{"id":4421,"date":"2022-05-30T17:25:24","date_gmt":"2022-05-30T16:25:24","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4421"},"modified":"2022-05-30T17:25:24","modified_gmt":"2022-05-30T16:25:24","slug":"les-imazighen-aiment-lafrique-passionnement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-imazighen-aiment-lafrique-passionnement\/","title":{"rendered":"Les Imazighen aiment l\u2019Afrique passionn\u00e9ment"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4424 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\"><strong><span style=\"color: #000080;\">Dr. Mohamed CHTATOU<\/span><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;Afrique est le deuxi\u00e8me plus grand continent, couvrant environ un cinqui\u00e8me de la masse continentale du monde.\u00a0 Elle s&rsquo;\u00e9tend \u00e9galement au nord et au sud de l&rsquo;\u00e9quateur et se compose de nombreux types de paysages et d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique se compose de plus de 50 \u00c9tats, dont beaucoup sont devenus ind\u00e9pendants au cours du XXe si\u00e8cle.\u00a0 L&rsquo;ensemble du continent a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par les puissances europ\u00e9ennes jusqu&rsquo;aux guerres mondiales. Aujourd&rsquo;hui, de nombreuses nations souffrent encore de l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments d\u00e9mocratiques.\u00a0 Des dictateurs et des chefs militaires dirigent des pays politiquement instables, dans lesquels il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9lections libres. [i]\n<p>Le continent poss\u00e8de d&rsquo;importants gisements de min\u00e9raux et de mati\u00e8res premi\u00e8res les plus pr\u00e9cieux au monde, notamment des diamants, du charbon, du cuivre et de l&rsquo;or. Cependant, l&rsquo;Afrique est le continent le moins d\u00e9velopp\u00e9 de tous. La nourriture est souvent rare et des s\u00e9cheresses frappent r\u00e9guli\u00e8rement de nombreuses r\u00e9gions. Les maladies se r\u00e9pandent dans toute l&rsquo;Afrique, l&rsquo;esp\u00e9rance de vie est faible et la pauvret\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais en d\u00e9pit de ces obstacles, l\u2019Afrique est l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les Imazighen, ces Africains de souche<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9gion de Tamazgha, dans le nord-ouest de l&rsquo;Afrique, aurait \u00e9t\u00e9 habit\u00e9e par des Berb\u00e8res depuis au moins 10 000 ans avant J\u00e9sus-Christ. Des peintures rupestres, dat\u00e9es de douze mill\u00e9naires avant notre \u00e8re, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes dans la r\u00e9gion du Tassili n&rsquo;Ajjer, dans le sud-est de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res sont les habitants autochtones du littoral nord-africain, isol\u00e9 du reste de l&rsquo;Afrique par le d\u00e9sert du Sahara. Les p\u00e9riodes de contr\u00f4le par les empires de Carthage et de Rome ont \u00e9t\u00e9 entrecoup\u00e9es par l&rsquo;\u00e9tablissement de royaumes berb\u00e8res.<\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques physiques d&rsquo;un Berb\u00e8re qui le distinguent des autres groupes ethniques sont sa morphologie et la couleur de sa peau. Ils sont de taille moyenne et leur peau peut \u00eatre blanche, presque blanche, marron fonc\u00e9 ou noire. Les Berb\u00e8res se sont m\u00e9lang\u00e9s avec de nombreux autres groupes ethniques, le plus souvent avec les Arabes.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de peuples proto-berb\u00e8res d\u00e8s la pr\u00e9histoire est \u00e9vidente dans les grottes sahariennes, o\u00f9 des peintures rupestres illustrant la vie de diverses m\u00e9gafaunes prouvent qu&rsquo;avant la d\u00e9sertification du Sahara, l&rsquo;Afrique du Nord \u00e9tait une r\u00e9gion luxuriante et riche en ressources, peupl\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9s de chasseurs-cueilleurs. Les deux divinit\u00e9s de base de la cosmologie berb\u00e8re &#8211; une figure solaire et une lunaire &#8211; sont vaguement analogues \u00e0 celles des \u00c9gyptiens, ce qui sugg\u00e8re une origine culturelle commune. Selon H\u00e9rodote (480 av. J.-C.- 425 av. J.-C.), [ii] qui, dans ses <em>Histoires<\/em>, parle des Berb\u00e8res en 430 avant J\u00e9sus-Christ\u00a0: [iii]\n<p><em>\u2018\u2019Ils sacrifient au Soleil et \u00e0 la Lune, mais \u00e0 aucun autre dieu. Ce culte est commun \u00e0 tous les Libyens.\u2019\u2019 (IV, 198)<\/em><\/p>\n<p><strong>Les Touaregs : peuple de contact de l&rsquo;Afrique blanche et de l&rsquo;Afrique noire<\/strong><\/p>\n<p>Peu de gens pourraient survivre aux conditions difficiles du d\u00e9sert du Sahara.\u00a0\u00a0 Pourtant, les Touaregs vivent dans cette r\u00e9gion depuis des mill\u00e9naires.<\/p>\n<p>Les Touaregs s&rsquo;appellent eux-m\u00eames les Imazighen, ce qui signifie \u00ab\u00a0peuple libre\u00a0\u00bb. Aujourd&rsquo;hui, ils sont connus pour leur turban bleu fonc\u00e9 distinctif port\u00e9 par les hommes et pour leur longue histoire de gardiens du d\u00e9sert du Sahara. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un peuple semi-nomade qui habite le Sahara central occidental, qui englobe des parties de la Libye occidentale, de l&rsquo;Alg\u00e9rie, du Mali, du Niger et de certains pays voisins.<\/p>\n<p>Les Touaregs ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois par l&rsquo;historien grec antique H\u00e9rodote, qui a parl\u00e9 d&rsquo;un groupe connu sous le nom de Garamantes [iv] vivant dans la r\u00e9gion du Fezzan, au sud-ouest de la Libye, qui exploitait les routes commerciales transsahariennes, reliant le c\u0153ur de l&rsquo;Afrique \u00e0 la c\u00f4te nord-africaine. On pense aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il s&rsquo;agissait des Touaregs. [v]\n<p>Les Garamantes sont apparus pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;enqu\u00eate d&rsquo;H\u00e9rodote sur la Libye. Hekataeus de Milet a voyag\u00e9 le long de la c\u00f4te libyenne plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle avant H\u00e9rodote, mais son \u0153uvre n&rsquo;est conserv\u00e9e que sous forme de fragments. Hekataeus a peut-\u00eatre mentionn\u00e9 les Garamantes, mais si c&rsquo;est le cas, cette partie de son \u0153uvre n&rsquo;a pas surv\u00e9cu. Les Histoires d&rsquo;H\u00e9rodote (iv.174) \u00e9num\u00e8rent les \u00ab\u00a0Garamantes\u00a0\u00bb parmi les peuples de l&rsquo;est de la Libye, donnant \u00e0 chacun une br\u00e8ve description ; et iv.183 les mentionne dans une autre liste, celle-ci \u00e9tant une s\u00e9quence d&rsquo;\u00e9tapes sur une piste du d\u00e9sert qui inclut \u00ab\u00a0le pays des Garamantes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Ksar : R\u00e9sidences collectives berb\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Les types d&rsquo;habitations utilis\u00e9s par les Berb\u00e8res modernes vont des tentes mobiles aux habitations troglodytiques en passant par les falaises, mais le ksar (pluriel ksour) est une forme de construction vraiment particuli\u00e8re que l&rsquo;on trouve en Afrique subsaharienne et qui est attribu\u00e9e aux Berb\u00e8res. [vi]\n<p>Les ksour sont d&rsquo;\u00e9l\u00e9gants villages fortifi\u00e9s enti\u00e8rement construits en briques crues. Les ksour ont de hauts murs, des rues orthogonales, une seule porte et une profusion de tours. Les communaut\u00e9s sont construites \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;oasis, mais pour pr\u00e9server autant de terres cultivables que possible, elles s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent vers le haut. Les murs d&rsquo;enceinte mesurent entre 6 et 15 m\u00e8tres de haut et sont renforc\u00e9s, sur toute la longueur et aux angles, par des tours encore plus hautes, \u00e0 la forme effil\u00e9e caract\u00e9ristique. Les rues \u00e9troites ressemblent \u00e0 un canyon ; la mosqu\u00e9e, les bains publics et une petite place publique sont situ\u00e9s pr\u00e8s de l&rsquo;unique porte, souvent orient\u00e9e vers l&rsquo;est.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du ksar, il y a tr\u00e8s peu d&rsquo;espace au niveau du sol, mais les structures permettent n\u00e9anmoins une forte densit\u00e9 dans les \u00e9tages \u00e9lev\u00e9s. Elles offrent un p\u00e9rim\u00e8tre d\u00e9fendable et un microclimat plus frais produit par les faibles rapports surface\/volume. Les toits-terrasses individuels offrent de l&rsquo;espace, de la lumi\u00e8re et une vue panoramique sur le quartier gr\u00e2ce \u00e0 un patchwork de plates-formes sur\u00e9lev\u00e9es de 9 m ou plus au-dessus du terrain environnant.<\/p>\n<p><strong>Le Maroc et ses racines africaines<\/strong><\/p>\n<p>Dans un discours du feu roi Hassan II (1962-1999), qui \u00e9tait tr\u00e8s connu pour son \u00e9loquence verbale et sa grande sagesse, il a dit que le Maroc est un arbre s\u00e9culier dont les racines plongent dans le continent africain et dont les feuillages se trouve en Europe. Pour lui le Maroc a toujours \u00e9t\u00e9 un pays carrefour pour les civilisations occidentale, berb\u00e8re, arabo-musulmane, m\u00e9diterran\u00e9enne et africaine. Un pays de rencontres mais aussi d\u2019\u00e9changes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Historiquement parlant, l\u2019Islam a \u00e9t\u00e9 introduit en Afrique, par le biais du commerce surtout et non l\u2019\u00e9p\u00e9e, par les dynasties amazighes des Almoravides (1040\u20131147), Almohades (1121\/1147\u20131269), M\u00e9rinides (1244\u20131465) et les Wattassides (1244\u20131465).<\/p>\n<p>Les caravanes de commerce amazighes prenaient leur d\u00e9part de la ville de Sefrou en direction de Tombouctou. Elles \u00e9taient conduites par des guides \u00e9m\u00e9rites amazighes de confession juive appel\u00e9s <em>azattat <\/em>qui assuraient haut la main leur s\u00e9curit\u00e9. D\u2019ailleurs le mot <em>azattat<\/em> trouve son origine dans Tamazight\u00a0<em>azatta <\/em>qui veut dire \u00e9toffe ou tapis confectionn\u00e9e avec les couleurs et les motifs des tribus locales. [vii] Le guide en traversant le territoire d\u2019une tribu amazigh donn\u00e9e va exhiber un \u00e9tendard portant les couleurs de la tribu en question en signe d\u2019<em>am\u00e2n <\/em>(paix et s\u00e9curit\u00e9) et en acceptation de contrepartie p\u00e9cuniaire. Cette pratique \u00e9tait aussi monnaie courante dans les territoires africains.<\/p>\n<p>Les Amazighs, ces africains blancs du nord et les peuples africains noirs sub-sahariens ont en commun nombre de traits culturels tr\u00e8s importants qu\u2019on peut d\u00e9finir comme suit\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Respect de la s\u00e9niorit\u00e9<\/strong><strong>:<\/strong> Respect de l\u2019\u00e2ge parce que cela \u00e9quivaut \u00e0 la sagesse, la connaissance et \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience. D\u2019ailleurs les gouvernements coutumiers locaux en Afrique \u00e9lisent toujours \u00e0 leur t\u00eate des hommes et des femmes \u00e2g\u00e9s en raison de leur stature de personnes v\u00e9n\u00e9rables\u00a0; [viii]<\/li>\n<li><strong>Importance de l\u2019appartenance au groupe\u00a0: <\/strong>En Afrique l\u2019appartenance au groupe est un nationalisme \u00e0 l\u2019\u00e9tat local qui se refl\u00e8te positivement au niveau national. Le respect et l\u2019adoration de sa communaut\u00e9 a pour cons\u00e9quence logique et automatique l\u2019amour \u00e9prouv\u00e9 pour son pays et son drapeau\u00a0; [ix]<\/li>\n<li><strong>L\u2019amour de la terre natale\u00a0:<\/strong> Les Africains sont connus pour leur amour excessif de leur terre natale, un concept que le colonialisme europ\u00e9en n\u2019a jamais compris le jour o\u00f9 ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se partager l\u2019Afrique sur une carte, action connue sous le nom de \u2018<strong>\u2019Scramble for Africa<\/strong>\u2019\u2019. [x] Ce partage opportuniste colonial a malheureusement d\u00e9clench\u00e9 des guerres interafricaines apr\u00e8s les ind\u00e9pendances et il continue \u00e0 envenimer les relations bilat\u00e9rales africaines. Par exemple le cas de la haine que l\u2019Alg\u00e9rie porte pour le Maroc \u00e0 cause de la r\u00e9cup\u00e9ration de son Sahara qui \u00e9tais colonis\u00e9 par l\u2019Espagne\u00a0; [xi] et<\/li>\n<li><strong>Le respect de la langue m\u00e8re\u00a0:<\/strong> [xii] Les civilisations africaines amazighe, peule, songhay, yoruba, bantou, zoulou, masa\u00ef, etc. doivent leur survie dans un monde sans merci gr\u00e2ce \u00e0 leurs langues maternelles.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Conclusion\u00a0: L\u2019Afrique, le continent de l\u2019avenir<\/strong><\/p>\n<p>En effet, comme la jeunesse africaine est appel\u00e9e \u00e0 repr\u00e9senter pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la jeunesse mondiale totale d&rsquo;ici 2100, l&rsquo;Afrique est sans aucun doute le continent de l&rsquo;avenir. La capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 leurs attentes et \u00e0 exploiter leur \u00e9nergie et leur dynamisme est essentielle pour fa\u00e7onner cet avenir, et repr\u00e9sente un d\u00e9fi de gouvernance majeur et urgent.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique est le continent le plus jeune du monde, avec environ 60 % de sa population \u00e2g\u00e9e de moins de 25 ans. D&rsquo;ici \u00e0 2100, soit en gros deux g\u00e9n\u00e9rations seulement, la population jeune de l&rsquo;Afrique devrait augmenter de plus de 180 %, tandis que celles de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Asie diminueront respectivement de plus de 21 % et de pr\u00e8s de 28 %. D&rsquo;ici la fin du si\u00e8cle, la population jeune de l&rsquo;Afrique atteindra 1,3 milliard de personnes, soit le double de la population totale pr\u00e9vue en Europe, et repr\u00e9sentera pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la jeunesse mondiale.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;Afrique est le continent de l&rsquo;avenir, la jeunesse est l&rsquo;avenir du continent africain. Sans aucun doute, la capacit\u00e9 \u00e0 leur offrir des perspectives solides est un d\u00e9fi cl\u00e9 qui fa\u00e7onnera l&rsquo;avenir de notre monde commun. La jeunesse est la plus grande ressource de l&rsquo;Afrique. Son ardeur, son dynamisme, sa cr\u00e9ativit\u00e9, son \u00e9nergie et sa capacit\u00e9 \u00e0 tirer le meilleur parti de l&rsquo;innovation peuvent \u00eatre le moteur de la transformation politique, \u00e9conomique et culturelle du continent, \u00e0 condition qu&rsquo;ils soient correctement exploit\u00e9s et mis au d\u00e9fi.<\/p>\n<p>Mais nous sommes \u00e0 un point de basculement. Trop de jeunes sur le continent se sentent \u00e0 la fois d\u00e9pourvus de perspectives \u00e9conomiques appropri\u00e9es et priv\u00e9s de la propri\u00e9t\u00e9 politique, souvent encore d\u00e9tenue par des dirigeants qui ont deux ou trois g\u00e9n\u00e9rations de plus que la moyenne de leur population.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats du dernier indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), publi\u00e9 en octobre 2018, [xiii] permettent un optimisme raisonnable. En moyenne, la gouvernance africaine a continu\u00e9 \u00e0 suivre une trajectoire ascendante mod\u00e9r\u00e9e au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie (2008-17), atteignant en 2017 sa meilleure performance des dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Pr\u00e8s de 72 % des citoyens africains, soit 3 sur 4, vivent dans l&rsquo;un des 34 pays (sur 54) o\u00f9 les performances de gouvernance se sont am\u00e9lior\u00e9es au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es. C&rsquo;est une bonne nouvelle. Cependant, elle ne laisse pas de place \u00e0 l&rsquo;autosatisfaction, car au moins 1 citoyen africain sur 4 vit toujours dans l&rsquo;un des 18 pays o\u00f9 la gouvernance s&rsquo;est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e au cours de cette m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019Afrique est, ind\u00e9niablement l\u2019espoir de toute l\u2019humanit\u00e9 vu ses ressources, sa virginit\u00e9, sa jeunesse et la sagesse de ses peuples.<\/p>\n<p>Les Imazighen aiment l\u2019Afrique et la c\u00e9l\u00e8brent chaque ann\u00e9e lors de la Journ\u00e9e mondiale de l\u2019Afrique le 25 du mois de mai, [xiv] avec grande fougue et beaucoup d\u2019honneur.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] Palmer, Eustace. <em>Africa: An Introduction<\/em>. London: Routledge, 2010.<\/p>\n<p><em>Africa : An Introduction<\/em> vous invite \u00e0 entrer en Afrique : un continent riche en culture et en histoire, avec des populations diverses qui s&rsquo;\u00e9tendent de la for\u00eat tropicale dense du bassin du Congo, jusqu&rsquo;au d\u00e9sert du Sahara au nord, et jusqu&rsquo;aux climats m\u00e9diterran\u00e9ens de l&rsquo;extr\u00eame sud.<\/p>\n<p>Avec ses cinquante-cinq pays et plus de 20 % de la masse continentale du monde, l&rsquo;Afrique est le berceau de l&rsquo;humanit\u00e9. Pourtant, l&rsquo;image de l&rsquo;Afrique en Occident est souvent n\u00e9gative, celle d&rsquo;un continent cribl\u00e9 de probl\u00e8mes end\u00e9miques. Ce guide accessible et engageant sur le continent africain guide le lecteur \u00e0 travers l&rsquo;histoire, la g\u00e9ographie et la politique de l&rsquo;Afrique. Il va de l&rsquo;impact de l&rsquo;esclavage et de l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e0 la mont\u00e9e du nationalisme africain et \u00e0 l&rsquo;obtention de l&rsquo;ind\u00e9pendance, jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Les principaux sujets abord\u00e9s sont la litt\u00e9rature, l&rsquo;art, la technologie, la religion, la condition des femmes africaines, la sant\u00e9, l&rsquo;\u00e9ducation et les probl\u00e8mes environnementaux croissants auxquels sont confront\u00e9s les Africains.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 l&rsquo;Afrique s&rsquo;\u00e9loigne des douloureux h\u00e9ritages de l&rsquo;esclavage et de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ce livre constitue une introduction int\u00e9ressante, stimulante et accessible \u00e0 un continent diversifi\u00e9 qui se modernise rapidement. Adapt\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves du secondaire et aux \u00e9tudiants de premier cycle qui \u00e9tudient l&rsquo;Afrique, ce livre constituera \u00e9galement une introduction parfaite pour quiconque cherche \u00e0 comprendre l&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Afrique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n[ii] H\u00e9rodote, \u00e9crivain et g\u00e9ographe grec, est consid\u00e9r\u00e9 comme le premier historien. Vers l&rsquo;an 425 avant J.-C., H\u00e9rodote a publi\u00e9 son opus magnum : un long r\u00e9cit des guerres gr\u00e9co-persanes qu&rsquo;il a appel\u00e9 \u00ab\u00a0Les Histoires\u00a0\u00bb (le mot grec \u00ab\u00a0historie\u00a0\u00bb signifie \u00ab\u00a0enqu\u00eate\u00a0\u00bb).\u00a0 Avant H\u00e9rodote, aucun \u00e9crivain n&rsquo;avait jamais fait une \u00e9tude aussi syst\u00e9matique et approfondie du pass\u00e9 ni tent\u00e9 d&rsquo;expliquer les causes et les effets de ses \u00e9v\u00e9nements. Apr\u00e8s H\u00e9rodote, l&rsquo;analyse historique est devenue un \u00e9l\u00e9ment indispensable de la vie intellectuelle et politique. Depuis 2 500 ans, les chercheurs suivent les traces d&rsquo;H\u00e9rodote.<\/p>\n[iii] Herodotus\u00a0[c.\u2009430\u00a0BC].\u00a0<em>The History<\/em>\u00a0\u1f39\u03c3\u03c4\u03bf\u03c1\u03af\u03b1\u03b9\u00a0[<em>The History<\/em>]. Translated by Gren, David. Chicago, IL: University of Chicago Press, 1987. Book IV (Melpomene).<\/p>\n[iv] McCall, Daniel F. \u201cHerodotus on the Garamantes: A Problem in Protohistory.\u201d <em>History in Africa<\/em>, vol. 26, 1999, pp. 197\u2013217. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3172141\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3172141<\/a><\/p>\n[v] Legrand, Philippe-Ernest, ed.\u00a0<em>H\u00e9rodote: Histoires, livre 1-9<\/em>. Vol. 3. Paris\u00a0: Belles Lettres, 1972. Voir \u00e9dition 1960, note to iv.174<\/p>\n[vi] Curtis, WJR.<sub>\u00a0<\/sub>\u2018\u2019Type and Variation: Berber Collective Dwellings of the Northwestern Sahara\u2019\u2019, <em>Muqarnas<\/em><sub>\u00a0<\/sub>1, 1983, pp. 181-209.<\/p>\n[vii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019Le tapis amazigh: identit\u00e9, cr\u00e9ation, art et histoire\u2019\u2019, <em>Le Monde Amazigh, <\/em>18 juin 2020. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-tapis-amazigh-identite-creation-art-et-histoire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-tapis-amazigh-identite-creation-art-et-histoire\/<\/a><\/p>\n[viii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019Aspects de la gouvernance coutumi\u00e8re\u2019\u2019, <em>Le Monde Amazigh, <\/em>23 novembre 2020. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/aspects-de-la-gouvernance-coutumiere\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/aspects-de-la-gouvernance-coutumiere\/<\/a><\/p>\n[ix] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019La notion d\u2019appartenance au groupe chez les Rifains\u2019\u2019, <em>Awal <\/em>15, 1997.<\/p>\n[x] Chamberlain, Muriel Evelyn.\u00a0<em>The scramble for Africa<\/em>\u00a0(4th ed.). London: Routledge, 2014.<\/p>\n[xi] Christman, Audrey Mona.\u00a0<em>Civil wars in Africa: Roots and resolution<\/em>. Montreal, Quebec: McGill-Queen&rsquo;s University Press-MQUP, 1999.<\/p>\n[xii] C\u00e9saire, A. \u2018\u2019Culture et colonisation\u2019\u2019, <em>Libert\u00e9<\/em>, 5(1), 1963, pp. 15\u201335.<\/p>\n[xiii] <a href=\"https:\/\/mo.ibrahim.foundation\/news\/2018\/2018-ibrahim-index-african-governance-iiag-key-findings\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/mo.ibrahim.foundation\/news\/2018\/2018-ibrahim-index-african-governance-iiag-key-findings<\/a><\/p>\n[xiv] <a href=\"https:\/\/www.journee-mondiale.com\/128\/journee-mondiale-de-l-afrique.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.journee-mondiale.com\/128\/journee-mondiale-de-l-afrique.htm<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Afrique est le deuxi\u00e8me plus grand continent, couvrant environ un cinqui\u00e8me de la masse continentale du monde.\u00a0 Elle s&rsquo;\u00e9tend \u00e9galement au nord et au sud de l&rsquo;\u00e9quateur et se compose de nombreux types de paysages et d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes diff\u00e9rents. 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