{"id":4879,"date":"2023-02-02T13:37:15","date_gmt":"2023-02-02T12:37:15","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=4879"},"modified":"2023-02-02T13:40:40","modified_gmt":"2023-02-02T12:40:40","slug":"croisements-interreligieux-des-musulmans-et-des-juifs-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/croisements-interreligieux-des-musulmans-et-des-juifs-au-maroc\/","title":{"rendered":"Croisements interreligieux des musulmans et des juifs au Maroc"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" 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proph\u00e8te et un messager dans l&rsquo;islam.\u00a0Il est mentionn\u00e9 plus que quiconque dans le Coran, et sa vie est racont\u00e9e plus que celle de tout autre proph\u00e8te.\u00a0Il y a environ quarante-trois r\u00e9f\u00e9rences aux Isra\u00e9lites dans le Coran (sans compter les r\u00e9f\u00e9rences aux proph\u00e8tes), et beaucoup dans les hadiths.\u00a0Certaines autorit\u00e9s rabbiniques plus r\u00e9centes ou des penseurs juifs, comme Ma\u00efmonide, ont d\u00e9battu de la relation entre l&rsquo;islam et la loi juive.\u00a0Ma\u00efmonide lui-m\u00eame \u00e9tait,\u00a0selon certains, fortement influenc\u00e9 par la pens\u00e9e juridique islamique.\u00a0(2)<\/p>\n<p>Pendant des si\u00e8cles et sur trois continents, au c\u0153ur d&rsquo;une aire g\u00e9ographique qui s&rsquo;\u00e9tend des confins du monde perse \u00e0 l&rsquo;Espagne, en passant par la p\u00e9ninsule arabique, les Balkans et le Maghreb, juifs et musulmans ont v\u00e9cu c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, parfois en <strong>opposition<\/strong> les uns les autres, mais \u00e0 d&rsquo;autres moments dans la <strong>convivialit\u00e9<\/strong>.\u00a0Avec le d\u00e9but de l&rsquo;expansion musulmane au VII\u00a0<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et pendant une grande partie du Moyen \u00c2ge, c&rsquo;est dans le monde islamique que la majorit\u00e9 de la population juive est rest\u00e9e, et c&rsquo;est aussi dans ce contexte qu&rsquo;elle s&rsquo;est constitu\u00e9e comme un unit\u00e9 religieuse, notamment \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des grands Gueonim de Babylone (3) ou, plus tard, en Andalousie, autour de la figure majeure de Ma\u00efmonide.\u00a0(4)<\/p>\n<figure id=\"attachment_4880\" aria-describedby=\"caption-attachment-4880\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4880 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Sanctuaire-du-Rabbi-Amram-Ben-Diwan-situe-a-Asjen-petit-village-au-nord-ouest-dOuazzane.jpg?resize=618%2C465&#038;ssl=1\" alt=\"Sanctuaire du Rabbi Amram Ben Diwan situ\u00e9 \u00e0 Asjen, petit village au nord-ouest d\u2019Ouazzane\" width=\"618\" height=\"465\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Sanctuaire-du-Rabbi-Amram-Ben-Diwan-situe-a-Asjen-petit-village-au-nord-ouest-dOuazzane.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Sanctuaire-du-Rabbi-Amram-Ben-Diwan-situe-a-Asjen-petit-village-au-nord-ouest-dOuazzane.jpg?resize=332%2C250&amp;ssl=1 332w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Sanctuaire-du-Rabbi-Amram-Ben-Diwan-situe-a-Asjen-petit-village-au-nord-ouest-dOuazzane.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4880\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>Sanctuaire du Rabbi Amram Ben Diwan situ\u00e9 \u00e0 Asjen, petit village au nord-ouest d\u2019Ouazzane<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Berceau du monoth\u00e9isme, la Terre Sainte est marqu\u00e9e par l&rsquo;exacerbation des fronti\u00e8res, la concurrence des corporations religieuses et l&rsquo;enchev\u00eatrement des lieux saints.<\/p>\n<p>Au lendemain de l&rsquo;expulsion d&rsquo;Espagne et du Portugal au XVe si\u00e8cle, c&rsquo;est encore dans le monde musulman, notamment dans l&rsquo;Empire ottoman, que le juda\u00efsme dit s\u00e9pharade s&rsquo;affirme et exerce un rayonnement d\u00e9mographique et culturel consid\u00e9rable.\u00a0Parall\u00e8lement au sentiment d&rsquo;appartenance communautaire, fond\u00e9 essentiellement sur l&rsquo;attachement \u00e0 la religion juive et sur une histoire commune, des identit\u00e9s particuli\u00e8res se sont d\u00e9velopp\u00e9es dans le monde juif, d\u00e9termin\u00e9es par des aires g\u00e9ographiques qui se caract\u00e9risent, entre autres, par leur degr\u00e9 de proximit\u00e9 avec les diverses soci\u00e9t\u00e9s musulmanes environnantes.\u00a0(5) C&rsquo;est le cas, par exemple, de la longue existence des Juifs au Maroc, qui fut le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;une collaboration jud\u00e9o-musulmane particuli\u00e8rement riche et prolifique.\u00a0En effet, les juifs ont v\u00e9cu au Maroc au milieu des musulmans pendant plus de 2000 ans de <em>vivre ensemble<\/em>.\u00a0(6) Ainsi, la question des lieux saints partag\u00e9s au Proche-Orient et en Afrique du Nord s&rsquo;inscrit dans une longue histoire.<\/p>\n<p><strong>Monoth\u00e9isme commun<\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9cit religieux de l&rsquo;histoire des origines auquel se r\u00e9f\u00e8rent juifs, chr\u00e9tiens et musulmans place \u00e0 son sommet un Dieu, un message et un peuple qui le re\u00e7oit dans sa puret\u00e9 initiale.\u00a0Cette puret\u00e9 du message se serait alors d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e au fur et \u00e0 mesure que de nouvelles populations et territoires l&rsquo;auraient re\u00e7u, n\u00e9cessitant des r\u00e9formes perp\u00e9tuelles et provoquant finalement des tensions et des conflits internes et externes.\u00a0(7)<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue historique, c&rsquo;est exactement le contraire qui s&rsquo;est produit.\u00a0Au d\u00e9but du juda\u00efsme, du christianisme et de l&rsquo;islam, il y a une crise religieuse et politique.\u00a0Il en r\u00e9sulte diverses volont\u00e9s de r\u00e9forme qui se reconnaissent, chacune \u00e0 sa mani\u00e8re, dans le culte du Dieu unique.\u00a0Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s que le culte a re\u00e7u une formulation progressive par des \u00e9rudits, des chefs religieux et politiques.\u00a0Ce culte s&rsquo;est incarn\u00e9 r\u00e9trospectivement dans une personnalit\u00e9 exemplaire, fondatrice, ayant exist\u00e9 r\u00e9ellement ou non.\u00a0(8)<\/p>\n<p>La propagation du juda\u00efsme dans l&rsquo;Empire romain a favoris\u00e9 la mont\u00e9e imm\u00e9diate du christianisme.\u00a0Par la suite, la pr\u00e9sence de ces religions au Proche et au Moyen-Orient a \u00ab pr\u00e9par\u00e9 \u00bb les populations \u00e0 la nouvelle croyance islamique en un Dieu unique.\u00a0Ainsi, les monoth\u00e9ismes ne se remplacent pas, mais chassent sur les m\u00eames terres et se font concurrence.\u00a0De plus, lorsque l&rsquo;id\u00e9e monoth\u00e9iste s&rsquo;impose, elle doit composer avec les croyances ant\u00e9rieures qui, pour certaines d&rsquo;entre elles, continuent d&rsquo;exister \u00e0 travers leur r\u00e9appropriation par les cultes monoth\u00e9istes.\u00a0C&rsquo;est le cas des pratiques li\u00e9es au maraboutisme en Afrique, de l&rsquo;usage des talismans ou de certaines pratiques magiques.\u00a0On le retrouve \u00e9galement dans le culte de certains \u00e9l\u00e9ments naturels (arbres, pierres) ou lieux investis de sacralit\u00e9 (grottes, sanctuaires, etc.).<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas un juda\u00efsme, un christianisme ou un islam, mais des mani\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes d&rsquo;appartenir ou de s&rsquo;attacher \u00e0 ces trois religions.\u00a0La mani\u00e8re dont chaque nouvelle religion se distingue des croyances existantes ne passe pas par un rejet massif de certains \u00e9l\u00e9ments et la reprise s\u00e9lective d&rsquo;autres, mais parfois par une modification du sens.<\/p>\n<p>En Terre Sainte, les lieux saints partag\u00e9s semblent aujourd&rsquo;hui presque miraculeux (alors que c&rsquo;est dans ce berceau des trois religions abrahamiques, qu&rsquo;ils sont les plus nombreux), tant sont grandes les tensions interreligieuses, chaque jour, chaque instant (le danger \u00e9tant qu&rsquo;ils basculent et deviennent des lieux de division, comme c&rsquo;est le cas du Caveau des Patriarches, \u00e0 H\u00e9bron, qui incarne d\u00e9sormais le conflit entre juifs et musulmans).\u00a0La grotte d&rsquo;Elie, sur le mont Carmel \u00e0 Ha\u00effa, dans le nord d&rsquo;Isra\u00ebl, reste l&rsquo;un de ces lieux conviviaux \u2013 et ce en l&rsquo;absence de toute force de s\u00e9curit\u00e9 pour maintenir la paix.\u00a0Quatre confessions se la partagent : juifs, chr\u00e9tiens, musulmans et druzes, qui v\u00e9n\u00e8rent tous le proph\u00e8te \u00c9lie (figure commune \u00e0 la Bible et au Coran), et s&rsquo;y rendent en p\u00e8lerinage, puisque c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il est cens\u00e9 avoir v\u00e9cu et enseign\u00e9 ses disciples.\u00a0Ainsi,\u00a0bien que la grotte ait tous les attributs d&rsquo;une synagogue, les carm\u00e9lites (arriv\u00e9s pendant les croisades) c\u00e9l\u00e8brent chaque ann\u00e9e la f\u00eate de saint Elie le 20 juillet, tandis que druzes et musulmans sont libres de s&rsquo;y rendre pour prier quotidiennement.\u00a0Certains cultes, en raison de la symbolique commune qu&rsquo;ils impliquent, conduisent certains sanctuaires construits par une religion particuli\u00e8re \u00e0 \u00eatre fr\u00e9quent\u00e9s par d&rsquo;autres populations religieuses que celles naturellement attendues.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4881\" aria-describedby=\"caption-attachment-4881\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4881 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Kaf-al-Moumen-%E2%80%98Grotte-du-Croyant-grotte-dun-presume-saint-venere-par-les-musulmans-et-les-juifs-a-Sefrou.jpg?resize=618%2C417&#038;ssl=1\" alt=\"K\u00e2f al-Moumen \u2018\u2019Grotte du Croyant\u2019\u2019, grotte d\u2019un pr\u00e9sum\u00e9 saint v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les musulmans et les juifs \u00e0 Sefrou\" width=\"618\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Kaf-al-Moumen-%E2%80%98Grotte-du-Croyant-grotte-dun-presume-saint-venere-par-les-musulmans-et-les-juifs-a-Sefrou.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Kaf-al-Moumen-%E2%80%98Grotte-du-Croyant-grotte-dun-presume-saint-venere-par-les-musulmans-et-les-juifs-a-Sefrou.jpg?resize=371%2C250&amp;ssl=1 371w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Kaf-al-Moumen-%E2%80%98Grotte-du-Croyant-grotte-dun-presume-saint-venere-par-les-musulmans-et-les-juifs-a-Sefrou.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4881\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>K\u00e2f al-Moumen \u2018\u2019Grotte du Croyant\u2019\u2019, grotte d\u2019un pr\u00e9sum\u00e9 saint v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les musulmans et les juifs \u00e0 Sefrou<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Convergence des croyances sacr\u00e9es et des exp\u00e9riences profanes<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le\u00a0VIIe\u00a0si\u00e8cle et la naissance de l&rsquo;islam, les relations entre juifs et musulmans ont pris des formes tr\u00e8s diverses en raison des multiples facteurs religieux, politiques, \u00e9conomiques ou sociaux et culturels au sein desquels elles se sont \u00e9panouies.\u00a0Ces relations ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es, \u00e0 travers le temps ni exclusivement douloureuses et conflictuelles ni parfaitement harmonieuses.\u00a0Au-del\u00e0 de leurs divergences bien r\u00e9elles, les deux traditions religieuses ont \u00e9t\u00e9, en quelque sorte, conviviales dans leur rencontre.\u00a0Ce ph\u00e9nom\u00e8ne a contribu\u00e9 \u00e0 la naissance d&rsquo;une v\u00e9ritable civilisation jud\u00e9o-musulmane dans laquelle les influences r\u00e9ciproques ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables, \u00e0 commencer par celles qui ont affect\u00e9 l&rsquo;arabe et l&rsquo;h\u00e9breu, langues des deux textes sacr\u00e9s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans le contexte de l&rsquo;islam arabe que la population juive a form\u00e9 son unit\u00e9 religieuse.\u00a0Le juda\u00efsme et l&rsquo;islam reposent tous deux sur une relation directe entre l&rsquo;homme et Dieu, sans intervention sacerdotale, et la loi religieuse appara\u00eet dans les deux cas comme l&rsquo;expression d&rsquo;une r\u00e9v\u00e9lation divine.\u00a0Tant dans les pratiques religieuses et ex\u00e9g\u00e9tiques que dans le fonctionnement des structures sociales, le monde juif oriental et les soci\u00e9t\u00e9s musulmanes environnantes se sont mutuellement influenc\u00e9s.\u00a0Du fait de cette proximit\u00e9, les Juifs ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans le passage du savoir arabe au monde occidental chr\u00e9tien.\u00a0(9)<\/p>\n<p>Les convergences entre juifs et musulmans sont \u00e9galement d\u00e9celables dans un grand nombre de pratiques quotidiennes, allant de l&rsquo;architecture religieuse aux arts de la table, en passant par la musique, les rituels marquant les diff\u00e9rents cycles de la vie, ou encore la place de la femme au sein de la famille et de la soci\u00e9t\u00e9, mais aussi le rapport au corps.\u00a0Les si\u00e8cles de cohabitation sont ainsi \u00e0 l&rsquo;origine de profondes influences r\u00e9ciproques qui ont fa\u00e7onn\u00e9 les identit\u00e9s respectives des juifs et des musulmans.<\/p>\n<p>Sur la convergence des croyances entre musulmans et juifs au Maroc, Yoram Bilu \u00e9crit : (10)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u2018\u2019La v\u00e9n\u00e9ration populaire des saints a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la vie de nombreux Juifs au Maroc et a constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment fondamental de leur identit\u00e9 collective. Tant dans sa forme, son style, que sa pr\u00e9dominance, ce ph\u00e9nom\u00e8ne culturel porte clairement les caract\u00e9ristiques du maraboutisme indig\u00e8ne, aspect probablement le plus marquant de l\u2019islam marocain. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e9galement renforc\u00e9 par une conception du tsaddiq profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les sources juives classiques, essentiellement talmudiques et midrashiques, et particuli\u00e8rement par son \u00e9laboration mystique dans la Kabbale. La convergence de ces deux syst\u00e8mes a cr\u00e9\u00e9 une tradition religieuse populaire particuli\u00e8rement vivante.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Les saints juifs sont ordinairement d\u00e9peints comme des rabbins charismatiques qui se distinguent par leur \u00e9rudition et leur pi\u00e9t\u00e9 mystique et qui poss\u00e8dent une force spirituelle particuli\u00e8re, similaire \u00e0 la baraka musulmane marocaine. Cette force qui ne dispara\u00eet pas apr\u00e8s la mort de ces saints hommes peut \u00eatre utilis\u00e9e pour le bien de leurs adeptes. En fait, la plupart des tsaddiqim sont reconnus pour poss\u00e9der des attributs de saintet\u00e9 seulement apr\u00e8s leur mort. Les r\u00e9sultats spectaculaires et miraculeux de leur intercession avec Dieu sont de ce fait sp\u00e9cifiquement associ\u00e9s \u00e0 leurs tombes, \u00e9parpill\u00e9es dans tout le Maroc mais plus fortement concentr\u00e9es dans les r\u00e9gions du sud.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Al-Andalus d\u00e9signe les territoires de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique qui furent sous domination musulmane du VIIIe si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 la disparition du royaume de Grenade \u00e0 la fin du XVe\u00a0si\u00e8cle.\u00a0Ils abritaient une population tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclite compos\u00e9e de juifs, de chr\u00e9tiens et de musulmans qui connurent un v\u00e9ritable \u00e2ge d&rsquo;or \u00e0 partir du Xe\u00a0si\u00e8cle.\u00a0Le r\u00f4le des communaut\u00e9s juives est particuli\u00e8rement remarquable \u00e0 partir de cette \u00e9poque et jusqu&rsquo;au milieu du\u00a0XIIe\u00a0si\u00e8cle lorsque la dynastie almohade arrive au pouvoir.\u00a0Les Juifs ont connu une p\u00e9riode de grande prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et politique, mais aussi un essor intellectuel et litt\u00e9raire sans pareil, t\u00e9moignant d&rsquo;une proximit\u00e9 \u00e9vidente avec les populations musulmanes et marquant durablement l&rsquo;histoire juive elle-m\u00eame.\u00a0(11)<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;al-Andalus, souvent fantasm\u00e9e par les historiographies ult\u00e9rieures, n&rsquo;\u00e9tait sans doute ni faite de violence entre les communaut\u00e9s, ni marqu\u00e9e par une tol\u00e9rance id\u00e9ale, mais se situait entre ces deux extr\u00eames et \u00e9tait avant tout l&rsquo;espace politique dans lequel s&rsquo;\u00e9panouissait l\u2019histoire et identit\u00e9 culturelle des Juifs au Moyen \u00c2ge.\u00a0Cette longue p\u00e9riode de plusieurs si\u00e8cles fut certes tr\u00e8s mouvement\u00e9e sur le plan politique, mais aussi tr\u00e8s prolifique sur le plan intellectuel.\u00a0Les juifs, comme les chr\u00e9tiens, parlaient arabe, et leurs po\u00e8tes \u00e9crivaient soit en arabe, soit en h\u00e9breu.\u00a0H\u00e9breu m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 des formulations emprunt\u00e9es \u00e0 la litt\u00e9rature arabe.\u00a0Ils ont ainsi donn\u00e9 naissance \u00e0 la po\u00e9sie h\u00e9bra\u00efque, tant dans sa forme que dans son contenu \u2013 aujourd&rsquo;hui en partie profane -, dont la renomm\u00e9e s&rsquo;est r\u00e9pandue dans tout le monde juif m\u00e9di\u00e9val.\u00a0La langue h\u00e9bra\u00efque elle-m\u00eame,\u00a0jusqu&rsquo;alors exclusivement langue sainte, a acquis un nouveau statut.\u00a0Ainsi, si le sort des Juifs n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 idyllique durant les longs si\u00e8cles de domination musulmane en Espagne, ils n&rsquo;en ont pas moins contribu\u00e9 \u00e0 son rayonnement culturel et scientifique et y ont laiss\u00e9 une empreinte significative.<\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s juives d&rsquo;al-Andalus comprenaient certaines des figures les plus importantes du monde m\u00e9di\u00e9val, \u00e0 commencer par le c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9decin, astronome, avocat et philosophe n\u00e9 \u00e0 Cordoue au XIIe si\u00e8cle, Moshe ibn Maym\u00fbn, \u00e9galement appel\u00e9 Ma\u00efmonide ou, selon son acronyme, \u00ab\u00a0Rambam\u00a0\u00bb.\u00a0Personnalit\u00e9 la plus c\u00e9l\u00e8bre du monde juif m\u00e9di\u00e9val au sein de la civilisation almohade, sa contribution \u00e0 la pens\u00e9e juive, tant religieuse que philosophique, mais aussi aux deux autres traditions monoth\u00e9istes, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante.\u00a0Sa philosophie ainsi que ses travaux dans le domaine juridique ont \u00e9t\u00e9 fortement influenc\u00e9s par les sciences arabes, qui elles-m\u00eames faisaient r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Aristote.\u00a0Les \u00e9crits de cette figure majeure offrent ainsi une illustration \u00e9loquente des \u00e9changes et des influences r\u00e9ciproques entre juifs et musulmans dans le contexte andalou.\u00a0(12)<\/p>\n<p>Ainsi, F\u00e8s devint l&rsquo;un des centres n\u00e9vralgiques de la civilisation islamique et le berceau du juda\u00efsme.\u00a0Au fil des ans, les membres \u00e9rudits de cette communaut\u00e9 ont oscill\u00e9 entre la r\u00e9ception de bienvenue et les adieux larmoyants.\u00a0Un aller-retour entre le Maroc et Cordoue en Espagne de plusieurs po\u00e8tes, et rabbins, a permis l&rsquo;influence d&rsquo;un nouveau type de juda\u00efsme, en ce sens, pr\u00e9cise Ha\u00efm Zafrani : (13)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bbles rabbins du Maghreb \u00e9taient les ma\u00eetres du juda\u00efsme espagnol et les fondateurs de l&rsquo;\u00e9cole espagnole\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Cette tradition d&rsquo;\u00e9change entre les communaut\u00e9s juives des deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e s&rsquo;est poursuivie contre toute attente jusqu&rsquo;\u00e0 la veille m\u00eame de 1492 : les rabbins Ha\u00efm Gaguin et Saadia Ibn Danan, tous deux originaires de F\u00e8s \u00e0 des degr\u00e9s divers, ont v\u00e9cu de longues ann\u00e9es \u00e0 Espagne avant d&rsquo;\u00eatre surpris par l&rsquo;\u00e9dit d&rsquo;expulsion.<\/p>\n<p><strong>Saints partag\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>La pr\u00e9sence multimill\u00e9naire des Juifs au Maghreb et au Moyen-Orient jusqu&rsquo;\u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl en 1948 a n\u00e9cessairement provoqu\u00e9 des croisements interreligieux.\u00a0(14)<\/p>\n<p>Ces croisements interreligieux avaient, selon Mathilde Rouxel, ont une formidable signification religieuse : (15)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u2018\u2019Ces \u00e9changes, beaucoup plus fr\u00e9quents au Maghreb qu\u2019au Machrek, trouvent leur expression la plus remarquable dans la synagogue de Ghriba, (Djerba) en Tunisie, l\u2019un des rares t\u00e9moignages encore visibles des croisements interconfessionnels entre juifs et musulmans depuis le d\u00e9part des juifs d\u2019Afrique du Nord pour Isra\u00ebl. Cette synagogue est l\u2019un des principaux marqueurs identitaires des juifs de Djerba, l\u2019une des derni\u00e8res communaut\u00e9s juives active dans le monde arabe. Il s\u2019agit d\u2019un lieu de p\u00e8lerinage majeurs pour tous les juifs d\u2019Afrique du Nord, qui se r\u00e9unissent principalement pour la f\u00eate du Lag Ba \u2018Omer. L\u2019attrait de cette synagogue r\u00e9side par-del\u00e0 cette caract\u00e9ristique ethnique et historique dans le fait qu\u2019on vit appara\u00eetre \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle des t\u00e9moignages soulignant son caract\u00e8re sacr\u00e9 reconnu \u00e9galement par les musulmans, qui le fr\u00e9quentent encore aujourd\u2019hui pour obtenir, par ces \u00ab\u00a0ziyara\u00a0\u00bb, la baraka (gr\u00e2ce divine).\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>On apprend de Zakya Daoud (16) que dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Ourika, \u00e0 Aghbalou, au Maroc, devant une modeste tombe \u00e0 flanc de montagne, celle de R. Shelomoh Ben Loans, longtemps d\u00e9sert\u00e9e, des voitures d\u00e9sormais constamment gar\u00e9es t\u00e9moignent de la ferveur raviv\u00e9e par le culte des saints qui, au Maroc, est souvent commun aux juifs et aux musulmans.\u00a0L&rsquo;auteur recense plus de 600 thaumaturges (dont 25 femmes) et dresse 36 portraits hagiographiques, proposant une \u00e9tude savante de la symbiose imaginaire et culturelle marocaine, d\u00e9crivant des s\u00e9pultures, ressuscitant des mythes et l\u00e9gendes, rapportant des miracles et des chants, et fournissant une carte du Maroc qui donne une autre approche, plus profonde, de ce pays particulier.<\/p>\n<p>La cavit\u00e9 naturelle situ\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de Jbel Binna est \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la ville de Sefrou.\u00a0La grotte du croyant,\u00a0<em>K\u00e2f al-Moumen<\/em>, garde en son c\u0153ur de nombreuses l\u00e9gendes.\u00a0Elle est v\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les juifs et les musulmans.\u00a0Cette grotte est un bon exemple de spiritualit\u00e9 partag\u00e9e.\u00a0Aujourd&rsquo;hui, elle est compl\u00e8tement abandonn\u00e9e car les juifs de Sefrou sont tous partis en Isra\u00ebl apr\u00e8s la guerre des Six Jours de 1967 et la plupart des musulmans m\u00e9prisent l&rsquo;id\u00e9e de v\u00e9n\u00e9rer une grotte, par eux-m\u00eames, et la consid\u00e8rent, d\u00e9sormais, comme une pure expression de\u00a0<strong><em>shirk<\/em><\/strong>\u00a0(17) r\u00e9sultant de croyances populaires ancr\u00e9es dans des pratiques pr\u00e9islamiques.\u00a0Cela appara\u00eet cependant comme une r\u00e9action extr\u00eame au d\u00e9part des Juifs qui \u00e9taient leurs co-v\u00e9n\u00e9rateurs de ce saint inconnu.\u00a0Aujourd&rsquo;hui, les islamistes pour se moquer de ce saint partag\u00e9 soutiennent qu&rsquo;il s&rsquo;agit du cimeti\u00e8re d&rsquo;un mulet qui a servi fid\u00e8lement son propri\u00e9taire, donc \u00e0 sa mort, il a construit pour lui un sanctuaire et a fait circuler l&rsquo;histoire selon laquelle c&rsquo;\u00e9tait un saint.\u00a0Pour d&rsquo;autres, c&rsquo;est l&rsquo;illustration des cultes naturistes subsistant encore dans les croyances marocaines chez les musulmans et les juifs et qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s en d\u00e9tail tant par Doutt\u00e9 (18) que par Westermarck (19) au cours du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4882\" aria-describedby=\"caption-attachment-4882\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4882 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Le-mausolee-du-Rabbi-ItsHak-AbeHssira-a-Toulal.-Credits-Isaac-Ouaknine-and-Yoram-Ouaknin-%E2%80%93-rabbimap.jpg?resize=618%2C477&#038;ssl=1\" alt=\"Le mausol\u00e9e du Rabbi Its\u2019Hak Abe\u2019Hssira \u00e0 Toulal. 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Cr\u00e9dits Isaac Ouaknine and Yoram Ouaknin \u2013 rabbimap<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Croyances communes<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de toutes les religions, juives ou musulmanes, la cohabitation entre les deux communaut\u00e9s a donn\u00e9 naissance \u00e0 une culture populaire et \u00e0 une forme de religiosit\u00e9 populaire.\u00a0L&rsquo;une des questions au c\u0153ur de la d\u00e9finition de la religion populaire est la pr\u00e9sence d&rsquo;un syst\u00e8me de croyances et de pratiques qui, loin d&rsquo;\u00eatre marginales et irrationnelles, s&rsquo;inscrivent en fait dans une conception coh\u00e9rente du monde.\u00a0(20)<\/p>\n<p>On entend ici, par \u00ab religiosit\u00e9 populaire \u00bb, l&rsquo;ensemble des pratiques, croyances et rituels qui, loin d&rsquo;\u00eatre marginaux et irrationnels, sont souvent en dehors de toute id\u00e9e religieuse.\u00a0La culture populaire (21) repr\u00e9sente une forme de culture dont la principale caract\u00e9ristique est d&rsquo;\u00eatre produite et appr\u00e9ci\u00e9e par le plus grand nombre, par opposition \u00e0 une culture \u00e9litiste ou d&rsquo;avant-garde qui ne toucherait qu&rsquo;une partie ais\u00e9e et\/ou \u00e9duqu\u00e9e de la population.\u00a0(22)<\/p>\n<p>Pour Hassan Majdi, la tradition de la v\u00e9n\u00e9ration des saints parmi les Juifs au Maroc est n\u00e9e des pratiques culturelles et religieuses musulmanes marocaines : (23)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bbChez les juifs marocains, le culte des saints est une caract\u00e9ristique culturelle tr\u00e8s importante, omnipr\u00e9sente dans toutes les couches de la population.\u00a0Les saints juifs sont pr\u00e9sents dans toutes les r\u00e9gions du Maroc, aussi bien dans les r\u00e9gions habit\u00e9es par les juifs berb\u00e8res que dans celles habit\u00e9es par les juifs s\u00e9farades.\u00a0La tradition de prier sur les tombes des saints juifs est \u00e9videmment n\u00e9e de pratiques similaires pratiqu\u00e9es par les musulmans marocains.\u00a0Il est probable que les Berb\u00e8res \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;origine de cette pratique au Maroc.\u00a0De nombreux \u00e9l\u00e9ments du monde naturel sont associ\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre \u00e0 des saints, des arbres, des buissons, des pierres, des rochers, des rochers, des sources, des chutes d&rsquo;eau, des rivi\u00e8res, des grottes et des montagnes ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s, bien qu&rsquo;ils aient peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tenus sacr\u00e9s du temps de l&rsquo;idol\u00e2trie pa\u00efenne.\u00a0La vie religieuse chez les Berb\u00e8res, autochtones de la r\u00e9gion,\u00a0abondait en mythes enracin\u00e9s dans la parole naturelle.\u00a0Les Juifs aussi peuvent avoir occasionnellement particip\u00e9 \u00e0 de tels rituels de culte, ce qui peut aider \u00e0 expliquer leurs liens \u00e9troits aujourd&rsquo;hui avec certains de ces sites naturels.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La culture populaire est avant tout orale.\u00a0Elle est le r\u00e9sultat des traditions orales d&rsquo;une r\u00e9gion, d&rsquo;une localit\u00e9, d&rsquo;une communaut\u00e9 ou d&rsquo;un pays, d&rsquo;une classe sociale ou d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re.\u00a0Cette sagesse mill\u00e9naire repr\u00e9sentant les aspirations des communaut\u00e9s, les croyances populaires, les rituels et les r\u00e9cits l\u00e9gendaires se mat\u00e9rialise \u00e0 travers la v\u00e9n\u00e9ration des saints, les croyances superstitieuses, les contes et l\u00e9gendes populaires, les proverbes, etc. (24)<\/p>\n<p>La religiosit\u00e9 populaire commune a permis l&rsquo;\u00e9tude des relations entre juifs et musulmans au Maroc.\u00a0Ainsi, le culte des saints montre qu&rsquo;il existe, d&rsquo;une part, une v\u00e9n\u00e9ration, manifeste ou parfois cach\u00e9e, des saints juifs par les musulmans : le sanctuaire de R. Amrane Ben Diouane attire de nombreux fid\u00e8les musulmans qui jettent des bo\u00eetes enti\u00e8res de bougies dans le brasier de cire, tout comme les p\u00e8lerins juifs.\u00a0L&rsquo;un d&rsquo;eux, d\u00e9livr\u00e9 de la paralysie, sauta de joie dans le brasier en toute confiance, se d\u00e9barrassa de ses b\u00e9quilles et couvrit d\u00e9votement la pierre tombale de baisers.\u00a0(25) Les visiteurs musulmans ont tendance \u00e0 \u00ab islamiser \u00bb le saint juif.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, les juifs v\u00e9n\u00e8rent de leur c\u00f4t\u00e9 les saints musulmans.\u00a0Il est int\u00e9ressant de noter qu&rsquo;ils ont encore des traditions qui lient ces saints au juda\u00efsme.\u00a0Selon Ben-Ami : (26)<\/p>\n<p><em>[\u2018\u2019Ces tentatives de \u00ab juda\u00efsation \u00bb nous montrent que les juifs sont loin de reconna\u00eetre ouvertement qu&rsquo;ils v\u00e9n\u00e8rent un saint qui n&rsquo;est pas le leur \u2013 ce qui n&rsquo;est pas le cas des musulmans.\u00a0\u00ab\u00a0]<\/em><\/p>\n<p>Dans son \u00e9tude du culte des saints jud\u00e9o-musulmans au Maroc, Issachar Ben-Ami affirme qu&rsquo;il existe cent vingt-six saints couramment v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les juifs et les musulmans du Maroc.\u00a0Ces saints qui jouissent d&rsquo;un culte commun, se r\u00e9partissent en trois cat\u00e9gories :<\/p>\n<ul>\n<li>Saints juifs v\u00e9n\u00e9r\u00e9s aussi par les musulmans ;<\/li>\n<li>Saints revendiqu\u00e9s \u00e0 la fois par les juifs et les musulmans,\u00a0et\u00a0;<\/li>\n<li>Saints musulmans \u00e9galement v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les juifs.\u00a0(27)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Le culte des saints<\/strong><\/p>\n<p>Dans le sud-est du Maroc, il semble que les relations avec les juifs aient \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement diff\u00e9rentes.\u00a0Les chercheurs affirment que pendant des si\u00e8cles juifs et amazighs\/berb\u00e8res ont v\u00e9cu en osmose, tous parlant amazigh\/berb\u00e8re et partageant les noms, le costume, le mode de vie, l&rsquo;habitat, et les principales activit\u00e9s : cultures, \u00e9levage, artisanat etc.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude des cultes des saints a \u00e9galement montr\u00e9 l&rsquo;existence d&rsquo;une v\u00e9n\u00e9ration, parfois cach\u00e9e, des saints juifs par les musulmans.\u00a0De leur c\u00f4t\u00e9, les juifs v\u00e9n\u00e9raient \u00e9galement les saints musulmans.\u00a0La coexistence harmonieuse des juifs et des musulmans au Maroc depuis des milliers d&rsquo;ann\u00e9es et leur recours ind\u00e9pendant au m\u00eame fait culturel ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des coutumes communes, selon lesquelles chacun des deux groupes ayant renonc\u00e9 \u00e0 son droit de cultiver s\u00e9par\u00e9ment des voies personnelles et fonctionnelles dans la cr\u00e9ation de son saint.<\/p>\n<p>Certains musulmans marocains invoquent des saints juifs et implorent leur aide, notamment dans le domaine de la gu\u00e9rison.\u00a0Ils visitent les lieux des saints juifs, seuls ou accompagn\u00e9s d&rsquo;amis juifs.\u00a0Dans certains cas, ils adressent leurs invocations par l&rsquo;interm\u00e9diaire de leurs voisins juifs.<\/p>\n<p>Issachar Ben Ami r\u00e9pertorie dans son livre\u00a0:\u00a0<em>Le culte des saint et p\u00e8lerinages jud\u00e9o-musulman au Maroc\u00a0<\/em>(29) environ 652 saints juifs, dont 25 femmes dont au moins trente sont revendiqu\u00e9es \u00e0 la fois par les juifs et les musulmans.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion du Draa-Tafilalet, cette tradition se perp\u00e9tue encore.\u00a0Mais, comme c&rsquo;est le cas dans tout le pays, certains saints sont moins connus et moins v\u00e9n\u00e9r\u00e9s que d&rsquo;autres.\u00a0Par exemple, le saint Yahia Ben Baroukh Cohen de la localit\u00e9 de Tiffoultoute \u00e0 Ouarzazate ne semble pas aussi c\u00e9l\u00e8bre que ceux des autres r\u00e9gions.\u00a0Cependant,\u00a0<em>les hiloulotes<\/em>, (pluriel de\u00a0<em>hilloula<\/em>) (30) sont toujours tenues sur place.<\/p>\n<p>En revanche, \u00e0 Agouim, village situ\u00e9 \u00e0 70 km au nord-ouest de Ouarzazate, la tombe du rabbin David Ou Moshe est l&rsquo;un des hauts lieux de p\u00e8lerinage des juifs et musulmans du Maroc, et des juifs du monde entier.\u00a0Le sanctuaire continue d&rsquo;attirer des milliers d&rsquo;admirateurs et ses fid\u00e8les continuent de perp\u00e9tuer son culte.\u00a0Il est int\u00e9ressant de savoir que plus de 170 contes et r\u00e9cits ont \u00e9t\u00e9 recueillis sur la vie de ce saint et ses possibles bienfaits.<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi le cas \u00e0 Gourrama, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Toulal, dans la province de Midelt, o\u00f9 un p\u00e8lerinage rituel au tombeau du rabbin Itshak Abouhat continuera \u00e0 s&rsquo;y d\u00e9rouler chaque ann\u00e9e.\u00a0Sa\u00a0<em>hiloula\u00a0<\/em>(31) attire des p\u00e8lerins du monde entier, en raison de la renomm\u00e9e internationale de cette grande famille de\u00a0<em>tzaddikim<\/em>.\u00a0(32)<\/p>\n<p>Enfin, il faut rappeler que les\u00a0<em>hiloulotes<\/em>\u00a0sont des moments sacr\u00e9s pour les juifs marocains o\u00f9 qu&rsquo;ils se trouvent dans le monde.\u00a0Chaque ann\u00e9e, des milliers de personnes viennent de nombreux pays, notamment d&rsquo;Europe, d&rsquo;Isra\u00ebl et des \u00c9tats-Unis, pour v\u00e9n\u00e9rer leurs saints et renouer des contacts avec leur pays natal.<\/p>\n<p>Un autre aspect du patrimoine juif marocain concerne une manifestation socio-culturelle qui a lieu une fois par an \u00e0 Goulmima, (33) dans le sud-est.\u00a0C&rsquo;est un carnaval d&rsquo;origine juive, qui se c\u00e9l\u00e8bre encore lors de la f\u00eate de l&rsquo;Achoura, d&rsquo;o\u00f9 son nom :\u00a0<em>Oudayn n-T\u00a0<sup>c<\/sup>ashurt<\/em>\u00a0(les Juifs de l&rsquo;Achoura).<\/p>\n<p>Ce carnaval \u00e9tait autrefois c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les Juifs qui ont ensuite d\u00fb \u00e9migrer vers l&rsquo;Occident et\/ou vers Isra\u00ebl.\u00a0Habitu\u00e9s \u00e0 cette f\u00eate, les habitants du\u00a0<em>ksar<\/em>, en l&rsquo;absence des juifs, ont conserv\u00e9 la tradition, introduisant dans la f\u00eate une teinte locale et une nuance de parodie n\u00e9e de l&rsquo;\u00e9loignement, dans le temps, de l&rsquo;original.\u00a0Les c\u00e9l\u00e9brations li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Achoura commencent d\u00e8s le premier jour de\u00a0<em>Mouharram<\/em>\u00a0: (le premier mois du calendrier musulman), et durent neuf jours, durant lesquels petits et grands l&rsquo;accueillent, entre autres, par des rites quotidiens d&rsquo;aspersion d&rsquo;eau pour consacrer l&rsquo;eau comme symbole de vie, de fertilit\u00e9 et d&rsquo;expression de l&rsquo;amour.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la veille du dixi\u00e8me jour, apr\u00e8s un d\u00eener compos\u00e9 de couscous et de viande s\u00e9ch\u00e9e, que se d\u00e9roule le carnaval.\u00a0Des dizaines de personnes masqu\u00e9es, d\u00e9guis\u00e9es en juifs, occupent la place principale et les ruelles du\u00a0<em>ksar<\/em>\u00a0pour revendiquer et exercer un droit : celui de s&rsquo;exprimer en toute libert\u00e9.\u00a0Cette tradition jud\u00e9o-amazighe, qui permet de transgresser les dogmes et les normes sociales, de vivre dans une dimension fantasmagorique, conna\u00eet chaque ann\u00e9e un retentissement extraordinaire, qui d\u00e9passe la vall\u00e9e de Ghris.<\/p>\n<p>Tout dans ce carnaval rappelle les juifs ou du moins l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;eux : noms, prononciation, musique, po\u00e9sie, etc., <strong>attestant de la belle convivialit\u00e9 entre les habitants du\u00a0<em>ksar<\/em>\u00a0de diff\u00e9rentes confessions, il \u00e9tait une fois<\/strong>.<\/p>\n<p>Outre la satire sociale et la critique des m\u0153urs, les propos sont parfois amers et violents.\u00a0Ils brisent les tabous et critiquent les pratiques malhonn\u00eates qui pr\u00e9valent dans la communaut\u00e9 : sexualit\u00e9, mensonges, hypocrisie sociale, oppression, ch\u00f4mage, corruption, calomnie, humour, etc.<\/p>\n<p>Il est donc clair que les vertus de cette mascarade sont nombreuses, tant pour les individus que pour la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0La libert\u00e9 d&rsquo;expression qu&rsquo;elle permet, la f\u00eate \u00e0 laquelle elle donne lieu, et la conscientisation sont autant de facteurs b\u00e9n\u00e9fiques pour une communaut\u00e9 qui en a tant besoin.\u00a0<strong>Gr\u00e2ce \u00e0 ce carnaval, un dialogue interreligieux continue de s&rsquo;\u00e9tablir entre juda\u00efsme et islam dans un Maroc tol\u00e9rant<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Comprendre le culte jud\u00e9o-musulman des saints<\/strong><\/p>\n<p>Certes, le culte des saints est un ph\u00e9nom\u00e8ne universel mais il est particuli\u00e8rement amazigh\/berb\u00e8re depuis la nuit des temps, il n&rsquo;a fait qu&rsquo;adopter, successivement les couleurs des trois religions monoth\u00e9istes.\u00a0Sa nature parareligieuse et h\u00e9r\u00e9tique est conserv\u00e9e intacte.<\/p>\n<p>Les p\u00e8lerinages jud\u00e9o-musulmans doivent rappeler une survivance de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les tribus amazighes\/berb\u00e8res juda\u00efs\u00e9es occupaient le pays, surtout dans les r\u00e9gions montagneuses.\u00a0Les jud\u00e9o-Amazighs\/berb\u00e8res seraient ainsi les principaux instigateurs de ce ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s populaire.<\/p>\n<p>Ces cultes juifs populaires ont des analogies \u00e9videntes avec les cultes maraboutiques du Maroc.\u00a0La coexistence harmonieuse et mill\u00e9naire des juifs et des musulmans du Maroc, et leur recours ind\u00e9pendant au m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne culturel, ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des usages communs, chacun des deux groupes ayant renonc\u00e9 \u00e0 son droit de cultiver s\u00e9par\u00e9ment des voies personnelles et fonctionnelles dans la cr\u00e9ation de ses saints.\u00a0(28)<\/p>\n<p>Les complexit\u00e9s qui lient la minorit\u00e9 juive \u00e0 la majorit\u00e9 musulmane au Maroc constituent l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9cisifs du d\u00e9veloppement du ph\u00e9nom\u00e8ne hagiographique dans un cadre socioculturel sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>En examinant l&rsquo;ensemble des croyances et coutumes religieuses propres aux Juifs du Maroc dans le domaine du culte des saints et en analysant ses aspects contemporains, on constate que le Maroc, pour l&rsquo;hagiographie juive est un vaste espace o\u00f9 se m\u00ealent, pratiques et rites, animisme, magie, superstition, ph\u00e9nom\u00e8nes pseudo-religieux, m\u00e9decine, formules magico-religieuses, pratiques d&rsquo;incantation et d&rsquo;exorcisme.<\/p>\n<p>La pratique mill\u00e9naire jud\u00e9o-amazighe\/berb\u00e8re de la v\u00e9n\u00e9ration des saints r\u00e9v\u00e8le certains aspects de la tradition des juifs du Maroc et contribue \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension de la culture jud\u00e9o-marocaine et de sa relation avec l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p><strong>Comme chaque ann\u00e9e, des milliers de juifs \u2013 la plupart d&rsquo;origine marocaine \u2013 viennent du monde entier, y compris d&rsquo;Isra\u00ebl, pour rendre hommage aux 1 200 saints enterr\u00e9s dans cette terre d&rsquo;islam qu&rsquo;ils aiment, priant \u00e0 l&rsquo;unisson pour la paix et la cohabitation entre eux<\/strong>. (34)<\/p>\n<p>Le sanctuaire juif le plus important du Maroc est celui d&rsquo;Amrane Ben Diouane, un saint v\u00e9n\u00e9r\u00e9 qui repose depuis 250 ans au-dessus des montagnes d&rsquo;Ouezzane (200 km au nord de Rabat).\u00a0Le sanctuaire de Amrane Ben Diouane, plant\u00e9 dans un cimeti\u00e8re juif, se dresse au milieu de plusieurs hectares d&rsquo;oliviers.\u00a0Le p\u00e8lerinage \u00e0 ce sanctuaire, qui commence le mardi, se termine le samedi soir apr\u00e8s le Shabbat.\u00a0Pendant ces cinq jours de pri\u00e8res, les p\u00e8lerins ais\u00e9s dorment dans de petites villas, les autres dorment dans de petites maisons aux toits de zinc.<\/p>\n<p>Sous un immense olivier, ils d\u00e9filent chaque jour, jetant des bougies sur un immense b\u00fbcher allum\u00e9 sur la tombe d&rsquo;Amrane Ben Diouane.\u00a0\u2018\u2019<em>Un homme pieux, honn\u00eate, bienfaiteur et bon<\/em>\u2019\u2019 lit-on sur une plaque sur la fa\u00e7ade d&rsquo;une synagogue.\u00a0R\u00e9cemment, le premier soir, un fid\u00e8le a fait le tour, offrant du whisky au public : \u2018\u2019<em>Buvez mes fr\u00e8res, je comm\u00e9more aujourd&rsquo;hui la mort de mon p\u00e8re en souhaitant la paix \u00e0 son \u00e2me\u2019\u2019<\/em>, criait-il \u00e0 tue-t\u00eate.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de lui, un Juif orthodoxe, Mahmane Bittgoun de J\u00e9rusalem, \u00e9met un son puissant \u00e0 travers un cor (Shofar).\u00a0\u2018\u2019<em>C&rsquo;est pour amplifier les pri\u00e8res et les b\u00e9n\u00e9dictions<\/em>\u2019\u2019, dit-il.\u00a0Les femmes l&rsquo;encouragent en lui poussant des\u00a0<em>youyous<\/em>.\u00a0Il s&rsquo;arr\u00eate un instant pour jouer de cet instrument qui remonte \u00e0 la nuit des temps et invite l&rsquo;assembl\u00e9e \u00e0 \u00e9couter sa conversation t\u00e9l\u00e9phonique \u00e9tablie par GSM avec les p\u00e8lerins du temple Mirone, un saint enterr\u00e9 pr\u00e8s de Tel-Aviv.<\/p>\n<p>Vers minuit, les p\u00e8lerins vont prier dans la synagogue d&rsquo;en face, sans oublier le \u00ab\u00a0grand saint\u00a0\u00bb Rabi Simon Baryoha, enterr\u00e9 en Isra\u00ebl, \u00e0 qui tous les juifs du monde rendent hommage la m\u00eame semaine selon le calendrier h\u00e9breu.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chaleur torride de la journ\u00e9e et l&rsquo;\u00e9preuve du p\u00e8lerinage, rendue encore plus difficile \u00e0 supporter par la lueur des flammes et l&rsquo;odeur \u00e2cre des bougies allum\u00e9es, les p\u00e8lerins se dirigent vers un immense restaurant pour festoyer au son de la musique.\u00a0La traditionnelle et \u00e9tonnante vente aux ench\u00e8res des bougies ponctue le repas.\u00a0Les millions d&rsquo;euros r\u00e9colt\u00e9s vont \u00e0 un fonds pour la r\u00e9novation et l&rsquo;entretien des tombes des 1 200 saints juifs du Maroc.<\/p>\n<p><strong>Certains des c\u00e9l\u00e8bres saints juifs du Maroc<\/strong><\/p>\n<p>Le Maroc compte un grand nombre de saints juifs dont les plus renomm\u00e9s et les plus importants sont les suivants :<\/p>\n<p><strong>1- Rabbi Amrane Ben Diouane (\u00e0 Asjen, Ouezzane) :<\/strong>\u00a0Selon la tradition, il est n\u00e9 \u00e0 H\u00e9bron et est arriv\u00e9 au Maroc au d\u00e9but du XVIIIe\u00a0si\u00e8cle comme rabbin-enqu\u00eateur.\u00a0Il est enterr\u00e9 pr\u00e8s du cimeti\u00e8re d&rsquo;Azjen, \u00e0 9 km d&rsquo;Ouezzane ;\u00a0sa tombe est sous un tas de pierres au pied d&rsquo;un olivier sauvage.\u00a0Ses\u00a0<em>hiloulas<\/em>\u00a0es sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s trois fois par an : le Lag Ba&rsquo;Omer, le 15 Ab (anniversaire de sa mort), et au d\u00e9but du mois d&rsquo;Ellul, selon le calendrier h\u00e9breu.<\/p>\n<p><strong>2- Rabbi David Ou Moshe (\u00e0 Timzrit, r\u00e9gion de Ouarzazate) :<\/strong>\u00a0Il est l&rsquo;un des saints les plus c\u00e9l\u00e8bres du Maroc.\u00a0La tradition situe son origine en Terre Sainte.\u00a0Sa\u00a0<em>hiloula<\/em>\u00a0est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e au d\u00e9but du Kislev.<\/p>\n<p><strong>3- Rabbi Ha\u00efm Pinto (\u00e0 Essaouira) :<\/strong>\u00a0\u00a0 Rabbi Ha\u00efm Pinto appartient \u00e0 l&rsquo;illustre famille Pinto qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 plusieurs saints.\u00a0Il est commun\u00e9ment appel\u00e9 R. Ha\u00efm Pinto le Grand, pour le distinguer de son petit-fils qui porte le m\u00eame nom.\u00a0N\u00e9 \u00e0 Agadir, il r\u00e9sidait depuis l&rsquo;\u00e2ge de dix ans \u00e0 Essaouira, o\u00f9 il mourut le 26 Ellul 5605 (1845).\u00a0Son \u00e9rudition et sa thaumaturgie lui ont valu la renomm\u00e9e de son vivant.\u00a0Rabbi Ha\u00efm Pinto est r\u00e9put\u00e9 dans tout le Maroc et ses louanges ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es dans deux recueils en jud\u00e9o-arabe (M. Mazal-Tarim, <em>Sefer Shebah Hayyim<\/em>, Casablanca, 1961).\u00a0Parmi les autres saints de la famille de RH Pinto, notons R. Shelomo Pinto son p\u00e8re, R. Yehudah Pinto son fils, et R. Ha\u00efm Pinto le cadet, son petit-fils.<\/p>\n<p>4-\u00a0<strong>Rabbi Ha\u00efm Pinto (\u00e0 Casablanca) :<\/strong>\u00a0Rebbi Ha\u00efm est un saint populaire qui v\u00e9cut \u00e0 Mogador et \u00e0 Casablanca, o\u00f9 il mourut le 16 Heshwan 1937. Il est enterr\u00e9 dans l&rsquo;ancien cimeti\u00e8re de la ville.\u00a0Il est le fils de R. Yehudah Pinto et le petit-fils de R. Ha\u00efm Pinto qui est enterr\u00e9 \u00e0 Essaouira.\u00a0Il est connu sous le nom de \u00ab R.\u00a0Ha\u00efm Pinto le jeune \u00bb pour le distinguer de son grand-p\u00e8re, \u00ab le grand \u00bb.\u00a0La maison qu&rsquo;il habitait \u00e0 Casablanca, situ\u00e9e au 36 rue du Commandant Provost, est devenue un lieu de p\u00e8lerinage.<\/p>\n<p><strong>5- Lalla Solika (\u00e0 F\u00e8s) :<\/strong>\u00a0Sol Hatshuel est n\u00e9e \u00e0 Tanger en 1817. Elle est g\u00e9n\u00e9ralement appel\u00e9e Solika Ha-Saddiqah ou Lalla Solika et est l&rsquo;une des saintes les plus c\u00e9l\u00e8bres du Maroc.\u00a0Les faits historiques \u00e0 son sujet remontent \u00e0 1834, lorsque Solika, en tant que jeune fille, a \u00e9t\u00e9 traduite en justice par un voisin musulman, qui a affirm\u00e9 qu&rsquo;elle avait embrass\u00e9 puis reni\u00e9 l&rsquo;islam.\u00a0La jeune fille a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e et condamn\u00e9e \u00e0 mort \u00e0 F\u00e8s.\u00a0Les Juifs de la ville lui ont \u00e9difi\u00e9 une tombe exceptionnelle dans le cimeti\u00e8re juif, \u00e0 proximit\u00e9 de celle de R. Abner Ha-Sarfati, auteur de\u00a0<em>Yhas Fas<\/em>, une chronique de la Communaut\u00e9.<\/p>\n<p><strong>6-\u00a0Mearat Oufrane (ou cimeti\u00e8re d&rsquo;Oufrane) \u00e0 Ifrane de l&rsquo;Anti-Atlas<\/strong>\u00a0: Mearat Oufrane est aussi appel\u00e9e Mearat hanisrafim (la grotte des br\u00fbl\u00e9s).<\/p>\n<p><strong>7- Rabbi Rapha\u00ebl Anqawa 1848-1935 (\u00e0 Sal\u00e9) :<\/strong>\u00a0Pr\u00e9sident du Haut Tribunal Rabbinique et juge respect\u00e9 de la ville, il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re juif de Sal\u00e9.<\/p>\n<p><strong>8- Rabbi Yehia Lakhder (\u00e0 Ben Ahmed, non loin de Casablanca) :<\/strong>\u00a0Rabbi Yehia Lakhder, \u00ab\u00a0le vert\u00a0\u00bb, selon la tradition est enterr\u00e9 \u00e0 gauche de l&rsquo;entr\u00e9e du sanctuaire, sous un petit talus o\u00f9 se trouvent trois chemin\u00e9es pour l&rsquo;allumage des bougies.\u00a0La\u00a0<em>hiloula<\/em>\u00a0de R. Yehia Lakhder est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le jour de la\u00a0<em>Mimouna<\/em>\u00a0et \u00e0 Lag Ba\u2019Omer.\u00a0Selon une tradition, il est le fr\u00e8re de R. Eliyahu de Casablanca et selon une autre tradition, il est originaire de Terre Sainte.<\/p>\n<p><strong>9- Les sept saints Oulad Ben Zmirrou (Leur tombe est situ\u00e9e derri\u00e8re l&rsquo;H\u00f4tel Safir \u00e0 Safi) :<\/strong>\u00a0Appel\u00e9s indiff\u00e9remment Oulad Zmirrou, Oulad Zmirrou ou Zmirrou.\u00a0Il s&rsquo;agirait selon la tradition de sept fr\u00e8res enterr\u00e9s ensemble et appartenant \u00e0 une famille d&rsquo;expuls\u00e9s d&rsquo;Espagne <strong><em>megorashims<\/em><\/strong>, influents dans les cercles gouvernementaux et parmi les juifs.\u00a0De nombreuses l\u00e9gendes sont n\u00e9es autour de leur nom.<\/p>\n<p><strong>10- Rabbi David Lashqar (Moulay Ighi) (\u00e0 Zarkten, \u00e0 70 km de Marrakech) :<\/strong>\u00a0Moulay Ighi est l&rsquo;un des saints les plus v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les juifs du Maroc.\u00a0Il serait arriv\u00e9 au Maroc en provenance de Terre Sainte.\u00a0Certaines traditions l&rsquo;identifient \u00e0 R. David Alshqar qui est enterr\u00e9 \u00e0 Casablanca.\u00a0Les fid\u00e8les qui ne pouvaient se rendre \u00e0 Ighi (\u00e0 100 km de Demnate) se rendaient au sanctuaire de Casablanca pour l&rsquo;adorer.\u00a0Rabbi David Lashqar est \u00e9galement connu sous le nom de \u2018\u2019<em>moul shejra al-khadra<\/em>\u2019\u2019 (le ma\u00eetre de l&rsquo;arbre vert) \u00e0 cause de l&rsquo;arbuste qui pousse pr\u00e8s de la tombe et qui ne br\u00fble jamais malgr\u00e9 les flammes proches des bougies.<\/p>\n<p><strong>11- Rabbi David Ben Baroukh (\u00e0 Aoulouz, r\u00e9gion de Taroudant) :<\/strong>\u00a0Il est souvent d\u00e9sign\u00e9 par le nom affectueux de Baba Doudou, ou R. David Ben Baroukh \u00ab le jeune \u00bb.\u00a0Il est l&rsquo;arri\u00e8re-petit-fils de R. David Ben Baroukh (inhum\u00e9 \u00e0 Azrou n-Ba Hammou), le fils de R. Baroukh Ha-Cohen (inhum\u00e9 \u00e0 Taroudant) et le cousin germain de R. Pinhas Ha-Cohen.<\/p>\n<p><strong>12- Rabbi Abraham Awriwer (\u00e0 Moualin Dad, Oulad Bouziri, r\u00e9gion de Settat)<\/strong>\u00a0: Il est aussi d\u00e9sign\u00e9 par le toponyme Moualin Dad du nom de la colline o\u00f9 il est enterr\u00e9.\u00a0Son\u00a0<em>hiloula<\/em>\u00a0est situ\u00e9 \u00e0 Lag Ba \u2018Omer.\u00a0Ses disciples sont enterr\u00e9s pr\u00e8s de lui.\u00a0Il est c\u00e9l\u00e8bre pour ses miracles, en particulier pour les femmes st\u00e9riles.\u00a0Les musulmans de la r\u00e9gion qui pratiquent ce p\u00e8lerinage l&rsquo;appellent Sidi Brahim.<\/p>\n<p><strong>13- Rabbi Shelomo Bel-Hansh (dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Ourika, \u00e0 45 km de Marrakech) :<\/strong>\u00a0Son appellation signifie \u00ab fils du serpent, le reptile \u00bb.\u00a0Les musulmans qui vont en p\u00e8lerinage \u00e0 son sanctuaire.\u00a0On l&rsquo;appelle Moul Asguine.<\/p>\n<p><strong>14- Rabbi Nessim Ben Nessim (\u00e0 A\u00eft Bayoud, r\u00e9gion d&rsquo;Essaouira) :<\/strong>\u00a0Un magnifique village sp\u00e9cialement construit \u00e0 cet effet accueille les p\u00e8lerins.<\/p>\n<p><strong>15- Rabbi Eliahou (au cimeti\u00e8re juif de Ben M&rsquo;sik \u00e0 Casablanca) :<\/strong>\u00a0Eliahou est tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 Casablanca et dans la r\u00e9gion.\u00a0Il est le saint patron de la communaut\u00e9 juive,\u00a0<em>Moul Dar al-Be\u00efda<\/em>\u00a0(le ma\u00eetre de Casablanca) ou\u00a0<em>Qandil Lablad<\/em>\u00a0(la lumi\u00e8re de la ville).\u00a0Dans un premier temps, il a \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9 au cimeti\u00e8re d&rsquo;El Bhira, puis ses ossements ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s au nouveau cimeti\u00e8re de Ben M&rsquo;sik o\u00f9 il est honor\u00e9 par un magnifique mausol\u00e9e.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4883\" aria-describedby=\"caption-attachment-4883\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4883 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/%E2%80%98Ziyara-ou-visite-des-lieux-saints-juifs-au-Maroc-documentaire-de-Simone-Bitton.jpg?resize=250%2C381&#038;ssl=1\" alt=\"\u2018\u2019Ziyara\u2019\u2019 ou visite des lieux saints juifs au Maroc, documentaire de Simone Bitton\" width=\"250\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/%E2%80%98Ziyara-ou-visite-des-lieux-saints-juifs-au-Maroc-documentaire-de-Simone-Bitton.jpg?w=250&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/%E2%80%98Ziyara-ou-visite-des-lieux-saints-juifs-au-Maroc-documentaire-de-Simone-Bitton.jpg?resize=164%2C250&amp;ssl=1 164w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4883\" class=\"wp-caption-text\"><strong><span style=\"color: #000080;\">\u2018\u2019Ziyara\u2019\u2019 ou visite des lieux saints juifs au Maroc, documentaire de Simone Bitton<\/span><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>16- Rabbi Abraham Moul Nass (en Azemmour) :<\/strong>\u00a0Abraham Moul Nass ou \u2018\u2019le Ma\u00eetre du Miracle\u2019\u2019.\u00a0C&rsquo;est un saint c\u00e9l\u00e8bre et la visite de sa tombe est consid\u00e9r\u00e9e comme un p\u00e8lerinage original.\u00a0Son sanctuaire est situ\u00e9 dans une grotte, il a une atmosph\u00e8re particuli\u00e8re, mais le patronyme du saint est oubli\u00e9.<\/p>\n<p><strong>17- Rabbi Yishaq Abouhsira (\u00e0 Gourrama, pr\u00e8s de Rich, dans la vall\u00e9e du Ziz, vers Tafilalet) :<\/strong>\u00a0Yishaq appartient \u00e0 l&rsquo;illustre famille des saints Abouhsira et est le fils de l&rsquo;anc\u00eatre de cette dynastie, Rabbi Yacob, qui est inhum\u00e9 \u00e0 Damenhour, Egypte.\u00a0R. Yishaq est n\u00e9 \u00e0 Boudenib dans le Tafilalet et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de trente-six ans.<\/p>\n<p><strong>18- Rabbi David Draa Ha-L\u00e9vy (95 km de Marrakech, 11 km de Demnate) :<\/strong>\u00a0Il est l&rsquo;un des saints les plus populaires.\u00a0Il est souvent appel\u00e9 Dawid Draa,\u00a0<em>Moul an-Nakhla<\/em>\u00a0(le Ma\u00eetre du Palmier) ou\u00a0<em>Moul an-Nakhla al-Khadra<\/em>\u00a0(le Ma\u00eetre du Palmier Vert).<\/p>\n<p><strong>19- Rabbi Yosef Bajayo (en Ntifa) :<\/strong>\u00a0Yosef Bajayo (Abu Jayo, Ajayo, Abajayo ou Ben Ajayo) serait, selon la tradition locale, un rabbin-collecteur venu de Terre Sainte.\u00a0Il est mort \u00e0 Tabia dans les ann\u00e9es 1920 et est enterr\u00e9 \u00e0 Ntifa.<\/p>\n<p><strong>20- Rabbi Ishaq Ben Oualid (\u00e0 T\u00e9touan) :<\/strong>\u00a0Grand rabbin de T\u00e9touan au XIXe\u00a0si\u00e8cle et enseignant.\u00a0Sa maison est devenue une synagogue, une <em>yeshiva<\/em> et un tribunal rabbinique.\u00a0Son tombeau est un objet de p\u00e8lerinage pour les juifs du nord du Maroc.\u00a0Sa synagogue restaur\u00e9e (avec l&rsquo;aide de la Junta de Andalucia) est ouverte au public.<\/p>\n<p><strong>21- Rabbi Chalom Zaoui (\u00e0 Rabat) :<\/strong>\u00a0Ce grand et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 rabbin est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re de Rabat, sa tombe est un lieu de p\u00e8lerinage, notamment pour les juifs de Rabat-Sal\u00e9.<\/p>\n<p><strong>22- Rabbi Chlomo Amar (\u00e0 Beni Mellal) :<\/strong>\u00a0La ville de Beni Mellal a aussi ses saints.\u00a0Rabbi Chlomo Amar est v\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour sa saintet\u00e9 et ses miracles.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9miniscence<\/strong><\/p>\n<p>Depuis la normalisation des relations entre le Maroc et Isra\u00ebl en d\u00e9cembre 2020, des milliers de juifs marocains vivant en Isra\u00ebl affluent au Maroc pour rendre visite \u00e0 leurs saints, c\u00e9l\u00e9brer\u00a0<em>Hiloula<\/em>\u00a0ou tout simplement retrouver leurs racines mill\u00e9naires.\u00a0D&rsquo;autres retracent leurs origines dans des films documentaires comme \u00a0\u00bbZiyara\u00a0\u00bb de Simone Bitton.\u00a0(35)<\/p>\n<p>Beaucoup de lenteur, de silence et de pudeur dans ce <em>road movie<\/em> \u00e0 travers un Maroc insolite.\u00a0Comme il se doit quand on se rend dans les cimeti\u00e8res et les sanctuaires d&rsquo;un beau pass\u00e9.\u00a0Car c&rsquo;est \u00e0 la recherche de ce qui reste de la communaut\u00e9 juive marocaine que la cin\u00e9aste franco-isra\u00e9lo-marocaine Simone Bitton entreprend cette \u2018\u2019Ziyara\u2019\u2019 dans son pays natal.\u00a0\u2018\u2019Ziyara\u2019\u2019 est le mot arabe pour \u2018\u2019visite\u2019\u2019, il d\u00e9signe, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, chez les Marocains, tant juifs que musulmans, un p\u00e8lerinage aux mausol\u00e9es des \u2018\u2019saints\u2019\u2019.\u00a0Il y a environ 650 saints juifs au Maroc (D\u2019apr\u00e8s certaines statistiques, le double d\u2019apr\u00e8s d\u2019autres), dont 150 sont v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les deux communaut\u00e9s.\u00a0Une d\u00e9couverte essentielle qui a guid\u00e9 le choix du r\u00e9alisateur de retracer l&rsquo;histoire et la m\u00e9moire des juifs marocains uniquement \u00e0 travers les t\u00e9moignages de musulmans qui les ont connus ou qui veillent aujourd&rsquo;hui sur leurs lieux d\u00e9di\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9calage cr\u00e9\u00e9 par ce d\u00e9part est racont\u00e9 par la cin\u00e9aste, non pas du point de vue de ceux qui sont partis, mais de ceux qui sont rest\u00e9s, ces hommes et ces femmes qu&rsquo;elle appelle gentiment \u2018\u2019<em>les gardiens musulmans de la m\u00e9moire juive<\/em>\u2019\u2019.\u00a0Devant les lieux qu&rsquo;ils veillent, comme les tombeaux des saints o\u00f9 les juifs venaient autrefois se rassembler,\u00a0ils lui racontent, dans la langue qu&rsquo;ils ont en commun, le regret, l&rsquo;amertume ou la m\u00e9lancolie suscit\u00e9s en eux par le souvenir de ce monde englouti, qui est aussi, comme le dit l&rsquo;un de ceux rencontr\u00e9s au cours du voyage, \u2018\u2019<em>une partie d&rsquo;eux-m\u00eames<\/em>\u2019\u2019.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4884\" aria-describedby=\"caption-attachment-4884\" style=\"width: 622px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4884 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Synagogue-Sadoun-de-Fez.jpg?resize=618%2C323&#038;ssl=1\" alt=\"Synagogue Sadoun de Fez\" width=\"618\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Synagogue-Sadoun-de-Fez.jpg?w=622&amp;ssl=1 622w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Synagogue-Sadoun-de-Fez.jpg?resize=450%2C235&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4884\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>Synagogue Sadoun de Fez<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans une interview au quotidien marocain\u00a0<em>L&rsquo;Opinion<\/em>, Simone Bitton d\u00e9clare : (36)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019\u00a0J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019au Maroc, il y a une jud\u00e9it\u00e9 enfouie qui remonte \u00e0 la surface d\u00e8s que l\u2019on gratte un peu. Comme s\u2019il y avait un juif dans chaque Marocain. Ce voyage me l\u2019a confirm\u00e9 et cela m\u2019a beaucoup \u00e9mue, mais je ne sais pas si cela durera encore longtemps. Il y a quand m\u00eame un grand sentiment de perte, les souvenirs s\u2019estompent et beaucoup de jeunes qui n\u2019ont jamais v\u00e9cu avec des juifs font un amalgame entre juifs et isra\u00e9liens par exemple. Il reste trop peu de juifs marocains, ceux qui sont l\u00e0 sont essentiellement regroup\u00e9s \u00e0 Casablanca et le rapport avec les touristes qui passent n\u2019a plus grand chose \u00e0 voir avec le rapport fusionnel qui existait avant le grand d\u00e9part. J\u2019ai donc le sentiment d\u2019avoir fix\u00e9 sur pellicule les derni\u00e8res lueurs d\u2019une relation tr\u00e8s forte mais en danger de disparition, pour en garder la trace et en tirer un enseignement.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Sur ce sujet particulier, Jean Stern \u00e9crit : (37)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019La\u00a0ziyara, mot arabe d\u2019origine, signifie p\u00e8lerinage, mais a pris un autre sens au Maroc\u00a0: la visite aux saints, en l\u2019occurrence des centaines de rabbins dont les tombes se trouvent aux quatre coins du pays, y compris dans des campagnes recul\u00e9es o\u00f9 musulmans et juifs cohabitaient dans la pauvret\u00e9 et les croyances divines. Marabouts, gu\u00e9risseurs, kabbalistes, ils seraient plus de 650 r\u00e9pertori\u00e9s au Maroc, dont 150 saints partag\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire communs aux deux religions. Souvent abrit\u00e9s par de simples coupoles blanchies \u00e0 la chaux, leurs tombeaux ont \u00e9t\u00e9 des lieux de p\u00e8lerinage, et le sont encore en mode mineur. Leurs gardiens \u2014 souvent des gardiennes d\u2019ailleurs \u2014 sont les t\u00e9moins ultimes d\u2019une histoire ancienne, car la plupart des juifs marocains ont quitt\u00e9 le pays dans les ann\u00e9es\u00a01950. Pour un logement ou une r\u00e9mun\u00e9ration symbolique, ils entretiennent une flamme dont Simone Bitton a tir\u00e9 un film mettant en lumi\u00e8re leur profond respect pour ces saints, fussent-ils d\u2019une autre religion.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Il poursuit en disant : (38)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019La r\u00e9alisatrice nous conduit vers les tombeaux des saints dans des villages isol\u00e9s et souvent mis\u00e9rables, dans les grands cimeti\u00e8res juifs de villes comme Casablanca ou Sal\u00e9, dans des synagogues, des petits mus\u00e9es. Celles et ceux qui la guident sont tous musulmans, mais sans pr\u00e9jug\u00e9s religieux d\u2019aucune sorte\u00a0; bien au contraire, ils sont fiers de faire d\u00e9couvrir des lieux oubli\u00e9s, de raconter des l\u00e9gendes perdues. Les tombes sont belles, sobres, mausol\u00e9es pour des personnages extr\u00eamement pieux. Il y a beaucoup d\u2019\u00e9motion pure dans le film, qui ne verse pas pour autant dans une religiosit\u00e9 b\u00e9ate. Son sujet, c\u2019est la transmission de la m\u00e9moire, pas le rapport au divin.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un lieu de pri\u00e8re partag\u00e9 moderne est envisag\u00e9e en Allemagne dans un projet ambitieux appel\u00e9 : \u00a0\u00bbHouse of One\u00a0\u00bb.\u00a0Kuehn Malvezzi, bas\u00e9 \u00e0 Berlin, est \u00e0 la t\u00eate de ce projet innovant et il a con\u00e7u un b\u00e2timent \u2018\u2019quatre en un\u2019\u2019.\u00a0L&rsquo;\u00e9difice m\u00eale une \u00e9glise rectangulaire, une synagogue hexagonale, une mosqu\u00e9e carr\u00e9e et une salle de r\u00e9union commune ouverte sur l&rsquo;ext\u00e9rieur par de hautes fen\u00eatres.\u00a0(39)<\/p>\n<p>Les fid\u00e8les seront s\u00e9par\u00e9s et en m\u00eame temps reli\u00e9s par un grand espace de rencontre par lequel chacun devra passer pour se rendre \u00e0 l&rsquo;un des lieux de culte.\u00a0Le concept est bas\u00e9 sur l&rsquo;id\u00e9e de rencontre et non de m\u00e9lange.\u00a0Son nom, \u00ab\u00a0House of One\u00a0\u00bb, a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par un discours prononc\u00e9 par Martin Luther King lorsqu&rsquo;il a re\u00e7u le prix Nobel de la paix en 1964. Dans ce discours, le pasteur afro-am\u00e9ricain faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la maison unique qui forme le monde dans lequel les gens doivent apprendre \u00e0 vivre ensemble.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9votions partag\u00e9es reposent sur une pi\u00e9t\u00e9 populaire en qu\u00eate de gu\u00e9rison, de protection et d&rsquo;intercession.\u00a0Il y a aussi des figures passerelles entre les religions : des patriarches comme Abraham ou Marie chez les chr\u00e9tiens et les musulmans, et des saints plus inattendus comme saint Georges.<\/p>\n<p>Sur l&rsquo;\u00eele de B\u00fcy\u00fckada, au large d&rsquo;Istanbul, le monast\u00e8re grec-orthodoxe Saint-Georges accueille de nombreux p\u00e8lerins musulmans.\u00a0Voit-on dans le saint chr\u00e9tien la figure coranique d&rsquo;<em>al-Khidr<\/em>, le \u00ab vert \u00bb ?\u00a0Sans doute.\u00a0On pourrait en dire autant des Sept Dormants, dont\u00a0<strong>la L\u00e9gende dor\u00e9e<\/strong>\u00a0de Jacques de Voragine (1228-1298) (40) raconte que les sept saints ont miraculeusement \u00e9chapp\u00e9 aux pers\u00e9cutions de l&rsquo;Empire romain gr\u00e2ce \u00e0 un sommeil s\u00e9culaire dans une grotte pr\u00e8s d&rsquo;\u00c9ph\u00e8se.\u00a0Une\u00a0<em>sourate<\/em>\u00a0du Coran raconte une histoire similaire \u00e0 propos des \u00ab\u00a0gens de la caverne\u00a0\u00bb <strong><em>ahl al-kahf<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>La fr\u00e9quentation d&rsquo;un m\u00eame espace religieux par des fid\u00e8les de religions diff\u00e9rentes ne va pas de soi a priori pour ceux qui croient en un seul dieu.\u00a0Si les lieux de culte consacr\u00e9s aux pratiques r\u00e9guli\u00e8res de la communaut\u00e9 (synagogue, \u00e9glise, mosqu\u00e9e) sont moins propices \u00e0 cette cohabitation, certains sanctuaires g\u00e9n\u00e8rent au contraire des croisements entre juifs, chr\u00e9tiens et musulmans.\u00a0Caract\u00e9ris\u00e9s par une plus grande force spirituelle, ces lieux saints laissent libre cours \u00e0 la d\u00e9votion individuelle et \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 rituelle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4885\" aria-describedby=\"caption-attachment-4885\" style=\"width: 623px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4885 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Province-de-Taroudant-La-communaute-juive-celebre-le-moussem-du-saint-David-Ben-Baroukh.jpg?resize=618%2C320&#038;ssl=1\" alt=\"Province de Taroudant : La communaut\u00e9 juive c\u00e9l\u00e8bre le moussem du saint David Ben Baroukh (MAP)\" width=\"618\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Province-de-Taroudant-La-communaute-juive-celebre-le-moussem-du-saint-David-Ben-Baroukh.jpg?w=623&amp;ssl=1 623w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Province-de-Taroudant-La-communaute-juive-celebre-le-moussem-du-saint-David-Ben-Baroukh.jpg?resize=450%2C233&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4885\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>Province de Taroudant : La communaut\u00e9 juive c\u00e9l\u00e8bre le moussem du saint David Ben Baroukh (MAP)<\/strong><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le culte de la saintet\u00e9 et de la\u00a0<em>baraka<\/em>\u00a0partag\u00e9 par les musulmans et les juifs marocains est tellement ancr\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 que certains saints marocains comme Rabbi Abouhsira (vers la fin du XIXe\u00a0si\u00e8cle), enterr\u00e9 \u00e0 Damanhour, en Egypte, sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s avec beaucoup d&rsquo;enthousiasme au Maroc.\u00a0Sa\u00a0<em>baraka<\/em>\u00a0est si illimit\u00e9e que la g\u00e9ographie ne l&rsquo;alt\u00e8re en rien.<\/p>\n<p>Il est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans une chanson qui commence par une pri\u00e8re lente qui met en valeur les capacit\u00e9s vocales du chanteur.\u00a0Vient ensuite dans un tempo plus rapide le texte suivant, chant\u00e9 dans un m\u00e9lange d&rsquo;arabe, de fran\u00e7ais et de jud\u00e9o-arabe : (41)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bb Sidi le grand rebbi, je viens visiter, comment faire ?<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Si j&rsquo;avais des ailes je volerais, rendre visite \u00e0 Abouhsira Sidi<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Sidi, le monde est vaste, blanc comme ton visage l&rsquo;a vu,<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Mais dans les r\u00eaves je n&rsquo;aurai jamais peur, le rabbin c&rsquo;est mon Sidi<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>De Dar al-Beida (Casablanca) \u00e0 Gourama, je pars comme un hmama (pigeon)<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Aller au Caire, visiter Sidi Abouhsira<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Vous les gens du Sahara, vous les compagnons de p\u00e8lerinages<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Hommes des grands moments, venez nous rendre visite au Rav Abouhsira<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Allons, gens de la &lsquo;\u00e2mma (roturiers), allons \u00e0 Gourama<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Rabbi Abouhsira\u00a0<sup>c<\/sup>alih sal\u00e2m (paix soit sur lui).<\/em><\/p>\n<p>Parlant de cette invocation chant\u00e9e, Hicham Adakhama \u00e9crit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bbLe texte fait r\u00e9f\u00e9rence aux images de voyages du saint dans l&rsquo;espace g\u00e9ographique.\u00a0Une structuration de l&rsquo;imaginaire en appartenances plurielles.\u00a0L&rsquo;appel \u00e0 Gourama renvoie \u00e0 l&rsquo;origine du saint et \u00e0 l&rsquo;image de nomadisme qui repr\u00e9sente le Sahara.\u00a0Gourama est une petite bourgade du Sud marocain o\u00f9 il y avait une forte concentration de juifs.\u00a0Elle est actuellement le centre d&rsquo;une forte charge symbolique pour les juifs qui y vont en visite.\u00a0Ils prennent en charge sa restauration et organisent r\u00e9guli\u00e8rement des voyages dans le cadre de retours sur les origines.\u00a0Casablanca un lieu qui doit \u00eatre li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;installation massive des juifs en son sein au XXe si\u00e8cle.\u00a0Abou Hassira ne peut pas y avoir s\u00e9journ\u00e9 puisqu&rsquo;elle n&rsquo;existait pas en tant que centre urbain \u00e0 son \u00e9poque.\u00a0Sa pr\u00e9sence dans la chanson se justifie par l&rsquo;origine des personnes exil\u00e9es du Sud et pour qui Gourama est d\u00e9j\u00e0 une nostalgie, transmise par image de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.\u00a0Le texte est totalement situ\u00e9 dans l&rsquo;imaginaire.\u00a0Cet imaginaire int\u00e9gr\u00e9 ici un lien entre trois espaces distants dans le temps (Casablanca, Gourama, Le Caire \u2013 pour la rime, il remplace Damanhour).\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Conclusion : symbiose parfaite<\/strong><\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;existence des Premier et Second Temples, le Maroc a vu son sol foul\u00e9 par 84 saints venus de J\u00e9rusalem et enterr\u00e9s dans diff\u00e9rents lieux \u00e0 travers le pays.\u00a0Ces\u00a0<em>Tsaddikim ont<\/em>\u00a0\u00e9tabli leurs foyers dans cette r\u00e9gion du Maghreb avant l&rsquo;apparition de la religion musulmane.\u00a0Ils se sont exil\u00e9s pour \u00e9chapper aux effroyables pers\u00e9cutions dont ils ont \u00e9t\u00e9 victimes, soit par la force parce qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s malgr\u00e9 eux avec des milliers de Juifs pour \u00eatre assimil\u00e9s aux peuples vivant dans les provinces de l&rsquo;Empire romain, soit par choix pour recueillir des fonds pour venir en aide aux communaut\u00e9s juives \u00e9tablies en Terre Sainte, accabl\u00e9es par l&rsquo;assujettissement et la famine.\u00a0Parmi eux : Rabbi Amrane Ben Diouane, Rabbi Draa Hal\u00e9vy, Rabbi David Ou Moshe, etc.<\/p>\n<p>Au cours de plus de 2000 ans d&rsquo;existence au Maroc, ils ont v\u00e9cu avec les Arabes et les Amazighs\/Berb\u00e8res une symbiose proverbiale.\u00a0(42) Il y a eu bien s\u00fbr quelques pogroms dans cette longue histoire, surtout lorsque des fanatiques religieux sont arriv\u00e9s au pouvoir et ont bl\u00e2m\u00e9 les Juifs pour tous les maux possibles, principalement \u00e9conomiques, de la population musulmane.<\/p>\n<p>Le r\u00e8gne de la dynastie almohade a probablement \u00e9t\u00e9 la pire p\u00e9riode pour les juifs marocains car ils ont \u00e9t\u00e9 contraints de se convertir \u00e0 l&rsquo;islam, de quitter le pays ou de faire face \u00e0 la mort.\u00a0Mais au-del\u00e0 de cette p\u00e9riode, les Juifs du Maroc, qu&rsquo;ils soient Toshavim (43) ou Megorashim, (44) b\u00e9n\u00e9ficiaient de la protection des sultans et de la haute estime de la population.\u00a0(45) En terre amazighe\/berb\u00e8re, la symbiose \u00e9tait \u00e0 son comble dans tous les domaines.\u00a0A ce propos, Eric Anglade \u00e9crit : (46)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bbJuifs et musulmans ont donc partag\u00e9 une existence commune et, de m\u00eame, ils ont construit un destin commun.\u00a0Une telle fusion a donn\u00e9 naissance \u00e0 une culture mixte, jud\u00e9o-berb\u00e8re-arabe, o\u00f9 de nombreuses composantes de leur identit\u00e9 \u00e9taient partag\u00e9es, comme le culte des saints et les c\u00e9r\u00e9monies rituelles autour de leurs tombes.\u00a0Ce sont les Moussem du c\u00f4t\u00e9 musulman ou les\u00a0\u00a0<\/em><em>Hiloula<\/em><em>\u00a0\u00a0du c\u00f4t\u00e9 juif.\u00a0Les deux communaut\u00e9s v\u00e9n\u00e9raient tr\u00e8s souvent les m\u00eames saints, mais sous des noms diff\u00e9rents.\u00a0Dans la r\u00e9gion du Dr\u00e2a, juifs et musulmans c\u00e9l\u00e9braient le m\u00eame saint, nomm\u00e9 Isaac Akkouim par les juifs et Sidi Moussa par les musulmans, \u00e0 travers un p\u00e8lerinage sur sa tombe \u00e0 Tidri.\u00a0\u00c0 Demnate, un autre saint nomm\u00e9 Haroun Ben Cohen \u00e9tait \u00e9galement v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les musulmans locaux sous le nom de Bou Lbarakat, ce qui signifie Celui qui accorde des b\u00e9n\u00e9dictions.<\/em><\/p>\n<p><em>Cette harmonie culturelle entre juifs et musulmans se refl\u00e8te \u00e9galement dans les noms de famille des peuples.\u00a0Peu de noms de familles juives marocaines sont li\u00e9s \u00e0 une \u00e9tymologie h\u00e9bra\u00efque ou aram\u00e9enne.\u00a0La majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux sont berb\u00e8res, arabes ou subsahariens, exprimant une activit\u00e9 professionnelle, une lign\u00e9e tribale ou une origine g\u00e9ographique.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On peut dire que la symbiose fut totale entre musulmans et juifs dans la mesure o\u00f9 leur d\u00e9part apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra\u00ebl a non seulement laiss\u00e9 un grand vide au sein de la soci\u00e9t\u00e9 mais la population musulmane a \u00e9galement d\u00e9plor\u00e9 am\u00e8rement (47) cet \u00e9v\u00e9nement historique qui fut soudain et inacceptable pour la plupart.<\/p>\n<p>Pour Haim Zafrani, historien juif marocain, cette symbiose peut \u00eatre vue de la mani\u00e8re suivante : (48)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0entre juifs et musulmans il y avait une solidarit\u00e9 active dans l&rsquo;intimit\u00e9 du langage et dans l&rsquo;analogie de l&rsquo;organisation mentale ainsi qu&rsquo;une quantit\u00e9 non indiff\u00e9rente de symbiose voire de syncr\u00e9tisme religieux exprim\u00e9 tant dans la vie quotidienne que dans les moments les plus importants de la vie.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On peut dire, que le Maroc est une terre sp\u00e9ciale c&rsquo;est-\u00e0-dire une terre sainte pour les juifs hors d&rsquo;Isra\u00ebl car elle concentre un grand nombre de sites religieux dans tout le pays au nord comme T\u00e9touan, \u00e0 l&rsquo;est \u00e0 Oujda, en le sud-est dans l&rsquo;arri\u00e8re-pays amazigh\/berb\u00e8re, dans les villes imp\u00e9riales telles que F\u00e8s, Mekn\u00e8s, Marrakech et Rabat et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur dans les villes de Debdou et Sefrou qui est m\u00eame connue sous le nom de \u00a0\u00bb<strong>Petite J\u00e9rusalem du Maroc<\/strong>\u00a0\u00bb en raison du nombre \u00e9lev\u00e9 de ses religieux saints.<\/p>\n<p>Les Juifs ont peut-\u00eatre quitt\u00e9 le Maroc pour Isra\u00ebl, l&rsquo;Europe et les Am\u00e9riques, mais leur c\u0153ur religieux reste au Maroc en raison du nombre \u00e9lev\u00e9 de leurs saints enterr\u00e9s l\u00e0-bas et de leur fraternit\u00e9 et intimit\u00e9 \u00e0 long terme avec la population musulmane locale.\u00a0Pour beaucoup, comme David Assouline n\u00e9 \u00e0 Sefrou en 1958, ils voient leur d\u00e9part comme une blessure qui ne cicatrisera jamais.\u00a0Il a \u00e9ternis\u00e9 son amour pour le Maroc dans un documentaire intitul\u00e9 : \u2018\u2019Entre paradis perdu et terre promesse\u2019\u2019.\u00a0(49) Amen.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>Bar-Asher, Meir M. <em>Les Juifs dans le Coran<\/em>.\u00a0Paris : Albin Michel, 2019.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le Coran est-il antis\u00e9mite ?\u00a0L&rsquo;Islam v\u00e9hicule-t-il une \u00ab haine du Juif \u00bb qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ?\u00a0Le point de vue d&rsquo;un islamologue est essentiel pour dissiper les biais du d\u00e9bat et s&rsquo;\u00e9loigner des jugements h\u00e2tifs.\u00a0Sans en cacher les aspects les plus probl\u00e9matiques, le grand \u00e9rudit Me\u00efr M. Bar-Asher fait le point sur cette question br\u00fblante.\u00a0Il passe en revue l&rsquo;image des \u2018\u2019fils d&rsquo;Isra\u00ebl\u2019\u2019 et des \u2018\u2019Juifs\u2019\u2019 dans le Coran et le Had\u00eeth, ainsi que la base coranique du statut de <em>dhimmi<\/em>.\u00a0Il examine \u00e9galement l&rsquo;extraordinaire contribution de la tradition juive \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se musulmane du Coran, ainsi que les parall\u00e8les entre les lois religieuses juives et musulmanes, la <em>halakha<\/em> et la <em>char<sup>c<\/sup>ia<\/em>.\u00a0Elle montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique \u00e0 la figure du Juif et au juda\u00efsme est complexe.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Lewis, Bernard.\u00a0<em>The Jews of Islam<\/em>.\u00a0Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 1987.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Sondant l&rsquo;attitude des musulmans envers le juda\u00efsme comme un cas particulier de leur vision des autres minorit\u00e9s religieuses dans les pays islamiques, Bernard Lewis d\u00e9molit deux st\u00e9r\u00e9otypes concurrents : le guerrier fanatique, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e \u00e0 la main et le Qur&rsquo;\u00e2n de l&rsquo;autre, et le concepteur musulman d&rsquo;une utopie interreligieuse.\u00a0Sa repr\u00e9sentation de la tradition jud\u00e9o-islamique se situe dans un contexte vivant de l&rsquo;histoire juive et islamique.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Brody, Robert.\u00a0<em>The Geonim of Babylonia and the Shaping of Medieval Jewish Culture<\/em>.\u00a0New Haven, Connecticut: Yale University Press, 1998.\u00a0<em>JSTOR<\/em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/j.ctt5vkrdt\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/j.ctt5vkrdt<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bb \u00c0 proprement parler, la p\u00e9riode g\u00e9onique a commenc\u00e9 quelque part dans la seconde moiti\u00e9 du VIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, pr\u00e9c\u00e9dant ainsi d&rsquo;au moins un demi-si\u00e8cle la grande vague de conqu\u00eates arabes qui a commenc\u00e9 vers le milieu du VIIe si\u00e8cle, \u00e0 la suite de la mission de Mahomet. De plus, la conqu\u00eate musulmane de la Babylonie ne semble avoir \u00e9t\u00e9 ni un \u00e9v\u00e9nement traumatisant pour la communaut\u00e9 juive babylonienne ni l&rsquo;occasion de la mise en place de nouvelles institutions dirigeantes.\u00a0N\u00e9anmoins, la connaissance des \u00e9v\u00e9nements dans cette partie de la p\u00e9riode g\u00e9onique qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la conqu\u00eate musulmane est pratiquement nulle, de sorte que l&rsquo;histoire de la g\u00e9onique\u2026\u00a0\u00bb\u00a0(Introduction, (pp. xxiii-xxvi)).<\/em><\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li>Mo\u00efse Ma\u00efmonide (en h\u00e9breu Moshe ben Maimon) \u00e9tait un philosophe et m\u00e9decin juif n\u00e9 \u00e0 Cordoue en 1138 et mort \u00e0 Fostat (Le Caire) en 1204. Par ses travaux th\u00e9ologiques et philosophiques, il devint extr\u00eamement c\u00e9l\u00e8bre et influent tant au sein de la communaut\u00e9 juive, qu&rsquo;en la terre d&rsquo;Islam et dans l&rsquo;Occident chr\u00e9tien.<\/li>\n<li>Meddeb, Abdelwahab; Benjamin Stora &amp; Nathalie Sarthou-Lajus.\u00a0\u2018\u2019Une histoire des relations entre juifs et musulmans\u2019\u2019,\u00a0<em>\u00c9tudes<\/em>, vol.\u00a0419, no.\u00a011, 2013, p. 497-508.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-etudes-2013-11-page-497.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-etudes-2013-11-page-497.htm<\/a><\/li>\n<li>Nadafi, Hamdam.\u00a0<em>La libert\u00e9 de religion dans les Etats de droit musulman<\/em>.\u00a0Saint-Etienne : Universit\u00e9 Jean Monnet, 2013.<\/li>\n<li>Vauclair, David.\u00a0<em>Juda\u00efsme, christianisme et islam : points communs et divergences<\/em>.\u00a0Paris : Eyrolles, 2022.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Une approche synth\u00e9tique et comparative des trois principales religions monoth\u00e9istes, les trois religions du Livre, le juda\u00efsme, le christianisme et l&rsquo;islam.\u00a0La figure f\u00e9d\u00e9ratrice d&rsquo;Abraham est explor\u00e9e dans ses diff\u00e9rentes dimensions, et chaque religion est interrog\u00e9e sur des th\u00e8mes sociaux tels que la violence, l&rsquo;argent, la figure f\u00e9minine, la sexualit\u00e9 et l&rsquo;humour.<\/p>\n<ol start=\"8\">\n<li>Heyberger, Bernard.\u00a0\u00a0\u00bb Pratiques religieuses et lieux de culte partag\u00e9s entre islam et christianisme (auteur de la M\u00e9diterran\u00e9e)\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Archives de sciences sociales de religion,<\/em>149,\u00a0janvier-mars 2010 : Varia, pp. 273-283.\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/21994\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/assr\/21994<\/a><\/li>\n<li>Albera, Diongi.\u00a0<em>Religions Travers\u00e9es \u2013 Lieux Saints Partag\u00e9s Entre Chr\u00e9tiens, Musulmans Et Juifs En M\u00e9diterran\u00e9e \u2013<\/em>.\u00a0Arles : Actes Sud\/MMSH, 2009.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Cet ouvrage r\u00e9v\u00e8le un ph\u00e9nom\u00e8ne religieux tr\u00e8s pr\u00e9sent en M\u00e9diterran\u00e9e et pourtant encore m\u00e9connu : la fr\u00e9quentation des m\u00eames sanctuaires par des fid\u00e8les appartenant \u00e0 des groupes confessionnels diff\u00e9rents.\u00a0La mixit\u00e9 des cultes, aberration de tout int\u00e9grisme, est un ph\u00e9nom\u00e8ne traditionnel, notamment dans les r\u00e9gions orientales du Bassin, o\u00f9 les populations ont su s&rsquo;adapter \u00e0 une vie politique et religieuse instable depuis de nombreux si\u00e8cles.\u00a0Loin d&rsquo;\u00eatre des entit\u00e9s monolithiques, les religions apparaissent comme \u00ab crois\u00e9es \u00bb.\u00a0Ce livre en est une illustration frappante.<\/p>\n<ol start=\"10\">\n<li>Bilu, Yoram.\u00a0\u2018\u2019Reconfigurer le sacr\u00e9 : le culte des saints juifs marocains en Isra\u00ebl\u2019\u2019,\u00a0\u00a0<em>Archives Juives<\/em>, vol.\u00a038, non.\u00a02, 2005, pp. 103-123.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-archives-juives1-2005-2-page-103.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-archives-juives1-2005-2-page-103.htm<\/a><\/li>\n<li>Chtatou, Mohamed.\u00a0\u2018\u2019The Golden Age of Judaism in Al-Andalus (I)\u2019\u2019,\u00a0<em>Eurasia Review,<\/em>23 novembre 2021.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/23112021-the-golden-age-of-judaism-in-al-andalus-part-i-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/23112021-the-golden-age-of-judaism-in-al-andalus- partie-i-analyse\/<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Chtatou, Mohamed.\u00a0\u2018\u2019The Golden Age of Judaism in Al-Andalus (II)\u2019\u2019,\u00a0<em>Eurasia Review,<\/em>\u00a024 novembre 2021.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/24112021-the-golden-age-of-judaism-in-al-andalus-part-ii-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/24112021-the-golden-age-of-judaism-in-al-andalus- partie-ii-analyse\/<\/a><\/p>\n<ol start=\"12\">\n<li>Stillman, Norman A.\u00a0<em> The Jews of Arab Lands: A History and Source Book<\/em>.\u00a0Philadelphia: The Jewish Publication Society of America, 1979.<\/li>\n<li>Zafrani, Ha\u00efm.\u00a0\u00a0<em>Mille ans de vie juive au Maroc<\/em>.\u00a0Paris : Maisonneuve et Larose, 1983, p.15.<\/li>\n<li>Albera, Dionigi.\u00a0\u2018\u2019La Mixit\u00e9 Religieuse Dans Les P\u00e8lerinages.\u00a0Esquisse d&rsquo;une R\u00e9flexion Comparative\u2019\u2019,\u00a0<em>Archives de Sciences Sociales des Religions<\/em>, vol.\u00a056, no.\u00a0155, 2011, pp. 109-29.\u00a0<em>JSTOR<\/em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/41239678\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41239678<\/a><\/li>\n<li>Rouxel, Mathilde.\u00a0\u00a0\u00bb Les lieux saints partag\u00e9s \u00a0\u00bb,\u00a0<em>Les Cl\u00e9s du Moyen-Orient,<\/em>29 septembre 2015.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/Les-lieux-saints-partages.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/Les-lieux-saints-partages.html<\/a><\/li>\n<li>Daoud, Zakya.\u00a0\u00a0\u00bbCulte des Saints et P\u00e9l\u00e9rinages Jud\u00e9o-mulsulmans au Maroc.\u00a0Juda\u00efsme en terre d&rsquo;islam\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Le Monde diplomatique,<\/em>juillet 1991.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/1991\/07\/DAOUD\/43643\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/1991\/07\/DAOUD\/43643<\/a><\/li>\n<li>17<strong><em>. <\/em><\/strong><strong><em>Shirk<\/em><\/strong>(arabe : \u0634\u0650\u0631\u0652\u0643 action d&rsquo;associer, d&rsquo;o\u00f9 associationnisme), est un mot qui, dans l&rsquo;Islam, d\u00e9signe le fait de s&rsquo;associer \u00e0 Allah, le seul Dieu, \u00e0 d&rsquo;autres dieux ou \u00e0 d&rsquo;autres puissances ou divinit\u00e9s, leur conf\u00e9rant ainsi le culte qui leur est d\u00fb \u00e0 Allah seul.\u00a0Ce mot est g\u00e9n\u00e9ralement rendu en anglais par les termes \u00ab idolatry \u00bb, \u00ab polytheism \u00bb ou \u00ab associationism \u00bb.\u00a0Ceux qui associent des dieux au Cr\u00e9ateur sont appel\u00e9s<strong><em>mushrik\u00fbn<\/em><\/strong>\u00a0(\u0645\u0634\u0631\u0643\u0648\u0646), ou associ\u00e9s (singulier : mushrik).\u00a0Cette action est le seul p\u00e9ch\u00e9 qui, s&rsquo;il n&rsquo;est pas suivi d&rsquo;un repentir terrestre, est impardonnable aux yeux d&rsquo;Allah.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Cf.\u00a0Surty, Muhammad Ibrahim Hafiz Ismail.\u00a0<em>The Qur\u2019\u00e2n and Al-Shirk (Polytheism).\u00a0<\/em>Londres\u00a0: Ta-Ha Publishers Ltd., 1990.<\/p>\n<ol start=\"18\">\n<li>Doutt\u00e9, Edmond\u00a0(1867-1926).\u00a0<em>Magie et religion dans l&rsquo;Afrique du Nord<\/em>.\u00a0Alger : A. Jourdan, 1909. Paris : Hachette, 2017.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><a href=\"http:\/\/www.berberemultimedia.fr\/bibliotheque\/ouvrages_2005\/Doutt%25C3%259A_Magie.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.berberemultimedia.fr\/bibliotheque\/ouvrages_2005\/Doutt%C3%9A_Magie.pdf<\/a><\/p>\n<ol start=\"19\">\n<li>Westermark, Edouard.\u00a0<em>Ritual and Beleif in Morocco<\/em>(two volumes)<em>.\u00a0<\/em>London: Macmillan and Co., 1929.<\/li>\n<li>La Libert\u00e9, Micheline.\u00a0\u00a0\u00bbReligion populaire et superstition au Moyen \u00c2ge\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Erudit<\/em>, Volume 8, num\u00e9ro 1, printemps 2000, pp. 19-36.\u00a0<a href=\"http:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/005012ar\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/005012ar<\/a>21.<\/li>\n<li>Hall, Stuart.\u00a0\u2018\u2019Popular culture, politics and history\u2019\u2019,\u00a0\u00a0<em>Cultural Studies<\/em>, 32:6, 2018, pp. 929-952, DOI:\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/09502386.2018.1521623\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">10.1080\/09502386.2018.1521623<\/a><\/li>\n<li>Berdugo, Arlette.\u00a0<em>Juives et juifs dans le Maroc contemporain : Images d&rsquo;un devenir<\/em>.\u00a0Paris : Geuthner, 2003.<\/li>\n<li>Majdi, Hassan.\u00a0\u00ab Le culte des saints et les p\u00e8lerinages des juifs au Maroc\u2019\u2019,\u00a0<em>Biblioth\u00e8que num\u00e9rique Paris 8<\/em>, 2009.\u00a0<a href=\"https:\/\/octaviana.fr\/document\/18550650X\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/octaviana.fr\/document\/18550650X<\/a>.<\/li>\n<li>Dakhama, Hicham.\u00a0\u2018\u2019La pr\u00e9sentation de soi au p\u00e8lerinage de Rabbi Yahya Lakhdar (Maroc)\u2019\u2019.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Chiffoleau, Sylvia &amp; Anna Mad\u0153uf.\u00a0<em>Les p\u00e8lerinages au Maghreb et au Moyen-Orient : Espaces publics, espaces du public.\u00a0<\/em>\u00a0Damas : Presses de l&rsquo;Ifpo, 2005, pp. 39-58.\u00a0<a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/ifpo\/1191?lang=fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/books.openedition.org\/ifpo\/1191?lang=fr<\/a><\/p>\n<ol start=\"25\">\n<li>Ben-Ami, Issachar.\u00a0<em>Culte des saints et p\u00e8lerinages jud\u00e9o-musulman au Maroc<\/em>.\u00a0Paris : Maisonneuve &amp; Larose, 1990, p.\u00a0116.<\/li>\n<li>Ibid.<\/li>\n<li>Ibid., p.\u00a0112.<\/li>\n<li>Majdi, Hassan.\u00a0\u2018\u2019Le culte des saints et les p\u00e8lerinages des juifs au Maroc\u2019\u2019, op.\u00a0cit.<\/li>\n<li>Ben-Ami, Issachar.\u00a0<em>Culte des saints et p\u00e8lerinages jud\u00e9o-musulman au Maroc<\/em>, op. cit.<\/li>\n<li><em>Hiloula<\/em>\u00a0(jud\u00e9o-aram\u00e9en \u05d4\u05d9\u05dc\u05d5\u05dc\u05d0, un nom f\u00e9minin form\u00e9 \u00e0 partir de la racine \u05d4\u05dc\u05dc, HLL, dont le sens premier est \u00ab\u00a0crier de joie et de peur\u00a0\u00bb) est une coutume juive de visiter les tombes des\u00a0<em>tzaddikim<\/em>\u00a0(c&rsquo;est-\u00e0-dire les justes) le l&rsquo;anniversaire de leur mort, et comm\u00e9morant leur mort par une c\u00e9r\u00e9monie festive au cours de laquelle les p\u00e8lerins lisent des psaumes et d&rsquo;autres textes sacr\u00e9s ou consid\u00e9r\u00e9s comme sacr\u00e9s (comme le Zohar).\u00a0La\u00a0<em>Hiloula<\/em>\u00a0ressemble beaucoup aux p\u00e8lerinages sur les tombes des saints musulmans et chr\u00e9tiens.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Cf.\u00a0K\u00f6hler, Ludwig.\u00a0<em>The Hebrew and Aramaic lexicon of the Old Testament<\/em>.\u00a0New York;\u00a0Londron\u00a0: Leiden, 1994.<\/p>\n<ol start=\"31\">\n<li>Le terme\u00a0<em>Hiloula<\/em>est un mot aram\u00e9en signifiant \u00ab mariage \u00bb.\u00a0C&rsquo;est la c\u00e9l\u00e9bration du mariage du Saint avec la Torah.\u00a0L&rsquo;origine de la\u00a0<em>Hiloula <\/em>remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&#8217;empereur Hadrien, en l&rsquo;an 120 apr\u00e8s JC. Par d\u00e9cret, ce dirigeant \u00e0 la poigne de fer interdit \u00e0 tous les Juifs vivant dans l&rsquo;Empire romain, sous peine de mort, la pratique des lois juives, le repos du sabbat, la circoncision, la puret\u00e9 familiale, l&rsquo;\u00e9tude juive et le p\u00e8lerinage \u00e0 J\u00e9rusalem. Rabbi Shimon Bar Yohai, disciple de Rabbi Akiva Ben Youssef et coll\u00e8gue de Rabbi Meir Baal Haness, s&rsquo;indigna de l&rsquo;adoption de ces mesures abjectes et discriminatoires, et se rendit \u00e0 Rome en compagnie de Rabbi Eliezer et Rabbi Yossi pour demander l&rsquo;annulation des d\u00e9crets promulgu\u00e9s par l&#8217;empereur Hadrien. En l&rsquo;an 148, Rebbi Shimon Bar Yohai fut condamn\u00e9 \u00e0 mort par contumace par Rome pour avoir critiqu\u00e9 ces injonctions imp\u00e9riales romaines. Il fut contraint \u00e0 l&rsquo;exil avec son fils Eliezer dans la grotte de Pkiin en Galil\u00e9e.<\/li>\n<li>Le mot h\u00e9breu <em>tzadik<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>tzaddik<\/em>\u00a0(\u05e6\u05d3\u05d9\u05e7) signifie litt\u00e9ralement un homme juste.\u00a0Ce terme vient de la racine \u05e6\u05d3\u05e7, qui signifie \u00ab justice \u00bb.\u00a0Le mot arabe\u00a0<em>s\u00e2diq<\/em>\u00a0(\u0635\u0627\u062f\u0642) a le m\u00eame sens.\u00a0Dans l&rsquo;absolu, le\u00a0<em>tsaddik<\/em>\u00a0parfait ne p\u00e8che jamais, ni en action, ni en parole, ni m\u00eame en pens\u00e9e3.\u00a0Le Livre des Proverbes dit : \u00ab Le\u00a0<em>tsadik<\/em>\u00a0est le fondement (oui-\u00a0<em>sod<\/em>) du monde.\u00a0\u00bb Dans le\u00a0<em>Tanakh<\/em>, le mot\u00a0<em>tzadik<\/em>\u00a0appara\u00eet notamment dans Gen\u00e8se 18\u00a0:25, quand Abraham tente de sauver les justes de Sodome et Gomorrhe.\u00a0Il est \u00e9galement utilis\u00e9 comme titre pour un\u00a0<em>rebbe<\/em>, ou ma\u00eetre spirituel, dans le hassidisme.\u00a0Cette notion est alors associ\u00e9e \u00e0 celle de miracle, les rabbins \u00ab charismatiques \u00bb poss\u00e9dant des pouvoirs surnaturels.\u00a0La Kabbale attribue \u00e9galement des pouvoirs divins au\u00a0<em>tsaddik<\/em>, notamment le pouvoir de servir de m\u00e9diateur entre Dieu et le peuple juif.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Cf.\u00a0Buber, Martin.\u00a0<em>Les R\u00e9cits hassidiques<\/em>.\u00a0Monaco : \u00c9ditions du Rocher, 1985, coll.\u00a0\u00ab Gnose \u00bb,<\/p>\n<ol start=\"33\">\n<li>Goulmima est le centre administratif et commercial de la vall\u00e9e du Ghris.\u00a0Elle est situ\u00e9e \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;ouest de la ville d&rsquo;Errachidia, chef-lieu de province et \u00e0 environ deux cent cinquante kilom\u00e8tres au sud-est de Ouarzazate.\u00a0Le ksar d&rsquo;Igoulmimen, lieu du carnaval, abrite l&rsquo;un des plus anciens mellahs de la r\u00e9gion du Tafilalet, r\u00e9gion qui fut un centre important de la vie juive.<\/li>\n<li>Levy, Andr\u00e9, &amp; Antonela Capelle-Pogacean.\u00a0\u2018\u2019P\u00e9lerins-Voyageurs En Patrie Diasporique : Les Retours Des Juifs Au Maroc\u2019\u2019,\u00a0<em>Critique Internationale<\/em>, n\u00b0.\u00a047, 2010, pp. 61\u201376.\u00a0<em>JSTOR<\/em>,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/24565663\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><u>http:\/\/www.jstor.org\/stable\/24565663<\/u>\u00a0<\/a><\/li>\n<li>Bitton, Simone.\u00a0\u00a0\u00bbZiyara\u00a0\u00bb, film documentaire, France, 1er d\u00e9cembre 2021.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x85j0si\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x85j0si<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.lopinion.ma\/Interview-avec-Simone-Bitton-Les-gardiens-musulmans-de-ma-memoire-juive-sont-les-heros-de-mon-film_a21044.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lopinion.ma\/Interview-avec-Simone-Bitton-Les-gardiens-musulmans-de-ma-memoire-juive-sont-les-heros-de-mon-film_a21044.html<\/a><\/li>\n<li>Sterne, Jean.\u00a0\u00a0\u00bbAu nom de tous les saints du Maroc\u00a0\u00bb, <em>Orient XXI<\/em>, 3 d\u00e9cembre 2021.\u00a0<a href=\"https:\/\/orientxxi.info\/lu-vu-entendu\/au-nom-de-tous-les-saints-du-maroc,5211\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/orientxxi.info\/lu-vu-entendu\/au-nom-de-tous-les-saints-du-maroc ,5211<\/a><\/li>\n<li>Idem<\/li>\n<li>Benmakhlouf, Mehdi.\u00a0\u00a0\u00bb\u2019\u2019House of One\u2019\u2019 : un lieu de culte partag\u00e9 entre chr\u00e9tiens, juifs et musulmans \u00e0 Berlin\u00a0\u00bb,\u00a0<em>National Geographic,<\/em>3 mars 2021.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nationalgeographic.fr\/histoire\/religions-la-house-of-one-un-lieu-de-culte-partage-entre-chretiens-juifs-et-musulmans-a\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.nationalgeographic.fr\/histoire\/religions-la-house- d&rsquo;un-un-lieu-de-culte-partage-entre-chretiens-juifs-et-musulmans-a<\/a><\/li>\n<li>De Voragine, Jacobus (vers 1228-1298). <em>Legenda aurea<\/em>, first volume, in the French translation of Jean de Vignay (c.1285-c.1350), illuminated manuscript on vellum.\u00a0<a href=\"https:\/\/brittlebooks.library.illinois.edu\/brittlebooks_open\/Books2008-04\/voraja0001golleg\/voraja0001golleg.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/brittlebooks.library.illinois.edu\/brittlebooks_open\/Books2008-04\/voraja0001golleg\/voraja0001golleg.pdf<\/a><\/li>\n<li>Dakhama, Hicham. \u2018\u2019La pr\u00e9sentation de soi au p\u00e8lerinage de Rabbi Yahya Lakhdar (Maroc)\u2019\u2019, op. cit<\/li>\n<li>Chtatou, Mohamed.\u00a0\u2018\u2019Sefrou: Moroccan City of Religious Symbiosis Between Islam and Judaism\u2019\u2019,\u00a0<em>Eurasia Review,<\/em>8 mars 2020.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/28032020-sefrou-moroccan-city-of-religious-symbiosis-between-islam-and-judaism-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/28032020-sefrou-moroccan-city-of-religious-symbiosis-between- analyse-islam-et-juda\u00efsme\/<\/a><\/li>\n<li><strong>Toshavim<\/strong>(\u00a0h\u00e9breu\u00a0: \u05ea\u05d5\u05e9\u05d1\u05d9\u05dd, \u00ab\u00a0r\u00e9sidents\u00a0\u00bb) est une r\u00e9f\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rique aux\u00a0Juifs non\u00a0s\u00e9farades\u00a0\u00a0\u00a0qui habitaient les terres dans lesquelles les\u00a0\u00a0Juifs expuls\u00e9s d&rsquo;Espagne au XVe si\u00e8cle\u00a0\u00a0se sont install\u00e9s (\u00ab\u00a0Megorashim\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0expuls\u00e9s\u00a0\u00bb).\u00a0Les Juifs indig\u00e8nes de la r\u00e9gion de\u00a0\u00a0l&rsquo;Afrique du Nord\u00a0\u00a0connue sous le nom de\u00a0\u00a0Maghreb\u00a0\u00a0sont \u00e9galement appel\u00e9s\u00a0\u00a0<em>Maghrebim<\/em>\u00a0\u00a0(\u00a0Juifs maghr\u00e9bins\u00a0).\u00a0En particulier, le terme \u00ab Toshavim \u00bb a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 aux\u00a0\u00a0juifs indig\u00e8nes du Maroc.\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Toshavim\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Toshavim<\/a>\u00a0.<\/li>\n<li><strong>Megorashim<\/strong>(\u00a0h\u00e9breu\u00a0: \u05de\u05d2\u05d5\u05e8\u05e9\u05d9\u05dd \u00ab\u00a0expuls\u00e9\u00a0\u00bb) est un terme utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les\u00a0\u00a0Juifs\u00a0\u00a0de la\u00a0\u00a0p\u00e9ninsule ib\u00e9rique\u00a0\u00a0qui sont arriv\u00e9s en\u00a0\u00a0Afrique du Nord\u00a0\u00a0\u00e0 la suite des\u00a0\u00a0pers\u00e9cutions anti-juives de 1391\u00a0\u00a0et de l&rsquo;\u00a0\u00a0expulsion des Juifs d&rsquo;Espagne\u00a0\u00a0en 1492. Ces migrants \u00e9taient distinct des juifs nord-africains pr\u00e9existants appel\u00e9s\u00a0\u00a0Toshavim\u00a0.\u00a0Les Toshavim \u00e9taient pr\u00e9sents en Afrique du Nord depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, parlaient les langues locales (\u00a0arabe\u00a0\u00a0ou\u00a0\u00a0berb\u00e8re\u00a0) et avaient des traditions influenc\u00e9es par\u00a0\u00a0l&rsquo;islam maghr\u00e9bin..\u00a0Les Megorashim ont influenc\u00e9 le juda\u00efsme nord-africain, incorporant des traditions espagnoles.\u00a0Ils ont finalement fusionn\u00e9 avec les Toshavim, de sorte qu&rsquo;il est maintenant difficile de faire la distinction entre les deux groupes.\u00a0Les Juifs d&rsquo;Afrique du Nord sont souvent appel\u00e9s\u00a0\u00a0s\u00e9farades\u00a0, un terme qui met l&rsquo;accent sur leurs\u00a0 racines\u00a0ib\u00e9riques\u00a0\u00a0et leurs traditions ib\u00e9riques.\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Megorashim\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Megorashim<\/a><\/li>\n<li>Rosen, Lawrence.\u00a0\u201cMuslim-Jewish Relations in a Moroccan City\u201d,\u00a0<em>Revue internationale d&rsquo;\u00e9tudes sur le Moyen-Orient<\/em>, vol.\u00a03, no.\u00a04, 1972, pp. 435-49.\u00a0<em>JSTOR<\/em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/162491\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/162491<\/a><\/li>\n<li>Anglade, \u00c9ric.\u00a0\u2018\u2019The lost destiny of Jews from South East\u2019\u2019,\u00a0<em>Sud-Est Maroc,<\/em>24 d\u00e9cembre 2020.\u00a0<a href=\"https:\/\/sudestmaroc.com\/the-lost-destiny-of-jews-from-south-east-morocco\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>https:\/\/sudestmaroc.com\/le-destin-perdu-des-juifs-du-sud-est-maroc\/<\/em><\/a><\/li>\n<li>Hatchkar, Kamal.\u00a0Tinghir J\u00e9rusalem : Les \u00e9chos du Mellah.\u00a0Documentaire, 1h26min, 2013. Production : Films d&rsquo;un Jour, 2M et Berb\u00e8re T\u00e9l\u00e9vision.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=WsN0c84McBg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=WsN0c84McBg\u00a0<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bb Kamal Hachkar explore le Mellah, \u00e2g\u00e9 de 2000 ans, dans le village familial de Tinghir, au Maroc, et suit les traces de la population juive autrefois importante de la ville jusqu&rsquo;\u00e0 ses \u00e9migr\u00e9s et descendants en Isra\u00ebl.\u00a0Dans le film, il zigzague entre l&rsquo;ancien quartier juif de sa ville et Isra\u00ebl, o\u00f9 il rencontre des juifs s\u00e9pharades encore attach\u00e9s \u00e0 leur identit\u00e9 marocaine.\u00a0Pr\u00e9sente l&rsquo;histoire d&rsquo;une collaboration \u00e0 long terme entre juifs et musulmans qui a fini par s&rsquo;effondrer.\u00a0Alors que Hachkar essaie de comprendre exactement ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, il cherche simultan\u00e9ment une meilleure voie \u00e0 suivre.\u2019\u2019\u00a0<\/em><\/p>\n<ol start=\"48\">\n<li>Zafrani, Ha\u00efm.\u00a0<em>Deux mille ans de vie juive au Maroc<\/em>.\u00a0Op.\u00a0cit.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Le juda\u00efsme marocain entretient des liens \u00e9troits avec la pens\u00e9e juive universelle et ses diff\u00e9rents modes d&rsquo;expression, et entretient une relation particuli\u00e8re avec la litt\u00e9rature h\u00e9bra\u00efque classique et traditionnelle.\u00a0De plus, ce juda\u00efsme est aussi le produit du sol marocain o\u00f9 il vit depuis deux mill\u00e9naires.\u00a0Dans cet espace de convergence et de dialogue, s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e une personnalit\u00e9 jud\u00e9o-marocaine multipolaire complexe, dont la conscience et la m\u00e9moire se d\u00e9veloppent \u00e0 diff\u00e9rents niveaux : au niveau de l&rsquo;histoire, quand on regarde son destin et ses origines, les noms de lieux et de personnes ;\u00a0au niveau du paysage culturel, quand on interroge les multiples apports des civilisations h\u00e9bra\u00efque, arabe, berb\u00e8re et castillane, la production intellectuelle et la cr\u00e9ation litt\u00e9raire ;\u00a0au niveau de l&rsquo;imaginaire social,\u00a0marqu\u00e9s du sceau de la religion et du mysticisme qui, aux moments les plus solennels de l&rsquo;existence, sont tous deux associ\u00e9s dans le rituel pour donner aux c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 la fois leur dimension universelle et leur mesure locale.\u00a0Cette nouvelle \u00e9dition comprend des mises \u00e0 jour et une postface qui remplacent l&rsquo;\u00e9pilogue des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes et qui \u00e9clairent d&rsquo;un jour nouveau l&rsquo;histoire de cette communaut\u00e9 fragment\u00e9e, dont le souvenir r\u00e9sonne encore dans les \u00e2mes d\u00e9racin\u00e9es des \u00e9migr\u00e9s, dans leurs cris et leurs \u00e9crits, dans leur musique et des chants, dans leurs c\u00e9l\u00e9brations de f\u00eates familiales et religieuses, dans leurs p\u00e8lerinages.<\/p>\n<ol start=\"49\">\n<li>Assouline, David ;\u00a0Luc Decaster &amp; Mehdi Lallaoui.\u00a0Entre Paradis Perdu et Terre Promise. Paris : M\u00e9moires Vives Production [prod.], 1997.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aL6cMwB2YRU\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aL6cMwB2YRU<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Diffus\u00e9 en 1997 sur\u00a0<em>ARTE<\/em>\u00a0dans \u00a0\u00bbLes mercredis de l&rsquo;histoire,&rsquo; &lsquo; ce film raconte l&rsquo;histoire contemporaine des Juifs du Maroc \u00e0 travers l&rsquo;histoire de ceux de Sefrou, leur vie ancestrale avec les Berb\u00e8res et les Arabes, puis leur exode.\u00a0Ce film peut permettre aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de d\u00e9couvrir ou de mieux conna\u00eetre une histoire, qui m\u00e9rite autant v\u00e9rit\u00e9 et lucidit\u00e9 que nuance et bienveillance, si souvent occult\u00e9e ou falsifi\u00e9e par les propagateurs de la haine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les relations entre juifs et musulmans ont commenc\u00e9 au VIIe si\u00e8cle avec la naissance et l&rsquo;expansion de l&rsquo;islam dans la p\u00e9ninsule arabique.\u00a0Les deux religions partagent des valeurs, des principes et des r\u00e8gles similaires.\u00a0L&rsquo;islam int\u00e8gre \u00e9galement l&rsquo;histoire juive comme faisant partie de la sienne.\u00a0Le concept des enfants d&rsquo;Isra\u00ebl a une place importante dans l&rsquo;Islam.\u00a0(1) Mo\u00efse, le &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4880,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[10,13],"tags":[],"class_list":["post-4879","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-maroc","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/Sanctuaire-du-Rabbi-Amram-Ben-Diwan-situe-a-Asjen-petit-village-au-nord-ouest-dOuazzane.jpg?fit=635%2C478&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-1gH","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4879"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4886,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4879\/revisions\/4886"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}