{"id":4568,"date":"2022-09-06T19:17:01","date_gmt":"2022-09-06T18:17:01","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4568"},"modified":"2022-09-06T19:17:01","modified_gmt":"2022-09-06T18:17:01","slug":"les-imazighen-en-al-andalous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-imazighen-en-al-andalous\/","title":{"rendered":"Les Imazighen en al-Andalous"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Dr. Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les musulmans qui envahirent la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique en 711 \u00e9taient principalement des Imazighen, et \u00e9taient dirig\u00e9s par un Berb\u00e8re, \u1e6c\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d, [i] bien que sous la tutelle du calife arabe de Damas et de son vice-roi nord-africain, Mous\u00e2 Ibnou Noussair. La deuxi\u00e8me arm\u00e9e mixte des Arabes et des Berb\u00e8res est arriv\u00e9e en 712 sous la direction d&rsquo;Ibn Noussair lui-m\u00eame. Ils auraient aid\u00e9 le calife omeyyade<sup> c<\/sup>Abd ar-Ra\u1e25m\u00e2n Ier en al-Andalus, car sa m\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s probablement amazighe. Au cours de l&rsquo;\u00e8re <strong><em>at-\u1e6daw\u00e2&rsquo;if<\/em><\/strong>, les petits rois provenaient de divers groupes ethniques. [ii]\n<p>Un certain nombre de dynasties amazighes ont \u00e9merg\u00e9 au cours du Moyen \u00c2ge dans Tamazgha et en al-Andalus. [iii] Les plus notables sont les Z\u012brides (973-1148) et les \u1e24amm\u00e2dides (1014-1152) respectivement en Ifr\u00eeqya et en Ifr\u00eeqya occidentale, ainsi que les Almoravides (1050-1147) et les Almohades (1147-1248) au Maroc et en al-Andalus, les \u1e24af\u1e63ides (Ifr\u00eeqya, 1229-1574), les Ziy\u00e2nides (Tlemcen, 1235-1556), les Mar\u00eenides (1248-1465) et les Wa\u1e6d\u1e6d\u00e2s\u00eedes (1471-1554) au Maroc. [iv]\n<p><strong>Le grand T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d<\/strong><\/p>\n<p>Tar\u00eeq Ibnou Zayy\u00e2d (en\u00a0arabe\u00a0:\u00a0\u0637\u0627\u0631\u0642 \u0628\u0646 \u0632\u064a\u0627\u062f \u00a0(<em>\u1e6c\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d<\/em>)), en\u00a0berb\u00e8re\u00a0:\u00a0\u2d5c\u2d30\u2d54\u2d49\u2d47 \u2d53 \u2d63\u2d49\u2d62\u2d30\u2d37\u00a0(<em>T\u00e2riq u Zayy\u00e2d<\/em>),15 November 689-11 April 720), avec 7 000 Amazighs musulmans, a travers\u00e9 le d\u00e9troit en navires par petits contingents. Lorsque ses soldats sont arriv\u00e9s en Europe, T\u00e2riq les a dirig\u00e9s vers une pente, qui a pris le nom de \u00ab\u00a0<strong><em>Jabal T\u00e2riq<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb (le rocher de Tariq), actuellement appel\u00e9 Gibraltar, et les a encourag\u00e9s \u00e0 vaincre ou \u00e0 mourir. Ils n&rsquo;avaient aucun objectif de rentrer chez eux. [v]\n<figure id=\"attachment_4570\" aria-describedby=\"caption-attachment-4570\" style=\"width: 622px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4570 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Tariq-Ibnou-Zayyad-613-720.jpg?resize=618%2C740&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"740\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Tariq-Ibnou-Zayyad-613-720.jpg?w=622&amp;ssl=1 622w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Tariq-Ibnou-Zayyad-613-720.jpg?resize=209%2C250&amp;ssl=1 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4570\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">T\u00e2riq Ibnou Zayyad (613-720)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>On dit qu&rsquo;il a vu en r\u00eave le Proph\u00e8te Mohammad qui lui dit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: left;\"><em>\u00ab\u00a0Prends courage, \u00f4 Tariq ! Et accomplis ce que tu es destin\u00e9 \u00e0 accomplir\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Puis il vit le Messager d&rsquo;Allah et ses compagnons entrer dans al-Andalous. T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d se r\u00e9veilla avec un sourire, et \u00e0 partir de ce moment, il ne douta gu\u00e8re de sa victoire. Il \u00e9tait plein d&rsquo;\u00e9nergie et \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 livrer bataille pour une noble cause.<\/p>\n<p>Il a courageusement men\u00e9 la bataille contre les Wisigoths et a prononc\u00e9 l&rsquo;un des meilleurs discours \u00e0 ses soldats pour les motiver. Pendant la \u00a0\u00bb bataille de Guadalete \u00ab\u00a0, T\u00e2riq a dit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Oh mes guerriers, o\u00f9 voulez-vous fuir ? Derri\u00e8re vous, il y a la mer, devant vous, l&rsquo;ennemi. Il ne vous reste plus que l&rsquo;espoir de votre courage et de votre constance\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>La retraite est facile quand on en a le choix. Donc, pour lui, c&rsquo;\u00e9tait tout ou rien. Il a forc\u00e9 ses hommes \u00e0 \u00eatre constants pendant la bataille et leur a dit que la victoire \u00e9tait la seule voie possible. [vi]\n<p>Avec l&rsquo;aide des Goths et des Juifs, il a r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l&rsquo;arm\u00e9e des Wisigoths, qui avaient l&rsquo;habitude de pers\u00e9cuter les Juifs et les Goths espagnols. Il est \u00e9galement connu pour avoir conquis Tol\u00e8de, Cordoue et finit par dominer plus des deux tiers de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique en quelques ann\u00e9es. Selon de nombreuses traditions historiques, T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Damas par le calife o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de d\u00e9tournement de fonds.<\/p>\n<p>T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des plus importants commandants militaires de l&rsquo;histoire ib\u00e9rique. Il \u00e9tait initialement l&rsquo;adjoint de Mouss\u00e2 Ibnou Noussair en Afrique du Nord et fut envoy\u00e9 par son sup\u00e9rieur depuis la c\u00f4te nord du Maroc pour lancer la premi\u00e8re pouss\u00e9e de la conqu\u00eate du royaume wisigothique (comprenant l&rsquo;Espagne et le Portugal actuels). [vii]\n<p>C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9poque o\u00f9 l&#8217;empire omeyyade \u00e9tendait agressivement sa juridiction. Enfin, ils atteignirent les fronti\u00e8res de l&rsquo;Afrique et de l&rsquo;Europe &#8211; une fronti\u00e8re s\u00e9par\u00e9e par l&rsquo;\u00e9troite bande d&rsquo;un d\u00e9troit. Le premier commandant \u00e0 traverser ce d\u00e9troit et \u00e0 poser le pied sur le sol europ\u00e9en n&rsquo;\u00e9tait autre que T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d. Guerrier courageux et redoutable, T\u00e2riq \u00e9tait un fin strat\u00e8ge. Il a profit\u00e9 du moment o\u00f9 les souverains chr\u00e9tiens d&rsquo;Andalousie \u00e9taient plong\u00e9s dans une guerre civile pour les attaquer et finalement les vaincre. Apr\u00e8s avoir conquis le sol andalou, T\u00e2riq a avanc\u00e9 vers Paris mais a \u00e9t\u00e9 an\u00e9anti dans les montagnes des Alpes. T\u00e2riq est \u00e9galement contraint de battre en retraite car les califes craignent de perdre le contact avec lui. D\u00e8s lors, l&rsquo;Andalousie est devenue l&rsquo;une des \u00e9toiles brillantes de l&rsquo;Europe au milieu de l&rsquo;\u00e2ge des t\u00e9n\u00e8bres. [viii]\n<p>Le roi gothique Roderick rassembla une grande arm\u00e9e de plus d&rsquo;un million de soldats. T\u00e2riq a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 par les 5 000 soldats envoy\u00e9s par Mouss\u00e2 Ibnou Noussair et disposait d\u00e9sormais d&rsquo;une arm\u00e9e de 12 000 hommes. Les deux arm\u00e9es se rencontrent \u00e0 l&#8217;embouchure du fleuve Barbet, sur les rives d&rsquo;un lac de la Janda, et se livrent une bataille d\u00e9cisive le 9 juillet 711. Les deux arm\u00e9es \u00e9taient in\u00e9galement oppos\u00e9es. Les Chr\u00e9tiens furent compl\u00e8tement vaincus avec des pertes terribles. Le roi Roderick se noie dans la rivi\u00e8re. Cette glorieuse victoire de T\u00e2riq d\u00e9moralisa les Espagnols, et ils n&rsquo;os\u00e8rent plus affronter ouvertement les musulmans.<\/p>\n<p>Ainsi, les arm\u00e9es de T\u00e2riq ne rencontr\u00e8rent que peu d&rsquo;obstacles \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Espagne. C&rsquo;\u00e9tait une marche victorieuse d&rsquo;un endroit \u00e0 l&rsquo;autre de la p\u00e9ninsule. T\u00e2riq avait divis\u00e9 sa petite force arm\u00e9e en quatre groupes et ainsi il avait envoy\u00e9 l&rsquo;un de ses lieutenants vers Cordoue, l&rsquo;autre vers Malaga, le troisi\u00e8me vers Grenade, et lui-m\u00eame, \u00e0 la t\u00eate du corps primaire, marchait \u00e0 la h\u00e2te sur Tol\u00e8de, la capitale de l&rsquo;Espagne. Cette charge de zones urbaines ne donna lieu \u00e0 aucune opposition. Les Goths furent mis hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire par la rapidit\u00e9 du d\u00e9veloppement de T\u00e2riq et la gravit\u00e9 de ses coups. Les arm\u00e9es gothiques se sont enfuies devant lui. <strong>Les masses maltrait\u00e9es d&rsquo;Espagne ont salu\u00e9 les musulmans comme leurs lib\u00e9rateurs. Le traitement exemplaire de T\u00e2riq et de ses hommes l&rsquo;ont charm\u00e9 aupr\u00e8s des races vaincues<\/strong>. [ix]\n<p>L&rsquo;affrontement le plus f\u00e9roce de toute la mission se d\u00e9roula \u00e0 \u00c9cija, ce qui entra\u00eena le triomphe des pouvoirs de T\u00e2riq. Tol\u00e8de, la capitale de l&rsquo;Espagne, c\u00e9da en outre apr\u00e8s une petite obstruction. C&rsquo;est l\u00e0 que T\u00e2riq est rejoint par son chef Mouss\u00e2 Ibnou Noussair, le vice-roi musulman d&rsquo;Afrique. D\u00e9sormais, les deux commandants se d\u00e9placent l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre et, en moins de deux ans, toute l&rsquo;Espagne est aux mains des musulmans et le Portugal est vaincu quelques ann\u00e9es plus tard. Il s&rsquo;agit de la derni\u00e8re et de la plus glorieuse des grandes croisades arabes et elle a entra\u00een\u00e9 l&rsquo;extension de l&rsquo;univers musulman \u00e0 la plus grande r\u00e9gion d&rsquo;Europe jamais d\u00e9tenue par les musulmans. Par sa rapidit\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cution et l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de son accomplissement, cette entreprise en Espagne occupe une place in\u00e9dite dans les annales militaires m\u00e9di\u00e9vales.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4571\" aria-describedby=\"caption-attachment-4571\" style=\"width: 616px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4571 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Un-billet-de-5-livres-sterling-porte-le-portrait-de-Tariq-Ibnou-Zayyad-contemplant-Jabal-Tariq-qui-porte-son-nom-et-dou-Gibraltar-tire-son-nom.-worldbanknotescoins.com_.jpg?resize=616%2C323&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"616\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Un-billet-de-5-livres-sterling-porte-le-portrait-de-Tariq-Ibnou-Zayyad-contemplant-Jabal-Tariq-qui-porte-son-nom-et-dou-Gibraltar-tire-son-nom.-worldbanknotescoins.com_.jpg?w=616&amp;ssl=1 616w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Un-billet-de-5-livres-sterling-porte-le-portrait-de-Tariq-Ibnou-Zayyad-contemplant-Jabal-Tariq-qui-porte-son-nom-et-dou-Gibraltar-tire-son-nom.-worldbanknotescoins.com_.jpg?resize=450%2C236&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 616px) 100vw, 616px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4571\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Un billet de 5 livres sterling porte le portrait de T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d contemplant Jabal T\u00e2riq, qui porte son nom et d&rsquo;o\u00f9 Gibraltar tire son nom. (worldbanknotescoins.com)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>T\u00e2riq aurait pu facilement conqu\u00e9rir l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe qui tombait \u00e0 ses pieds. Rien ne pouvait arr\u00eater son avanc\u00e9e triomphale, mais la Providence voulait dire autre chose. Il fut convoqu\u00e9 par le calife \u00e0 Damas alors qu&rsquo;il projetait de conqu\u00e9rir l&rsquo;Europe. Ob\u00e9issant \u00e0 l&rsquo;ordre du calife, il atteignit Damas le plus rapidement possible et fit preuve d&rsquo;une rare discipline. T\u00e2riq y mourut plus tard.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 lui semble \u00eatre dans la <em>Chronique mozarabe<\/em>, [x] \u00e9crite en latin en 754, qui bien qu&rsquo;\u00e9crite dans la m\u00e9moire vivante de la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 lui \u00e0 tort comme <em>Taric Abuzara<\/em>.<\/p>\n<p>Toutefois, la r\u00e9f\u00e9rence arabe la plus ancienne semble \u00eatre le g\u00e9ographe marocain du XIIe si\u00e8cle al-Idr\u00eess\u00ee, [xi] qui le d\u00e9signe comme \u1e6c\u00e2riq Ibnou <sup>c<\/sup>Abd All\u00e2h Ibnou Wanamou az-Zan\u00e2t\u012b. La majorit\u00e9 des chercheurs s&rsquo;accordent sur le fait qu&rsquo;il \u00e9tait un berb\u00e8re. L&rsquo;un des aspects de la singularit\u00e9 de l&rsquo;Espagne m\u00e9di\u00e9vale peut \u00eatre vu dans la composition de la force d&rsquo;invasion musulmane : la majorit\u00e9 des guerriers communs de l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9tait en fait les Berb\u00e8res plut\u00f4t que les Arabes. [xii] Al-Maqqar\u012b cite plusieurs sources qui mentionnent la composition de l&rsquo;arm\u00e9e de \u1e6c\u0101riq. L&rsquo;une d&rsquo;elles indique que Mouss\u00e2 lui donna le commandement<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0<em>d&rsquo;une arm\u00e9e compos\u00e9e principalement de Berb\u00e8res et d&rsquo;esclaves, tr\u00e8s peu seulement \u00e9tant d&rsquo;authentiques Arabes<\/em>\u00ab\u00a0. [xiii]\n<p>Une autre source mentionne que les forces \u00e9taient presque enti\u00e8rement compos\u00e9es de Berb\u00e8res avec seulement quelques Arabes, puis al-Maqqar\u012b mentionne que les chroniqueurs Ibn \u1e24ayy\u00e2n et Ibn Khaldoun avaient enregistr\u00e9 le pourcentage de \u00ab\u00a0<em>principalement Berb\u00e8res<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>10.000 Berb\u00e8res et 3.000 Arabes<\/em>\u00ab\u00a0, respectivement, qui d\u00e9montrent un mod\u00e8le clair de la majorit\u00e9 berb\u00e8re.\u00a0 La soci\u00e9t\u00e9 des Berb\u00e8res semble avoir apport\u00e9 une solution unique \u00e0 la carence en guerriers d&rsquo;origine arabe, qui n&rsquo;a aucun parall\u00e8le nulle part \u00e0 cette \u00e9chelle. [xiv]\n<p><strong>T\u00e2riq l\u2019Amazigh contre Moussa l\u2019Arabe\u00a0: l\u2019histoire de la Table de Solomon<\/strong><\/p>\n<p>Dans les nombreux r\u00e9cits arabes \u00e9crits sur la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne, les avis sont partag\u00e9s quant \u00e0 la relation entre T\u00e2riq et Mouss\u00e2 Ibnou Noussair. Certains relatent des \u00e9pisodes de col\u00e8re et d&rsquo;envie de la part de Mouss\u00e2, que son \u2018\u2019subalterne\u2019\u2019 ait conquis un pays entier. D&rsquo;autres ne mentionnent pas, ou minimisent, une telle hostilit\u00e9. [xv]\n<p>L&rsquo;\u00e9pisode le plus extr\u00eame se trouve dans la plus ancienne histoire arabe, celle d&rsquo;Ibnou <sup>c<\/sup>Abd al-Hakam (IXe si\u00e8cle). Il affirme que Mouss\u00e2 \u00e9tait tellement en col\u00e8re contre T\u00e2riq qu&rsquo;il l&rsquo;a emprisonn\u00e9, et allait l&rsquo;ex\u00e9cuter, sans l&rsquo;intervention de Mougith ar-Roumi, un affranchi du calife al-Wal\u00eed I. C&rsquo;est pour cette raison que le calife a rappel\u00e9 T\u00e2riq et Mouss\u00e2. Et dans le <em>Akhb\u0101r majmou<sup>c<\/sup>a<\/em> [xvi] (XIe si\u00e8cle), il est dit qu&rsquo;apr\u00e8s que Mouss\u00e2 soit arriv\u00e9 en Espagne et ait rencontr\u00e9 T\u00e2riq, ce dernier descendit de son cheval en signe de respect, mais Mouss\u00e2 le frappa \u00e0 la t\u00eate avec sa cravache. D&rsquo;autre part, un autre historien ancien, al-Baladhouri (IXe si\u00e8cle), [xvii] affirme simplement que Mouss\u00e2 a \u00e9crit \u00e0 T\u00e2riq une \u00ab\u00a0lettre s\u00e9v\u00e8re\u00a0\u00bb et que les deux hommes se sont r\u00e9concili\u00e9s par la suite. [xviii]\n<p>L&rsquo;histoire la plus r\u00e9pandue concernant l&rsquo;inimiti\u00e9 entre T\u00e2riq et Mouss\u00e2 concerne un meuble fabuleux, r\u00e9put\u00e9 avoir appartenu au Salomon biblique. Cette importante relique, qui aurait \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9e en or et incrust\u00e9e de pierres pr\u00e9cieuses, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9islamique comme \u00e9tant en possession des Wisigoths espagnols.<\/p>\n<p>T\u00e2riq a pris possession de la table apr\u00e8s la reddition d&rsquo;un des neveux de Roderic. La plupart des r\u00e9cits racontent que, craignant une duplicit\u00e9 de la part de Mouss\u00e2, il a retir\u00e9 un pied de la table et (dans la plupart des r\u00e9cits) l&rsquo;a remplac\u00e9 par un pied manifestement inf\u00e9rieur. La table a ensuite \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e \u00e0 la collection de butins de Mouss\u00e2 pour \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 Damas.<\/p>\n<p>Lorsque les deux hommes se sont pr\u00e9sent\u00e9s devant le calife, Mouss\u00e2 a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait celui qui avait obtenu la table. T\u00e2riq attira l&rsquo;attention du calife sur la jambe inf\u00e9rieure (ou manquante), pour laquelle la seule explication de Mouss\u00e2 fut qu&rsquo;il l&rsquo;avait trouv\u00e9e ainsi. T\u00e2riq a alors pr\u00e9sent\u00e9 la vraie jambe, ce qui a entra\u00een\u00e9 la disgr\u00e2ce de Mouss\u00e2. [xix] On ne trouve rien de ce qui pr\u00e9c\u00e8de dans le r\u00e9cit d&rsquo;al-Baladhouri, qui mentionne simplement que la table a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au calife. [xx]\n<p><strong>La naissance d\u2019al-Andalous<\/strong><\/p>\n<p>\u1e6c\u00e2riq s&rsquo;avan\u00e7a bient\u00f4t sur le continent espagnol lui-m\u00eame, gagnant le soutien pr\u00e9cieux des Juifs espagnols qui avaient \u00e9t\u00e9 pers\u00e9cut\u00e9s par les Wisigoths et des partisans chr\u00e9tiens des fils de Witiza. [xxi] Il marcha ensuite imm\u00e9diatement sur Tol\u00e8de, la capitale de l&rsquo;Espagne, et occupa la ville contre une faible r\u00e9sistance. Il conquit \u00e9galement Cordoue. Mouss\u00e2 lui-m\u00eame arriva en Espagne avec une force importante en 712, et ensemble les deux g\u00e9n\u00e9raux occup\u00e8rent plus des deux tiers de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique au cours des ann\u00e9es suivantes. Plus tard, les Pyr\u00e9n\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 franchies et Lyon, en France, a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e. L&rsquo;Espagne est rest\u00e9e sous domination musulmane pendant plus de 750 ans, de 711 \u00e0 1492.<\/p>\n<p>La domination musulmane a \u00e9t\u00e9 un atout majeur pour les r\u00e9sidents locaux. Aucune propri\u00e9t\u00e9 ou domaine n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9. Au contraire, les musulmans ont introduit un syst\u00e8me intelligent de taxation, qui a rapidement apport\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 la p\u00e9ninsule et en a fait un pays mod\u00e8le en Occident. Les chr\u00e9tiens avaient leurs propres juges pour r\u00e9gler leurs diff\u00e9rends. Toutes les communaut\u00e9s avaient les m\u00eames chances d&rsquo;acc\u00e9der aux services publics. Les Juifs et les paysans espagnols accueillirent les arm\u00e9es musulmanes \u00e0 bras ouverts. Les servitudes qui pr\u00e9valaient ont \u00e9t\u00e9 abolies et des salaires \u00e9quitables institu\u00e9s. Les imp\u00f4ts furent r\u00e9duits \u00e0 un cinqui\u00e8me du produit. Quiconque acceptait l&rsquo;islam \u00e9tait lib\u00e9r\u00e9 de son esclavage. Un grand nombre d&rsquo;Espagnols embrass\u00e8rent l&rsquo;Islam pour \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;oppression de leurs ma\u00eetres. Les minorit\u00e9s religieuses, les juifs et les chr\u00e9tiens re\u00e7oivent la protection de l&rsquo;\u00c9tat et sont autoris\u00e9s \u00e0 participer aux plus hauts niveaux du gouvernement. [xxii]\n<p>La naissance d\u2019al-Andalous est due en grande partie aux Imazighen, mais les chroniqueurs arabes ne parlent que de l\u2019apport arabe dans la conqu\u00eate d\u2019apr\u00e8s Pierre Guichard\u00a0: [xxiii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019L&rsquo;implantation des tribus berb\u00e8res en Espagne\u00a0 est,\u00a0 dans\u00a0 l&rsquo;ensemble,\u00a0 assez\u00a0 mal\u00a0\u00a0 connue.\u00a0\u00a0 Longtemps, on ne\u00a0 s&rsquo;est\u00a0\u00a0 gu\u00e8re\u00a0 int\u00e9ress\u00e9\u00a0\u00a0 qu&rsquo;aux\u00a0\u00a0 Arabes.\u00a0\u00a0 Dozy,\u00a0 qui\u00a0 consacre\u00a0 de\u00a0 longues\u00a0\u00a0 pages\u00a0 de\u00a0 son\u00a0\u00a0 Histoire\u00a0\u00a0 des\u00a0\u00a0 Musulmans\u00a0\u00a0\u00a0 d&rsquo;Espagne\u00a0\u00a0 aux\u00a0 tribus\u00a0 arabes,\u00a0 ne\u00a0 dit\u00a0 pratiquement\u00a0\u00a0 rien\u00a0\u00a0 des\u00a0 tribus\u00a0 berb\u00e8res.\u00a0 A\u00a0 l&rsquo;heure\u00a0 actuelle,\u00a0 les\u00a0 partisans\u00a0 de\u00a0 la\u00a0 th\u00e8se\u00a0 du\u00a0 faible\u00a0 \u00ab impact\u00a0 \u00bb\u00a0 de\u00a0 la\u00a0 conqu\u00eate\u00a0 sur\u00a0 la\u00a0 soci\u00e9t\u00e9\u00a0 hispanique,\u00a0 tout\u00a0\u00a0 en\u00a0\u00a0 reconnaissant\u00a0\u00a0 que\u00a0\u00a0 les\u00a0\u00a0 Maghr\u00e9bins\u00a0\u00a0 furent\u00a0 sans\u00a0\u00a0 doute\u00a0\u00a0 sensiblement\u00a0\u00a0 plus\u00a0 nombreux\u00a0\u00a0 que\u00a0 les\u00a0 Arabes,\u00a0 ne\u00a0 leur\u00a0\u00a0 accordent\u00a0 pas\u00a0 une\u00a0\u00a0 grande\u00a0\u00a0 importance\u00a0 ;\u00a0 en\u00a0 effet,\u00a0 s&rsquo;attachant\u00a0\u00a0 surtout\u00a0\u00a0 \u00e0\u00a0 mettre\u00a0\u00a0 en\u00a0 lumi\u00e8re\u00a0\u00a0 les\u00a0\u00a0 continuit\u00e9s\u00a0 culturelles\u00a0 et\u00a0 linguistiques,\u00a0 ils\u00a0 soulignent\u00a0\u00a0 essentiellement\u00a0\u00a0 le\u00a0 fait\u00a0 que\u00a0 les\u00a0 Berb\u00e8res,\u00a0 \u00e0\u00a0 peine\u00a0 arabis\u00e9s\u00a0 et\u00a0 islamis\u00e9s,\u00a0 n&rsquo;ont\u00a0 pu\u00a0 \u00eatre\u00a0 des agents d&rsquo;arabisation et d&rsquo;\u00ab orientalisation\u00a0 \u00bb bien efficaces1. Quelques \u00e9tudes ont cependant\u00a0 \u00e9t\u00e9\u00a0 publi\u00e9es\u00a0 sur\u00a0 ce\u00a0 sujet, mais\u00a0 elles\u00a0 sont\u00a0 loin\u00a0 de\u00a0 l&rsquo;\u00e9puiser, faute, croyons-nous,\u00a0 d&rsquo;une certaine\u00a0 dimension\u00a0 \u00ab sociologique \u00bb qui\u00a0 leur\u00a0 ferait\u00a0 apercevoir,\u00a0 au-del\u00e0\u00a0 d&rsquo;une\u00a0 simple\u00a0 liste\u00a0 de\u00a0 toponymes\u00a0 d&rsquo;origine\u00a0 berb\u00e8re\u00a0 ou\u00a0 de\u00a0 mentions\u00a0 de\u00a0 groupes\u00a0 berb\u00e8res dans\u00a0 les\u00a0 textes,\u00a0 ce\u00a0 que\u00a0\u00a0 repr\u00e9sentait\u00a0\u00a0 effectivement\u00a0 cette\u00a0 \u00a0implantation\u00a0\u00a0 ethnique\u00a0\u00a0 en\u00a0\u00a0 al-Andalus2. <\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Tout\u00a0\u00a0 autant ue\u00a0\u00a0 celui\u00a0\u00a0 des\u00a0 Arabes,\u00a0\u00a0 nous\u00a0 ignorons\u00a0\u00a0 le\u00a0 nombre\u00a0\u00a0 des\u00a0\u00a0 Berb\u00e8res\u00a0 qui s&rsquo;\u00e9tablirent\u00a0 d\u00e9finitivement\u00a0 en Espagne.\u00a0 S\u00e1nchez\u00a0 Albornoz\u00a0 pense qu&rsquo;ils pouvaient\u00a0 \u00eatre deux fois plus nombreux\u00a0 que les Orientaux3. En\u00a0 fait,\u00a0 tous\u00a0 les\u00a0 chiffres partiels\u00a0 que\u00a0 nous\u00a0 apportent\u00a0 les\u00a0 chroniques\u00a0 sugg\u00e8rent\u00a0 une\u00a0 disproportion\u00a0 plus\u00a0 consid\u00e9rable\u00a0 entre\u00a0 les\u00a0 deux\u00a0 groupes\u00a0 ethniques.\u00a0 Lorsque\u00a0 des\u00a0 contingents\u00a0 arabes\u00a0 sont\u00a0 \u00e9valu\u00e9s,\u00a0 ils\u00a0 le\u00a0 sont\u00a0 en\u00a0 centaines\u00a0 ou\u00a0 en\u00a0 milliers,\u00a0 alors\u00a0 que\u00a0 pour\u00a0 les\u00a0 Berb\u00e8res\u00a0 il\u00a0 s&rsquo;agit\u00a0 de\u00a0 milliers\u00a0 ou\u00a0 de\u00a0 dizaines\u00a0 de\u00a0 milliers.\u00a0 A\u00a0 l&rsquo;\u00e9poque\u00a0 des\u00a0 \u00e9mirs\u00a0 d\u00e9pendant\u00a0 de Damas\u00a0 la r\u00e9volte\u00a0 des\u00a0 Berb\u00e8res\u00a0 de\u00a0 l&rsquo;Ouest\u00a0 et\u00a0 du\u00a0 Centre met\u00a0 en\u00a0 p\u00e9ril\u00a0 la\u00a0 domination \u00a0des\u00a0 Arabes\u00a0 en\u00a0 Espagne,\u00a0 et\u00a0 les\u00a0 sources\u00a0 insistent\u00a0 sur\u00a0 la\u00a0 sup\u00e9riorit\u00e9\u00a0 num\u00e9rique\u00a0 des\u00a0 premiers.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_4572\" aria-describedby=\"caption-attachment-4572\" style=\"width: 634px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4572 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Al-Andalous.jpg?resize=618%2C478&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"478\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Al-Andalous.jpg?w=634&amp;ssl=1 634w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Al-Andalous.jpg?resize=323%2C250&amp;ssl=1 323w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4572\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Al-Andalous<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le pays est devenu un phare brillant de la science et de l&rsquo;art. Toutefois, l&rsquo;histoire s&rsquo;est termin\u00e9e par la brutale <em>Reconquista<\/em> de l&rsquo;Hispanie, initialement soutenue par les rois francs. Quant aux h\u00e9ros de cette l\u00e9gende, la politique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tendre avec ceux qui ont fait preuve de bravoure et de foi en Dieu \u00e0 cette \u00e9poque. Le calife Wal\u00eed Ibnou <sup>c<\/sup>Abdou al-Mal\u00eek a invit\u00e9 Mouss\u00e2 et T\u00e2riq \u00e0 Damas. Mais lorsqu&rsquo;ils atteignent la capitale, le calife est sur son lit de mort. Il les honora somptueusement mais il mourut rapidement. Le calife Soulaiman lui succ\u00e9da et il se retourna contre les deux commandants et les priva de tout confort. Tous deux sont morts dans l&rsquo;obscurit\u00e9 la plus compl\u00e8te et on ne se souvient d&rsquo;eux que pour leur impact sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;Islam. Certains sp\u00e9cialistes de l&rsquo;histoire islamique leur ont m\u00eame donn\u00e9 le titre de \u00ab\u00a0<strong>P\u00e8res fondateurs d&rsquo;al-Andalous<\/strong>\u00a0\u00bb bien des ann\u00e9es avant la naissance de la nation andalouse. [xxiv]\n<p>N\u00e9anmoins, le plus grand contingent de Maures en Espagne \u00e9tait constitu\u00e9 par les Berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord, r\u00e9cemment convertis \u00e0 l&rsquo;Islam, qui \u00e9taient hostiles aux gouverneurs et bureaucrates arabes sophistiqu\u00e9s et \u00e9taient anim\u00e9s d&rsquo;un enthousiasme religieux et d&rsquo;un fondamentalisme qui allaient servir de mod\u00e8le \u00e0 la communaut\u00e9 islamique en Espagne. Les colons berb\u00e8res se r\u00e9pandent dans tout le pays et repr\u00e9sentent jusqu&rsquo;\u00e0 20 % de la population du territoire occup\u00e9. Les Arabes constituaient une aristocratie dans les villes renaissantes et sur les latifundios qu&rsquo;ils avaient h\u00e9rit\u00e9s des Romains et des Wisigoths.<\/p>\n<p>La plupart des membres de la noblesse wisigothique se convertirent \u00e0 l&rsquo;Islam et conserv\u00e8rent leur position privil\u00e9gi\u00e9e dans la nouvelle soci\u00e9t\u00e9. La campagne, qui n&rsquo;\u00e9tait que nominalement chr\u00e9tienne, fut \u00e9galement islamis\u00e9e avec succ\u00e8s. N\u00e9anmoins, une communaut\u00e9 chr\u00e9tienne hispano-romaine survit dans les villes. En outre, les Juifs, qui constituaient plus de 5 % de la population, continu\u00e8rent \u00e0 jouer un r\u00f4le important dans le commerce, l&rsquo;enseignement et les professions lib\u00e9rales. [xxv]\n<p>Au cours des trois premiers si\u00e8cles de la domination islamique en al-Andalous, les musulmans \u00e9taient loin d&rsquo;\u00eatre unis. Bien qu&rsquo;ils partagent une religion commune, ils sont fortement divis\u00e9s selon des crit\u00e8res ethniques. Une dynastie arabe, les Omeyyades, a r\u00e9gn\u00e9 sur al-Andalous depuis leur capitale Cordoue jusqu&rsquo;en 1031, et a form\u00e9 le noyau d&rsquo;une \u00e9lite qui se d\u00e9finissait comme arabo-musulmane. Cependant, les Berb\u00e8res, les peuples autochtones d&rsquo;Afrique du Nord qui sont arriv\u00e9s en al-Andalous avec l&rsquo;arm\u00e9e en 711, constituaient \u00e9galement une part importante de la population musulmane. Ils n&rsquo;appr\u00e9ciaient pas les revendications de sup\u00e9riorit\u00e9 des Arabes et se sont souvent rebell\u00e9s contre les Omeyyades. \u00c0 mesure que l&rsquo;islam se r\u00e9pandait dans la p\u00e9ninsule, les Ib\u00e8res issus de familles converties, appel\u00e9s <strong><em>mouwallads<\/em><\/strong>, sont devenus un autre sous-groupe important de l&rsquo;islam. Ils ont \u00e9galement organis\u00e9 des r\u00e9voltes contre la domination arabe. [xxvi]\n<p><strong>Arabes et Berb\u00e8res\u00a0: coexistence difficile<\/strong><\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re phase de l&rsquo;invasion, les arm\u00e9es \u00e9taient compos\u00e9es de Berb\u00e8res et de diff\u00e9rents groupes arabes. Ces peuples ne se sont pas m\u00e9lang\u00e9s mais sont rest\u00e9s dans des villes et des bourgs s\u00e9par\u00e9s. Les Berb\u00e8res, beaucoup plus nombreux, \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9s pour occuper des postes subalternes de rang. Ils \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement charg\u00e9s des t\u00e2ches les plus difficiles et des terrains les plus accident\u00e9s, tandis que les Arabes occupaient les plaines plus douces du sud de l&rsquo;Ib\u00e9rie. [xxvii]\n<p>Apr\u00e8s qu&rsquo;une mission de reconnaissance ait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des faiblesses dans les d\u00e9fenses wisigothiques en al-Andalous, le lieutenant berb\u00e8re, T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d, a conduit une arm\u00e9e musulmane \u00e0 travers le d\u00e9troit de Gibraltar jusqu&rsquo;en Espagne en 711 de notre \u00e8re. Il \u00e9tait accompagn\u00e9 de 7 000 guerriers dont la majorit\u00e9 \u00e9tait compos\u00e9e de Berb\u00e8res et le reste d&rsquo;Arabes. D&rsquo;apr\u00e8s Fierro, [xxviii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0le nombre d&rsquo;Arabes parmi les premiers conqu\u00e9rants musulmans \u00e9tait faible par rapport \u00e0 celui des Berb\u00e8res,\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>\u00a0Mais cela sugg\u00e8re deux choses :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Premi\u00e8rement<\/strong>, l&rsquo;infanterie des premi\u00e8res arm\u00e9es musulmanes conqu\u00e9rantes \u00e9tait probablement compos\u00e9e de Berb\u00e8res. Dans la mesure o\u00f9 les Arabes b\u00e9n\u00e9ficiaient d&rsquo;un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel et n&rsquo;\u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement pas plac\u00e9s en premi\u00e8re ligne pour combattre. Cela signifie que non seulement la conqu\u00eate musulmane de l&rsquo;Espagne a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par un commandant berb\u00e8re (T\u00e2riq), mais la victoire a \u00e9t\u00e9 obtenue au bout des \u00e9p\u00e9es et des masses des Berb\u00e8res. On peut donc affirmer que les musulmans n&rsquo;auraient peut-\u00eatre pas conquis l&rsquo;Espagne sans les exploits militaires des Berb\u00e8res.<\/li>\n<li><strong>Le deuxi\u00e8me point<\/strong> soulev\u00e9 par Fiero est que, bien que les Arabes et les Berb\u00e8res constituent l&rsquo;aristocratie musulmane, qui \u00e9tait soit loyale aux rois, soit propri\u00e9taire militaire qui aidaient le roi dans les guerres, les Berb\u00e8res ne jouissaient pas du m\u00eame statut privil\u00e9gi\u00e9 que les Arabes. Le statut privil\u00e9gi\u00e9 des Arabes engendrait un m\u00e9contentement dans la relation entre les Arabes et les Berb\u00e8res. [xxix]<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mouss\u00e2 Ibnou Noussar (le patron de T\u00e2riq et le commandant <strong><em>mawali<\/em><\/strong> de l\u2019arm\u00e9e syrienne arabophone qui, avec celui-ci, a achev\u00e9 la conqu\u00eate musulmane d&rsquo;al-Andalous) s&rsquo;est fait l&rsquo;\u00e9cho d&rsquo;un sentiment de plus en plus antiberb\u00e8re qui allait se r\u00e9pandre dans tout al-Andalous. Le calife omeyyade de Damas, Soulaiman, interrogea Mouss\u00e2 sur les Berb\u00e8res et, selon Ibn Habib, [xxx] Mouss\u00e2 r\u00e9pondit : [xxxi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Ce sont les non-Arabes qui ressemblent le plus aux Arabes (hum ashbah al-\u02bfajam bi-al-\u02bfarab) [dans leur] bravoure, de constance, d&rsquo;endurance et d&rsquo;\u00e9quitation, sauf qu&rsquo;ils sont les personnes les plus perfides des gens (al-na&rsquo;s) &#8211; ils [n&rsquo;ont] aucun [souci] de la loyaut\u00e9, ni des pactes \u00ab\u00a0. <\/em><\/p>\n<p>La discorde qui couvait entre les Arabes et les Berb\u00e8res allait \u00eatre un th\u00e8me permanent qui a cr\u00e9\u00e9 des turbulences pendant toute l&rsquo;occupation musulmane de l&rsquo;Espagne, comme le souligne Clarke, [xxxii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0la rivalit\u00e9 culturelle arabo-berb\u00e8re \u00e9tait une question d&rsquo;actualit\u00e9 en al-Andalous\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Hostilit\u00e9 des Arabes envers les Amazighs d\u2019al-Andalous<\/strong><\/p>\n<p>Dans les sources litt\u00e9raires &#8211; les chroniques et les g\u00e9ographies des Andalous d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui &#8211; on n&rsquo;entend parler des Berb\u00e8res que dans quatre contextes :<\/p>\n<ul>\n<li>En tant que membres de l&rsquo;arm\u00e9e ;<\/li>\n<li>Comme mercenaires ou envahisseurs d&rsquo;Afrique du Nord ;<\/li>\n<li>Comme curiosit\u00e9s ethnographiques semi-idol\u00e2tres de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la mer, en Afrique du Nord\u00a0; et<\/li>\n<li>Comme rebelles, souvent sectaires.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En effet, le terme m\u00eame de \u00ab\u00a0berb\u00e8re\u00a0\u00bb est probl\u00e9matique, impos\u00e9 \u00e0 une grande diversit\u00e9 de peuples et de langues par des observateurs hostiles : un vocable de m\u00e9pris d\u00e9riv\u00e9e du latin <em>barbarus<\/em> (barbare, lui-m\u00eame d\u00e9riv\u00e9 de \u03b2\u03ac\u03c1\u03b2\u03b1\u03c1\u03bf\u03c2 en grec) et associ\u00e9 au verbe <em>barbara <\/em><em>\u0628\u0631\u0628\u0631<\/em> (babiller, dire des b\u00eatises) en arabe. [xxxiii]\n<figure id=\"attachment_4573\" aria-describedby=\"caption-attachment-4573\" style=\"width: 634px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4573 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Une-gravure-de-Roderick-le-dernier-roi-wisigoth-dIberie-qui-sest-empare-du-trone-en-710-mais-a-ete-tue-dans-une-bataille-avec-Tariq-Ibnou-Zayyad-lannee-suivante.-Getty-Images.jpg?resize=618%2C795&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"795\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Une-gravure-de-Roderick-le-dernier-roi-wisigoth-dIberie-qui-sest-empare-du-trone-en-710-mais-a-ete-tue-dans-une-bataille-avec-Tariq-Ibnou-Zayyad-lannee-suivante.-Getty-Images.jpg?w=634&amp;ssl=1 634w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Une-gravure-de-Roderick-le-dernier-roi-wisigoth-dIberie-qui-sest-empare-du-trone-en-710-mais-a-ete-tue-dans-une-bataille-avec-Tariq-Ibnou-Zayyad-lannee-suivante.-Getty-Images.jpg?resize=194%2C250&amp;ssl=1 194w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4573\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Une gravure de Roderick, le dernier roi wisigoth d&rsquo;Ib\u00e9rie, qui s&rsquo;est empar\u00e9 du tr\u00f4ne en 710 mais a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans une bataille avec T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d l&rsquo;ann\u00e9e suivante. (Getty Images)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Quelle que soit la r\u00e9alit\u00e9 de la place des Berb\u00e8res dans la soci\u00e9t\u00e9 andalouse, une certaine \u00a0\u00bb <strong>berb\u00e9rophobie<\/strong> \u00a0\u00bb au sein de la tradition litt\u00e9raire arabophone est ind\u00e9niable : la culture dominante a dress\u00e9 un portrait essentialisant du groupe subalterne.<\/p>\n<p>Les parall\u00e8les entre cette situation et les descriptions romaines des Arabes doivent \u00eatre not\u00e9s. Les Arabes eux-m\u00eames, \u00e0 leur tour, se sont servis de leur plume pour d\u00e9nigrer toute une s\u00e9rie de non-Arabes au d\u00e9but de la p\u00e9riode islamique, et pas seulement les Berb\u00e8res.<\/p>\n<p>En tant que groupe, les Berb\u00e8res faisaient l&rsquo;objet de st\u00e9r\u00e9otypes hostiles consid\u00e9rables dans les textes litt\u00e9raires, qu&rsquo;ils soient andalous, \u00e9gyptiens ou orientaux. La repr\u00e9sentation pr\u00e9pond\u00e9rante est celle des Berb\u00e8res comme des <em>\u02bfajam<\/em> <em>\u0639\u062c\u0645<\/em>: des barbares non-arabophones \u00e0 peine contr\u00f4lables, \u00e0 peine civilis\u00e9s et \u00e0 peine musulmans.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9culations sur l&rsquo;origine des Berb\u00e8res mettent l&rsquo;accent sur l&rsquo;absence de liens de parent\u00e9 \u00e9troits avec les Arabes [xxxiv] ou bien les pr\u00e9sentent comme des antagonistes \u00e0 la grande marche de l&rsquo;histoire monoth\u00e9iste comme dans le cas du juriste \u00e9gyptien Ibnou <sup>c<\/sup>Abd al-\u1e24akam au IXe si\u00e8cle nomme le barbare paradigmatique Goliath (<em>J\u0101l\u016bt <\/em><em>\u062c\u0627\u0644\u0648\u062a<\/em>) comme l&rsquo;anc\u00eatre des Berb\u00e8res, affirmant que les Berb\u00e8res ont migr\u00e9 vers l&rsquo;ouest de la Palestine apr\u00e8s la mort de Goliath.[xxxv] Adami (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 945) avait \u00e9crit que les Imazighens avaient re\u00e7u les neuf dixi\u00e8mes du caract\u00e8re violent du monde. [xxxvi] [xxxvii]\n<p>M\u00eame la <em>Chronique de 754 <strong>[xxxviii<\/strong><strong>]<\/strong><\/em> \u2013 un ouvrage chr\u00e9tien \u00e9crit en latin, cinquante ans apr\u00e8s la conqu\u00eate musulmane &#8211; semble avoir repris l&rsquo;antipathie arabe. D\u00e9crivant une escarmouche au cours de la r\u00e9volte berb\u00e8re de 740 &#8211; le premier de nombreux d\u00e9fis (berb\u00e8res) \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat (arabe ou arabis\u00e9) dans l&rsquo;ouest musulman. L\u2019auteur anonyme \u00e9crit qu&rsquo;une charge de cavalerie arabe<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0<em>a recul\u00e9 instantan\u00e9ment \u00e0 cause de la couleur de la peau des Maures<\/em> [c&rsquo;est-\u00e0-dire des Berb\u00e8res]\u2019\u2019 (p. 84),<\/p>\n<p>tra\u00e7ant une ligne explicite de diff\u00e9rence raciale et de r\u00e9pulsion physique entre Arabes et Berb\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Le soul\u00e8vement des Imazighens<\/strong><\/p>\n<p>En 740, un soul\u00e8vement majeur des Berb\u00e8res contre leurs chefs arabes en Afrique du Nord a eu de puissantes r\u00e9percussions dans l&rsquo;Espagne musulmane. Les Berb\u00e8res avaient constitu\u00e9 la majorit\u00e9 des forces dans les arm\u00e9es musulmanes tout au long de l&rsquo;expansion musulmane en Afrique du Nord et dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, mais ils \u00e9taient trait\u00e9s comme des citoyens de seconde zone par leurs dirigeants arabes. Lorsque les terres ont \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9es \u00e0 ceux qui s&rsquo;\u00e9taient oppos\u00e9s aux envahisseurs, les dirigeants arabes se sont empar\u00e9s des terres pris\u00e9es dans les zones fertiles, laissant aux Berb\u00e8res les r\u00e9gions principalement montagneuses autour de Grenade, la vall\u00e9e hostile du Duero et la Galice humide au nord-ouest, et les Pyr\u00e9n\u00e9es au nord-est.<\/p>\n<p>Les victoires berb\u00e8res au Maroc ont encourag\u00e9 les Imazighens en al-Andalous o\u00f9 ils \u00e9taient largement sup\u00e9rieurs en nombre \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment arabe de la soci\u00e9t\u00e9. Une r\u00e9volte imm\u00e9diate a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 741 lorsque l&rsquo;\u00e9lite arabe d&rsquo;al-Andalous a d\u00e9pos\u00e9 le gouverneur impopulaire, <sup>c<\/sup>Ouqba Ibnou al-Hajj\u00e2j, et l&rsquo;a remplac\u00e9 par <sup>c<\/sup>Abd al-Malik Ibnou Qatt\u00e2n al-Fihr\u00ee, qui \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 la fois des Berb\u00e8res et des Arabes.<\/p>\n<p>Cependant, \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 741, une arm\u00e9e syrienne, dont un d\u00e9tachement de cavalerie d&rsquo;\u00e9lite syrienne, amen\u00e9e au Maroc pour r\u00e9primer le soul\u00e8vement, est d\u00e9faite \u00e0 la bataille de Bagdoura, pr\u00e8s de F\u00e8s. Les restes de l&rsquo;arm\u00e9e syrienne, quelque 10 000 hommes avec leur chef Balj Ibnou Bishr, s&rsquo;\u00e9chappent vers Ceuta o\u00f9 ils sont assi\u00e9g\u00e9s par les rebelles berb\u00e8res. La nouvelle parvient rapidement \u00e0 al-Andalous et encourage les Berb\u00e8res du nord-ouest de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique \u00e0 se d\u00e9barrasser de leurs commandants arabes. Ils se regroupent en trois arm\u00e9es et marchent vers le sud pour tenter de prendre Tol\u00e8de, Cordoue et Alg\u00e9siras. [xxxix]\n<p>Le coup d&rsquo;\u00c9tat qui avait install\u00e9 <sup>c<\/sup>Abd al-Malik Ibnou Qatt\u00e2n al-Fihr\u00ee \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Espagne au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 741 avait \u00e9t\u00e9 un dispositif \u00e0 s\u00fbret\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e. Mais une fois que la nouvelle du d\u00e9sastre de Bagdoura s&rsquo;est r\u00e9pandue, un soul\u00e8vement g\u00e9n\u00e9ral des Berb\u00e8res en Espagne ne pouvait plus \u00eatre \u00e9vit\u00e9. En octobre 741, les garnisons berb\u00e8res des fronti\u00e8res nord-ouest de la Galice se mutinent. Elles abandonn\u00e8rent leurs commandants arabes et se mirent en campagne, abandonnant leurs postes de garnison pour rassembler leur propre arm\u00e9e rebelle berb\u00e8re autour du centre et marcher contre les Arabes andalous au sud. [xl]\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e rebelle berb\u00e8re espagnole \u00e9tait organis\u00e9e en trois colonnes :<\/p>\n<ul>\n<li>Une pour prendre <strong>Tol\u00e8de<\/strong>;<\/li>\n<li>Une autre pour viser <strong>Cordoue<\/strong> (la capitale omeyyade)\u00a0; et<\/li>\n<li>La troisi\u00e8me pour prendre <strong>Alg\u00e9siras<\/strong>, o\u00f9 les rebelles esp\u00e9raient s&#8217;emparer de la flotte andalouse pour transporter des troupes berb\u00e8res suppl\u00e9mentaires depuis l&rsquo;Afrique du Nord.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les garnisons frontali\u00e8res de Galice ayant \u00e9t\u00e9 soudainement \u00e9vacu\u00e9es, le roi chr\u00e9tien Alphonse Ier des Asturies n&rsquo;en croyait pas ses yeux et envoya des troupes asturiennes s&#8217;emparer des forts vides. Avec une rapidit\u00e9 et une facilit\u00e9 remarquables, les provinces du nord-ouest de la Galice et, peu apr\u00e8s, de Le\u00f3n, ainsi que les rives de l&rsquo;Ebre sup\u00e9rieur, furent pill\u00e9es par Alphonse et d\u00e9finitivement perdues pour al-Andalous. Les Asturiens d\u00e9vast\u00e8rent plusieurs villes et villages sur les rives nord du Douro, et ramen\u00e8rent les populations locales des villes et villages des basses terres galiciennes et l\u00e9onaises vers les montagnes, cr\u00e9ant ainsi une zone tampon vide dans la vall\u00e9e du Douro (le d\u00e9sert du Duero) entre les Asturies au nord et al-Andalous au sud. Cette nouvelle fronti\u00e8re vide restera en place pendant les si\u00e8cles suivants. On pr\u00e9tend que des montagnards berb\u00e8res pastoraux sont rest\u00e9s sur place dans les hautes terres autour d&rsquo;Astorga et de Le\u00f3n. Ces communaut\u00e9s berb\u00e8res pi\u00e9g\u00e9es \u00e9taient appel\u00e9es \u00ab\u00a0<em>Maragatos<\/em>\u00a0\u00bb par les L\u00e9onais chr\u00e9tiens locaux (\u00e9tymologie incertaine, peut-\u00eatre de <em>mauri capti<\/em>, \u00ab\u00a0Maures captifs\u00a0\u00bb). Bien qu&rsquo;ils aient fini par se convertir au christianisme, les <em>Maragatos<\/em> ont conserv\u00e9 leurs v\u00eatements, leurs coutumes et leur mode de vie d&rsquo;origine berb\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne.<\/p>\n<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 et ethnies<\/strong><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;al-Andalous \u00e9tait compos\u00e9e de trois principaux groupes religieux : les chr\u00e9tiens, les musulmans et les juifs. Les musulmans, bien qu&rsquo;unis sur le plan religieux, avaient plusieurs divisions ethniques, la principale \u00e9tant la distinction entre les Berb\u00e8res et les Arabes. Les Mozarabes \u00e9taient des chr\u00e9tiens qui avaient longtemps v\u00e9cu sous la domination musulmane et avaient donc adopt\u00e9 de nombreuses coutumes, arts et mots arabes, tout en conservant leurs rituels chr\u00e9tiens et leurs propres langues romanes. Chacune de ces communaut\u00e9s habitait des quartiers distincts dans les villes. Au Xe si\u00e8cle, une conversion massive des chr\u00e9tiens a eu lieu, de sorte que les mouladies (musulmans d&rsquo;origine ib\u00e9rique) constituaient la majorit\u00e9 de la population d&rsquo;al-Andalous \u00e0 la fin du si\u00e8cle. [xli]\n<p>Les Berb\u00e8res, qui constituaient la majeure partie des colons, vivaient dans les r\u00e9gions montagneuses de ce qui est aujourd&rsquo;hui le nord du Portugal et dans la Meseta Central, tandis que les Arabes s&rsquo;installaient dans le sud et dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Ebre au nord-est. Les Juifs travaillaient principalement comme collecteurs d&rsquo;imp\u00f4ts, dans le commerce, ou comme m\u00e9decins ou ambassadeurs. \u00c0 la fin du XVe si\u00e8cle, il y avait environ 50 000 Juifs \u00e0 Grenade et environ 100 000 dans toute l&rsquo;Ib\u00e9rie islamique. [xlii]\n<p>N\u00e9anmoins, le plus grand contingent de Maures en Espagne \u00e9tait constitu\u00e9 par les Berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord, r\u00e9cemment convertis \u00e0 l&rsquo;Islam, qui \u00e9taient hostiles aux gouverneurs et bureaucrates arabes sophistiqu\u00e9s et \u00e9taient anim\u00e9s d&rsquo;un enthousiasme religieux et d&rsquo;un fondamentalisme qui allaient servir de mod\u00e8le \u00e0 la communaut\u00e9 islamique en Espagne. Les colons berb\u00e8res se r\u00e9pandent dans tout le pays et repr\u00e9sentent jusqu&rsquo;\u00e0 20 % de la population du territoire occup\u00e9. Les Arabes constituaient une aristocratie dans les villes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4574\" aria-describedby=\"caption-attachment-4574\" style=\"width: 634px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4574 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Carte-des-Taifas.jpg?resize=618%2C496&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"496\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Carte-des-Taifas.jpg?w=634&amp;ssl=1 634w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Carte-des-Taifas.jpg?resize=311%2C250&amp;ssl=1 311w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4574\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Carte des Taifas<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>La plupart des membres de la noblesse wisigothique se convertissent \u00e0 l&rsquo;islam et conservent leur position privil\u00e9gi\u00e9e dans la nouvelle soci\u00e9t\u00e9. La campagne, qui n&rsquo;\u00e9tait que nominalement chr\u00e9tienne, fut \u00e9galement islamis\u00e9e avec succ\u00e8s. N\u00e9anmoins, une communaut\u00e9 chr\u00e9tienne hispano-romaine a survi\u00e9cue dans les villes. En outre, les Juifs, qui constituaient plus de 5 % de la population, continu\u00e8rent \u00e0 jouer un r\u00f4le important dans le commerce, l&rsquo;enseignement et les professions lib\u00e9rales.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;\u00e9tait pas facile de maintenir des relations pacifiques entre les Arabes, les Berb\u00e8res et les Espagnols convertis \u00e0 l&rsquo;islam. Pour maintenir la coh\u00e9sion d&rsquo;une population aussi h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, l&rsquo;islam espagnol mettait l&rsquo;accent sur l&rsquo;\u00e9thique et le l\u00e9galisme. La pression exerc\u00e9e par les Berb\u00e8res puritains a \u00e9galement conduit \u00e0 des mesures de r\u00e9pression \u00e0 l&rsquo;encontre des Mozarabes) et des Juifs. [xliii]\n<p>Les Mozarabes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme une caste \u00e0 part, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de r\u00e9elles diff\u00e9rences entre eux et les convertis \u00e0 l&rsquo;islam, si ce n&rsquo;est la religion et l&rsquo;assujettissement \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t, qui frappait lourdement la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. Ils \u00e9taient essentiellement des marchands et des artisans urbains. Leur \u00e9glise \u00e9tait autoris\u00e9e \u00e0 exister avec peu de restrictions, mais il lui \u00e9tait interdit de s&rsquo;\u00e9panouir. La structure \u00e9piscopale et monastique reste intacte, mais l&rsquo;enseignement est frein\u00e9 et l&rsquo;initiative intellectuelle se perd.<\/p>\n<p>Au IXe si\u00e8cle, les Mozarabes de Cordoue, men\u00e9s par leur \u00e9v\u00eaque, s&rsquo;invitent au martyre en d\u00e9non\u00e7ant publiquement le proph\u00e8te Mohammad. [xliv] N\u00e9anmoins, les violences \u00e0 l&rsquo;encontre des Mozarabes sont rest\u00e9es rares jusqu&rsquo;au XIe si\u00e8cle, lorsque les \u00c9tats chr\u00e9tiens sont devenus une menace s\u00e9rieuse pour la s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;al-Andalous. De nombreux Mozarabes ont fui vers le nord chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma de la dissidence n\u00e9o-musulmane aux IXe et Xe si\u00e8cles est similaire \u00e0 celui des Berb\u00e8res, et fournit une mesure de facto de la diff\u00e9renciation ethnique. Il y avait trois foyers importants de r\u00e9bellion pendant la <em>fitna<\/em> [xlv] qui a commenc\u00e9 sous le r\u00e8gne de l&rsquo;\u00e9mir Mohammad, ou <sup>c<\/sup>Abd al-Rahm\u00e2n Ibnou Marw\u00e2n Ibnou aj-Jilliq\u00ee (\u00ab\u00a0fils du Galicien\u00a0\u00bb), dont le p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 gouverneur de M\u00e9rida sous <sup>c<\/sup>Abd ar-Rahm\u00e2n II. Il se souleva \u00e0 plusieurs reprises (une fois de concert avec Kourayb Ibnou Khaldoun). En 899, il se convertit au christianisme, s&rsquo;attirant le soutien des Mozarabes mais perdant, en \u00e9change, l&rsquo;appui de la plupart de ses partisans n\u00e9o-musulmans, qui n&rsquo;avaient pas l&rsquo;intention de devenir chr\u00e9tiens. (Apparemment, les raisons de sa conversion \u00e9taient opportunistes. Il esp\u00e9rait obtenir le soutien militaire d&rsquo;Alfonso III de Le\u00f3n). [xlvi]\n<p>Les <strong><em>mouwallads<\/em><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 victimes de discrimination et de st\u00e9r\u00e9otypes raciaux et ont r\u00e9agi de mani\u00e8re caract\u00e9ristique et d\u00e9fensive. Au cours des premiers si\u00e8cles, les Arabes les appelaient \u00ab\u00a0fils d&rsquo;esclaves\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0fils de femmes blanches\u00a0\u00bb et la distance sociale impliqu\u00e9e par ces \u00e9pith\u00e8tes \u00e9tait encore palpable au XIIe si\u00e8cle. Cela ressort de plusieurs observations de nature d\u00e9fensive faites par Ibnou Rochd, qui \u00e9tait, probablement, un <strong><em>mouwallad<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>Dans un passage tr\u00e8s int\u00e9ressant et r\u00e9v\u00e9lateur de son commentaire sur les <em>Meteorologica<\/em> d&rsquo;Aristote, Ibnou Rochd invoque l&rsquo;ancienne th\u00e9orie du d\u00e9terminisme climatique pour expliquer la diff\u00e9renciation somatique entre les Andalous et les Arabes. Les cheveux des Andalous \u00e9taient plus raides et moins fris\u00e9s et leur peau plus claire que celle des natifs d&rsquo;Arabie.<\/p>\n<p>Cela s&rsquo;explique par le fait que, en raison de la temp\u00e9rance du climat ib\u00e9rique, la prog\u00e9niture des Arabes et des Berb\u00e8res qui y r\u00e9sidaient a fini par ressembler physiquement aux indig\u00e8nes (et, pour des raisons similaires, les envahisseurs ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier les sciences : comme al-Andalous avait un climat similaire \u00e0 celui de la Gr\u00e8ce, la capacit\u00e9 intellectuelle des r\u00e9sidents des deux endroits \u00e9tait \u00e9quivalente). Par cons\u00e9quent, les Andalous, qui revendiquaient une ascendance arabe mais qui ne ressemblaient pas aux Arabes sur le plan somatique, devaient avoir une justification pour cette diff\u00e9renciation. Ailleurs, Ibnou Rochd a soulign\u00e9 que la noblesse pouvait \u00eatre atteinte par l&rsquo;accomplissement, ainsi que par la naissance, une position qui est standard parmi les groupes qui cherchent la reconnaissance sociale et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>Les Goths, les Arabes et les Berb\u00e8res \u00e9taient organis\u00e9s en structures claniques. L&rsquo;un de ces clans, les Banou Q\u00e2s\u00ee, descendait d&rsquo;un noble romano-gothique nomm\u00e9 Cassius qui s&rsquo;\u00e9tait converti \u00e0 l&rsquo;Islam. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du Xe si\u00e8cle, le territoire des Banou Q\u00e2s\u00ee formait un tampon entre les rois chr\u00e9tiens de Pampeloune et les \u00e9mirs de Saragosse ; l&rsquo;une des d\u00e9faites r\u00e9guli\u00e8rement inflig\u00e9es aux arm\u00e9es des Francs \u00e0 Roncevaux leur \u00e9tait due. Un autre clan d&rsquo;origine arabe, les Banou Sarr\u00e2j, a rivalis\u00e9 avec les Nazarites au pouvoir dans l&rsquo;\u00e9mirat de Grenade au XVe si\u00e8cle. Aucun des deux clans n&rsquo;aurait song\u00e9 \u00e0 faire la guerre pour des objectifs plus \u00e9lev\u00e9s : ils se sont battus pour leurs int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s dans le cadre du climat politique dominant.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque de la Ta\u00effa, la capacit\u00e9 de tol\u00e9rance des souverains diminue en m\u00eame temps que leur marge de man\u0153uvre. N\u00e9anmoins, le massacre des Juifs de Grenade en 1066 n&rsquo;est pas un pogrom ethnique, mais l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une lutte de pouvoir entre les partisans du vizir juif Joseph ibn Naghrela et la dynastie berb\u00e8re des Zirides.<\/p>\n<p><strong>Les Imazighens Almoravides en al-Andalous (1086-1148)<\/strong><\/p>\n<p>La p\u00e9riode <strong><em>at-\u1e6daw\u0101&rsquo;if<\/em><\/strong> s&rsquo;est termin\u00e9e lorsqu&rsquo;une dynastie berb\u00e8re, \u00e0 savoir les Almoravides marocains (de l&rsquo;arabe : \u0627\u0644\u0645\u0631\u0627\u0628\u0637\u0648\u0646 al-Morabi\u1e6doun, \u00ab les gens du rib\u0101t \u00bb, berb\u00e8re : \u2d49\u2d4e\u2d54\u2d30\u2d31\u2d39\u2d4f Imrab\u1e0den), a pris le contr\u00f4le d&rsquo;al-Andalous ; puis la dynastie almohade du Maroc, \u00e9galement d&rsquo;origine berb\u00e8re, leur a succ\u00e9d\u00e9. Dans la hi\u00e9rarchie du pouvoir, les Berb\u00e8res \u00e9taient plac\u00e9s entre l&rsquo;aristocratie arabe et la populace <strong><em>Mouwallad<\/em><\/strong>. La rivalit\u00e9 ethnique \u00e9tait l&rsquo;un des facteurs les plus importants de la politique andalouse.<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res repr\u00e9sentaient jusqu&rsquo;\u00e0 20 % de la population du territoire occup\u00e9. Apr\u00e8s la chute du califat, les royaumes <strong><em>at-\u1e6daw\u0101&rsquo;if<\/em><\/strong> de Tol\u00e8de, Badajoz, Malaga et Grenade furent gouvern\u00e9s par des souverains berb\u00e8res. [xlvii] Pendant la <em>Reconquista<\/em>, les Berb\u00e8res, qui habitaient les r\u00e9gions reconquises par les royaumes chr\u00e9tiens, ont \u00e9t\u00e9 accultur\u00e9s et ont perdu leur identit\u00e9 distincte. Leurs descendants se retrouvent parmi les Espagnols et les Portugais d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Mais on voit bien que le r\u00f4le des Berb\u00e8res dans la conqu\u00eate de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique et leur place dans la soci\u00e9t\u00e9 locale ont \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une importance consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>Au sujet des Berb\u00e8res en al-Andalous, J-Bosh Vil\u00e0 ecrit\u00a0: [xlviii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019L\u2019histoire de la p\u00e9riode musulmane dans la P\u00e9ninsule est en effet pour une part non n\u00e9gligeable une histoire des Berb\u00e8res sur le continent europ\u00e9en. Les premiers combattants qui \u00e9tablirent l\u2019Islam en Hispanie furent des Berb\u00e8res et ce sont eux encore qui, au cours des si\u00e8cles, contribu\u00e8rent le plus efficacement \u00e0 la d\u00e9fense du califat de Cordoue en occupant les Marches (\u1e6fug\u016br)\u00a0; ce sont les Berb\u00e8res aussi qui, dans les arm\u00e9es omeyyades, se rebell\u00e8rent maintes fois en allant, au d\u00e9but du\u00a0xi<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, jusqu\u2019\u00e0 piller la capitale du Califat et ruiner Mad\u012bn\u0101t az-Zahr\u0101\u2019 et Mad\u012bnat az-Z\u0101hira. Les Berb\u00e8res, appuyant ou renversant tel ou tel calife, finissent par jouer le r\u00f4le politique essentiel et occupent m\u00eame le pouvoir (califes hamm\u00fbdides). Plusieurs royaumes de Ta\u00effa, qui enrichirent la culture arabo-islamique, furent des principaut\u00e9s aux mains de familles berb\u00e8res. Les Berb\u00e8res sahariens, avec les Almoravides, les Berb\u00e8res du Haut Atlas avec les Almohades refirent l\u2019unit\u00e9 d\u2019al-Andalus pour un si\u00e8cle et demi\u00a0; bien mieux, al-Andalus devient alors une province de ces deux empires berb\u00e8res. Berb\u00e8res encore, furent les d\u00e9fenseurs du royaume nasride de Grenade, berb\u00e8res aussi \u00e9taient les Beni Merin qui pendant quelques ann\u00e9es, \u00e0 la fin du\u00a0xiii<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, occup\u00e8rent le sud d\u2019al-Andalus, entre le Bas-Guadalquivir qui avait \u00e9t\u00e9 reconquis par les chr\u00e9tiens et le royaume de Grenade. Dans les si\u00e8cles suivants le mouvement de reflux fait retourner en Afrique de nombreux \u00ab\u00a0andalous\u00a0\u00bb\u00a0; la grande expulsion des Morisques, entre 1611 et 1613, ram\u00e8ne au Maghreb des populations hispanis\u00e9es tandis qu\u2019une petite partie, rest\u00e9e noy\u00e9e dans la population espagnole, contribua au peuplement de l\u2019Am\u00e9rique.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>\u00c9trangement, l&rsquo;Espagne mauresque n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment dirig\u00e9e par des Arabes.\u00a0 Il est vrai que de nombreux postes \u00e9lev\u00e9s \u00e9taient occup\u00e9s par des Arabes, mais la plupart des Maures [xlix] \u00e9taient des Berb\u00e8res.\u00a0 Plus tard, les <strong><em>Mouwallads<\/em><\/strong> (chr\u00e9tiens convertis) et les descendants des premiers envahisseurs ont domin\u00e9 l&rsquo;Espagne mauresque.\u00a0 Les envahisseurs n&rsquo;ont pas amen\u00e9 de femmes, de sorte que la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de Maures \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 moiti\u00e9 hispanique !<\/p>\n<p>L&rsquo;effondrement et la fragmentation du califat de Cordoue en 1031 ont entra\u00een\u00e9 l&rsquo;apparition de nombreux petits \u00e9mirats connus sous le nom de royaumes de ta\u00effas. Politiquement faibles et r\u00e9guli\u00e8rement en d\u00e9saccord les uns avec les autres, les royaumes de ta\u00effas devaient \u00e9galement faire face \u00e0 la pression constante de leurs voisins chr\u00e9tiens plus forts au nord.\u00a0 Pour contrer les menaces d&rsquo;attaque, ils formaient des alliances partout o\u00f9 ils le pouvaient, y compris avec divers royaumes chr\u00e9tiens, auxquels ils payaient de gros tributs (<strong><em>parias<\/em><\/strong>) pour leur protection.<\/p>\n<p>La situation n&rsquo;est cependant pas tenable \u00e0 long terme et, en 1085, la ta\u00effa de Tol\u00e8de tombe aux mains d&rsquo;Alphonse VI (1065-1109), souverain du plus puissant royaume chr\u00e9tien, la Castille-Le\u00f3n. Cette conqu\u00eate est importante. Pour les chr\u00e9tiens, elle a permis de r\u00e9aliser un vieux r\u00eave, celui de reconqu\u00e9rir l&rsquo;ancienne capitale chr\u00e9tienne des Wisigoths ; pour les Maures, elle a \u00e9t\u00e9 un signal d&rsquo;alarme et un rappel \u00e9crasant de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. Et pour les deux parties, la situation g\u00e9ographique de Tol\u00e8de, au centre m\u00eame de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, conf\u00e9rait \u00e0 la ville une grande importance strat\u00e9gique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4575\" aria-describedby=\"caption-attachment-4575\" style=\"width: 634px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4575 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-almoravide.jpg?resize=618%2C771&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"771\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-almoravide.jpg?w=634&amp;ssl=1 634w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-almoravide.jpg?resize=200%2C250&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4575\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Empire almoravide<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>La r\u00e9action des chefs de ta\u00effas de S\u00e9ville, de Badajoz et de Grenade a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;appeler \u00e0 l&rsquo;aide les musulmans du Maghreb. Toutefois, ce choix n&rsquo;\u00e9tait pas facile, car les dirigeants musulmans d&rsquo;al-Andalous \u00e9taient bien conscients qu&rsquo;une nouvelle dynastie fondamentaliste et agressive, les Almoravides, avaient pris le contr\u00f4le du Maghreb. Et al-Mou<sup>c<\/sup>tamid, le souverain de S\u00e9ville, qui a lanc\u00e9 l&rsquo;appel aux Almoravides, connaissait bien leur asc\u00e9tisme fanatique, puisqu&rsquo;il les avait aid\u00e9s \u00e0 conqu\u00e9rir la ville c\u00f4ti\u00e8re de Ceuta (sur la rive africaine du d\u00e9troit de Gibraltar) en 1083.<\/p>\n<p>Le dilemme dans lequel se trouvaient les chefs des taifas rivales est parfaitement r\u00e9sum\u00e9 dans la c\u00e9l\u00e8bre remarque qu&rsquo;al-Mou<sup>c<\/sup>tamid&rsquo;s aurait faite :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0<em>Mieux vaut \u00eatre chamelier chez les Almoravides que porcher en Castille<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Inspir\u00e9s par les enseignements religieux des revivalistes musulmans, les Almoravides, [l] une tribu berb\u00e8re du Sahara occidental, ont rapidement travers\u00e9 les montagnes de l&rsquo;Atlas du Maroc et, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1060, se sont \u00e9tablis dans leur capitale nouvellement fond\u00e9e, Marrakech.<\/p>\n<p>Fondamentalistes qui prenaient les mots du Coran au pied de la lettre, les Almoravides pr\u00eachaient un djihad sans compromis, \u00e0 la fois dans le sens de l&rsquo;auto-r\u00e9forme et de l&rsquo;imposition de la r\u00e9forme religieuse par la guerre, tout en s&rsquo;\u00e9tendant vers le nord. En 25 ans, ils avaient conquis tout le Maroc et atteint les rives de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;appel d&rsquo;al-Mou<sup>c<\/sup>tamid en 1086 survient \u00e0 un moment opportun d&rsquo;expansionnisme, mais le chef almoravide, Yousouf Ibnou Tachfine, ne se laisse finalement convaincre que lorsque les th\u00e9ologiens andalous entrent en sc\u00e8ne et que les chefs de ta\u00effas acceptent de payer ses d\u00e9penses et de lui fournir des soldats de leurs propres arm\u00e9es. Sous la direction de Youssouf, les Almoravides ont vaincu l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Alphonse VI \u00e0 Zallaqa (Sagrajas), au nord-est de Badajoz, en 1086. La menace chr\u00e9tienne semble avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e, et Yousouf retourne au Maroc apr\u00e8s la bataille. [li]\n<p>Mais les ravages des chr\u00e9tiens sur les taifas se poursuivent, surtout \u00e0 l&rsquo;est, et un nouvel appel est lanc\u00e9 \u00e0 Youssouf en 1090. Cette fois, cependant, Youssouf n&rsquo;est pas venu pour aider les dirigeants des taifas mais pour conqu\u00e9rir leurs royaumes et convertir al-Andalous en une partie de l&#8217;empire almoravide. [lii]\n<p>La r\u00e9action des dirigeants des taifas fut de renverser les alliances : ils cherchaient maintenant \u00e0 obtenir l&rsquo;aide de nul autre qu&rsquo;Alphonse VI (un recours parfaitement normal \u00e9tant donn\u00e9 les changements r\u00e9guliers d&rsquo;alliances auxquels ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 habitu\u00e9s) !\u00a0 Alphonse, cependant, n&rsquo;\u00e9tait pas en mesure de les aider, et ainsi al-Mu<sup>c<\/sup>tamid et Abd Allah de Grenade finirent en exil au Maroc.<\/p>\n<p>Les royaumes ta\u00effas tombent l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre aux mains des Almoravides, jusqu&rsquo;\u00e0 la conqu\u00eate de Saragosse en 1110.\u00a0 Le contr\u00f4le almoravide de la ta\u00effa de Saragosse fut cependant de courte dur\u00e9e ; en 1118, elle fut conquise par Alphonse le \u00a0\u00bb combattant \u00ab\u00a0, roi d&rsquo;Aragon, et ne devait jamais revenir aux mains des musulmans.<\/p>\n<p>Les Almoravides ne parviennent pas non plus \u00e0 reconqu\u00e9rir Tol\u00e8de, un objectif majeur dans leur progression vers le nord. Ils obtiennent toutefois une certaine compensation en r\u00e9cup\u00e9rant Valence en 1102, huit ans apr\u00e8s sa prise par le fils le plus c\u00e9l\u00e8bre de Castille, Rodrigo de Vivar, plus connu sous le nom d&rsquo;El Cid. [liii]\n<p>L&rsquo;Espagne islamique \u00e9tait \u00e0 nouveau unifi\u00e9e, comme elle l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 au Xe si\u00e8cle sous<sup> c<\/sup>Abd ar-Rahm\u00e2n III et al-Mansour. Mais il y avait des diff\u00e9rences significatives : al-Andalous n&rsquo;\u00e9tait plus la force dominante qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 au Xe si\u00e8cle, pillant les terres chr\u00e9tiennes \u00e0 volont\u00e9, et elle n&rsquo;\u00e9tait pas non plus aussi grande qu&rsquo;elle l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 pendant cette p\u00e9riode.\u00a0 Et surtout, elle n&rsquo;\u00e9tait plus ind\u00e9pendante ; elle \u00e9tait en fait une colonie dirig\u00e9e depuis Marrakech.<\/p>\n<p>Youssouf et ses descendants n&rsquo;avaient gu\u00e8re de temps \u00e0 perdre avec les musulmans d&rsquo;al-Andalous, qui &#8211; malgr\u00e9 les incertitudes politiques &#8211; menaient une vie de plaisirs et de culture sophistiqu\u00e9e, soulign\u00e9e par des palais somptueux (par exemple l&rsquo;Aljafer\u00eda de Saragosse) et par la po\u00e9sie cultiv\u00e9e dans leurs cours. [liv]\n<p>Tatiana Pignon explique la pr\u00e9sence almoravide loin du centre de leur vaste empire dans les termes suivants\u00a0: [lv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Paradoxalement, alors que le c\u0153ur du territoire almoravide est constitu\u00e9 par l\u2019Afrique maghr\u00e9bine, l\u2019influence andalouse en est l\u2019un des caract\u00e8res les plus marquants. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D\u2019abord, la conqu\u00eate de l\u2019al-Andal\u00fbs par les Almoravides n\u2019est pas du m\u00eame type que celle de l\u2019Afrique du Nord\u00a0: ils sont en fait appel\u00e9s \u00e0 l\u2019aide par les princes musulmans d\u2019Espagne, nombreux et centr\u00e9s chacun sur une cit\u00e9 ou\u00a0taifa, et menac\u00e9s par la\u00a0reconquista\u00a0lanc\u00e9e par les rois chr\u00e9tiens des \u00c9tats de la marche espagnole (tout au nord de l\u2019Espagne). C\u2019est apr\u00e8s avoir vaincu Alphonse VI de Le\u00f3n et Castille \u00e0 la bataille de Zall\u00e2qa, le 2 novembre 1086, que le chef almoravide Y\u00fbsuf ibn Tashf\u00een, soutenu par une\u00a0fatwa\u00a0\u00e9mise par les savants religieux d\u2019Orient comme d\u2019Occident, entreprend de d\u00e9poss\u00e9der les uns apr\u00e8s les autres les princes des taifas et r\u00e9tablit l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Espagne musulmane, d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9e depuis la chute du califat de Cordoue en 1031. En 1102, Valence, dernier bastion r\u00e9sistant, est occup\u00e9e, et les Almoravides poussent jusqu\u2019\u00e0 Saragosse en 1110. S\u2019organisent alors des \u00e9changes de plus en plus nombreux, aussi bien commerciaux qu\u2019artistiques et culturels, entre l\u2019Espagne et le Maghreb\u00a0: le r\u00e8gne de \u2018Al\u00ee ibn Y\u00fbsuf, fils du pr\u00e9c\u00e9dent, marque entre 1106 et 1142 l\u2019apog\u00e9e du pouvoir almoravide, qui se caract\u00e9rise d\u00e9sormais par une civilisation brillante o\u00f9 l\u2019influence andalouse est de plus en plus pr\u00e9gnante. Architecturalement et artistiquement, mais aussi sur le plan des modes de vie ou dans le domaine de la pens\u00e9e, la culture hispanique florissante du califat de Cordoue rena\u00eet en Espagne comme \u00e0 Marrakech\u00a0: elle a pour corollaire n\u00e9gatif le creusement du gouffre entre les classes privil\u00e9gi\u00e9es et leurs habitudes raffin\u00e9es, d\u2019une part, et le reste de la soci\u00e9t\u00e9, tr\u00e8s marqu\u00e9e par une doctrine malikite bien plus intransigeante, d\u2019autre part. De ce fait, les troubles internes se font de plus en plus nombreux en Afrique tandis que les princes espagnols commencent \u00e0 se rebeller contre la domination almoravide. La fin du r\u00e8gne de \u2018Al\u00ee bin Y\u00fbsuf marque le d\u00e9but d\u2019une p\u00e9riode difficile, au moment o\u00f9 la dynastie des Almohades prend de plus en plus d\u2019ampleur\u00a0: en 1147, la prise de Marrakech par ces derniers signe la fin du pouvoir almoravide.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_4576\" aria-describedby=\"caption-attachment-4576\" style=\"width: 622px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4576 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Palais-Aljaferia-a-Saragosse.jpg?resize=618%2C426&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Palais-Aljaferia-a-Saragosse.jpg?w=622&amp;ssl=1 622w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Palais-Aljaferia-a-Saragosse.jpg?resize=362%2C250&amp;ssl=1 362w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Palais-Aljaferia-a-Saragosse.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4576\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Palais Aljafer\u00eda \u00e0 Saragosse<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>L&#8217;empire \u00e9tait dirig\u00e9 par une \u00e9lite almoravide et un corps de juristes, ou <strong><em>fouqah\u00e2&rsquo;<\/em><\/strong>, qui appliquaient le principe almoravide selon lequel la forme correcte de l&rsquo;islam \u00e9tait une interpr\u00e9tation rigoureuse et litt\u00e9rale des textes de l&rsquo;\u00e9cole de droit M\u00e2lik\u00ee. Bien qu&rsquo;al-Andalous ne soit pas le centre politique de l&#8217;empire, elle exerce une influence culturelle consid\u00e9rable sur les Almoravides, une influence qui persuade le troisi\u00e8me souverain almoravide, <sup>c<\/sup>Al\u00ee Ibnou Youssouf, de r\u00e9sider en Al-Andalous plut\u00f4t qu&rsquo;au Maroc. Les secr\u00e9taires andalous occupaient une place importante dans l&rsquo;administration, et les styles artistiques d&rsquo;al-Andalous \u00e9taient utilis\u00e9s dans les constructions almoravides dans tout l&#8217;empire.<\/p>\n<p>Au cours de cette p\u00e9riode, des po\u00e8tes, philosophes et scientifiques andalous tels que Ma\u00efmonide, Ibnou Rouchd, Ibnou Hazm et Ibnou Toufail acqui\u00e8rent une renomm\u00e9e dans tout le monde islamique. Al-Andalous s&rsquo;int\u00e8gre \u00e9galement plus \u00e9troitement aux r\u00e9seaux commerciaux nord-africains et les dinars d&rsquo;or andalous se retrouvent jusqu&rsquo;au Sahara. Malgr\u00e9 l&rsquo;acculturation des Almoravides aux normes d&rsquo;al-Andalous, de profondes divisions subsistent entre l&rsquo;\u00e9lite berb\u00e8re incurv\u00e9e et la population andalouse arabo-berb\u00e8re \u00e9tablie.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XIe si\u00e8cle, le soufisme, ou mysticisme islamique, a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre en al-Andalus, o\u00f9 il a trouv\u00e9 un public facile parmi les penseurs sophistiqu\u00e9s de la r\u00e9gion. L&rsquo;ajout du mysticisme au bagage th\u00e9osophique et philosophique de l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle andalouse a renforc\u00e9 sa r\u00e9sistance au litt\u00e9ralisme na\u00eff des Almoravides et de leurs <strong><em>fouqah\u00e2&rsquo;<\/em><\/strong>. Le foss\u00e9 entre la doctrine almoravide et la pens\u00e9e islamique contemporaine a \u00e9t\u00e9 symbolis\u00e9 par l&rsquo;autodaf\u00e9 public des \u0153uvres d&rsquo;al-Ghaz\u00e2l\u00ee, [lvi] l&rsquo;\u00e9minent savant oriental qui pr\u00f4nait l&rsquo;assimilation du mysticisme \u00e0 l&rsquo;islam orthodoxe afin de cr\u00e9er une foi intellectuellement et \u00e9motionnellement satisfaisante. Le choc entre la position religieuse des Almoravides et les tendances sophistiqu\u00e9es, philosophiques et mystiques naissantes de la pens\u00e9e andalouse a min\u00e9 le pouvoir almoravide. [lvii]\n<p>Pour leur part, la plupart des Andalous s&rsquo;opposaient au puritanisme pesant des Almoravides, allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 se soulever contre eux de temps \u00e0 autre. Seuls les chefs religieux andalous accueillent favorablement l&rsquo;intervention des Almoravides.\u00a0 <strong>Pour les Almoravides, l&rsquo;Espagne musulmane avait perdu son engagement religieux ; pour les Andalous, leurs conqu\u00e9rants aust\u00e8res n&rsquo;\u00e9taient gu\u00e8re plus que des barbares grossiers du d\u00e9sert<\/strong>. [lviii]\n<p>Les Almoravides d\u00e9sapprouvaient aussi fortement la soumission de leurs coreligionnaires aux chr\u00e9tiens, et \u00e9taient particuli\u00e8rement oppos\u00e9s au paiement de tributs (<strong><em>parias<\/em><\/strong>) aux non-musulmans, ce qui \u00e9tait interdit par la loi islamique (la <strong><em>char\u00ee<sup>c<\/sup>a<\/em><\/strong>), et \u00e9taient constern\u00e9s par les positions d&rsquo;autorit\u00e9 dont jouissaient les chr\u00e9tiens et les juifs dans la soci\u00e9t\u00e9 andalouse. Les attitudes se durcissent, l&rsquo;hostilit\u00e9 augmente et la pers\u00e9cution se g\u00e9n\u00e9ralise, obligeant de nombreux chr\u00e9tiens et juifs \u00e0 \u00e9migrer vers le nord chr\u00e9tien. [lix]\n<p>Au sujet du d\u00e9clin du r\u00e8gne almoravide en al-Andalous, Fatima-Zohra Oufriha a \u00e9crit\u00a0: [lx]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019En effet, malgr\u00e9 l\u2019ampleur de la mobilisation militaire et id\u00e9ologique organis\u00e9e par les Almoravides, et des efforts d\u00e9ploy\u00e9s, ses r\u00e9sultats furent insuffisants pour r\u00e9sister \u00e0 la pouss\u00e9e chr\u00e9tienne. A partir de\u00a01110, ils commencent \u00e0 enregistrer des revers militaires qui vont contribuer \u00e0 leur ali\u00e9ner la population, laquelle apparemment ne s\u2019\u00e9tait ralli\u00e9e \u00e0 une autorit\u00e9 maghr\u00e9bine que dans la mesure o\u00f9 elle \u00e9tait apparue, dans une premi\u00e8re phase, comme la seule \u00e0 m\u00eame de restaurer une situation militaire fortement compromise. Le d\u00e9sastre de Cutenda des forces almoravides en\u00a01120\u00a0est le signe du basculement du rapport de forces entre royaumes chr\u00e9tiens du Nord et forces musulmanes au Sud. Les Almoravides apparaissent alors comme une figure de la d\u00e9cadence.<br \/>\nD\u00e8s que les \u00e9checs sont connus, \u00e9clatent \u00e0 Cordoue en\u00a01121 des \u00e9meutes, pr\u00e9lude \u00e0 des troubles dans beaucoup d\u2019autres villes. A partir de\u00a01144, c\u2019est un embrasement g\u00e9n\u00e9ral qui emporte le pouvoir almoravide, min\u00e9 par ailleurs par la mont\u00e9e en puissance du mouvement almohade. C\u2019est la p\u00e9riode des deuxi\u00e8mes ta\u00effas. Les divisions des musulmans permettent aux chr\u00e9tiens de reprendre une politique de conqu\u00eate\u00a0: Lisbonne est prise en\u00a01147, puis Tortosa, \u00e0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 de la p\u00e9ninsule, et ce, avec l\u2019appui des Crois\u00e9s de l\u2019Europe, en route pour la Palestine. L\u2019empire almoravide se disloque aussi vite qu\u2019il s\u2019\u00e9tait form\u00e9, et ce, dans l\u2019indiff\u00e9rence des populations. El-Andalus se retrouve en\u00a01145, dans la m\u00eame situation qu\u2019au moment de l\u2019intervention de Youssef, d\u00e9chir\u00e9e et sans force, devant l\u2019offensive chr\u00e9tienne\u2026\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Les Imazighen Almohades en al-Andalous (1145-1212)<\/strong><\/p>\n<p>Le califat almohade (tamazight : \u2d49\u2d4e\u2d61\u2d3b\u2d43\u2d43\u2d37\u2d3b\u2d4f (Imwe\u1e25\u1e25den), de l&rsquo;arabe \u0627\u0644\u0645\u0648\u062d\u062f\u0648\u0646 (al-Muwa\u1e25\u1e25id\u016bn), \u00a0\u00bb les monoth\u00e9istes \u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb les unificateurs \u00ab\u00a0) \u00e9tait un mouvement musulman berb\u00e8re marocain fond\u00e9 au XIIe si\u00e8cle. [lxi]\n<p>L&rsquo;histoire se r\u00e9p\u00e9tait-elle ? D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, oui, car au d\u00e9but du XIIe si\u00e8cle, un nouveau renouveau religieux s&rsquo;est implant\u00e9 au Maghreb pour contester l&rsquo;affaiblissement du pouvoir almoravide. [lxii]\n<p>Et les membres de ce mouvement fondamentaliste de souche amazighe, connus sous le nom d&rsquo;Almohades, ou unitariens, furent invit\u00e9s en al-Andalous pour \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames raisons que les Almoravides : s&rsquo;opposer aux avanc\u00e9es chr\u00e9tiennes et contrer le style de vie ax\u00e9 sur le plaisir auquel les Almoravides avaient succomb\u00e9. [lxiii]\n<p>Les Almohades arriv\u00e8rent en 1145 et d\u00e9clench\u00e8rent une fois de plus un processus de r\u00e9unification de ce qui restait d&rsquo;al-Andalous, bien qu&rsquo;il y ait eu une forte opposition de la part des r\u00e9gions de Valence et de Murcie, o\u00f9 un individu r\u00e9ussit \u00e0 se tailler un royaume de 1149 \u00e0 sa mort en 1172.\u00a0 Il s&rsquo;appelait Mohammad Ibnou Sa<sup>c<\/sup>d, plus connu sous son nom chr\u00e9tien de <em>El Rey Lobo<\/em> (roi loup). [lxiv]\n<p>Lobo d\u00e9testait les Almohades plus que les chr\u00e9tiens et, bien que musulman, il ne perdait aucune occasion de s&rsquo;allier avec un souverain chr\u00e9tien, payant souvent des tributs, comme l&rsquo;avaient fait les souverains des royaumes de ta\u00effa. Il parlait \u00e0 la fois l&rsquo;arabe et l&rsquo;espagnol de l&rsquo;\u00e9poque, portait des v\u00eatements chr\u00e9tiens, utilisait souvent des soldats chr\u00e9tiens aux c\u00f4t\u00e9s de ses troupes musulmanes et encourageait m\u00eame les chr\u00e9tiens \u00e0 s&rsquo;installer sur les terres qu&rsquo;il contr\u00f4lait.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l&rsquo;opposition qu&rsquo;ils rencontrent en al-Andalous, les Almohades \u00e9l\u00e8vent S\u00e9ville au rang de co-capitale avec Marrakech. Cela remplissait deux fonctions :<\/p>\n<ul>\n<li>Placer les d\u00e9cideurs plus pr\u00e8s de l&rsquo;action\u00a0; et<\/li>\n<li>Ecarter les craintes des Andalous de voir al-Andalous redevenir une simple province dirig\u00e9e depuis le Maroc,<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, les Almohades d\u00e9sapprouvaient le mode de vie des Andalous, et suivant une interpr\u00e9tation plus stricte et plus orthodoxe du Coran, ils \u00e9taient plus militants dans le rejet des plaisirs mat\u00e9riels. Ils \u00e9taient \u00e9galement plus djihadistes et beaucoup plus intol\u00e9rants \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des chr\u00e9tiens et des juifs, et exigeaient la conversion \u00e0 l&rsquo;Islam comme prix \u00e0 payer pour rester en al-Andalous. Comme on pouvait s&rsquo;y attendre, de nombreux chr\u00e9tiens et juifs ont abandonn\u00e9 al-Andalous pour les royaumes chr\u00e9tiens du nord. [lxv]\n<p>Le point culminant de la domination almohade est atteint en 1195 avec la d\u00e9faite retentissante d&rsquo;Alphonse VIII de Castille \u00e0 Alarcos (\u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 mi-chemin entre Madrid et Grenade). Si la victoire est douce pour les Almohades, la d\u00e9faite renforce la d\u00e9termination d&rsquo;Alphonse \u00e0 se d\u00e9barrasser d&rsquo;eux en Espagne.<\/p>\n<p>Mais il y avait un obstacle majeur : La Castille seule n&rsquo;\u00e9tait pas assez forte pour vaincre les Almohades, mais les litiges territoriaux, la suspicion mutuelle et les hostilit\u00e9s entre les cinq royaumes qui constituaient alors l&rsquo;Ib\u00e9rie chr\u00e9tienne (Castille, Le\u00f3n, Navarre, Portugal et Aragon) sapaient constamment toute notion d&rsquo;unit\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p>C&rsquo;est notamment le cas entre la Castille, le Le\u00f3n et la Navarre. En effet, apr\u00e8s la bataille d&rsquo;Alarcos, [lxvi] les rois de Le\u00f3n et de Navarre ont exploit\u00e9 le malheur de la Castille, attaquant les terres castillanes pour se venger des affronts qu&rsquo;ils avaient subis de la part de leur voisin plus puissant ! M\u00eame les injures personnelles pouvaient provoquer une d\u00e9fection. Il existe un cas bien document\u00e9 d&rsquo;un noble castillan de premier plan, Pedro Fern\u00e1ndez de Castro, qui a combattu pour les Almohades lors de la bataille d&rsquo;Alarcos \u00e0 la suite d&rsquo;une querelle avec Alphonse VIII. [lxvii]\n<p>O\u00f9 Alphonse VIII pouvait-il donc chercher du soutien ? Comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Alphonse VI (qui avait fait appel \u00e0 l&rsquo;aide des Fran\u00e7ais contre les Almoravides), Alphonse regarde au-del\u00e0 des Pyr\u00e9n\u00e9es. Ici, la principale force motrice \u00e9tait le pape \u00e2g\u00e9, C\u00e9lestin III. En 1197, C\u00e9lestin lan\u00e7a un appel \u00e0 la croisade en Espagne, appel qui fut r\u00e9it\u00e9r\u00e9 par son successeur, Innocent III, en 1206.\u00a0 C\u00e9lestin mena\u00e7ait \u00e9galement les chefs chr\u00e9tiens d&rsquo;excommunication et faisait pression sur eux pour qu&rsquo;ils se r\u00e9concilient (l&rsquo;un des r\u00e9sultats de cette pression fut le mariage du roi l\u00e9onais -Alfonso IX- avec la princesse castillane B\u00e9renguela en 1197).<\/p>\n<figure id=\"attachment_4577\" aria-describedby=\"caption-attachment-4577\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4577 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-Almohade.jpg?resize=618%2C468&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"468\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-Almohade.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-Almohade.jpg?resize=330%2C250&amp;ssl=1 330w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Empire-Almohade.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4577\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Empire Almohade<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>En 1212, soutenus par les ordres militaires chr\u00e9tiens et les crois\u00e9s, les souverains de Castille, d&rsquo;Aragon, de Navarre et du Portugal vainquent les Almohades lors de la bataille de Las Navas de Tolosa. [lxviii] Au cours des d\u00e9cennies suivantes, le pouvoir des Almohades en Espagne d\u00e9cline, laissant les villes andalouses vuln\u00e9rables aux conqu\u00eates. Pendant ce temps, la dynastie musulmane la plus durable d&rsquo;Ib\u00e9rie, les Nasrides, monte en puissance \u00e0 Grenade, avec 20 rois diff\u00e9rents r\u00e9gnant de 1238 \u00e0 1492.<\/p>\n<p>Sous le r\u00e8gne d&rsquo;Abou Ya<sup>c<\/sup>qoub Youssouf (1163-1184), les Almohades consolident leur position en al-Andalous, qui est d\u00e9sormais une partie p\u00e9riph\u00e9rique d&rsquo;un grand empire nord-africain. Abou Ya<sup>c<\/sup>qoub Youssouf est entr\u00e9 en al-Andalous \u00e0 deux reprises : d&rsquo;abord en 1172, lorsqu&rsquo;il a persuad\u00e9 les souverains de Valence et de Murcie de se soumettre \u00e0 son autorit\u00e9, puis en 1183, lorsqu&rsquo;il a lib\u00e9r\u00e9 Santarem, Cordoue, Grenade et Malaga d&rsquo;une offensive conjointe des Portugais et des Castillans. Il mourut des suites de blessures re\u00e7ues au cours de cette campagne.<\/p>\n<p>Abou Ya<sup>c<\/sup>qoub Youssouf fut remplac\u00e9 par Abou Youssouf Ya<sup>c<\/sup>qoub al-Mansour (1184-1199), qui endigua l&rsquo;avanc\u00e9e chr\u00e9tienne \u00e0 la bataille d&rsquo;Alarcos (1195). Ya<sup>c<\/sup>qoub al-Mansour ordonna \u00e9galement la construction des grandes mosqu\u00e9es almohades de S\u00e9ville, Rabat et Marrakech. Bien que les Almohades aient \u00e9t\u00e9 aussi aust\u00e8res sur le plan religieux que les Almoravides, ils n&rsquo;ont pas rejet\u00e9 le mysticisme ou la philosophie orthodoxe et sont devenus de grands m\u00e9c\u00e8nes de la philosophie andalouse. Ibnou Toufail et Ibnou Rouchd, connu en Europe sous le nom d&rsquo;Averro\u00e8s, \u00e9taient tous deux membres de la cour almohade et discutaient r\u00e9guli\u00e8rement de philosophie et de m\u00e9decine avec les califes almohades. Les Almohades n&rsquo;en \u00e9taient pas moins intransigeants dans leurs opinions, comme le laissait entendre la beaut\u00e9 s\u00e9v\u00e8re de leur architecture monumentale, aujourd&rsquo;hui repr\u00e9sent\u00e9e en Espagne par la Giralda de S\u00e9ville. [lxix]\n<p>Au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle, le vent tourne soudainement et l&rsquo;offensive chr\u00e9tienne contre l&rsquo;Espagne musulmane s&rsquo;intensifie brusquement. \u00c0 la bataille de Las Navas de Tolosa (1212), [lxx] les Castillans ont vaincu les Almohades, dont l&rsquo;autorit\u00e9 en Espagne s&rsquo;est imm\u00e9diatement effondr\u00e9e. Alors que le pouvoir des Almohades s&rsquo;affaiblit et que leur empire se fragmente en \u00c9tats successeurs, les Castillans et les Aragonais progressent. Valence et Murcie tombent, puis, au cours d&rsquo;une seule campagne castillane dans la vall\u00e9e du Guadalquivir, Cordoue (1236) et S\u00e9ville (1248) sont prises. Tout comme la chute de Tol\u00e8de en 1085 avait marqu\u00e9 une \u00e9tape dans l&rsquo;avanc\u00e9e des chr\u00e9tiens vers le sud, la chute de Cordoue rev\u00eat une signification profonde. Bien que l&rsquo;attaque n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9e et qu&rsquo;elle ait pris Ferdinand III au d\u00e9pourvu, celui-ci se pr\u00e9cipite \u00e0 Cordoue et c\u00e9l\u00e8bre la chute de la ville par un Te Deum symbolique de la victoire dans la grande mosqu\u00e9e. Cordoue ne fut jamais reprise par les musulmans et servit d\u00e8s lors de principale base castillane pour la conqu\u00eate du sud musulman. Sa chute marque \u00e9galement le d\u00e9but des mouvements de populations chr\u00e9tiennes vers le sud et le d\u00e9placement des populations musulmanes qui se r\u00e9fugient \u00e0 Grenade. <strong>La reconqu\u00eate a commenc\u00e9<\/strong>. [lxxi]\n<figure id=\"attachment_4578\" aria-describedby=\"caption-attachment-4578\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4578 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Alhambra-Poptile-de-lartiste-Eduardo-Gorlat-fait-le-lien-entre-lancien-et-le-nouveau..jpg?resize=618%2C648&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"648\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Alhambra-Poptile-de-lartiste-Eduardo-Gorlat-fait-le-lien-entre-lancien-et-le-nouveau..jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Alhambra-Poptile-de-lartiste-Eduardo-Gorlat-fait-le-lien-entre-lancien-et-le-nouveau..jpg?resize=238%2C250&amp;ssl=1 238w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4578\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">\u00ab\u00a0Alhambra Poptile\u00a0\u00bb, de l&rsquo;artiste Eduardo Gorlat, fait le lien entre l&rsquo;ancien et le nouveau.<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Conclusion\u00a0: Impact berb\u00e8re sur l\u2019Andalousie<\/strong><\/p>\n<p>La conqu\u00eate de l&rsquo;Ib\u00e9rie fut entreprise par des troupes berb\u00e8res nouvellement converties, clientes de l&rsquo;arm\u00e9e arabe \u00e0 l&rsquo;ouest. Deux chefs berb\u00e8res, T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d et T\u00e2rif Ibnou Mollouq, ont en fait initi\u00e9 la campagne, et il est possible que les Berb\u00e8res aient d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 la conqu\u00eate de l&rsquo;\u00c9tat wisigoth, affaibli comme il l&rsquo;\u00e9tait par des luttes intestines et l&rsquo;opposition de ses sujets chr\u00e9tiens et juifs.<\/p>\n<p>T\u00e2rif Ibnou Mollouq m\u00e8ne une exp\u00e9dition de reconnaissance \u00e0 travers le d\u00e9troit et s&#8217;empare de Tar\u00eefa, qui porte encore son nom. En 711, T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d fait traverser le d\u00e9troit \u00e0 une arm\u00e9e berb\u00e8re. Cordoue est tomb\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e et, en 712, les musulmans ont vaincu les Wisigoths et pris leur capitale, Tol\u00e8de. Comme les rois wisigoths \u00e9taient oints \u00e0 Tol\u00e8de, la chute de la ville avait une signification symbolique et strat\u00e9gique et marquait l&rsquo;effondrement de la r\u00e9sistance wisigothique. Les Berb\u00e8res sont bient\u00f4t rejoints par une arm\u00e9e arabe de 18 000 hommes dirig\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Ibnou Noussair.<\/p>\n<p>Les musulmans d&rsquo;al-Andalous \u00e9taient compos\u00e9s d&rsquo;Arabes, de Berb\u00e8res et d&rsquo;Ib\u00e8res autochtones convertis \u00e0 l&rsquo;islam (+descendants). Cependant, les diff\u00e9rents groupes islamiques de l&rsquo;Ib\u00e9rie m\u00e9di\u00e9vale provenaient de milieux ethnoculturels diff\u00e9rents, et les trois principaux groupes &#8211; Arabes, Berb\u00e8res et Moul\u00e2di (musulmans ib\u00e9riques autochtones) &#8211; formaient trois communaut\u00e9s distinctes qui contribuaient \u00e0 la nature (relativement) cosmopolite de la soci\u00e9t\u00e9 andalouse. Les Arabes formaient l&rsquo;\u00e9lite d&rsquo;al-Andalous, du moins jusqu&rsquo;\u00e0 la conqu\u00eate almoravide de l&rsquo;Ib\u00e9rie islamique par les Berb\u00e8res de souche, les musulmans non arabes constituant des citoyens de seconde zone.<\/p>\n<p>Cependant, en raison de l&rsquo;effet d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation de l&rsquo;arabe qui devient de plus en plus la langue v\u00e9hiculaire de l&rsquo;Islam (rempla\u00e7ant les dialectes romans), vers 1100, les distinctions ethniques entre les Ib\u00e8res musulmans deviennent beaucoup plus floues et, par cons\u00e9quent, la hi\u00e9rarchie sociale entre les Arabes ethniques et les musulmans non arabes s&rsquo;estompe. [lxxii]\n<p>Les joyaux des couronnes de ces empires \u00e9taient les villes du sud de l&rsquo;Espagne (Cordoue, Grenade et S\u00e9ville) et du Maroc (Marrakech, F\u00e8s, Rabat), o\u00f9 les califes successifs ont cherch\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer l&rsquo;environnement urbain pour leurs sujets et \u00e0 marquer durablement les centres de pouvoir politique et religieux. L&rsquo;\u00e9lite berb\u00e8re est devenue un important m\u00e9c\u00e8ne pour les ing\u00e9nieurs, les artistes et les artisans et, ce faisant, a favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement du commerce et de la technologie dans toute la r\u00e9gion &#8211; et a donn\u00e9 naissance \u00e0 des chefs-d&rsquo;\u0153uvre architecturaux qui continuent d&rsquo;impressionner. [lxxiii]\n<p>\u00c0 S\u00e9ville, la <em>Torre del Oro<\/em> (tour d&rsquo;or) sur le fleuve Guadalquivir a \u00e9t\u00e9 construite par les Almohades amazighs dans le cadre d&rsquo;un syst\u00e8me destin\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger la ville. Construit en pierre de taille et en mortier, le b\u00e2timent \u00e0 12 c\u00f4t\u00e9s \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine recouvert de chaux \u00e9tincelante, ce qui pourrait \u00eatre un indice de son nom. Une cha\u00eene reliant la <em>Torre del Oro<\/em> \u00e0 une deuxi\u00e8me tour situ\u00e9e de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re pouvait \u00eatre tir\u00e9e pour interdire l&rsquo;acc\u00e8s au port. \u00c0 Cordoue, la tour quadrangulaire <em>Calahorra<\/em> est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9e comme une structure almohade con\u00e7ue pour dissuader, d\u00e9fendre et durer. [lxxiv]\n<p>Les premi\u00e8res r\u00e9f\u00e9rences historiques qui signalent l&rsquo;existence de liens \u00e9conomiques, culturels, sociaux et politiques entre les Amazighs et les peuples europ\u00e9ens et m\u00e9diterran\u00e9ens (Ib\u00e8res, Ph\u00e9niciens, Celtes, Grecs, Carthaginois, Romains, etc.) remontent aux temps les plus anciens, et ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9es par certains des plus grands historiens tels que le Grec H\u00e9rodote, le Romain Salust, et le Berb\u00e8re Saint Augustin.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque moderne, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des Europ\u00e9ens pour les Amazighs prend une importance majeure \u00e0 partir du XIX\u00e8me si\u00e8cle, suite aux premi\u00e8res recherches men\u00e9es par les explorateurs europ\u00e9ens dans le nord de l&rsquo;Afrique. Ainsi, les recherches scientifiques et universitaires se sont multipli\u00e9es durant la p\u00e9riode coloniale. Tout cela a conduit \u00e0 la cr\u00e9ation, au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, de d\u00e9partements consacr\u00e9s aux \u00e9tudes amazighes dans plusieurs universit\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, nous constatons encore que ce peuple et ses contributions pertinentes pour les civilisations euro-m\u00e9diterran\u00e9ennes est souvent peu connu en Europe et dans le monde. Pendant des si\u00e8cles, les Amazighs ont contribu\u00e9 aux fondements d&rsquo;une civilisation islamique dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, laissant leur empreinte dans tous les domaines de l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Andalus, tels que les valeurs, les arts, les sciences, le droit et la tradition, l&rsquo;organisation socio-politique et \u00e9conomique, l&rsquo;architecture, la toponymie, les monuments, entre autres.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] Ibnalkadi, Hicham &amp; Mohamed. <em>Tariq Ibn Ziyad: Life of a Legend: History&rsquo;s Greatest Generals-The General that never lost a battle<\/em>. Kindle store.<\/p>\n<p>Ce livre pr\u00e9sente l&rsquo;histoire de l&rsquo;un des h\u00e9ros islamiques les plus glorifi\u00e9s et c\u00e9l\u00e9br\u00e9s, \u00e0 savoir Tariq Ibn Ziyad. Il a men\u00e9 de nombreuses batailles courageuses pour r\u00e9pandre la vision de l&rsquo;Islam dans l&rsquo;Espagne et le Portugal actuels.<\/p>\n<p>Il a courageusement men\u00e9 la bataille contre les Wisigoths et a prononc\u00e9 l&rsquo;un des meilleurs discours \u00e0 ses soldats pour les motiver. Pendant la \u00ab\u00a0bataille de Guadalete\u00a0\u00bb, T\u00e2riq a dit : \u00ab\u00a0<em>Oh mes guerriers, o\u00f9 voulez-vous fuir ? Derri\u00e8re vous, il y a la mer, devant vous, l&rsquo;ennemi. Il ne vous reste plus que l&rsquo;espoir de votre courage et de votre constance<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>La retraite est facile quand on en a le choix. Donc, pour lui, c&rsquo;\u00e9tait tout ou rien. Il obligea ses hommes \u00e0 \u00eatre constants pendant la bataille et leur dit que la victoire \u00e9tait la seule voie possible.<\/p>\n[ii] Fletcher, Richard A. <em>Moorish Spain<\/em>. Berkeley: University of California Press, 2006.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de l&rsquo;ann\u00e9e 711 et pendant pr\u00e8s de mille ans, la pr\u00e9sence islamique a surv\u00e9cu en Espagne, tant\u00f4t florissante, tant\u00f4t r\u00e9duite \u00e0 des fiefs en guerre. Mais la culture et la science ainsi apport\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Espagne, y compris les connaissances grecques longtemps enfouies et largement oubli\u00e9es pendant l&rsquo;\u00e2ge des t\u00e9n\u00e8bres en Europe, devaient avoir un impact durable sur le pays au moment o\u00f9 il entrait dans l&rsquo;\u00e8re moderne. Dans cette histoire gracieusement \u00e9crite, Richard Fletcher r\u00e9v\u00e8le la culture mauresque dans toute sa fascinante disparit\u00e9 et nous offre l&rsquo;histoire dans ce qu&rsquo;elle a de meilleur : voici une histoire vivante racont\u00e9e par un \u00e9rudit de renom.<\/p>\n[iii] Bagley, Frank R.C. <em>The Last Great Muslim Empires<\/em>. Leiden: Brill, 1997.<\/p>\n[iv] Ibn Khaldoun (trad.\u00a0William Mac Guckin de Slane).\u00a0<em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>. Alger\u00a0: Imprimerie du gouvernement,\u00a01852.<\/p>\n[v] Stepanova, A. \u2018\u2019Who Conquered Spain? The Role of the Berbers in the Conquest of the Iberian Peninsula\u2019\u2019, <em>Eco-Vector, <\/em>Vol 4, No 1, 2018, pp. 78-87, <a href=\"https:\/\/journals.eco-vector.com\/2410-0145\/article\/view\/35149\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.eco-vector.com\/2410-0145\/article\/view\/35149<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Des cat\u00e9gories telles que \u00ab\u00a0les Berb\u00e8res\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0les Arabes\u00a0\u00bb sont historiques. Leur production, leur maintien et leur reproduction se produisent dans des circonstances particuli\u00e8res. Comme les circonstances changent, ces cat\u00e9gories changent aussi. Le r\u00f4le des Arabes dans l&rsquo;histoire m\u00e9di\u00e9vale du Maghreb est g\u00e9n\u00e9ralement exag\u00e9r\u00e9. Un certain nombre de dynasties berb\u00e8res puissantes ont \u00e9merg\u00e9 au cours du Moyen \u00c2ge au Maghreb et en al-Andalous. Ce rapport est motiv\u00e9 par le d\u00e9sir de retracer le processus de la conqu\u00eate d&rsquo;al-Andalous au d\u00e9but du 8e s. En parlant d&rsquo;al-Andalous, il convient de noter que les musulmans qui sont entr\u00e9s en Ib\u00e9rie en 711 \u00e9taient principalement des Berb\u00e8res, et \u00e9taient dirig\u00e9s \u00e0 nouveau par un Berb\u00e8re, T\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d. Pouvons-nous affirmer que les Berb\u00e8res formaient environ 65-70% ou du moins la majeure partie de la population islamique en Ib\u00e9rie \u00e0 cette \u00e9poque ? C&rsquo;est la question qui m&rsquo;avait pouss\u00e9 \u00e0 faire des recherches. Je soutiens que c&rsquo;est vrai, compte tenu de l&rsquo;analyse de la structure militaire de l&rsquo;arm\u00e9e arabo-berb\u00e8re, de la comparaison qui serait faite sur la base des sources li\u00e9es au sujet, du point de vue de la position des Berb\u00e8res dans la hi\u00e9rarchie du pouvoir en Ib\u00e9rie, et \u00e0 travers la description du contexte culturel et historique. Cette \u00e9tude offre une occasion importante de faire progresser la compr\u00e9hension du r\u00f4le des Berb\u00e8res dans la conqu\u00eate de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, qui sont peut-\u00eatre ceux qui ont fait pencher la balance en faveur des tribus arabes.<\/p>\n[vi] Ah\u0323mad ibn Muh\u0323ammad al-Maqqari\u0304, Ibn al-Khat\u0323i\u0304b &amp; Pascual de Gayangos. <em>The history of the Mohammedan dynasties in Spain: extracted from the Nafhu-t-ti\u0301b min ghosni-l-Andalusi-r-ratti\u0301b wa ta\u0301ri\u0301kh Lisa\u0301nu-d-Di\u0301n Ibni-l-Khatti\u0301b<\/em>. London: Oriental translation fund of Great Britain and Ireland, sold by W. H. Allen and co.,\u00a01840-43.<\/p>\n<p>L&rsquo;historien musulman du XVIIe si\u00e8cle al-Maqqari (n\u00e9 \u00e0 Tlemcen vers 15775 et mort au Caire en 1632) a \u00e9crit qu&rsquo;en d\u00e9barquant, T\u00e2riq a br\u00fbl\u00e9 ses navires puis a prononc\u00e9 un discours historique (bien connu dans le monde musulman) \u00e0 ses soldats\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Oh mes guerriers, o\u00f9 voulez-vous fuir ? Derri\u00e8re vous, c&rsquo;est la mer, devant vous, l&rsquo;ennemi. Il ne vous reste plus que l&rsquo;espoir de votre courage et de votre constance. Souvenez-vous que dans ce pays vous \u00eates plus malheureux que l&rsquo;orphelin assis \u00e0 la table du ma\u00eetre avare. Votre ennemi est devant vous, prot\u00e9g\u00e9 par une arm\u00e9e innombrable ; il a des hommes en abondance, mais vous, comme seul secours, vous avez vos propres \u00e9p\u00e9es, et, comme seule chance de vie, celle que vous pouvez arracher des mains de votre ennemi. Si le manque absolu auquel vous \u00eates r\u00e9duit se prolonge un tant soit peu, si vous tardez \u00e0 saisir le succ\u00e8s imm\u00e9diat, votre bonne fortune s&rsquo;\u00e9vanouira, et vos ennemis, que votre seule pr\u00e9sence a remplis de crainte, prendront courage. \u00c9loignez de vous la disgr\u00e2ce que vous fuyez en r\u00eave, et attaquez ce monarque qui a quitt\u00e9 sa ville fortement fortifi\u00e9e pour venir \u00e0 votre rencontre. Voici une occasion splendide de le vaincre, si vous consentez \u00e0 vous exposer librement \u00e0 la mort. Ne croyez pas que je veuille vous inciter \u00e0 affronter des dangers que je refuserai de partager avec vous. Dans l&rsquo;attaque, je serai moi-m\u00eame en premi\u00e8re ligne, l\u00e0 o\u00f9 les chances de vie sont toujours les plus faibles.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Rappelez-vous que le commandant des vrais croyants, Alwalid(<\/em><em>\u0627\u0644\u0648\u0644\u06cc\u062f<\/em><em>), fils d&rsquo;Abdalmelik(<\/em><em>\u0639\u0628\u062f\u0627\u0644\u0645\u0627\u0644\u06a9<\/em><em>), vous a choisis pour cette attaque parmi tous ses guerriers arabes ; et il vous promet que vous deviendrez ses camarades et que vous aurez le rang de rois dans ce pays. Telle est sa confiance en votre intr\u00e9pidit\u00e9. Le seul fruit qu&rsquo;il d\u00e9sire obtenir de votre bravoure est que la parole de Dieu soit exalt\u00e9e dans ce pays, et que la vraie religion y soit \u00e9tablie. <\/em><em>Le butin vous appartiendra.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Rappelez-vous que je me place au premier rang de cette charge glorieuse que je vous exhorte \u00e0 faire. Au moment o\u00f9 les deux arm\u00e9es se rencontreront corps \u00e0 corps, vous me verrez, n&rsquo;en doutez pas, chercher ce Roderick, tyran de son peuple, le d\u00e9fier au combat, si ALLAH le veut. Si je p\u00e9ris apr\u00e8s cela, j&rsquo;aurai eu au moins la satisfaction de vous d\u00e9livrer, et vous trouverez facilement parmi vous un h\u00e9ros exp\u00e9riment\u00e9, \u00e0 qui vous pourrez confier avec confiance la t\u00e2che de vous diriger. Mais si je tombe avant d&rsquo;avoir atteint Roderick, redoublez d&rsquo;ardeur, forcez-vous \u00e0 l&rsquo;attaque et parvenez \u00e0 la conqu\u00eate de ce pays, en le privant de la vie. <\/em><em>Avec lui mort, ses soldats ne vous d\u00e9fieront plus.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cf. Paul Starkey, \u00abAl-Maqqari, Shihab al Din Ahmad Ibn Muhammad (c. 1577 &#8211; 1632)\u00bb, in Ian Richard Netton,\u00a0<em>Encyclopaedia of Islam<\/em>. London: Routledge, 2013.<\/p>\n<p>Cf. Josef W. Meri.\u00a0<em>Medieval Islamic Civilization: An Encyclopedia. <\/em>London: Taylor &amp; Francis,\u00a02005.<\/p>\n[vii] Nicolle, David.\u00a0<em>The Great Islamic Conquests AD 632\u2013750<\/em>. London: Bloomsbury Publishing, 2009.<\/p>\n[viii] Ibnalkadi, Hicham &amp; Mohamed. <em>Tariq Ibn Ziyad: Life of a Legend: History&rsquo;s Greatest Generals-The General that never lost a battle<\/em>. Kindle, 2021.<\/p>\n[ix] Hart, David M. Review: [Untitled]<strong>, <\/strong>Reviewed Work:\u00a0<em>The Muslim Conquest and Settlement of North Africa and Spain<\/em>\u00a0by Abdulwahid Dhanun Taha, <em>Middle East Journal<\/em>, vol. 44, no. 4, 1990, pp. 723\u201325. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/4328216\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/4328216<\/a><\/p>\n[x] Ibn Khallikan, vol. 3 p. 81 de la traduction anglaise, se r\u00e9f\u00e8re m\u00eame \u00e0 lui comme \u00ab\u00a0T\u00e2rik Ibn Nusair\u00a0\u00bb, mais comme De Slane le dit dans une note de bas de page, cela est probablement d\u00fb \u00e0 l&rsquo;omission accidentelle des mots \u00ab\u00a0affranchi de Musa\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ibn Khallikan.<em> Ibn Khallikan&rsquo;s Biographical Dictionary<\/em>, Volume III. New York City: Cosimo Classics, 2010.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong>\u00a0: Le Dictionnaire biographique d&rsquo;Ibn Khallikan, ou Mort d&rsquo;hommes \u00e9minents et Histoire des fils de l&rsquo;\u00e9poque, est l&rsquo;ouvrage le plus connu et le plus respect\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9rudit arabe Ibn Khallikan. L&rsquo;auteur a travaill\u00e9 sur ce tome de 1256 \u00e0 1274, compilant les noms, les g\u00e9n\u00e9alogies et les histoires d&rsquo;hommes \u00e9minents ou remarquables du monde islamique. L&rsquo;ouvrage final a \u00e9t\u00e9 traduit en anglais par William MacGuckin de Slane et compte plus de 2 700 pages. Il a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 par de nombreux rh\u00e9toriciens et grammairiens arabes dans d&rsquo;autres ouvrages, car il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des plus importants documents d&rsquo;histoire arabe jamais \u00e9crits. Ici, s\u00e9par\u00e9 en quatre volumes, le Dictionnaire biographique est un ouvrage essentiel pour tout \u00e9tudiant de la culture et de la litt\u00e9rature musulmanes. Le volume III comprend : Un index d\u00e9taill\u00e9 de toutes les biographies ; des notes du traducteur pour chaque biographie ; et les g\u00e9n\u00e9alogies de centaines de personnalit\u00e9s musulmanes, dont le Katib Imad Ad-Din Al-Ispahani, Abu Bakr Al-Khowarezmi, Mukhlis Ad-Dawla Mukallad, et Nasr Al-Khubzaruzzi. IBN KHALLIKAN (1211-1282) \u00e9tait un \u00e9rudit arabe du treizi\u00e8me si\u00e8cle qui a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Damas, Mossoul et Alep, se sp\u00e9cialisant dans les domaines de la langue, de la th\u00e9ologie et du droit, y compris la jurisprudence. Il est devenu un juge tr\u00e8s respect\u00e9 au Caire, avant de devenir juge en chef \u00e0 Damas en 1261. Khallikan a \u00e9crit plusieurs livres, mais son plus connu est Deaths of Eminent Men and History of the Sons of the Epoch, souvent appel\u00e9 le \u00ab\u00a0Dictionnaire biographique\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il a mis pr\u00e8s de 20 ans \u00e0 terminer. Khallikan a quitt\u00e9 son poste de juge juste avant sa mort en 1282. Il \u00e9tait l&rsquo;un des historiens et th\u00e9ologiens les plus connus d&rsquo;\u00c9gypte.<\/p>\n[xi] Abu Abdullah Muhammad al-Idrisi al-Qurtubi al-Hasani as-Sabti, ou simplement al-Idrisi (arabe : \u0623\u0628\u0648 \u0639\u0628\u062f \u0627\u0644\u0644\u0647 \u0645\u062d\u0645\u062f \u0627\u0644\u0625\u062f\u0631\u064a\u0633\u064a \u0627\u0644\u0642\u0631\u0637\u0628\u064a \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646\u064a \u0627\u0644\u0633\u0628\u062a\u064a ; latin : Dreses ; 1100 &#8211; 1165), \u00e9tait un g\u00e9ographe, cartographe et \u00e9gyptologue arabe musulman qui v\u00e9cut quelque temps \u00e0 Palerme, en Sicile, \u00e0 la cour du roi Roger II. Muhammed al-Idrisi est n\u00e9 \u00e0 Ceuta qui appartenait alors aux Almoravides. Il a cr\u00e9\u00e9 la <em>Tabula Rogeriana<\/em>, l&rsquo;une des cartes du monde m\u00e9di\u00e9val les plus avanc\u00e9es.<\/p>\n<p>Cf. Ahmad, S. Maqbul. \u00ab\u00a0Cartography of al-Shar\u012bf al-Idr\u012bs\u012b\u00a0\u00bb, in\u00a0Harley, J.B.;\u00a0Woodward, D.\u00a0(eds.),\u00a0<a href=\"http:\/\/www.press.uchicago.edu\/books\/HOC\/HOC_V2_B1\/HOC_VOLUME2_Book1_chapter7.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>The History of Cartography Vol. 2 Book 1: Cartography in the traditional Islamic and South Asian Societies<\/em><\/a>. Chicago: University of Chicago Press, 1992, pp.\u00a0156\u2013174.<\/p>\n[xii] Colin, Georges S., L\u00e9vi-Proven\u00e7al, Evanste. <em>Histoire de l\u2019Afrique du Nord et de l\u2019Espagne<\/em> intitul\u00e9e <em>Kit\u0101b al-Bay\u0101n al-Mughrib<\/em>,\u00a0 trans.\u00a0 ar.\u00a0 Ibn Idhari,\u00a0 <em>Kit\u0101b al-bay\u0101n al-mughrib f\u012b\u2019\u1e2bti\u1e63\u0101r akhb\u0101r mul\u016bk al-Andalus wa\u2019l-Maghrib<\/em> (<em>\u0643\u062a\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0628\u064a\u0627\u0646 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0641\u064a \u0627\u062e\u062a\u0635\u0627\u0631 \u0623\u062e\u0628\u0627\u0631\u0645\u0644\u0648\u0643 \u0627\u0644\u0623\u0646\u062f\u0644\u0633 \u0648\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628<\/em>). Leiden: E.J. Brill, 1948, p. 17.<\/p>\n[xiii] De Gayangos, Pascual. <em>The History of the Mohammedan Dynasties in Spain<\/em>, trans. from Ahmed ibn Mohammed Al-Makkar\u00ed <em>Nafhu-t-t\u00edb min Ghosni-l-andalusi-r-ratt\u00edb wa T\u00e1r\u00edkh Lis\u00e1nu-d-d\u00edn ibni-l-Khatt\u00edb<\/em> (\u0645\u0635\u0631\u060c \u0633\u0646\u0629 1038\u06be\u0640 \/<em>1628<\/em><em>\u0645\u0646\u0641\u062d \u0627\u0644\u0637\u064a\u0628 \u0645\u0646 \u063a\u0635\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0646\u062f\u0644\u0633 \u0627\u0644\u0631\u0637\u064a\u0628<\/em>\u060c\u0627\u0644\u0645\u0642\u0631\u064a \u0627\u0644\u062a\u0644\u0645\u0633\u0627\u0646\u064a\u060c). London: W.H. Allen and Co, 1840-1843, 1840, 4.2.<\/p>\n[xiv] Rouighi, Ramzi.\u00a0\u00a0\u2018\u2019The Andalusi origins of the Berbers?\u2019\u2019,\u00a0<em>Journal of Medieval Iberian Studies<\/em>,\u00a02:1, 2010, pp.\u00a093-108,<\/p>\n[xv]Coope, Jessica A. \u2018\u2019 Arabs, Berbers, and Local Converts\u2019\u2019, chapter in <em>The Routledge Handbook of Muslim Iberia<\/em>. London: Routledge, 2020.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>: Pendant les trois premiers si\u00e8cles de la domination islamique en al-Andalous (Espagne musulmane), les musulmans \u00e9taient loin d&rsquo;\u00eatre unis. Bien qu&rsquo;ils partageaient une religion commune, ils \u00e9taient fortement divis\u00e9s selon des lignes ethniques. Une dynastie arabe, les Omeyyades, a r\u00e9gn\u00e9 sur Al-Andalous depuis leur capitale \u00e0 Cordoue jusqu&rsquo;en 422\/1031, et a form\u00e9 le noyau d&rsquo;une \u00e9lite qui se d\u00e9finissait comme arabo-musulmane. Cependant, les Berb\u00e8res, les peuples tribaux d&rsquo;Afrique du Nord qui sont arriv\u00e9s en al-Andalous avec l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;invasion en 92\/711, constituaient \u00e9galement une part importante de la population musulmane. Ils n&rsquo;appr\u00e9ciaient pas les revendications de sup\u00e9riorit\u00e9 des Arabes et se sont souvent rebell\u00e9s contre les Omeyyades. \u00c0 mesure que l&rsquo;islam se r\u00e9pandait dans la p\u00e9ninsule, les Ib\u00e8res issus de familles converties, appel\u00e9s mouwallads, sont devenus un autre sous-groupe important de l&rsquo;islam. Ils ont \u00e9galement organis\u00e9 des r\u00e9voltes contre la domination arabe. Ce chapitre examine les facteurs g\u00e9n\u00e9alogiques et culturels qui ont d\u00e9fini l&rsquo;ethnicit\u00e9 en al-Andalous, ainsi que la forme de la r\u00e9sistance berb\u00e8re et mouwallad \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite cordouane.<\/p>\n[xvi] Anonyme.,\u00a0<em>Akhb\u0101r majm\u016ba f\u012b fath al-andal\u016bs wa dhikr \u016bmar\u0101&rsquo;ih\u0101<\/em>. Arabic text edited with Spanish translation: E. Lafuente\u00a0 Alcantara,\u00a0<em>Ajbar Machmua<\/em>, Coleccion de Obras Arabigas de Historia y Geografia, vol. 1, Madrid, 1867.<\/p>\n[xvii] al-Bal\u0101dhur\u012b, A\u1e25mad ibn Ya\u1e25y\u0101 (Auteur), Philip Khuri Hitti (Traducteur). <em>The Origins of the Islamic State: Being a Translation from the Arabic,<\/em> accompanied with Annotations, Geographic and Historic Notes of the <em>Kitab Futuh. <\/em>New York City: Cosimo Classics, 2011.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong>: Traduit par le Dr Philip Kh\u00fbri Hitti en 1916, Les Origines de l&rsquo;\u00c9tat islamique, ou le Kit\u00e2b Fut\u00fb\u1e25 al-Buld\u00e2n en arabe, \u00e9tait une source in\u00e9gal\u00e9e d&rsquo;histoire et de culture islamiques au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, et est toujours renomm\u00e9 aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;un des plus grands r\u00e9cits de l&rsquo;histoire arabe. Ce livre est convoit\u00e9 pour sa tra\u00e7abilit\u00e9 historique des \u00e9v\u00e9nements jusqu&rsquo;\u00e0 la source, bien que l&rsquo;\u0153uvre soit incompl\u00e8te car une grande partie des manuscrits originaux ont \u00e9t\u00e9 perdus apr\u00e8s le XVIe si\u00e8cle. Cela a rendu l&rsquo;ouvrage particuli\u00e8rement difficile \u00e0 traduire, mais malgr\u00e9 cela, il reste l&rsquo;un des r\u00e9cits les mieux document\u00e9s de l&rsquo;histoire musulmane. L&rsquo;ouvrage couvre la conqu\u00eate de nations telles que l&rsquo;Arabie, la Syrie, la M\u00e9sopotamie, l&rsquo;Arm\u00e9nie, l&rsquo;Afrique et la Perse. Le Fut\u00fb\u1e25 al-Buld\u00e2n est largement reconnu comme l&rsquo;\u0153uvre principale de l&rsquo;auteur al-Biladuri, et a \u00e9t\u00e9 souvent utilis\u00e9 par les historiens ult\u00e9rieurs pour \u00e9crire leurs propres histoires en arabe. AHMAD IBN YAHA AL-BALADHURI (m. 892) \u00e9tait un historien perse du IXe si\u00e8cle, consid\u00e9r\u00e9 aujourd&rsquo;hui comme une source fiable de l&rsquo;histoire arabe et islamique ancienne, en particulier de l&rsquo;expansion musulmane. Il a v\u00e9cu \u00e0 la cour des califes Al-Mutawakkil et Al-Musta&rsquo;in \u00e0 Bagdad, et a servi de tuteur au fils d&rsquo;Al-Mutazz. Il est mort en 892 d&rsquo;une overdose de la drogue baladhur (dont le nom d&rsquo;Al Biladuri est d\u00e9riv\u00e9).<\/p>\n[xviii] Ibid., p. 365.<\/p>\n[xix] Ibn Abd al-Hakam, p. 50 de la traduction espagnole, p. 210-211 du texte arabe.<\/p>\n<p>Ibn Abd al-Hakam. <em>Kitab Futuh Misr wa&rsquo;l Maghrib wa&rsquo;l Andalus<\/em>. \u00c9dition arabe critique de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ouvrage publi\u00e9e par Torrey, Yale University Press, 1932. Traduction espagnole par Eliseo Vidal Beltran des parties nord-africaine et espagnole du texte arabe de Torrey : \u00ab\u00a0Conquista de Africa del Norte y de Espana\u00a0\u00bb, Textos Medievales #17, Valencia, 1966. Il faut la pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la traduction anglaise obsol\u00e8te du XIXe si\u00e8cle qui se trouve sur le site : <a href=\"http:\/\/www.fordham.edu\/halsall\/source\/conqspain.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Medieval Sourcebook:\u00a0<em>The Islamic conquest of Spain<\/em><\/a><\/p>\n[xx] al-Bal\u0101dhur\u012b, A\u1e25mad ibn Ya\u1e25y\u0101 (Auteur), Philip Khuri Hitti (Traducteur). <em>The Origins of the Islamic State: Being a Translation from the Arabic, <\/em>op. cit. p. 366.<\/p>\n[xxi] Collins, Roger. <em>Visigothic Spain 409-711 (A History of Spain<\/em>). Uckfield, East Sussex, England\u00a0: WB Publishing Ltd., 2006.<\/p>\n<p><strong>Description <\/strong>: Cette histoire de l&rsquo;Espagne entre la fin de la domination romaine et l&rsquo;\u00e9poque de la conqu\u00eate arabe remet en question de nombreuses hypoth\u00e8ses traditionnelles sur l&rsquo;histoire de cette p\u00e9riode. Elle pr\u00e9sente des th\u00e9ories originales sur la fa\u00e7on dont le royaume wisigothique \u00e9tait gouvern\u00e9, sur le droit dans le royaume, sur la conqu\u00eate arabe et sur l&rsquo;essor de l&rsquo;Espagne en tant que force intellectuelle. Tient compte des nouvelles preuves documentaires, des derni\u00e8res d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques et des controverses qu&rsquo;elles ont suscit\u00e9es. Combine des approches chronologiques et th\u00e9matiques de la p\u00e9riode. Une introduction historiographique examine l&rsquo;\u00e9tat actuel de la recherche sur l&rsquo;histoire et l&rsquo;arch\u00e9ologie du royaume wisigoth.<\/p>\n[xxii] Bennison, Amira K. <em>The Almoravid and Almohad Empires<\/em>, In the series\u00a0<a href=\"https:\/\/www.degruyter.com\/serial\/eupehie-b\/html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Edinburgh History of the Islamic Empires<\/a>. Edinbrugh: Edinbrugh University Press, 2014.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong> : Cet ouvrage est le premier en anglais \u00e0 fournir un compte rendu complet de l&rsquo;ascension et de la chute des Almoravides et des Almohades, les deux plus importantes dynasties berb\u00e8res de l&rsquo;Occident islamique m\u00e9di\u00e9val, une r\u00e9gion qui englobait le sud de l&rsquo;Espagne et du Portugal, le Maroc, l&rsquo;Alg\u00e9rie et la Tunisie. Les \u1e62anh\u0101ja Almoravides ont \u00e9merg\u00e9 du Sahara dans les ann\u00e9es 1050 pour conqu\u00e9rir de vastes territoires et stopper l&rsquo;avanc\u00e9e chr\u00e9tienne en Ib\u00e9rie. Ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s un si\u00e8cle plus tard par leurs rivaux, les Almohades, soutenus par les Berb\u00e8res Ma\u1e63m\u016bda du Haut Atlas. Bien que tous deux aient souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des tribus grossi\u00e8res, intol\u00e9rantes sur le plan religieux, qui ont sap\u00e9 la haute culture d&rsquo;al-Andalus, ce livre soutient que les XIe au XIIIe si\u00e8cles ont \u00e9t\u00e9 cruciaux pour l&rsquo;islamisation du Maghreb, son int\u00e9gration dans la sph\u00e8re culturelle islamique et son \u00e9mergence en tant qu&rsquo;acteur cl\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale, et que cela est d\u00fb en grande partie \u00e0 ces empires berb\u00e8res souvent n\u00e9glig\u00e9s.<\/p>\n[xxiii] Guichard, Pierre. \u00ab\u00a0Chapitre VII : Les Berb\u00e8res d&rsquo;al-Andalus\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Structures sociales \u00ab\u00a0orientales\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0occidentales\u00a0\u00bb dans l&rsquo;Espagne musulmane<\/em>. Berlin, Boston: De Gruyter Mouton, 2017, pp. 248-281.\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1515\/9783110816563-008\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1515\/9783110816563-008<\/a><\/p>\n[xxiv] Mar\u00edn-Guzm\u00e1n, Roberto. \u201cEthnic groups and social classes in Muslim Spain\u201d, <em>Islamic Studies<\/em>, vol. 30, no. 1\/2, 1991, pp. 37\u201366. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/20840024\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/20840024<\/a><\/p>\n[xxv] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019The Golden Age of Judaism in al-Andalus (Part I) \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review, <\/em>November 23, 2021.<\/p>\n<p>Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019The Golden Age of Judaism in al-Andalus (Part II) \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review, <\/em>November 24, 2021.<\/p>\n[xxvi] Mar\u00edn-Guzm\u00e1n, Roberto. \u201cEthnic Groups and Social Classes In Muslim Spain.\u201d <em>Islamic Studies<\/em>, vol. 30, no. 1\/2, 1991, pp. 37\u201366. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/20840024\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/20840024<\/a><\/p>\n[xxvii] Collins, Roger. <em>The Arab Conquest of Spain 710\u2013797<\/em>.\u00a0 Oxford, UK \/ Cambridge, USA: Blackwell, 1989, pp. 49-50.<\/p>\n[xxviii] Fierro, Ma. Isabel. <em>\u02bbAbd Al-Rahman III: The First Cordoban Caliph<\/em>. Oxford, England: Oneworld, 2005, p. 8<\/p>\n[xxix] Imamuddin, S. M. <em>Muslim Spain 711-1492 A.D.: A Sociological Study<\/em>. Leiden: Brill, 1981, p. 24.<\/p>\n[xxx] Ibn \u1e24ab\u012bb. <em>Kit\u0101b al-ta\u02ber\u012bkh<\/em>. Ed. J. Aguad\u00e9. Madrid: CSIC, 1991.<\/p>\n[xxxi] Clarke, Nicola. <em>The Muslim Conquest of Iberia: Medieval Arabic Narratives<\/em>. London: Routledge, 2012, p. 59.<\/p>\n[xxxii] Ibid., p. 64.<\/p>\n[xxxiii] Une expression onomatop\u00e9ique signifiant \u00ab\u00a0ceux dont le discours est bla, bla\u00a0\u00bb.<\/p>\n[xxxiv] Shatzmiller, M. \u2018Le mythe d\u2019origine berb\u00e8re: aspects historiographiques et sociaux\u2019. <em>Revue de l\u2019Occident Musulman et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em> 35, 1983, pp. 145-56 (pp. 147-149).<\/p>\n[xxxv] Ibn \u02bfAbd al-\u1e24akam. <em>Fut\u016b\u1e25 Mi\u1e63r.<\/em> Ed. C.C. Torrey. New Haven: Yale University Press, 1922, p. 170.<\/p>\n<p>al-Mas\u02bf\u016bd\u012b. <em>Mur\u016bj al-Dhahab<\/em>. Ed. C. Pellat. Beirut, 1966-79. 7 vols., pp. 93, 100-1 &amp; 1106.<\/p>\n[xxxvi] Glick, T.F. <em>Islamic and Christian Spain in the Early Middle Ages<\/em>. Leiden: Brill, 2005 (2<sup>nd<\/sup> ed.), p. 208.<\/p>\n[xxxvii] Garc\u00eda G\u00f3mez, E. <em>Andaluc\u00eda contra Berber\u00eda: reedici\u00f3n de traducciones de Ben \u1e24ayy\u0101n, \u0160aqund\u012b, y Ben al-Ja\u1e6d\u012bb, con un pr\u00f3logo.<\/em> Barcelona: Departamento de Lengua y Literatura \u00c1rabes, 1976, p. 10.<\/p>\n[xxxviii] <em>Cr\u00f3nica Mozarabe de 754<\/em>. Ed. and tr. J.E. Lopez Pereira. Zaragoza : Anubar, 1980, p. 180.<\/p>\n[xxxix] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019La grande r\u00e9volte amazighe\u2019\u2019, <em>Le Monde Amazigh, <\/em>15 mai 2022. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-grande-revolte-amazighe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-grande-revolte-amazighe\/<\/a><\/p>\n[xl] Brett, Michael. &lsquo;\u2019Conversion of the Berbers to Islam\/Islamisation of the Berbers\u2019&rsquo;, in A. C. S. Peacock (ed.), <em>Islamisation: Comparative Perspectives from History. <\/em>Edinburgh: Edinbrugh University Press, 2017, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3366\/edinburgh\/9781474417129.003.0010\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.3366\/edinburgh\/9781474417129.003.0010<\/a><\/p>\n[xli] Monroe, James T.\u00a0<em>The Shu&rsquo;\u00fbbiyya in al-Andalus: The Ris\u00e2la of Ibn Garc\u00eda<\/em>\u00a0<em>and Five Refutations. <\/em>Berkeley: University of California Press, 1970, pp. 35, 36, 50, 51, 69, 76, 94.<\/p>\n[xlii] Wasserstein, David J. 1995. \u2018\u2019Jewish \u00e9lites in Al-Andalus\u2019\u2019, in Daniel Frank (Ed.).\u00a0<em>The Jews of Medieval Islam: Community, Society and Identity<\/em>. Leiden: Brill, 1995, p.101.<\/p>\n[xliii] Catlos, Brian A. <em>Kingdoms of Faith: A New History of Islamic<\/em>. New York City: Basic books, 2018.<\/p>\n<p><strong>Description <\/strong>: Une histoire magistrale de l&rsquo;Espagne islamique, qui s&rsquo;\u00e9tend sur un mill\u00e9naire, de la fondation de l&rsquo;islam au VIIe si\u00e8cle \u00e0 l&rsquo;expulsion d\u00e9finitive des musulmans d&rsquo;Espagne au XVIIe si\u00e8cle. Dans <em>Kingdoms of Faith<\/em>, l&rsquo;historien prim\u00e9 Brian A. Catlos r\u00e9\u00e9crit l&rsquo;histoire de l&rsquo;Espagne islamique depuis le d\u00e9but, \u00e9voquant la splendeur culturelle d&rsquo;al-Andalous, tout en offrant une nouvelle interpr\u00e9tation faisant autorit\u00e9 des forces qui l&rsquo;ont fa\u00e7onn\u00e9e. Les r\u00e9cits ant\u00e9rieurs ont d\u00e9peint l&rsquo;Espagne islamique comme un paradis de tol\u00e9rance \u00e9clair\u00e9e ou comme le lieu d&rsquo;affrontement des civilisations. Catlos exploite un large \u00e9ventail de sources primaires pour brosser un portrait plus complexe, montrant comment les musulmans, les chr\u00e9tiens et les juifs ont construit ensemble une civilisation sophistiqu\u00e9e qui a transform\u00e9 le monde occidental, alors m\u00eame qu&rsquo;ils se faisaient une guerre incessante entre eux et contre leurs coreligionnaires. La religion \u00e9tait souvent le langage du conflit, mais rarement sa cause &#8211; une le\u00e7on que nous ferions bien d&rsquo;apprendre \u00e0 notre \u00e9poque.<\/p>\n[xliv] Ricard, Robert. \u2018\u2019 Edward P. Colbert, The Martyrs of C\u00f3rdoba (850-859): A Study of the Sources\u2019\u2019, <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/collection\/hispa\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n<em>Bulletin hispanique<\/em><\/a>,\u00a0\u00a0Ann\u00e9e 1963\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/issue\/hispa_0007-4640_1963_num_65_3?sectionId=hispa_0007-4640_1963_num_65_3_3786_t1_0406_0000_2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">65-3-4<\/a>,\u00a0\u00a0pp. 406-408. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/hispa_0007-4640_1963_num_65_3_3786_t1_0406_0000_2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/hispa_0007-4640_1963_num_65_3_3786_t1_0406_0000_2<\/a><\/p>\n<p>Les\u00a0<strong>martyrs\u00a0de\u00a0Cordoue<\/strong>\u00a0\u00e9taient\u00a0quarante huit\u00a0martyrs\u00a0chr\u00e9tiens\u00a0du\u00a0IX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle,\u00a0\u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e9poque\u00a0d&rsquo;Al-Andalous.\u00a0Ils\u00a0furent\u00a0ex\u00e9cut\u00e9s\u00a0par\u00a0les\u00a0Musulmans\u00a0pour\u00a0avoir\u00a0confess\u00e9\u00a0leur\u00a0foi\u00a0chr\u00e9tienne,\u00a0en\u00a0infraction\u00a0\u00e0\u00a0la\u00a0loi\u00a0musulmane.\u00a0Les\u00a0ex\u00e9cutions\u00a0eurent\u00a0lieu\u00a0\u00e0\u00a0Cordoue\u00a0entre\u00a0850\u00a0et\u00a0859,\u00a0par\u00a0d\u00e9capitation.\u00a0Les\u00a0actes\u00a0d\u00e9taill\u00e9s\u00a0de\u00a0ces\u00a0martyrs,\u00a0principalement\u00a0des\u00a0moines,\u00a0furent\u00a0notamment\u00a0d\u00e9crits\u00a0par\u00a0Euloge,\u00a0l&rsquo;un\u00a0des\u00a0deux\u00a0derniers\u00a0\u00e0\u00a0\u00eatre\u00a0ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n[xlv]\u00a0Tixier du Mesnil, Emmanuelle. \u00a0\u00ab\u00a0La\u00a0<em>fitna<\/em>\u00a0andalouse du\u00a0XI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>M\u00e9di\u00e9vales<\/em>, 60,\u00a0printemps 2011, pp. 17-28, <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/medievales\/6204\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/journals.openedition.org\/medievales\/6204<\/a>\u00a0; DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/medievales.6204\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/medievales.6204<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Dans l\u2019historiographie d\u2019al-Andalus, le d\u00e9but du\u00a0XI<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle est le temps de la\u00a0<em>fitna<\/em>, celui de la guerre civile qui provoque l\u2019effondrement du califat omeyyade de Cordoue. Per\u00e7ue comme une rupture majeure, elle serait ce moment t\u00e9nu o\u00f9 les \u00e9quilibres s\u2019inversent, o\u00f9 l\u2019Espagne musulmane, d\u00e9sormais divis\u00e9e et amoindrie, commence \u00e0 reculer devant les d\u00e9buts de la Reconquista chr\u00e9tienne. Les contemporains comme les historiens ont port\u00e9 un jugement extr\u00eamement n\u00e9gatif sur cette p\u00e9riode qui va de 1009 \u00e0 1031 et que prolonge le temps des Ta\u00effas, les royaumes n\u00e9s de la partition, ces enfants naturels de la\u00a0<em>fitna<\/em>\u00a0dont l\u2019histoire occupe tout le reste du\u00a0XI<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle. Il semblerait cependant que la rupture soit \u00e0 relativiser : en amont de la\u00a0<em>fitna<\/em>, alors que domine le puissant hadj\u00eeb al-Mans\u00fbr, les germes de la discorde sont d\u00e9j\u00e0 solidement plant\u00e9s. En aval enfin, les brillants traits du reste du si\u00e8cle ne plaident pas en faveur d\u2019un commencement de la fin. Cette \u00e9poque de division et de conflit est certainement l\u2019un de ces moments essentiels o\u00f9 quelque chose de l\u2019identit\u00e9 andalouse s\u2019est jou\u00e9, avant que la P\u00e9ninsule ne soit sous la domination des Berb\u00e8res almoravides.<\/p>\n[xlvi] Coope, Jessica A. <em>The Most Noble of People: Religious, Ethnic, and Gender Identity in Muslim Spain<\/em>. University of Michigan Press, 2017. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3998\/mpub.9297351\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.3998\/mpub.9297351<\/a><\/p>\n[xlvii] Apr\u00e8s la disparition de Cordoue en 1031, al-Andalous s&rsquo;est effondr\u00e9 en un tas fragment\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 sont sortis de nombreux mini-\u00c9tats &#8211; connus sous le nom de royaumes de taifa (\u00ab\u00a0parti\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0faction\u00a0\u00bb) -. Le d\u00e9membrement d&rsquo;al-Andalous a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit plus tard de mani\u00e8re poignante par un po\u00e8te andalou comme \u00ab\u00a0<em>la rupture du collier et l&rsquo;\u00e9parpillement de ses perles<\/em>\u00a0\u00bb (Cf. Fletcher, Richard. <em>The Quest for El Cid<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 1991<strong>, <\/strong>p. 27).<\/p>\n<p>Il est difficile de d\u00e9terminer le nombre exact de taifas qui ont vu le jour. Certains chercheurs avancent le chiffre de 50 au d\u00e9but, d&rsquo;autres le situent dans les 30.\u00a0 L\u00e0 o\u00f9 il y a un accord g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est que les taifas ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9s par des hommes forts locaux qui ont pris le pouvoir entre leurs mains.<\/p>\n<p>Certains de ces nouveaux \u00ab\u00a0rois\u00a0\u00bb ou \u00e9mirs appartenaient \u00e0 des dynasties familiales existantes dont l&rsquo;all\u00e9geance \u00e0 Cordoue \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 suspecte, en particulier dans les r\u00e9gions les plus \u00e9loign\u00e9es de Cordoue.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres \u00e9taient des mercenaires berb\u00e8res (ou des descendants de mercenaires berb\u00e8res) et d&rsquo;autres encore \u00e9taient issus de personnalit\u00e9s locales, civiles, militaires ou m\u00eame des descendants d&rsquo;esclaves, prenant le pouvoir gr\u00e2ce \u00e0 leur propre personnalit\u00e9. La discorde n\u00e9e de cette d\u00e9sunion ne pouvait cependant que conduire \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9. Ces petits \u00c9tats \u00e9taient des cr\u00e9ations fragiles, constamment mises sous pression tant par des rivalit\u00e9s internes que par les d\u00e9fis externes de voisins plus puissants.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 que, progressivement, les taifas les plus puissants ont aval\u00e9 les plus petits, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ne reste plus qu&rsquo;une demi-douzaine de cons\u00e9quences, regroup\u00e9es autour de grandes villes : Saragosse, Valence, Tol\u00e8de, Badajoz, S\u00e9ville et Grenade.<\/p>\n[xlviii] Bosh-Vil\u00e0, J. \u201cAndalus (Les Berb\u00e8res en Andalus) \u201d,\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 5, 1988, pp. 641-647. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/2501?l=ri&amp;lang=en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/2501?l=ri&amp;lang=en<\/a><\/p>\n[xlix] Le terme Maure d\u00e9rive du terme latin <em>Maurus<\/em>, utilis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par les Romains pour d\u00e9signer un habitant de la province romaine de Maur\u00e9tanie, comprenant la partie occidentale de l&rsquo;actuelle Alg\u00e9rie et la partie nord-est de l&rsquo;actuel Maroc. Par contre, il a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par les Europ\u00e9ens chr\u00e9tiens pour d\u00e9signer les habitants musulmans du Maghreb, de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, de la Sicile et de Malte au Moyen \u00c2ge. Le terme \u00ab\u00a0Maures\u00a0\u00bb d\u00e9signait initialement les Berb\u00e8res maghr\u00e9bins autochtones.<\/p>\n<p>Ce terme n&rsquo;est gu\u00e8re utile pour d\u00e9crire les caract\u00e9ristiques ethniques de quelque groupe que ce soit, ancien ou moderne. Du Moyen \u00c2ge au XVIIe si\u00e8cle, cependant, les Europ\u00e9ens ont d\u00e9peint les Maures comme ayant la peau noire, \u00ab\u00a0basan\u00e9e\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0fauve\u00a0\u00bb (Othello, <em>Le Maure de Venise<\/em> de Shakespeare, vient \u00e0 l&rsquo;esprit dans ce contexte). Les Europ\u00e9ens ont d\u00e9sign\u00e9 les musulmans de tout autre teint comme des \u00ab\u00a0Maures blancs\u00a0\u00bb, malgr\u00e9 le fait que la population de la plupart des r\u00e9gions d&rsquo;Afrique du Nord diff\u00e8re peu, en termes d&rsquo;apparence physique, de celle du sud de l&rsquo;Europe (au Maroc, par exemple, les cheveux roux et blonds sont relativement courants).<\/p>\n<p>Cf. Borreguero, Eva. \u00ab\u00a0The Moors Are Coming, the Moors Are Coming! Encounters with Muslims in Contemporary Spain\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Islam and Christian-Muslim Relations<\/em>, 2006, vol. 17, no. 4, pp.\u00a0417\u201332.<\/p>\n<p>Cf Lane-Poole, Stanley. <em>The Story of the Moors in Spain<\/em>. Baltimore, Maryland, US: Black Classic Press, 1996.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1886, ce livre s&rsquo;est impos\u00e9 comme l&rsquo;ouvrage classique sur les Maures en Espagne : un r\u00e9cit \u00e9rudit, merveilleusement lisible, qui m\u00eale splendeur et trag\u00e9die.<\/p>\n[l] \u00a0<strong><em>Al-Mur\u00e2bitun<\/em><\/strong>, peuple du \u00ab\u00a0<strong><em>rib\u00e2t<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, une communaut\u00e9 militaire et religieuse. Cette \u00e9tymologie ne fait cependant pas l&rsquo;unanimit\u00e9.<\/p>\n[li] Lagard\u00e8re, Vincent.\u00a0<em>Le Vendredi de Zall\u00e2qa\u00a0: 23 octobre 1086.<\/em> Paris\u00a0:\u00a0L&rsquo;Harmattan,\u00a0coll.\u00a0\u00ab\u00a0Histoire et perspectives m\u00e9diterran\u00e9ennes\u00a0\u00bb,\u00a01989.<\/p>\n[lii] Lagard\u00e8re, Vincent.\u00a0<em>Les Almoravides jusqu\u2019au r\u00e8gne de Y\u00fbsuf b. T\u00e2shf\u00een\u00a0: 1039-1106<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 1991.<\/p>\n[liii] Fletcher, Richard. <em>The Quest for El Cid<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 1991.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong> : Rodrigo Diaz, le l\u00e9gendaire chevalier guerrier de la Castille du XIe si\u00e8cle connu sous le nom d&rsquo;El Cid, est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme le h\u00e9ros chr\u00e9tien de la croisade espagnole qui a men\u00e9 des guerres de reconqu\u00eate pour le triomphe de la Croix sur le Croissant. Il est toujours honor\u00e9 en Espagne comme un h\u00e9ros national pour avoir lib\u00e9r\u00e9 la patrie des Maures qui l&rsquo;occupaient. Pourtant, comme le montre Richard Fletcher dans ce livre prim\u00e9, il existe de nombreuses contradictions entre la r\u00e9alit\u00e9 du XIe si\u00e8cle et la mythologie qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e au fil des ans. En repla\u00e7ant El Cid dans un contexte historique nouveau, Fletcher nous montre un soldat de fortune aventureux qui \u00e9tait d&rsquo;un certain type, l&rsquo;un des nombreux \u00ab\u00a0cids\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0patrons\u00a0\u00bb qui ont fleuri dans l&rsquo;Espagne du XIe si\u00e8cle. Mais l&rsquo;El Cid de la l\u00e9gende &#8211; le h\u00e9ros national &#8211; avait une stature unique, m\u00eame de son vivant. Avant sa mort, El Cid \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans un po\u00e8me \u00e9crit en hommage \u00e0 la conqu\u00eate d&rsquo;Almer\u00eda ; \u00e0 titre posthume, il a \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9 dans la grande \u00e9pop\u00e9e Poema de Mio Cid et est devenu la pi\u00e8ce ma\u00eetresse d&rsquo;innombrables autres \u0153uvres litt\u00e9raires. Lorsqu&rsquo;il meurt \u00e0 Valence en 1099, il est le souverain d&rsquo;une principaut\u00e9 ind\u00e9pendante qu&rsquo;il s&rsquo;est taill\u00e9e dans l&rsquo;est de l&rsquo;Espagne. Plut\u00f4t que le chef chr\u00e9tien z\u00e9l\u00e9 que beaucoup croient qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9, Rodrigo appara\u00eet dans l&rsquo;\u00e9tude de Fletcher comme un mercenaire aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans les royaumes f\u00e9odaux du nord de l&rsquo;Espagne que dans les terres mauresques exotiques du sud, vendant ses comp\u00e9tences martiales aux chr\u00e9tiens comme aux musulmans. En effet, son titre m\u00eame d\u00e9rive du mot arabe sayyid<\/p>\n<p>qui signifie \u00ab\u00a0seigneur\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb. Et comme le sentiment d&rsquo;appartenance \u00e0 la nation espagnole \u00e9tait faible, voire inexistant, au XIe si\u00e8cle, on ne peut gu\u00e8re lui attribuer le m\u00e9rite d&rsquo;avoir unifi\u00e9 la nation espagnole m\u00e9di\u00e9vale. Dans cette enqu\u00eate r\u00e9volutionnaire sur la vie et l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;El Cid, Fletcher d\u00e9m\u00eale les faits et les mythes pour dresser le portrait saisissant d&rsquo;un homme extraordinaire, montrant clairement comment et pourquoi la l\u00e9gende l&rsquo;a transform\u00e9 en ce qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas au cours de sa vie. Voyage fascinant \u00e0 travers une \u00e9poque turbulente, The Quest for El Cid est rempli de l&rsquo;excitation de la d\u00e9couverte, et ravira les lecteurs int\u00e9ress\u00e9s non seulement par l&rsquo;histoire et la litt\u00e9rature espagnoles, mais aussi ceux qui veulent comprendre comment le mythe peut fa\u00e7onner notre perception de l&rsquo;histoire.<\/p>\n[liv] Lagard\u00e8re, Vincent.\u00a0<em>Les Almoravides\u00a0: le djihad andalou, 1106-1143<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan, 1998.<\/p>\n[lv] Pignon, Tatiana. \u2018\u2019Les Almoravides, l\u2019Andal\u00fbs et l\u2019Afrique musulmane (1042-1147)\u2019\u2019, <em>Les cl\u00e9s du Moyen-Orient<\/em>, 22 f\u00e9vrier 2013, <a href=\"https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/Les-Almoravides-l-Andalus-et-l-Afrique-musulmane-1042-1147.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/Les-Almoravides-l-Andalus-et-l-Afrique-musulmane-1042-1147.html<\/a><\/p>\n[lvi] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019 Abou Hamed al-Ghazali, d\u00e9fenseur et r\u00e9novateur de la foi islamique\u2019\u2019, <em>Oumma, <\/em>1 mars 2021, <a href=\"https:\/\/oumma.com\/abou-hamed-al-ghazali-defenseur-et-renovateur-de-la-foi-islamique-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/oumma.com\/abou-hamed-al-ghazali-defenseur-et-renovateur-de-la-foi-islamique-2\/<\/a><\/p>\n[lvii] Marin, Manuela. \u2018\u2019Ab\u00fb Sa\u00eed Ibn al-Ar\u00e2b\u00ee et le d\u00e9veloppement du soufisme en al-Andalus\u2019\u2019<em>, Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, Ann\u00e9e 1992, 63-64, pp. 28-38,<\/p>\n[lviii] Oufriha, Fatima-Zohra. \u00ab\u00a0Chapitre III. Esquisse de bilan de la p\u00e9riode almoravide\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Au temps des grands empires maghr\u00e9bins.\u00a0La d\u00e9colonisation de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie<\/em>, sous la direction de\u00a0Oufriha\u00a0Fatima-Zohra. Alger\u00a0: Chihab \u00c9ditions, 2015, pp. 79-85.<\/p>\n[lix] N.\u00a0Barbour, N.\u00a0\u00ab\u00a0La guerra psicol\u00f2gica de los almohades contra los almoravides\u00a0\u00bb,<em>\u00a0Bolet\u00edn de la Asoriaci\u00f3n de los Orientalistas Espa\u00f1oles<\/em>\u00a0(Madrid), 2, 1966, p.\u00a0117-130.<\/p>\n[lx] Oufriha, Fatima-Zohra. \u00ab\u00a0Chapitre III. Esquisse de bilan de la p\u00e9riode almoravide\u00a0\u00bb, op. cit.<\/p>\n[lxi] Ramirez-Faria, Carlos. \u00a0<em>Concise Encyclopeida of World History<\/em>. \u00a0New Delhi: Atlantic Publishers &amp; Distributors Ltd, 2007, pp. 23 &amp; 676.<\/p>\n[lxii] Fromherz, Allen. \u2018\u2019Chapter 5 The Berber Empires in Granada (6th\u20137th\/12th\u201313th Centuries). Revolution or Continuity?\u2019\u2019, pp. 99\u2013121, in:\u00a0<a href=\"https:\/\/brill.com\/view\/title\/34708\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>A Companion to Islamic Granada<\/em><\/a><em>, Series: Brill&rsquo;s Companions to European History, Volume: 24<\/em>. Leiden: Brill, 2021.<\/p>\n[lxiii] Al-Baydaq,<em>\u00a0Kit\u0101b ahb\u0101r al-Mahd\u012b Ibn T\u016bmart wa-bid\u0101yat dawlat al-muwa\u1e25\u1e25id\u012bn, Documents in\u00e9dits d\u2019histoire almohade. <\/em><em>Fragments manuscrits du legajo 1919 du fonds arabe de l\u2019<\/em>E<em>scurial,<\/em>\u00a0\u00e9d. et trad. \u00c9.\u00a0L\u00e9vi-Proven\u00e7al.\u00a0Paris, 1928, pp.\u00a0125-126.<\/p>\n[lxiv] Smith, Colin. <em>Christians and Moors in Spain: Vol I. (AD 711-1150)<\/em>. Liverpool: Liverpool University Press, 1988.<\/p>\n<p>Ce volume rassemble des extraits de textes en latin, en langues vernaculaires hispaniques et en fran\u00e7ais, concernant les relations entre chr\u00e9tiens et maures en Espagne au cours des quatre cents premi\u00e8res ann\u00e9es de leur coexistence dans la p\u00e9ninsule. Un effort a \u00e9t\u00e9 fait pour illustrer des aspects autres que les aspects exclusivement militaires.<\/p>\n[lxv] Garnier, S\u00e9bastien. \u201cPerched on the Shoulders of Giants? Looking at the Almohad Empire in the Hafsid Chronicles.\u201d <em>Arabica<\/em>, vol. 65, no. 5\/6, 2018, pp. 563\u201396. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/27073523\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/27073523<\/a><\/p>\n[lxvi] Buresi, Pascal. \u201cL\u2019apog\u00e9e almohade\u00a0: la bataille d\u2019Alarcos et son contexte historique\u201d. Bazzana, Andr\u00e9, et al..\u00a0<em>Averro\u00e8s et l\u2019averro\u00efsme\u00a0: Un itin\u00e9raire historique du Haut Atlas \u00e0 Paris et \u00e0 Padoue.<\/em>\u00a0Lyon\u00a0: Presses universitaires de Lyon, 2005, pp. 99-113, <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/pul\/19546\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/books.openedition.org\/pul\/19546<\/a><\/p>\n[lxvii] Kennedy, Hugh.\u00a0<em>Muslim Spain and Portugal: A Political History of al-Andalus.<\/em>\u00a0New York and London: Longman, 1996.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019La pr\u00e9sence musulmane en Ib\u00e9rie pendant pr\u00e8s de huit si\u00e8cles, de la conqu\u00eate en 711 \u00e0 la chute du royaume de Grenade en 1492, confronte le m\u00e9di\u00e9viste et le lecteur profane \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 distincte qui s&rsquo;est \u00e9panouie \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de l&rsquo;Islam et de la chr\u00e9tient\u00e9. Soumise pendant huit cents ans \u00e0 la dynamique politique fluide du monde islamique, en particulier celui de l&rsquo;Afrique du Nord, ainsi qu&rsquo;\u00e0 une Ib\u00e9rie chr\u00e9tienne en pleine \u00e9volution, l&rsquo;histoire d&rsquo;al-Andalus est une \u00e9tude de contraste entre une soci\u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par intermittence par la stabilit\u00e9 politique et la guerre civile, la prouesse militaire et la faiblesse, le jihad et l&rsquo;alliance avec les chr\u00e9tiens au nom de l&rsquo;opportunit\u00e9 politique. Dans Muslim Spain and Portugal : A Political History of al-Andalus Hugh Kennedy propose une \u00e9tude \u00e9rudite et approfondie de l&rsquo;histoire politique d&rsquo;al-Andalus. L&rsquo;\u00e9tude de Kennedy repose sur une base solide de sources arabes contemporaines et secondaires, ainsi que sur les \u00e9tudes classiques et plus r\u00e9centes d&rsquo;al-Andalus par des auteurs tels que E. L\u00e9vi-Provencal, Ambrosio Huici Miranda, J. Bosh Vila, Rachel Arie, E. Monzano Moreno, M. Barcelo, et. al. L&rsquo;utilisation judicieuse et critique des sources par l&rsquo;auteur constitue un atout pour cette \u00e9tude. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les sources arabes et chr\u00e9tiennes contemporaines, notamment celles qui traitent de la p\u00e9riode de la conqu\u00eate, que l&rsquo;auteur juge soigneusement \u00e0 l&rsquo;aune du climat politique dans lequel elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites. Cet aspect est, sans aucun doute, crucial dans une \u00e9tude qui tente d&rsquo;aborder les motivations derri\u00e8re les \u00e9v\u00e9nements politiques.\u2019\u2019 (<\/em>Robert A. Tyree (Northern Illinois University) article publi\u00e9 en Anglais sur H-Review, mai 1997, <a href=\"https:\/\/www.h-net.org\/reviews\/showrev.php?id=975\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.h-net.org\/reviews\/showrev.php?id=975<\/a>)<\/p>\n[lxviii] Leroy, B\u00e9atrice. <em>La bataille de las Navas de Tolosa 16 juillet 1212<\/em>. Chameli\u00e8res\u00a0: Lemme Edit-Maison, 2012.<\/p>\n[lxix] Oufriha, Fatima-Zohra. \u00ab\u00a0Chapitre IV. Les Almohades : l\u2019apog\u00e9e du Maghreb (1130-1269)\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Au temps des grands empires maghr\u00e9bins.\u00a0La d\u00e9colonisation de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie<\/em>, sous la direction de\u00a0Oufriha\u00a0Fatima-Zohra.Alger\u00a0: Chihab \u00c9ditions, 2015, pp. 87-139.<\/p>\n[lxx] Guichard, Pierre, et Denis Menjot, (dir.). \u201c59. La bataille de Las Navas de Tolosa (1212)\u201d. Lyon\u00a0: Presses universitaires de Lyon, 2000, pp. 207-213, <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/pul\/21126\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/books.openedition.org\/pul\/21126<\/a><\/p>\n[lxxi] Lomax,\u00a0Derek William.\u00a0<em>The Reconquest of Spain<\/em>. London\u00a0; New York: Longman,\u00a01978.<\/p>\n[lxxii] Jayyusi, Salma Khadra, ed.\u00a0<em>The Legacy of Muslim Spain<\/em>. Leiden: E. J. Brill, 1992.<\/p>\n[lxxiii] Boone, James L., &amp; Nancy L. Benco. \u201cIslamic Settlement in North Africa and the Iberian Peninsula.\u201d <em>Annual Review of Anthropology<\/em>, vol. 28, 1999, pp. 51\u201371. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/223388\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/223388<\/a><\/p>\n[lxxiv] Department of Islamic Art. \u201cThe Art of the Almoravid and Almohad Periods (ca. 1062\u20131269).\u201d In\u00a0<em>Heilbrunn Timeline of Art History<\/em>. New York: The Metropolitan Museum of Art, 2000\u2013. <a href=\"http:\/\/www.metmuseum.org\/toah\/hd\/almo\/hd_almo.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.metmuseum.org\/toah\/hd\/almo\/hd_almo.htm<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les musulmans qui envahirent la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique en 711 \u00e9taient principalement des Imazighen, et \u00e9taient dirig\u00e9s par un Berb\u00e8re, \u1e6c\u00e2riq Ibnou Zayy\u00e2d, [i] bien que sous la tutelle du calife arabe de Damas et de son vice-roi nord-africain, Mous\u00e2 Ibnou Noussair. La deuxi\u00e8me arm\u00e9e mixte des Arabes et des Berb\u00e8res est arriv\u00e9e en 712 sous &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4424,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[10,13],"tags":[],"class_list":["post-4568","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-maroc","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?fit=450%2C600&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-1bG","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4568"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4568\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4579,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4568\/revisions\/4579"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}