{"id":5029,"date":"2023-03-16T13:37:40","date_gmt":"2023-03-16T12:37:40","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=5029"},"modified":"2023-03-16T13:37:40","modified_gmt":"2023-03-16T12:37:40","slug":"lafrique-et-les-defis-de-lunite-et-du-developpement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lafrique-et-les-defis-de-lunite-et-du-developpement\/","title":{"rendered":"L\u2019Afrique et les d\u00e9fis de l\u2019unit\u00e9 et du d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le renforcement de l&rsquo;unit\u00e9 africaine<\/strong><\/p>\n<p>Le renforcement de l&rsquo;unit\u00e9 africaine a longtemps \u00e9t\u00e9 un objectif recherch\u00e9 qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 atteint. Alors que la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une int\u00e9gration r\u00e9gionale et les raisons des \u00e9checs pass\u00e9s sont mieux comprises, de nouveaux efforts sont d\u00e9ploy\u00e9s pour renforcer les liens \u00e9conomiques et politiques entre les nombreux pays du continent.<\/p>\n<p>Les principaux d\u00e9fis \u00e0 relever pour parvenir \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration consistent \u00e0 d\u00e9velopper le commerce entre les pays africains, \u00e0 construire davantage de routes et d&rsquo;autres infrastructures, \u00e0 r\u00e9former les institutions r\u00e9gionales, \u00e0 accro\u00eetre la transparence et la participation publique et \u00e0 coordonner plus \u00e9troitement les initiatives des secteurs priv\u00e9 et public.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration pr\u00e9sente de nombreux avantages. L&rsquo;expansion des march\u00e9s r\u00e9gionaux offre aux producteurs et aux consommateurs africains davantage d&rsquo;opportunit\u00e9s, bien au-del\u00e0 des march\u00e9s parfois restreints de leur propre pays. L&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale a deux vertus :<\/p>\n<ul>\n<li>Elle peut r\u00e9duire les co\u00fbts de construction d&rsquo;infrastructures essentielles, telles que les transports, les communications, l&rsquo;\u00e9nergie, les syst\u00e8mes d&rsquo;approvisionnement en eau et la recherche scientifique et technologique, qu&rsquo;un pays ne peut souvent pas financer seul ; et<\/li>\n<li>Dans le m\u00eame temps, l&rsquo;int\u00e9gration facilite les investissements \u00e0 grande \u00e9chelle en rendant les \u00e9conomies africaines plus attractives et en r\u00e9duisant les risques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le d\u00e9sir d&rsquo;int\u00e9gration ne vient pas seulement du sommet. \u00c0 de nombreux niveaux de la soci\u00e9t\u00e9, les Africains s&rsquo;efforcent de tisser davantage de liens les uns avec les autres. Pour certains, ces relations existent d\u00e9j\u00e0. Pour d&rsquo;autres, ils doivent encore \u00eatre forg\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale du continent a \u00e9t\u00e9 le r\u00eave de nombreux dirigeants africains et a conduit \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;unit\u00e9 africaine (OUA) en 1963. Au fil des ans, de nombreuses autres institutions ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es dans diff\u00e9rentes parties de l&rsquo;Afrique. Mais dans l&rsquo;ensemble, ils ont peu fait pour accro\u00eetre le commerce ou d&rsquo;autres \u00e9changes entre les pays africains. Dans de nombreux cas, de nombreux pays continuent d&rsquo;avoir les relations les plus \u00e9tendues avec leurs anciennes puissances coloniales.<\/p>\n<p>Le bilan de l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique est jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent m\u00e9diocre, et de nombreuses alliances r\u00e9gionales se caract\u00e9risent par des initiatives non coordonn\u00e9es, des conflits politiques et peu de commerce intra-r\u00e9gional.<\/p>\n<p>Cependant, les analystes notent que certains des facteurs externes et internes qui ont entrav\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Afrique dans le pass\u00e9 se sont quelque peu att\u00e9nu\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et il y a donc lieu d&rsquo;\u00eatre prudent avec un optimisme.<\/p>\n<p>Les Africains ont \u00e9galement appris de l&rsquo;\u00e9chec de leurs initiatives pr\u00e9c\u00e9dentes. De nombreux d\u00e9fenseurs de l&rsquo;int\u00e9gration adoptent d\u00e9sormais une approche moins ambitieuse et plus pratique. Selon eux, l&rsquo;Afrique doit s&rsquo;unir non seulement pour renforcer sa pr\u00e9sence sur la sc\u00e8ne mondiale, mais aussi pour r\u00e9pondre aux besoins concrets de son peuple.<\/p>\n<p>Face aux obstacles aux efforts d&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique, les partisans d&rsquo;une plus grande unit\u00e9 ont identifi\u00e9 plusieurs conditions \u00e0 remplir :<\/p>\n<ul>\n<li>Une implication plus active des associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, des groupements professionnels, des gestionnaires et d&rsquo;autres secteurs dans tout programme d&rsquo;int\u00e9gration ;<\/li>\n<li>Atteindre un \u00e9quilibre entre les initiatives \u00e9conomiques des secteurs public et priv\u00e9 ;<\/li>\n<li>Concilier les int\u00e9r\u00eats parfois contradictoires de pays de tailles, de ressources naturelles et de performances \u00e9conomiques diff\u00e9rentes ;<\/li>\n<li>Proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration \u00e0 un rythme \u00e0 la fois ambitieux et r\u00e9aliste ; et<\/li>\n<li>Rationalisation des nombreuses institutions r\u00e9gionales africaines pour r\u00e9duire la duplication des efforts et l&rsquo;inefficacit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Int\u00e9gration<\/strong><\/p>\n<p>Les crises \u00e9conomiques qui ont frapp\u00e9 une grande partie de l&rsquo;Afrique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 ont sap\u00e9 les efforts d&rsquo;int\u00e9gration. Ils ont \u00e9galement fourni l&rsquo;occasion aux pays donateurs et aux institutions financi\u00e8res internationales telles que le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) d&rsquo;appeler \u00e0 une r\u00e9forme majeure de la politique \u00e9conomique. Les programmes d&rsquo;ajustement structurel que les pays africains ont alors adopt\u00e9s sous la pression ont conduit \u00e0 la privatisation de centaines d&rsquo;entreprises publiques, \u00e0 une lib\u00e9ralisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du commerce int\u00e9rieur et international et \u00e0 une contraction significative des secteurs publics africains.<\/p>\n<p>Comme dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du monde, l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale est principalement limit\u00e9e par la grande diversit\u00e9 des pays africains, qui diff\u00e8rent par leur taille, leurs ressources naturelles, leur niveau de d\u00e9veloppement et leurs liens avec les march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n<p>En 1880, la Conf\u00e9rence de Berlin autorise et l\u00e9gitime \u00ab\u00a0l&rsquo;assaut contre l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb, pour ne pas dire son viol, connu sous le nom de Scramble for Africa sous pr\u00e9texte d&rsquo;apporter \u00a0\u00bb la lumi\u00e8re de la civilisation aux sauvages d&rsquo;Afrique (sic)\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;\u00e9tait, en fait, rien d&rsquo;autre que de donner la permission aux puissances europ\u00e9ennes de tout voler et, ce faisant, de d\u00e9truire les cultures artisanales traditionnelles et de les remplacer par la civilisation extraterrestre europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, aussi bien l&rsquo;Occident : les USA et l&rsquo;Europe, que son homologue de l&rsquo;Est : la Chine et la Russie ont un regard avide sur l&rsquo;Afrique sous pr\u00e9texte d&rsquo;aider \u00e0 d\u00e9velopper l&rsquo;\u00e9conomie de cette partie du monde, mais, en r\u00e9alit\u00e9, ce n&rsquo;est qu\u2019une autre manifestation de la ru\u00e9e vers l&rsquo;Afrique. Ces puissances s&rsquo;int\u00e9ressent aux minerais et aux terres rares qui se trouvent dans ce continent.<\/p>\n<p>Oui, l&rsquo;Afrique est riche en terres rares et en min\u00e9raux tr\u00e8s recherch\u00e9s pour de nombreuses industries, notamment l&rsquo;\u00e9lectronique, les \u00e9nergies renouvelables et la d\u00e9fense. En cons\u00e9quence, de nombreuses grandes puissances, dont la Chine, les \u00c9tats-Unis et la Russie, souhaitent s\u00e9curiser l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ces ressources.<\/p>\n<p>Cependant, il est important de noter que si la pr\u00e9sence de ressources pr\u00e9cieuses peut \u00eatre une source d&rsquo;opportunit\u00e9s \u00e9conomiques, elle peut \u00e9galement conduire \u00e0 l&rsquo;exploitation, \u00e0 la corruption et \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 politique. Il est essentiel que les nations africaines aient la capacit\u00e9 de g\u00e9rer leurs ressources de mani\u00e8re durable et \u00e9quitable, de veiller \u00e0 ce que les b\u00e9n\u00e9fices de ces ressources soient partag\u00e9s par tous les citoyens et que leur extraction ne se fasse pas au d\u00e9triment de l&rsquo;environnement ou des droits de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Comment l&rsquo;Afrique peut-elle se d\u00e9velopper loin de la cupidit\u00e9 de certains pays d\u00e9velopp\u00e9s ? Il n&rsquo;y a pas de r\u00e9ponse facile \u00e0 cette question, car il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl\u00e8me complexe qui implique de nombreux facteurs diff\u00e9rents. Cependant, l&rsquo;Afrique peut prendre certaines mesures pour promouvoir le d\u00e9veloppement durable et r\u00e9duire l&rsquo;influence des pays d\u00e9velopp\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>Promouvoir la bonne gouvernance : Les nations africaines doivent s&rsquo;efforcer d&rsquo;\u00e9tablir des syst\u00e8mes de gouvernance transparents et responsables qui promeuvent l&rsquo;\u00e9tat de droit, prot\u00e8gent les droits de l&rsquo;homme et combattent la corruption.<\/li>\n<li>Investir dans l&rsquo;\u00e9ducation et le capital humain : D\u00e9velopper les comp\u00e9tences et les connaissances des Africains est crucial pour construire un avenir durable et prosp\u00e8re pour le continent. Investir dans l&rsquo;\u00e9ducation, les soins de sant\u00e9 et d&rsquo;autres services sociaux peut contribuer \u00e0 constituer une main-d&rsquo;\u0153uvre solide et en bonne sant\u00e9.<\/li>\n<li>Soutenir les industries locales : Les nations africaines peuvent promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique en investissant dans les industries locales, plut\u00f4t que de compter uniquement sur les exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res. Cela peut cr\u00e9er des emplois, g\u00e9n\u00e9rer des revenus et promouvoir une croissance durable.<\/li>\n<li>Favoriser l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale : les nations africaines peuvent travailler ensemble pour promouvoir l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale et r\u00e9duire la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des acteurs ext\u00e9rieurs. Cela peut impliquer l&rsquo;\u00e9laboration de politiques commerciales communes, l&rsquo;investissement dans les infrastructures r\u00e9gionales et la promotion de la coop\u00e9ration sur des questions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat mutuel.<\/li>\n<li>Encourager les investissements \u00e9trangers aux conditions africaines : Les nations africaines devraient s&rsquo;efforcer d&rsquo;attirer les investissements \u00e9trangers \u00e0 leurs propres conditions, en n\u00e9gociant des accords justes et \u00e9quitables qui profitent \u00e0 la fois \u00e0 l&rsquo;investisseur et au pays h\u00f4te. Cela peut contribuer \u00e0 promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l&rsquo;aide.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Compte tenu de ses ressources abondantes, de sa jeunesse ambitieuse, de sa soci\u00e9t\u00e9 dynamique et de son potentiel g\u00e9ostrat\u00e9gique, l&rsquo;Afrique doit parvenir \u00e0 la fois \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 et \u00e0 la pleine int\u00e9gration pour faire face \u00e0 l&rsquo;immense cupidit\u00e9 du monde d\u00e9velopp\u00e9 et d\u00e9fendre au mieux ses int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9clin de la France<\/strong><\/p>\n<p>Depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, la France a vu son importance \u00e9conomique avec l&rsquo;Afrique se r\u00e9duire fortement ; c&rsquo;est particuli\u00e8rement vrai pour l&rsquo;Afrique francophone, pourtant partenaire historique du capitalisme fran\u00e7ais.<br \/>\nEn vingt ans, la France a perdu pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de sa part de march\u00e9 en Afrique par rapport \u00e0 ses concurrents, passant de 12% \u00e0 7%. \u00ab Les exportations fran\u00e7aises ont doubl\u00e9 sur un march\u00e9 qui a quadrupl\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 une division par deux de notre part de march\u00e9 \u00bb, indique l&rsquo;ancien ministre Herv\u00e9 Gaymard dans un rapport rendu en 2019.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, on est loin de l&rsquo;image du domaine r\u00e9serv\u00e9, le d\u00e9clin fran\u00e7ais \u00e9tant encore plus marqu\u00e9 en Afrique francophone. Non seulement la France perd des parts de march\u00e9 au profit de l&rsquo;Inde et surtout de la Chine, mais elle a \u00e9galement perdu en 2017 son statut de premier fournisseur europ\u00e9en du continent africain, d\u00e9pass\u00e9 par l&rsquo;Allemagne. La part de march\u00e9 de la France en Afrique repr\u00e9sente 7,35% loin derri\u00e8re la Chine (27,75%), qui m\u00e8ne une guerre informationnelle cach\u00e9e contre la France. En effet, l&rsquo;une des causes de ce d\u00e9clin fran\u00e7ais est un facteur irrationnel qui continue de pr\u00e9senter la France, l&rsquo;ancienne puissance coloniale, comme \u00ab pillant \u00bb les richesses du continent (m\u00eame si les faits \u00e9conomiques contredisent en partie cette r\u00e9alit\u00e9).<\/p>\n<p>De Rabat \u00e0 Djibouti, en passant par Niamey, Ouagadougou, Dakar, Bamako, N&rsquo;Djamena, Yamoussoukro, Yaound\u00e9, Libreville, Bangui, Antananarivo, Tripoli, et en ajoutant, malgr\u00e9 toutes les fa\u00e7ades, Alger et Tunis, Paris perd son emprise sur une grande partie de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 2022 est l&rsquo;aboutissement de ce divorce, d\u00e9sormais consomm\u00e9, entre plusieurs pays africains, autrefois amis et partenaires de la France, qui a fait preuve d&rsquo;une grande f\u00e9brilit\u00e9 dans la gestion de ses relations bilat\u00e9rales, et continentales avec l&rsquo;Afrique. La v\u00e9rit\u00e9 est que l&rsquo;Afrique a chang\u00e9 de visage, a \u00e9volu\u00e9 et a d\u00e9cid\u00e9 depuis au moins une bonne d\u00e9cennie, maintenant, de prendre son destin en main et de rejeter toute forme de tutelle quelle qu&rsquo;en soit l&rsquo;origine.<\/p>\n<p>Un changement de paradigme si profond qu&rsquo;il a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acuit\u00e9 d\u00e9clinante d&rsquo;une diplomatie fran\u00e7aise d\u00e9mod\u00e9e et fuyante. Cela a donn\u00e9 corps \u00e0 des ruptures sans retour, comme c&rsquo;est le cas avec le Mali, et le Burkina Faso qui a renvoy\u00e9 l&rsquo;ambassadeur de France chez lui.<\/p>\n<p>Partout, de la mer Rouge \u00e0 l&rsquo;Atlantique en passant par la rive ouest de la M\u00e9diterran\u00e9e, la multiplication des panneaux affichent tous un message clair et sans ambigu\u00eft\u00e9 : \u2018\u2019France d\u00e9gage ! \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En cause, et sans ambigu\u00eft\u00e9, la politique agressive et inacceptable du pr\u00e9sident Emmanuel Macron, qui souffle le chaud et le froid, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une partie de cette Afrique qui aujourd&rsquo;hui a d&rsquo;autres ambitions, et qui voit l&rsquo;avenir de ses populations hors du viseur fran\u00e7ais, en concluant des partenariats avec d&rsquo;autres puissances, notamment la Chine, la Russie et le Maroc, qui, depuis 23 ans, ont fait de l&rsquo;Afrique une priorit\u00e9 nationale politique, sociale, culturelle et humaine.<\/p>\n<p>Cela se traduit par un simple rejet du modus operandi de la politique fran\u00e7aise avec ses \u00abpartenaires\u00bb africains, au point m\u00eame d&rsquo;irriter les plus fid\u00e8les et alli\u00e9s comme le S\u00e9n\u00e9gal, qui s&rsquo;aligne sur le Mali, sur le Burkina Faso, sur la Centrafrique R\u00e9publique, et est en accord avec le Cameroun, avec la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, avec le Niger, avec le Tchad, avec la Libye et m\u00eame avec un pays comme Djibouti, favori de Paris, qui r\u00e9clame lui aussi son ind\u00e9pendance. Dans le sillage des mouvements de contestation et de rejet qui se propagent d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;autre comme une tra\u00een\u00e9e contagieuse, assimil\u00e9e \u00e0 un r\u00e9veil, que beaucoup jugent tardif, puisque la France est depuis longtemps injuste dans ses relations avec ses anciennes colonies, et entend toujours dicter sa politique.<\/p>\n<p>Tout cela se m\u00eale \u00e0 des le\u00e7ons d\u00e9pass\u00e9es que les Africains ne veulent plus recevoir de personne, surtout d&rsquo;une France enlis\u00e9e dans des crises politiques et sociales sans fin, sans parler de la profonde et grave stagnation \u00e9conomique qui la pousse \u00e0 vouloir puiser dans l&rsquo;Afrique, un r\u00e9servoir qui a servi de vanne d&rsquo;urgence et de vache laiti\u00e8re pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle et demi.<\/p>\n<p>Ce rejet de la part des responsables politiques africains aujourd&rsquo;hui refl\u00e8te aussi l&rsquo;opinion des populations africaines qui refusent cat\u00e9goriquement l&rsquo;ing\u00e9rence de Paris dans leurs affaires int\u00e9rieures, se servant \u00e0 sa guise, donnant des le\u00e7ons \u00e0 tout bout de champ, intervenant militairement partout o\u00f9 elle le d\u00e9cide, et plongeant des pays entiers dans le chaos. Cela fait planer le spectre d&rsquo;une faillite \u00e0 la libyenne sur des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina, le Tchad et la R\u00e9publique centrafricaine, entre autres \u00e9tats fragilis\u00e9s par des d\u00e9cennies d&rsquo;exploitation par de grandes entreprises fran\u00e7aises qui font d&rsquo;\u00e9normes profits alors que les populations de ces les pays s&rsquo;appauvrissent chaque jour.<\/p>\n<p>Mati\u00e8res premi\u00e8res surexploit\u00e9es, terres rares convoit\u00e9es, ressources naturelles pill\u00e9es depuis de tr\u00e8s longues ann\u00e9es, sans oublier les millions d&rsquo;Africains soumis, maltrait\u00e9s, r\u00e9duits en esclavage par une France qui donne des le\u00e7ons sur les droits des humains \u00e0 \u00eatre \u00e9gaux, fr\u00e8res, et libres ! Sans parler du sort r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 tous les d\u00e9port\u00e9s, \u00e0 tous ceux qui se sont battus par la force pour lib\u00e9rer la France, et \u00e0 toutes les victimes des essais atomiques dans le d\u00e9sert du Sahel. Une tr\u00e8s longue liste d&rsquo;injustices commises par la France et inflig\u00e9es aux Africains qui ont assez endur\u00e9 et qui, aujourd&rsquo;hui, disent : \u00ab Assez ! \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Toute une jeunesse africaine dit aujourd&rsquo;hui \u00abNon\u00bb \u00e0 la France. Non au chantage au visa, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un billet d&rsquo;entr\u00e9e au paradis ! Non au bras de fer sur les march\u00e9s locaux et sur la part du lion r\u00e9serv\u00e9e aux entreprises fran\u00e7aises. Non \u00e0 la tutelle culturelle avec cette francophonie si d\u00e9pass\u00e9e qui para\u00eet de plus en plus fausse et trompeuse.<\/p>\n<p>Non \u00e0 la politique de la main tordue pour faire plier tous ceux qui veulent d\u00e9cider eux-m\u00eames de leur avenir et de leur d\u00e9veloppement. Non au double jeu. Non \u00e0 la duplicit\u00e9. Non aux b\u00e9n\u00e9fices de toute nature. Non aux privil\u00e8ges. Non \u00e0 l&rsquo;exploitation. Non \u00e0 la discrimination.<\/p>\n<p>Non au racisme et \u00e0 la x\u00e9nophobie, deux fl\u00e9aux qui prennent aujourd&rsquo;hui une dimension tr\u00e8s pr\u00e9occupante dans une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 la fois divis\u00e9e et fragilis\u00e9e.<\/p>\n<p>Plus remarquable encore est le fait que le d\u00e9clin de la France s&rsquo;observe d&rsquo;abord dans les pays francophones. Les principaux partenaires commerciaux de la France en Afrique sont d\u00e9sormais le Maroc, l&rsquo;Alg\u00e9rie et la Tunisie, suivis du Nigeria et de l&rsquo;Afrique du Sud. Les anciens pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest ne repr\u00e9sentent plus que 1 % de la part de march\u00e9 de la France.<\/p>\n<p>Il faut dire que le sentiment anti-fran\u00e7ais n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi fort. Parti du Mali, il s&rsquo;est \u00e9tendu \u00e0 la R\u00e9publique centrafricaine et au Burkina Faso, o\u00f9 des leaders d&rsquo;opinion accusent l&rsquo;ancienne puissance coloniale de vouloir profiter de leurs ressources.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9ocolonialisme<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;usage du terme n\u00e9ocolonialisme s&rsquo;est d&rsquo;abord g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, notamment en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Afrique, peu de temps apr\u00e8s le processus de d\u00e9colonisation qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui est intervenue apr\u00e8s la lutte de plusieurs mouvements d&rsquo;ind\u00e9pendance nationale dans les colonies.<\/p>\n<p>Le colonialisme est une politique d&rsquo;occupation et d&rsquo;exploitation \u00e9conomique, politique ou sociale d&rsquo;un territoire par un \u00e9tat \u00e9tranger. Le n\u00e9o-colonialisme fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une situation de d\u00e9pendance d&rsquo;un \u00e9tat vis-\u00e0-vis d&rsquo;un autre.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance n&rsquo;est pas officielle, comme c&rsquo;est le cas entre une colonie et une m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>L&rsquo;exploitation brutale des populations ainsi que l&rsquo;appropriation des ressources du continent par les pays du Nord sont en cause. C&rsquo;est ce qui justifie qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, que la France et d&rsquo;autres pays occidentaux mettent en place des actions, notamment en aidant le d\u00e9veloppement que la colonisation avait frein\u00e9.<\/p>\n<p>Le n\u00e9ocolonialisme en Afrique fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la domination indirecte et continue des pays africains par d&rsquo;anciennes puissances coloniales ou par d&rsquo;autres puissances ext\u00e9rieures, par des moyens \u00e9conomiques, politiques et culturels. Certains aspects du n\u00e9o-colonialisme en Afrique comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li>Exploitation \u00e9conomique : Les pays africains sont souvent contraints de d\u00e9pendre des exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res, tout en important des produits manufactur\u00e9s \u00e0 des prix plus \u00e9lev\u00e9s, ce qui conduit \u00e0 une relation \u00e9conomique unilat\u00e9rale.<\/li>\n<li>Ing\u00e9rence politique : Les puissances ext\u00e9rieures interf\u00e8rent souvent dans les affaires politiques des pays africains, soutenant les dirigeants favorables \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats et s&rsquo;opposant \u00e0 ceux qui ne le sont pas.<\/li>\n<li>Domination culturelle : L&rsquo;influence culturelle des anciennes puissances coloniales se fait encore sentir en Afrique, car les valeurs et les normes culturelles occidentales sont souvent consid\u00e9r\u00e9es comme sup\u00e9rieures aux valeurs africaines traditionnelles.<\/li>\n<li>D\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;endettement : De nombreux pays africains sont accabl\u00e9s par la dette, qui provient souvent de pr\u00eats accord\u00e9s par des puissances ext\u00e9rieures. Ces dettes peuvent conduire \u00e0 la d\u00e9pendance et compromettre leur souverainet\u00e9.<\/li>\n<li>Accaparement des terres et des ressources: Des puissances ou des soci\u00e9t\u00e9s externes acqui\u00e8rent souvent de grandes quantit\u00e9s de terres ou de ressources dans les pays africains, d\u00e9pla\u00e7ant souvent les populations locales et entra\u00eenant une d\u00e9gradation de l&rsquo;environnement.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9sence russe en Afrique<\/strong><\/p>\n<p>La \u00ab nouvelle \u00bb pr\u00e9sence russe en Afrique, apr\u00e8s un d\u00e9sengagement de pr\u00e8s de 30 ans, \u00e9volue rapidement et peut brouiller plusieurs cartes tant qu&rsquo;elle s&rsquo;affirme comme un contrepoids aux ambitions chinoises et au n\u00e9ocolonialisme occidental.<\/p>\n<p>Un peu comme un chat sorti du sac, le sommet Russie-Afrique d&rsquo;octobre 2019, o\u00f9 Poutine a r\u00e9uni une trentaine de chefs d&rsquo;\u00e9tats africains \u00e0 Sotchi, a frapp\u00e9 l&rsquo;opinion m\u00e9diatique, n\u00e9gligeant les racines sovi\u00e9tiques de cet int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;absence d&rsquo;une logique id\u00e9ologique globale comme au temps de l&rsquo;URSS, la Russie de Poutine peut tirer parti de cet h\u00e9ritage et y apporter une approche pragmatique.<\/p>\n<p>Le r\u00e9engagement de la Russie en Afrique a commenc\u00e9 avec les visites du pr\u00e9sident Poutine en Afrique du Sud et au Maroc en 2006, suivies des visites de son successeur par int\u00e9rim Medvedev en \u00c9gypte, en Angola, en Namibie et au Nigeria en 2008, dans les deux cas accompagn\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gations d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires pour finaliser accords priv\u00e9s. Cela n&rsquo;est pas pass\u00e9 inaper\u00e7u aupr\u00e8s des analystes occidentaux de la politique russe, qui ont rapidement d\u00e9cel\u00e9 une volont\u00e9 de marquer des points \u00e9conomiques et symboliques. Poutine a donn\u00e9 le ton : \u00ab La Russie constate sans jalousie que d&rsquo;autres pays ont nou\u00e9 des liens en Afrique, mais elle entend d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats sur le continent \u00bb. Cependant, dans le m\u00eame temps, une autre strat\u00e9gie \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre au niveau de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p>En 2006, le pr\u00e9sident Poutine a annul\u00e9 la dette de l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien (d&rsquo;environ 4,5 milliards de dollars) en \u00e9change de contrats d&rsquo;armement lucratifs. Une strat\u00e9gie similaire a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre dans la Libye du colonel Kadhafi : contrats ferroviaires et gaziers avec Gazprom en \u00e9change de l&rsquo;annulation des dettes libyennes.<\/p>\n<p>La chute du dictateur a quelque peu contrecarr\u00e9 les plans, mais la Russie a tent\u00e9 de rester influente, notamment aupr\u00e8s du commandant Haftar et des contrats obtenus par la firme de s\u00e9curit\u00e9 russe Wagner. En \u00c9gypte, ancienne coqueluche de la coop\u00e9ration sovi\u00e9tique sous l&rsquo;\u00e8re Nasser, il y aura des contrats de vente d&rsquo;armes (plus de 3,5 milliards de dollars) avec le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Al-Sissi, doubl\u00e9s d&rsquo;un accord entre l&rsquo;agence russe pour l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire Rosatom et le gouvernement \u00e9gyptien pour la construction d&rsquo;une centrale \u00e9lectrique dans la r\u00e9gion de Dabaa,<\/p>\n<p>Cette approche du donnant-donnant semble avoir peu de contenu id\u00e9ologique mais n&rsquo;est certainement pas sans vision strat\u00e9gique dans la mesure o\u00f9 les liens avec le r\u00e9gime d&rsquo;Al-Sissi contribuent \u00e0 maintenir une pr\u00e9sence avec Haftar dans l&rsquo;est de la Libye et \u00e0 r\u00e9affirmer les int\u00e9r\u00eats russes m\u00e9pris\u00e9s apr\u00e8s la chute de Kadhafi. Rappelons que l&rsquo;annulation de la dette africaine \u00e9tait une politique mise en avant par le G8, dont la Russie \u00e9tait alors membre, mais que le r\u00e9gime de Poutine a appliqu\u00e9 \u00e0 des partenaires pr\u00e9cis en \u00e9change d&rsquo;avantages concrets.<\/p>\n<p>Au cours de la p\u00e9riode 2009-2018, les exportations russes vers l&rsquo;Afrique ont totalis\u00e9 pr\u00e8s de 100 milliards de dollars. Cependant, 80% de ces \u00e9changes \u00e9taient concentr\u00e9s dans 7 pays : \u00c9gypte, Alg\u00e9rie, Maroc, Tunisie, Nig\u00e9ria, Soudan et Afrique du Sud. Comme la plupart d&rsquo;entre eux sont des partenaires de longue date, les deux tiers de ces \u00e9changes ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers deux pays en particulier : l&rsquo;Alg\u00e9rie (25,8 milliards de dollars) et l&rsquo;\u00c9gypte (37,5 milliards de dollars). En 2019, la majorit\u00e9 de tous les produits export\u00e9s par la Russie vers les pays africains pouvaient \u00eatre regroup\u00e9s en cinq cat\u00e9gories : armes, c\u00e9r\u00e9ales, produits p\u00e9troliers, m\u00e9taux ferreux et construction navale.<\/p>\n<p>La pr\u00e9pond\u00e9rance des int\u00e9r\u00eats sovi\u00e9tiques en Afrique du Nord est plus qu&rsquo;\u00e9vidente. En revanche, avec des pays en reprise \u00e9conomique comme l&rsquo;\u00c9thiopie, la RDC et l&rsquo;Angola, les \u00e9changes ne s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent qu&rsquo;\u00e0 des dizaines de millions de dollars par an. La Russie vise \u00e9galement l&rsquo;extraction de bauxite en Guin\u00e9e, l&rsquo;extraction de platine au Zimbabwe et l&rsquo;extraction de diamants en Angola. La cr\u00e9ation d&rsquo;une zone industrielle russe en \u00c9gypte pourrait non seulement assurer la pr\u00e9pond\u00e9rance des firmes russes sur le march\u00e9 \u00e9gyptien mais leur permettrait \u00e9galement de se tailler une place de choix dans l&rsquo;espace \u00e9conomique subsaharien.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue comparatif, les \u00e9changes entre la F\u00e9d\u00e9ration de Russie et les pays africains restent modestes, la Russie \u00e9tant le 6\u00e8me partenaire commercial de l&rsquo;Afrique, apr\u00e8s la Turquie, et loin derri\u00e8re la Chine. Mais Moscou progresse rapidement : 17,2 % de hausse entre 2017 et 2018. Egalement en croissance rapide, les investissements russes sont pass\u00e9s \u00e0 5 milliards en 2018, mais repr\u00e9sentent tr\u00e8s peu par rapport aux investissements chinois estim\u00e9s \u00e0 130 milliards par an.<\/p>\n<p>Symbole de la nouvelle \u00e8re du capitalisme russe, les activit\u00e9s \u00e9conomiques en Afrique sont men\u00e9es par une combinaison d&rsquo;acteurs priv\u00e9s et de grandes entreprises publiques. Le g\u00e9ant Gazprom signe la plupart des contrats de coop\u00e9ration dans le secteur p\u00e9trolier et gazier et veut, par exemple, connecter les ressources gazi\u00e8res du Nigeria \u00e0 l&rsquo;Europe, tandis que Rosneft est principalement actif en Afrique du Nord et Lukoil au Nigeria et au Ghana. L&rsquo;agence \u00e9tatique Rosatom a des projets de coop\u00e9ration nucl\u00e9aire avec l&rsquo;Egypte, l&rsquo;Alg\u00e9rie, le Nigeria et la Zambie.<\/p>\n<p>Si la Russie a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une partie des liens tiss\u00e9s durant l&rsquo;\u00e8re sovi\u00e9tique, le retard engendr\u00e9 par son d\u00e9sengagement, l&rsquo;agressivit\u00e9 de l&rsquo;offensive chinoise et le contexte de sanctions internationales font que le g\u00e9ant eurasien dispose de peu de moyens pour d\u00e9velopper sa strat\u00e9gie africaine, et adopte une approche qui combine coop\u00e9ration militaire et influence m\u00e9diatique. A son cr\u00e9dit, elle n&rsquo;a pas de pass\u00e9 colonial et s&rsquo;appuie sur des sentiments anti-fran\u00e7ais, par exemple au Mali ou en Centrafrique, dans des campagnes de relations publiques o\u00f9 elle se pr\u00e9sente comme la garante de la souverainet\u00e9 de ses partenaires africains, avec qui elle \u00e9change des services sans aucune ing\u00e9rence politique ou morale au regard des normes d\u00e9mocratiques.<\/p>\n<p>Par ailleurs, un aspect important du soft power russe en Afrique vient de son exp\u00e9rience en Syrie. Elle pr\u00e9sente cela comme la preuve qu&rsquo;elle peut garantir la souverainet\u00e9 et l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9conomique en s&rsquo;affranchissant des effets des sanctions occidentales et en \u00e9tant moins h\u00e9g\u00e9monique que P\u00e9kin dans son app\u00e9tit de ressources. Pour les dirigeants africains d\u00e9sireux de diversifier leurs partenaires \u00e9conomiques, ces atouts ne doivent pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9s.<\/p>\n<p>Ainsi, le sommet de Sotchi en octobre 2019 a r\u00e9uni des repr\u00e9sentants de chacun des 54 pays africains, dont 43 chefs d&rsquo;\u00c9tat. La Chine, l&rsquo;Inde, la Turquie et le Br\u00e9sil organisent \u00e9galement d\u00e9j\u00e0 leurs sommets africains, tout comme les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;UE et le Japon. Il faut donc voir dans cet exercice non pas le signe des vis\u00e9es h\u00e9g\u00e9moniques de la g\u00e9opolitique de Poutine, mais plut\u00f4t le fait que la Russie doit faire comme tous les grands partenaires \u00e9conomiques de l&rsquo;Afrique. L&rsquo;impact m\u00e9diatique \u00e9tait en quelque sorte plus important que l&rsquo;impact \u00e9conomique et diplomatique. Quelques trait\u00e9s bilat\u00e9raux et multilat\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s, mais aucun programme d&rsquo;aide. Le sommet devrait se tenir tous les trois ans et si les pr\u00e9visions russes se r\u00e9alisent, il devrait y avoir un doublement du commerce russo-africain d&rsquo;ici l\u00e0, visant \u00e0 atteindre le niveau fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Parce que la liste des pays africains ayant des accords de s\u00e9curit\u00e9 avec la Russie est assez longue, parce que ces projets de coop\u00e9ration se multiplient assez rapidement, surtout ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et parce que l&rsquo;observateur \u00e9tranger a un peu oubli\u00e9 que l&rsquo;URSS entretenait des int\u00e9r\u00eats et des contacts soutenus avec l&rsquo;Afrique depuis plusieurs d\u00e9cennies, il est facile de se m\u00e9fier des ambitions russes dans l&rsquo;Afrique contemporaine. Certaines implications s&rsquo;inscrivent dans la logique de la pr\u00e9sence sovi\u00e9tique en Afrique (Maghreb, Afrique lusophone, Afrique du Sud et \u00c9thiopie), d&rsquo;autres naissent de circonstances nouvelles (R\u00e9publique centrafricaine). Pourtant, sur le plan \u00e9conomique, la Russie ne p\u00e8se pas lourd par rapport \u00e0 des acteurs comme la Chine, les \u00c9tats-Unis ou la France.<\/p>\n<p><strong>La relation entre l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Occident<\/strong><\/p>\n<p>La relation entre l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Occident a toujours \u00e9t\u00e9 tendue, notamment \u00e0 cause du colonialisme, de l&rsquo;esclavage, de la guerre froide, et maintenant de l&rsquo;immigration et de l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine. L&rsquo;Afrique (en tant que continent) a adopt\u00e9 une position ambivalente sur cette guerre.<\/p>\n<p>La \u00abconqu\u00eate\u00bb de l&rsquo;Afrique, continent riche en mati\u00e8res premi\u00e8res (p\u00e9trole, or, cobalt, coltan, diamants, bois, uranium, etc.), est un enjeu majeur en ce d\u00e9but de XXIe si\u00e8cle. Elle est, de plus, au c\u0153ur d&rsquo;un jeu d&rsquo;influence de plus en plus agressif, souvent au d\u00e9triment des pays africains eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>De la Baltique \u00e0 l&rsquo;Afrique en passant par la M\u00e9diterran\u00e9e. La Russie de Vladimir Poutine est de retour dans le monde. En Afrique, elle veut r\u00e9tablir la situation qu&rsquo;elle avait du temps de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, mais aussi accro\u00eetre ses relations, dans le respect mutuel.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 largement absente d&rsquo;Afrique depuis l&rsquo;implosion de l&rsquo;URSS, la Russie n&rsquo;intervient encore que timidement dans ce qui est le nouveau grand jeu du XXIe si\u00e8cle entre grandes puissances. M\u00eame s&rsquo;il est tr\u00e8s loin de la Chine, de l&rsquo;Inde, des \u00c9tats-Unis et m\u00eame des anciennes puissances coloniales europ\u00e9ennes, qui tentent de maintenir leur position. Mais, pour r\u00e9ussir sa rentr\u00e9e, Moscou veut jouer son atout : mettre en avant ses relations pass\u00e9es avec les pays africains.<\/p>\n<p>Pendant la guerre froide, l&rsquo;URSS est apparue en pleine d\u00e9colonisation comme une alternative \u00e0 l&rsquo;Europe et \u00e9tait devenue l&rsquo;un des principaux fournisseurs d&rsquo;armes aux pays africains. L&rsquo;autre point fort de l&rsquo;influence sovi\u00e9tique \u00e9tait la coop\u00e9ration universitaire, qui permettait \u00e0 de nombreux jeunes Africains d&rsquo;\u00e9tudier \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque, cette influence inqui\u00e9tait les pays occidentaux, qui se demandaient m\u00eame si l&rsquo;Union sovi\u00e9tique n&rsquo;\u00e9tait pas en train de \u00abprendre le contr\u00f4le de ce qu&rsquo;on appelait le tiers-monde\u00bb, selon le journaliste sp\u00e9cialis\u00e9 Christophe Boisbouvier (\u00ab Jeune Afrique \u00bb, 20 octobre 2017).<\/p>\n<p>La Russie du XXIe si\u00e8cle est loin de jouer ce r\u00f4le sur le continent aujourd&rsquo;hui. N\u00e9anmoins, pour donner un signal de son r\u00e9engagement, le pr\u00e9sident, Vladimir Poutine, a d\u00e9cid\u00e9 l&rsquo;an dernier d&rsquo;annuler quelque 20 milliards de dollars de dettes de pays africains contract\u00e9es du temps de l&rsquo;URSS. Par ailleurs, Moscou a propos\u00e9 aux pays africains encore endett\u00e9s un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9change \u00ab\u00a0actions contre dette\u00a0\u00bb, notamment pour investir dans l&rsquo;\u00e9nergie et les ressources naturelles. Dans l&rsquo;industrie, notamment en Guin\u00e9e dans la bauxite, ou dans les chemins de fer au Ghana, les entreprises russes sont d\u00e9sormais en concurrence avec les Chinois et les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Soixante ans apr\u00e8s les ind\u00e9pendances, le continent reste l&rsquo;objet des convoitises des grandes puissances. L&rsquo;Afrique repr\u00e9sente environ 8% des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole, 7% de l&rsquo;or mondial, 53% des diamants mondiaux, 75% du platine mondial et au moins 60% des terres arables non cultiv\u00e9es du monde. Si elle est cultiv\u00e9e, elle pourrait nourrir une grande partie de la population mondiale, qui d&rsquo;ici la fin de ce si\u00e8cle pourrait atteindre 11 milliards de personnes.<\/p>\n<p>Mais ce qui a profond\u00e9ment chang\u00e9, ce sont les acteurs et la g\u00e9ographie. Le \u00ab Grand Jeu \u00bb n&rsquo;est plus entre la Russie et le Royaume-Uni en Asie, comme au XIXe si\u00e8cle, mais entre les nouveaux pays \u00e9mergents, l&rsquo;Am\u00e9rique et l&rsquo;Europe en Afrique. Et l&rsquo;aiguillon de la rivalit\u00e9 est la Chine.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;en reste pas moins que, face aux ambitions russes, indiennes, europ\u00e9ennes ou am\u00e9ricaines, la Chine a un avantage. Elle est pr\u00eate \u00e0 financer en grande partie des op\u00e9rations publiques et priv\u00e9es en Afrique. La diff\u00e9rence entre la Chine et un pays comme la France, c&rsquo;est que la Chine fournit des financements \u00e0 long terme. M\u00eame si le risque pour les pays africains est de voir leur dette exploser.<\/p>\n<p>L&rsquo;UA, la nouvelle institution, a pour ambition de r\u00e9nover et de renforcer les projets d&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique et politique qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de la cr\u00e9ation de l&rsquo;OUA. Il doit, entre autres, promouvoir la coop\u00e9ration et renforcer les relations sociales, \u00e9conomiques et politiques entre les \u00c9tats membres pour \u00e9viter les relations guerri\u00e8res. En outre, il souhaite mettre en place un cadre institutionnel stable pour permettre aux \u00c9tats africains de participer efficacement au march\u00e9 mondial et aux n\u00e9gociations internationales sur le commerce, la finance et d&rsquo;autres questions internationales (Acte constitutif de l&rsquo;UA, articles 3 et 4). En rempla\u00e7ant l&rsquo;OUA par l&rsquo;UA, les chefs d&rsquo;Etats ont voulu moderniser l&rsquo;ancienne institution et ouvrir une nouvelle page dans l&rsquo;int\u00e9gration des Etats africains \u00e0 l&rsquo;instar de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Cependant, plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, et malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s, l&rsquo;Union africaine, la plus grande organisation r\u00e9gionale du continent africain, n&rsquo;a pas produit les r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Les conflits arm\u00e9s, dont de nombreuses guerres civiles, emp\u00eachent l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un climat de paix et de s\u00e9curit\u00e9 entre les \u00c9tats membres. Au niveau politique, le continent est marqu\u00e9 par de nombreux coups d&rsquo;\u00e9tat. La situation sociale est tout aussi chaotique et le continent fait face \u00e0 des crises sanitaires \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. De plus, la famine et la pauvret\u00e9 font partie du quotidien des citoyens et la situation \u00e9conomique du continent n&rsquo;est pas des plus glorieuse. En effet, le continent africain est celui qui contribue le moins au commerce mondial. Il d\u00e9pend fortement des importations et continue d&rsquo;\u00e9changer des mati\u00e8res premi\u00e8res contre des produits finis aux d\u00e9pens des industries de transformation locales.<\/p>\n<p>Autrement dit, l&rsquo;Union africaine est loin de ses objectifs et, contrairement \u00e0 son mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence, ne prosp\u00e8re pas. Ce triste constat soul\u00e8ve plusieurs questions, tant sur l&rsquo;int\u00e9gration africaine que sur la l\u00e9gitimit\u00e9 et l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;Union africaine.<\/p>\n<p>Le sujet semble d&rsquo;autant plus pertinent que les nations africaines consid\u00e8rent l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale comme une opportunit\u00e9 importante d&rsquo;introduire la stabilit\u00e9 politique et d&rsquo;accro\u00eetre les \u00e9changes. \u00c0 cet \u00e9gard, Kwame Nkrumah, le premier pr\u00e9sident du Ghana et l&rsquo;un des p\u00e8res fondateurs de l&rsquo;unit\u00e9 africaine a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Il ne peut y avoir de v\u00e9ritable ind\u00e9pendance et ind\u00e9pendance \u00e9conomique et de v\u00e9ritable d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social, politique et culturel de l&rsquo;Afrique sans l&rsquo;unification du continent \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Mais comment cette unification doit-elle avoir lieu? L&rsquo;Union africaine, sur le mod\u00e8le de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, est-elle la seule solution pour l&rsquo;Afrique? Est-il capable de gu\u00e9rir l&rsquo;Afrique de tous ses maux? Et si l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale selon le mod\u00e8le europ\u00e9en n&rsquo;\u00e9tait pas adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Afrique?.<\/p>\n<p><strong>Quel avenir pour l\u2019Afrique<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique est un continent avec un potentiel \u00e9norme, des ressources naturelles abondantes et une population jeune. Malgr\u00e9 des d\u00e9fis importants tels que la pauvret\u00e9, la corruption, les conflits et les infrastructures sous-d\u00e9velopp\u00e9es, l&rsquo;Afrique a connu une croissance \u00e9conomique impressionnante au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, certains pays ouvrant la voie.<\/p>\n<p>Voici quelques tendances et d\u00e9veloppements potentiels pour l&rsquo;Afrique \u00e0 l&rsquo;avenir:<\/p>\n<ol>\n<li>Shift d\u00e9mographique: L&rsquo;Afrique devrait avoir la plus grande population de travail au monde d&rsquo;ici 2035, ce qui pourrait entra\u00eener une augmentation de la productivit\u00e9 du travail et stimuler la croissance \u00e9conomique.<\/li>\n<li>Adoption de la technologie: Avec l&rsquo;adoption croissante de la technologie, en particulier les appareils mobiles et Internet, l&rsquo;Afrique a la possibilit\u00e9 de d\u00e9passer les voies de d\u00e9veloppement traditionnelles et de d\u00e9velopper des solutions innovantes pour ses d\u00e9fis.<\/li>\n<li>Urbanisation: L&rsquo;Afrique conna\u00eet une urbanisation rapide, de nombreuses villes augmentant plus rapidement que leur infrastructure ne peut le suivre. Cette tendance pourrait cr\u00e9er des d\u00e9fis tels que la congestion, la d\u00e9gradation de l&rsquo;environnement et les in\u00e9galit\u00e9s sociales, mais elle offre \u00e9galement des opportunit\u00e9s de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et d&rsquo;innovation.<\/li>\n<li>D\u00e9veloppement durable: L&rsquo;Afrique a un \u00e9norme potentiel d&rsquo;\u00e9nergie renouvelable, d&rsquo;agriculture et d&rsquo;\u00e9cotourisme, qui pourrait fournir des solutions durables \u00e0 ses d\u00e9fis tout en prot\u00e9geant ses ressources naturelles.<\/li>\n<li>Int\u00e9gration r\u00e9gionale: L&rsquo;Afrique se tourne de plus en plus vers l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale comme moyen de stimuler la croissance \u00e9conomique et de r\u00e9duire la pauvret\u00e9. Cette tendance pourrait entra\u00eener une augmentation du commerce, des investissements et de la coop\u00e9ration entre les pays africains.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;avenir de l&rsquo;Afrique d\u00e9pendra de la fa\u00e7on dont le continent rel\u00e8vera ses d\u00e9fis et saisira ses opportunit\u00e9s. Avec les bonnes politiques, les investissements et le leadership, l&rsquo;Afrique a le potentiel de devenir un acteur mondial majeur et d&rsquo;am\u00e9liorer la vie de son peuple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le renforcement de l&rsquo;unit\u00e9 africaine Le renforcement de l&rsquo;unit\u00e9 africaine a longtemps \u00e9t\u00e9 un objectif recherch\u00e9 qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 atteint. 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