{"id":4628,"date":"2022-10-03T15:00:00","date_gmt":"2022-10-03T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4628"},"modified":"2022-10-03T15:00:00","modified_gmt":"2022-10-03T14:00:00","slug":"la-religion-vue-a-travers-le-prisme-de-lanthropologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-religion-vue-a-travers-le-prisme-de-lanthropologie\/","title":{"rendered":"La religion vue \u00e0 travers le prisme de l\u2019anthropologie"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Dr. Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec l&rsquo;av\u00e8nement des sciences humaines, les figures philosophiques traditionnelles se sont fissur\u00e9es et les marqueurs de sens se sont d\u00e9plac\u00e9s. Le champ anthropologique remplace l&rsquo;instance m\u00e9taphysique pour d\u00e9finir le nouvel espace de la r\u00e9flexion humaine. Le travail philosophique se d\u00e9veloppe autour de la personne humaine : des syst\u00e8mes de valeurs se construisent, des messages culturels s&rsquo;\u00e9laborent, des solidarit\u00e9s \u00e9thiques et politiques se tissent.<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie religieuse nous apprend que l&rsquo;homme n&rsquo;est pas l&rsquo;<em>homo religiosus<\/em>, [i] celui en qui religion et culture ont la m\u00eame matrice pour jaillir. Faut-il confondre le sacr\u00e9 et la religion ? En d&rsquo;autres termes, quel est le champ de l&rsquo;anthropologie religieuse d&rsquo;une part et, d&rsquo;autre part, quelle est la nature du sacr\u00e9 ?<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;anthropologie de la religion ? [ii]<\/strong><\/p>\n<p>De sa fondation au XIXe si\u00e8cle \u00e0 son red\u00e9ploiement actuel dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines et dans le contexte de la mondialisation, l&rsquo;anthropologie a toujours eu un int\u00e9r\u00eat particulier pour la religion, ses origines, ses formes et ses variations.<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie des religions [iii] est cette branche de l&rsquo;anthropologie sociale et culturelle qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9tude de religions particuli\u00e8res (magie, sorcellerie, animisme, tot\u00e9misme, chamanisme&#8230;) et d&rsquo;objets empiriques (mythes, rites, croyances, repr\u00e9sentations, organisations sociales&#8230;), en mobilisant des th\u00e9ories et en employant des m\u00e9thodes qui lui conf\u00e8rent une identit\u00e9 singuli\u00e8re dans la constellation des sciences religieuses. Ce champ du savoir anthropologique, autrefois consid\u00e9r\u00e9 comme une \u00a0\u00bb science des religions primitives \u00ab\u00a0, reste aujourd&rsquo;hui pertinent pour appr\u00e9hender les religions, modernes ou non, en mutation et en mouvement. [iv]\n<p>Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de restituer l&rsquo;anthropologie des religions \u00e0 son histoire et \u00e0 ses d\u00e9veloppements, deux versions diff\u00e9rentes peuvent \u00eatre \u00e9crites :<\/p>\n<p>&#8211; Soit elle m\u00eale sans distinction les apports des philosophes, sociologues, historiens ou mythologues \u00e0 ceux des ethnologues : c&rsquo;est ainsi que Brian Morris [v] (1987), par exemple, dresse le portrait historique des \u00a0\u00bb \u00e9tudes anthropologiques de la religion \u00a0\u00bb de Hegel \u00e0 L\u00e9vi-Strauss, [vi] \u00a0en passant par les sociologues Max Weber, Karl Marx et Emile Durkheim, [vii] et les psychologues Sigmund Freud et Carl Gustav Jung.<\/p>\n<p>&#8211; Ou, dans une toute autre perspective, le champ de l&rsquo;anthropologie des religions est plus restrictif et se rattache \u00e0 une tradition acad\u00e9mique tr\u00e8s particuli\u00e8re, celle de l&rsquo;\u00e9tude comparative des soci\u00e9t\u00e9s non occidentales et de leurs syst\u00e8mes de croyance. Entre la version inclusive et int\u00e9grative et la version restrictive et exclusive, tout est une question de perspective. Et c&rsquo;est cette derni\u00e8re qui est retenue ici, pour des raisons qui s&rsquo;expliquent ais\u00e9ment : il n&rsquo;y a pas d&rsquo;anthropologie des religions qui ne soit d&rsquo;abord et avant tout une anthropologie (c&rsquo;est-\u00e0-dire une ethnographie comparative).<\/p>\n<p>Pr\u00e9ciser l&rsquo;identit\u00e9 du champ d&rsquo;\u00e9tude retenu ici suppose une clarification pr\u00e9alable de ce que l&rsquo;on entend par \u00ab\u00a0anthropologie\u00a0\u00bb. Le terme conna\u00eet actuellement une grande popularit\u00e9 : les domaines dans lesquels on rencontre l'\u00a0\u00bbanthropologie\u00a0\u00bb sont nombreux, ce qui appara\u00eet dans cet usage comme une cat\u00e9gorie g\u00e9n\u00e9rique dans laquelle il est possible de s&rsquo;inclure sans autre forme de proc\u00e8s, d\u00e8s lors que le discours \u00e9voque l&rsquo;Homme (en g\u00e9n\u00e9ral), la culture, et revendique un semblant d&rsquo;universalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;anthropologie et le concept de croyance [viii]<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie n&rsquo;a pas seulement produit des th\u00e9ories sur des religions particuli\u00e8res : certaines propri\u00e9t\u00e9s initialement attribu\u00e9es \u00e0 la religion en g\u00e9n\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9es au rang d&rsquo;objets d&rsquo;\u00e9tude particuliers, qui ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des champs de connaissance autonomes. Les croyances, les symboles, les rites, les mythes et les pouvoirs sont, dans un sens, \u00ab\u00a0sacr\u00e9s\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0religieux\u00a0\u00bb et, en ce sens, ils rel\u00e8vent de l&rsquo;anthropologie des religions, m\u00eame si, d&rsquo;autre part, ils d\u00e9passent la sph\u00e8re de la religion au sens strict[ix].<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie conf\u00e8re deux statuts \u00e0 la notion de croyance : au pluriel, elle s&rsquo;incarne dans des objets d\u2019ordre ethnographiques en vertu de leur mat\u00e9rialit\u00e9 ; au singulier, elle appara\u00eet comme un ph\u00e9nom\u00e8ne mental, longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme relevant de la psychologie. A partir de l&rsquo;\u00e9tude de ses formes pr\u00e9sum\u00e9es ou observ\u00e9es dans les soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es par les ethnologues, la premi\u00e8re cat\u00e9gorie (\u00ab\u00a0croyances\u00a0\u00bb) est de l&rsquo;ordre du langage descriptif (\u00ab\u00a0les x croient&#8230;\u00a0\u00bb) et r\u00e9v\u00e8le la singularit\u00e9 des objets de croyance dans un groupe donn\u00e9 (\u00ab\u00a0mais ils croient autre chose\u00a0\u00bb). C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce dernier point que s&rsquo;est fond\u00e9 le d\u00e9bat sur la port\u00e9e comparative du concept de croyance comme \u00e9tat mental, particulier \u00e0 la religion ou non. Au-del\u00e0 de la croyance, c&rsquo;est une autre question, celle de la \u00a0\u00bb foi \u00a0\u00bb (des populations non occidentales) qui se pose[x].<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie religieuse se distingue de l&rsquo;ethnologie, de l&rsquo;histoire et de la sociologie des religions en ce qu&rsquo;elle tente de comprendre, au-del\u00e0 du chaos des faits religieux, l&rsquo;homme qui cr\u00e9e et manipule toute une symbolique, celle du \u00ab\u00a0surnaturel\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb. Naturellement, la premi\u00e8re t\u00e2che de l&rsquo;anthropologie religieuse est de d\u00e9finir ce qui distingue les symboles du sacr\u00e9 des autres types de symbolisme. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre issue, si l&rsquo;on ne veut pas tomber dans les pi\u00e8ges de l&rsquo;ethnocentrisme, que de partir \u00e0 chaque fois des d\u00e9finitions indig\u00e8nes et de leurs classifications des choses dans un syst\u00e8me binaire: sacr\u00e9 et profane.<\/p>\n<p><strong>Dimensions de l&rsquo;anthropologie de la religion<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie religieuse est n\u00e9e dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle ; malheureusement, elle a pos\u00e9 au d\u00e9part une s\u00e9rie de faux probl\u00e8mes : ceux de l&rsquo;origine, de l&rsquo;\u00e9volution ou de l&rsquo;essence de la religion ; d&rsquo;o\u00f9 le discr\u00e9dit dont elle est tomb\u00e9e et dont elle se remet seulement maintenant, par un changement de perspective[xi]. Aujourd&rsquo;hui, elle appara\u00eet soit comme un chapitre de l&rsquo;anthropologie sociale (situant les institutions religieuses dans les structures sociales et recherchant les fonctions latentes que ces institutions remplissent dans l&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9), soit &#8211; ce qui est le point de vue soutenu ici &#8211; comme une science ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>Dans ce cas, la religion est \u00e9tudi\u00e9e dans deux dimensions : synchronique, comme un ensemble ou un syst\u00e8me coh\u00e9rent de pens\u00e9es, d&rsquo;affects et de gestes ; et diachronique, comme un ensemble qui change et se modifie. Dans le premier cas, l&rsquo;anthropologue propose des mod\u00e8les ; dans l&rsquo;autre, il recherche, sinon des lois, du moins des processus g\u00e9n\u00e9raux, comme ceux de r\u00e9\u00e9quilibrage du religieux par rapport au reste de la vie sociale &#8211; lorsque l&rsquo;\u00e9cart est trop grand &#8211; ou ceux de transfert du religieux d&rsquo;un domaine \u00e0 un autre enti\u00e8rement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;approche de la plupart des anthropologues et plus largement des chercheurs en sciences humaines, la religion n&rsquo;est pas un objet anthropologique autonome. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme expressive du social (Durkheim), du politique (Balandier), du psychique (Freud, Devereux) et des mauvais tours que le langage est susceptible de nous jouer (Wittgenstein [1982] ou Bataille, qui consid\u00e9raient que le christianisme n&rsquo;\u00e9tait fondamentalement rien de plus qu&rsquo;une cristallisation du langage [1999]). En d&rsquo;autres termes, pour ces diff\u00e9rents auteurs, la religion passe toujours apr\u00e8s ce qui ne l&rsquo;est pas. Il ne peut \u00eatre compris que comme une m\u00e9taphore : croire en une divinit\u00e9, c&rsquo;est croire en autre chose et parler en termes religieux, c&rsquo;est, comme le disait Durkheim, \u00ab\u00a0<em>dire les choses autrement qu&rsquo;elles ne sont\u00a0<\/em>\u00bb (1960)[xii].<\/p>\n<p>Les premiers anthropologues d\u00e9testaient les religions, au moins en tant qu&rsquo;institutions historiques &#8211; Evans Pritchard le dit explicitement (1972, 1974) &#8211; tout en questionnant la religion comme l&rsquo;une des affirmations les plus fortes du lien social. C&rsquo;est, avec la parent\u00e9, \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9tude du ph\u00e9nom\u00e8ne religieux que l&rsquo;anthropologie a commenc\u00e9 \u00e0 se constituer en discipline scientifique, et cela s&rsquo;est produit en Australie, ou plut\u00f4t par rapport aux aborig\u00e8nes australiens.<\/p>\n<p>Toutes les religions du monde sont aujourd&rsquo;hui concern\u00e9es par la circulation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des richesses, des informations et des personnes. Il est en effet extr\u00eamement rare qu&rsquo;une religion soit limit\u00e9e \u00e0 un seul pays. Les religions suivent les routes migratoires et se propagent \u00e0 travers les r\u00e9seaux sociaux. La plupart des migrants conservent leurs croyances et pratiques rituelles dans la migration, les diffusent dans le pays d&rsquo;accueil et encouragent les conversions. Ind\u00e9pendamment de la circulation des personnes, les r\u00e9seaux num\u00e9riques mettent \u00e0 la disposition de chacun les informations n\u00e9cessaires pour adh\u00e9rer \u00e0 un mouvement religieux. Mais les religions sont aussi en partie le vecteur de ces mouvements, puisque la migration a parfois une origine religieuse, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;expansion internationale li\u00e9e au pros\u00e9lytisme, de r\u00e9seaux transnationaux de solidarit\u00e9 religieuse ou de conflits religieux. Les croyances, les rituels et les communaut\u00e9s transnationales sont donc \u00e0 la fois des effets et des causes de la mondialisation.<\/p>\n<p><strong>Analyse des pratiques rituelles<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie de la religion signifie\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>a) \u00e9tudier l&rsquo;histoire des relations entre les concepts de culture, de religion et d&rsquo;id\u00e9ologie en anthropologie ;<\/li>\n<li>b) se familiariser avec les diff\u00e9rents concepts de l&rsquo;anthropologie des religions (mythes, rituels, cosmologie, polyth\u00e9isme, chamanisme, etc.) ;<\/li>\n<li>c) questionner la diversit\u00e9 du fait religieux ; et<\/li>\n<li>d) r\u00e9fl\u00e9chir aux dimensions id\u00e9ologiques et religieuses des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;anthropologie des religions se concentre sur l&rsquo;analyse anthropologique des pratiques rituelles qui \u00e9tablissent une relation avec des forces imaginaires et des agents intentionnels (l&rsquo;occulte\/le divin), repr\u00e9sent\u00e9s dans des corps de mythes et de croyances et traite des approches durkheimienne et w\u00e9b\u00e9rienne. Elle couvre \u00e9galement la diversit\u00e9 des courants th\u00e9oriques par ordre chronologique (fonctionnaliste, structuraliste, marxiste, interpr\u00e9tatif, cognitif, anthropologie postcoloniale, etc.), et tente de traiter la plupart des ph\u00e9nom\u00e8nes religieux \u00e9tudi\u00e9s en priorit\u00e9 par l&rsquo;anthropologie (chamanisme, sectes de possession, proph\u00e9tisme, sorcellerie, royaut\u00e9s divines, culte des anc\u00eatres et des esprits de la nature, rituels du cycle de vie, initiations, polyth\u00e9ismes et monoth\u00e9ismes).<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie des religions introduit l&rsquo;anthropologie et l&rsquo;ethnographie et pr\u00e9sente quelques-uns des grands courants de l&rsquo;anthropologie des religions (fonctionnalisme, structuralisme, etc.) et quelques-uns des auteurs classiques ou contemporains de la discipline (Evans-Pritchard, [xiii] L\u00e9vi-Strauss, Griaule, Geertz, [xiv] Aug\u00e9, etc.). ) \u00e0 travers un questionnement sur l&rsquo;origine et la pr\u00e9histoire de la religion, la cosmologie des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles, leurs repr\u00e9sentations de la vie et de la mort, les rapports entre religion, organisation sociale et politique, ainsi que certains d\u00e9bats contemporains concernant \u00e0 la fois les aires culturelles occidentales et non occidentales (Afrique, Am\u00e9rique du Sud, Oc\u00e9anie, etc.).<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie du religieux poursuit deux objectifs :<\/p>\n<ul>\n<li>Pour approfondir certaines th\u00e9matiques d&rsquo;une part\u00a0; et<\/li>\n<li>Explorer les croisements du religieux et des autres champs de la discipline &#8211; politique, mobilit\u00e9s, interethniques, corps et sant\u00e9, etc. &#8211; d&rsquo;autre part.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;axe central de l&rsquo;anthropologie de la religion est le th\u00e8me du religieux dans l&rsquo;espace public. Il recouvre \u00e9galement les th\u00e9ories articulant le religieux dans la modernit\u00e9 \u00e0 la cat\u00e9gorie d&rsquo;espace public et de sph\u00e8re publique, l&rsquo;importance des pratiques visuelles, auditives et performatives dans la production et\/ou le maintien d&rsquo;une religiosit\u00e9 publique sera questionn\u00e9e. En outre, l&rsquo;accent est mis sur les modes d&rsquo;appropriation de l&rsquo;espace public par diff\u00e9rentes religions sous diff\u00e9rents r\u00e9gimes politiques. Les ar\u00e8nes o\u00f9 s&rsquo;observent les interactions entre politique et religion dans la modernit\u00e9 sont observ\u00e9es, en comparant la sph\u00e8re publique et la la\u00efcit\u00e9 comme outils th\u00e9oriques.<\/p>\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;anthropologie religieuse se focalise sur la notion de pluralit\u00e9\/mixit\u00e9 religieuse et sur la notion de dialogue interreligieux, en identifiant les terrains que les anthropologues ont privil\u00e9gi\u00e9s pour les \u00e9tudier. Elle s&rsquo;int\u00e9resse notamment au p\u00e8lerinage comme expression d&rsquo;un religieux qui se donne \u00e0 voir, participant \u00e0 une forme d&rsquo;espace public, voire l&rsquo;envahissant, et aux formes de tol\u00e9rance et d&rsquo;intol\u00e9rance qui peuvent s&rsquo;y d\u00e9ployer. \u00c0 partir d&rsquo;exemples, il examine les mani\u00e8res dont la mixit\u00e9 et la cohabitation religieuses s&rsquo;organisent et se vivent dans cette ar\u00e8ne sp\u00e9cifique du religieux.<\/p>\n<p>Entre l&rsquo;anthropologie religieuse, qui explicite le regard d&rsquo;une religion particuli\u00e8re sur l&rsquo;homme, ses origines, le but de sa vie ; et l&rsquo;anthropologie des religions, il y a un \u00e9cart consid\u00e9rable tant au niveau de l&rsquo;objet que de la m\u00e9thode en anthropologie. En effet, l&rsquo;anthropologie des religions est le regard de l&rsquo;homme sur Dieu et sur la religion en tant qu&rsquo;objet de recherche. C&rsquo;est une perception humaine et non divine de la religion. Elle se concentre sur l&rsquo;\u00e9tude des rites, de leurs fonctions et de leur symbolisme ; sur l&rsquo;opposition du sacr\u00e9 au profane, sur les sacrifices et leur r\u00f4le crucial dans la vie religieuse. Elle \u00e9voque \u00e9galement la soif humaine de vie \u00e9ternelle et le refus de la mort, qui sont \u00e0 la base de toute r\u00e9flexion anthropologique.<\/p>\n<p>A ce propos, Lionel Obadia \u00e9crit\u00a0: [xv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019L&rsquo;anthropologie n&rsquo;a pas uniquement produit des th\u00e9ories sur des religions particuli\u00e8res\u00a0: certaines propri\u00e9t\u00e9s initialement attribu\u00e9es \u00e0 la religion en g\u00e9n\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9es au rang d&rsquo;objets d&rsquo;\u00e9tude particuliers, qui ont engendr\u00e9 des domaines de la connaissance autonome. Les croyances, les symboles, les rites, les mythes et les pouvoirs sont, sous un certain aspect, \u00ab\u00a0sacr\u00e9s\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0religieux\u00a0\u00bb et, dans ce sens, ils se rattachent \u00e0 l&rsquo;anthropologie des religions, m\u00eame si, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, ils d\u00e9bordent la sph\u00e8re de la religion stricto sensu. L&rsquo;anthropologie conf\u00e8re deux statuts au concept de croyance\u00a0: au pluriel, elle s&rsquo;incarne dans des objets qu&rsquo;il est possible d&rsquo;ethnographier en vertu de leur mat\u00e9rialit\u00e9, au singulier, elle appara\u00eet comme un ph\u00e9nom\u00e8ne mental, longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme relevant de la psychologie. \u00c0\u00a0partir de l&rsquo;\u00e9tude de ses formes pr\u00e9sum\u00e9es ou observ\u00e9es dans les soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es par les ethnologues, la premi\u00e8re cat\u00e9gorie (les \u00ab\u00a0croyances\u00a0\u00bb) est de l&rsquo;ordre du langage de description (\u00ab\u00a0les x croient&#8230;\u00a0\u00bb) et r\u00e9v\u00e8le la singularit\u00e9 des objets de croyance dans un groupe donn\u00e9 (\u00ab\u00a0mais les y croient autre chose\u00a0\u00bb). C&rsquo;est justement sur ce dernier point que s&rsquo;est fond\u00e9 le d\u00e9bat sur la port\u00e9e comparative du concept de croyance comme \u00e9tat mental, particulier \u00e0 la religion ou non. Par-del\u00e0 la croyance, c&rsquo;est une autre question, celle de la \u00ab\u00a0foi\u00a0\u00bb (des populations non occidentales) qui se pose.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>La place de la religion en sociologie<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, nous parlons peu de religion entre nous, beaucoup moins qu&rsquo;avant, mais le spirituel, le sacr\u00e9 est toujours pr\u00e9sent m\u00eame si nous n&rsquo;en parlons pas beaucoup. Quelle est la place de la religion en sociologie ? On est pass\u00e9 de la sociologie de la religion \u00e0 la sociologie des religions, puis \u00e0 la sociologie du fait religieux. Les sociologues s&rsquo;int\u00e9ressent davantage \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience du sacr\u00e9. Au d\u00e9but, il y avait une forme d&rsquo;ethnocentrisme car on ne s&rsquo;int\u00e9ressait qu&rsquo;\u00e0 une seule religion (le christianisme) mais par la suite on s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 aux autres religions pr\u00e9sentes. Les sociologues ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s&rsquo;int\u00e9resser aux faits religieux plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 la religion elle-m\u00eame. <a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\">[xvi]<\/a><\/p>\n<p>Chaque religion suit une tendance \u00e9sot\u00e9rique. Ce qui est int\u00e9ressant, c&rsquo;est la religion vue sous l&rsquo;angle social. La seule chose stable dans les religions est l&rsquo;exp\u00e9rience religieuse. L&rsquo;essence de la religion n&rsquo;est pas la connaissance ou l&rsquo;action mais une mani\u00e8re personnelle d&rsquo;\u00eatre dans le monde. Dans Les formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse, Durkheim voulait comprendre comment certaines valeurs \u00e9taient transmises et si la religion pouvait \u00eatre remplac\u00e9e par l&rsquo;\u00e9cole, par exemple. Il d\u00e9crit comment s&rsquo;effectue le partage entre le Profane et le Sacr\u00e9. Les hommes ont besoin de se retrouver entre eux et pour cela ils vont effectuer des rituels : des c\u00e9r\u00e9monies dont le but est de s\u00e9parer le profane du sacr\u00e9, de se mettre en \u00e9tat et de cr\u00e9er une effervescence rituelle (susciter des \u00e9motions). Ils forment ainsi une communaut\u00e9 qui est une \u00c9glise. L&rsquo;\u00c9glise est une communaut\u00e9 de fid\u00e8les li\u00e9s dans l&rsquo;effervescence collective par des rituels qui ont permis la s\u00e9paration r\u00e9elle entre le profane et le sacr\u00e9. Le caract\u00e8re profane\/sacr\u00e9 d\u00e9pend de la temporalit\u00e9 et des personnes pr\u00e9sentes. Un lieu n&rsquo;est pas toujours profane ou sacr\u00e9, parfois il est les deux \u00e0 la fois. Rien n&rsquo;est sacr\u00e9 si on ne le rend pas soi-m\u00eame sacr\u00e9. Le partage sacr\u00e9\/profane est mouvant, sans limite pr\u00e9cise. <a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\">[xvii]<\/a><\/p>\n<p>Pour les psychologues, la religion est une strat\u00e9gie de l&rsquo;individu face \u00e0 des besoins insatisfaits et aux limites objectives de l&rsquo;individu. C&rsquo;est une bo\u00eete de r\u00e9ponses aux frustrations, aux peurs, etc. Ils font de la religion quelque chose d&rsquo;utilitaire, une th\u00e9orie des besoins sublim\u00e9s. <strong>Les personnes qui pratiquent une religion sont moins anxieuses que les non-croyants, c&rsquo;est un fait r\u00e9el. Il y a un effet calmant du religieux : moins on pratique, plus on est anxieux. <\/strong><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9volution de la religion, il y a une perte de la religion chez les fid\u00e8les, une d\u00e9sacralisation, notamment \u00e0 cause des sciences qui se d\u00e9veloppent. Il y a une croyance que le progr\u00e8s technique\/scientifique va tout r\u00e9soudre. Le sacr\u00e9 n&rsquo;est plus concentr\u00e9 dans l&rsquo;Eglise. Mircea Eliade Young consid\u00e9rait que l&rsquo;inconscient est structur\u00e9 de mani\u00e8re religieuse, il est inh\u00e9rent \u00e0 notre personnalit\u00e9. L&rsquo;homme est d\u00e9j\u00e0 habit\u00e9 religieusement (ex : d\u00e9passement de ses limites). Il y a la cr\u00e9ation d&rsquo;un panth\u00e9on, une repr\u00e9sentation des personnes, de la nature, etc. [xviii]\n<p>Les personnes pratiquantes expriment leur religion \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur d&rsquo;elles, pour d&rsquo;autres c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Ce sont des arch\u00e9types. La difficult\u00e9 du spirituel est la reproductibilit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;exp\u00e9rience religieuse. Exp\u00e9rience qui est li\u00e9e au Thanatos, tout ce qui conduit \u00e0 la mort et \u00e0 l&rsquo;Eros, tout ce qui conduit \u00e0 la vie : cr\u00e9er une \u0153uvre d&rsquo;art, manger, \u00e9lever un enfant, et les relations sexuelles. On a un besoin d&rsquo;aimer et d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9, de ne faire qu&rsquo;un comme pour la m\u00e8re et le f\u0153tus, un d\u00e9sir de r\u00e9gression \u00e0 ce stade. [xix]\n<p><strong>Cadre historique et anthropologique de la religion<\/strong><\/p>\n<p>Les sociologues s&rsquo;int\u00e9ressent depuis longtemps \u00e0 la religion : Auguste Comte, Durkheim, Max Weber, Bourdieu, etc. La religion offre un cadre de vie et de croyance, permettant aux individus de se situer. La noblesse, soutenue par le clerg\u00e9, va prendre ses distances avec la religion.<\/p>\n<p>Les sociologues se demandent comment une soci\u00e9t\u00e9 moderne bas\u00e9e sur des valeurs individualistes peut rester unie ? Comment l&rsquo;ordre social se maintient-il dans une soci\u00e9t\u00e9, dont la l\u00e9gitimit\u00e9 est l&rsquo;extension des valeurs individualistes, sans qu&rsquo;il y ait une crise majeure ? Pour qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 existe, il faut qu&rsquo;il y ait une coh\u00e9sion.<\/p>\n<p>Les sociologues, partisans de la la\u00efcit\u00e9, ont analys\u00e9 le sacr\u00e9 et les principales formes d&rsquo;organisation religieuse en s&rsquo;appliquant \u00e0 comprendre l&rsquo;ordre social et \u00e9conomique, les symboles et les institutions. Ils se sont inspir\u00e9s des anthropologues des religions qui ont fait un travail consid\u00e9rable. [xx]\n<p>Donner une d\u00e9finition exacte de la religion est difficile, mais les anthropologues parviennent \u00e0 distinguer le religieux lorsqu&rsquo;ils sont sur le terrain. Ils n&rsquo;ont pas de d\u00e9finition unique. L&rsquo;anthropologie des religions est un domaine difficile \u00e0 d\u00e9finir car la religion est vaste. Ils partent d&rsquo;une d\u00e9finition <em>in extenso<\/em>, donc d&rsquo;une d\u00e9finition bas\u00e9e sur des travaux consid\u00e9r\u00e9s comme anthropologiques. Vision fragmentaire en fonction des auteurs et de leurs partis pris. Ils se demandent quelles sont les premi\u00e8res religions, les plus primitives ? Leurs apparitions, leurs \u00e9volutions, pour devenir la religion d&rsquo;un peuple d\u00e9velopp\u00e9 ? Le monoth\u00e9isme est la religion la plus d\u00e9velopp\u00e9e au monde, au stade ultime du d\u00e9veloppement de la civilisation. Vision \u00e9volutive. Pour un pr\u00eatre, Schmidt, puisqu&rsquo;un seul Dieu s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 tous les hommes, alors le monoth\u00e9isme est l\u00e9gitime. [xxi]\n<p><strong>Les origines de la religion<\/strong><\/p>\n<p>A la fin du 19 <sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, 2 th\u00e8ses sont apparues sur l&rsquo;origine de la religion :<\/p>\n<p><strong>1-M\u00fcller, [xxii] Naturisme<\/strong> : Pour cet anthropologue, dans les V\u00e9das (textes religieux hindous), les noms des divinit\u00e9s sont des noms communs d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de la nature. Il y a donc une croyance en des divinit\u00e9s naturelles. Cette croyance vient du langage, de la personnification des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels (le soleil se l\u00e8ve). Pour un homme primitif, les ph\u00e9nom\u00e8nes\/forces naturels sont des entit\u00e9s auxquelles il faut vouer un culte pour \u00eatre en harmonie : divinisation des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. C&rsquo;est la premi\u00e8re religion qui est apparue. La notion d&rsquo;\u00e2me est apparue tardivement. Comme l&rsquo;homme ne peut se r\u00e9signer \u00e0 une mort d\u00e9finitive, il divinise l&rsquo;\u00e2me en accordant l&rsquo;immortalit\u00e9 aux anc\u00eatres et il les v\u00e9n\u00e8re (culte des anc\u00eatres). [xxiii]\n<p><strong>2- Tyler, [xxiv] animisme<\/strong> : Pour lui, la notion d&rsquo;\u00e2me est premi\u00e8re. Il part du r\u00eave et de l&rsquo;exp\u00e9rience onirique. Cette exp\u00e9rience joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la formation des repr\u00e9sentations religieuses. Pendant le r\u00eave, il y a un d\u00e9doublement du sujet et du monde de l&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9elle. Formation d&rsquo;un double onirique pendant le sommeil et d&rsquo;un univers, sans consid\u00e9ration de temps et d&rsquo;espace (ex : vol, rencontre d&rsquo;un absent, r\u00eave pr\u00e9monitoire, etc.) Le double onirique est \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me, de l&rsquo;univers onirique. Nous avons cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;au-del\u00e0 par nos r\u00eaves. L&rsquo;\u00e2me est comme un principe vital. La mort \u00e9tant comparable \u00e0 un long sommeil, les morts peuvent se manifester aux vivants dans les r\u00eaves. On a imagin\u00e9 une notion d&rsquo;\u00e2me spirituelle qui quitte un corps mort mais qui peut interf\u00e9rer avec les vivants : apparition des rites fun\u00e9raires et du culte des anc\u00eatres. Ces concepts conduisent \u00e0 la croyance que tout dans la nature a une \u00e2me : l&rsquo;animisme. Si l&rsquo;\u00e2me est au c\u0153ur de tout \u00eatre vivant et se d\u00e9place dans la nature, c&rsquo;est que tout est vivant et a une \u00e2me (le feu a une \u00e2me, la plante a une \u00e2me, etc.) Le culte de la mort s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 la nature pour r\u00e9unir les puissances myst\u00e9rieuses qui conditionnent le destin de l&rsquo;humanit\u00e9. <strong>L&rsquo;animisme a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re religion de l&rsquo;homme, le polyth\u00e9isme lui a succ\u00e9d\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Mircea Eliade et Nicole Sindzingre \u00e9crivent \u00e0 ce propos dans <em>Universalis\u00a0<\/em>: [xxv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019La religion se d\u00e9finit, selon Tylor, par la croyance en des \u00eatres spirituels. Dans le deuxi\u00e8me tome de Primitive Culture, il s&rsquo;efforce d&rsquo;identifier l&rsquo;origine de cette croyance et d&rsquo;en reconstituer le d\u00e9veloppement. Le \u00ab primitif \u00bb arriverait \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un principe diff\u00e9rent de son corps, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me, \u00e0 la suite de deux exp\u00e9riences psychophysiologiques : d&rsquo;une part, les ph\u00e9nom\u00e8nes du sommeil, de la maladie, de l&rsquo;extase (la transe) et de la mort ; d&rsquo;autre part, l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle des r\u00eaves et des visions. Quand ce principe abandonne provisoirement le corps, l&rsquo;homme s&rsquo;endort, l&rsquo;\u00e2me vagabonde et a ses propres exp\u00e9riences, les r\u00eaves. Lorsque l&rsquo;\u00e2me se s\u00e9pare du corps, c&rsquo;est la mort. L&rsquo;extase et la maladie s&rsquo;expliquent \u00e9galement par un abandon temporaire du corps par l&rsquo;\u00e2me. Et, puisqu&rsquo;on r\u00eave de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es depuis longtemps, on conclut \u00e0 la survivance de l&rsquo;\u00e2me apr\u00e8s la mort.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de th\u00e9ories sp\u00e9culatives bas\u00e9es sur des donn\u00e9es incompl\u00e8tes et erron\u00e9es. Le point de d\u00e9part de Muller et Tyler n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 empiriquement. Ce n&rsquo;est que dans les langues et les mythologies indo-europ\u00e9ennes que les noms\/pouvoirs des divinit\u00e9s sont associ\u00e9s \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. Quant \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, elle est attest\u00e9e dans certaines soci\u00e9t\u00e9s et pas dans d&rsquo;autres. Dans la vie quotidienne, il existe toutes sortes de croyances. La plupart des conflits naissent des croyances et non de v\u00e9ritables d\u00e9faites.<\/p>\n<p>Les gens, le monde, les institutions, sont irrationnels, car ils sont bas\u00e9s sur des croyances (croyance en la charit\u00e9 chr\u00e9tienne, etc.) Les th\u00e9ories de Muller et Tyler ont des points communs : elles partent du pr\u00e9suppos\u00e9 \u00e9volutionniste. Les personnes qui pratiquent ce pr\u00e9suppos\u00e9 et ont des croyances religieuses sont comme des enfants qui essaient de comprendre le monde de mani\u00e8re maladroite. La dimension sociale de la religion est absente de ces th\u00e9ories : l&rsquo;intelligence est la capacit\u00e9 de s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;environnement, pas l&rsquo;accumulation de connaissances.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme moderne est aussi intelligent que l&rsquo;homme primaire, et les enfants donnent un statut anthropomorphique \u00e0 leurs jouets. Cela semble absurde \u00e0 Durkheim, car m\u00eame un animal peut distinguer un objet inerte d&rsquo;un \u00eatre vivant. M\u00eame un enfant sait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu lorsqu&rsquo;il parle \u00e0 un jouet. Pour Durkheim, la religion n&rsquo;est ni un r\u00eave, syst\u00e9matis\u00e9 ou v\u00e9cu, ni une immense m\u00e9taphore sans valeur objective comme la th\u00e9orie naturiste. Elle ne peut \u00eatre une mauvaise interpr\u00e9tation du monde r\u00e9el car son but n&rsquo;est pas le contr\u00f4le des forces de la nature. <strong>La religion est une dimension existentielle, une \u00e9thique de vie, sans effet imm\u00e9diat mais diff\u00e9r\u00e9 (acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;au-del\u00e0), elle ne r\u00e9sout pas les probl\u00e8mes quotidiens mais r\u00e9gule le quotidien (comme une horloge). <\/strong><a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\">[xxvi]<\/a><\/p>\n<p>La magie selon Mauss est performative, avec des effets imm\u00e9diats. Le pouvoir religieux est comme la magie. Les religions ont structur\u00e9 la vie, la soci\u00e9t\u00e9, au d\u00e9part. Le premier acte pour entrer dans le sacr\u00e9 est de renoncer \u00e0 ce que l&rsquo;on croit et \u00e0 son ego. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays de l&rsquo;Est sont devenus encore plus pratiquants. [xxvii].<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;anthropologie et le sacr\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Les individus, d\u00e8s qu&rsquo;ils cr\u00e9ent un ordre social, le vivent comme une exp\u00e9rience collective sous le signe de l&rsquo;extraordinaire. Ex. : Mo\u00efse donne \u00e0 son peuple une nouvelle loi dans une situation exceptionnelle. L&rsquo;ordre social est cr\u00e9\u00e9 lorsque les individus isolent dans la soci\u00e9t\u00e9 un lieu de pouvoir, le sacr\u00e9, afin de l\u00e9gitimer les r\u00e8gles et les valeurs collectives qui leur sont impos\u00e9es pour permettre la coh\u00e9sion sociale. Le sacr\u00e9 est le surmoi collectif d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, un lieu de repr\u00e9sentation et de production de l&rsquo;imaginaire symbolique.<\/p>\n<p>Dans l\u2019ouvrage intitul\u00e9 <em>Le<\/em> <em>Sacr\u00e9,<\/em> le sacr\u00e9 dans l\u2019anthropologie est pr\u00e9sent\u00e9 dans les termes suivants\u00a0: [xxviii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018\u2019L\u2019exp\u00e9rience du sacr\u00e9, structur\u00e9e par le symbole, le mythe et le rite, est toujours prise en charge par une institution, au point d\u2019envahir peu \u00e0 peu toutes les formes d\u2019une culture, en servant de fondement \u00e0 la religion, en participant \u00e0 l\u2019institution d\u2019un ordre hi\u00e9rarchique et politique, en assurant une sorte de r\u00e9gulation symbolique des conduites sociales (par la f\u00eate, par exemple).<br \/>\nSi le sacr\u00e9 est v\u00e9cu et ritualis\u00e9 par tous les membres de la communaut\u00e9, tous ne l\u2019approchent pas de la m\u00eame mani\u00e8re. Les hi\u00e9rophanies appellent des hommes particuli\u00e8rement aptes et disponibles pour le reconna\u00eetre, le fixer et le transmettre. Le sacr\u00e9 est donc ins\u00e9parable de sp\u00e9cialistes du sacr\u00e9 (devins, initiateurs, sacrificateurs, pr\u00eatres, scribes, r\u00e9citants, docteurs de la loi, etc.) qui presque partout constituent une classe sacerdotale (confr\u00e9rie, secte, coll\u00e8ge, \u00e9glise), un groupe diff\u00e9renci\u00e9 participant \u00e0 la division des t\u00e2ches et \u00e0 la stratification sociale. Cette fonction sacerdotale peut \u00eatre d\u00e9finie par trois caract\u00e8res :<br \/>\nLa d\u00e9tention d\u2019un savoir religieux qui se diff\u00e9rencie doublement des connaissances communes : sur le plan quantitatif d\u2019une part, dans la mesure o\u00f9 la conservation de la tradition, orale surtout, doit \u00eatre confi\u00e9e \u00e0 des hommes particuli\u00e8rement comp\u00e9tents et performants pour se faire les d\u00e9positaires de la m\u00e9moire collective ; sur un plan qualitatif, d\u2019autre part, dans la mesure o\u00f9 le sacr\u00e9 implique g\u00e9n\u00e9ralement un langage \u00e9sot\u00e9rique, qui n\u2019est accessible qu\u2019\u00e0 certaines personnes, soit par suite d\u2019une transmission initiatique (soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, myst\u00e8res), soit par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un enseignement dogmatique (docteurs de la Loi juive, \u00e9cole coranique)\u2026\u2019\u2019<\/p>\n<p><strong>Durkheim :<\/strong><\/p>\n<p>Durkheim est le pr\u00e9curseur du symbolisme. Aujourd&rsquo;hui encore, les lieux profanes sont sacr\u00e9s : on n&rsquo;entre pas comme \u00e7a dans une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, un tribunal, etc.<\/p>\n<p>Pour Durkheim, il existe une forme institutionnalis\u00e9e du sacr\u00e9. C&rsquo;est la conscience sociale qui exerce une fonction d&rsquo;int\u00e9gration.\u00a0 Le religieux est post\u00e9rieur au sacr\u00e9, \u00e0 l&rsquo;effervescence du collectif, et r\u00e9pond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;administrer le sacr\u00e9 qui va l\u00e9gitimer l&rsquo;ordre social. La religion est donc la r\u00e8gle. Religion, du latin <em>relicare<\/em>, qui signifie relier, tenir ensemble une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;une croyance et d&rsquo;une valeur m\u00e9ta-sociale. Les rites sont importants dans le sens o\u00f9 ils actualisent la conscience collective, les mythes, l&rsquo;ordre social, tout en maintenant une conscience originelle.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses religions, il existe des prescriptions alimentaires et sexuelles que les individus reconnaissent comme des valeurs communes et des r\u00e8gles de conduite communes. Certains aliments sont consid\u00e9r\u00e9s comme impurs. Les gens se soumettent \u00e0 ces interdits non pas parce qu&rsquo;ils r\u00e9fl\u00e9chissent au fondement historique de la r\u00e8gle, mais parce qu&rsquo;ils la justifient par la tradition ou un verset du texte sacr\u00e9. La dialectique du pur et de l&rsquo;impur, c&rsquo;est-\u00e0-dire un aspect exemplaire du fonctionnement d&rsquo;une religion et de son mode de fonctionnement. Le rituel est un ensemble organis\u00e9 de gestes qui nous font entrer progressivement dans le domaine du sacr\u00e9. Le rituel renvoie toujours \u00e0 un mythe.\u00a0 Nous s\u00e9parons le sacr\u00e9 du profane par un ensemble de gestes ordonn\u00e9s et signifiants.<\/p>\n<p>Durkheim s&rsquo;est appuy\u00e9 sur les travaux des soci\u00e9t\u00e9s tot\u00e9miques. L&rsquo;un des premiers \u00e9l\u00e9ments de la constitution d&rsquo;un clan est l&rsquo;identification du clan \u00e0 un totem. On appartient au clan si on a le m\u00eame totem. Le totem fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un Dieu. Durkheim pense que dans les soci\u00e9t\u00e9s tribales tot\u00e9miques (classiques), le totem est une forme organis\u00e9e de repr\u00e9sentation du sacr\u00e9 dans laquelle la soci\u00e9t\u00e9 se reconna\u00eet comme une entit\u00e9.\u00a0 Il est la preuve d&rsquo;un lien avec le sacr\u00e9 et entre les membres du clan, c&rsquo;est-\u00e0-dire un syst\u00e8me de signes et de symboles qui sert \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 rester unie et \u00e0 \u00e9tablir sa propre identit\u00e9. Toutes les religions ont d\u00e9velopp\u00e9 des rites sacrificiels, notamment des rites d&rsquo;initiation (Van Gennep, <em>Rites de passage<\/em>)[xxix]. Chaque soci\u00e9t\u00e9 existe \u00e0 travers ces rites.<\/p>\n<p>Un enfant est reconnu d\u00e8s qu&rsquo;il est inscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil, d\u00e8s qu&rsquo;il a un nom, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;est pas encore n\u00e9. Le totem d\u00e9limite les fronti\u00e8res entre ce qui est sacr\u00e9 et ce qui est profane, entre ceux qui peuvent manipuler les choses sacr\u00e9es et ceux qui doivent rester en dehors. En 1905, l&rsquo;\u00c9tat se s\u00e9pare de l&rsquo;\u00c9glise et devient la\u00efque en France (la\u00efcit\u00e9), ce qui est bien plus sacr\u00e9 que toute religion car cela permet la pratique de toute religion. Durkheim ne voit pas d&rsquo;autre source que la religion pour remplacer l&rsquo;\u00e9ducation. Il ne voit pas d&rsquo;autres sources que la religion et l&rsquo;\u00e9ducation pour remplacer, pour permettre, l&rsquo;industrialisation.<\/p>\n<p><strong>Weber :<\/strong><\/p>\n<p>Pour Weber, il existe une affinit\u00e9 entre deux id\u00e9aux typiques : Le calvinisme et le capitalisme. Il y a des \u00e9l\u00e9ments \u00e9thiques qui permettent le rapprochement, surtout dans la mentalit\u00e9 du capitalisme moderne : l&rsquo;accumulation continue et l&rsquo;existence d&rsquo;une discipline rationnelle du travail et de l&rsquo;entreprise qui montre une relation constante entre les moyens et les fins, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9pargne, l&rsquo;investissement, le r\u00e9investissement et l&rsquo;accumulation de biens. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une action \u00e9conomique rationnelle que l&rsquo;on peut observer dans certaines parties de l&rsquo;Europe o\u00f9 il existe une forme particuli\u00e8re de religion : le calvinisme. On dit qu&rsquo;il existe une relation entre la religion calviniste et le capitalisme. Weber met en \u00e9vidence les caract\u00e9ristiques typiques de l&rsquo;\u00e9thique rationnelle de l&rsquo;industrie et les compare aux caract\u00e9ristiques calvinistes. Il y a une doctrine de la pr\u00e9destination dans le capitalisme mais aussi celle de l&rsquo;asc\u00e8se intramondaine. Ils sont essentiels pour comprendre le d\u00e9veloppement du capitalisme.<\/p>\n<p>Au sujet de la rationalit\u00e9 dans le religieux chez Max Weber, Raymond Boudon a \u00e9crit\u00a0: [xxx]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019L\u2019un des traits les plus frappants des \u00e9crits de Weber sur la religion, c\u2019est la fr\u00e9quence avec laquelle il emploie le mot rationalit\u00e9 et ses d\u00e9riv\u00e9s\u00a0Rationalisierung,\u00a0Durchrationalisierung,\u00a0etc.). Cela r\u00e9sulte de ce que l\u2019explication sociologique des ph\u00e9nom\u00e8nes religieux et particuli\u00e8rement des croyances religieuses rel\u00e8ve pour lui, comme l\u2019explication de tout ph\u00e9nom\u00e8ne social, de la m\u00e9thode compr\u00e9hensive. Selon le postulat fondamental de la m\u00e9tath\u00e9orie fondant la m\u00e9thode compr\u00e9hensive, la cause des croyances d\u2019un individu co\u00efncide avec le sens qu\u2019elles ont pour lui. Pour le sociologue, expliquer que telle cat\u00e9gorie de personnes adh\u00e8re \u00e0 telle croyance, c\u2019est en d\u2019autres termes, selon Weber, montrer que ces croyances font sens pour les personnes en question.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Weber parle de pr\u00e9destination : le fait que l&rsquo;homme se sauve par sa seule foi, m\u00eame s&rsquo;il ne sait pas si Dieu le sauvera. Comme il ne peut \u00eatre dans les d\u00e9cisions divines, il n&rsquo;a que la possibilit\u00e9 de vivre son m\u00e9tier, son travail, sur terre comme une vocation : le <em>beruf<\/em> (on retrouve cette id\u00e9e chez les Japonais). Le d\u00e9sir de bien faire ce que Dieu nous demande, et le succ\u00e8s qui en d\u00e9coule, est la seule mesure, la seule preuve qui nous permet de savoir si nous avons bien fait notre travail. Vivre son travail comme un engagement que Dieu nous demande de prendre dans le monde s\u00e9culier signifie soumettre son opinion \u00e0 une discipline \u00e9thique, donc \u00e0 une m\u00e9thode rationnelle : une asc\u00e8se (un exercice m\u00e9thodique) intramondaine (dans le monde). C&rsquo;est une prise de risque pour l&rsquo;entrepreneur, comme pour le religieux, car l&rsquo;engagement et l&rsquo;asc\u00e8se exigent des sacrifices. Il s&rsquo;agit d&rsquo;imposer une discipline \u00e0 ses d\u00e9sirs afin d&rsquo;accumuler l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire et d&rsquo;obtenir des r\u00e9sultats, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il y a la rationalit\u00e9 d&rsquo;une action \u00e9thique qui sert une action \u00e9conomique. Le rapport que Weber met en \u00e9vidence est celui du capitalisme et du calvinisme, de l&rsquo;action et de l&rsquo;\u00e9thique, dans certaines parties du monde. Dans d&rsquo;autres pays, la forme de d\u00e9veloppement du capitalisme a du mal \u00e0 \u00eatre \u00e9thique.<\/p>\n<p>Pour Weber, la religion serait un facteur de changement social[xxxi]. Comme Marx, il cherche \u00e0 expliquer le changement social. Comment, \u00e0 un moment donn\u00e9, des changements profonds dans l&rsquo;ordre social se produisent-ils dans des soci\u00e9t\u00e9s donn\u00e9es ? Pour Marx, le conflit socio-\u00e9conomique entre les classes sociales est un facteur d\u00e9terminant. Pour Weber, si la soci\u00e9t\u00e9 change, c&rsquo;est parce que les facteurs de crise \u00e9conomique, sociale et politique peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s par des innovateurs sociologiques ou politiques capables de lire les signes des temps et de devenir les vecteurs des besoins de changement que les gens expriment. La figure de l&rsquo;innovateur id\u00e9al est le proph\u00e8te, le leader charismatique, la figure centrale du changement (Gandhi, Mao Ts\u00e9-toung, etc.) qui joue le r\u00f4le d&rsquo;innovateur \u00e9thique, sociologique et politique.<\/p>\n<p>La formation du leadership politique, \u00e0 travers le charisme et la figure du proph\u00e8te. Le proph\u00e8te est celui qui dit quelque chose de nouveau par rapport au religieux de son temps. Il annonce une nouvelle fa\u00e7on de parler avec Dieu et de cr\u00e9er de nouvelles relations entre Dieu et les hommes (ex : Mo\u00efse, qui a v\u00e9cu de terribles \u00e9preuves avec son peuple, &#8230;qui s&rsquo;est soumis \u00e0 un ordre de renouveau avec de nouvelles lois de la main de Dieu ; J\u00e9sus ; Mohammed ; Bouddha ; Martin Luther King ; Nelson Mandela ; Gandhi ; etc.) Le proph\u00e8te fait une critique, un constat, pour d\u00e9sormais proposer un nouveau mode de vie et donc une nouvelle forme de soci\u00e9t\u00e9. Ce sont des leaders qui per\u00e7oivent l&rsquo;\u00e9tat de la soci\u00e9t\u00e9 mieux que les autres et qui proposent un mod\u00e8le alternatif aux soci\u00e9t\u00e9s existantes [xxxii].<\/p>\n<p>Le changement n&rsquo;est possible que si la soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9merge est authentique et poss\u00e8de quelque chose de nouveau. Ils ont un charisme. Le charisme est un don poss\u00e9d\u00e9 par un individu autour duquel il y a toujours la manifestation de preuves d&rsquo;un pouvoir exceptionnel, personnel, qui se manifeste (se voit) et qui permet \u00e0 un groupe d&rsquo;adeptes ou de disciples de se r\u00e9clamer de ce proph\u00e8te en formant un groupe. Le proph\u00e8te est investi d&rsquo;une mission divine. A sa mort, il y a un probl\u00e8me : celui de la survie du charisme apr\u00e8s sa mort et l&rsquo;h\u00e9ritage est en jeu.<\/p>\n<p>On arrive \u00e0 la routinisation du charisme. Les institutions, les organisations \u00e9tatiques ou les associations r\u00e9cup\u00e8rent la doctrine dans le m\u00eame sens, mais l&rsquo;esprit, le charisme n&rsquo;est plus l\u00e0. Elles se d\u00e9brouillent sans l&rsquo;esprit. Comment l&rsquo;institution de l&rsquo;Eglise peut-elle s&rsquo;enrichir quand le message du Christ est d&rsquo;abandonner toute possession ? Nous avons la proph\u00e9tie \u00e9thique (la parole du proph\u00e8te), et nous avons la proph\u00e9tie exemplaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire celle qui fait d&rsquo;abord l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une nouvelle vie de perfection, de renaissance et de salut et qui se propose comme mod\u00e8le \u00e0 suivre (Bouddha, J\u00e9sus, Mohammed, etc.). <strong>Weber ne se demande pas quelle est la fonction de la religion, mais plut\u00f4t comment la religion va provoquer un changement social.<\/strong><\/p>\n<p>Au sujet de l\u2019int\u00e9r\u00eat que Max Weber manifeste au sujet de la religion, Laurent Fleury \u00e9crit\u00a0: [xxxiii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Sensible au rigorisme praticien de sa m\u00e8re, calviniste, et \u00e0 la religiosit\u00e9 fervente et cultiv\u00e9e de sa tante, Ida Baumgarten, Weber \u00e9crit cependant \u00ab ne pas avoir l\u2019oreille musicale pour la religion \u00bb. R\u00e9form\u00e9 de formation, il est en d\u00e9saccord avec certains aspects du luth\u00e9ranisme (pardon, absolution), lui pr\u00e9f\u00e9rant l\u2019asc\u00e8se calviniste dont il admire l\u2019intransigeance, au point de conf\u00e9rer \u00e0 sa vie une \u00e9gale s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Weber poursuit cette immersion par des engagements sociaux ou politiques : il adh\u00e8re au Cercle pour la Politique sociale (Verein f\u00fcr Sozialpolitik) en 1889, aux c\u00f4t\u00e9s de Friedrich Naumann, participe \u00e0 la premi\u00e8re association protestante sociale en 1890, puis participe aux travaux du Evangelisch soziale Kongress (Congr\u00e8s social protestant) ; il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019action sociale de l\u2019\u00c9glise qui, pour les lib\u00e9raux et les pi\u00e9tistes, est l\u2019expression la plus pure de la foi. Enfin, berceau de la R\u00e9forme protestante et du luth\u00e9ranisme, l\u2019Allemagne conna\u00eet de profonds changements de la vie religieuse, dont Weber est t\u00e9moin en cette fin du xixe si\u00e8cle. Le protestantisme sort en effet renforc\u00e9 de la victoire allemande de 1871, de la lutte syst\u00e9matique de Bismarck contre le catholicisme entre 1872 et 1887, et de l\u2019effervescence qui agite les \u00c9glises protestantes alors divis\u00e9es entre une tendance orthodoxe, une tendance pi\u00e9tiste et une tendance lib\u00e9rale. Mais c\u2019est un int\u00e9r\u00eat scientifique que Weber manifeste pour les religions. D\u2019abord, parce que la naissance de la sociologie a \u00e9t\u00e9 fortement li\u00e9e \u00e0 une interrogation sur le devenir des religions dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes\u2026\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>En conclusion<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie des religions est une science qui s&rsquo;int\u00e9resse aux rites, aux pratiques, aux mythes, aux doctrines et aux textes religieux, elle \u00e9tudie diff\u00e9rents domaines tels que la notion de croyance, le tabou, les personnages religieux, les interdits et les relations entre magie et religion.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;anthropologie des religions vise essentiellement \u00e0 \u00e9tudier l&rsquo;histoire des relations entre les concepts de culture, de religion et d&rsquo;id\u00e9ologie ; \u00e0 se familiariser avec les diff\u00e9rents concepts de l&rsquo;anthropologie des religions (mythes, rituels, cosmologie, polyth\u00e9isme, chamanisme, etc.) ; \u00e0 s&rsquo;interroger sur la diversit\u00e9 du fait religieux et \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les dimensions id\u00e9ologiques et religieuses des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie des religions se distingue de l&rsquo;ethnologie, de l&rsquo;histoire et de la sociologie des religions en ce qu&rsquo;elle tente de comprendre, au-del\u00e0 du chaos des faits religieux, l&rsquo;homme qui cr\u00e9e et manipule toute une symbolique, celle du \u00ab\u00a0surnaturel\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Naturellement, sa premi\u00e8re t\u00e2che est de d\u00e9finir ce qui distingue les symboles du sacr\u00e9 des autres types de symbolisme. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre issue, si l&rsquo;on ne veut pas tomber dans les pi\u00e8ges de l&rsquo;ethnocentrisme, que de partir \u00e0 chaque fois des d\u00e9finitions indig\u00e8nes et de leurs classifications des choses dans un syst\u00e8me binaire : sacr\u00e9 et profane.<\/p>\n<p>Pour appr\u00e9hender les faits religieux, le d\u00e9fi scientifique est de croiser une pluralit\u00e9 de th\u00e9ories et de m\u00e9thodologies et d&#8217;emprunter \u00e0 divers champs disciplinaires, des approches statistiques et des analyses bas\u00e9es sur des documents visuels, des r\u00e9seaux, des discours ou encore des approches comparatives.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les choix th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques de la recherche sont cruciaux et le questionnement r\u00e9flexif des pratiques de recherche s&rsquo;inscrit dans un \u00e9tat de la recherche renouvel\u00e9 principalement depuis le milieu des ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p>En effet, si des \u00e9tudes existaient auparavant sur les th\u00e9ories des religions (et en particulier sur la th\u00e9orie de la s\u00e9cularisation) et sur les th\u00e9ories et h\u00e9ritages des pionniers (Durkheim, Weber, Eliade&#8230;), les approches m\u00e9thodologiques ont depuis \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement remises en question.<\/p>\n<p>Plusieurs ouvrages tentent de synth\u00e9tiser les pratiques dans ce domaine, d&rsquo;abord dans le champ acad\u00e9mique anglophone : depuis 2005, la collection <em>The Routledge Companion<\/em> s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 <em>The Study of Religion<\/em> (nouvelle \u00e9dition augment\u00e9e en 2011), proposant des \u00e9tudes sur les m\u00e9thodes, les th\u00e9ories et les th\u00e8mes d\u00e9ploy\u00e9s dans les \u00e9tudes religieuses (Hinnels, 2010). [xxxiv] En 2012, Robert A. Orsi a pr\u00e9sent\u00e9 une synth\u00e8se, plut\u00f4t orient\u00e9e vers l&rsquo;analyse th\u00e9orique et bas\u00e9e sur des \u00e9tudes de cas, <em>The Cambridge Companion to Religious Studies<\/em> (Orsi, 2012). [xxxv]\n<p>Les pratiques m\u00e9thodologiques sont approfondies par un ouvrage d\u00e9di\u00e9 publi\u00e9 en 2011, \u00e9dit\u00e9 par Steven Engler et Michael Stausberg : <em>The Routledge Handbook of Research Methods in the Study of Religion<\/em> (Engler &amp; Stausberg, 2011)[xxxvi].<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] <em>Homo religiosus<\/em> &#8211; lat.\u00a0<strong>personne religieuse<\/strong>\u00a0Le terme invent\u00e9 par Mircea Eliadego, d\u00e9crit un homme comme un \u00eatre religieux. Selon lui, seul un homme religieux est un homme v\u00e9ritable capable de d\u00e9velopper et d&rsquo;utiliser toute sa nature.<\/p>\n<p>Cf. Etienne, Jacques. \u2018\u2019L\u2019 \u00ab homo religiosus \u00bb des origines \u00e0 nos jours. A propos d&rsquo;un nouveau Trait\u00e9\u2019\u2019, <em>Revue Th\u00e9ologique de Louvain<\/em>, Ann\u00e9e 1994, 25-1, pp. 60-64, <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/thlou_0080-2654_1994_num_25_1_2675\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/thlou_0080-2654_1994_num_25_1_2675<\/a><\/p>\n[ii] Obadia, Lionel.\u00a0<em>L\u2019anthropologie des religions<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions La D\u00e9couverte, Collection Rep\u00e8res Sociologie, 2007.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Depuis sa fondation au XIXe si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 son red\u00e9ploiement actuel dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines et dans le contexte de la mondialisation, l\u2019anthropologie a toujours port\u00e9 un int\u00e9r\u00eat particulier \u00e0 la religion, \u00e0 ses origines, ses formes et ses variations.<\/p>\n<p>L\u2019anthropologie des religions est cette branche de l\u2019anthropologie sociale et culturelle qui s\u2019est constitu\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude de religions (magie, sorcellerie, animisme, tot\u00e9misme, chamanisme\u2026) et d\u2019objets empiriques (mythes, rites, croyances, repr\u00e9sentations, organisations sociales) particuliers, en mobilisant des th\u00e9ories et en employant des m\u00e9thodes qui lui conf\u00e8rent une identit\u00e9 singuli\u00e8re dans la constellation des sciences religieuses. Ce domaine de la connaissance anthropologique, qui fut un temps consid\u00e9r\u00e9 une \u00ab science des religions primitives \u00bb, conserve aujourd\u2019hui toute sa pertinence pour saisir des religions, modernes ou pas, en mutation et en mouvement.<\/p>\n[iii] Obadia, Lionel. \u00ab\u00a0I. L&rsquo;anthropologie des religions\u00a0\u00bb, Lionel Obadia \u00e9d.,\u00a0<em>L\u2019anthropologie des religions.\u00a0<\/em>Paris\u00a0: La D\u00e9couverte, 2012, pp. 7-24, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/l-anthropologie-des-religions--9782707173737-page-7.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/l-anthropologie-des-religions&#8211;9782707173737-page-7.htm<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de restituer l&rsquo;anthropologie des religions \u00e0 son histoire et \u00e0 ses d\u00e9veloppements, ce sont deux versions diff\u00e9rentes qu&rsquo;il est possible d&rsquo;\u00e9crire. Soit elle m\u00eale sans distinction les contributions de philosophes, de sociologues, d&rsquo;historiens ou de mythologues \u00e0 celles des ethnologues sans distinction\u00a0: c&rsquo;est la mani\u00e8re dont un Brian Morris [1987] brosse par exemple le portrait historique des \u00ab\u00a0\u00e9tudes anthropologiques sur la religion\u00a0\u00bb de Hegel \u00e0 L\u00e9vi-Strauss, en passant par les sociologues Max Weber, Karl Marx et \u00c9mile Durkheim, et les psychologues Sigmund Freud et Carl Gustav Jung. Soit, dans une tout autre perspective, le champ de l&rsquo;anthropologie des religions se r\u00e9v\u00e8le plus restrictif et se rattache \u00e0 une tradition acad\u00e9mique bien particuli\u00e8re, celle de l&rsquo;\u00e9tude comparative des soci\u00e9t\u00e9s non occidentales et de leurs syst\u00e8mes de croyances. Entre la version englobante et int\u00e9grative, et la version restrictive et exclusive, tout est question de perspective. Et c&rsquo;est la seconde qui est retenue ici, pour des raisons qui s&rsquo;expliquent ais\u00e9ment\u00a0: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;anthropologie des religions qui ne soit d&rsquo;abord une anthropologie (i.\u00a0 e. une ethnographie compar\u00e9e).\u2019\u2019<\/em><\/p>\n[iv] Obadia, Lionel. \u00ab\u00a0Anthropologie et religion, aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Archives de sciences sociales des religions<\/em>, 156, octobre-d\u00e9cembre 2011, pp. 31-42, <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/assr\/23399\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/journals.openedition.org\/assr\/23399<\/a><\/p>\n[v] Brian Morris (n\u00e9 le 18 octobre 1936) est professeur \u00e9m\u00e9rite d&rsquo;anthropologie au Goldsmiths College de l&rsquo;Universit\u00e9 de Londres. Il est sp\u00e9cialiste de la taxonomie populaire, de l&rsquo;ethnobotanique et de l&rsquo;ethnozoologie, ainsi que de la religion et du symbolisme. Il a effectu\u00e9 des travaux de terrain parmi les chasseurs-cueilleurs d&rsquo;Asie du Sud et au Malawi. Parmi les groupes qu&rsquo;il a \u00e9tudi\u00e9s figurent les Ojibwas.<\/p>\n<p><em>Anthropological Studies of Religion<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press, 1987.<\/p>\n[vi] Claude L\u00e9vi-Strauss (28 novembre 1908 &#8211; 30 octobre 2009) est un anthropologue et ethnologue fran\u00e7ais dont les travaux ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminants dans le d\u00e9veloppement des th\u00e9ories du structuralisme et de l&rsquo;anthropologie structurale. Il a occup\u00e9 la chaire d&rsquo;anthropologie sociale au Coll\u00e8ge de France entre 1959 et 1982, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise en 1973 et a \u00e9t\u00e9 membre de l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales de Paris. Il a re\u00e7u de nombreuses distinctions de la part d&rsquo;universit\u00e9s et d&rsquo;institutions du monde entier.<\/p>\n<p>L\u00e9vi-Strauss a soutenu que l&rsquo;esprit \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb avait les m\u00eames structures que l&rsquo;esprit \u00ab\u00a0civilis\u00e9\u00a0\u00bb et que les caract\u00e9ristiques humaines sont les m\u00eames partout. Ces observations ont culmin\u00e9 dans son c\u00e9l\u00e8bre livre Tristes Tropiques (1955) qui a \u00e9tabli sa position comme l&rsquo;une des figures centrales de l&rsquo;\u00e9cole de pens\u00e9e structuraliste. Outre la sociologie, ses id\u00e9es ont touch\u00e9 de nombreux domaines des sciences humaines, notamment la philosophie. Le structuralisme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini comme \u00ab\u00a0la recherche des sch\u00e9mas de pens\u00e9e sous-jacents dans toutes les formes d&rsquo;activit\u00e9 humaine\u00a0\u00bb. Il a remport\u00e9 le prix international Nonino 1986 en Italie.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;Anthropologie face aux probl\u00e8mes du monde moderne<\/em>. Paris\u00a0:\u00a0Le Seuil, 2011.<\/p>\n[vii] David \u00c9mile Durkheim (15 avril 1858 &#8211; 15 novembre 1917) \u00e9tait un sociologue fran\u00e7ais. Durkheim a formellement \u00e9tabli la discipline acad\u00e9mique de la sociologie et est commun\u00e9ment cit\u00e9 comme l&rsquo;un des principaux architectes de la science sociale moderne, avec Karl Marx et Max Weber.<\/p>\n<p>Une grande partie des travaux de Durkheim portait sur la mani\u00e8re dont les soci\u00e9t\u00e9s peuvent maintenir leur int\u00e9grit\u00e9 et leur coh\u00e9rence dans la modernit\u00e9, une \u00e9poque o\u00f9 les liens sociaux et religieux traditionnels sont beaucoup moins universels et o\u00f9 de nouvelles institutions sociales ont vu le jour. La conception de Durkheim de l&rsquo;\u00e9tude scientifique de la soci\u00e9t\u00e9 a jet\u00e9 les bases de la sociologie moderne, et il a utilis\u00e9 des outils scientifiques tels que les statistiques, les enqu\u00eates et l&rsquo;observation historique dans son analyse des suicides dans les groupes catholiques et protestants. Son premier grand ouvrage sociologique est <em>De la division du travail social<\/em> (1893), suivi en 1895 par Les R\u00e8gles de la m\u00e9thode sociologique, l&rsquo;ann\u00e9e m\u00eame o\u00f9 Durkheim cr\u00e9e le premier d\u00e9partement europ\u00e9en de sociologie et devient le premier professeur de sociologie en France. La monographie fondamentale de Durkheim, <em>Le Suicide<\/em> (1897), une \u00e9tude des taux de suicide dans les populations catholiques et protestantes, a surtout ouvert la voie \u00e0 la recherche sociale moderne, servant \u00e0 distinguer la science sociale de la psychologie et de la philosophie politique. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, en 1898, il cr\u00e9e la revue L&rsquo;Ann\u00e9e sociologique. <em>Les formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse : le syst\u00e8me tot\u00e9mique en Australie<\/em> (1912) pr\u00e9sente une th\u00e9orie de la religion, comparant la vie sociale et culturelle des soci\u00e9t\u00e9s aborig\u00e8nes et modernes.<\/p>\n<p><em>Les R\u00e8gles de la m\u00e9thode sociologique.<\/em> Paris\u00a0: F\u00e9lix Alcan, coll. \u00ab Biblioth\u00e8que de philosophie contemporaine \u00bb, 1895.<\/p>\n[viii] Lamine, Anne-Sophie. \u00ab\u00a0Les croyances religieuses\u00a0: entre raison, symbolisation et exp\u00e9rience\u00a0\u00bb,\u00a0<em>L&rsquo;Ann\u00e9e sociologique<\/em>, vol. 60, no. 1, 2010, pp. 93-114, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-l-annee-sociologique-2010-1-page-93.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-l-annee-sociologique-2010-1-page-93.htm<\/a><\/p>\n[ix] Hamayon, Roberte N. \u00ab\u00a0L&rsquo;anthropologue et la dualit\u00e9 paradoxale du \u00ab\u00a0croire\u00a0\u00bb occidental\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue du MAUSS<\/em>, vol. n<sup>o<\/sup>\u00a028, no. 2, 2006, pp. 427-448, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-du-mauss-2006-2-page-427.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-du-mauss-2006-2-page-427.htm<\/a><\/p>\n[x] Leneveu, M.-C. \u2018\u2019D\u00e9finition d\u2019un concept : approches anthropologique et sociologique de la croyance et sa fonction\u2019\u2019, <em>Science Direct, <\/em>Volume 9, Issue 4, December 2012, pp. 156-158, <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S1765462912000815\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S1765462912000815<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: <\/strong>Selon Durkheim et Mauss, \u00ab\u00a0le symbolique\u00a0\u00bb est au c\u0153ur du proc\u00e8s de cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9 et parce qu\u2019elles en constituent le fondement m\u00eame, il existe des croyances dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s. Compos\u00e9es d\u2019un ensemble de normes forg\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un syst\u00e8me symbolique original, ces derni\u00e8res d\u00e9veloppent n\u00e9cessairement un type de croyance particulier. En effet, sous tous ses aspects et \u00e0 tous les moments de son histoire, la vie sociale n\u2019est possible que gr\u00e2ce \u00e0 un vaste symbolisme qui manifeste, via le corps de l\u2019homme, un syst\u00e8me de croyances collectives. Domaine de l\u2019abstrait, la soci\u00e9t\u00e9 utilise donc la corpor\u00e9it\u00e9 pour entrer dans le domaine de la visibilit\u00e9. En s\u2019imprimant dans le corps et en s\u2019exprimant par les pratiques humaines, l\u2019empreinte porteuse de significations fait ainsi de la corpor\u00e9it\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne social.\u00a0<em>In fine<\/em>, m\u00e9diateur de la culture du groupe au sein duquel son corps va \u00e9voluer, l\u2019homme est en quelque sorte le produit et le porte-parole du syst\u00e8me de croyances de la communaut\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient.<\/p>\n[xi] Julliard, Andr\u00e9. \u201cChamps et concepts de l\u2019anthropologie religieuse\u201d, Laplantine, Fran\u00e7ois, et Jean-Baptiste Martin.\u00a0<em>Corps, religion, soci\u00e9t\u00e9.<\/em>\u00a0Lyon\u00a0: Presses universitaires de Lyon, 1991, pp. 27-57, <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/pul\/10397\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/books.openedition.org\/pul\/10397<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019L\u2019anthropologie des religions conna\u00eet depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat qui se marque par une production volumineuse de travaux, de moins en moins ma\u00eetrisable et surtout, par une large ouverture des mani\u00e8res et des fa\u00e7ons de l\u2019appr\u00e9hender. En dresser aujourd\u2019hui un panorama constitue une entreprise p\u00e9rilleuse. En effet, les manifestations classiques des religions comme les mythes, les rites, les rituels ou encore les pratiques parall\u00e8les (souvent \u00e0 caract\u00e8res magiques) aux cultes officiels, ne repr\u00e9sentent plus l\u2019unique champ d\u2019investigation. Et, s\u2019il n\u2019y a qu\u2019un exemple \u00e0 donner, il faut prendre celui des religions du livre. Pendant longtemps, historiens et sociologues se sont interrog\u00e9s sur les modalit\u00e9s d\u2019incarnation de l\u2019\u00c9glise catholique dans l\u2019espace national, r\u00e9gional ou local. En partie sous l\u2019influence de l\u2019anthropologie, via les hell\u00e9nistes comme L. Gerbet (1968), le champ d\u2019\u00e9tude s\u2019est \u00e9largie aux croyances et pratiques du plus grand nombre parce qu\u2019elles permettent d\u2019\u00e9clairer de mani\u00e8re originale, le fonctionnement des institutions religieuses. Parall\u00e8lement, l\u2019anthropologie des religions ne poss\u00e8de pratiquement plus de concepts privil\u00e9gi\u00e9s. Actuellement, les d\u00e9finitions de rite, rituel ou de symbole sortent pratiquement toutes du domaine anthropologique pour entrer dans ceux de disciplines connexes comme celle de la communication.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n[xii] Davy, George. \u2018\u2019Emile Durkheim\u2019\u2019, <em>Revue fran\u00e7aise de sociologie<\/em>, Ann\u00e9e 1960, 1-1, pp. 3-24, <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/rfsoc_0035-2969_1960_num_1_1_1733\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/rfsoc_0035-2969_1960_num_1_1_1733<\/a><\/p>\n[xiii] Sir Edward Evan Evans-Pritchard, (21 septembre 1902 &#8211; 11 septembre 1973) \u00e9tait un anthropologue anglais qui a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans le d\u00e9veloppement de l&rsquo;anthropologie sociale. Il a \u00e9t\u00e9 professeur d&rsquo;anthropologie sociale \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Oxford de 1946 \u00e0 1970. Evans-Pritchard a fait ses \u00e9tudes au Winchester College et a \u00e9tudi\u00e9 l&rsquo;histoire \u00e0 l&rsquo;Exeter College, Oxford, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par R. R. Marett, puis en tant que postgraduate \u00e0 la London School of Economics (LSE). Sa th\u00e8se de doctorat (1928) s&rsquo;intitule \u00ab\u00a0The social organization of the Azande of the Bahr-el-Ghazal province of the Anglo-Egyptian Sudan\u00a0\u00bb. \u00c0 Oxford, il fait partie du Club des hypocrites. \u00c0 la LSE, il subit l&rsquo;influence de Bronis\u0142aw Malinowski et surtout de Charles Gabriel Seligman, l&rsquo;ethnographe fondateur du Soudan. Ses premiers travaux sur le terrain ont commenc\u00e9 en 1926 avec les Azande, un peuple du Nil sup\u00e9rieur, et ont donn\u00e9 lieu \u00e0 un doctorat (en 1927) et \u00e0 son classique Witchcraft, Oracles and Magic Among the Azande (en 1937). Evans-Pritchard a continu\u00e9 \u00e0 donner des cours \u00e0 la LSE et \u00e0 mener des recherches en terre azande et bongo jusqu&rsquo;en 1930, date \u00e0 laquelle il a commenc\u00e9 un nouveau projet de recherche chez les Nuer.<\/p>\n<p><em>Nuer Religion<\/em>. Oxford: Clarendon Press, 1956.<\/p>\n<p><em>Theories of Primitive Religion<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 1965.<\/p>\n[xiv] Clifford James Geertz (23 ao\u00fbt 1926 &#8211; 30 octobre 2006) \u00e9tait un anthropologue am\u00e9ricain dont on se souvient surtout pour son soutien marqu\u00e9 et son influence sur la pratique de l&rsquo;anthropologie symbolique. Il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0pendant trois d\u00e9cennies&#8230; l&rsquo;anthropologue culturel le plus influent des \u00c9tats-Unis\u00a0\u00bb. Jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, il a \u00e9t\u00e9 professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l&rsquo;Institute for Advanced Study de Princeton.<\/p>\n<p>Les travaux de Clifford Geertz (1926-2006) ont d\u00e9fini le domaine des sciences sociales interpr\u00e9tatives, et il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des anthropologues culturels am\u00e9ricains les plus influents et les plus cit\u00e9s de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle.\u00a0 Il s&rsquo;est fait le champion des approches interpr\u00e9tatives de l&rsquo;\u00e9tude des cultures. Son affirmation centrale, et \u00e9tonnamment audacieuse, est que l&rsquo;anthropologie concerne la description des activit\u00e9s et des \u00e9v\u00e9nements de petits groupes sociaux. Or, la description ne peut pas porter sur un simple comportement physique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il appelle, \u00e0 la suite du philosophe Gilbert Ryle, la \u00ab\u00a0<em>description fine\/thin description<\/em>\u00ab\u00a0. L&rsquo;anthropologie exige une \u00ab\u00a0<em>description \u00e9paisse\/thick description<\/em>\u00ab\u00a0, c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;anthropologue s&rsquo;efforce d&rsquo;exprimer sa compr\u00e9hension de l&rsquo;activit\u00e9 culturelle comme quelque chose de significatif (Geertz 1973, p. 6). Il illustre cette distinction par la diff\u00e9rence entre un clin d&rsquo;\u0153il et un tic (<em>a wink and a twitch<\/em>). Physiquement, les deux peuvent \u00eatre identiques (de sorte qu&rsquo;ils seraient indiscernables sur une photographie). Pourtant, le clin d&rsquo;\u0153il est un acte de communication significatif et public. C&rsquo;est un \u00ab\u00a0signe constructible\u00a0\u00bb (ce qui implique qu&rsquo;il peut \u00eatre mal interpr\u00e9t\u00e9, et en effet, les tics peuvent \u00eatre confondus avec des clins d&rsquo;\u0153il et vice versa). Geertz d\u00e9finit donc la \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0<em>un contexte&#8230; dans lequel [les \u00e9v\u00e9nements sociaux, les comportements, les institutions ou les processus] peuvent \u00eatre intelligiblement&#8230; d\u00e9crits\/<\/em> <em>a context\u2026within which [social events, behaviours, institutions, or processes] can be intelligibly\u2026 describe <\/em>\u00a0\u00bb (1973, p. 14), ce qui signifie qu&rsquo;une culture permet de transformer des parcelles de comportement physique, comme les mouvements d&rsquo;une paupi\u00e8re, en actes de communication significatifs. La \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb est r\u00e9sum\u00e9e comme \u00e9tant un concept \u00ab\u00a0s\u00e9miotique\u00a0\u00bb, bien que Geertz ne propose pas une th\u00e9orie syst\u00e9matique des signes, comme on en trouve dans la linguistique de Saussure ou de Jakobson. Au contraire, en \u00e9laborant leurs descriptions, les anthropologues s&rsquo;efforcent de \u00ab\u00a0trouver leurs marques\u00a0\u00bb, de s&rsquo;adapter au contexte \u00e9tranger qui donne un sens aux \u00e9v\u00e9nements initialement chaotiques et d\u00e9concertants qui se produisent autour d&rsquo;eux.<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0Religion as a Cultural System.\u00a0\u00bb Pp.\u00a01\u201346 in\u00a0<em>Anthropological Approaches to the Study of Religion<\/em>, edited by\u00a0M. Banton.\u00a0<em>ASA Monographs<\/em>3. London:\u00a0Tavistock Publications.<\/li>\n<li><em>Islam Observed, Religious Development in Morocco and Indonesia<\/em>. Chicago: University Of Chicago Press (1971).\u00a0ISBN\u00a00-226-28511-1.<\/li>\n<li><em>The Interpretation of Cultures<\/em><em>.<\/em>\u00a0New York:\u00a0Basic Books\u00a0(2000).\u00a0ISBN\u00a00-465-09719-7.<\/li>\n<li><em>Kinship in Bali<\/em>, co\u00e9crit par H. Geertz. Chicago: University Of Chicago Press (1978), paperback:\u00a0ISBN\u00a00-226-28516-2<\/li>\n<li><em>Meaning and Order in Moroccan Society: Three Essays in Cultural Analysis<\/em>, written with H. Geertz and L. Rosen. Cambridge: Cambridge University Press. Voir sa contribution sur \u00ab\u00a0Suq: The Bazaar Economy in Sefrou\u00a0\u00bb (pp.\u00a0123\u2013225).<\/li>\n<\/ul>\n[xv] Obadia, Lionel. \u00ab\u00a0IV. Objets de l&rsquo;anthropologie religieuse\u00a0\u00bb, Lionel Obadia \u00e9d.,\u00a0<em>L\u2019anthropologie des religions.\u00a0<\/em>Paris\u00a0: La D\u00e9couverte, 2012, pp. 65-84.<\/p>\n[xvi] Lassave, Pierre. \u00ab\u00a0Entre sociologie et anthropologie des religions\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Archives de sciences sociales des religions<\/em>, 142, 2008, pp. 151-167, <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/14643\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/14643<\/a><\/p>\n[xvii] Matot, Jean-Paul. \u00ab\u00a0Croire, sans doute, exister, peut-\u00eatre&#8230;\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cahiers de psychologie clinique<\/em>, vol. 25, no. 2, 2005, pp. 111-131, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2005-2-page-111.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2005-2-page-111.htm<\/a><\/p>\n[xviii]Sauvayre, Romy. \u00ab\u00a0Approches th\u00e9oriques des croyances\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Croire \u00e0 l\u2019incroyable,\u00a0<\/em>sous la direction de\u00a0Sauvayre\u00a0Romy. Paris\u00a0: Presses Universitaires de France, 2012, pp. 37-153.<\/p>\n[xix] Magdalini\u00a0Dargentas, \u00ab\u00a0La psychologie de la religion\u00a0: courants de recherche et perspectives th\u00e9oriques\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Archives de sciences sociales des religions<\/em>, 172, 2015, pp. 25-44, <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/27216\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/27216<\/a><\/p>\n[xx] Obadia, Lionel.\u00a0\u201cAnthropologie, religion et modernit\u00e9\u201d,\u00a0<em>Parcours anthropologiques<\/em>, 4, 2004, pp. 11-22, <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/pa\/1764\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/journals.openedition.org\/pa\/1764<\/a><\/p>\n[xxi] Ibid.<\/p>\n[xxii] Friedrich Max M\u00fcller (6 d\u00e9cembre 1823 &#8211; 28 octobre 1900) \u00e9tait un philologue et orientaliste d&rsquo;origine allemande, qui a v\u00e9cu et \u00e9tudi\u00e9 en Grande-Bretagne pendant la majeure partie de sa vie. Il est l&rsquo;un des fondateurs des disciplines universitaires occidentales que sont les \u00e9tudes indiennes et les \u00e9tudes religieuses (\u00ab\u00a0science de la religion\u00a0\u00bb, en allemand : Religionswissenschaft). M\u00fcller a \u00e9crit des ouvrages savants et populaires sur le sujet de l&rsquo;indologie. <em>The Sacred Books of the East<\/em>, un ensemble de 50 volumes de traductions anglaises, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 sous sa direction. Il a \u00e9galement promu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une famille de langues touraniennes.<\/p>\n<p>Gifford Lectures\u00a0of 1888\u20131892 (Collected Works, vols. 1\u20134)<\/p>\n<ul>\n<li><em>Natural Religion<\/em>(1889)<\/li>\n<li><em>Physical Religion<\/em>(1891)<\/li>\n<li><em>Anthropological Religion<\/em>(1892)<\/li>\n<li><em>Theosophy, or Psychological Religion<\/em>(1893)<\/li>\n<\/ul>\n[xxiii]\u00a0M\u00fcller,\u00a0Max.<em>Essai\u00a0de\u00a0mythologie\u00a0compar\u00e9e<\/em>,\u00a0Pr\u00e9face\u00a0et\u00a0introduction,\u00a0Premi\u00e8re\u00a0partie,\u00a0Deuxi\u00e8me\u00a0partie\u00a0et\u00a0conclusion. Paris\u00a0:\u00a0\u00c9ditions\u00a0A.\u00a0Durand,\u00a01859,\u00a0pp.\u00a047-100.<\/p>\n[xxiv] Sir Edward Burnett Tylor FRAI (2 octobre 1832 &#8211; 2 janvier 1917) \u00e9tait un anthropologue et professeur d&rsquo;anthropologie anglais. Les id\u00e9es de Tylor sont caract\u00e9ristiques de l&rsquo;\u00e9volutionnisme culturel du XIXe si\u00e8cle. Dans ses ouvrages <em>Primitive Culture<\/em> (1871) et <em>Anthropology <\/em>(1881), il a d\u00e9fini le contexte de l&rsquo;\u00e9tude scientifique de l&rsquo;anthropologie, en se basant sur les th\u00e9ories \u00e9volutionnistes de Charles Lyell. Il croyait qu&rsquo;il existait une base fonctionnelle pour le d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 et de la religion, qu&rsquo;il d\u00e9terminait comme \u00e9tant universelle. Tylor soutenait que toutes les soci\u00e9t\u00e9s passaient par trois \u00e9tapes fondamentales de d\u00e9veloppement : de la sauvagerie \u00e0 la civilisation en passant par la barbarie. Tylor est une figure fondatrice de la science de l&rsquo;anthropologie sociale, et ses travaux \u00e9rudits ont contribu\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir la discipline de l&rsquo;anthropologie au XIXe si\u00e8cle. Il pensait que \u00ab\u00a0<em>les recherches sur l&rsquo;histoire et la pr\u00e9histoire de l&rsquo;homme [&#8230;] pouvaient servir de base \u00e0 la r\u00e9forme de la soci\u00e9t\u00e9 britannique<\/em>.\u00a0\u00bb Tylor a r\u00e9introduit le terme d&rsquo;animisme (foi en l&rsquo;\u00e2me individuelle ou anima de toutes les choses et manifestations naturelles) dans l&rsquo;usage courant. Il consid\u00e9rait l&rsquo;animisme comme la premi\u00e8re phase du d\u00e9veloppement des religions.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1861<\/strong> <em>Anahuac: or, Mexico and the Mexicans, Ancient and Modern<\/em><em>. <\/em>London: Longman, Green, Longman and Roberts. 1861.<\/li>\n<li><strong>1865 <\/strong><em>Researches into the Early History of Mankind and the Development of Civilization<\/em><em>. <\/em>London: John Murray. 1865.<\/li>\n<li><strong>1867<\/strong>Tylor, Edward B. (1867).<em>\u00a0<\/em><em>\u00ab\u00a0Phenomena of the Higher Civilisation: Traceable to a Rudimental Origin among Savage Tribes\u00a0\u00bb<\/em><em>\u00a0.\u00a0<\/em><em>Anthropological Review.\u00a0<\/em><strong>5<\/strong>\u00a0(18\/19): 303\u2013314.\u00a0doi:2307\/3024922.\u00a0JSTOR\u00a03024922.<\/li>\n<li><strong>1871 <\/strong><em>Primitive Culture<\/em><em>. <\/em>\u00a01. London: John Murray. 1871.<\/li>\n<li><strong>1871 <\/strong><em>Primitive Culture<\/em><em>. <\/em>\u00a02. London: John Murray. 1871.<\/li>\n<li><strong>1877 <\/strong>Tylor, Edward B. (1877).\u00a0\u00ab\u00a0Remarks on Japanese Mythology\u00a0\u00bb<em>.\u00a0The Journal of the Anthropological Institute of Great Britain and Ireland.\u00a0<\/em><strong>6<\/strong>: 55\u201360.\u00a0doi:2307\/2841246.\u00a0JSTOR\u00a02841246.<\/li>\n<\/ul>\n[xxv] Eliade, Micrea &amp; Nicole Sindzingre. \u2018\u2019Animisme\u2019\u2019, <em>Universalis, <\/em><a href=\"https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/animisme\/1-la-theorie-de-tylor\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/animisme\/1-la-theorie-de-tylor\/<\/a><\/p>\n[xxvi] L\u00e9tourneau, Alain.\u00a0\u201c\u00c9thique, religion et perspectives d\u2019interpr\u00e9tation globales\u201d,\u00a0<em>\u00c9thique publique<\/em>, vol. 3, n\u00b0 2, 2001, pp. <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/ethiquepublique\/2529\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/journals.openedition.org\/ethiquepublique\/2529<\/a><\/p>\n[xxvii] Russ, Jacqueline, et France\u00a0Farago. \u00ab\u00a011. La religion\u00a0\u00bb, <em>Nouvel abr\u00e9g\u00e9 de philosophie.\u00a0Bac s\u00e9ries ES et S<\/em>, sous la direction de\u00a0Russ\u00a0Jacqueline,\u00a0Farago\u00a0France. Paris\u00a0: Armand Colin, 2016, pp. 112-131.<\/p>\n[xxviii] \u00ab\u00a0Anthropologie culturelle du sacr\u00e9\u00a0\u00bb, Jean-Jacques Wunenburger \u00e9d.,\u00a0<em>Le sacr\u00e9.\u00a0<\/em>Paris\u00a0: Presses Universitaires de France, 2009, pp. 44-58.<\/p>\n[xxix] Van Gennep, Arnold. <em>Les rites de passage<\/em>. Paris\u00a0: Editions Picard, 2011.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: <\/strong>\u00a0\u00bb <em>Pour les groupes, comme pour les individus, vivre c&rsquo;est sans cesse se d\u00e9sagr\u00e9ger et se reconstituer, changer d&rsquo;\u00e9tat et de forme, mourir et rena\u00eetre<\/em> \u00ab\u00a0. Marqu\u00e9s par des rites d\u00e9termin\u00e9s, bapt\u00eame, adoption, couronnement&#8230;, les principaux changements s&rsquo;op\u00e8rent par un passage sp\u00e9cial du monde profane au monde sacr\u00e9. Arnold Van Gennep insiste sur ces seuils \u00e0 franchir que l&rsquo;on retrouve dans toute soci\u00e9t\u00e9 et qui forment les <em>\u00a0\u00bb cycles c\u00e9r\u00e9moniels d&rsquo;une vie<\/em> \u00ab\u00a0. Il \u00e9tudie l&rsquo;importance des s\u00e9quences types o\u00f9 le passage \u00e0 travers les diverses situations se traduit le plus souvent par un passage mat\u00e9riel, de porte ou de porche par exemple. Ethnologue de grand renom, sociologue et sp\u00e9cialiste du folklore, Arnold Van Gennep explique, en le pla\u00e7ant dans son contexte,\u00a0chacun de ces \u00a0\u00bb <em>stages interm\u00e9diaires<\/em> \u00a0\u00bb qui ponctuent la vie des individus et des soci\u00e9t\u00e9s et qui tissent la toile des rites de passage.<\/p>\n[xxx] Boudon, Raymond. \u00ab\u00a0La rationalit\u00e9 du religieux selon Max Weber\u00a0\u00bb,\u00a0<em>L&rsquo;Ann\u00e9e sociologique<\/em>, vol. 51, no. 1, 2001, pp. 9-50, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-l-annee-sociologique-2001-1-page-9.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-l-annee-sociologique-2001-1-page-9.htm<\/a><\/p>\n[xxxi] Ibid.<\/p>\n[xxxii] Fleury, Laurent. \u00ab\u00a0Les religions et l&rsquo;organisation sociale\u00a0\u00bb, Laurent Fleury \u00e9d.,\u00a0<em>Max Weber.\u00a0<\/em>Paris\u00a0: Presses Universitaires de France, 2009, pp. 63-88, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/max-weber--9782130573975-page-63.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/max-weber&#8211;9782130573975-page-63.htm<\/a><\/p>\n[xxxiii] Ibid.<\/p>\n[xxxiv] Hinnells, John. <em>The Routledge Companion to the Study of Religion<\/em>. London: Routledge, 2010.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9: <\/strong>Le <em>Routledge Companion to the Study of Religion<\/em> est une ressource majeure pour les cours d&rsquo;\u00e9tudes religieuses. Il commence par expliquer les approches m\u00e9thodologiques les plus importantes de la religion, notamment la psychologie, la philosophie, l&rsquo;anthropologie et l&rsquo;\u00e9tude comparative, avant d&rsquo;explorer une grande vari\u00e9t\u00e9 de questions critiques, telles que le genre, la science, le fondamentalisme, le rituel et les nouveaux mouvements religieux. R\u00e9dig\u00e9e par des sp\u00e9cialistes internationaux renomm\u00e9s, cette nouvelle \u00e9dition :<\/p>\n<ul>\n<li>Comprend huit nouveaux chapitres, dont le poststructuralisme, la religion et l&rsquo;\u00e9conomie, la religion et l&rsquo;environnement, la religion et la culture populaire, et l&rsquo;espace sacr\u00e9.<\/li>\n<li>Passe en revue l&rsquo;histoire des \u00e9tudes religieuses et les principales approches disciplinaires<\/li>\n<\/ul>\n<p>Explique pourquoi l&rsquo;\u00e9tude de la religion est pertinente dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/p>\n<ul>\n<li>Met en lumi\u00e8re des questions contemporaines telles que la mondialisation, la diaspora et la politique.<\/li>\n<li>Comprend des listes de lecture annot\u00e9es, un glossaire et des r\u00e9sum\u00e9s des points cl\u00e9s pour faciliter l&rsquo;apprentissage des \u00e9tudiants.<\/li>\n<\/ul>\n[xxxv] Orsi, Robert A. <em>The Cambridge Companion to Religious Studies (Cambridge Companions to Religion)<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press; Illustrated edition, 2011.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> Le <em>Cambridge Companion to Religious Studies<\/em> est \u00e0 la fois informatif et provocateur, il pr\u00e9sente aux lecteurs les d\u00e9bats cl\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tude contemporaine de la religion et sugg\u00e8re des possibilit\u00e9s de recherche futures. Un groupe d&rsquo;\u00e9minents chercheurs aborde certaines des questions th\u00e9oriques les plus pressantes dans ce domaine. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une \u00ab\u00a0tradition religieuse\u00a0\u00bb ? Comment les textes religieux sont-ils lus ? Que se passe-t-il lorsqu&rsquo;un pratiquant religieux se tient devant une repr\u00e9sentation de dieux ou de d\u00e9esses, de fant\u00f4mes, d&rsquo;anc\u00eatres, de saints et d&rsquo;autres \u00eatres sp\u00e9ciaux ? Quels r\u00f4les la religion joue-t-elle dans la soci\u00e9t\u00e9 mondiale contemporaine ? L&rsquo;ouvrage met l&rsquo;accent sur la religion en tant que pratique v\u00e9cue, soulignant que les gens ont utilis\u00e9 et continuent d&rsquo;utiliser les m\u00e9dias religieux pour faire face aux circonstances de leur vie. Cette conviction sous-jacente offre une perspective r\u00e9aliste de la religion, et les essais du volume s&rsquo;int\u00e9ressent aux pratiques religieuses du monde r\u00e9el. Les essais du volume devraient s&rsquo;av\u00e9rer pr\u00e9cieux et int\u00e9ressants pour un large public, y compris les chercheurs en sciences humaines et sociales et un lectorat g\u00e9n\u00e9ral, ainsi que les \u00e9tudiants en \u00e9tudes religieuses.<\/p>\n[xxxvi] Stausberg, Michael &amp; Steven Engler (eds.). <em>The Routledge Handbook of Research Methods in the Study of Religion (Routledge Handbooks in Religion)<\/em>. London: Routledge, 2011.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9:<\/strong> Il s&rsquo;agit de la premi\u00e8re \u00e9tude compl\u00e8te en anglais des m\u00e9thodes de recherche dans le domaine des \u00e9tudes religieuses. Elle est con\u00e7ue pour permettre aux non-sp\u00e9cialistes et aux \u00e9tudiants de premier et deuxi\u00e8me cycles de comprendre la vari\u00e9t\u00e9 des m\u00e9thodes de recherche utilis\u00e9es dans ce domaine. L&rsquo;objectif est de faire prendre conscience des m\u00e9thodes pertinentes actuellement disponibles et de stimuler un int\u00e9r\u00eat actif pour l&rsquo;exploration de m\u00e9thodes peu famili\u00e8res, d&rsquo;encourager leur utilisation dans la recherche et de permettre aux \u00e9tudiants et aux universitaires d&rsquo;\u00e9valuer le travail acad\u00e9mique en se r\u00e9f\u00e9rant aux questions m\u00e9thodologiques. Une \u00e9quipe distingu\u00e9e de contributeurs couvre un large \u00e9ventail de sujets, de l&rsquo;\u00e9thique de la recherche, l&rsquo;herm\u00e9neutique et l&rsquo;interview, \u00e0 la recherche sur Internet et la vid\u00e9o-analyse. Chaque chapitre couvre les questions et les d\u00e9fis pratiques, la base th\u00e9orique de la m\u00e9thode respective et la mani\u00e8re dont elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans les \u00e9tudes religieuses, illustr\u00e9e par des \u00e9tudes de cas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l&rsquo;av\u00e8nement des sciences humaines, les figures philosophiques traditionnelles se sont fissur\u00e9es et les marqueurs de sens se sont d\u00e9plac\u00e9s. Le champ anthropologique remplace l&rsquo;instance m\u00e9taphysique pour d\u00e9finir le nouvel espace de la r\u00e9flexion humaine. 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