomiques et administratives entre l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Espagne. Il d\u00e9crit le ressentiment croissant des premiers colons en Espagne face aux restrictions de leur autonomie impos\u00e9e par le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Afrique du Nord et le califat. Il d\u00e9crit les tensions croissantes entre les anciens et les nouveaux colons et entre les diff\u00e9rents groupes tribaux, qui aboutissent finalement \u00e0 la r\u00e9volte berb\u00e8re<strong>.<\/strong><\/p>\n[iv] Les Kharijites (arabe : \u0627\u0644\u062e\u0648\u0627\u0631\u062c, romanis\u00e9 : al-Khaw\u0101rij, arabe singulier : \u062e\u0627\u0631\u062c\u064a, romanis\u00e9 : kh\u0101riji), \u00e9galement appel\u00e9s ash-Shurat (arabe : \u0627\u0644\u0634\u0631\u0627\u0629, romanis\u00e9 : al-Shur\u0101t), \u00e9taient une secte islamique apparue pendant la premi\u00e8re guerre civile musulmane (656-661). Les premiers Kharijites \u00e9taient des partisans d&rsquo;Ali qui se sont rebell\u00e9s contre son acceptation de pourparlers d&rsquo;arbitrage pour r\u00e9gler le conflit avec son challenger, Mu&rsquo;awiya, lors de la bataille de Siffin en 657. Ils affirmaient que \u00ab\u00a0le jugement appartient \u00e0 Dieu seul\u00a0\u00bb, ce qui devint leur devise, et que les rebelles tels que Mu&rsquo;awiya devaient \u00eatre combattus et vaincus selon les injonctions coraniques. Ali vainc les Kharijites \u00e0 la bataille de Nahrawan en 658, mais leur insurrection se poursuit. Ali est assassin\u00e9 en 661 par un Kharijite qui cherche \u00e0 se venger de Nahrawan.<\/p>\n<p>Cf. Watt, W. Montgomery.\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=m6cxEAAAQBAJ\"><em>Islamic Philosophy and Theology<\/em><\/a>. Edinburgh: Edinburgh University Press, 1985.<\/p>\n[v] Maysar al-Matghari (berb\u00e8re : Maysar Amteghri ou Maysar Amdeghri, arabe : \u0645\u064a\u0633\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0637\u063a\u0631\u064a ; parfois rendu Maisar ou Meicer ; dans les sources arabes plus anciennes, am\u00e8rement appel\u00e9 : <em>al-\u1e24aqir<\/em> (\u00a0\u00bb l&rsquo;ignoble \u00ab\u00a0) ; mort en septembre\/octobre 740) \u00e9tait un chef rebelle berb\u00e8re et l&rsquo;architecte initial de la Grande R\u00e9volte berb\u00e8re qui a \u00e9clat\u00e9 en 739-743 contre l&#8217;empire musulman omeyyade. Cependant, il fut d\u00e9pos\u00e9 par les rebelles, remplac\u00e9 par un autre chef berb\u00e8re, et mourut ou fut peut-\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 par eux en 740. Trois ans apr\u00e8s sa mort, la r\u00e9volte berb\u00e8re r\u00e9ussit \u00e0 vaincre les arm\u00e9es omeyyades.<\/p>\n[vi] \u062b\u0648\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0628\u0631\u0628\u0631\u060c \u0648\u0641\u064a \u0628\u0639\u0636 \u0627\u0644\u0645\u0635\u0627\u062f\u0631 \u064a\u064f\u0639\u0631\u0641\u064f \u0647\u0630\u0627 \u0627\u0644\u062d\u062f\u062b \u0628\u0627\u0633\u0645 \u062b\u0648\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a (122-125 \u0647\u062c\u0631\u064a\u0629\u060c \u0627\u0644\u0645\u0648\u0627\u0641\u0642\u0629 \u0644\u0645\u0627 \u0628\u064a\u0646 739\/740-743 \u0645\u064a\u0644\u0627\u062f\u064a\u0629)\u060c \u0647\u064a \u062b\u0648\u0631\u0629 \u0648\u0642\u0639\u062a \u0641\u064a \u0639\u0635\u0631 \u0627\u0644\u062e\u0644\u0627\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0648\u064a\u0629 \u062a\u062d\u062a \u062d\u0643\u0645 \u0647\u0634\u0627\u0645 \u0628\u0646 \u0639\u0628\u062f \u0627\u0644\u0645\u0644\u0643\u060c \u0648\u0645\u062b\u0644\u062a \u0623\u0648\u0644 \u0627\u0633\u062a\u0642\u0644\u0627\u0644 \u0646\u0627\u062c\u062d \u0639\u0646 \u0627\u0644\u062e\u0644\u0627\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0648\u064a\u0629 (\u0627\u0644\u062d\u0627\u0643\u0645\u0629 \u0645\u0646 \u062f\u0645\u0634\u0642). \u0628\u062f\u0623\u062a \u062b\u0648\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0628\u0631\u0628\u0631 \u0636\u062f \u0627\u0644\u062e\u0644\u0627\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0648\u064a\u0629 \u0645\u0646 \u0645\u062f\u064a\u0646\u0629 \u0637\u0646\u062c\u0629 (\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628) \u0633\u0646\u0629 740\u060c \u0648\u062a\u0645\u062a \u0642\u064a\u0627\u062f\u062a\u0647\u0627 \u0628\u0634\u0643\u0644 \u0631\u0626\u064a\u0633\u064a \u0645\u0646 \u0637\u0631\u0641 \u0645\u064a\u0633\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0637\u063a\u0631\u064a. \u0627\u0646\u062a\u0634\u0631\u062a \u0627\u0644\u062b\u0648\u0631\u0629 \u0628\u0633\u0631\u0639\u0629 \u0625\u0644\u0649 \u0628\u0627\u0642\u064a \u0645\u0646\u0627\u0637\u0642 \u0634\u0645\u0627\u0644 \u0623\u0641\u0631\u064a\u0642\u064a\u0627 \u0648\u0639\u0628\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0636\u064a\u0642 \u0628\u0627\u062a\u062c\u0627\u0647 \u0627\u0644\u0623\u0646\u062f\u0644\u0633. \u0648\u0627\u0644\u0633\u0628\u0628 \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a \u0644\u062b\u0648\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0628\u0631\u0628\u0631 \u0647\u0648 \u0627\u0644\u0633\u064a\u0627\u0633\u0629 \u063a\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0643\u0627\u0641\u0626\u0629 \u0627\u0644\u062a\u064a \u0643\u0627\u0646 \u064a\u0645\u0627\u0631\u0633\u0647\u0627 \u0628\u0639\u0636 \u062d\u0643\u0627\u0645 \u0627\u0644\u062f\u0648\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0648\u064a\u0629 \u0628\u062e\u0635\u0648\u0635 \u0627\u0644\u062c\u0632\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u062e\u0631\u0627\u062c \u0648\u0627\u0644\u0639\u0628\u064a\u062f \u0648\u0623\u0645\u0648\u0631 \u0623\u062e\u0631\u0649\u060c \u062d\u064a\u062b \u0643\u0627\u0646 \u0647\u0624\u0644\u0627\u0621 \u0627\u0644\u062d\u0643\u0627\u0645 \u064a\u0646\u062d\u0627\u0632\u0648\u0646 \u0644\u0644\u0639\u0631\u0628 \u0639\u0644\u0649 \u062d\u0633\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a<\/p>\n[vii] <a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?q=The+reasons+behind+the+Berber+Revolt&amp;sxsrf=ALiCzsa6MuH6I0daX5OuAoalhF56paVrFw:1652065905369&amp;ei=cYZ4YuWOFoT1sAfy3YzIAg&amp;start=30&amp;sa=N&amp;ved=2ahUKEwili72LudH3AhWEOuwKHfIuAyk4FBDw0wN6BAgBEE0&amp;biw=1366&amp;bih=657&amp;dpr=1\">https:\/\/www.google.com\/search?q=The+reasons+behind+the+Berber+Revolt&amp;sxsrf=ALiCzsa6MuH6I0daX5OuAoalhF56paVrFw:1652065905369&amp;ei=cYZ4YuWOFoT1sAfy3YzIAg&amp;start=30&amp;sa=N&amp;ved=2ahUKEwili72LudH3AhWEOuwKHfIuAyk4FBDw0wN6BAgBEE0&amp;biw=1366&amp;bih=657&amp;dpr=1<\/a><\/p>\n[viii] Omar-toons. \u2018\u2019North Africa After the Berber Revolt (739-743 CE)\u2019\u2019, <em>World History Encyclopedia<\/em>, January 07, 2020. <a href=\"https:\/\/www.worldhistory.org\/image\/11665\/north-africa-after-the-berber-revolt-739-743-ce\/\">https:\/\/www.worldhistory.org\/image\/11665\/north-africa-after-the-berber-revolt-739-743-ce\/<\/a><\/p>\n[ix] Fournel, Henri.\u00a0<em>\u00c9tude sur la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique par les Arabes<\/em>. Paris\u00a0: Imprimerie imp\u00e9riale, 1857.<\/p>\n<p>Fournel, Henri.\u00a0<em>\u00c9tude sur la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique par les Arabes<\/em>. Paris\u00a0: Imprimerie nationale, 1875. <a href=\"http:\/\/www.berberemultimedia.fr\/bibliotheque\/ouvrages_2005\/Fournel_Berbers1_1875.pdf\">http:\/\/www.berberemultimedia.fr\/bibliotheque\/ouvrages_2005\/Fournel_Berbers1_1875.pdf<\/a><\/p>\n<p>Fournel, Henri, 1799-1876, Gustave Dugat, and Louis Olivier Harty de Pierrebourg.\u00a0<em>Les Berb\u00e8res : Etude Sur La<\/em> <em>Conqu\u00eate De L&rsquo;Afrique Par Les Arabes, D&rsquo;apr\u00e8s Les Textes Arabes Imprim\u00e9s.<\/em>\u00a0Paris: Imprimerie nationale, 1875-81.<\/p>\n[x] Naylor, Phillip C. <em>North Africa: A History from Antiquity to the Present<\/em>. Austin. Austin,Texas: University of Texas Press, 2009.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique du Nord a \u00e9t\u00e9 un carrefour vital tout au long de l&rsquo;histoire, servant de lien entre l&rsquo;Afrique, l&rsquo;Asie et l&rsquo;Europe. Paradoxalement, cependant, l&rsquo;importance historique de la r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 chroniquement sous-estim\u00e9e. Dans un ouvrage qui pourrait amener les chercheurs \u00e0 repenser le concept de civilisation occidentale en y int\u00e9grant le r\u00f4le jou\u00e9 par les peuples d&rsquo;Afrique du Nord dans le fa\u00e7onnement de \u00ab\u00a0l&rsquo;Occident\u00a0\u00bb, Phillip Naylor d\u00e9crit une r\u00e9gion dont l&rsquo;h\u00e9ritage transculturel sert de charni\u00e8re cruciale sur les plans politique, \u00e9conomique et social.<\/p>\n<p>Id\u00e9al pour les novices comme pour les sp\u00e9cialistes, l&rsquo;Afrique du Nord commence par reconna\u00eetre que la d\u00e9finition de cette r\u00e9gion a pr\u00e9sent\u00e9 des d\u00e9fis tout au long de l&rsquo;histoire. L&rsquo;\u00e9tude de Naylor englobe la p\u00e9riode pal\u00e9olithique et les premi\u00e8res cultures \u00e9gyptiennes, conduisant les lecteurs \u00e0 travers les dynasties pharaoniques, les conflits avec Rome et Carthage, la mont\u00e9e de l&rsquo;Islam, la croissance de l&rsquo;Empire ottoman, les incursions europ\u00e9ennes et les perspectives postcoloniales pour l&rsquo;\u00c9gypte, la Libye, la Tunisie, l&rsquo;Alg\u00e9rie, le Maroc et le Sahara occidental.<\/p>\n<p>En mettant l&rsquo;accent sur l&rsquo;importance des rencontres et des interactions entre les civilisations, l&rsquo;Afrique du Nord dessine un avenir prometteur pour les \u00e9tudes sur cette r\u00e9gion charni\u00e8re.<\/p>\n[xi] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019Al-Kahina, une reine amazighe stigmatis\u00e9e par les Arabes\u2019\u2019, <em>Le Monde Amazigh, <\/em>7 mai 2021. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/al-kahina-une-reine-amazighe-stigmatisee-par-les-arabes\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/al-kahina-une-reine-amazighe-stigmatisee-par-les-arabes\/<\/a><\/p>\n[xii] Mod\u00e9ran, Yves. \u00ab\u00a0Koceila\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>,\u00a0n<sup>os<\/sup>\u00a028-29, \u200e\u00a01<sup>er<\/sup>\u00a0juin 2008, pp. 4255-4264. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/101\">https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/101<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019L\u2019origine, l\u2019identit\u00e9 et l\u2019action de ce personnage majeur de l\u2019histoire de la r\u00e9sistance berb\u00e8re face \u00e0 la conqu\u00eate arabe dans les ann\u00e9es 670-680 ont fait l\u2019objet de multiples controverses. On a situ\u00e9 son territoire initial tant\u00f4t dans l\u2019Aur\u00e8s, tant\u00f4t en Maur\u00e9tanie C\u00e9sarienne, et m\u00eame r\u00e9cemment au Maroc septentrional ou central. Certains ont vu en lui un notable romain ou berb\u00e9ro-romain dont l\u2019histoire fut d\u00e9form\u00e9e par les Arabes\u00a0; d\u2019autres l\u2019ont reconnu, au contraire, comme le chef d\u2019une r\u00e9sistance purement berb\u00e8re, \u00ab\u00a0dans la lign\u00e9e de celle de Massinissa et de Jugurtha\u00a0\u00bb.Tout ou presque pr\u00eate \u00e0 discussion dans sa carri\u00e8re, avant tout en raison de difficiles probl\u00e8mes heuristiques\u00a0: il n\u2019est explicitement \u00e9voqu\u00e9 que par les auteurs arabes, et dans des textes au minimum post\u00e9rieurs de deux si\u00e8cles aux \u00e9v\u00e9nements, r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les l\u00e9gendes d\u00e9formaient d\u00e9j\u00e0 fortement tous les souvenirs de la marche de l\u2019islam vers l\u2019ouest.\u2019\u2019\u00a0 <\/em><\/p>\n[xiii] Clarke, Nicolas. \u2018\u2019 \u2018They are the most treacherous of people\u2019: religious difference in Arabic accounts of three early medieval Berber revolts\u2019\u2019, <em>eHumanista<\/em> 24, 2013. <a href=\"https:\/\/www.ehumanista.ucsb.edu\/sites\/secure.lsit.ucsb.edu.span.d7_eh\/files\/sitefiles\/ehumanista\/volume24\/ehum24.clarke.pdf\">https:\/\/www.ehumanista.ucsb.edu\/sites\/secure.lsit.ucsb.edu.span.d7_eh\/files\/sitefiles\/ehumanista\/volume24\/ehum24.clarke.pdf<\/a><\/p>\n<p><em>\u201c\u02bfAbd al-Malik b. \u1e24ab\u012bb, a jurist and historian who died in the middle of the ninth century, concluded his account of the eighth-century Muslim conquest of his native Iberia with an extended dialogue scene, set at the court of the Umayyad caliphate (r. 661-750) in Damascus. The dialogue is between M\u016bs\u0101 b. Nu\u1e63ayr, the commander of the conquest armies, and Sulaym\u0101n b. \u02bfAbd al-Malik, who had recently succeeded his brother al-Wal\u012bd as caliph. It takes a conventional form: a series of terse questions from the caliph (\u201cTell me about al-Andalus!\u201d) are met with responses that have the ring of aphorism. Here stereotypes dwell, not least in the comments on Berbers: [Sulaym\u0101n] said, \u201cTell me about the Berbers.\u201d [M\u016bs\u0101] replied, \u201cThey are the non-Arabs who most resemble the Arabs (hum ashbah al-\u02bfajam bi-al-\u02bfarab) [in their] bravery, steadfastness, endurance and horsemanship, except that they are the most treacherous of people (al-n\u0101s) \u2013 they [have] no [care for] loyalty, nor for pacts.\u201d (Ibn \u1e24ab\u012bb, 148)\u2019\u2019<\/em><\/p>\n[xiv] Brett, Michael &amp;\u00a0Elizabeth Fentress.\u00a0<em>The Berbers<\/em>. Oxford: Blackwell, 1997, p. 86.<\/p>\n[xv] Au sujet de Sijilmasa voir\u00a0Ronald Messier, Ronald &amp;\u00a0James Miller.\u00a0<em>The Last Civilized Place: Sijilmasa and its Saharan Destiny<\/em>. Austin, Texas: University of Texas Press, 2015.<\/p>\n[xvi] S\u00e9nac, Philippe &amp; Patrice\u00a0Cressier. \u00ab\u00a0Chapitre 3. Les r\u00e9voltes Berb\u00e8res\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Histoire du Maghreb m\u00e9di\u00e9val.\u00a0VII<sup>e<\/sup>-XI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, sous la direction de\u00a0S\u00e9nac\u00a0Philippe,\u00a0Cressier\u00a0Patrice. Paris\u00a0: Armand Colin, 2012, pp. 37-43.<\/p>\n[xvii] <em>Dhimm\u00ee<\/em> (arabe: \u0630\u0645\u064a <em>\u1e0fhimm\u00ee<\/em>, collectivement \u0623\u0647\u0644 \u0627\u0644\u0630\u0645\u0629 <em>\u02beahl a\u1e0fh-dhimmah<\/em> \u00ab\u00a0le peuple de l&rsquo;alliance\u00a0\u00bb) est un terme historique d\u00e9signant les non-musulmans vivant dans un \u00c9tat musulman avec protection juridique, loyaut\u00e9 envers cet \u00c9tat et paiement de la taxe <em>jizyah<\/em>, contrairement \u00e0 la <em>zak\u00e2t<\/em>, ou aum\u00f4ne obligatoire, pay\u00e9e par les sujets musulmans. Les <em>dhimm\u00ee<\/em> \u00e9taient exempt\u00e9s de certaines t\u00e2ches assign\u00e9es sp\u00e9cifiquement aux musulmans s&rsquo;ils payaient la taxe de vote ( <em>jizyah<\/em> ), mais \u00e9taient par ailleurs \u00e9gaux en vertu des lois sur la propri\u00e9t\u00e9, les contrats et les obligations.<\/p>\n<p>Cf. Bosworth, C. E. <em>\u2018\u2019The Concept of Dhimma in Early Islam\u2019\u2019,<\/em>\u00a0in Braude, Benjamin &amp; B. Lewis, eds.,\u00a0<em>Christians and Jews in the Ottoman Empire: The Functioning of a Plural Society,<\/em>\u00a02 vols. New York: Holmes &amp; Meier Publishing, 1982.<\/p>\n<p>Cf. Glenn, H. Patrick. <em>Legal Traditions of the World<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 2007, pp. 218\u2013219.<\/p>\n<p><em>\u201cA Dhimmi is a non-Muslim subject of a state governed in accordance to sharia law. The term connotes an obligation of the state to protect the individual, including the individual&rsquo;s life, property, and freedom of religion and worship, and required loyalty to the empire, and a poll tax known as the jizya, which complemented the Islamic tax paid by the Muslim subjects, called Zakat.\u201d<\/em><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Un Dhimmi est un sujet non musulman d&rsquo;un \u00c9tat r\u00e9gi conform\u00e9ment \u00e0 la charia. Le terme \u00e9voque une obligation de l&rsquo;\u00c9tat de prot\u00e9ger l&rsquo;individu, y compris la vie, la propri\u00e9t\u00e9 et la libert\u00e9 de religion et de culte de l&rsquo;individu, et exige la loyaut\u00e9 envers l&#8217;empire, et une taxe de vote connue sous le nom de jizya, qui compl\u00e9tait l&rsquo;imp\u00f4t islamique pay\u00e9 par les sujets musulmans, appel\u00e9s Zakat.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n[xviii] <em>Al-jizyah<\/em> est mentionn\u00e9 dans le Coran (9\u00a0: 29). Le mot vient de la racine arabe <em>jaza<\/em>, qui signifie compenser. Dans ce cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;une compensation pour la s\u00e9curit\u00e9 et la protection que les non-musulmans ont dans l&rsquo;\u00c9tat islamique sans lutter pour la d\u00e9fense du pays. Historiquement, les non-musulmans devaient payer la <em>jizyah<\/em> pour deux motifs : pour leur exemption de l&rsquo;obligation de mener des guerres musulmanes et pour l&rsquo;exemption de la <em>zak\u00e2t<\/em>. La conversion d&rsquo;une personne \u00e0 l&rsquo;Islam la lib\u00e9rait de l&rsquo;obligation de payer la <em>jizyah<\/em> mais la soumettait au jihad et \u00e0 la <em>zak\u00e2t<\/em>.<\/p>\n<p>Cf. Dennett, Daniel C.\u00a0<em>Conversion and the Poll Tax in Early Islam<\/em>. Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1950.<\/p>\n[xix] <em>Khar\u00e2j<\/em> (arabe : \u062e\u0631\u0627\u062c) est un type d&rsquo;imp\u00f4t islamique individuel sur les terres agricoles et ses produits d\u00e9velopp\u00e9s selon la loi islamique. Avec les premi\u00e8res conqu\u00eates musulmanes au VIIe si\u00e8cle, <em>khar\u00e2j<\/em> d\u00e9signait initialement un droit forfaitaire pr\u00e9lev\u00e9 sur les terres des provinces conquises, qui \u00e9tait per\u00e7u par les fonctionnaires en attente de l&rsquo;Empire byzantin vaincu \u00e0 l&rsquo;ouest et de l&rsquo;Empire sassanide \u00e0 l&rsquo;est, plus tard et plus largement, <em>khar\u00e2j<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t foncier pr\u00e9lev\u00e9 par les dirigeants musulmans sur leurs sujets non musulmans, collectivement connus sous le nom de <em>dhimmi<\/em>. \u00c0 cette \u00e9poque, <em>khar\u00e2j<\/em> \u00e9tait synonyme de <em>jizyah<\/em>, qui est apparue plus tard comme une taxe par t\u00eate pay\u00e9e par les <em>dhimmi<\/em>. Les propri\u00e9taires terriens musulmans, quant \u00e0 eux, payaient <em>l<sup>c<\/sup>ushr<\/em>, une d\u00eeme religieuse sur la terre, qui comportait un taux d&rsquo;imposition beaucoup plus faible, et la <em>zak\u00e2t<\/em>. <em>l<sup>c<\/sup>ushr<\/em> \u00e9tait un pr\u00e9l\u00e8vement de 10% sur les terres agricoles ainsi que sur les marchandises import\u00e9es d&rsquo;\u00e9tats qui taxaient les musulmans sur leurs produits.<\/p>\n<p>Cf. Watt, W. Montgomery.\u00a0<em>Islamic Political Thought: The Basic Concepts<\/em>. Edinburgh: Edinburgh University Press, 1980.<\/p>\n[xx] Les Sufrites (arabe: \u0627\u0644\u0635\u0641\u0631\u064a\u0629 a\u1e63-\u1e62ufriyya) \u00e9taient des musulmans khariji aux septi\u00e8me et huiti\u00e8me si\u00e8cles. Ils ont \u00e9tabli l&rsquo;\u00c9tat Midrarid \u00e0 Sijilmassa, aujourd&rsquo;hui au Maroc. \u00c0 Tlemcen, en Alg\u00e9rie, les Banu Ifran \u00e9taient des Berb\u00e8res soufis qui se sont oppos\u00e9s \u00e0 la domination des califats omeyyades, abbassides et fatimides, notamment dans le cadre de mouvements de r\u00e9sistance dirig\u00e9s par Abu Qurra (VIIIe si\u00e8cle) et Abu Yazid.<\/p>\n<p>Les Khawarij \u00e9taient divis\u00e9s en groupes distincts tels que les Sufri, Azariqa, Bayhasiyya, Ajardi, Najdat et Ibadi. Seuls les Ibadi continuent d&rsquo;exister aujourd&rsquo;hui. Ce courant fut d\u00e9velopp\u00e9 par Ziy\u00e2d ben al-Asfar (\u0632\u064a\u0627\u062f \u0628\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0635\u0641\u0631\u00a0[ziy\u0101d ben al-a\u1e63far]).<\/p>\n<p>Cf. Burlot, Joseph. <em>La Civilisation islamique<\/em>. Paris\u00a0: Hachette, 1982.<\/p>\n[xxi] Au sujet des Ibadis en Afrique du Nord, voir: \u00a0Gaiser, Adam.\u00a0<em>Muslims, Scholars and Soldiers: The Origins and Elaborations of Ibadi Imamate Traditions<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 2010.<\/p>\n[xxii] Sur la litt\u00e9rature et l&rsquo;histoire des Ibadis d&rsquo;Afrique du Nord et d&rsquo;Oman, voir aussi\u00a0:\u00a0 Gaiser, Adam. <em>Muslims, Scholars, Soldiers: The Origin and Elaboration of the Ibadi Imamate Traditions<\/em>. Oxford : Oxford University Press, 2010.<\/p>\n[xxiii] Hrbek, Ivan.\u00a0<em>Africa from the Seventh to the Eleventh Century<\/em>, vol.\u00a03<sup>rd<\/sup>. Los Angeles: University of California Press, 1992, p.\u00a0131.<\/p>\n[xxiv] \u00ab\u00a0Comptes rendus\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Langage et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, vol. 97, no. 3, 2001, pp. 101-112.<\/p>\n[xxv] Benrabah,\u00a0Mohamed.\u00a0<em>Langues et pouvoir en Alg\u00e9rie- Histoire d&rsquo;un traumatisme linguistique<\/em>. Paris\u00a0: Edition S\u00e9guier, Les Colonnes d&rsquo;Hercule,\u00a01999.<\/p>\n[xxvi] Hart, David M. <em>Middle East Journal<\/em>, vol. 44, no. 4, 1990, pp. 723\u201325, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/4328216\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/4328216<\/a><\/p>\n[xxvii] Coope, Jessica A. \u201cBerbers and Muwallads\u201d, in Coope, Jessica A. <em>The Most Noble of People: Religious, Ethnic, and Gender Identity in Muslim Spain<\/em>. Ann Arbor, Michigan\u00a0: University of Michigan Press, 2017, pp. 128\u201343. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/10.3998\/mpub.9297351.9\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/10.3998\/mpub.9297351.9<\/a><\/p>\n[xxviii] Ibn Khaldun.\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>. Traduction de M. le baron Mac Guckin de Slane.\u00a0 Alger : Imprimerie du gouvernement, 1852, pp. 216-17.<\/p>\n<p>Cet ouvrage traite de l&rsquo;histoire des tribus berb\u00e8res et arabes de l&rsquo;Afrique du Nord (Sanhaja, Maghrawa, Zenata, Zwawa, etc.) depuis l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;Islam jusqu&rsquo;au temps d&rsquo;Ibn Khald\u00fbn (1332, m.1406). Y sont pass\u00e9s en revue les petits comme les grands \u00e9v\u00e9nements que connut cette r\u00e9gion, ainsi que l&rsquo;arriv\u00e9e des musulmans arabes et berb\u00e8res en Espagne. Avec beaucoup de d\u00e9tails, Ibn Khald\u00fbn trace une chronologie de la mont\u00e9e et du d\u00e9clin des dynasties et des royaumes tant arabes que berb\u00e8res (almohades, hafsides, fatimides, etc.).<br \/>\nLa cohabitation entre ces deux peuples (arabes et berb\u00e8res), islamis\u00e9s \u00e0 quelques d\u00e9cennies d&rsquo;intervalle au premier si\u00e8cle de l&rsquo;H\u00e9gire, fut certes conflictuelle \u00e0 ses d\u00e9buts mais cette cohabitation sut par la suite se muer en une v\u00e9ritable fusion. La connaissance de sa propre histoire, pour une nation ou un peuple, peut \u00eatre assimil\u00e9e aux racines d&rsquo;un arbre. Les peuples se nourrissent de leur histoire comme l&rsquo;arbre \u00e0 travers ses racines.<\/p>\n[xxix] Montel, Aur\u00e9lien. \u201cRepenser la r\u00e9volte dans le Maghreb umayyade (fin du\u00a0iv<sup>e<\/sup>\/x<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle)\u00a0: strat\u00e9gies collectives et enjeux de l\u00e9gitimit\u00e9\u201d. Soci\u00e9t\u00e9\u00a0des\u00a0historiens\u00a0m\u00e9di\u00e9vistes\u00a0de l\u2019Enseignement\u00a0sup\u00e9rieur\u00a0public.\u00a0<em>Contester au Moyen \u00c2ge\u00a0: de la d\u00e9sob\u00e9issance \u00e0 la r\u00e9volte\u00a0: XLIX<sup>e<\/sup>\u00a0Congr\u00e8s de la SHMESP (Rennes, 2018).<\/em>\u00a0Paris\u00a0: \u00c9ditions de la Sorbonne, 2019, pp. 239-251. <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/psorbonne\/55287\">http:\/\/books.openedition.org\/psorbonne\/55287<\/a>.<\/p>\n[xxx] Amazigh World. \u2018\u2019Maysara Madghari, le rebelle Amazigh contre les Omeyyades\u2019\u2019, <em>Amazigh World, <\/em>5 juillet 2019. <a href=\"http:\/\/www.amazighworld.org\/history\/index_show.php?id=642655\">http:\/\/www.amazighworld.org\/history\/index_show.php?id=642655<\/a><\/p>\n[xxxi] Blankinship, Khalid Yahya.\u00a0<em>The End of the Jihad State: The Reign of Hisham Ibn &lsquo;Abd Al-Malik and the Collapse of the Umayyads<\/em>. Albany, NY : SUNY Press, 1994, p. 209.<\/p>\n<p>S&rsquo;\u00e9tendant du Maroc \u00e0 la Chine, le califat omeyyade a fond\u00e9 son expansion et son succ\u00e8s sur la doctrine du djihad &#8211; une lutte arm\u00e9e visant \u00e0 revendiquer la terre enti\u00e8re pour le r\u00e8gne de Dieu, une lutte qui a apport\u00e9 beaucoup de succ\u00e8s mat\u00e9riel pendant un si\u00e8cle mais qui s&rsquo;est soudainement arr\u00eat\u00e9e apr\u00e8s l&rsquo;effondrement de la dynastie omeyyade au pouvoir en 750 de notre \u00e8re. <em>The End of the Jihad State<\/em> d\u00e9montre pour la premi\u00e8re fois que la cause de cet effondrement n&rsquo;est pas seulement due \u00e0 un conflit interne, comme on l&rsquo;a pr\u00e9tendu, mais \u00e0 un certain nombre de facteurs externes et simultan\u00e9s qui ont d\u00e9pass\u00e9 la capacit\u00e9 de r\u00e9action du califat.<\/p>\n[xxxii] Julien, Charles-Andr\u00e9.\u00a0<em>Histoire de l&rsquo;Afrique du Nord<\/em>. Paris\u00a0: Payot, 1961, p. 30.<\/p>\n[xxxiii] En-Noweiri. \u00a0<em>Histoire de la Province d&rsquo;Afrique et du Maghrib<\/em>, traduit de l&rsquo;arabe par M. le baron Mac Guckin de Slane\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Journal Asiatique<\/em>, 1841, p.442.<\/p>\n<p>Mac Guckin de Slane, William. <em>Histoire de la province d&rsquo;Afrique et du Maghrib, traduite de l&rsquo;arabe d&rsquo;En-Noweiri. <\/em>Paris : Imprimerie nationale, 1842.<\/p>\n[xxxiv] Mercier, E.\u00a0<em>Histoire de l&rsquo;Afrqiue septentrionale, V.1<\/em>. Paris : Leroux, 1888. Republi\u00e9 par Elibron Classics, 2005.<\/p>\n[xxxv] Il s\u2019agit de troupes omeyyades (<em>Jund<\/em>) comprenant les <em>Jund <\/em>de Dimashq (Damas) de Hims (Homs), d\u2019al-Urdunn (Jordanie), de Filastin (Palestine), et de Qinnasrin.<\/p>\n[xxxvi] L&rsquo;ann\u00e9e exacte de la bataille reste incertaine, car plusieurs sources donnent des dates contradictoires. Khalid Blankinship avance la date de Dhu al Hija 123\/ octobre-novembre 741 CE.<\/p>\n[xxxvii] L\u00e9vi-Proven\u00e7al, \u00c9variste.\u00a0<em>Histoire de l&rsquo;Espagne musulmane<\/em>, Volume 1. Paris\u00a0: Maisonneuve Larose, 1999.<\/p>\n[xxxviii] Ibn Khaldun.\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>. Op. cit., p. 361.<\/p>\n[xxxix] Blankinship, Khalid Yahya.\u00a0<em>The End of the Jihad State: The Reign of Hisham Ibn &lsquo;Abd Al-Malik and the Collapse of the Umayyads<\/em>, op. cit., p. 211.<\/p>\n[xl] Ibid.<\/p>\n[xli] Dozy, Reinhart Pieter Anne. <em>Histoire des Musulmans d&rsquo;Espagne : jusqu&rsquo;a\u0300 la conque\u0302te de l&rsquo;Andalousie par les Almoravides (711-1110)<\/em>. Leyde : Brill, 1861.<\/p>\n[xlii] Blankinship, Khalid Yahya.\u00a0<em>The End of the Jihad State: The Reign of Hisham Ibn &lsquo;Abd Al-Malik and the Collapse of the Umayyads<\/em>. Op. cit., p. 212.<\/p>\n[xliii] Fournel, Henri.\u00a0<em>\u00c9tude sur la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique par les Arabes<\/em>. Paris\u00a0: Impermerie Imperiale, 1857, p.79.<\/p>\n[xliv] Fournel, Henri.\u00a0<em>\u00c9tude sur la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique par les Arabes<\/em>, op. cit., p. 79.<\/p>\n[xlv] Ce comportement mesquin et hautain n\u2019a pas chang\u00e9 d\u2019un iota m\u00eame aujourd\u2019hui. La cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision marocaine al-Oula de la SNRT a diffus\u00e9 pendant le Ramadan 2022 un feuilleton koweitien \u2018\u2019Fath al-Andalus\u2019\u2019 dans lequel Tariq ibn Zayad est pr\u00e9sent\u00e9 comme un chef militaire arabe et non berb\u00e8re ce qui a suscit\u00e9 l\u2019ire des spectateurs marocains, voir l\u2019excellent article de la chroniqueuse Mouna Hachim intitul\u00e9\u00a0: \u2018\u2019Fictions arabes et r\u00e9voltes \u00ab berb\u00e8res \u00bb\u2019\u2019 dans <em>Le 360 <\/em>du 9 avril 2022\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/blog\/la-chronique-de-mouna-hachim\/fictions-arabes-et-revoltes-berberes-258073\">https:\/\/fr.le360.ma\/blog\/la-chronique-de-mouna-hachim\/fictions-arabes-et-revoltes-berberes-258073<\/a><\/p>\n[xlvi] Dhanun Taha, Abdulwahid. <em>The Muslim Conquest and Settlement of North Africa and Spain, <\/em>op. cit., p. 198.<\/p>\n[xlvii] Martinez-Gros, Gabriel. \u201cLes itin\u00e9raires de la Conqu\u00eate\u00a0: la conqu\u00eate omeyyade d\u2019al-Andalus\u201d.\u00a0<em>L&rsquo;id\u00e9ologie omeyyade\u00a0: La construction de la l\u00e9gitimit\u00e9 du Califat de Cordoue (x<sup>e<\/sup>-xi<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles).<\/em>\u00a0By Martinez-Gros. Madrid\u00a0: Casa de Vel\u00e1zquez, 1992, pp. 81-112. <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/cvz\/2075\">http:\/\/books.openedition.org\/cvz\/2075<\/a><\/p>\n[xlviii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019Les Berghoutas, une dynastie amazighe hors-norme\u2019\u2019, <em>Inumiden, <\/em>7 ao\u00fbt 2021. <a href=\"https:\/\/www.inumiden.com\/les-berghouatas-une-dynastie-amazighe-hors-norme\/\">https:\/\/www.inumiden.com\/les-berghouatas-une-dynastie-amazighe-hors-norme\/<\/a><\/p>\n[xlix] Al-Bakri.\u00a0<em>Description de l\u2019Afrique Septentrionale<\/em>, traduction de\u00a0De Slane, 2e ed. Alger: A. Jourdan, 1913.<\/p>\n[l] John Iskander, John. \u201cDevout Heretics: the Barghawata in Maghribi Historiography\u201d,\u00a0<em>Journal of North African Studies<\/em>\u00a012, 2007, pp. 37\u201353.<\/p>\n[li] Langhade, Jacques. \u201cChapitre I. La langue du coran et du \u1e24ad\u012b\u1e6f\u201d, in Langhade, Jacques.\u00a0<em>Du Coran \u00e0 la philosophie\u00a0: La langue arabe et la formation du vocabulaire philosophique de Farabi.<\/em>\u00a0 Damas\u00a0: Presses de l\u2019Ifpo, 1994, pp. 17-82. <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/ifpo\/5268\">http:\/\/books.openedition.org\/ifpo\/5268<\/a><\/p>\n[lii] Ibn Khaldun.\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res<\/em>, vol. 1. Alger: Editions Berti, 2001,\u00a0pp. 295\u2013301.<\/p>\n[liii] Ghouirgate, Mehdi. \u00ab\u00a0Le berb\u00e8re au Moyen \u00c2ge. Une culture linguistique en cours de reconstitution\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Annales. Histoire, Sciences Sociales<\/em>, vol. 70, no. 3, 2015, pp. 577-606. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-annales-2015-3-page-577.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-annales-2015-3-page-577.htm<\/a><\/p>\n[liv] Iskander, \u201cDevout Heretics: The Barghawata in Maghribi Historiography\u201d, op. cit., pp. 37\u201353.<\/p>\n[lv] Talbi, Mohamed. \u201cH\u00e9r\u00e9sie, acculturation et nationalisme des Berb\u00e8res Bargawata\u201d, in\u00a0Galley, Micheline &amp;\u00a0David Marshall, eds.\u00a0<em>Proceedings of the First Congress of Mediterranean Studies of Arabo-Berber Influence<\/em>. Alger: Soci\u00e9t\u00e9 nationale d\u2019\u00e9dition et de diffusion, 1973, pp. 221\u2013226.<\/p>\n[lvi] Ibn Khaldun.\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res<\/em>, op. cit., p. 308.<\/p>\n[lvii] Royaume rustamide, \u00e9tat islamique (761-909) sur les hauts plateaux du nord de l&rsquo;Alg\u00e9rie, fond\u00e9 par des adeptes de la branche Iba\u1e0d\u012byah du Kh\u0101rijisme. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;un des nombreux royaumes qui se sont lev\u00e9s en opposition \u00e0 la nouvelle dynastie abbasside et \u00e0 son orientation orientale. Les Kh\u0101rijites pr\u00eachaient une th\u00e9ocratie puritaine, d\u00e9mocratique et \u00e9galitaire qui trouvait un soutien parmi les tribus berb\u00e8res. L&rsquo;\u00c9tat \u00e9tait gouvern\u00e9 par des imams descendant de \u02bfAbd al-Ra\u1e25m\u0101n ibn Rustam, l&rsquo;aust\u00e8re Perse qui l&rsquo;avait fond\u00e9. Ces imams \u00e9taient eux-m\u00eames sous la supervision des chefs religieux et du juge en chef. Le royaume \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour sa tol\u00e9rance religieuse et son savoir s\u00e9culier. L&rsquo;\u00e9tat \u00e9tait tr\u00e8s actif dans le commerce transsaharien, et sa taille fluctuait en fonction du pouvoir de ses dirigeants. Le royaume rustamide prit fin avec la prise de sa capitale, T\u0101hert (pr\u00e8s de l&rsquo;actuelle Tihert), par les Sh\u012b\u02bfite F\u0101\u1e6dimides en 909.<\/p>\n[lviii] L\u2019Histoire. \u2018\u2019Il \u00e9tait une fois les Berb\u00e8res\u2019\u2019, Gabriel Martinez-Gros dans <em>collections 55, <\/em>avril &#8211; juin 2012. <a href=\"https:\/\/www.lhistoire.fr\/il-%C3%A9tait-une-fois-les-berb%C3%A8res\">https:\/\/www.lhistoire.fr\/il-%C3%A9tait-une-fois-les-berb%C3%A8res<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>P\u00e9riode de turbulence Au XIIIe si\u00e8cle, entre la fin du califat des Omeyyades (661-750) de Damas et la dynastie des Idrissides (789-985), se d\u00e9roule une p\u00e9riode de grande turbulence en Afrique du Nord : la r\u00e9volte des Amazighs. D\u00e8s le d\u00e9but de la conqu\u00eate musulmane du Maghreb (647-709), les Berb\u00e8res supportent mal la domination arabe. &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4383,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[10,13],"tags":[],"class_list":["post-4381","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-maroc","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/1.jpg?fit=624%2C437&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-18F","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4381","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4381"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4381\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4392,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4381\/revisions\/4392"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4381"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4381"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4381"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}