{"id":5129,"date":"2023-04-27T14:29:28","date_gmt":"2023-04-27T13:29:28","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=5129"},"modified":"2023-04-27T14:29:28","modified_gmt":"2023-04-27T13:29:28","slug":"les-imazighen-et-les-juifs-coexistence-millenaire-dans-la-ville-de-tiznit-et-sa-campagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-imazighen-et-les-juifs-coexistence-millenaire-dans-la-ville-de-tiznit-et-sa-campagne\/","title":{"rendered":"Les Imazighen et les juifs: coexistence mill\u00e9naire dans la ville de Tiznit et sa campagne"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation<\/strong><\/p>\n<p>Tiznit a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1882, sous le r\u00e8gne de Moulay Hassan Ier (1873-1894), lors d&rsquo;une exp\u00e9dition lanc\u00e9e par le pouvoir central pour obtenir l&rsquo;assujettissement du Souss et des r\u00e9gions voisines de l\u2019Anti-Atlas. Elle est imm\u00e9diatement devenu un centre de commerce avec l&rsquo;Occident au fur et \u00e0 mesure que les produits de la r\u00e9gion affluaient. En 1912, le pr\u00e9tendant al-Hiba <sup>[i]<\/sup> s&rsquo;en d\u00e9clara le sultan, <sup>[ii]<\/sup> et r\u00e9ussit \u00e0 mobiliser de nombreux \u00ab\u00a0hommes bleus\u00a0\u00bb mauritaniens comme lui, \u00e0 sa cause. <sup>[iii]<\/sup> Il portait \u00e9galement leurs v\u00eatements, ce qui lui a valu le surnom du \u00a0\u00bb <strong>Sultan bleu<\/strong>\u00ab\u00a0. <sup>[iv]<\/sup><\/p>\n<p>Depuis lors, comme de nombreuses localit\u00e9s de l&rsquo;arri\u00e8re-pays, le village de Tiznit est devenu un bastion contre le colonialisme \u00e9tranger, gr\u00e2ce \u00e0 la construction d\u2019un mur entourant la vieille ville. Il mesure 7 kilom\u00e8tres de long et compte 9 portes et 36 tours. Ces portes sont domin\u00e9es par le caract\u00e8re de l&rsquo;architecture amazighe du sud marocain. Il y a aussi une similitude remarquable entre elles et les portes de la ville d&rsquo;Essaouira.<\/p>\n<p>Le nom de Tiznit n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 dans les sources du Moyen-\u00c2ge ou dans les livres de voyage, m\u00eame Al-Hassan Al-wazzan <sup>[v]<\/sup> ne l&rsquo;a pas mentionn\u00e9 dans sa description des villes et villages de la r\u00e9gion du Souss, ce qui veut dire qu\u2019elle n\u2019existait pas dans le temps. Cependant, la plaine d&rsquo;Azgar n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 vide, la r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l&rsquo;augmentation des anciennes \u00e9migrations humaines parce que ses terres \u00e9taient propices aux p\u00e2turages, \u00e0 l&rsquo;agriculture et aux points d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de Tiznit \u00e9tait bas\u00e9e sur une l\u00e9gende dans laquelle une femme d&rsquo;une grande beaut\u00e9 se repentit de ses p\u00e9ch\u00e9s. En signe de pardon, Dieu pla\u00e7a \u00e0 ses pieds une source, connue aujourd&rsquo;hui sous le nom de <strong><em>\u2018Ain Zerga<\/em><\/strong> \u00ab\u00a0Source Bleue\u00a0\u00bb que l&rsquo;on peut visiter pour se rafra\u00eechir. <sup>[vi]<\/sup><\/p>\n<p>Tiznit est une ville calme et belle, et c&rsquo;est l&rsquo;une des villes amazighes, situ\u00e9e au sud du Maroc et \u00e0 92 km d&rsquo;Agadir. La ville est aujourd&rsquo;hui connue pour son climat doux et agr\u00e9able \u00e0 vivre mais elle est \u00e9galement connue pour son industrie de l&rsquo;or et de l\u2019argent, avec plus d&rsquo;une centaine de bijoux en argent. Quant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la ville, cette zone \u00e9tait divis\u00e9e en quartiers qui portent les noms des grandes familles d&rsquo;origine, \u00e0 savoir Id Doukfa, Ait Mohamed, Id Zakri et Id Salha. Les maisons ont \u00e9t\u00e9 construites selon le style architectural amazigh du sud marocain impr\u00e9gn\u00e9 de style maroco-andalou, connu sous le nom de Riad. <sup>[vii]<\/sup> \u00c0 Tiznit, il y a aussi un palais pour le repr\u00e9sentant du sultan, connu sous le nom de palais Al-Khalifi, ainsi qu&rsquo;une grande place connue sous le nom de place al-Mechouar, o\u00f9 se d\u00e9roulaient les c\u00e9r\u00e9monies officielles. <sup>[viii]<\/sup><\/p>\n<figure id=\"attachment_5131\" aria-describedby=\"caption-attachment-5131\" style=\"width: 634px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5131 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Les-Juifs-de-Tiznit-au-siecle-dernier.jpg?resize=618%2C403&#038;ssl=1\" alt=\"Les Juifs de Tiznit au si\u00e8cle dernier\" width=\"618\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Les-Juifs-de-Tiznit-au-siecle-dernier.jpg?w=634&amp;ssl=1 634w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Les-Juifs-de-Tiznit-au-siecle-dernier.jpg?resize=384%2C250&amp;ssl=1 384w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5131\" class=\"wp-caption-text\">Les Juifs de Tiznit au si\u00e8cle dernier<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les Juifs de Tiznit sont une communaut\u00e9 juive amazighe qui v\u00e9cut dans la r\u00e9gion de Tiznit depuis des si\u00e8cles. Avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Fran\u00e7ais au Maroc en 1912, la ville de Tiznit \u00e9tait un centre important pour les Juifs, et sa population juive \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 environ 2000. Tiznit a \u00e9t\u00e9 connue \u00e0 travers l&rsquo;histoire pour la coexistence et la tol\u00e9rance entre ses populations musulmanes et juives. Pour rappel, Tiznit comprend un cimeti\u00e8re et une synagogue juive, en plus du mellah, qui \u00e9tait habit\u00e9 par des juifs avant 1960. <sup>[ix]<\/sup><\/p>\n<p>Tiznit \u00e9tait c\u00e9l\u00e8bre pour ses fabricants de bijoux en argent (notamment la fibule (<strong>Tisghnas <\/strong><strong>\u2d5c\u2d49\u2d59\u2d56\u2d4f\u2d59\u2d5c <\/strong>ou bien <strong>\u2d5c\u2d30\u2d65\u2d55\u2d65\u2d49\u2d5c, Ta\u1e93\u1e5b\u1e93it, <sup>[x]<\/sup> <\/strong>en Amazigh)), mais les artisans juifs ont quitt\u00e9 le Maroc pour la Palestine dans les ann\u00e9es 1960, lors de la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl. Les Juifs \u00e9taient les ma\u00eetres des orf\u00e8vres de la ville de Tiznit, car ils ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 d\u00e9couvrir la mine d&rsquo;argent d&rsquo;Anzi et \u00e0 en extraire le m\u00e9tal, puis ils ont commenc\u00e9 \u00e0 le travailler, et apr\u00e8s cela, les Marocains musulmans sont devenus des apprentis chez eux. Aujourd\u2019hui, Tiznit est devenue la capitale marocaine de l\u2019orf\u00e8vrerie, par excellence.<\/p>\n<p>Les orf\u00e8vres locaux, musulmans et juifs, excellaient dans la cr\u00e9ation de bijoux porteurs de valeurs esth\u00e9tiques cr\u00e9atives, que ce soit en termes d&rsquo;utilisation d&rsquo;un type unique et distinct de m\u00e9tal argent\u00e9, ou en termes d&rsquo;utilisation de diff\u00e9rentes m\u00e9thodes et techniques dans la fabrication de bijoux, telles que le la technique dite \u00ab <strong><em>Felicram<\/em><\/strong> (filigrane)\u00bb, la technique de la gla\u00e7ure, puis la technique de la gravure, qui est largement diffus\u00e9e. Dans la r\u00e9gion, il existe aussi la technique du \u00ab piercing \u00bb, en plus d&rsquo;autres techniques telles que l&rsquo;utilisation de la mati\u00e8re noire <strong><em>Nial<\/em><\/strong> et la technique appel\u00e9e <strong><em>Frig<\/em><\/strong>, qui sont toutes des techniques dont les styles, les formes et les dessins sont inspir\u00e9s du patrimoine local amazigh, et qui \u00e9voquent \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments artistiques et des symboles culturels multi-affluents. <sup>[xi]<\/sup><\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter que le Maroc poss\u00e8de un patrimoine artisanal traditionnel au rayonnement international, caract\u00e9ris\u00e9 par sa diversit\u00e9, sa richesse et son originalit\u00e9, car l&rsquo;artisanat traditionnel \u00e0 travers les \u00e2ges a constitu\u00e9 le domaine privil\u00e9gi\u00e9 pour cristalliser et incarner le savoir-faire et la cr\u00e9ativit\u00e9 des artisans traditionnels marocains qui excellaient dans les techniques de la gravure, de la sculpture et de la d\u00e9coration, puisant leur cr\u00e9ativit\u00e9 dans la nature et dans les diverses formes g\u00e9om\u00e9triques du patrimoine culturel tangible du Maroc.<\/p>\n<p><strong>Communaut\u00e9 juive<\/strong><\/p>\n<p>La pr\u00e9sence juive au Maroc est caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;antiquit\u00e9, et un certain nombre d&rsquo;\u00e9tudes sugg\u00e8rent que leur arriv\u00e9e est survenue au lendemain de la destruction du Premier Temple en 586 avant J.-C. Apr\u00e8s cela, les migrations ont suivi, et la plus forte d&rsquo;entre elles a \u00e9t\u00e9 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 apr\u00e8s l\u2019apparition de signes d&rsquo;exil, de d\u00e9portation et d&rsquo;expulsion de juifs et de musulmans d&rsquo;Andalousie en 1492 et du Portugal en 1497 \u00e0 la suite de la <em>Reconquista<\/em>. <sup>[xii]<\/sup> Les estimations indiquent que la communaut\u00e9 juive au Maroc \u00e0 cette \u00e9poque d\u00e9passait les 100 000, tandis qu&rsquo;environ 25 000 \u00e0 30 000 venaient d&rsquo;Espagne et du Portugal, et beaucoup d&rsquo;entre eux portent encore des noms de famille des villes espagnoles dont ils sont originaires. <sup>[xiii]<\/sup> Quant \u00e0 leur nombre, l&rsquo;ann\u00e9e 1806 \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 environ 100 000 personnes, <sup>[xiv]<\/sup> et dans les villes devenues municipalit\u00e9s, selon le recensement officiel de 1936, elles atteignaient environ 118 734 personnes. <sup>[xv]<\/sup><\/p>\n<p>Les juifs jouissaient de privil\u00e8ges gr\u00e2ce au Dahir du 5 f\u00e9vrier 1864 AD \/ 1280 AH, <sup>[xvi]<\/sup> sous le r\u00e8gne du Sultan Mohammed ben Abd al-Rahman (1859-1873), concernant leur libert\u00e9, et le texte dudit Dahir se lit comme suit : <sup>[xvii]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0 \u00ab\u00a0Au nom de Dieu, le Mis\u00e9ricordieux, et il n&rsquo;y a ni puissance ni pouvoir qu&rsquo;avec Dieu, le Tr\u00e8s-Haut, le Puissant. Dieu Tout-Puissant a \u00e9tabli l&rsquo;\u00e9quilibre de la v\u00e9rit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre eux et les autres dans les d\u00e9cisions, de sorte que aucun d&rsquo;eux ne souffrira le poids d&rsquo;un atome d&rsquo;injustice ou de coexistence, et ils ne seront ni bless\u00e9s ni calomni\u00e9s, et que ni eux ni d&rsquo;autres ne transgressent contre aucun d&rsquo;eux, ni en eux-m\u00eames ni dans leurs richesses, et qu&rsquo;ils n&rsquo;utilisent pas les gens de Le libre d&rsquo;eux sauf avec leur propre gentillesse et \u00e0 condition qu&rsquo;ils leur paient ce qu&rsquo;ils m\u00e9ritent pour leur travail, car l&rsquo;injustice sera t\u00e9n\u00e8bres au Jour de la R\u00e9surrection, et nous ne sommes pas d&rsquo;accord avec cela, ni dans leur droit ni dans le droit d&rsquo;autrui, et nous ne l&rsquo;acceptons pas, car tous les hommes avec nous sont \u00e9gaux en droit, et quiconque a fait du tort \u00e0 l&rsquo;un d&rsquo;eux ou a transgress\u00e9 contre lui, nous le punirons par la volont\u00e9 de Dieu, et cette affaire que nous avons d\u00e9cid\u00e9e, clarifi\u00e9 et clarifi\u00e9 \u00e9tait \u00e9tabli et bien connu, mais nous avons ajout\u00e9 \u00e0 cette \u00e9criture une affirmation, une affirmation et une menace contre ceux qui veulent les opprimer, et afin d&rsquo;augmenter la s\u00e9curit\u00e9 des Juifs \u00e0 leur s\u00e9curit\u00e9, et quiconque veut empi\u00e9ter sur eux par peur, nous leur ordonnerons d&rsquo;\u00eatre fiers, \u00e0 leur peur.<\/em> <em>Notre commandement, le Dieu Puissant, a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis le vingt-six du Shaban b\u00e9ni de l&rsquo;ann\u00e9e deux cent quatre-vingts.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Les juifs marocains sont divis\u00e9s en deux groupes : les <strong><em>Megorashim<\/em><\/strong> (qui signifie expuls\u00e9 en h\u00e9breu), et ce sont les juifs d&rsquo;Andalousie, et les <strong><em>Toshavim<\/em><\/strong>, qui sont les juifs originels qui habitaient le Maroc avant J\u00e9sus-Christ, et comme leur nom l&rsquo;indique, ils pr\u00e9tendent qu&rsquo;ils sont d&rsquo;origine levantine, et qu&rsquo;ils sont venus apr\u00e8s le pillage de J\u00e9rusalem par Nabuchodonosor II en 586 av. J.-C., ainsi que la destruction de leur temple en Palestine en l&rsquo;an 70, au Maroc dans le pays des Imazighen\/Berb\u00e8res : <strong>Tamzgha<\/strong>, o\u00f9 ils furent re\u00e7us avec une grande hospitalit\u00e9. <sup>[xviii]<\/sup> Au fil du temps, ils sont devenus amazigh et, \u00e0 leur tour, ils ont introduit les habitants autochtones \u00e0 la religion juive. <sup>[xix]<\/sup><\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, Siham Lasri, chercheur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Mohammed V de Rabat, a \u00e9crit ce qui suit : <sup>[xx]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Trois courants sociaux juifs coexistaient au Maroc, dont le premier est celui des sectes juives arabophones, qui regroupent souvent les descendants d&rsquo;immigr\u00e9s d&rsquo;Andalousie avant l&rsquo;expulsion massive aux XVe et XVIe si\u00e8cles, en plus des Juifs locaux. -la langue juive, et le second est les juifs de langue amazighe qui se sont install\u00e9s dans les r\u00e9gions du sud dans les montagnes du haut Atlas et la r\u00e9gion du Souss, dans la mesure o\u00f9 ils partagent avec la population musulmane le m\u00eame h\u00e9ritage populaire. A cet \u00e9gard, la plupart des \u00e9tudes a confirm\u00e9 que les Juifs r\u00e9sidant dans des r\u00e9gions telles que \u00ab\u00a0Tinghir et les districts de Tiznit et Ouarzazate Demnat et le Moyen Atlas&#8230;\u00a0\u00bb Ils parlaient le dialecte amazigh-arabe, et peu d&rsquo;entre eux ne connaissaient que l&rsquo;amazigh, et le troisi\u00e8me est un groupe de Juifs hispanophones, et ils sont le groupe d&rsquo;immigrants d&rsquo;Andalousie (les Megorashim), qui se sont install\u00e9s d\u00e9finitivement dans le nord du Maroc et les terres c\u00f4ti\u00e8res, ils ont donc conserv\u00e9 la langue castillane. N\u00e9anmoins, la langue h\u00e9bra\u00efque est rest\u00e9e le principal outil de communication dans la pratique parmi eux des rites religieux et de l&rsquo;\u00e9ducation pour tous les juifs du monde, pas seulement au Maroc.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>La communaut\u00e9 juive de Tiznit \u00e9tait compos\u00e9e de familles install\u00e9es dans la r\u00e9gion depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une communaut\u00e9 pacifique et prosp\u00e8re vivant en harmonie avec la population musulmane locale. <sup>[xxi]<\/sup> Les juifs de Tiznit ont particip\u00e9 \u00e0 de nombreux aspects de la vie \u00e9conomique et sociale de la ville. Ils \u00e9taient artisans, commer\u00e7ants, agriculteurs et propri\u00e9taires terriens. Les femmes juives \u00e9taient \u00e9galement connues pour leur habilet\u00e9 \u00e0 tisser des tapis berb\u00e8res traditionnels. Apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl en 1948, de nombreux juifs de Tiznit ont immigr\u00e9 en Isra\u00ebl ou en France, malgr\u00e9 cela, l&rsquo;h\u00e9ritage de la communaut\u00e9 juive de Tiznit est toujours pr\u00e9sent dans la ville. D&rsquo;anciennes synagogues et cimeti\u00e8res juifs sont encore visibles, et de nombreux habitants de Tiznit se souviennent avec \u00e9motion des relations amicales et de bon voisinage qu&rsquo;ils entretenaient avec les juifs de leur ville. <sup>[xxii]<\/sup><\/p>\n<figure id=\"attachment_5132\" aria-describedby=\"caption-attachment-5132\" style=\"width: 624px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5132 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Ecole-juive-de-Tiznit.jpg?resize=618%2C437&#038;ssl=1\" alt=\"Ecole juive de Tiznit\" width=\"618\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Ecole-juive-de-Tiznit.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Ecole-juive-de-Tiznit.jpg?resize=354%2C250&amp;ssl=1 354w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5132\" class=\"wp-caption-text\">Ecole juive de Tiznit<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les traditions, la spiritualit\u00e9 et les pratiques sociales et religieuses des juifs de Tiznit \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9es \u00e0 leur environnement social et culturel, ainsi qu&rsquo;\u00e0 leur religion juive. Voici quelques-unes des caract\u00e9ristiques les plus importantes de leur culture :<\/p>\n<p><strong>Langue et musique<\/strong> : Les juifs de Tiznit parlaient une langue amazighe appel\u00e9e Tachelhit, ainsi que l&rsquo;h\u00e9breu et l&rsquo;arabe. Ils avaient leur propre style de musique, avec des instruments comme le \u2018oud et le tar (tambour).<\/p>\n<p><strong>Cuisine<\/strong> : La cuisine des juifs de Tiznit a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9e par la cuisine marocaine amazighe. Les plats traditionnels comprenaient le couscous, les tajines, les brochettes de viande et les p\u00e2tisseries sucr\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Mariages<\/strong> : Le mariage \u00e9tait une occasion importante pour les juifs de Tiznit. Il a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 avec de la musique, de la danse et des plats traditionnels. Le mariage \u00e9tait souvent arrang\u00e9 par les parents, mais la tradition de la s\u00e9lection personnelle du conjoint \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sente.<\/p>\n<p><strong>Pratiques religieuses<\/strong> : Les juifs de Tiznit \u00e9taient une communaut\u00e9 religieuse qui pratiquait sa spiritualit\u00e9 sur la base du juda\u00efsme. Ils c\u00e9l\u00e9braient les f\u00eates juives, telles que P\u00e2ques, Ma\u00efmonide et Yom Kippour, ainsi que les coutumes de leur communaut\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vie communautaire<\/strong> : Les juifs de Tiznit \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9s en tant que communaut\u00e9. Ils avaient leurs propres synagogues, \u00e9coles et cimeti\u00e8res, ainsi que des \u0153uvres caritatives pour aider les personnes dans le besoin.<\/p>\n<p>En plus la r\u00e9gion sud et sud-est o\u00f9 se trouve Tiznit, a connu la pr\u00e9sence de juifs depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, plus pr\u00e9cis\u00e9ment en l&rsquo;an 586 av J.-C. Au fil du temps, ces personnes sont devenues amazighes et, ainsi, une partie indiscutable de la d\u00e9mographie locale, <sup>[xxiii]<\/sup> et, cons\u00e9quemment, ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es \u00ab\u00a0<strong><em>ihoud beldiyyines<\/em><\/strong> (juifs du pays)\u00a0\u00bb par le public. \u00c0 cet \u00e9gard, le journal \u00e9lectronique <em>Tiznit<\/em> a \u00e9crit ce qui suit : <sup>[xxiv]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Le plus ancien document connu sur l&rsquo;\u00e9tablissement des Juifs au Maroc a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 Ifrane dans la r\u00e9gion du Souss sur les montagnes du Petit Atlas, et c&rsquo;est une pierre tombale du Juif \u00ab\u00a0Youssef Ben Maimon\u00a0\u00bb Al-Zafarani, les Juifs Amazighs r\u00e9partis entre l&rsquo;Atlas, Sousse, et les fronti\u00e8res du d\u00e9sert, et leur langue principale est l&rsquo;amazigh, et il est connu pour ce groupe que son patrimoine oral et litt\u00e9raire est riche, et outre les juifs amazighs, il existe une secte descendante de l&rsquo;origine des \u00ab\u00a0Megorashim\u00a0\u00bb et il est hispanophone, et on en trouve \u00e0 T\u00e9touan, Asilah, le Grand Palais, Chefchaouen et Melilla. Les Arabes sont des descendants d&rsquo;immigr\u00e9s d&rsquo;Andalousie et du Portugal, et l&rsquo;entr\u00e9e des Juifs dans la r\u00e9gion de Tahala \u00e0 Tafraout remonte \u00e0 une \u00e9poque tr\u00e8s ancienne, et bien que cette histoire soit entour\u00e9e d&rsquo;une certaine ambigu\u00eft\u00e9 et diff\u00e8re grandement de ce qu&rsquo;ont indiqu\u00e9 les quelques chercheurs int\u00e9ress\u00e9s par l&rsquo;histoire de la r\u00e9gion, ils ont convenu que les Juifs sont venus dans la r\u00e9gion de Tahala de toutes les parties du monde plusieurs si\u00e8cles avant la naissance du Christ, que la paix soit sur lui, les Amazighs, les habitants autochtones de la r\u00e9gion, les ont regroup\u00e9s dans un complexe r\u00e9sidentiel appel\u00e9 Mellah, toujours debout jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Leur faillite traditionnelle et commerciale face \u00e0 la forte concurrence des produits \u00e9trangers qui arrivaient sur les march\u00e9s marocains \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, ainsi que les tentations qui leur \u00e9taient offertes d&rsquo;immigrer en Palestine pour la reconstruire sous la pression exerc\u00e9e sur eux par d&rsquo;autres camps racistes.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Selon Mohamed Tahiri, <sup>[xxv]<\/sup> dans le village amazigh de Tahala, dans le sud du Royaume, il y a des traces de juifs qui vivaient dans la r\u00e9gion il y a plus de 1800 ans, et son cimeti\u00e8re t\u00e9moigne des anc\u00eatres qui ont p\u00e9ri dans le pays, tandis que ses maisons sont devenues des d\u00e9combres de poussi\u00e8re apr\u00e8s que ses habitants l&rsquo;ont abandonn\u00e9 pour aller s\u2019installer dans le d\u00e9sert du N\u00e9guev en Palestine. Tahala est l&rsquo;un des six villages berb\u00e8res de la r\u00e9gion de Tafraoute qui \u00e9taient habit\u00e9s par des juifs, qui ont tous disparu et sont encore visit\u00e9s par les enfants des juifs qui les ont quitt\u00e9s, m\u00eame s&rsquo;ils ne connaissent plus aucun de ses habitants. <sup>[xxvi]<\/sup><\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me \u00e9ducatif juif \u00e0 Tiznit<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;enseignement juif traditionnel pratiqu\u00e9 \u00e0 Tiznit d\u00e9signe l&rsquo;ensemble des connaissances, des croyances, des pratiques et des valeurs qui ont \u00e9t\u00e9 transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration au sein de la communaut\u00e9 juive. Il comprend l&rsquo;\u00e9tude de la Bible h\u00e9bra\u00efque (Tanakh \u00a0<strong>\u05db\u05ea\u05d5\u05d1\u05d9\u05dd &#8211; \u05e0\u05d1\u05d9\u05d0\u05d9\u05dd &#8211; \u05ea\u05bc\u05d5\u05b9\u05e8\u05b8\u05d4<\/strong>), du Talmud et d&rsquo;autres textes sacr\u00e9s, ainsi que les coutumes et les rituels de la vie juive.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de l&rsquo;enseignement juif se trouve la croyance en un Dieu unique, qui a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;univers et a donn\u00e9 au peuple juif la Torah comme guide pour mener une vie juste. La Torah contient les r\u00e9cits fondamentaux du juda\u00efsme, notamment la cr\u00e9ation du monde, les patriarches et les matriarches, l&rsquo;exode d&rsquo;\u00c9gypte et la r\u00e9ception des dix commandements au mont Sina\u00ef.<\/p>\n<p>Le Talmud, qui est un recueil de discussions et de d\u00e9bats rabbiniques sur la loi et l&rsquo;\u00e9thique juives, est \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment essentiel de l&rsquo;enseignement juif traditionnel. Il fournit des conseils sur tous les sujets, des lois alimentaires \u00e0 la pri\u00e8re en passant par les questions de justice sociale, et il est \u00e9tudi\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 par les rabbins et les \u00e9rudits jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Outre ces textes, l&rsquo;enseignement juif traditionnel \u00e0 Tiznit mettait \u00e9galement l&rsquo;accent sur l&rsquo;importance de la communaut\u00e9, de la charit\u00e9 et des actes de bont\u00e9 (tzedakah <strong>\u05e6\u05d3\u05e7\u05d4<\/strong>), ainsi que sur l&rsquo;observation des f\u00eates et des rituels qui relient les juifs \u00e0 leur histoire et \u00e0 leur h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;enseignement juif traditionnel \u00e0 Tiznit \u00e9tait un corpus de connaissances riche et complexe qui a soutenu le peuple juif pendant des milliers d&rsquo;ann\u00e9es, apportant conseils et inspiration \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations de croyants.<\/p>\n<p>Toutefois, le syst\u00e8me \u00e9ducatif juif \u00e0 Tiznit a connu des formes d&rsquo;\u00e9ducation traditionnelles et modernes avec les \u00e9coles de l&rsquo;Alliance isra\u00e9lite universelle -AIU-, <sup>[xxvii]<\/sup> ainsi que des m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques qui ont chang\u00e9 le syst\u00e8me p\u00e9dagogique. Le rapport \u00e0 la tradition et sa place dans le registre des connaissances juives.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ducation traditionnelle \u00e9tait l&rsquo;apanage des hommes, bien que les femmes avaient acc\u00e8s \u00e0 la lecture des pri\u00e8res. Le syst\u00e8me \u00e9ducatif traditionnel met l&rsquo;accent sur la transmission de l&rsquo;h\u00e9ritage juif au sein de la famille restreinte et \u00e9largie, l&rsquo;apprentissage primaire se faisant par imitation des parents <sup>[xxviii]<\/sup> et la participation aux activit\u00e9s de la synagogue qui servait \u00e9galement d&rsquo;\u00e9cole. Souvent l&rsquo;\u00e9cole, avec des moyens limit\u00e9s, \u00e9tait rattach\u00e9e \u00e0 la synagogue et il y avait peu de mat\u00e9riel scolaire : planches \u00e0 dessin, Bibles, feuilles de parchemin et roseaux.<\/p>\n<p>Les enseignants sont pay\u00e9s par les parents ou la communaut\u00e9, qui n&rsquo;exercent sur eux aucun contr\u00f4le administratif ou p\u00e9dagogique. L&rsquo;\u00e9cole regroupe le plus souvent des enfants d&rsquo;\u00e2ges diff\u00e9rents, qui entrent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole (sla) g\u00e9n\u00e9ralement entre 3 et 6 ans. L&rsquo;acquisition de la lecture en h\u00e9breu est privil\u00e9gi\u00e9e, ainsi que la cantillation, la m\u00e9morisation des textes sacr\u00e9s et leur interpr\u00e9tation \u00e0 partir des traductions vers les langues locales (jud\u00e9o-arabe, jud\u00e9o-berb\u00e8re, et jud\u00e9o-espagnol). <sup>[xxix]<\/sup> L&rsquo;apprentissage de l&rsquo;\u00e9criture vient plus tard avec l&rsquo;utilisation de la calligraphie andalouse pour les textes profanes et la calligraphie Rashi pour les textes sacr\u00e9s et les documents litt\u00e9raires.<\/p>\n<p>Pour assurer la discipline, l&rsquo;enseignant, \u00e0 qui l&rsquo;enfant doit le respect, peut recourir \u00e0 des ch\u00e2timents corporels dont la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9pend de la faute :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Tachmila<\/strong>: Coups de baguette sur la plante des pieds\u00a0;<\/li>\n<li><strong>Falaqa<\/strong> : les chevilles sont serr\u00e9es et 39 coups de fouet sont inflig\u00e9s\u00a0; et<\/li>\n<li><strong>Karma<\/strong> : un morceau de bois g\u00eane les chevilles d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve pour le punir d&rsquo;avoir s\u00e9ch\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les \u00e9l\u00e8ves terminent leur apprentissage \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole apr\u00e8s leur <strong>bar mitzvah<\/strong> <strong>\u05d1\u05e8 \u05de\u05e6\u05d5\u05d5\u05d4<\/strong>. <sup>[xxx]<\/sup> Ceux qui souhaitent approfondir leur formation et obtenir le statut de <strong>talmid-hakham<\/strong> (h\u00e9breu : <strong>\u05ea\u05dc\u05de\u05d9\u05d3 \u05d7\u05db\u05dd<\/strong> \u00ab\u00a0Disciple de Sage\u00a0\u00bb) <sup>[xxxi]<\/sup> ou d&rsquo;\u00e9rudits doivent fr\u00e9quenter des yeshivas\u00a0 \u05d9\u05e9\u05d9\u05d1\u05d4 fond\u00e9es par des individus ou par la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Le professeur, rabbin estim\u00e9, mieux pay\u00e9 que le ma\u00eetre, peut cumuler les fonctions de pr\u00e9dicateur, de paytan (chantre), de scribe et d&rsquo;abatteur rituel.<\/p>\n<p>La relation entre le professeur et ses \u00e9l\u00e8ves est empreinte de respect.<\/p>\n<p>Le programme d&rsquo;\u00e9tudes comprend, d&rsquo;une part, l&rsquo;explication de la Loi (din) qui sous-tend la pratique des mitsvot et, d&rsquo;autre part, le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences intellectuelles \u00e0 travers la discussion de textes talmudiques (pilpoul <strong><em>\u05e4\u05dc\u05e4\u05d5\u05dc <\/em><\/strong>(d\u00e9bat aiguis\u00e9)) <sup>[xxxii]<\/sup> et leurs commentateurs ou codes juridiques comme Choulhan Aroukh de Yossef Caro. Le choix des trait\u00e9s talmudiques d\u00e9pend des enseignants. Les piyoutim sont \u00e9galement enseign\u00e9s dans des confr\u00e9ries par des ma\u00eetres reconnus.<\/p>\n<p>L&rsquo;obtention du statut de rabbin r\u00e9sulte de l&rsquo;ordination de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve par le ma\u00eetre (semikhah <strong><em>\u05e1\u05de\u05d9\u05db\u05d4 \u05dc\u05e8\u05d1\u05e0\u05d5\u05ea<\/em><\/strong> ) <sup>[xxxiii]<\/sup> : ce dernier pose ses mains sur la t\u00eate de son \u00e9l\u00e8ve et le b\u00e9nit.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants sont \u00e9galement form\u00e9s aux lois et pratiques de l&rsquo;abattage rituel. Les \u00e9tudes se poursuivent de mani\u00e8re plus informelle lors de pr\u00eaches, de visites de rabbins ou d&rsquo;\u00e9tude nocturne de la Torah, du Zohar et des \u00e9crits \u00e9thiques (mousar <strong>\u05de\u05d5\u05bc\u05e1\u05b7\u05e8 \u05d4\u05b7\u05e9\u05b0\u05b9\u05db\u05b5\u05bc\u05dc<\/strong>).<\/p>\n<p>L&rsquo;enseignement traditionnel a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 par les \u00e9coles de l&rsquo;Alliance Isra\u00e9lite Universelle -AIU-, dont la premi\u00e8re s\u2019est ouvrete en 1862 \u00e0 T\u00e9touan. Ils initiaient gar\u00e7ons et filles aux mati\u00e8res juives et profanes, d\u00e9laiss\u00e9es par l&rsquo;enseignement traditionnel, et leur permettaient d&rsquo;apprendre de nouveaux m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>Issu de la philosophie des Lumi\u00e8res, qui consid\u00e8re l&rsquo;\u00e9ducation comme le principal moyen d&rsquo;\u00e9mancipation, l&rsquo;AIU se trouvait souvent en opposition avec les autorit\u00e9s juives locales. Assumant le m\u00eame discours que le colonisateur, elle a contribu\u00e9 \u00e0 desserrer les liens qui existaient entre juifs et musulmans. Ainsi, plusieurs communaut\u00e9s juives se sont oppos\u00e9es \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9coles AIU.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5133\" aria-describedby=\"caption-attachment-5133\" style=\"width: 364px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5133 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Famille-juive.jpg?resize=364%2C421&#038;ssl=1\" alt=\"Famille juive\" width=\"364\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Famille-juive.jpg?w=364&amp;ssl=1 364w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Famille-juive.jpg?resize=216%2C250&amp;ssl=1 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5133\" class=\"wp-caption-text\">Famille juive<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au sujet de l&rsquo;\u00e9ducation juive au Maroc, Ahmed Soualem a \u00e9crit : <sup>[xxxiv]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation sp\u00e9ciale des jeunes, elle est assur\u00e9e par chacun des \u00ab\u00a0Asl\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Al-Hadar\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Talmud Torah\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Midrashim\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 l&rsquo;Al-Hadar, elle est similaire au Coran. &lsquo;un livre que nous avons, et c&rsquo;est un mot h\u00e9breu signifiant la pi\u00e8ce, et c&rsquo;est une institution pour enseigner aux enfants juifs les fondements et les enseignements de la religion juive. Et il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme la caract\u00e9ristique la plus importante de l&rsquo;\u00e9ducation juive, et il a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans chaque temple ou \u00e9glise, et quant aux lieux qui en \u00e9taient d\u00e9pourvus, l&rsquo;\u00e9cole \u00e9tait rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;un des foyers juifs. Sa mission n&rsquo;est pas de pr\u00e9parer les jeunes \u00e0 la vie, mais de leur apprendre \u00e0 accomplir au mieux le culte, et de se conformer \u00e0 ce qui est impos\u00e9 par les ordonnances et les interdictions. Ce type souffre de nombreux probl\u00e8mes, tels que le chaos et la surpopulation, qui \u00e9taient des caract\u00e9ristiques inh\u00e9rentes \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge, ce qui confond le d\u00e9roulement de l&rsquo;\u00e9tude en elle, en plus de l&rsquo;absence d&rsquo;un une politique \u00e9ducative claire qui pr\u00e9cise l&rsquo;\u00e2ge des inscrits, qui vont de trois \u00e0 treize ans, majoritairement de sexe masculin Les conditions de base pour la r\u00e9ussite des apprentissages sont r\u00e9unies, o\u00f9 les enfants sont assis sur des l&rsquo;\u00e9tude se d\u00e9roule sans interruption, en plus de l&rsquo;absence de p\u00e9riodes de repos, et la majorit\u00e9 de cet enseignement est oral, ax\u00e9 sur la r\u00e9p\u00e9tition et la m\u00e9moire. Ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 la perp\u00e9tuation de ce type d&rsquo;\u00e9ducation, ce sont les dons financiers qu&rsquo;il a re\u00e7us des riches de la communaut\u00e9 juive.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Vieux quartier juif<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tablissement du premier mellah au Maroc remonte \u00e0 1438, lorsque les juifs de F\u00e8s, accus\u00e9s d&rsquo;avoir profan\u00e9 une mosqu\u00e9e, furent contraints de s&rsquo;installer dans un nouveau quartier pr\u00e8s de la mine de sel, un endroit qu\u2019on appelait le \u2018\u2019mellah\u2019\u2019. <sup>[xxxv]<\/sup> Cette mine se trouvait \u00e0 proximit\u00e9 du palais du sultan qui leur assurait une s\u00e9curit\u00e9 permanente gr\u00e2ce aux gardes du palais. Une autre explication de l&rsquo;origine du mot \u00ab\u00a0mellah\u00a0\u00bb vient d&rsquo;une activit\u00e9 d\u00e9di\u00e9e \u00e0 certains juifs marocains, par laquelle ils mettaient des t\u00eates coup\u00e9es dans du sel pour pouvoir les conserver le plus longtemps possible et les exposer au public, et qui \u00e9tait notamment les chefs des rebelles qui se sont r\u00e9volt\u00e9s contre le pouvoir central. Cette activit\u00e9 a connu son apog\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Moulay Ismail (1645-1727).<\/p>\n<p>Loin d&rsquo;\u00eatre un quartier juif, le mellah \u00e9tait tr\u00e8s anim\u00e9, ses ruelles \u00e9taient commer\u00e7antes et rassemblaient quelques m\u00e9tiers qui au fil du temps sont devenus une sp\u00e9cialit\u00e9 de cette communaut\u00e9. Les habitations \u00e9taient exigu\u00ebs et abritaient syst\u00e9matiquement une boutique au rez-de-chauss\u00e9e avec de grands porches aux \u00e9tages sup\u00e9rieurs ouverts sur l&rsquo;ext\u00e9rieur, typiques des constructions juives. <sup>[xxxvi]<\/sup><\/p>\n<p>Contrairement au mellah d&rsquo;Essaouira, l&rsquo;ancien quartier juif de Tiznit \u00e9tait bien entretenu. C&rsquo;est une promenade \u00e9trange et tentante que de se perdre dans ces ruelles qui se terminent la plupart du temps en \u2018\u2019impasse\u2019\u2019. <sup>[xxxvii]<\/sup><\/p>\n<p>Sur la question du logement juif \u00e0 Souss, la chercheur Siham Lasri a \u00e9crit ce qui suit : <sup>[xxxviii]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Quant \u00e0 la r\u00e9gion du Souss, elle \u00e9tait connue, \u00e0 son tour, pour avoir une importante pr\u00e9sence juive il y a longtemps, et ils se sont install\u00e9s dans des villages r\u00e9partis dans la cha\u00eene de montagnes du Petit Atlas, surtout la campagne. Quant aux grandes villes de Souss, seule une un faible pourcentage de la population \u00e9tait connu (Agadir, Tiznit, Taroudant), contrairement \u00e0 la vall\u00e9e de la Souss qui fut habit\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, et dont nous citons, par exemple, les zones de peuplement les plus importantes :<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Ifrane, Tazourwalt, Tafraoute, Tarsouat, Oued Noun, Assaka Oblag, Hashtouka, Ait Baha, Ait Mazal&#8230; et bien d&rsquo;autres r\u00e9gions recul\u00e9es.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Il est \u00e9trange que cette r\u00e9gion, qui a connu des Juifs parmi ses habitants, se soit dispers\u00e9e au cours de l&rsquo;histoire, et ait v\u00e9cu avec des groupes musulmans, et m\u00eame convertis pour la plupart \u00e0 l&rsquo;Islam, et que le r\u00f4le des Juifs dans ces villages se soit limit\u00e9 aux marchands ambulants et aux propri\u00e9taires de petites activit\u00e9s \u00e9conomiques, et au milieu du 19e si\u00e8cle le Makhzen encouragea les juifs \u00e0 migrer vers Essaouira notamment ce qui affectera n\u00e9gativement le cours de l&rsquo;\u00e9conomie, dans cette r\u00e9gion, car les Juifs ont un r\u00f4le important \u00e0 jouer dans son d\u00e9placement.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Parmi les Mellahs bien connus de la r\u00e9gion du Souss \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, bien que la plupart d&rsquo;entre eux soient aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9s comme des monuments disparus, et les vestiges de villages qui \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;habitation juive : comme le sal\u00e9 d&rsquo;Asaka ou de Blagh \u00e0 l&rsquo;est de Tiznit, le sal\u00e9 de Tamaleh \u00e0 Ait Ilokan, la r\u00e9gion de Hashtouka, le sal\u00e9 d&rsquo;Iligh&#8230; Certains chercheurs ont mentionn\u00e9 que les juifs au Maroc, et depuis le moyen-\u00e2ge, se sont install\u00e9s dans des r\u00e9gions plus m\u00e9ridionales, comme Haha, Souss, Draa, Sijilmasa, et Tata&#8230; des grandes villes.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>La religion des juifs de Tiznit<\/strong><\/p>\n<p>Tiznit abritait historiquement une communaut\u00e9 juive, cette communaut\u00e9 \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour sa pratique du juda\u00efsme, et ses coutumes et pratiques religieuses \u00e9taient similaires \u00e0 celles des autres communaut\u00e9s juives du Maroc.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, la communaut\u00e9 juive de Tiznit comptait environ 1 000 personnes. Cependant, apr\u00e8s que le Maroc a obtenu son ind\u00e9pendance de la France en 1956, de nombreux juifs ont \u00e9migr\u00e9 en Isra\u00ebl, en Europe et en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>La communaut\u00e9 juive de Tiznit \u00e9tait connue pour son attachement au juda\u00efsme traditionnel et c\u00e9l\u00e9brait le Shabbat et d&rsquo;autres f\u00eates juives. Ils suivaient \u00e9galement les lois alimentaires, telles que la casher <strong>\u05db\u05e9\u05e8<\/strong>, et pratiquaient la circoncision comme rituel religieux.<\/p>\n<p>Les Juifs de Tiznit \u00e9taient connus pour leur communaut\u00e9 soud\u00e9e et leur adh\u00e9sion aux coutumes et pratiques juives traditionnelles. Ils vivaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec la population musulmane de Tiznit et il y avait g\u00e9n\u00e9ralement une coexistence pacifique exemplaire entre les deux communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la communaut\u00e9 juive de Tiznit n&rsquo;existe plus car elle s&rsquo;est install\u00e9e en Isra\u00ebl dans les ann\u00e9es soixante du si\u00e8cle dernier. Cependant, l&rsquo;histoire et les traditions de la communaut\u00e9 juive de Tiznit restent une partie importante du patrimoine culturel du Maroc.<\/p>\n<p>Concernant les anciens rituels juifs \u00e0 Tiznit, cette derni\u00e8re c\u00e9l\u00e9brait, selon Jouahri Hind, chaque ann\u00e9e le carnaval \u00ab <strong><em>Ima&rsquo;sh\u00e2r<\/em><\/strong> \u00bb pour faire revivre la cohabitation entre juifs et musulmans : <sup>[xxxix]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Ima\u2019shar est une coutume qui se c\u00e9l\u00e8bre chaque ann\u00e9e le dixi\u00e8me de Muharram du calendrier lunaire dans la plupart des r\u00e9gions du sud du Maroc, la ville de Tiznit, les fours du Petit Atlas, la r\u00e9gion d&rsquo;Aklou, et d&rsquo;autres r\u00e9gions du Souss. Fraternit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;Imashar dans son ensemble r\u00e9sume la tol\u00e9rance et la coexistence sous sa meilleure forme en imitant les Juifs dans tous les aspects de leur vie religieuse et id\u00e9ologique, et dans tous ses aspects sociaux, spirituels et autres. Il est similaire aux c\u00e9l\u00e9brations dithyrambiques en Gr\u00e8ce.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;Ima\u2019shar dans sa r\u00e9alit\u00e9 est un th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;improvisation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, qui expose la r\u00e9alit\u00e9 et expose le cachet, et expose les sources de corruption \u00e0 travers des personnalit\u00e9s qui assument diff\u00e9rents r\u00f4les sous des noms juifs tels que Al-Hazzan, Samiha, Moshi et d&rsquo;autres.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Des personnalit\u00e9s myst\u00e9rieuses se cachent derri\u00e8re des masques et des v\u00eatements miteux, et leur dissimulation est augment\u00e9e en changeant le ton de leur voix pour ne pas \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9es car elles disent ce que personne ne peut dire sans masque.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;Ima\u2019shar s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 dans la ville de Tiznit et s&rsquo;est transform\u00e9 en un simple carnaval sans touches juives ni rituels h\u00e9breux, comme il \u00e9tait d&rsquo;usage chez les anciens qui tiraient l&rsquo;esprit de joie du navigateur et de toutes les coutumes des Juifs de la r\u00e9gion.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie comprend des arr\u00eats et des sc\u00e8nes comiques en r\u00e9alisant des activit\u00e9s qui simulent la r\u00e9alit\u00e9 vivante, et le groupe est compos\u00e9 de\u00a0: Al-Hazan, Samiha, Tawaya, Tanawat, Al-Shorti, Al-Jamal et Al-Baqara, etc., cette pratique s&rsquo;\u00e9tend sur deux semaines et se termine par une grande f\u00eate qui se tient dans l&rsquo;un des sanctuaires et devient commun \u00e0 tous les visiteurs, sans exception, pendant trois jours. Toutefois, ce rituel est propre aux hommes.<\/p>\n<p>Sur la question de la libert\u00e9 de croyance religieuse au Maroc, Mohamed Tamtam d\u00e9clare : <sup>[xl]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Toutes les nations et tous les peuples ont des rituels et des c\u00e9r\u00e9monies religieuses qui diff\u00e8rent d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre, mais ils convergent vers un but, qui est la force et la spiritualit\u00e9 du sacr\u00e9, et cela peut \u00eatre une personne, une pierre ou un totem au point que l&rsquo;on peut dire : \u00ab Le Maroc est le pays de mille saints et saintes et de religions diff\u00e9rentes \u00bb, comme le dit Paul Pascon. Le territoire ne comprend pas seulement les tombeaux et les tombeaux des saints musulmans, mais aussi les tombeaux et les tombes des grands rabbins juifs. Leurs lieux sont r\u00e9partis dans le nord, le centre et le sud, notamment dans les r\u00e9gions de Souss, Draa, Tata, Tiznit, Taroudant et Essaouira, en plus de nombreux cimeti\u00e8res juifs. Il comprend les tombes et mausol\u00e9es de leurs des rabbins et des eccl\u00e9siastiques, et parmi eux se trouve le rabbin David Ben Baruch Ha Cohen, qui est situ\u00e9 dans la zone de Tizerte de la pr\u00e9fecture de la r\u00e9gion de Taroudant, et au lieu-dit \u00ab Aigzer N Bahmo \u00bb, \u00e0 45 km de la ville de Taroudant.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_5134\" aria-describedby=\"caption-attachment-5134\" style=\"width: 623px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5134 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Le-mellah-de-Tiznit.jpg?resize=618%2C555&#038;ssl=1\" alt=\"Le mellah de Tiznit\" width=\"618\" height=\"555\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Le-mellah-de-Tiznit.jpg?w=623&amp;ssl=1 623w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Le-mellah-de-Tiznit.jpg?resize=279%2C250&amp;ssl=1 279w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5134\" class=\"wp-caption-text\">Le mellah de Tiznit<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le p\u00e8lerinage annuel \u2018\u2019Hiloula\u2019\u2019 (h\u00e9breu : <\/strong><strong>\u05d4\u05d6\u05db\u05e8\u05d4)<\/strong><\/p>\n<p>Les murs de la ville de Tiznit englobent un certain nombre de maisons habit\u00e9es par des juifs il y a des d\u00e9cennies, avant qu&rsquo;ils n&rsquo;immigrent. Ils vivaient en paix et en harmonie avec les habitants de la r\u00e9gion. Parall\u00e8lement \u00e0 leurs maisons, il y a aussi un cimeti\u00e8re dans la ville, qui contient encore environ 61 tombes dans ses murs. La communaut\u00e9 juive de Tiznit, dont la plupart ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans les pays europ\u00e9ens et en Isra\u00ebl, visite encore les tombes et les maisons, dont la derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 une visite, accompagn\u00e9e d&rsquo;\u00e9tudiants et de professeurs de l&rsquo;Universit\u00e9 Ibn Zohr d\u2019Agadir, dans le cadre des activit\u00e9s du \u2018\u2019Forum de Tiznit pour la culture du dialogue et de la coexistence\u2019\u2019, organis\u00e9 en 2022.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance du Maroc en 1956, les communaut\u00e9s juives du Souss ont quitt\u00e9 la r\u00e9gion dans laquelle elles vivaient depuis des si\u00e8cles, en particulier \u00e0 Taroudant et dans les villages voisins de Tamalokt, El Hanouane, Ait El Hadj, Montja, Herqata, Imtentagine. Cependant, ces voyages de groupe n&rsquo;ont pas rompu leur attachement \u00e0 leur identit\u00e9 marocaine et \u00e0 leurs traditions amazighes.<\/p>\n<p>Le lieu le plus v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les juifs religieux est le tombeau du rabbin David ben Barouch Cohen Azogh. <sup>[xli]<\/sup> Ce lieu est situ\u00e9 dans la Commune d&rsquo;Ouled Berhil \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est de Taroudant, sur la route de Tizi N\u2019Test.<\/p>\n<p>Au sujet de la notori\u00e9t\u00e9 de ce saint juif, Yassine Benargane raconte dans <em>Yabiladi\u00a0<\/em>: <sup>[xlii]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019La l\u00e9gende raconte que, petit, le saint juif serait n\u00e9 avec une marque sur le front. Son p\u00e8re aurait donn\u00e9 l\u2019ordre de ne jamais laisser sortir son fils de la maison, \u00ab \u00e0 moins de lui couvrir le front jusqu\u2019aux yeux \u00bb. Il aurait aussi pr\u00e9dit que quiconque regarde la marque sur le front de l\u2019enfant risquerait devenir aveugle. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle la famille optera pour des petits villages isol\u00e9s.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Ce rabbin est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 vers 1875 et est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des juifs les plus c\u00e9l\u00e8bres et les plus honn\u00eates du Maroc. Le p\u00e8lerinage annuel \u00ab Hiloula \u00bb, qui a lieu \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, voit affluer des juifs venus d&rsquo;Europe, des \u00c9tats-Unis, d&rsquo;Isra\u00ebl et de toutes les r\u00e9gions du Maroc. Les p\u00e8lerins restent parfois jusqu&rsquo;\u00e0 deux semaines. Le mausol\u00e9e a \u00e9t\u00e9 largement r\u00e9nov\u00e9 et \u00e9quip\u00e9 au point o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 construit comme site de r\u00e9sidence.<\/p>\n<p>\u00ab Hiloula \u00bb est une d\u00e9formation famili\u00e8re de l&rsquo;un des refrains fr\u00e9quents des Psaumes de David, qui est \u00ab Halilo Ya \u00bb <strong>(<\/strong><strong>\u05d4\u05dc\u05dc\u05d5)<\/strong>, qui signifie \u00ab Louez Dieu \u00bb. Puisque tous les juifs marocains, comme leurs compatriotes musulmans, \u00e9taient analphab\u00e8tes, r\u00e9p\u00e9tant parfois des expressions h\u00e9bra\u00efques sans en comprendre le sens, de sorte qu&rsquo;ils d\u00e9forment parfois leur prononciation, comme le font les musulmans analphab\u00e8tes avec les expressions arabes classiques. <sup>[xliii]<\/sup><\/p>\n<p>La nuit de \u00a0\u00bb Hiloula \u00ab\u00a0, de nombreux rituels ont lieu, dont certains sont \u00e0 caract\u00e8re religieux juif, et d\u2019autres sont des c\u00e9r\u00e9moniels dans la r\u00e9gion. Les visiteurs allument des bougies en grande quantit\u00e9 avec l&rsquo;\u00e9clairage de toutes les tombes et des c\u00f4t\u00e9s de le cimeti\u00e8re et les chemins qui y m\u00e8nent, et allouer un fonds sp\u00e9cial pour les participants \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie saisonni\u00e8re officielle afin de collecter des dons pour constituer un budget pour la prochaine saison ou c\u00e9l\u00e9bration, et le plus dr\u00f4le ce soir-l\u00e0, c&rsquo;est que les bougies qu&rsquo;ils allument \u00e0 la place et les allumettes sont \u00e9galement vendues pour des montants tr\u00e8s cher, estimant qu&rsquo;elles contiennent la b\u00e9n\u00e9diction des parents juifs d\u00e9c\u00e9d\u00e9s.\u00a0 La vente aux ench\u00e8res de ces bougies, ainsi que la bougie qui illumine le sanctuaire qui a une grande valeur religieuse, est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des coutumes les plus importantes des Hiloulas au Maroc.<\/p>\n<p>Ces c\u00e9l\u00e9brations, malgr\u00e9 leur caract\u00e8re religieux festif, jouent un r\u00f4le majeur dans la consolidation des valeurs de citoyennet\u00e9 au sein de la communaut\u00e9 juive marocaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, qui retournent dans leur patrie d&rsquo;origine ici et pas ailleurs, pour renouveler l&rsquo;alliance et l&rsquo;attachement \u00e0 leur patrie, leur histoire et leur lien avec le Maroc en tant que terre de diversit\u00e9, de tol\u00e9rance et de coexistence.<\/p>\n<p>Ces rituels religieux se d\u00e9roulent sur une p\u00e9riode de 3 \u00e0 7 jours. Lorsque les juifs visiteurs se rassemblent devant le sanctuaire, ils abattent les animaux sacrificiels, qu&rsquo;ils se r\u00e9partissent entre eux, et en distribuent un groupe aux pauvres et aux n\u00e9cessiteux et organisent de grands repas festifs. Tout au long de cette p\u00e9riode, la Torah est lue \u00e0 haute voix et des bougies sont allum\u00e9es pour les b\u00e9n\u00e9dictions des morts et la bonne sant\u00e9 des vivants, et la derni\u00e8re nuit est la plus grande f\u00eate, lorsque tout le monde chante et partage de la nourriture et des cadeaux.<\/p>\n<p>Cette importante c\u00e9l\u00e9bration annuelle constitue une opportunit\u00e9 pour la communaut\u00e9 juive marocaine de r\u00e9affirmer son lien \u00e9troit \u00e0 la patrie et au glorieux tr\u00f4ne alaouite, et de le consolider pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, selon le rabbin Rabin Pinto, qui a soulign\u00e9 que le Maroc est la patrie de la communaut\u00e9 juive marocaine immigr\u00e9e, ce qui exige d\u2019elle une loyaut\u00e9 ind\u00e9fectible et continue pour son bonheur et sa d\u00e9fense. <sup>[xliv]<\/sup><\/p>\n<p><strong>Les juifs Tiznit et l\u2019orf\u00e8vrerie<\/strong><\/p>\n<p>Les juifs de Tiznit \u00e9taient connus pour leur travail d&rsquo;orf\u00e8vrerie. La communaut\u00e9 juive de Tiznit s&rsquo;est \u00e9tablie au XVIe si\u00e8cle et \u00e9tait connue pour son savoir-faire dans les bijoux en argent, notamment le filigrane et la gravure. Tiznit \u00e9tait un centre important pour la production de bijoux en argent et les artisans juifs jouaient un r\u00f4le majeur dans l&rsquo;\u00e9conomie de la ville. Les orf\u00e8vres juifs \u00e9taient connus pour leur comp\u00e9tence et leur souci du d\u00e9tail, et leur travail \u00e9tait tr\u00e8s recherch\u00e9 et appr\u00e9ci\u00e9 par les acheteurs nationaux et \u00e9trangers et surtout les collectionneurs d\u2019objets d\u2019art \u00e0 l\u2019international.<\/p>\n<p>L&rsquo;orf\u00e8vrerie produite par les juifs de Tiznit \u00e9tait caract\u00e9ris\u00e9e par des dessins et des motifs complexes, comportant souvent des motifs de la nature, tels que des fleurs et des feuilles. Les bijoux \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement fabriqu\u00e9s \u00e0 partir d&rsquo;un m\u00e9lange d&rsquo;argent et d&rsquo;or, et l&rsquo;or servait d&rsquo;accent pour accentuer la complexit\u00e9 de l\u2019argenterie.<\/p>\n<p>Malheureusement, avec l&rsquo;immigration massive de juifs marocains en Isra\u00ebl au milieu du XXe si\u00e8cle, la communaut\u00e9 juive de Tiznit a diminu\u00e9 et la tradition de l&rsquo;orf\u00e8vrerie a \u00e9t\u00e9 en grande partie perdue. Cependant, il y a encore quelques artisans \u00e0 Tiznit qui continuent \u00e0 produire des bijoux en argent avec des techniques traditionnelles, pr\u00e9servant l&rsquo;h\u00e9ritage des orf\u00e8vres juifs.<\/p>\n<p><strong>Les particularit\u00e9s des Juifs de Tiznit<\/strong><\/p>\n<p>Tiznit est une ville amazighe qui avait une petite communaut\u00e9 juive avec une histoire et une culture uniques. La communaut\u00e9 juive de Tiznit \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine compos\u00e9e de juifs berb\u00e8res qui vivaient dans la r\u00e9gion depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>L&rsquo;une des particularit\u00e9s des juifs \u00e9tait leur langue. Ils parlaient un dialecte amazigh connu sous le nom de tachelhit, \u00e9galement parl\u00e9 par de nombreux musulmans de la r\u00e9gion. Ce dialecte contient de nombreux emprunts h\u00e9breux, refl\u00e9tant la relation \u00e9troite entre les communaut\u00e9s juives et musulmanes de Tiznit.<\/p>\n<p>Les juifs avaient leurs coutumes et traditions \u00e0 Tiznit. Par exemple, c\u00e9l\u00e9brez la f\u00eate juive de la Mimouna <sup>[xlv]<\/sup> d&rsquo;une mani\u00e8re sp\u00e9ciale, avec de la nourriture et de la musique traditionnelles. La Mimouna est une f\u00eate qui marque la fin de la P\u00e2que (Pessah) et est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les juifs d&rsquo;Afrique du Nord.<\/p>\n<p>De plus, les juifs de Tiznit avaient un fort attachement \u00e0 la terre et se livraient \u00e0 l&rsquo;agriculture et au commerce. Ils ont \u00e9galement \u00e9tabli des relations \u00e9troites avec la communaut\u00e9 musulmane et particip\u00e9 \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements et festivals locaux.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la communaut\u00e9 juive de Tiznit n&rsquo;existe pas, car elle a compl\u00e8tement disparu. Cependant, des efforts sont d\u00e9ploy\u00e9s pour pr\u00e9server l&rsquo;histoire et la culture de la communaut\u00e9, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9servation de la synagogue et du cimeti\u00e8re historiques.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5135\" aria-describedby=\"caption-attachment-5135\" style=\"width: 623px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5135 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Femmes-juives-de-Tiznit.jpg?resize=618%2C655&#038;ssl=1\" alt=\"Femmes juives de Tiznit\" width=\"618\" height=\"655\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Femmes-juives-de-Tiznit.jpg?w=623&amp;ssl=1 623w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Femmes-juives-de-Tiznit.jpg?resize=236%2C250&amp;ssl=1 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5135\" class=\"wp-caption-text\">Femmes juives de Tiznit<\/figcaption><\/figure>\n<p>Depuis quelque temps, ce qu&rsquo;on appelle en anglais \u00ab\u00a0roots tourism\u00a0\u00bb, pour les immigr\u00e9s en qu\u00eate de leur propre histoire, a eu une influence croissante sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les traces de l&rsquo;histoire juive dans l\u2019Anti-Atlas. Les Juifs qui ont immigr\u00e9 en Isra\u00ebl, au Canada ou en Australie et leurs descendants reviennent faire du tourisme dans leurs r\u00e9gions d&rsquo;origine. Signe visible de cette nouvelle tendance \u00e0 Ifrane dans l\u2019Anti-Atlas, la construction d&rsquo;une maison d&rsquo;h\u00f4tes dans le quartier juif Mellah, \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de la synagogue. C&rsquo;est une maison accueillante pour chaque visiteur de confession juive.<\/p>\n<p>Le 7 f\u00e9vrier 2022, Tiznit a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 sa longue histoire culturelle h\u00e9bra\u00efque, qui s&rsquo;est caract\u00e9ris\u00e9e au fil des si\u00e8cles par l&rsquo;harmonie et la coexistence. Le journal \u00e9lectronique <em>Anfas Press<\/em> a \u00e9crit ce qui suit \u00e0 ce sujet : <sup>[xlvi]<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Le 9 f\u00e9vrier 2022, la ville de Tiznit accueillera la premi\u00e8re session du Forum de Tiznit pour la culture du dialogue et de la coexistence sous le slogan \u00ab\u00a0Culture marocaine et promotion des valeurs de pluralisme, de coexistence et d&rsquo;ouverture \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, en coordination avec la pr\u00e9fecture de la Province de Tiznit, et en coop\u00e9ration avec chacune des r\u00e9gions du Souss-Massa, la Chambre de l&rsquo;Artisanat. La r\u00e9gion du Souss-Massa compte le conseil r\u00e9gional de Tiznit, et la commune de Tiznit, avec l&rsquo;appui d&rsquo;un groupement de partenaires.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Le forum, organis\u00e9 par la Fondation Initiatives et Communications, s&rsquo;inscrit dans le cadre de la conviction de la Fondation que la coexistence mettrait en \u00e9vidence les m\u00e9canismes de communication et les modes de compr\u00e9hension en se tenant sur un seuil commun, qui est l&rsquo;humanit\u00e9 universelle, en plus du fait que la coexistence est devenue un besoin culturel et une n\u00e9cessit\u00e9 civilis\u00e9e pour faire avancer l&rsquo;\u00eatre humain et les relations qui unissent les diff\u00e9rentes religions et cultures. Outre la grande importance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;heure actuelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des conditions mat\u00e9rielles et morales des juifs et les composantes de leur identit\u00e9 culturelle, compte tenu de l&rsquo;accumulation manifeste au niveau de la prise en charge du patrimoine juif marocain, car aujourd&rsquo;hui le sujet de la dimension h\u00e9bra\u00efque dans l&rsquo;histoire et le patrimoine du Royaume est devenu au c\u0153ur des strat\u00e9gies territoriales de certains Marocains villes selon les options de d\u00e9veloppement, la r\u00e9ussite culturelle, afin d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;attractivit\u00e9 du lieu.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Le journal poursuit en disant :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019A travers l&rsquo;organisation du forum, la Fondation vise \u00e0 cr\u00e9er une tradition culturelle, artistique, scientifique, \u00e9conomique et touristique annuelle dans la ville de Tiznit, en rappelant que Tiznit et son d\u00e9sert \u00e0 travers les \u00e2ges ont \u00e9t\u00e9 et sont toujours une terre de dialogue et un symbole de tol\u00e9rance, de coexistence et de diffusion des valeurs spirituelles, parmi les composantes de la personnalit\u00e9 marocaine, que ce soit avec les chr\u00e9tiens ou les juifs.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Conclusion : pr\u00e9server le patrimoine de la cohabitation \u00e0 Tiznit<\/strong><\/p>\n<p>Les juifs sont arriv\u00e9s \u00e0 Tiznit pour la premi\u00e8re fois au XVIe si\u00e8cle, lorsque la ville a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie en tant que centre commercial pour les \u00e9changes de marchandises entre le d\u00e9sert du Sahara et la c\u00f4te atlantique. <sup>[xlvii]<\/sup><\/p>\n<p>Au fil des si\u00e8cles, la communaut\u00e9 juive de Tiznit s&rsquo;est \u00e9panouie et a exerc\u00e9 divers m\u00e9tiers tels que la bijouterie, la couture et le pr\u00eat d&rsquo;argent. Ils ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la vie culturelle et sociale de la ville, avec de nombreuses synagogues et autres institutions juives \u00e9tablies dans toute la ville.<\/p>\n<p>Cependant, la population juive de Tiznit a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9cliner au XXe si\u00e8cle, en particulier apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl en 1948. De nombreux juifs ont quitt\u00e9 Tiznit et d&rsquo;autres r\u00e9gions du Maroc pour commencer une nouvelle vie en Isra\u00ebl, en Europe et en Am\u00e9rique du Nord. Aujourd&rsquo;hui, la plupart des synagogues et des institutions juives de la ville ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es ou r\u00e9affect\u00e9es.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le d\u00e9clin de la communaut\u00e9 juive de Tiznit, la ville t\u00e9moigne encore de la richesse de l&rsquo;h\u00e9ritage et de la culture des juifs qui y prosp\u00e9raient autrefois. Le quartier juif historique de Tiznit, connu sous le nom de mellah, est toujours visible, et de nombreux b\u00e2timents et points de rep\u00e8re traditionnels de la ville sont li\u00e9s au pass\u00e9 de la communaut\u00e9 juive. Toutefois, la population musulmane, comme d\u2019ailleurs partout au Maroc, regrettent am\u00e8rement <sup>[xlviii]<\/sup> le d\u00e9part des membres de la communaut\u00e9 isra\u00e9lite. <sup>[xlix]<\/sup><\/p>\n<p>Le lien \u00e9troit entre les juifs marocains et leur m\u00e8re patrie a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9 par les rois successifs sur le tr\u00f4ne du Maroc, et l&rsquo;\u00c9tat l&rsquo;a codifi\u00e9 par des lois. La constitution de 2011 est la premi\u00e8re constitution d&rsquo;un pays arabo-musulman qui reconna\u00eet la culture juive comme un \u00e9l\u00e9ment essentiel du pluralisme culturel du pays, et met l&rsquo;accent sur les composantes juive et h\u00e9bra\u00efque comme l&rsquo;un des tributaires de l&rsquo;identit\u00e9 marocaine multiple. <sup>[l]<\/sup><\/p>\n<p>Un certain nombre de juifs marocains en Isra\u00ebl pratiquent encore les professions de leurs anc\u00eatres au Maroc, comme la gravure sur bijoux, qui est connue dans la ville de Tiznit dans le sud du Maroc, et c&rsquo;est, sans aucun doute, le plus grand bastion des orf\u00e8vres juifs marocains \u00e0 travers l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>L&rsquo;appr\u00e9ciation des juifs marocains pour l&rsquo;institution royale est due \u00e0 la position de feu le roi Mohammed V, <a href=\"#_edn51\" name=\"_ednref51\"><sup>[li]<\/sup><\/a> qui a refus\u00e9 de remettre les juifs au gouvernement de \u00ab Vichy \u00bb, qui a coop\u00e9r\u00e9 avec le r\u00e9gime allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. De plus, la nationalit\u00e9 marocaine n&rsquo;est pas l\u00e9galement \u00ab perdue \u00bb pour son titulaire, ce qui veut dire qu\u2019il y a environ un million de Juifs d&rsquo;origine marocaine vivant en Isra\u00ebl aujourd\u2019hui et qui conservent, pour toujours, leur nationalit\u00e9 marocaine d&rsquo;origine.<\/p>\n<p>La plupart des juifs marocains vivaient au milieu des anciens quartiers des anciennes villes du Maroc, et ces quartiers \u00e9taient appel\u00e9s \u00ab\u00a0le mellah\u00a0\u00bb, o\u00f9 ils se r\u00e9unissaient sous la forme d&rsquo;une petite secte exer\u00e7ant leurs professions et vivant paisiblement dans un pays musulman.<\/p>\n<p>L&rsquo;immigration des juifs marocains en Isra\u00ebl n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 un lit de roses, <sup>[lii]<\/sup> car ils se sont heurt\u00e9s au racisme que le pays d&rsquo;accueil a montr\u00e9 envers les juifs de l&rsquo;Est en g\u00e9n\u00e9ral, selon ce qui a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 par l&rsquo;historien juif marocain Haim Zafarani dans son livre <em>Deux mille ans de vie juive au Maroc<\/em>. <sup>[liii]<\/sup><\/p>\n<p>La coexistence au Maroc met en \u00e9vidence les m\u00e9canismes de communication et les m\u00e9thodes de compr\u00e9hension en se tenant sur un seuil commun, qui est l&rsquo;<strong>humanit\u00e9 inclusive<\/strong>, outre le fait que la coexistence est devenue un besoin culturel et une n\u00e9cessit\u00e9 civilis\u00e9e dans la valorisation de l&rsquo;\u00eatre humain et dans les relations qui rassemblent diff\u00e9rentes religions et cultures. I<\/p>\n<p>l faut souligner, toutefois, l\u2019extr\u00eame importance qui est attach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;heure actuelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des conditions mat\u00e9rielles et morales des juifs marocains et des composantes de leur identit\u00e9 culturelle, compte tenu de l&rsquo;accumulation manifeste au niveau de la prise en charge le patrimoine juif marocain.\u00a0 Aujourd&rsquo;hui, il va sans le dire que la question de la dimension h\u00e9bra\u00efque dans l&rsquo;histoire et le patrimoine du Royaume est devenue au c\u0153ur des strat\u00e9gies territoriales de certaines villes marocaines selon des options de d\u00e9veloppement culturel r\u00e9ussies, afin d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;attractivit\u00e9 du lieu.<\/p>\n<p>Parmi les vestiges historiques de la coexistence interconfessionnelle du Maroc d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui on trouve \u00e0 une distance de 52 km de la ville de Tiznit et \u00e0 6 km du mausol\u00e9e de Sidi Ahmed Ou Moussa, Dar Iligh, <sup>[liv]<\/sup> un monument historique qui a jou\u00e9 un r\u00f4le \u00e9conomique et social important \u00e0 une \u00e9poque de l&rsquo;histoire du Maroc, en g\u00e9n\u00e9ral, et du Souss, en particulier. <sup>[lv]<\/sup> Dar Iligh conserve encore plusieurs rep\u00e8res urbains, notamment des roseaux, des murs et d&rsquo;autres rep\u00e8res, dont deux cimeti\u00e8res juifs et un moulin \u00e0 sel. <sup>[lvi]<\/sup> Dar Iligh \u00e9tait un bel exemple de coexistence culturelle <sup>[lvii]<\/sup> et religieuse entre les\u00a0 musulmans et les Juifs, o\u00f9 les Juifs d&rsquo;Iligh ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le succ\u00e8s du commerce de Dar Iligh entre Souss et le d\u00e9sert marocain ainsi que le Sahel. <sup>[lviii]<\/sup><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, au bord de la route et au centre de la ville de Errachidia, se dresse le sanctuaire juif de \u00ab Beit Kfarout \u00bb pr\u00e8s du cimeti\u00e8re islamique, o\u00f9 les \u00e2mes des morts juifs et musulmans reposent dans l&rsquo;amour et la paix. Les vivants le traversent quotidiennement, et personne ne remarque ce paradoxe, qui peut sembler \u00e9trange, mais li n\u2019en est rien de cela parce que tout simplement le Marocain lambda a toujours port\u00e9 les valeurs de la tol\u00e9rance et la coexistence dans son DNA.<\/p>\n<p>La ville de Tiznit, dans tout cela, raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une ville ancienne qui a toujours \u00e9t\u00e9 un creuset d\u2019une civilisation humaine d\u2019amour et de respect de l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence, d\u2019une coexistence miraculeuse et unique dans les annales de l\u2019histoire humaine, qui se traduit sans aucun doute par la coexistence entre Musulmans, Juifs et Chr\u00e9tiens dans un environnement qui impose le respect du sacr\u00e9 d\u2019autrui.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] Abitbol, Michel. <em>Histoire du Maroc<\/em>. Paris\u00a0: Perrin, 2009, pp. 411-412.<\/p>\n[ii] Fils du Cheikh Ma\u00e2 El Ainaine, le chef mythique des tribus sahraouies et en particulier leur grande composante, celle des R&rsquo;guibat, le Cheikh Sidi Ahmed El Hiba, n\u00e9 en 1875, a eu un parcours particuli\u00e8rement agit\u00e9. Dans la foul\u00e9e de la signature de l&rsquo;accord de F\u00e8s en 1912 instituant le protectorat franco-espagnol au Maroc, il fut proclam\u00e9 Sultan dans la r\u00e9gion de Marrakech. S&rsquo;ensuivra la bataille de Sidi Bouathmane et l&rsquo;\u00e9crasement de ses forces par l&rsquo;Arm\u00e9e fran\u00e7aise. Abandonn\u00e9 par ses partisans, il reviendra \u00e0 Tiznit o\u00f9 son p\u00e8re est enterr\u00e9.<\/p>\n[iii] Hoisington, William\u00a0A.\u00a0<em>Lyautey and the French Conquest of Morocco<\/em>. London:\u00a0Palgrave Macmillan,\u00a01995,\u00a0chap.\u00a05\u00a0(\u00ab\u00a0Conquering Morocco&rsquo;s South\u00a0\u00bb),\u00a0p.\u00a095.<\/p>\n[iv] Kenbib, Mohamed.\u00a0<em>Juifs et Musulmans au Maroc, 1859-1948<\/em>. Rabat\u00a0: Universit\u00e9 Mohammed\u00a0V, publications de la facult\u00e9 des lettres et des sciences humaines, 1994.<\/p>\n[v] Johannes Leo Africanus (n\u00e9 al-Hasan Muhammad al-Wazzan al-Fasi, arabe : \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646 \u0645\u062d\u0645\u062f \u0627\u0644\u0648\u0632\u0627\u0646 \u0627\u0644\u0641\u0627\u0633\u064a ; c. 1494 &#8211; c. 1554) \u00e9tait un diplomate et auteur amazigh andalou qui est surtout connu pour son livre <em>Cosmographia et geographia de Affrica<\/em> de 1526, publi\u00e9 plus tard par Giovanni Battista Ramusio sous le titre <em>Descrittione dell&rsquo;Africa (Description de l&rsquo;Afrique)<\/em> en 1550, centr\u00e9 sur la g\u00e9ographie du Maghreb et de la vall\u00e9e du Nil. L&rsquo;ouvrage est consid\u00e9r\u00e9 par ses pairs \u00e9rudits en Europe comme le trait\u00e9 le plus autoris\u00e9 sur le sujet jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exploration moderne de l&rsquo;Afrique. Pour cet ouvrage, Leo devient un nom familier parmi les g\u00e9ographes europ\u00e9ens. Il se convertit de l&rsquo;islam au christianisme et changea son nom en Johannes Leo de Medicis (\u064a\u0648\u062d\u0646\u0627 \u0627\u0644\u0623\u0633\u062f).<\/p>\n<p>Cf. Africanus, Leo. <em>The History and Description of Africa \/Histoire et description de l&rsquo;Afrique<\/em> (3 volumes). Brown, Robert, \u00e9diteur. Londres : Hakluyt Society, 1896. Internet Archive : Volume 1 (pp. 1-224), Volume 2, (pp. 225-668) ; Volume 3 (pp. 669-1119) ; Index g\u00e9ographique. Le texte original de la traduction anglaise de Pory (1600), accompagn\u00e9 d&rsquo;une introduction et de notes de l&rsquo;\u00e9diteur.<\/p>\n[vi] Gamal Said, Noha. \u2018\u2019Sonic Affordances of a Sacred Spring. The Urban Courtyard as a Figure of Rehabilitation of the Medina\u2019\u2019, <em>Journal of Sonic Studies<\/em>, 2020. <a href=\"https:\/\/www.researchcatalogue.net\/view\/978902\/978903.%20ffhal-02998784\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.researchcatalogue.net\/view\/978902\/978903. ffhal-02998784<\/a><\/p>\n[vii] Aglan, Amer. \u00ab\u00a0Military Architecture in Tiznit\u2013Morocco: Walls as a model\u00a0\u00bb,\u00a0<em>\u0645\u062c\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0645\u0627\u0631\u0629 \u0648 \u0627\u0644\u0641\u0646\u0648\u0646 \u0648 \u0627\u0644\u0639\u0644\u0648\u0645 \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u064a\u0629<\/em><\/p>\n<p>\u200e Vol 7, No.34, 2022, pp. 59-81. <a href=\"https:\/\/mjaf.journals.ekb.eg\/article_139003_2c8f56b40b23005938c1916dae1753e2.pdf?lang=en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/mjaf.journals.ekb.eg\/article_139003_2c8f56b40b23005938c1916dae1753e2.pdf?lang=en<\/a><\/p>\n[viii] Kourdou, Ibtissam &amp; Taoufik Cherradi. \u00ab\u00a0Restoration of built heritage Case study of earth constructions-Tiznit.\u00a0\u00bb\u00a0<em>International Journal of Engineering Research in Africa, Vol. 25<\/em>, 2016, p. 133.<\/p>\n[ix] Zafarani, Ha\u00efm. <em>Yahoud al-Andalous wa al-Maghrib (Les Juifs d&rsquo;Andalousie et du Maroc)<\/em>, traduit en Arabe par Ahmed Chahlane, premi\u00e8re partie. Casablanca : Najah Al-Jadida, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u0627\u0644\u0632\u0639\u0641\u0631\u0627\u0646\u064a\u060c \u062d\u0627\u064a\u064a\u0645.<em> \u064a\u0647\u0648\u062f \u0627\u0644\u0623\u0646\u062f\u0644\u0633 \u0648\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628<\/em>\u060c \u062a\u0631\u062c\u0645\u0629 \u0623\u062d\u0645\u062f \u0634\u062d\u0644\u0627\u0646\u060c \u0627\u0644\u062c\u0632\u0621 \u0627\u0644\u0623\u0648\u0644. \u0627\u0644\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0628\u064a\u0636\u0627\u0621: \u0645\u0637\u0628\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0646\u062c\u0627\u062d \u0627\u0644\u062c\u062f\u064a\u062f\u0629\u060c 2006.<\/p>\n[x] Une fibule amazighe (Tarifit : \u2d5c\u2d49\u2d59\u2d56\u2d4f\u2d59\u2d5c, romanis\u00e9e : Tis\u0263nst, Tachelhit : \u2d5c\u2d30\u2d65\u2d55\u2d65\u2d49\u2d5c, romanis\u00e9 : Ta\u1e93\u1e5b\u1e93it, arabe marocain : \u062a\u0632\u0631\u0632\u064a\u062a, romanis\u00e9 : ta\u1e93\u1e5b\u1e93it) est un bijou ou broche traditionnelle qui rev\u00eat une importance pratique et symbolique dans le patrimoine culturel amazigh. En tant qu&rsquo;\u00e9l\u00e9ment commun de la bijouterie des cultures berb\u00e8res, son utilisation \u00e9tait r\u00e9pandue parmi les tribus d&rsquo;Afrique du Nord. Sa forme exacte peut varier d&rsquo;une tribu \u00e0 l&rsquo;autre, mais elle se compose essentiellement d&rsquo;un triangle sous un anneau ou un demi-cercle et d&rsquo;une \u00e9pingle pour maintenir ensemble les v\u00eatements non cousus.<\/p>\n<p>Cf. Rabat\u00e9, Marie-Rose\u00a0; Goldenberg, Andr\u00e9 &amp; Thau, Jean-Louis.\u00a0<em>Bijoux du Maroc du Haut Atlas \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, depuis le temps des juifs jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle<\/em>. Casabanca\u00a0: Eddif\u00a0; Saint-R\u00e9my-de-Provence\u00a0: Edisud, 1999.<\/p>\n[xi] TIZNIT, LA CAPITALE DE L\u2019ORFEVRERIE AMAZIGH. <a href=\"https:\/\/laparuredetiznit.wordpress.com\/2017\/04\/16\/tiznit-la-capitale-de-lorfevrerie-amazigh\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/laparuredetiznit.wordpress.com\/2017\/04\/16\/tiznit-la-capitale-de-lorfevrerie-amazigh\/<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Depuis l\u2019antiquit\u00e9, l\u2019art berb\u00e8re refl\u00e8te l\u2019histoire d\u2019une grande civilisation. Sa fabrication est toujours faite selon deux techniques. La premi\u00e8re consiste en le moulage et le d\u00e9coupage du bijou ; elle est r\u00e9pandue dans toute l\u2019Afrique du Nord. La deuxi\u00e8me, la bijouterie \u00e9maill\u00e9e, introduit les pierres (ambre, corail, verroterie, etc.) ; on ne la trouve que dans trois r\u00e9gions : A Tiznit, en grande Kabylie, \u00e0 Moknine et \u00e0 Djerba en Tunisie.<\/em><\/p>\n<p><em>Le bijou compl\u00e9ment indispensable des v\u00eatements berb\u00e8res, joue un r\u00f4le essentiel dans la vie sociale des femmes berb\u00e8res. Les bijoux citadins, en or ou en argent dor\u00e9, finement cisel\u00e9s, ajour\u00e9s, filigran\u00e9s, rehauss\u00e9s de pierres ou de perles, rappellent les bijoux de l\u2019Andalousie m\u00e9di\u00e9vale, o\u00f9 les berb\u00e8res-Maures\u00a0ont s\u00e9journ\u00e9 plus de 800 ans, avant d\u2019\u00eatre refoul\u00e9 au Maroc. Les bijoux ruraux, en argent, aux motifs plus aust\u00e8res, mais de formes tr\u00e8s vari\u00e9es, sont des t\u00e9moignages du pass\u00e9 et la fabrication reste avant tout traditionnelle.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n[xii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019The Expulsion of Sephardic Jews from Spain in 1492 and their Relocation and Success in Morocco\u2019\u2019, <em>Researchgate, <\/em>2019. <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/335652520_The_Expulsion_of_Sephardic_Jews_from_Spain_in_1492_and_their_Relocation_and_Success_in_Morocco\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/335652520_The_Expulsion_of_Sephardic_Jews_from_Spain_in_1492_and_their_Relocation_and_Success_in_Morocco<\/a><\/p>\n[xiii] Atta Ali Muhammad Shehata Ray. <em>Al-Yahoud fi bilad al-Magrib al-Aqsa fi \u2018ahdi al-Mariniyyine wa al-Wattassiyyine (Les Juifs de l&rsquo;Extr\u00eame-Maghreb sous le r\u00e8gne des Marinides et des Wattasides)<\/em>. Damas : Dar al-Kalima et Dar al-Shafiq pour l&rsquo;impression, l&rsquo;\u00e9dition et la distribution, 1999, p. 190.<\/p>\n<p>\u0639\u0637\u0627 \u0639\u0644\u064a \u0645\u062d\u0645\u062f \u0634\u062d\u0627\u062a\u0647 \u0631\u064a\u0647. <em>\u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f \u0641\u064a \u0628\u0644\u0627\u062f \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0642\u0635\u0649 \u0641\u064a \u0639\u0647\u062f \u0627\u0644\u0645\u0631\u064a\u0646\u064a\u064a\u0646 \u0648\u0627\u0644\u0648\u0637\u0627\u0633\u064a\u064a\u0646<\/em>. \u062f\u0645\u0634\u0642: \u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0643\u0644\u0645\u0629 \u0648\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0634\u0641\u064a\u0642 \u0644\u0644\u0637\u0628\u0627\u0639\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0646\u0634\u0631 \u0648\u0627\u0644\u062a\u0648\u0632\u064a\u0639\u060c 1999\u060c \u0635 190.<\/p>\n[xiv] Mansour, Mohamed. <em>Al-Maghrib qabla al-isti\u2019m\u00e2r (Le Maroc avant le colonialisme)<\/em>, traduit en Arabe par Mohamed Hobeida. Casablanca\u00a0: Centre culturel arabe, 2006, p.\u00a042.<\/p>\n<p>\u0627\u0644\u0645\u0646\u0635\u0648\u0631\u060c \u0645\u062d\u0645\u062f. <em>\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0642\u0628\u0644 \u0627\u0644\u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0631<\/em>\u060c \u062a\u0631\u062c\u0645\u0629 \u0645\u062d\u0645\u062f \u062d\u0628\u064a\u062f\u0629. \u0627\u0644\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0628\u064a\u0636\u0627\u0621: \u0627\u0644\u0645\u0631\u0643\u0632 \u0627\u0644\u062b\u0642\u0627\u0641\u064a \u0627\u0644\u0639\u0631\u0628\u064a\u060c 2006\u060c \u0635 42.<\/p>\n[xv] Kenbib, Mohamed. <em>Yahoud al-Maghrib 1948-1912 (Les Juifs du Maroc 1948-1912)<\/em>, traduit en Arabe par Driss Bensa\u00efd. Casablanca : Imprimerie Najah Aljadida, 1998, p. 169.<\/p>\n<p>\u0643\u0646\u0628\u064a\u0628\u060c \u0645\u062d\u0645\u062f. <em>\u064a\u0647\u0648\u062f \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 1948-1912<\/em>\u060c \u062a\u0631\u062c\u0645\u0629 \u0625\u062f\u0631\u064a\u0633 \u0628\u0646\u0633\u0639\u064a\u062f. \u0627\u0644\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0628\u064a\u0636\u0627\u0621: \u0645\u0637\u0628\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0646\u062c\u0627\u062d \u0627\u0644\u062c\u062f\u064a\u062f\u0629\u060c 1998\u060c \u0635 169.<\/p>\n[xvi] Kredya, B. <em>Histoire des juifs de Safi<\/em>. \u05de\u05d5\u05e8\u05e9\u05ea \u05d9\u05d4\u05d3\u05d5\u05ea \u05de\u05e8\u05d5\u05e7\u05d5<\/p>\n<p>\u05d9\u05d4\u05d3\u05d5\u05ea \u05de\u05e8\u05d5\u05e7\u05d5 \u05e2\u05d1\u05e8\u05d4 \u05d5\u05ea\u05e8\u05d1\u05d5\u05ea\u05d4 \u2013 La Pr\u00e9servation, la Diffusion &amp; le Rayonnement du Juda\u00efsme Marocain. <a href=\"https:\/\/moreshet-morocco.com\/category\/his-des-juifs-de-safi-b-kredya\/page\/3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/moreshet-morocco.com\/category\/his-des-juifs-de-safi-b-kredya\/page\/3\/<\/a><\/p>\n<p>Lord Montefiore porta le sultan \u00e0 promulguer un dahir (\u00e9dit) le 5 f\u00e9vrier 1864 \u2013 premier du genre dans l&rsquo;histoire du Maroc et r\u00e9serv\u00e9 uniquement aux sujets juifs de son royaume, alors qu&rsquo;il se trouvait encore \u00e0 Marrakech. Voil\u00e0 ci-apr\u00e8s le point le plus important dans cet \u00e9dit sultanien unique en son genre :<\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Nous ordonnons \u00e0 quiconque re\u00e7oit notre pr\u00e9sente lettre\u2026 tous nos sujets, nos gouverneurs et les charges de nos affaires, de traiter les juifs de tout notre royaume avec \u00e9quit\u00e9 et d&rsquo;appliquer les obligations que Dieu, Gloire a Lui, nous impose, par l&rsquo;observance de la balance du droit, I \u2018\u00e9galit\u00e9 avec les non-juifs dans les arr\u00eats de justice pour que nul d&rsquo;entre eux ne subisse le poids d&rsquo;un atome d&rsquo;injustice, qu&rsquo;il ne soit oppresse, que nul mal et nulle injustice ne les atteignent, que nul ne les attaque dans leurs corps ou dans leurs biens, qu&rsquo;on n\u2019emploie les artisans [juifs] qu&rsquo;\u00e0 leur gr\u00e9 et \u00e0 condition de leur verser le salaire qu&rsquo;ils ont m\u00e9rit\u00e9 par leur travail, car les injustices sont les t\u00e9n\u00e8bres du Jour Dernier et nous ne les approuvons pas, ni contre eux, ni contre autrui et nous ne 1&rsquo;admettons point, parce que, pour nous, tous les hommes sont \u00e9gaux en droit. Si quelqu&rsquo;un fait acte d&rsquo;injustice contre eux ou se montre\u00a0malveillant envers eux, nous le punirons, par la volont\u00e9 de Dieu. Cet ordre que nous avons d\u00e9cid\u00e9, que nous avons clarifie et explique est une loi connue et \u00e9crite, mais nous y avons annexe cet \u00e9crit afin de rappeler les obligations, notre insistance et notre menace pour quiconque voudrait leur nuire, et notre fermet\u00e9 pour que les juifs b\u00e9n\u00e9ficient de plus de s\u00e9curit\u00e9. De cela, notre ordre, est \u00e9crit le 26 du mois sacre de Chaabane de l&rsquo;an 1280.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Cf. Kredya, Brahim. <em>Pages de l&rsquo;histoire des Juifs de Safi<\/em>.\u00a0Traduit par\u00a0Abdellah Ferhat.<\/p>\n<p>Bonneuil-sur-Marne: \u00c9d.\u00a0Auteurs du Monde, 2009.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: L&rsquo;histoire des juifs de Safi (Maroc) est aussi ancienne que la\u00a0ville elle-m\u00eame. Malheureusement, peu d&rsquo;\u00e9crits lui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s. Brahim KREDYA, historien amoureux passionn\u00e9 pour sa ville, tente de relancer la recherche dans ce domaine. Il ne cesse de piocher dans les rares manuscrits disponibles et incite les chercheurs \u00e0 suivre son exemple. Ainsi, il s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 toutes les composantes de la population de Safi \u00e0 travers les \u00e2ges, en essayant de mettre en valeur les personnalit\u00e9s qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans cette ville, en respectant la v\u00e9rit\u00e9 historique, sans pr\u00e9jug\u00e9 ni parti-pris. Entre autres travaux, il a retrac\u00e9 le r\u00f4le jou\u00e9 dans l&rsquo;histoire du Maroc par les sept saints juifs, les Oulad ben Zmirro, \u00e0 la fin du XVe et au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cles, lesquels ont fait prosp\u00e9rer l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9gionale sous l&rsquo;occupation portugaise et se sont impos\u00e9s comme les m\u00e9diateurs entre l&rsquo;occupant et les ch\u00e9rifs Saadiens \u00e0 Marrakech, d&rsquo;une part, et les tribus environnantes, d&rsquo;autre part. Le pr\u00e9sent ouvrage est consacr\u00e9 aux juifs de Safi, la ville de tol\u00e9rance et de coexistence par excellence, celle o\u00f9 les juifs et les musulmans ont cohabit\u00e9, dans les moments les plus dramatiques comme les plus prosp\u00e8res. Le respect mutuel et la coop\u00e9ration entre les deux communaut\u00e9s se sont perp\u00e9tu\u00e9s malgr\u00e9 les interf\u00e9rences des mouvements ext\u00e9rieurs de la colonisation et les intrigues de ses agents. Certes, la plupart des concitoyens de confession juive ont quitt\u00e9 la ville mais ils continuent \u00e0 y revenir en p\u00e8lerins, en touristes et en amis, \u00e0 la recherche d&rsquo;anciens compatriotes musulmans\u2026 Fasse Dieu que ces liens fraternels se consolident davantage, dans la paix et le respect mutuels\u00a0!<\/p>\n[xvii] Abu Al-Abbas Ahmed Al-Nasseri. <em>Al-Istiqs\u00e2 fi akhbar al- Maghreb al-Aqsa (Enqu\u00eate dans l&rsquo;actualit\u00e9 du Maghreb Al-Aqsa)<\/em>, neuvi\u00e8me partie. Casablanca : Dar Al-Kitab, 1956, pp. 113-114.<\/p>\n<p>\u0623\u0628\u0648 \u0627\u0644\u0639\u0628\u0627\u0633 \u0623\u062d\u0645\u062f \u0627\u0644\u0646\u0627\u0635\u0631\u064a. <em>\u0627\u0644\u0627\u0633\u062a\u0642\u0635\u0627 \u0641\u064a \u0623\u062e\u0628\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0642\u0635\u0649<\/em>\u060c \u0627\u0644\u062c\u0632\u0621 \u0627\u0644\u062a\u0627\u0633\u0639. \u0627\u0644\u062f\u0627\u0631\u0627\u0644\u0628\u064a\u0636\u0627\u0621: \u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0643\u062a\u0627\u0628\u060c 1956\u060c \u0635 \u0635 113-114.<\/p>\n[xviii] Voir les \u00e9tudes li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;histoire des Juifs au Maroc, dans les pays du Maghreb et en Andalousie \u00e0 travers les diff\u00e9rentes \u00e9poques dans les ouvrages suivants :<\/p>\n<p>Delouya, Arrik . <em>Les juifs du Maroc: bibliographie g\u00e9n\u00e9rale: r\u00e9sum\u00e9s, annotations, recensions<\/em>. Paris: Libraitie orientaliste Paul Geuthner, 2001; <em>Les Juifs du Maghreb et d\u2019al\u2010Andalus. Bibliographie<\/em>. Pr\u00e9face Fr\u00e9d\u00e9ric Ab\u00e9cassis et Karima Dir\u00e8che, Mars 2010. Bibliographie publi\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de la tenue du colloque internationale Migrations, identit\u00e9 et modernit\u00e9 au Maghreb \u00e0 Essaouira, les 17-20 mars 2010. Disponible en pdf dans: <a href=\"http:\/\/bibmed.mmsh.univ-aix\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/bibmed.mmsh.univ-aix<\/a><\/p>\n[xix] Benchabo-Benlolo, Guila. \u2018\u2019Les Juifs berb\u00e8res du Haut-Atlas et de l\u2019Anti Atlas :<br \/>\nV\u00eatements, bijoux et lieux de culte\u2019\u2019, \u00a0<em>Revue des Etudes Berb\u00e8res 9<\/em>. Travaux du LaCNAD, 2013.<\/p>\n[xx] Lasri, Siham. \u00ab\u00a0Les femmes juives dans le Maroc pr\u00e9-Protectorat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Hesp\u00e9ris-Tamuda LI (3), 2016, p. 195-219.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/Downloads\/2010-2019\/2016\/fascicule-3\/7.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/Downloads\/2010-2019\/2016\/fascicule-3\/7.pdf<\/a><\/p>\n<p>\u0633\u0647\u0627\u0645 \u0644\u0639\u0633\u0631\u064a. \u00ab\u00a0\u0627\u0644\u0645\u0631\u0623\u0629 \u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0645\u063a\u0631\u0628 \u0645\u0627 \u0642\u0628\u0644 \u0627\u0644\u062d\u0645\u0627\u064a\u0629\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em> LI (3), 2016, pp. 195-219.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/Downloads\/2010-2019\/2016\/fascicule-3\/7.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/Downloads\/2010-2019\/2016\/fascicule-3\/7.pdf<\/a><\/p>\n[xxi] Voir\u00a0: Goulven, J. \u201cNotes sur les origines anciennes des isra\u00e9lites du Maroc,\u201d <em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>, I, 1921, pp. 315-336.<\/p>\n<p>Voir \u00e9galement :<\/p>\n<p>Kenbib, Mohammad. <em>Les Juifs du Maroc 1912-1948<\/em>, traduit en Arabe par Idriss Bensa\u00efd. Rabat : Publications de la Facult\u00e9 des Lettres et des Sciences Humaines, 1998, p.17 ;<\/p>\n<p>\u0643\u0646\u0628\u064a\u0628\u060c\u0645\u062d\u0645\u062f. <em>\u064a\u0647\u0648\u062f\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u06281912-1948\u060c<\/em> \u062a\u0631\u062c\u0645\u0629 \u0625\u062f\u0631\u064a\u0633 \u0628\u0646\u0633\u0639\u064a\u062f. \u0627\u0644\u0631\u0628\u0627\u0637: \u0645\u0646\u0634\u0648\u0631\u0627\u062a \u0643\u0644\u064a\u0629\u0627\u0644\u0622\u062f\u0627\u0628 \u0648\u0627\u0644\u0639\u0644\u0648\u0645<\/p>\n<p>\u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u064a\u0629\u060c 1998 \u060c\u063517<\/p>\n<p>Ayyache, Germain. <em>La minorit\u00e9 juive au Maroc pr\u00e9colonial<\/em>, arabisation : Muhammad al-Amin al-Bezzaz et Abd<\/p>\n<p>Al-Aziz Tamsamani. Tanger\u00a0: Dar Niyaba, 1986, p. 7\u00a0;<\/p>\n<p>\u0639\u064a\u0627\u0634\u060c \u062c\u0631\u0645\u0627\u0646. <em>\u0627\u0644\u0623\u0642\u0644\u064a\u0629 \u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0645\u063a\u0631\u0628 \u0645\u0627 \u0642\u0628\u0644 \u0627\u0644\u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0631<\/em>\u060c \u062a\u0639\u0631\u064a\u0628: \u0645\u062d\u0645\u062f \u0627\u0644\u0623\u0645\u064a\u0646 \u0627\u0644\u0628\u0632\u0627\u0632 \u0648\u0639\u0628\u062f<\/p>\n<p>\u0627\u0644\u0639\u0632\u064a\u0632\u0627\u0644\u062a\u0645\u0633\u0645\u0627\u0646\u064a \u062e\u0644\u0648\u0642. \u062f\u0627\u0631\u0627\u0644\u0646\u064a\u0627\u0628\u0629\u060c 1986\u060c \u0635 7\u061b<\/p>\n<p>Voir \u00e9galement :<\/p>\n<p>Eisenbeth, Maurice. <em>Les juifs de l&rsquo;Afrique du Nord : d\u00e9mographie et onomastique<\/em>. Alger : Impr. du<\/p>\n<p>lyc\u00e9e, 1936.<\/p>\n[xxii] Voici quelques ouvrages qui pourraient \u00eatre utiles pour en apprendre davantage sur la communaut\u00e9 juive de Tiznit :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Les Juifs du Maroc : \u00e9tude sociologique<\/em>\u00a0\u00bb de Shmuel Trigano\u00a0;<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Juifs et Berb\u00e8res au Maroc : des origines \u00e0 nos jours<\/em>\u00a0\u00bb de Joseph Chetrit\u00a0;<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Jewish Sites and Synagogues of Morocco<\/em>\u00a0\u00bb de Jacques Levy\u00a0;<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Les Juifs du Maroc et leur patrimoine<\/em>\u00a0\u00bb de Serge Berdugo et Simon L\u00e9vy\u00a0;<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Juifs du Maroc : une communaut\u00e9 en diaspora<\/em>\u00a0\u00bb de Michel Abitbol\u00a0; et<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0<em>Les Juifs au Maroc : Bibliographie<\/em>\u00a0\u00bb de David Bensoussan<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il est \u00e9galement possible de trouver des t\u00e9moignages et des r\u00e9cits de vie de membres de la communaut\u00e9 juive de Tiznit dans des ouvrages de m\u00e9moires tels que \u00ab\u00a0<em>Le Pain de mis\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb de Simon L\u00e9vy ou \u00ab\u00a0<em>Tiznit, terre d&rsquo;\u00e9motions<\/em>\u00a0\u00bb de Gabriel Benabou.<\/p>\n[xxiii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019<a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-juifs-berberes-qui-sont-ils\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les juifs berb\u00e8res, qui sont-ils?<\/a>\u2019\u2019, <em>Le Monde Amazigh, <\/em>13 novembre 2022. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-juifs-berberes-qui-sont-ils\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-juifs-berberes-qui-sont-ils\/<\/a><\/p>\n[xxiv] \u00ab\u00a0Les Juifs amazighs de Tahala\u00a0: histoire, vie priv\u00e9e et coexistence religieuse\u00a0\u00bb, <em>Tiznit<\/em>, 26 juillet 2015, <a href=\"https:\/\/tiznit24.com\/?p=51894\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/tiznit24.com\/?p=51894<\/a>.<\/p>\n<p>https:\/\/tiznit24.com\/?p=51894&Prime; \u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a \u0628\u062a\u0647\u0627\u0644\u0629 :\u0627\u0644\u062a\u0627\u0631\u064a\u062e \u0648\u0627\u0644\u062e\u0635\u0648\u0635\u064a\u0629 \u0648\u062a\u0639\u0627\u064a\u0634 \u0627\u0644\u062f\u064a\u0627\u0646\u0627\u062a\u00a0\u00bb \u060c<em> \u062a\u0632\u0646\u064a\u062a<\/em> \u060c26 \u064a\u0648\u0644\u064a\u06482015 \u060c<\/p>\n[xxv] Tahiri, Mohamed. \u00ab <a href=\"https:\/\/www.hespress.com\/%D8%AA%D9%87%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A3%D9%85%D8%A7%D8%B2%D9%8A%D8%BA%D9%8A%D8%A9-%D8%B4%D9%87%D8%AF%D8%AA-%D8%AA%D8%B9%D8%A7%D9%8A%D8%B4-%D9%8A%D9%87%D9%88%D8%AF-%D8%A7%D9%84-236827.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tahala est un village berb\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de la coexistence des juifs et des musulmans du pays<\/a>\u00a0\u00bb, <em>Hespress<\/em>, 11 ao\u00fbt 2015,<\/p>\n<p>\u060c <em>\u0647\u0633\u0628\u0631\u064a\u0633<\/em>\u060c 11 \u063a\u0634\u062a 2015&Prime;<a href=\"https:\/\/www.hespress.com\/%D8%AA%D9%87%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A3%D9%85%D8%A7%D8%B2%D9%8A%D8%BA%D9%8A%D8%A9-%D8%B4%D9%87%D8%AF%D8%AA-%D8%AA%D8%B9%D8%A7%D9%8A%D8%B4-%D9%8A%D9%87%D9%88%D8%AF-%D8%A7%D9%84-236827.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u062a\u0647\u0627\u0644\u0629 \u0642\u0631\u064a\u0629 \u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a\u064a\u0629 \u0634\u0647\u062f\u062a \u062a\u0639\u0627\u064a\u0634 \u064a\u0647\u0648\u062f \u0627\u0644\u0628\u0644\u0627\u062f \u0648\u0645\u0633\u0644\u0645\u0650\u064a\u0640\u0647\u064e<\/a>\u00a0\u00bb \u0645\u062d\u0645\u062f \u0627\u0644\u0637\u0627\u0647\u0631\u064a.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\">[xxvi]<\/a> Chahlane, Ahmed. \u00ab La tentative de r\u00e9forme de l&rsquo;\u00e9ducation juive au Maroc au XIXe si\u00e8cle et le r\u00f4le des \u00e9coles syndicales isra\u00e9liennes dans les conditions d&rsquo;avant la protection \u00bb, parmi les actes d&rsquo;un s\u00e9minaire : R\u00e9forme et soci\u00e9t\u00e9 marocaine au XIXe si\u00e8cle. Casablanca : \u00a0Imprimerie Najah El Jadida, octobre 1986, p. 213.<\/p>\n<p>\u0634\u062d\u0644\u0627\u0646\u060c \u0623\u062d\u0645\u062f. \u00ab\u00a0\u0645\u062d\u0627\u0648\u0644\u0629 \u0625\u0635\u0644\u0627\u062d \u0627\u0644\u062a\u0639\u0644\u064a\u0645 \u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f\u064a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0642\u0631\u0646 19 \u0648\u062f\u0648\u0631 \u0645\u062f\u0627\u0631\u0633 \u0627\u0644\u0627\u062a\u062d\u0627\u062f \u0627\u0644\u0625\u0633\u0631\u0627\u0626\u064a\u0644\u064a \u0641\u064a \u0623\u0648\u0636\u0627\u0639 \u0645\u0627 \u0642\u0628\u064a\u0644 \u0627\u0644\u062d\u0645\u0627\u064a\u0629\u00a0\u00bb\u060c \u0636\u0645\u0646 \u0623\u0639\u0645\u0627\u0644 \u0646\u062f\u0648\u0629: <em>\u0627\u0644\u0625\u0635\u0644\u0627\u062d \u0648\u0627\u0644\u0645\u062c\u062a\u0645\u0639 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0642\u0631\u0646 \u0627\u0644\u062a\u0627\u0633\u0639 \u0639\u0634\u0631<\/em>. \u0627\u0644\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0628\u064a\u0636\u0627\u0621: \u0645\u0637\u0628\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0646\u062c\u0627\u062d \u0627\u0644\u062c\u062f\u064a\u062f\u0629\u060c \u0623\u0643\u062a\u0648\u0628\u0631 1986\u060c \u0635213.<\/p>\n[xxvii] Chouraqui, Andr\u00e9.\u00a0<em>L&rsquo;Alliance isra\u00e9lite universelle et la Renaissance juive contemporaine, 1860-1960<\/em>. Paris\u00a0:\u00a0P.U.F., 1965.<\/p>\n[xxviii] Zafrani, Haim. \u2018\u2019Les langues juives du Maroc\u2019\u2019, <em>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, 4, Ann\u00e9e 1967, pp. 175-188. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1967_num_4_1_967\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1967_num_4_1_967<\/a><\/p>\n[xxix] \u201c\u05dc\u05e9\u05d5\u05e0\u05d5\u05ea \u05d9\u05d4\u05d5\u05d3\u05d9\u05d5\u05ea \u05d1\u05de\u05e8\u05d5\u05e7\u05d5 \u05d5\u05ea\u05e8\u05d2\u05d5\u05de\u05d9 \u05d4\u05de\u05e7\u05e8\u05d0 \u05dc\u05d9\u05d4\u05d5\u05d3\u05d9\u05ea-\u05e2\u05e8\u05d1\u05d9\u05ea \/ LANGUES JUIVES DU MAROC ET TRADUCTIONS JUD\u00c9O-ARABES DE LA BIBLE\u201d, <em>Revue Europ\u00e9enne Des \u00c9tudes H\u00e9bra\u00efques<\/em>, 1997, pp. 111\u201327. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/23492759\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/23492759<\/a><\/p>\n[xxx] La bar-mitsvah (en h\u00e9breu :\u00a0\u05d1\u05e8 \u05de\u05e6\u05d5\u05d5\u05d4) est le statut de majorit\u00e9 religieuse acquis par les jeunes gar\u00e7ons juifs, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans. Par extension, l&rsquo;expression d\u00e9signe aussi la c\u00e9r\u00e9monie facultative c\u00e9l\u00e9brant ce passage.<\/p>\n[xxxi] Un talmid Hakham (h\u00e9breu : \u05ea\u05dc\u05de\u05d9\u05d3 \u05d7\u05db\u05dd \u00ab\u00a0Disciple de Sage\u00a0\u00bb) est un titre d&rsquo;origine talmudique d\u00e9signant \u00e0 l&rsquo;origine un \u00e9rudit en mati\u00e8res juives qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 fait rabbin.<\/p>\n[xxxii] <strong>Pilpoul<\/strong>, nom masculin (mot\u00a0<strong>h\u00e9breu<\/strong>), discussion extr\u00eamement pointilleuse sur un point de doctrine talmudique.<\/p>\n[xxxiii] La semikha (h\u00e9breu :\u00a0\u05e1\u05de\u05d9\u05db\u05d4 \u05dc\u05e8\u05d1\u05e0\u05d5\u05ea\u00a0\u00ab imposition [des mains] pour [conf\u00e9rer] l&rsquo;autorit\u00e9 rabbinique \u00bb) est le processus de transmission d&rsquo;autorit\u00e9 au sein des enfants d&rsquo;Isra\u00ebl, d\u00e9signant un individu comme rabbin.<\/p>\n[xxxiv] Soualem, Ahmed. \u00ab <a href=\"https:\/\/www.mominoun.com\/articles\/%D9%88%D9%85%D8%B6%D8%A7%D8%AA-%D9%85%D9%86-%D8%AA%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%AE-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%8A%D9%85-%D8%A7%D9%84%D9%8A%D9%87%D9%88%D8%AF%D9%8A-%D8%A8%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8-3851\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Flashs de l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9ducation juive au Maroc<\/a> \u00bb, <em>Mominoun sans fronti\u00e8res<\/em>, 19 avril 2016.<\/p>\n<p>\u0627\u0644\u0633\u0648\u0627\u0644\u0645\u060c \u0623\u062d\u0645\u062f. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.mominoun.com\/articles\/%D9%88%D9%85%D8%B6%D8%A7%D8%AA-%D9%85%D9%86-%D8%AA%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%AE-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%8A%D9%85-%D8%A7%D9%84%D9%8A%D9%87%D9%88%D8%AF%D9%8A-%D8%A8%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8-3851\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u0648\u0645\u0636\u0627\u062a \u0645\u0646 \u062a\u0627\u0631\u064a\u062e \u0627\u0644\u062a\u0639\u0644\u064a\u0645 \u0627\u0644\u064a\u0647\u0648\u062f\u064a \u0628\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628<\/a>\u00ab\u00a0\u060c<em> \u0645\u0624\u0645\u0646\u0648\u0646 \u0628\u0644\u0627 \u062d\u062f\u0648\u062f<\/em>\u060c 19 \u0623\u0628\u0631\u064a\u0644 2016.<\/p>\n[xxxv] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019 The Mellah of Fez, Abode of Moroccan Jews and Center of their Activities\u2019\u2019, <em>Sphardic Horizons,<\/em> Volume 13, Issues 1-2, Winter-Spring 2023. <a href=\"https:\/\/www.sephardichorizons.org\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.sephardichorizons.org\/index.html<\/a><\/p>\n[xxxvi] Le mellah est avant tout une forme architecturale pour les juifs dans les capitales historiques du Maroc, mais par leur incarnation du statut des <strong><em>dhimmis<\/em><\/strong>, ils jouissaient d&rsquo;une relative ind\u00e9pendance dans sa gestion, son administration et son pouvoir judiciaire, permettant aux juifs la libert\u00e9 de pratiquer leurs rituels \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du mellah et organisaient leur vie sociale en cons\u00e9quence. Le riche pass\u00e9 du Maroc comprend une longue p\u00e9riode de tol\u00e9rance religieuse entre musulmans et juifs alors qu&rsquo;ils travaillaient ensemble pour faire prosp\u00e9rer leur commerce. Les Juifs vivant dans un quartier s\u00e9par\u00e9 signifiaient qu&rsquo;ils \u00e9taient prot\u00e9g\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des murs de la kasbah et qu&rsquo;ils payaient des imp\u00f4ts au gouvernement. Les Juifs occupaient des postes lucratifs en tant que repr\u00e9sentants de banque, tailleurs et bijoutiers, etc. Le mellah est devenu pour les Juifs leur petite ville \u00e0 eux, avec synagogues et march\u00e9s \u00e0 ciel ouvert, fontaines et terrasses donnant sur des ruelles \u00e9troites.<\/p>\n[xxxvii] Hamdouni Alami, Yazid. \u2018\u2019 The mellahs without jews: a lost memory\u2019\u2019, <em>Journal of Tourism and Heritage Research<\/em>, Vol 2, No 3, 2019. <a href=\"http:\/\/www.jthr.es\/index.php\/journal\/article\/view\/76\/131\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jthr.es\/index.php\/journal\/article\/view\/76\/131<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Abandonn\u00e9 par ses anciens habitants partis principalement peupler l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra\u00ebl cr\u00e9\u00e9 en 1948 et remplac\u00e9 par les populations locales, le \u00ab\u00a0Mellah\u00a0\u00bb (Ancien quartier juif des villes marocaines) s&rsquo;inscrit comme un fait anthropologique qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9.\u00a0 Les habitants changent, mais les \u00ab\u00a0Mellahs\u00a0\u00bb rappellent une coexistence s\u00e9culaire, presque acceptable, entre musulmans et juifs.\u00a0 Aujourd&rsquo;hui, le \u00ab\u00a0Mellahs\u00a0\u00bb sans juifs est toujours investi de lieux de culte, synagogues, cimeti\u00e8res, etc.\u00a0 Le patrimoine architectural reste pratiquement le m\u00eame et la toponymie est un t\u00e9moignage que les bouleversements r\u00e9cents ne peuvent effacer. A travers quelques exemples, cet article tente d&rsquo;analyser le devenir d&rsquo;un patrimoine dont le contenu social a compl\u00e8tement chang\u00e9. Cependant, la rupture avec la terre des anc\u00eatres semble s&rsquo;att\u00e9nuer par un retour \u00e9pisodique au pays natal pour rendre hommage aux g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es, signe de la naissance d&rsquo;un tourisme de racines.<\/p>\n[xxxviii] Lasri, Siham. \u00ab Les Mellahs dans les villes marocaines \u00bb, <em>Anfas<\/em>, 2 janvier 2015. <a href=\"https:\/\/www.anfasse.org\/chaperno\/likelihead\/5812_21168.xhtml\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.anfasse.org\/chaperno\/likelihead\/5812_21168.xhtml<\/a><\/p>\n<p>\u0644\u0639\u0633\u0631\u064a\u060c \u0633\u0647\u0627\u0645. \u00ab\u00a0\u0627\u0644\u0645\u0644\u0627\u062d\u0627\u062a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0645\u062f\u0646 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a\u0629\u00a0\u00bb\u060c<em> \u0623\u0646\u0641\u0627\u0633<\/em>\u060c 2 \u064a\u0646\u0627\u064a\u0631 2015. <a href=\"https:\/\/www.anfasse.org\/chaperno\/likelihead\/5812_21168.xhtml\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.anfasse.org\/chaperno\/likelihead\/5812_21168.xhtml<\/a><\/p>\n[xxxix] Jouahri, Hind. \u00ab\u00a0Le Festival Ima\u2019shar d\u00e9marre \u00e0 Tiznit\u00a0\u00bb, <em>Yespress 7<\/em>.<\/p>\n<p>https:\/\/yespress7.com\/archives\/5568<\/p>\n<p>.7\u062c\u0648\u0627\u0647\u0631\u064a\u060c \u0647\u0646\u062f. \u00a0\u00bb \u0645\u0647\u0631\u062c\u0627\u0646 \u0625\u0645\u0639\u0634\u0627\u0631 \u064a\u0646\u0637\u0644\u0642 \u0628\u0645\u062f\u064a\u0646\u0629 \u062a\u064a\u0632\u0646\u064a\u062a\u00a0\u00bb\u060c<em> \u064a\u0633\u0628\u0631\u064a\u0633<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yespress7.com\/archives\/5568\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/yespress7.com\/archives\/5568<\/a><\/p>\n[xl] Tamtam, Mohamed. \u00ab Al-Hiloula&#8230; Le voyage de retour au sanctuaire sacr\u00e9 \u00bb, <em>al3omk.com<\/em>, 31 d\u00e9cembre 2020<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/al3omk.com\/614800.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/al3omk.com\/614800.html<\/a><\/p>\n<p>.\u0637\u0645\u0637\u0645\u060c \u0645\u062d\u0645\u062f. \u00ab\u00a0\u0627\u0644\u0647\u064a\u0644\u0648\u0644\u0629.. \u0631\u062d\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0648\u062f\u0629 \u0625\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0636\u0631\u064a\u062d \u0627\u0644\u0645\u0642\u062f\u0633\u00a0\u00bb\u060c <em>\u0627\u0644\u0639\u0645\u0642<\/em>, 31 \u062f\u064a\u0633\u0645\u0628\u0631 2020<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/al3omk.com\/614800.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/al3omk.com\/614800.html<\/a><\/p>\n[xli] Benargane, Yassine. \u2018\u2019 P\u00e8lerinage juif au Maroc #5 : David Ben Barroukh ou le l\u00e9gendaire saint de Taroudant\u2019\u2019, <em>Yabiladi, <\/em>25 juin 2019. <a href=\"https:\/\/www.yabiladi.com\/articles\/details\/80186\/pelerinage-juif-maroc-david-barroukh.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.yabiladi.com\/articles\/details\/80186\/pelerinage-juif-maroc-david-barroukh.html<\/a><\/p>\n[xlii] Ibid.<\/p>\n[xliii] Sakkat, Hanane. \u00ab\u00a0Sujet Hilola, la lettre Haa\u00a0\u00bb, <em>Encyclop\u00e9die du Maroc<\/em>, Volume 22, pp. 7536-7537.<\/p>\n<p>.\u0627\u0644\u0633\u0642\u0627\u0637\u060c \u062d\u0646\u0627\u0646. \u00ab\u00a0\u0645\u0627\u062f\u0629 \u0647\u064a\u0644\u0648\u0644\u0627\u060c \u062d\u0631\u0641 \u0627\u0644\u0647\u0627\u0621\u00a0\u00bb\u060c <em>\u0645\u0639\u0644\u0645\u0629 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628<\/em>\u060c\u0627\u0644\u062c\u0632\u0621 22\u060c \u0635 \u0635 7536-7537<\/p>\n[xliv] Sebti, Abdelahad. \u2018\u2019Maroc, terre juive\u2019\u2019, <em>Zamane<\/em>, No. 30, mai 2013.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.editionsdulys.com\/uploads\/3\/8\/9\/9\/3899427\/unesco_2_(1).pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.editionsdulys.com\/uploads\/3\/8\/9\/9\/3899427\/unesco_2_(1).pdf<\/a>.<\/p>\n[xlv] La Mimouna est une f\u00eate juive par excellence, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e chaque ann\u00e9e par les juifs marocains les 23 et 24 avril, les jours qui suivent imm\u00e9diatement P\u00e2ques. Cette pratique festive a commenc\u00e9 il y a 3 si\u00e8cles. Avec le passage des ann\u00e9es et l&rsquo;\u00e9migration d&rsquo;une grande partie des juifs marocains vers Isra\u00ebl, la f\u00eate de la Mimouna n&rsquo;\u00e9tait plus r\u00e9serv\u00e9e aux seuls juifs marocains, elle s&rsquo;est donc transform\u00e9e en une f\u00eate pour tous les juifs d&rsquo;Isra\u00ebl, et Tel-Aviv l&rsquo;a d\u00e9clar\u00e9e f\u00eate nationale. Cela n&rsquo;a cependant pas emp\u00each\u00e9 certains Juifs marocains de profiter de l&rsquo;ouverture des vols avec Tel-Aviv et de se rendre en grand nombre dans le Royaume pour c\u00e9l\u00e9brer la f\u00eate juive de la P\u00e2que dans leur pays d&rsquo;origine.<\/p>\n[xlvi] Sa\u00efd Al Jirari. \u00ab Tiznit c\u00e9l\u00e8bre la dimension h\u00e9bra\u00efque et honore les Juifs de la r\u00e9gion Souss-Massa \u00bb, <em>Anfas Press<\/em>, 7 f\u00e9vrier 2022. <a href=\"https:\/\/anfaspress.com\/news\/voir\/92753-2022-02-07-04-05-%2051\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/anfaspress.com\/news\/voir\/92753-2022-02-07-04-05- 51<\/a><\/p>\n<p>\u0633\u0639\u064a\u062f \u0627\u0644\u062c\u064a\u0631\u0627\u0631\u064a. \u00a0\u00bb \u062a\u064a\u0632\u0646\u064a\u062a \u062a\u062d\u062a\u0641\u064a \u0628\u0627\u0644\u0628\u0639\u062f \u0627\u0644\u0639\u0628\u0631\u064a \u0648\u062a\u0643\u0631\u0645 \u064a\u0647\u0648\u062f \u062c\u0647\u0629 \u0633\u0648\u0633 \u0645\u0627\u0633\u0629\u00a0\u00bb\u060c <em>\u0623\u0646\u0641\u0627\u0633 \u0628\u0631\u064a\u0633<\/em>\u060c 7 \u0641\u0628\u0631\u0627\u064a\u0631 2022.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/anfaspress.com\/news\/voir\/92753-2022-02-07-04-05-51\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/anfaspress.com\/news\/voir\/92753-2022-02-07-04-05-51<\/a><\/p>\n[xlvii] Traversant plus de 600 miles du d\u00e9sert du Sahara entre l&rsquo;Afrique subsaharienne et l&rsquo;Afrique du Nord, la route commerciale transsaharienne est un r\u00e9seau de routes qui a permis le commerce entre le VIIIe et le XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Cf. Bovill, E.W.\u00a0<em>Golden Trade of the Moors<\/em>. Oxford\u00a0: Oxford University Press, 1968.<\/p>\n[xlviii] Hachkar, Kamal. TINGHIR-JERUSALEM, LES \u00c9CHOS DU MELLAH. Film documentaire, 2013, 1h26mn. <a href=\"https:\/\/www.imdb.com\/title\/tt2949538\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.imdb.com\/title\/tt2949538\/<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> R\u00e9cit d\u2019un exil, Tinghir-Jerusalem, Les \u00e9chos du Mellah suit le destin de la communaut\u00e9 juive ayant quitt\u00e9 le village Berb\u00e8re de Tinghir au Maroc, dans les ann\u00e9es 50\/60. Kamal Hachkar, originaire de Tinghir, nous emm\u00e8ne \u00e0 la crois\u00e9e des cultures et fait r\u00e9sonner les chants, les voix et les histoires de cette double identit\u00e9 partag\u00e9e entre juifs et musulmans.<\/p>\n[xlix] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019 Moroccan Jews Departure to Israel Regretted in Morocco\u2019\u2019, <em>African Exponent,<\/em> 10 janvier 2017.\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.africanexponent.com\/blogs\/braveafrica\/4528-moroccan-jews-departure-to-israel-regretted-in-morocco\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.africanexponent.com\/blogs\/braveafrica\/4528-moroccan-jews-departure-to-israel-regretted-in-morocco<\/a><\/p>\n[l] Constitution du Royaume du Maroc, 2011. <a href=\"http:\/\/www.sgg.gov.ma\/Portals\/0\/constitution\/constitution_2011_Fr.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.sgg.gov.ma\/Portals\/0\/constitution\/constitution_2011_Fr.pdf<\/a><\/p>\n<p><em>Pr\u00e9ambule\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c9tat musulman souverain, attach\u00e9 \u00e0 son unit\u00e9 nationale et \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 territoriale, le Royaume du Maroc entend pr\u00e9server, dans sa pl\u00e9nitude et sa diversit\u00e9, son identit\u00e9 nationale une et indivisible. Son unit\u00e9, forg\u00e9e par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s&rsquo;est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, h\u00e9bra\u00efque et m\u00e9diterran\u00e9en.<\/em><\/p>\n[li] Assaraf, Robert. \u00ab\u00a0Chapitre II &#8211; Mohammed V\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Mohammed V et les Juifs du Maroc \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Vichy\u00a0<\/em>sous la direction de\u00a0Assaraf\u00a0Robert. Paris: Plon, 1997, pp. 65-84.<\/p>\n[lii] Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019<a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/30082021-moroccan-jews-in-israel-discrimination-in-the-new-homeland-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Moroccan Jews In Israel: Discrimination In The New Homeland<\/a>\u2019\u2019, <em>Eurasia Review, <\/em>30 ao\u00fbt 2021. <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/30082021-moroccan-jews-in-israel-discrimination-in-the-new-homeland-analysis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/30082021-moroccan-jews-in-israel-discrimination-in-the-new-homeland-analysis\/<\/a><\/p>\n[liii] Zafrani, Ha\u00efm. <em>Deux mille ans de vie juive au Maroc: Histoire et culture, religion et magie<\/em>. Paris\u00a0: Maisonneuve &amp; Larose, 1999.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Le juda\u00efsme marocain entretient avec la pens\u00e9e juive universelle et ses divers modes d&rsquo;expression des liens \u00e9troits et des relations privil\u00e9gi\u00e9es au niveau de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire h\u00e9bra\u00efque classique et traditionnelle. En outre ce juda\u00efsme est aussi le produit du terroir marocain o\u00f9 il a v\u00e9cu durant deux mill\u00e9naires. Dans cet espace de convergence et de dialogue s&rsquo;est \u00e9labor\u00e9e une personnalit\u00e9 jud\u00e9o-marocaine multipolaire complexe, dont la conscience et la m\u00e9moire se d\u00e9veloppent sur divers plans : au plan de l&rsquo;histoire, quand on pose un regard sur son destin et ses origines, sur les noms des lieux et des hommes ; au plan du paysage culturel, quand on interroge les apports multiples des civilisations h\u00e9bra\u00efques, arabes, berb\u00e8re et castillane, la production intellectuelle et la cr\u00e9ation litt\u00e9raire ; au plan de l&rsquo;imaginaire social, marqu\u00e9 du sceau de la religion et de la mystique qui, aux moments les plus solennels de l&rsquo;existence, s&rsquo;associent toutes deux dans le rituel pour donner aux c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 la fois leur dimension universelle et leur mesure locale. Cette nouvelle \u00e9dition comporte des mises \u00e0 jour et une postface qui remplace l&rsquo;\u00e9pilogue des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes et qui apporte un \u00e9clairage in\u00e9dit sur l&rsquo;histoire de cette communaut\u00e9 \u00e9clat\u00e9e dont il reste une m\u00e9moire dont l&rsquo;\u00e9cho r\u00e9sonne dans l&rsquo;\u00e2me d\u00e9racin\u00e9e des \u00e9migr\u00e9s retentissant dans leurs cris et leurs \u00e9crits, dans leur musique et leurs chants, leurs c\u00e9l\u00e9brations des f\u00eates familiales et religieuses, dans leurs p\u00e8lerinages.<\/p>\n[liv] Faouzi, Hassan.\u00a0\u201cPatrimoine, m\u00e9moire, enjeu politique et territoire. Cas de la Maison d\u2019Iligh (royaume de Tazeroualt), Souss-Massa, Maroc\u201d,\u00a0<em>Belgeo<\/em>, 1,\u00a02022.http:\/\/journals.openedition.org\/belgeo\/57009<\/p>\n[lv] Ennaji, M. \u00ab\u00a0Le royaume imaginaire de Tazerwalt XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>in<\/em>\u00a0Hogervorst\u00a0B. (dir.),\u00a0<em>La maison d\u2019Iligh. Un carrefour historique entre Tombouctou, le Maroc et l\u2019Europe<\/em>. Marrakech\u00a0: Ed. Maison de la Photographie de Marrakech, 2021, pp.\u00a034-41.<\/p>\n[lvi] Pascon, Paul.\u00a0<em>La Maison d\u2019Iligh et l\u2019histoire sociale du Tazerwalt.<\/em>\u00a0Rabat : Soci\u00e9t\u00e9 Marocaine des Editeurs R\u00e9unis, 1984.<\/p>\n<p>Cet ouvrage constitue une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fois\u00a0pour son contenu et\u00a0aussi pour l\u2019histoire de la recherche en sciences sociales au Maroc.<\/p>\n[lvii] Pascon, Paul &amp; Schroeter, Daniel. \u2018\u2019Le cimeti\u00e8re juif d&rsquo;Iligh (1751-1955). Etude des \u00e9pitaphes comme documents d&rsquo;histoire sociale\u2019\u2019, <em>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, no. 34, 1982, pp. 39-62. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1982_num_34_1_1958\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1982_num_34_1_1958<\/a><\/p>\n[lviii] Iligh est une ville historique situ\u00e9e au milieu de la tribu Tazeroualt dans le Souss. Elle a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par le prince Abou Hassoun as-Semlali et en a fait la capitale de son \u00e9mirat. Il a commenc\u00e9 \u00e0 la construire en l&rsquo;an 1021 AH et l&rsquo;habita en l&rsquo;an 1031 AH. Il lui \u00e9rigea un mur et lui fit quatre portes : Bab al-A\u00efn, Bab Azaghar, Bab Tal&rsquo;int et Bab al-Malahin, et d\u00e9l\u00e9gua des gens \u00e0 sa r\u00e9sidence. Il y s\u00e9para des march\u00e9s bord\u00e9s de boutiques, et imposa aux tribus \u00e0 se rendre dans sa nouvelle capitale pour les peupler, y compris les Imazighen et les B\u00e9douins sahraouis. Un groupe de juifs s&rsquo;y sont install\u00e9s auparavant, ils se sont donc construit une grande synagogue, mais elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie plus tard par une <strong><em>fatwa<\/em><\/strong> du cheikh Abi Mahdi Isa Al-Saktani apr\u00e8s un diff\u00e9rend entre les juristes d&rsquo;Iligh au sujet de sa lic\u00e9it\u00e9, consid\u00e9rant que les Juifs d&rsquo;Iligh sont des <strong><em>dhimmis <\/em><\/strong>et non les habitants d&rsquo;origine du pays, et qu&rsquo;ils avaient deux cimeti\u00e8res et un Mellah d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation Tiznit a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1882, sous le r\u00e8gne de Moulay Hassan Ier (1873-1894), lors d&rsquo;une exp\u00e9dition lanc\u00e9e par le pouvoir central pour obtenir l&rsquo;assujettissement du Souss et des r\u00e9gions voisines de l\u2019Anti-Atlas. 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