{"id":5491,"date":"2023-11-27T18:40:52","date_gmt":"2023-11-27T17:40:52","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=5491"},"modified":"2023-11-27T18:40:52","modified_gmt":"2023-11-27T17:40:52","slug":"les-touaregs-dazawad-un-peuple-amazigh-opprime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-touaregs-dazawad-un-peuple-amazigh-opprime\/","title":{"rendered":"Les Touaregs d\u2019Azawad, un peuple amazigh opprim\u00e9"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Dr. Mohamed Chtatou<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;Azawad, ou Azawagh (Amazigh : \u2d30\u2d63\u2d30\u2d61\u2d30\u2d37), a \u00e9t\u00e9 un \u00c9tat non reconnu de courte dur\u00e9e, de 2012 \u00e0 2013. Azawagh (Azawa\u0263) est le nom g\u00e9n\u00e9rique berb\u00e8re touareg pour toutes les r\u00e9gions amazighes touar\u00e9gues, en particulier la moiti\u00e9 nord du Mali [i] et le nord et l&rsquo;ouest du Niger. [ii]\n<p><strong>Qui sont les Touaregs ?<\/strong><\/p>\n<p>Les Touaregs sont des \u00e9leveurs de langue berb\u00e8re qui habitent une zone d&rsquo;Afrique du Nord et de l&rsquo;Ouest allant de Touat, en Alg\u00e9rie, et de Ghadam\u00e8s, en Libye, au nord du Nigeria et du Fezzan, en Libye, \u00e0 Tombouctou, au Mali. Leurs organisations politiques s\u2019\u00e9tendent au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales. Dans les ann\u00e9es 2010, ils \u00e9taient estim\u00e9s \u00e0 plus de deux millions d\u2019habitants. [iii]\n<p>Les Touaregs du nord vivent principalement dans de v\u00e9ritables pays d\u00e9sertiques, tandis que les Touaregs du sud vivent principalement dans la steppe et la savane. Les Touaregs sont constitu\u00e9s de conf\u00e9d\u00e9rations comprenant l&rsquo;Ahaggar (Hoggar) et l&rsquo;Azjer (Ajjer) au nord et les Asben (A\u00efr Touareg), Ifora, Itesen (Kel Geres), Aulliminden et Kel Tademaket au sud. Les sudistes \u00e9l\u00e8vent des z\u00e9bus et des chameaux, dont certains sont vendus aux Touaregs du nord. Les raids contre les caravanes et les voyageurs \u00e9taient importants \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9-europ\u00e9enne, tout comme le commerce caravanier, qui d\u00e9clina avec l&rsquo;introduction des v\u00e9hicules \u00e0 moteur. Les s\u00e9cheresses qui ont frapp\u00e9 le sud de la Mauritanie, le S\u00e9n\u00e9gal, le Niger, le Burkina Faso (Haute-Volta) et le Tchad dans les ann\u00e9es 1970 et 1980 ont toutes deux r\u00e9duit le nombre de Touaregs du sud et \u00e9rod\u00e9 leur mode de vie pastoral traditionnel. [iv]\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue est traditionnellement coutumi\u00e8re, allant des nobles aux ouvriers (autrefois esclaves), en passant par le clerg\u00e9, les vassaux et les artisans. L&rsquo;habitation touar\u00e8gue conventionnelle est une tente en peau teinte en rouge (parfois remplac\u00e9e \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle par du plastique). Les armes traditionnelles comprennent des \u00e9p\u00e9es \u00e0 deux tranchants, des poignards gain\u00e9s, des lances en fer et des boucliers en cuir. Les hommes adultes portaient traditionnellement un voile bleu en pr\u00e9sence de femmes, d&rsquo;\u00e9trangers et de beaux-parents, mais cette pratique a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre abandonn\u00e9e avec l&rsquo;urbanisation. Les Touaregs ont conserv\u00e9 une \u00e9criture particuli\u00e8re le Tifinagh [v] \u2d5c\u2d49\u2d3c\u2d49\u2d4f\u2d30\u2d56 apparent\u00e9e \u00e0 celle utilis\u00e9e par les anciens Libyens.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5493\" aria-describedby=\"caption-attachment-5493\" style=\"width: 635px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5493 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az1.jpg?resize=618%2C425&#038;ssl=1\" alt=\"Touaregs \u00e0 Tombouctou en janvier 2012 avant la d\u00e9claration de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad par le MNLA le m\u00eame mois\" width=\"618\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az1.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az1.jpg?resize=363%2C250&amp;ssl=1 363w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az1.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5493\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Touaregs \u00e0 Tombouctou en janvier 2012 avant la d\u00e9claration de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad par le MNLA le m\u00eame mois<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les Touareg sont un peuple africain islamique. Ils sont class\u00e9s comme semi-nomades, ce qui signifie qu&rsquo;ils voyagent avec leurs troupeaux de fa\u00e7on saisonni\u00e8re mais qu&rsquo;ils poss\u00e8dent \u00e9galement une zone d&rsquo;origine o\u00f9 ils cultivent certaines cultures vivri\u00e8res.<\/p>\n<p>Les Touareg sont surtout connus pour la pratique des hommes consistant \u00e0 se voiler le visage avec un tissu bleu teint \u00e0 l&rsquo;indigo. Les r\u00e9cits des premiers voyageurs les qualifiaient souvent d&rsquo;\u00ab\u00a0hommes bleus\u00a0\u00bb du d\u00e9sert du Sahara, la r\u00e9gion o\u00f9 vivent de nombreux Touaregs. On pense que les Touareg sont les descendants des Berb\u00e8res d\u2019Afrique du Nord et qu\u2019ils sont originaires de la r\u00e9gion du Fezzan en Libye. Ils se sont ensuite \u00e9tendus aux r\u00e9gions bordant le Sahara, int\u00e9grant les populations agricoles locales dans leur propre soci\u00e9t\u00e9. [vi]\n<p>Au XIVe si\u00e8cle, des routes commerciales vers les riches march\u00e9s du sel, de l\u2019or, de l\u2019ivoire et des esclaves d\u2019Afrique du Nord, d\u2019Europe et du Moyen-Orient avaient vu le jour \u00e0 travers le territoire touareg. Les Touareg se sont enrichis en tant qu&rsquo;\u00e9leveurs et commer\u00e7ants dans les r\u00e9gions sahariennes et sah\u00e9liennes. Le Sahel est la r\u00e9gion situ\u00e9e au sud du d\u00e9sert du Sahara qui est marqu\u00e9e par des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse mais n&rsquo;est pas un v\u00e9ritable d\u00e9sert.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, l\u2019exploration et les exp\u00e9ditions militaires europ\u00e9ennes ont conduit \u00e0 la domination fran\u00e7aise sur la patrie touar\u00e8gue. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les Fran\u00e7ais avaient plac\u00e9 les Touareg sous leur contr\u00f4le colonial. Ils ont mis fin aux activit\u00e9s commerciales touar\u00e8gues, notamment \u00e0 la perception de droits de douane et aux services de protection des caravanes de chameaux traversant le Sahara. [vii]\n<p><strong>La nation touar\u00e8gue<\/strong><\/p>\n<p>Le peuple touareg ; \u00e9galement orthographi\u00e9 Twareg ou Touareg ; endonyme : <strong><em>Imuha\u0263\/Imu\u0161a\u0263\/Ima\u0161e\u0263\u0103n\/Imaje\u0263\u0103n<\/em><\/strong>) [viii] sont un grand groupe ethnique amazigh qui habite principalement le Sahara dans une vaste r\u00e9gion s&rsquo;\u00e9tendant de l&rsquo;extr\u00eame sud-ouest de la Libye au sud de l&rsquo;Alg\u00e9rie, au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Traditionnellement pasteurs nomades, on trouve \u00e9galement de petits groupes de Touaregs dans le nord du Nig\u00e9ria. [ix]\n<p>Les Touaregs parlent des langues du m\u00eame nom (\u00e9galement connues sous le nom de <strong><em>tamasheq<\/em><\/strong>), qui appartiennent \u00e0 la branche berb\u00e8re de la famille afroasiatique. [x]\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un peuple semi-nomade qui pratique l&rsquo;islam et descend des communaut\u00e9s berb\u00e8res indig\u00e8nes d&rsquo;Afrique du Nord, qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites comme une mosa\u00efque d&rsquo;anc\u00eatres locaux d&rsquo;Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d&rsquo;Europe (premiers agriculteurs europ\u00e9ens) et d&rsquo;Afrique subsaharienne, avant la conqu\u00eate musulmane du Maghreb. On attribue au peuple touareg la propagation de l&rsquo;islam en Afrique du Nord et dans la r\u00e9gion adjacente du Sahel. [xi]\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue se caract\u00e9rise traditionnellement par l&rsquo;appartenance \u00e0 un clan, le statut social et la hi\u00e9rarchie des castes au sein de chaque conf\u00e9d\u00e9ration politique. [xii] Les Touaregs ont contr\u00f4l\u00e9 plusieurs routes commerciales transsahariennes et ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans les conflits de la r\u00e9gion saharienne \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque coloniale et postcoloniale. Certains chercheurs ont li\u00e9 l&rsquo;ethnogen\u00e8se des Touaregs \u00e0 la chute des Garamantes qui ont habit\u00e9 le Fezzan (Libye) du 1er mill\u00e9naire avant J.-C. au 5\u00e8me si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C. [xiii]\n<figure id=\"attachment_5494\" aria-describedby=\"caption-attachment-5494\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5494 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az2.jpg?resize=618%2C369&#038;ssl=1\" alt=\"Femmes touar\u00e8gues\" width=\"618\" height=\"369\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az2.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az2.jpg?resize=419%2C250&amp;ssl=1 419w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5494\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Femmes touar\u00e8gues<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les origines et les significations du nom Touareg ont longtemps \u00e9t\u00e9 d\u00e9battues. Il semblerait que <strong><em>Tw\u0101r\u0259g<\/em><\/strong> soit d\u00e9riv\u00e9 du pluriel bris\u00e9 de <strong><em>T\u0101rgi<\/em><\/strong>, un nom dont l&rsquo;ancienne signification \u00e9tait \u00a0\u00bb habitant de Targa \u00ab\u00a0, le nom touareg de la r\u00e9gion libyenne commun\u00e9ment appel\u00e9e Fezzan. <strong><em>Targa<\/em><\/strong> signifie en berb\u00e8re \u00a0\u00bb canal (de drainage)\u00a0\u00bb. [xiv] Une autre th\u00e9orie veut que Touareg soit d\u00e9riv\u00e9 de <strong><em>Taw\u00e2riq<\/em><\/strong>, le pluriel de l&rsquo;exonyme arabe <strong><em>T\u00e2riq\u00ee<\/em><\/strong>. [xv]\n<p>Le terme d\u00e9signant un homme touareg est <strong><em>amajagh<\/em><\/strong> (variantes : <strong><em>amashegh<\/em><\/strong>, <strong>amahagh<\/strong>), celui d\u00e9signant une femme <strong><em>tamajaq<\/em><\/strong> (variantes : <strong><em>tamasheq, tamahaq<\/em><\/strong>, <strong><em>timajaghen<\/em><\/strong>). [xvi] Les orthographes de l&rsquo;appellation varient selon les dialectes touaregs. Cependant, elles refl\u00e8tent toutes la m\u00eame racine linguistique, exprimant la notion de \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb. En tant que tel, l&rsquo;endonyme ne se r\u00e9f\u00e8re strictement qu\u2019\u00e0 la noblesse touar\u00e8gue, et non aux castes de clients artisans et aux esclaves. [xvii] Deux autres autod\u00e9signations touareg sont <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong> (Neo-Tifinagh : <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong>), qui signifie \u00ab\u00a0locuteurs de Tamasheq\u00a0\u00bb, et <strong><em>Kel Tagelmust<\/em><\/strong>, qui signifie \u00ab\u00a0personnes voil\u00e9es\u00a0\u00bb, en allusion au v\u00eatement <strong><em>tagelmust <\/em><\/strong>traditionnellement port\u00e9 par les hommes touareg. [xviii]\n<p>L&rsquo;exonyme anglais \u00a0\u00bb Blue People \u00a0\u00bb est \u00e9galement d\u00e9riv\u00e9 de la couleur indigo des voiles <strong><em>tagelmust<\/em><\/strong> et d&rsquo;autres v\u00eatements, qui tache parfois la peau en dessous en lui donnant une teinte bleu\u00e2tre. [xix] Un autre terme pour les Touaregs est <strong><em>Imuhagh<\/em><\/strong> ou <strong><em>Imushagh<\/em><\/strong>, un cognate de l&rsquo;auto nom berb\u00e8re du nord Imazighen. [xx]\n<p><strong>Tin Hinan, la reine touar\u00e9gue<\/strong><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, les Touaregs se sont d\u00e9plac\u00e9s vers le sud depuis la r\u00e9gion du Tafilalt au Maroc vers le Sahel sous la direction de la reine fondatrice touareg Tin Hinan, qui aurait v\u00e9cu entre le IVe et le Ve si\u00e8cle. [xxi] La tombe monumentale de la matriarche Tin Hinan, vieille de 1 500 ans, est situ\u00e9e dans le Sahara \u00e0 Abalessa, dans les montagnes du Hoggar, dans le sud de l&rsquo;Alg\u00e9rie. Des vestiges d&rsquo;une inscription en tifinagh, l&rsquo;\u00e9criture traditionnelle libyco-berb\u00e8re des Touaregs, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts sur l&rsquo;un des murs de l&rsquo;ancienne s\u00e9pulture. [xxii]\n<p>Des r\u00e9cits externes d&rsquo;interaction avec les Touaregs sont disponibles depuis le 10e si\u00e8cle au moins. Ibn Hawkal (Xe si\u00e8cle), al-Bakri (XIe si\u00e8cle), al-Idrissi (XIIe si\u00e8cle), Ibn Batutah (XIVe si\u00e8cle) et Leo Africanus (XVIe si\u00e8cle) ont tous d\u00e9crit les Touaregs sous une forme ou une autre, g\u00e9n\u00e9ralement sous le nom de <strong><em>mulatham\u00een<\/em><\/strong> ou \u00ab\u00a0les voil\u00e9es\u00a0\u00bb. Parmi les premiers historiens, Ibn Khald\u00fbn, \u00e9rudit du XIVe si\u00e8cle, a probablement les commentaires les plus d\u00e9taill\u00e9s sur la vie et le peuple du Sahara, bien qu&rsquo;il ne les ait apparemment jamais rencontr\u00e9s.<\/p>\n<p>Dida Badi \u00e9crit au sujet de l\u2019importance de Tin Hinan aux yeux du peuple touareg \u00e0 travers l\u2019histoire que\u00a0: [xxiii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Au-del\u00e0 de la tr\u00e8s abondante litt\u00e9rature qui traite de Tin-Hinan et au-del\u00e0 des trouvailles arch\u00e9ologiques, Tin-Hinan reste pour les Touaregs des Kel-Ahaggar, une figure historique de leur groupe et un mod\u00e8le structural qui s\u2019applique au niveau m\u00eame des diff\u00e9rents groupes de la soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue en g\u00e9n\u00e9ral, o\u00f9 le ph\u00e9nom\u00e8ne Tin-Hinan est repr\u00e9sent\u00e9 presque partout sous les formes de femmes l\u00e9gendaires, chez les groupes o\u00f9 le syst\u00e8me matrilin\u00e9aire est encore vivant\u00a0; ou sous les formes d\u2019hommes, chez les groupes o\u00f9 ce syst\u00e8me a commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre. Cette masculinisation est une autre forme de r\u00e9sistance de cette l\u00e9gende.<\/em><\/p>\n<p><em>Ces femmes ont en commun avec Tin-Hinan, d\u2019abord l\u2019appropriation d\u2019un espace donn\u00e9, et ensuite, la fondation d\u2019un groupe de parent\u00e9 qui va h\u00e9riter de cet espace, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des\u00a0tisarradh, limites territoriales connues et reconnues par l\u2019ensemble des groupes.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Tin Hinan est parfois appel\u00e9e \u00ab\u00a0Reine du Hoggar\u00a0\u00bb [xxiv] et par les Touaregs \u00ab\u00a0<strong><em>Tamenokalt<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, [xxv] ce qui signifie \u00e9galement \u00ab\u00a0reine\u00a0\u00bb. [xxvi] Le nom signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0femme des tentes\u00a0\u00bb, mais peut \u00eatre traduit m\u00e9taphoriquement par \u00ab\u00a0m\u00e8re de nous tous\u00a0\u00bb. Tin Hinan, ou comme son nom signifie litt\u00e9ralement dans l&rsquo;ancienne langue Tamahak \u00ab\u00a0Elle\/femme des tentes\u00a0\u00bb, et m\u00e9taphoriquement traduit par \u00ab\u00a0M\u00e8re de nous tous\u00a0\u00bb. Comme le dit la l\u00e9gende, Tin Hinan est une femme r\u00e9put\u00e9e pour sa beaut\u00e9, sa sagesse et ses voyages fr\u00e9quents. [xxvii]\n<p>Selon les histoires racont\u00e9es dans la r\u00e9gion, Tin Hinan \u00e9tait une \u00ab\u00a0princesse fugitive\u00a0\u00bb qui a v\u00e9cu au quatri\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re. [xxviii] Chass\u00e9e des r\u00e9gions septentrionales du Sahara, elle et sa caravane ont failli p\u00e9rir dans la nature jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elles tombent sur du grain dans les fourmili\u00e8res du d\u00e9sert. Dans d&rsquo;autres l\u00e9gendes moins corrobor\u00e9es, Tin Hinan a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite comme une musulmane de la tribu des Berb\u00e8res Braber, venue de l&rsquo;oasis de Tafilalt accompagn\u00e9e d&rsquo;une servante nomm\u00e9e Takamat. [xxix] Dans cette l\u00e9gende, Tin Hinan avait une fille (ou petite-fille), dont le nom est Kella, tandis que Takamat avait deux filles. Ces enfants seraient les anc\u00eatres des Touaregs de l&rsquo;Ahaggar. Selon une autre version, Tin Hinan aurait eu trois filles (qui portaient des noms tot\u00e9miques faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des animaux du d\u00e9sert) qui seraient les anc\u00eatres de la tribu. [xxx]\n<figure id=\"attachment_5495\" aria-describedby=\"caption-attachment-5495\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5495 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az3.jpg?resize=618%2C507&#038;ssl=1\" alt=\"Tin Hinan la reine touar\u00e8gue \" width=\"618\" height=\"507\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az3.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az3.jpg?resize=305%2C250&amp;ssl=1 305w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5495\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Tin Hinan la reine touar\u00e8gue<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Cela a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un mythe jusqu&rsquo;en 1925, lorsque sa tombe monumentale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte dans le d\u00e9sert du Sahara \u00e0 Abalessa, dans la r\u00e9gion du Hoggar, au sud de l&rsquo;Alg\u00e9rie, par l&rsquo;arch\u00e9ologue amateur polono-am\u00e9ricain Byron Khun de Prorok et l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise. Son tombeau, une structure circulaire en pierre d&rsquo;une hauteur de 13 pieds (pr\u00e8s de 4 m) et d&rsquo;un diam\u00e8tre de 75 pieds (pr\u00e8s de 23 m\u00e8tres), \u00e9tait situ\u00e9 sur une colline face au lit d&rsquo;une rivi\u00e8re ass\u00e9ch\u00e9. [xxxi]\n<p>La tombe de Tin Hinan a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte en 1925. Et dans les ann\u00e9es 1920, de nombreuses d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques ont \u00e9t\u00e9 faites. Certaines de ces d\u00e9couvertes sont le tombeau de Toutankhamon par Howard Carter et la ville d&rsquo;Ur par Leonard Woolley, qui ont toutes deux eu lieu en 1922. Malheureusement, ces d\u00e9couvertes ont retenu toute l&rsquo;attention et ont quelque peu \u00e9clips\u00e9 son d\u00e9voilement. [xxxii]\n<p><strong>Le peuple Touareg <em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les Touaregs <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong> sont des pasteurs qui ont domin\u00e9 le commerce dans les caravanes du d\u00e9sert \u00e0 travers l&rsquo;Afrique du Nord pendant des si\u00e8cles. Bien que le colonialisme fran\u00e7ais de la fin du XIXe si\u00e8cle ait cr\u00e9\u00e9 des complications pour leur culture, leur \u00e9conomie et leur mode de vie, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir des traditions et des coutumes importantes \u00e0 travers leur langue, leur religion et leur art. Le mot \u00ab\u00a0Touaregs\u00a0\u00bb est une variante orthographique fran\u00e7aise qui refl\u00e8te l&rsquo;influence de la colonisation fran\u00e7aise au cours des 19e et 20e si\u00e8cles. Cependant, les deux orthographes peuvent \u00eatre utilis\u00e9es de mani\u00e8re interchangeable. [xxxiii]\n<p>Les Touaregs sont un peuple du d\u00e9sert du Sahara, une vaste \u00e9tendue qui s&rsquo;\u00e9tend sur les r\u00e9gions nord et ouest de l&rsquo;Afrique. On estime qu&rsquo;il y a environ 1,2 \u00e0 3 millions de personnes qui s&rsquo;identifient comme Touaregs dans le d\u00e9sert du Sahara. Ils vivent dans plusieurs pays, notamment\u00a0: le Niger, le Mali, l&rsquo;Alg\u00e9rie, la Libye, le Nigeria et le Burkina Faso. [xxxiv]\n<p>Les peuples touaregs \u2013 ou encore les <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong> \u2013 constituent un groupe ethnique berb\u00e8re principalement nomade, territorialement concentr\u00e9, dans les r\u00e9gions d\u00e9sertiques du nord-est du Mali, du sud de l\u2019Alg\u00e9rie, de l\u2019ouest du Niger [xxxv] et dans certaines parties de la Libye et du Burkina-Faso. Il y a environ 500 000 <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong> au Mali, et diverses factions de cette population se sont r\u00e9volt\u00e9es contre le gouvernement central de Bamako \u00e0 quatre reprises depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance. Le premier de ces soul\u00e8vements a eu lieu en 1963-64, et a \u00e9t\u00e9 suivi de conflits arm\u00e9s de 1990 \u00e0 1996, de 2006 \u00e0 2009 et depuis janvier 2012. [xxxvi]\n<p>Conform\u00e9ment aux premi\u00e8res, deuxi\u00e8mes, quatri\u00e8mes et cinqui\u00e8mes propositions d&rsquo;Edward Azar en mati\u00e8re de conflit social, [xxxvii] les trois premi\u00e8res r\u00e9bellions \u00e9taient des conflits intra\u00e9tatiques motiv\u00e9s par des tentatives d&rsquo;obtenir une plus grande autonomie au sein de l&rsquo;\u00c9tat malien en raison de probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9coulant de la marginalisation socio-\u00e9conomique et des menaces contre l&rsquo;identit\u00e9 des <strong><em>Kel Tamasheq<\/em><\/strong>. L\u2019invocation par Gurr de l\u2019affirmation de Huntington selon laquelle les conflits ethniques sont susceptibles de se produire le long de lignes de fracture civilisationnelles semble \u00e9galement pertinente aux conflits ethniques actuels et pass\u00e9s au Mali. [xxxviii]\n<p>La principale caract\u00e9ristique de la soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue est sa forte structure hi\u00e9rarchique. Les individus composant la soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue sont class\u00e9s dans les cat\u00e9gories suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; <strong><em>Imajeghen<\/em><\/strong> : tribus nobles<\/p>\n<p>&#8211; <strong><em>Imrad<\/em><\/strong> : tribus vassales<\/p>\n<p>&#8211;<strong> Ineslemen<\/strong> : tribus maraboutiques (le singulier <strong><em>ineslem<\/em><\/strong> signifie \u00ab musulman \u00bb)<\/p>\n<p>&#8211; <strong><em>Inaden<\/em><\/strong> : forgerons<\/p>\n<p>&#8211; <strong><em>Iraouellan<\/em><\/strong> : anciens captifs touaregs<\/p>\n<p>&#8211; <strong><em>Iklan<\/em><\/strong> : esclaves noirs (le singulier <strong><em>akli<\/em><\/strong> signifie \u00ab noir \u00bb) [xxxix]\n<p>&#8211; <strong><em>Bellas<\/em><\/strong> : esclaves affranchis parlant Songha\u00ef [xl]\n<p>&#8211; <strong><em>Bouzous<\/em><\/strong> : esclaves affranchis de langue Haoussa<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le peuple touareg repr\u00e9sente un v\u00e9ritable m\u00e9lange culturel et racial avec les populations arabes et noires d&rsquo;Afrique subsaharienne. Pour une grande majorit\u00e9, ils ont abandonn\u00e9 le mode de vie nomade pour un mode de vie plus s\u00e9dentaire, s&rsquo;installant dans les grandes villes aux portes du d\u00e9sert du Sahara comme Agadez au Niger. [xli]\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;influence de l&rsquo;Islam, les Touareg sont monogames \u00e0 l&rsquo;exception de quelques-uns qui ont adopt\u00e9 la polygamie. Le mariage est un rituel important dans leur soci\u00e9t\u00e9. L&rsquo;homme apporte la dot \u00e0 la famille de la mari\u00e9e. Ce dernier est constitu\u00e9 de chameaux et de taureaux. La famille de la mari\u00e9e fournit la tente et le mobilier des futurs mari\u00e9s. En cas de divorce, la tente et le mobilier restent la propri\u00e9t\u00e9 de la femme. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant r\u00e9gie par le syst\u00e8me des castes, le mariage en dehors des castes est rare. [xlii]\n<p>On constate que la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, l&rsquo;impuret\u00e9 du porc, ainsi que la pri\u00e8re, sont des signes de l&rsquo;influence de la culture arabo-islamique sur le mode de vie touareg. Le th\u00e9, par exemple, a \u00e9t\u00e9 introduit au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle et est consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen de montrer son hospitalit\u00e9 ou un pr\u00e9texte pour discuter.<\/p>\n<p>En revanche, l\u2019influence de l\u2019Islam appara\u00eet diff\u00e9remment dans les tribus touar\u00e8gues. En fait, la pratique religieuse est assez forte selon les r\u00e9gions.<\/p>\n<p>Selon H\u00e9l\u00e8ne Claudot-Hawad, Le syst\u00e8me touareg de repr\u00e9sentation dispose de deux cat\u00e9gories-cl\u00e9 qui d\u00e9limitent de mani\u00e8re assez pr\u00e9cise les contours de ce qui est soi et de ce qui est autre\u00a0; il s\u2019agit de la cat\u00e9gorie de\u00a0<em>temust<\/em>\u00a0et de celle de\u00a0<em>tamurt<\/em>\u00a0: [xliii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u201cl\u2019appellation de\u00a0temust n imajaghen\u00a0d\u00e9finit les contours les plus vastes du monde touareg, groupe humain parlant la m\u00eame langue, poss\u00e9dant les m\u00eames r\u00e9f\u00e9rences culturelles, suivant le m\u00eame code de l\u2019honneur et se ramifiant en un vaste ensemble conf\u00e9d\u00e9ral (&#8230;). Enfin, enveloppant la\u00a0temust, tamurt\u00a0d\u00e9signe un ensemble de personnes poss\u00e9dant la m\u00eame culture ou la m\u00eame mythologie fondatrice. L\u2019accent est mis, dans cette notion, sur l\u2019affinit\u00e9 culturelle. Les liens d\u00e9finissant la collectivit\u00e9 ainsi nomm\u00e9e peuvent exister actuellement ou appartenir au pass\u00e9. Par exemple, les Touaregs consid\u00e8rent qu\u2019autrefois les descendants de No\u00e9, devenus plus tard les Berb\u00e8res, les Arabes, les Ethiopiens, Les Peuls, les Egyptiens et les Juifs constituaient la m\u00eame tamurt bien qu\u2019aujourd\u2019hui ils forment des entit\u00e9s distinctes. A une \u00e9chelle plus r\u00e9duite, les Touaregs et les Peuls ou encore les Touaregs et les Maures peuvent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s comme membres d\u2019une ancienne\u00a0tamurt.\u00a0Dans le pr\u00e9sent,\u00a0tamurt\u00a0peut s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019ensemble form\u00e9 par les Touaregs et les autres Berb\u00e8res, par opposition au monde \u201carabe\u201d ou encore \u201coccidental\u201d.<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_5496\" aria-describedby=\"caption-attachment-5496\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5496 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az4.jpg?resize=618%2C427&#038;ssl=1\" alt=\"Nomades touaregs\" width=\"618\" height=\"427\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az4.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az4.jpg?resize=362%2C250&amp;ssl=1 362w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az4.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5496\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Nomades touaregs<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Histoire de l\u2019Azawad [xliv]<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019empire saadien du Maroc antique a attaqu\u00e9 la r\u00e9gion en 1591. Le souverain saadien, Ahmad Ier al-Mansour, envoya le g\u00e9n\u00e9ral morisque Judar Pacha dans la r\u00e9gion \u00e0 la recherche d&rsquo;or. Il diriga une exp\u00e9dition de 4 000 Morisques andalous, 500 mercenaires et 2 500 auxiliaires, dont des esclaves, baptis\u00e9e <sup>c<\/sup>Abid\u00e2t Arma. [xlv] Apr\u00e8s la bataille de Tondibi, dans un village situ\u00e9 juste au nord de Gao, Pacha et ses forces s&#8217;emparent de Gao le 30 mai 1591. Pacha est n\u00e9 dans une famille de musulmans espagnols au Maroc, bannis par la Couronne espagnole \u00e0 la suite de l&rsquo;\u00e9chec du soul\u00e8vement des Alpujarras en 1568-71. [xlvi]\n<p>Le pillage de Gao marque la fin effective de l\u2019Empire songha\u00ef (1464-1591) [xlvii] en tant que puissance r\u00e9gionale [xlviii] et son d\u00e9clin \u00e9conomique et intellectuel. \u00a0Le d\u00e9veloppement du commerce transatlantique, qui transporte des esclaves africains, y compris des dirigeants et des \u00e9rudits de Tombouctou, marginalise les r\u00f4les de Gao et de Tombouctou en tant que centres de commerce et d&rsquo;\u00e9rudition. [xlix] L&rsquo;exp\u00e9dition marocaine aboutit \u00e0 la formation du pachalik de Tombouctou. Alors qu&rsquo;il contr\u00f4lait initialement les routes commerciales entre le Maroc et Tombouctou, le Maroc a rapidement coup\u00e9 ses liens avec Judar Pacha. Les pachas suivants perdirent leur emprise sur Tombouctou. En 1630, la colonie \u00e9tait ind\u00e9pendante et les dirigeants \u00e9taient devenus autochtones par le biais de mariages mixtes et d&rsquo;alliances locales. Le Songhay n&rsquo;a jamais repris le contr\u00f4le et de plus petits royaumes de ta\u00effas ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s. [l]\n<p>Les Touaregs prennent temporairement le contr\u00f4le en 1737. Pendant le reste du XVIIIe si\u00e8cle, diverses tribus touar\u00e8gues, bambaras et kountas ont bri\u00e8vement occup\u00e9 ou assi\u00e9g\u00e9 la ville. Pendant cette p\u00e9riode, l&rsquo;influence des pachas, qui s&rsquo;\u00e9taient alors m\u00e9lang\u00e9s aux Songhays par le biais de mariages mixtes, n&rsquo;a jamais compl\u00e8tement disparu.<\/p>\n<p>L&#8217;empire Massina prend le contr\u00f4le de Tombouctou [li] en 1826 et le conserve jusqu&rsquo;en 1865, date \u00e0 laquelle il est chass\u00e9 par l&#8217;empire toucouleur d&rsquo;El Hadj Omar Tall. Les sources ne s&rsquo;accordent pas sur l&rsquo;identit\u00e9 des dirigeants \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des colonisateurs fran\u00e7ais : un article paru en 1924 dans le Journal de <em>Royal African Society<\/em> mentionne les Touaregs, [lii] l\u2019historien Elias N. Saad sugg\u00e8re en 1983 les Sonink\u00e9s Wangara, tandis que l&rsquo;africaniste John Hunwick \u00e9crit en 2003 que plusieurs \u00c9tats se sont disput\u00e9 le pouvoir \u00ab\u00a0<em>dans l&rsquo;ombre<\/em>\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;en 1893. [liii]\n<p>L&#8217;empire de Gao doit son nom \u00e0 la ville de Gao. Au IXe si\u00e8cle de notre \u00e8re, il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le plus puissant royaume d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XIVe si\u00e8cle, la partie m\u00e9ridionale de la r\u00e9gion passe sous le contr\u00f4le de l&#8217;empire du Mali. Le roi Moussa Ier annexe pacifiquement Tombouctou en 1324, au retour de son c\u00e9l\u00e8bre p\u00e8lerinage \u00e0 La Mecque. [liv]\n<p>Avec l&rsquo;affaiblissement de la puissance de l&rsquo;Empire du Mali dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVe si\u00e8cle, la r\u00e9gion autour de Tombouctou devient relativement autonome, bien que les Touaregs maghr\u00e9bins occupent une position dominante Trente ans plus tard, l&rsquo;Empire Songhay, en pleine ascension, s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 Gao, absorbant Tombouctou en 1468 ou 1469 et une grande partie de la r\u00e9gion environnante. La ville est dirig\u00e9e successivement par le sunnite Ali Ber (1468-1492), le sunnite Baru (1492-1493) et l&rsquo;Askia Mohammad Ier (1493-1528). Sunni Ali Ber \u00e9tait en conflit s\u00e9v\u00e8re avec Tombouctou apr\u00e8s sa conqu\u00eate. [lv]\n<p>Askia Mohammad Ier cr\u00e9a un \u00e2ge d&rsquo;or pour l&#8217;empire Songhay et Tombouctou gr\u00e2ce \u00e0 une administration centrale et r\u00e9gionale efficace qui laissait une marge de man\u0153uvre suffisante pour permettre aux centres commerciaux de la ville de prosp\u00e9rer. Avec Gao comme capitale de l&#8217;empire, Tombouctou jouissait d&rsquo;une position relativement autonome. [lvi] Les marchands de Ghadam\u00e8s, d&rsquo;Awjilah et de nombreuses autres villes d&rsquo;Afrique du Nord s&rsquo;y rassemblaient pour \u00e9changer de l&rsquo;or et des esclaves contre le sel saharien de Taghaza, des tissus et des chevaux nord-africains. La dynastie des Askia dirigea l&#8217;empire jusqu&rsquo;en 1591, date \u00e0 laquelle des luttes intestines affaiblirent son emprise.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que les puissances europ\u00e9ennes eurent officialis\u00e9 la course \u00e0 l&rsquo;Afrique lors de la conf\u00e9rence de Berlin, les Fran\u00e7ais prirent le contr\u00f4le des terres situ\u00e9es entre le 14e m\u00e9ridien et Miltou, au sud-ouest du Tchad, d\u00e9limit\u00e9es au sud par une ligne allant de Say, au Niger, \u00e0 Baroua. Bien que la r\u00e9gion de l&rsquo;Azawad soit fran\u00e7aise par son nom, le principe d&rsquo;effectivit\u00e9 exige que la France exerce son pouvoir dans les zones c\u00e9d\u00e9es, par exemple en signant des accords avec les chefs locaux, en mettant en place un gouvernement et en exploitant la r\u00e9gion sur le plan \u00e9conomique, avant que la revendication ne soit d\u00e9finitive. [lvii]\n<p>Le 15 d\u00e9cembre 1893, Tombouctou, qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 offrir, est annex\u00e9e par un petit groupe de soldats fran\u00e7ais, dirig\u00e9 par le lieutenant Gaston Boiteux, et la r\u00e9gion devient une partie du Soudan fran\u00e7ais, une colonie de la France. \u00a0La colonie est r\u00e9organis\u00e9e et son nom est modifi\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises au cours de la p\u00e9riode coloniale fran\u00e7aise. En 1899, le Soudan fran\u00e7ais est subdivis\u00e9 et l&rsquo;Azawad devient une partie du Haut-S\u00e9n\u00e9gal et du Moyen Niger. En 1902, elle est rebaptis\u00e9e S\u00e9n\u00e9gambie et Niger, puis en 1904, Haut-S\u00e9n\u00e9gal et Niger. Ce nom est utilis\u00e9 jusqu&rsquo;en 1920, date \u00e0 laquelle il redevient le Soudan fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab Azawad \u00bb d\u00e9signe un territoire s\u2019\u00e9tendant \u00e0 travers le Sahel et le Sahara, couvrant principalement la r\u00e9gion situ\u00e9e au nord du fleuve Niger au Mali. Certains partisans du mouvement incluent \u00e9galement certaines r\u00e9gions du sud de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;explorateur et scientifique \u00e9cossais Robert Brown, Azawad est une corruption arabe du mot berb\u00e8re Azawagh, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un bassin fluvial ass\u00e9ch\u00e9 qui couvre l&rsquo;ouest du Niger, le nord-est du Mali et le sud de l&rsquo;Alg\u00e9rie. [lviii] Le nom se traduit par \u00ab terre de transhumance \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Azawad <\/strong><strong>\u2d30\u2d63\u2d30\u2d61\u2d30\u2d37, \u00c9tat ind\u00e9pendant<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawad a \u00e9t\u00e9 faite unilat\u00e9ralement par le Mouvement national de lib\u00e9ration de l&rsquo;Azawad (MNLA) en 2012, apr\u00e8s qu\u2019une r\u00e9bellion touar\u00e8gue a chass\u00e9 les forces arm\u00e9es maliennes de la r\u00e9gion. [lix]\n<p>L&rsquo;Azawad \u2d30\u2d63\u2d30\u2d61\u2d30\u2d37, tel que revendiqu\u00e9 par le MNLA, comprend les r\u00e9gions maliennes de Tombouctou, Kidal, Gao, ainsi qu&rsquo;une partie de la r\u00e9gion de Mopti, soit environ 60 % de la superficie totale du Mali. [lx] L&rsquo;Azawad est bord\u00e9 au sud par le Burkina Faso, \u00e0 l&rsquo;ouest et au nord-ouest par la Mauritanie, au nord et au nord-est par l&rsquo;Alg\u00e9rie, \u00e0 l&rsquo;est et au sud-est par le Niger, et au sud-ouest par le Mali incontest\u00e9. Il chevauche une partie du Sahara et de la zone sah\u00e9lienne. Gao est sa plus grande ville et a servi de capitale temporaire, tandis que Tombouctou est la deuxi\u00e8me plus grande ville et \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre la capitale par les forces ind\u00e9pendantistes. [lxi]\n<p>Le 6 avril 2012, dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 sur son site Internet, le MNLA a d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawad du Mali. Dans cette D\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad, le nom \u00c9tat ind\u00e9pendant de l\u2019Azawad a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 (fran\u00e7ais : \u00c9tat ind\u00e9pendant de l\u2019Azawad, arabe : \u062f\u0648\u0644\u0629 \u0623\u0632\u0648\u0627\u062f \u0627\u0644\u0645\u0633\u062a\u0642\u0644\u0629, Dawlat Azaw\u0101d al-Mustaqillah). [lxii]\n<p>A propos de la notion de \u201cPeuple de l\u2019Azawad\u201d, Dahbia Abrous \u00e9crit\u00a0: [lxiii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Les textes \u00e9labor\u00e9s par les Touaregs du Mali &#8211; en particulier ceux du F.P.L.A. &#8211; sont les plus explicites \u00e0 ce sujet. Dans ces textes (Lettre ouverte du F.P.L.A., document intitul\u00e9 \u201cDe Tchin Tabaraden \u00e0 L\u00e9r\u00e9\u201d) appara\u00eet une notion centrale : celle de \u201cPeuple de l\u2019Azaouad\u201d. Cette notion &#8211; nous verrons plus loin ce qu\u2019elle recouvre &#8211; entre dans un syst\u00e8me coh\u00e9rent o\u00f9 elle remplit une double fonction :<\/em><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li><em>Une fonction externe car elle inscrit la lutte de l\u2019Azaouad dans un cadre plus large devenu universel : celui de la D\u00e9claration Universelle des Droits de l\u2019Homme et plus pr\u00e9cis\u00e9ment du \u201cdroit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames\u201d ; <\/em><\/li>\n<li><em>Une fonction interne car elle situe (resitue ?) les Touaregs en relation avec les autres peuples voisins : Peuls, Songha\u00efs, Maures, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019appara\u00eet &#8211; dans les textes &#8211; un rapport entre \u201cpeuple de l\u2019Azaouad\u201d et \u201ccommunaut\u00e9 historique de l\u2019Azaouad\u201d.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Ces deux points bien que li\u00e9s seront abord\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Dans sa lettre ouverte, le F.P.L.A. l\u00e9gitime sa cr\u00e9ation et ses objectifs de lutte en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la D\u00e9claration Universelle des Droits de l\u2019Homme et au principe du \u201cdroit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames\u201d ; il \u201crevendique pour l\u2019Azaouad le droit inali\u00e9nable d\u2019assumer son destin dans le respect des diff\u00e9rences compl\u00e9mentaires de ses populations\u201d (&#8230;) \u00ab\u00a0pour que soient reconnus universellement \u00e0 l\u2019instar de tous les peuples du monde, nos droits \u00e0 une existence libre et digne et ce, conform\u00e9ment \u00e0 nos aspirations profondes et \u00e0 notre identit\u00e9 propre\u201d (Lettre ouverte du F.P.L.A., p. 2).\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_5497\" aria-describedby=\"caption-attachment-5497\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5497 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az5.jpg?resize=618%2C368&#038;ssl=1\" alt=\"Ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad\" width=\"618\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az5.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az5.jpg?resize=420%2C250&amp;ssl=1 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5497\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Insurrection et conflit<\/strong><\/p>\n<p>En janvier 2013, une insurrection mineure a d\u00e9but\u00e9 lorsque des groupes fondamentalistes islamistes ont tent\u00e9 de prendre le contr\u00f4le de l&rsquo;ensemble du Mali. La France et le Tchad ont envoy\u00e9 des troupes pour soutenir l&rsquo;arm\u00e9e malienne. L&rsquo;ensemble de la r\u00e9gion Nord a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 en l&rsquo;espace d&rsquo;un mois, avant l&rsquo;offensive des islamistes contre le Sud. La pr\u00e9sence principale des rebelles se concentre autour de leur quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Kidal. Les islamistes ont commenc\u00e9 \u00e0 se regrouper lentement dans les montagnes de l&rsquo;Adrar des Ifoghas jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la coalition fran\u00e7aise et africaine lance une offensive pour \u00e9liminer les dirigeants islamistes et r\u00e9cup\u00e9rer les otages \u00e9trangers qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent.<\/p>\n<p>Des groupes nomades touaregs tels que le MNLA, un groupe s\u00e9paratiste azawadi, ont aid\u00e9 \u00e0 reprendre plusieurs villes principales du Nord, mais sont rest\u00e9s neutres dans les combats entre les islamistes et l&rsquo;arm\u00e9e malienne. Le MNLA a coop\u00e9r\u00e9 avec les troupes fran\u00e7aises en leur fournissant des guides et des services logistiques et en louant des espaces dans leurs bases militaires. [lxiv]\n<p>Pour Benjamin Roger, la victoire du MNLA est d\u00e9crite dans les termes suivants\u00a0: [lxv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018<em>\u2019Apr\u00e8s d\u2019<\/em><a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/53727\/politique\/mali-reprise-des-combats-entre-le-mnla-et-l-arm-e-malienne-kidal\/\"><em>intenses combats qui les ont oppos\u00e9s dans la matin\u00e9e du mercredi 21 mai \u00e0 l\u2019arm\u00e9e malienne<\/em><\/a><em>, les\u00a0combattants\u00a0du Mouvement national de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad (MNLA) ont affirm\u00e9 dans la soir\u00e9e avoir pris le contr\u00f4le de la\u00a0ville\u00a0de Kidal. Selon Bilal Ag Acherif, chef de la r\u00e9bellion touar\u00e8gue, les combats sont termin\u00e9s et les rebelles contr\u00f4lent\u00a0le\u00a0gouvernorat ainsi que le \u00ab\u00a0camp 1\u00a0\u00bb o\u00f9 \u00e9tait bas\u00e9 le contingent militaire malien. Plusieurs soldats maliens auraient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s\u00a0et\u00a0d\u2019autres seraient prisonniers.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Nous en avons laiss\u00e9 partir un certain nombre qui ont rejoint le reste des troupes maliennes\u00a0r\u00e9fugi\u00e9es\u00a0dans le camp de la Minusma (force de l\u2019ONU au Mali, NDLR)\u00a0\u00bb, a ajout\u00e9 Bilal Ag Acherif, joint par\u00a0t\u00e9l\u00e9phone.\u00a0De son c\u00f4t\u00e9, une source militaire onusienne \u00e0 Kidal a affirm\u00e9 \u00e0 l\u2019AFP que \u00ab\u00a0les groupes arm\u00e9s [avaient] nettement\u00a0pris\u00a0le dessus sur les forces arm\u00e9es maliennes\u00a0\u00bb, mais que \u00ab\u00a0les camps [\u00e9taient] sous contr\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e malienne\u00a0\u00bb.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Au sujet de l\u2019insurrection de l\u2019Azawad, H\u00e9l\u00e8ne Claudot-Hawad \u00e9crit\u00a0: \u2018\u2019<em>La r\u00e9cente insurrection qui surgit au nord du Mali en janvier 2012, montre que le fait d\u2019\u00eatre \u2018\u2019touareg\u2019\u2019 est devenu une identit\u00e9 innomable\u2019\u2019. <strong>[lxvi]<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Toutefois, les autorit\u00e9s du MNLA n&rsquo;ont pas autoris\u00e9 la pr\u00e9sence de l&rsquo;arm\u00e9e malienne, en raison des accusations de crimes maliens \u00e0 l&rsquo;encontre du peuple touareg. Malgr\u00e9 cela, les islamistes ont pris pour cible les postes de contr\u00f4le du MNLA et d&rsquo;autres installations militaires en recourant \u00e0 des attentats-suicide \u00e0 la bombe en guise de repr\u00e9sailles. Des luttes intestines ont \u00e9galement eu lieu lorsque les forces d&rsquo;intervention tchadiennes ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9es d&rsquo;avoir tir\u00e9 sur des civils touaregs. [lxvii]\n<p>Un accord de paix a \u00e9t\u00e9 conclu en juin 2013 entre le MNLA et le gouvernement malien. Il accorde aux militaires un bail sur les terres d\u00e9tenues par les rebelles touaregs et conf\u00e8re aux Touaregs une plus grande autonomie, ce qui \u00e9tait demand\u00e9 apr\u00e8s que le MNLA a r\u00e9voqu\u00e9 sa revendication d&rsquo;ind\u00e9pendance. Cela a permis \u00e0 la partie nord du pays de participer aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles maliennes le m\u00eame mois. Le cessez-le-feu n&rsquo;a pas dur\u00e9 longtemps avant que les troupes maliennes n&rsquo;affrontent les rebelles lors d&rsquo;escarmouches.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 2014, le massacre de la famille d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral malien d&rsquo;origine touareg a d\u00e9clench\u00e9 un conflit ethnique entre les islamistes peuls et les s\u00e9paratistes touaregs du MNLA. Un massacre ciblant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les civils de la majorit\u00e9 touareg a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 par les islamistes, tuant plus de 30 hommes d\u00e9sarm\u00e9s.<\/p>\n<p>Un r\u00e9f\u00e9rendum \u00e9tait pr\u00e9vu en 2017 pour obtenir l&rsquo;autonomie et renommer les r\u00e9gions du nord en \u00a0\u00bb Azawad \u00ab\u00a0, mais le pr\u00e9sident malien Ibrahim Boubacar Keita a mis de c\u00f4t\u00e9 le projet de r\u00e9f\u00e9rendum sur les r\u00e9formes constitutionnelles qui ont \u00e9t\u00e9 accueillies avec opposition et ont d\u00e9clench\u00e9 des manifestations de rue r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Au sujet du conflit de l\u2019Azawad avec le Mali Akli N\u2019Toumast \u00e9crit\u00a0: [lxviii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, dans l&rsquo;Azawad, le MPLA (Mouvement populaire pour la lib\u00e9ration de l&rsquo;Azawad), dirig\u00e9 par Iyad Aghali, a attaqu\u00e9 la ville de M\u00e9naka au Mali. Cet assaut a provoqu\u00e9 des repr\u00e9sailles de la part de l&rsquo;arm\u00e9e malienne. Apr\u00e8s que le gouvernement malien ait perdu de nombreuses batailles, une s\u00e9rie de pourparlers et d&rsquo;accords de paix ont suivi, mais n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 correctement appliqu\u00e9s, conduisant \u00e0 davantage d&rsquo;insurrections et de divisions entre les factions touar\u00e8gues. L\u2019Alg\u00e9rie a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans l\u2019\u00e9laboration de la trajectoire de la r\u00e9bellion touar\u00e8gue, provoquant dans un premier temps des divisions au sein des groupes touaregs, puis pr\u00f4nant l\u2019unification.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Une autre r\u00e9bellion a \u00e9merg\u00e9 en 2006, centr\u00e9e sur l\u2019autonomie des r\u00e9gionsouar\u00e8gues et la non-application des accords pr\u00e9c\u00e9dents \u2013 cette fois dirig\u00e9e par Ibrahim Ag Bahanga, un dirigeant touareg bien connu. Un autre accord de paix a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 avec le Mali, mais n&rsquo;a pas non plus \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Les conflits ont persist\u00e9 alors qu\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019Azawad se sentait n\u00e9glig\u00e9e et menac\u00e9e par l\u2019\u00e9mergence d\u2019Al-Qaida sur son territoire. En 2010, la jeunesse touar\u00e8gue a cr\u00e9\u00e9 le MNA (Mouvement National de l\u2019Azawad), un mouvement pacifique et la\u00efc pr\u00f4nant l\u2019autonomie par rapport au Mali. Cependant, les actions du gouvernement malien contre le MNA ont conduit \u00e0 la formation d\u2019une faction arm\u00e9e, le MNLA (le Mouvement National de Lib\u00e9ration de l\u2019Azawad).<\/em><\/p>\n<p>Et de continuer\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019En 2012, des hostilit\u00e9s \u00e9clatent entre le MNLA et les autorit\u00e9s maliennes. Durant cette p\u00e9riode, Iyyad Ag Aghali, auparavant la\u00efc, affili\u00e9 \u00e0 la cause touar\u00e8gue pour l&rsquo;autonomie, fonde le groupe religieux Anssar-iddin, s&rsquo;\u00e9cartant de ses vues la\u00efques ant\u00e9rieures parce que le MNLA ne le laissait pas diriger la region suite \u00e0 son \u00e9chec dans les r\u00e9volutions des ann\u00e9es 1990.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Le conflit de 2012 au Mali a commenc\u00e9 lorsque le MNLA a tent\u00e9 de n\u00e9gocier avec le Mali de novembre \u00e0 janvier, mais le Mali n&rsquo;a pas accept\u00e9 l&rsquo;autonomie de l&rsquo;Azawad. Le MNLA a attaqu\u00e9 Adjelhock, une base militaire malienne cruciale. Cette attaque a intensifi\u00e9 les tensions et d\u00e9clench\u00e9 des violences contre les civils touaregs \u00e0 Bamako, la capitale du Mali, provoquant la fuite de nombreux civils. Cette escalade des tensions a contribu\u00e9 au coup d&rsquo;\u00c9tat de mars 2012. Par la suite, le MNLA a pris le contr\u00f4le des grandes villes mais aussi des poches qui abritaient des cellules endormies des factions d&rsquo;Al-Qaida qui existaient depuis 2006. En outre, des divisions id\u00e9ologiques sont apparues entre le MNLA et Ansar-Din, un groupe djihadiste, concernant sa vision pour la r\u00e9gion : le MNLA veut un \u00c9tat amazigh la\u00efc et Ansar-Din veut la charia<\/em>.\u2019\u2019<\/p>\n<figure id=\"attachment_5498\" aria-describedby=\"caption-attachment-5498\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5498 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az6.jpg?resize=618%2C368&#038;ssl=1\" alt=\"Combattants du MNLA\" width=\"618\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az6.jpg?w=625&amp;ssl=1 625w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az6.jpg?resize=420%2C250&amp;ssl=1 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5498\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Combattants du MNLA<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Que veut le MNLA ?<\/strong><\/p>\n<p>Le MNLA souhaite que le territoire de l&rsquo;Azawad devienne un pays ind\u00e9pendant. [lxix] Les Touaregs se sont longtemps sentis marginalis\u00e9s par l\u2019\u00c9tat malien. Ils n\u2019ont pas pu obtenir de postes dans l\u2019\u00c9tat malien nouvellement ind\u00e9pendant parce qu\u2019ils sont nomades et qu\u2019ils ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l\u2019assimilation fran\u00e7aise, mais aussi parce qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s dans les \u00e9coles coloniales et ne font pas partie de l\u2019\u00e9lite. Ainsi, ils ont \u00e9t\u00e9 exclus des institutions politiques. Plus tard, sous les gouvernements Traor\u00e9 (1979-1991) et Konar\u00e9 (1992-2002), les fonds apport\u00e9s par les investissements de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res multinationales sont rest\u00e9s dans les poches des \u00e9lites. Les b\u00e9n\u00e9fices parvenaient rarement aux communaut\u00e9s du Nord, ce qui contribuait au m\u00e9contentement croissant des Touaregs \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;\u00c9tat malien. [lxx]\n<p>La rh\u00e9torique et les objectifs du MNLA sont comparables \u00e0 ceux d\u2019autres mouvements ind\u00e9pendantistes \u00e0 travers le monde, comme le mouvement ind\u00e9pendantiste kurde. Le MNLA revendique l\u2019autod\u00e9termination et fait remonter ses revendications \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale. Ils font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une lettre du peuple de l&rsquo;Azawad envoy\u00e9e \u00e0 De Gaulle en 1958, r\u00e9clamant d\u00e9j\u00e0 son Etat ind\u00e9pendant. En outre, ils citent les nombreux trait\u00e9s de paix qui ont \u00e9chou\u00e9 et qui, selon eux, n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s. Ils d\u00e9noncent \u00e9galement la pr\u00e9sence du terrorisme sur le territoire de l\u2019Azawad et l\u2019incapacit\u00e9 du gouvernement malien \u00e0 prot\u00e9ger ses citoyens. [lxxi]\n<p>Cette affirmation est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante car elle insinue qu\u2019avec un \u00c9tat ind\u00e9pendant de l\u2019Azawad, le peuple touareg pourrait mieux r\u00e9sister et g\u00e9rer toute menace terroriste. Cela montre \u00e9galement que le MNLA se consid\u00e8re comme incontestablement distinct d\u2019AQMI. Enfin, le MNLA reconna\u00eet le cadre et le langage des acteurs nationaux et internationaux, citant les d\u00e9clarations et les lois de l&rsquo;ONU selon lesquelles ils estiment avoir droit \u00e0 l&rsquo;autod\u00e9termination.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawadi<\/strong><\/p>\n<p>Le 6 avril 2012, le Mouvement national de lib\u00e9ration de l&rsquo;Azawad (MNLA) a d\u00e9clar\u00e9 que le nord du Mali \u00e9tait un \u00c9tat ind\u00e9pendant, baptis\u00e9 Azawad, et s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger une constitution \u00e9tablissant une d\u00e9mocratie. Leur d\u00e9claration reconna\u00eet la charte des Nations unies et affirme que le nouvel \u00c9tat en respectera les principes.[lxxii]\n<p>Dans une interview accord\u00e9e \u00e0 <em>France 24<\/em>, un porte-parole du MNLA a d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawad :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0<em>Le Mali est un \u00c9tat anarchique. C&rsquo;est pourquoi nous avons rassembl\u00e9 un mouvement de lib\u00e9ration nationale pour mettre en place une arm\u00e9e capable de s\u00e9curiser notre terre et un bureau ex\u00e9cutif capable de former des institutions d\u00e9mocratiques. Nous d\u00e9clarons l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawad \u00e0 partir de ce jour.\u00a0\u00bb<\/em> &#8211; Moussa Ag Assarid, porte-parole du MLNA, 6 avril 2012.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame interview, Assarid a promis qu&rsquo;ils respecteraient les fronti\u00e8res coloniales qui s\u00e9parent la r\u00e9gion de ses voisins ; il a insist\u00e9 sur le fait que la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Azawad avait une l\u00e9galit\u00e9 internationale. [lxxiii]\n<p>Concernant la notion \u2018\u2019Azawad\u2019\u2019, qui est devenue tabou au Mali, Bokar Sangar\u00e9 \u00e9crit dans <em>Le Monde\u00a0<\/em>: [lxxiv]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019<\/em> <em>Depuis d\u00e9but d\u00e9cembre, la ministre Oumou Tour\u00e9 se d\u00e9bat dans un maelstr\u00f6m des critiques. Quelques jours plus t\u00f4t \u00e0 Bamako, Aminatou Walet Ag-Bibi, la pr\u00e9sidente des Femmes de l\u2019Azawad, avait eu l\u2019audace de rev\u00eatir aux Assises des femmes du Mali pour la paix un foulard aux couleurs du drapeau du Mouvement national de l\u2019Azawad (MNLA), principal artisan de la r\u00e9bellion ind\u00e9pendantiste partie de Kidal, dans le nord du pays, en janvier\u00a02012. Des photos d\u2019elle posant avec la ministre de la promotion de la femme, de l\u2019enfant et de la famille, se sont rapidement retrouv\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 internautes, opposants et certains mouvements de la soci\u00e9t\u00e9 civile n\u2019ont pas tard\u00e9 \u00e0 d\u00e9noncer un acte de provocation et \u00e0 r\u00e9clamer la d\u00e9mission de M<sup>me<\/sup>\u00a0Tour\u00e9.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Aucune entit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re ne reconna\u00eet l&rsquo;Azawad. La d\u00e9claration du MNLA a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement rejet\u00e9e par l&rsquo;Union africaine, qui l&rsquo;a d\u00e9clar\u00e9e \u00ab\u00a0<em>nulle et sans valeur aucune<\/em>\u00ab\u00a0. Le minist\u00e8re fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il ne reconna\u00eetrait pas la partition unilat\u00e9rale du Mali, mais il a appel\u00e9 \u00e0 des n\u00e9gociations entre les deux entit\u00e9s pour r\u00e9pondre \u00ab\u00a0<em>aux revendications de la population touareg du Nord [qui] sont anciennes et n&rsquo;ont pas re\u00e7u depuis trop longtemps les r\u00e9ponses ad\u00e9quates et n\u00e9cessaires<\/em>\u00ab\u00a0. Les \u00c9tats-Unis ont \u00e9galement rejet\u00e9 la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Le MNLA compterait jusqu&rsquo;\u00e0 3 000 soldats. La CEDEAO d\u00e9clare l&rsquo;Azawad \u00ab\u00a0<em>nul et non avenu<\/em>\u00a0\u00bb et affirme que le Mali est \u00ab\u00a0une entit\u00e9 une et indivisible\u00a0\u00bb. La CEDEAO a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;elle utiliserait la force, si n\u00e9cessaire, pour mettre fin \u00e0 la r\u00e9bellion. Le gouvernement fran\u00e7ais a indiqu\u00e9 qu&rsquo;il pourrait fournir un soutien logistique.<\/p>\n<p>Le 26 mai, le MNLA et son ancien co-bellig\u00e9rant Ansar Dine annoncent un pacte de fusion pour former un \u00c9tat islamiste ; des rapports ult\u00e9rieurs indiquent que le MNLA s&rsquo;est retir\u00e9 du pacte, prenant ses distances avec Ansar Dine. Les affrontements entre le MNLA et Ansar Dine se poursuivent et culminent avec la bataille de Gao et Tombouctou le 27 juin, au cours de laquelle les groupes islamistes Mouvement pour l&rsquo;unicit\u00e9 et le djihad en Afrique de l&rsquo;Ouest et Ansar Dine prennent le contr\u00f4le de Gao et en chassent le MNLA. Le lendemain, Ansar Dine annonce qu&rsquo;il contr\u00f4le Tombouctou et Kidal, les trois plus grandes villes du nord du Mali. Ansar Dine poursuit son offensive contre les positions du MNLA et s&#8217;empare de toutes les villes encore tenues par le MNLA le 12 juillet, avec la chute d&rsquo;Ansongo. [lxxv]\n<p>En d\u00e9cembre 2012, le MNLA se met d&rsquo;accord sur l&rsquo;unit\u00e9 nationale et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Mali lors de pourparlers avec le gouvernement central et Ansar Dine.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5499 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az7.jpg?resize=618%2C146&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"146\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az7.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az7.jpg?resize=450%2C106&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Soufian Al Karjousli pr\u00e9sente le mouvement ind\u00e9pendantiste Azawad dans les termes suivants\u00a0: [lxxvi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019 La mouvance combattante de l\u2019Azawad est ancr\u00e9e dans une \u00e9chelle locale qui est celle des territoires Azawad revendiqu\u00e9s, mais ceux-ci par leur inscription spatiale s\u2019inscrivent dans le transnational. En effet, le territoire de l\u2019Azawad d\u00e9borde des fronti\u00e8res d\u2019\u00c9tats modernes que la mouvance combattante renie. La mouvance combattante de l\u2019Azawad porte aussi une dimension internationale g\u00e9ostrat\u00e9gique car le Sahara est un espace convoit\u00e9 par les grandes puissances mondiales. Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019un seul face \u00e0 face avec les \u00c9tats sur lesquels se trouvent les territoires revendiqu\u00e9s. L\u2019enjeu est port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019organisation de l\u2019ensemble du d\u00e9sert et de ses marges, projet qui avait d\u00e9j\u00e0 int\u00e9ress\u00e9 la France par exemple dans les ann\u00e9es 1950 \u00e0 travers l\u2019OCRS (Organisation Commune des R\u00e9gions Sahariennes). C\u2019est un espace d\u2019exploitation (uranium pour le Niger, p\u00e9trole pour le Mali et l\u2019Alg\u00e9rie) et de circulation hautement strat\u00e9gique (routes de commerce, de trafic et de contrebande). \u00c0 ce titre, il attire des fonds importants. En m\u00eame temps, il reste, pour les populations locales subsahariennes, des espaces de rel\u00e9gation et de pauvret\u00e9. Ainsi, les r\u00e9gions de Tombouctou et de Kidal, au nord-est du Mali ne sont toujours pas reli\u00e9es par une route digne de ce nom \u00e0 la capitale Bamako.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Dans sa d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance, le MNLA [lxxvii] annonce les premi\u00e8res institutions politiques de l&rsquo;\u00c9tat de l&rsquo;Azawad. Elles comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li>Un comit\u00e9 ex\u00e9cutif, dirig\u00e9 par Mahmoud Ag Aghaly.<\/li>\n<li>Un conseil r\u00e9volutionnaire, dirig\u00e9 par Abdelkrim Ag Tahar.<\/li>\n<li>Un conseil consultatif, dirig\u00e9 par Mahamed Ag Tahadou.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;arm\u00e9e de lib\u00e9ration, dirig\u00e9 par Mohamed Ag Najem.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien que le MNLA ait revendiqu\u00e9 la responsabilit\u00e9 de g\u00e9rer le pays \u00ab\u00a0<em>jusqu&rsquo;\u00e0 la nomination d&rsquo;une autorit\u00e9 nationale<\/em>\u00a0\u00bb dans sa d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance, il a reconnu la pr\u00e9sence de groupes arm\u00e9s rivaux dans la r\u00e9gion, notamment les combattants islamistes d&rsquo;Ansar Dine, le Mouvement pour l&rsquo;unicit\u00e9 et le djihad en Afrique de l&rsquo;Ouest, et Al-Qa\u00efda au Maghreb islamique (AQMI). Le MNLA n&rsquo;a pas \u00e9tabli de gouvernement officiel, bien qu&rsquo;il se soit engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger une constitution \u00e9tablissant l&rsquo;Azawad comme une d\u00e9mocratie. Le principal b\u00e2timent du gouvernement est appel\u00e9 le Palais de l&rsquo;Azawad par le MNLA. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un b\u00e2timent lourdement gard\u00e9 au centre de Gao qui servait de bureau au gouverneur de la r\u00e9gion de Gao avant la r\u00e9bellion.<\/p>\n<p>La branche militaire d&rsquo;Ansar Dine a rejet\u00e9 la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance du MNLA quelques heures apr\u00e8s sa publication. Ansar Dine a jur\u00e9 d&rsquo;instaurer la charia islamique sur l&rsquo;ensemble du territoire malien. Lors d&rsquo;une conf\u00e9rence, les Azawadis ont exprim\u00e9 leur d\u00e9sapprobation \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des groupes islamiques radicaux et ont demand\u00e9 \u00e0 tous les combattants \u00e9trangers de d\u00e9sarmer et de quitter le pays. [lxxviii]\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5500 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az8.jpg?resize=371%2C488&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"371\" height=\"488\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az8.jpg?w=371&amp;ssl=1 371w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az8.jpg?resize=190%2C250&amp;ssl=1 190w\" sizes=\"auto, (max-width: 371px) 100vw, 371px\" \/><\/p>\n<p>Selon un expert de Chatham House Africa, le Mali ne devait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0<em>d\u00e9finitivement partitionn\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0. Les peuples qui constituent la majeure partie de la population du nord du Mali, tels que les Songha\u00efs et les Peuls, se consid\u00e8rent comme des Maliens et ne sont pas int\u00e9ress\u00e9s par un \u00c9tat s\u00e9par\u00e9 domin\u00e9 par les Touaregs. Le jour de la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance, environ 200 Maliens du nord ont organis\u00e9 un rassemblement \u00e0 Bamako, d\u00e9clarant leur rejet de la partition et leur volont\u00e9 de se battre pour chasser les rebelles. Un jour plus tard, 2 000 manifestants se sont joints \u00e0 un nouveau rassemblement contre le s\u00e9paratisme.<\/p>\n<p>Selon Ramtane Lamamra, commissaire \u00e0 la paix et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Union africaine, l&rsquo;Union africaine a discut\u00e9 de l&rsquo;envoi d&rsquo;une force militaire pour r\u00e9unifier le Mali. Il a d\u00e9clar\u00e9 que les n\u00e9gociations avec les terroristes avaient \u00e9t\u00e9 exclues, mais que les n\u00e9gociations avec d&rsquo;autres factions arm\u00e9es restaient ouvertes.<\/p>\n<p>Pour Bertrand Ollivier, 10 ans apr\u00e8s la d\u00e9claration de l\u2019ind\u00e9pendance, la Coordination des Mouvements de l\u2019Azawad (CMA) c\u00e9l\u00e8bre une d\u00e9cennie d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad\u00a0: [lxxix]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Forte de son empreinte militaire et de son influence communautaire aupr\u00e8s des populations du nord, la CMA administre presque officiellement le fief historique des r\u00e9bellions touar\u00e8gues de fa\u00e7on autonome, d\u00e9cidant m\u00eame r\u00e9guli\u00e8rement de\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/www.cartercenter.org\/resources\/pdfs\/peace\/conflict_resolution\/mali-independent-observer-report-fr-jan-2020.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>certaines mesures relevant du pouvoir central<\/em><\/a><em><u>, \u00e0 l\u2019instar des gr\u00e2ces des d\u00e9tenus r\u00e9guli\u00e8rement annonc\u00e9es par la CMA<\/u><\/em><em>. Des tentatives de gestion autonome ont \u00e9t\u00e9 entreprises par la CMA \u00e0 Kidal et Tessalit, avec quelques succ\u00e8s en mati\u00e8re d\u2019organisation de\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/pour-le-point-afrique-mali-kidal-dans-la-fievre-de-l-or-1--13-04-2019-2307428_28.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>l\u2019exploitation de l\u2019or<\/em><\/a><em><u>.<\/u><\/em><em>\u00a0Cette autonomie se traduit \u00e9galement par des implications importantes sur la question de la gestion des ONGs locales, de l\u2019enseignement et de la justice. \u00c0 Kidal, en l\u2019absence de justice \u00e9tatique,\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/www.clingendael.org\/sites\/default\/files\/2017-10\/sous_le_microscope_syst%C3%A8mes_justice_coutumiers_nord_mali.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>les juges traditionnels jouent un r\u00f4le central<\/em><\/a><em>\u00a0et leurs jugements peuvent conduire \u00e0 des p\u00e9riodes d\u2019incarc\u00e9ration\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/mali-online.net\/la-cma-gracie-21-detenus-de-la-prison-de-kidal-des-coordinations-ont-desormais-le-pouvoir-de-faire-liberer-des-prisonniers\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>dans l\u2019ancienne prison, devenue centre de r\u00e9tention sous contr\u00f4le de la CMA<\/em><\/a><em>. D\u00e9velopp\u00e9 en dehors de tout cadre l\u00e9gal formel, ce syst\u00e8me ne semble pas \u00eatre remis en cause par les populations locales et pose la question de l\u2019adaptation de la justice traditionnelle au syst\u00e8me judiciaire \u00e9tatique. Dans la mesure o\u00f9 cette question constitue une partie int\u00e9grante de l\u2019Accord \u00e0 travers un projet de r\u00e9forme de revalorisation du r\u00f4le des Cadis, les Nations Unies conduisent \u00e9galement des\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/minusma.unmissions.org\/processus-de-paix-les-acteurs-de-la-justice-traditionnelle-et-formelle-discutent-de-la\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>activit\u00e9s<\/em><\/a><em>\u00a0allant dans ce sens.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_5501\" aria-describedby=\"caption-attachment-5501\" style=\"width: 622px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5501 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az9.jpg?resize=618%2C385&#038;ssl=1\" alt=\"Azawad amazigh opprim\u00e9\" width=\"618\" height=\"385\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az9.jpg?w=622&amp;ssl=1 622w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az9.jpg?resize=402%2C250&amp;ssl=1 402w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5501\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000080;\">Azawad amazigh opprim\u00e9<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Conclusion : Justice pour l&rsquo;Azawad<\/strong><\/p>\n<p>La crise actuelle au Mali est une affaire assez compliqu\u00e9e, compos\u00e9e d&rsquo;un m\u00e9lange de griefs persistants et fondamentaux de divers groupes ethniques. En outre, elle met en jeu les int\u00e9r\u00eats vitaux des superpuissances mondiales. La France d\u00e9ploie des forces militaires sp\u00e9ciales dans le pays sous le pr\u00e9texte de prot\u00e9ger les civils contre divers groupes extr\u00e9mistes, ce qui risque d&rsquo;entra\u00eener l'\u00a0\u00bbafghanisation\u00a0\u00bb du Mali. [lxxx]\n<p>Au fil des ans, le Sahara a connu plusieurs mouvements ethniques contre la colonisation et l&rsquo;industrialisation, qui ont \u00e9t\u00e9 impitoyablement r\u00e9prim\u00e9s et d\u00e9racin\u00e9s par les superpuissances. Le mouvement de l&rsquo;Azawad des communaut\u00e9s indig\u00e8nes touaregs du Mali en est un exemple.<\/p>\n<p>Le peuple touareg vit dans les conditions difficiles du Sahara depuis des mill\u00e9naires. Ils sont environ deux millions \u00e0 vivre au Mali, au Niger, en Libye, en Alg\u00e9rie et au Tchad. Mais c&rsquo;est au Mali que l&rsquo;on trouve la plus grande population de Touaregs, estim\u00e9e \u00e0 950 000 personnes.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un peuple qui a une longue histoire de r\u00e9sistance au pouvoir centralis\u00e9, de l&rsquo;Empire romain \u00e0 la conqu\u00eate arabe et \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise, puis, depuis 1960, \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat ind\u00e9pendant du Mali.<\/p>\n<p>Les Touaregs ont men\u00e9 une s\u00e9rie de r\u00e9bellions contre le colonialisme depuis le XXe si\u00e8cle. Mais ils ont \u00e9t\u00e9 brutalement soumis par la France coloniale pendant cette p\u00e9riode et ont souffert d&rsquo;une discrimination et d&rsquo;une exploitation indicibles. [lxxxi]\n<p>Quatre grandes r\u00e9bellions ont eu lieu depuis les ann\u00e9es 1960. La premi\u00e8re r\u00e9bellion touar\u00e8gue a eu lieu en 1962-64. Au cours de cette p\u00e9riode, les Touaregs ont \u00e9t\u00e9 fortement opprim\u00e9s par le gouvernement de \u00ab\u00a0Modibo Keita\u00a0\u00bb, qui a pris le pouvoir apr\u00e8s le d\u00e9part des Fran\u00e7ais. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, les Touaregs faisaient l&rsquo;objet d&rsquo;une forte discrimination et \u00e9taient \u00e0 la tra\u00eene par rapport aux autres en termes de distribution des prestations de l&rsquo;\u00c9tat. Pour aggraver la situation, le gouvernement de Keita a mis en \u0153uvre certaines politiques de r\u00e9forme agraire qui mena\u00e7aient l&rsquo;acc\u00e8s des Touaregs aux produits agricoles sur leurs propres terres. [lxxxii]\n<p>La deuxi\u00e8me grande r\u00e9bellion a commenc\u00e9 en 1990. L&rsquo;animosit\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par une r\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re a perp\u00e9tu\u00e9 le m\u00e9contentement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des politiques gouvernementales. Lors de la troisi\u00e8me r\u00e9bellion, il n&rsquo;y a pas eu de soul\u00e8vement majeur, mais des enl\u00e8vements et des meurtres syst\u00e9matiques de membres des forces arm\u00e9es maliennes ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, la r\u00e9gion d&rsquo;origine des Touaregs a connu de terribles s\u00e9cheresses qui ont d\u00e9truit leur b\u00e9tail et les ont emp\u00each\u00e9s de subvenir \u00e0 leurs besoins. Des milliers de Touaregs ont donc quitt\u00e9 leur pays pour la Libye, qui offrait du p\u00e9trole et des possibilit\u00e9s d&#8217;emploi. Il est int\u00e9ressant de noter qu&rsquo;en 1982, Kadhafi a d\u00e9clar\u00e9 que la Libye \u00e9tait le pays d&rsquo;origine de tous les Touaregs. Plusieurs milliers de Touaregs ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s dans les forces arm\u00e9es de Kadhafi.<\/p>\n<p>Pour la France, la stabilit\u00e9 du Mali est cruciale car tout soul\u00e8vement dans le pays menace les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques fran\u00e7ais dans les pays voisins tels que le Niger, le S\u00e9n\u00e9gal, le Burkina Faso et la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire.<\/p>\n<p>Plus important encore, l&rsquo;importance vitale du Mali pour la France est mise en \u00e9vidence par la pr\u00e9sence de mines d&rsquo;uranium au Niger qui alimentent les centrales nucl\u00e9aires fran\u00e7aises, mines qui sont situ\u00e9es le long de la fronti\u00e8re entre le Mali et le Niger. Il convient de noter que les mines d&rsquo;uranium du Niger fournissent environ 50 % de la mati\u00e8re premi\u00e8re des centrales nucl\u00e9aires fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines fournissent depuis des ann\u00e9es une formation militaire de haut niveau \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e malienne. Prenons l&rsquo;exemple du \u00ab\u00a0Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme\u00a0\u00bb \u00e9tabli en 2005, qui comprend onze pays africains partenaires tels que l&rsquo;Alg\u00e9rie, le Burkina Faso, la Libye, le Maroc, la Tunisie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nig\u00e9ria et le S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Mais la pr\u00e9sence des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines au Mali n&rsquo;est pas une grande pr\u00e9occupation pour les groupes radicaux qui y op\u00e8rent. Le Mali est consid\u00e9r\u00e9 comme le d\u00e9ploiement actif le plus dangereux pour les troupes de l&rsquo;ONU &#8211; 60 soldats de la paix de l&rsquo;ONU ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans le pays jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>En attendant, la pr\u00e9sence militaire lourdement arm\u00e9e des gouvernements fran\u00e7ais et am\u00e9ricain au Mali sugg\u00e8re que la bataille se poursuivra. Cela soul\u00e8ve d&rsquo;importantes questions quant \u00e0 la connaissance qu&rsquo;ont ces superpuissances mondiales du conflit qui se d\u00e9roule dans un pays \u00e9tranger.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5502 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az10.jpg?resize=618%2C422&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"422\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az10.jpg?w=635&amp;ssl=1 635w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az10.jpg?resize=366%2C250&amp;ssl=1 366w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/az10.jpg?resize=110%2C75&amp;ssl=1 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Le Mali est devenu un mod\u00e8le de mauvaise gouvernance : la libert\u00e9 d&rsquo;expression est bafou\u00e9e et, en raison du manque d&rsquo;\u00e9quipement et de l&rsquo;incapacit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e, le pays n&rsquo;est pas en mesure d&rsquo;assurer la s\u00e9curit\u00e9 de ses propres citoyens. Autrefois d\u00e9mocratie de premier plan en Afrique de l&rsquo;Ouest, le Mali est en train de devenir un Afghanistan dans les r\u00e9gions du Sahel et du Sahara.<\/p>\n<p>Le porte-parole d&rsquo;Ansar ed-Din, Sanda Ould Boumama, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 CNN : \u00ab\u00a0<em>La guerre ne fait que commencer. Nous nous attendons \u00e0 ce qu&rsquo;il y ait davantage de victimes. Apr\u00e8s que les troupes fran\u00e7aises et leurs alli\u00e9s ont combattu les rebelles islamistes pour prendre le contr\u00f4le de Gao<\/em>\u2019\u2019. Maouloud Dicko, un habitant de 30 ans, a d\u00e9clar\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai vraiment peur. On entend parler de ce genre de choses au Pakistan ou en Afghanistan. Gao est en train de devenir comme le Pakistan<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les superpuissances devraient promouvoir une approche sur plusieurs fronts si elles ont un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el \u00e0 prot\u00e9ger les civils et \u00e0 restaurer la paix et la stabilit\u00e9 dans cette r\u00e9gion troubl\u00e9e. Mais en r\u00e9alit\u00e9, elles \u00e9touffent la voix des communaut\u00e9s ethniques et pillent les ressources, ce qui soul\u00e8ve des questions d\u00e9sagr\u00e9ables\u00a0: La France au Mali, contr\u00f4ler ou prot\u00e9ger\u00a0? La France devrait encourager les \u00c9tats du Sahel par des initiatives diplomatiques et adopter une approche r\u00e9gionale pour lutter contre le terrorisme et la propagation de l\u2019extr\u00e9misme islamiste dans la r\u00e9gion. [lxxxiii]\n<p>Afin de restaurer la stabilit\u00e9 dans la r\u00e9gion, il est urgent de cr\u00e9er des conditions favorables permettant aux Touaregs de prendre en charge leur propre situation. Sans cr\u00e9er ces conditions favorables, les strat\u00e9gies antiterroristes dictatoriales men\u00e9es par les gouvernements fran\u00e7ais et am\u00e9ricain peuvent intensifier les soul\u00e8vements radicaux dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Le gouvernement malien devrait \u00e9galement entamer un dialogue avec les communaut\u00e9s touar\u00e8gues et garantir une approche holistique pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes socio-\u00e9conomiques et de d\u00e9veloppement de la r\u00e9gion que sont la pauvret\u00e9, l\u2019injustice, la s\u00e9cheresse et la famine.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n[i] Duveyrier, Henri. <em>L\u2019exploration du Sahara. Les Touaregs du Nord<\/em>. Challamel ain\u00e9\u00a0: Paris, 1864.<\/p>\n[ii] Boilley, Pierre.\u00a0<em>Les Touaregs Kel Adagh. D\u00e9pendances et r\u00e9voltes\u00a0: du Soudan fran\u00e7ais au Mali contemporain<\/em>. Paris\u00a0: Karthala, 2000, p. 9 de l\u2019introduction.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong>\u00a0: Les Kel Adagh, groupement touareg de l&rsquo;Adagh (ou Adrar des Ifoghas, dans le nord du Mali actuel), sont une des composantes du vaste ensemble Touareg qui s&rsquo;\u00e9tend actuellement de l&rsquo;Alg\u00e9rie au Nigeria, en passant par le Niger, le Burkina-Faso et le Mali. Leur histoire contemporaine est particuli\u00e8rement originale : dernier groupe touareg du Soudan fran\u00e7ais \u00e0 tomber sous la domination coloniale, ils se sont soumis sans combat en 1904, mais ont d\u00e9clench\u00e9 en 1963-1964, peu apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance du Mali, une r\u00e9volte arm\u00e9e qui fut \u00e9cras\u00e9e dans le sang et l&rsquo;indiff\u00e9rence internationale. Apr\u00e8s trente ans d&rsquo;administration militaire malienne, ils se sont soulev\u00e9s de nouveau en 1990, et ont \u00e9t\u00e9 suivis par les autres groupes touaregs et maures du Mali et du Niger. Ils ont obtenu du gouvernement malien, en 1992, la signature d&rsquo;un pacte national leur octroyant un statut particulier d&rsquo;autonomie.<\/p>\n<p>En \u00e9tudiant sur la longue dur\u00e9e (un si\u00e8cle, de la prise de Tombouctou en 1893 \u00e0 la signature du Pacte national en 1992), les \u00e9volutions qu&rsquo;a connues cette population contr\u00f4l\u00e9e par l&rsquo;administration fran\u00e7aise, puis malienne, dans ce qu&rsquo;il faut bien appeler une succession de colonisations, cette \u00e9tude a pour but d&rsquo;analyser et d&rsquo;illustrer les causes et les conditions complexes d&rsquo;un des conflits contemporains de la bande sah\u00e9lienne, exemple des luttes o\u00f9 se m\u00ealent retomb\u00e9es coloniales, volont\u00e9s politiques, r\u00e9actions identitaires, ethniques, mais aussi sociales et \u00e9conomiques d&rsquo;une population sous dominations exog\u00e8nes depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle et, depuis la d\u00e9colonisation, minoritaire au sein d&rsquo;un Etat-nation en formation.<\/p>\n<p>Fond\u00e9 sur le d\u00e9pouillement exhaustif des fonds d&rsquo;archives de la France coloniale et de la R\u00e9publique du Mali, l&rsquo;analyse de la presse europ\u00e9enne et africaine ainsi que sur la collecte de t\u00e9moignages oraux au cours de nombreuses enqu\u00eates de terrain, cette \u00e9tude sur les Kel Adagh repr\u00e9sente la premi\u00e8re synth\u00e8se historique sur un sujet probl\u00e9matique et fort \u00e9clairant \u00e0 plus d&rsquo;un titre. En effet cette histoire, passionnante en elle-m\u00eame, l&rsquo;est tout autant parce qu&rsquo;elle croise et illustre les grands d\u00e9bats africains de la colonisation, de la d\u00e9colonisation et de l&rsquo;ind\u00e9pendance. L&rsquo;analyse du type de colonisation impos\u00e9e \u00e0 la religion oblige \u00e0 reconsid\u00e9rer le mod\u00e8le classique d&rsquo;une administration coloniale fran\u00e7aise directe, et \u00e0 mieux cerner les modes de contr\u00f4le ainsi que les r\u00e9sistances &#8211; nombreuses &#8211; \u00e0 ce dernier. Elle permet aussi d&rsquo;\u00e9tudier les \u00e9volutions sp\u00e9cifiques du processus de structuration de l&rsquo;Etat post-colonial. En face d&rsquo;\u00e9lites jacobines qui avaient \u00e9t\u00e9 les leaders du mouvement ind\u00e9pendantiste, les Touaregs opposaient leur volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9mancipation, une conception f\u00e9d\u00e9rale des rapports politiques et, surtout, le concept d&rsquo;une terre communautaire \u00e0 la notion de propri\u00e9t\u00e9 individuelle ou \u00e9tatique. Ces deux visions du monde se sont oppos\u00e9es au cours de conflits violents, inscrits par ailleurs dans un autre d\u00e9bat, celui de l&rsquo;existence m\u00eame des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation.<\/p>\n[iii] Alesbury, Andrew. \u201cA SOCIETY IN MOTION: THE TUAREG FROM THE PRE-COLONIAL ERA TO TODAY.\u201d <em>Nomadic Peoples<\/em>, vol. 17, no. 1, 2013, pp. 106-25. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43123923\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43123923<\/a><\/p>\n[iv] Nicolaisen, Johannes &amp; Ida Nicolaisen. <em>The Pastoral Tuareg: Ecology, Culture and Society Vol. <\/em><em>I &amp; II<\/em>. New York: Thames and Hudson, 1997, pp. 31.<\/p>\n[v] Le tifinagh\/tifina\u0263 \u2d5c\u2d49\u2d3c\u2d49\u2d4f\u2d30\u2d56 est un\u00a0syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture tr\u00e8s ancien utilis\u00e9 par les Numides au Nord de l&rsquo;Afrique depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Appel\u00e9 aussi le libyque, cet alphabet a pu survivre et nous parvenir par le biais des habitants autochtones de cette vaste r\u00e9gion qui ont continu\u00e9 \u00e0 l&#8217;employer.<\/p>\n<p>Blanco,\u00a0Juan Luis.\u00a0<em>Tifinagh &amp; the IRCAM: Explorations in Cursiveness and Bicamelarism in the Tifinagh script<\/em>\u00a0(Master of Arts in Typeface Design), University of Reading,\u00a0septembre 2014.<\/p>\n<p>Casajus, Dominique.\u00a0<em>L\u2019alphabet touareg\u00a0: Histoire d\u2019un vieil alphabet africain<\/em>. Paris\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/CNRS_%C3%89ditions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CNRS \u00c9ditions<\/a>,\u00a02015.<\/p>\n[vi] Claudot-Hawad,\u00a0H\u00e9l\u00e8ne.<em> Touaregs. Apprivoiser le d\u00e9sert<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard, 2002 (Collection D\u00e9couvertes Gallimard\u00a0; Cultures et soci\u00e9t\u00e9\u00a0;\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a0418).<\/p>\n[vii] Claudot-Hawad, H\u00e9l\u00e8ne. \u00ab\u00a0Les Touaregs ou la r\u00e9sistance d\u2019une culture nomade\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>,\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a051,\u200e\u00a01989,\u00a0pp.\u00a063-73.<\/p>\n[viii] Rognon, P. \u00ab\u00a0La conf\u00e9d\u00e9ration des nomades Kel Ahaggar (Sahara Central)\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Annales de g\u00e9ographie<\/em>,\u00a0vol.\u00a071,\u00a0n<sup>o<\/sup>\u00a0388,\u200e\u00a01962,\u00a0p.\u00a0605.<\/p>\n[ix] Boilley, Pierre. <em>Les Touaregs Kel Adagh : d\u00e9pendances et r\u00e9voltes. Du Soudan fran\u00e7ais au Mali contemporain<\/em>. Paris\u00a0: Karthala, 1999.<\/p>\n[x] Brett, Michael ; Elizabeth Fentress (1997). The Berbers. <strong>\u00a0<\/strong><a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?sca_esv=584304970&amp;rlz=1C1ONGR_frMA1069MA1069&amp;sxsrf=AM9HkKmnPpfWAAW97f28fO2p2cvamQp-mA:1700581810970&amp;q=Hoboken&amp;si=ALGXSlZS0YT-iRe81F2cKC9lM9KWTK4y0m5Atx8g9YliNNw2mdlwTZhaCI9un32T7XFFUyvpoQldhlV5vxPsc1xdg-I7K5qJbVboXS7AqyHYHLRlGoEDMFzui26mMXRRT7BIRUdQLEJ_fE1qjjTSIv_dUlukj4rVloCPOQNBLl5UvSgmHp-CCXolWO7QMHO2B3BrVS3lu5uK&amp;sa=X&amp;sqi=2&amp;ved=2ahUKEwjDkYT2uNWCAxXI0aQKHaOSC08QmxMoAXoECEMQAw\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hoboken, New Jersey, \u00c9tats-Unis<\/a>: Wiley-Blackwell, 1997.<\/p>\n[xi] Bovill, E. W. \u00ab\u00a0The Moorish Invasion of The Sudan\u00a0\u00bb,\u00a0<em>African Affairs<\/em>, Royal African Society,\u00a0XXVII, 1927, pp. 47-56.<\/p>\n[xii] P.\u00a0Rognon, P.; G.\u00a0Camps; M.\u00a0Gast\u00a0&amp; S.\u00a0Chaker,\u00a0\u201cAhaggar\u201d,\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 8,\u00a01990, document A104. <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/270\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/270<\/a><\/p>\n[xiii] Mattingly, David. \u2018\u2019Nouveaux aper\u00e7us sur les Garamantes : un \u00c9tat saharien ?\u2019\u2019, <em>Antiquit\u00e9s africaines<\/em>, 37, Ann\u00e9e 2001, pp. 45-61. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/antaf_0066-4871_2001_num_37_1_1331\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/antaf_0066-4871_2001_num_37_1_1331<\/a><\/p>\n[xiv] Ghoubeid, Alojaly.\u00a0<em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais<\/em>. Copenhagen, Danemark: Museum Tusculanum Press, 2003, p.\u00a0656.<\/p>\n[xv] Saad, Elias N.\u00a0<em>Social History of Timbuktu: The Role of Muslim Scholars and Notables 1400\u20131900<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press, 1983.<\/p>\n[xvi] Ebenhard, David; Simons, Gary &amp; Fennig, Charles, eds.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.ethnologue.com\/language\/ttq\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab\u00a0Tamajaq, Tawallammat\u00a0\u00bb<\/a>.\u00a0<em>Ethnoloque, <\/em>2019.<\/p>\n[xvii] Hourst, Lieutenant. <em>French Enterprise in Africa: The Exploration of the Niger. <\/em>Translated from the French by Mrs. Arthur Bell<em>.<\/em>\u00a0London: Chapman Hall, 1898, pp. 200-201.<\/p>\n[xviii] Shoup III, John A.\u00a0 <em>Ethnic Groups of Africa and the Middle East<\/em>. Santa Barbara, California:<\/p>\n<p>ABC-CLIO, 2011, p. 295.<\/p>\n[xix] Gearon, Eamonn.\u00a0<em>The Sahara: A Cultural History<\/em>. Oxford: Oxford University Press, 2011, p. 239.<\/p>\n[xx] James B. Minahan.\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=pGClDAAAQBAJ&amp;pg=PA418\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Encyclopedia of Stateless Nations: Ethnic and National Groups around the World<\/em><\/a>\u00a0(2nd\u00a0ed.). Santa Barbara, California: ABC-CLIO, 2016, p.\u00a0418.<\/p>\n[xxi] L\u2019Histoire par les Femmes. \u2018\u2019Tin Hinan, la reine qui vient de loin\u2019\u2019, 22 septembre 2021. <a href=\"https:\/\/histoireparlesfemmes.com\/2021\/09\/22\/tin-hinan-reine-qui-vient-de-loin\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/histoireparlesfemmes.com\/2021\/09\/22\/tin-hinan-reine-qui-vient-de-loin\/<\/a><\/p>\n[xxii] Camps, Gabriel.\u00a0<em>L&rsquo;\u00e2ge du Tombeau de Tin Hinan, Anc\u00eatre des Touareg du Hoggar<\/em>. Salamanca\u00a0:<br \/>\nEdiciones Universidad de Salamanca,\u00a01974<\/p>\n[xxiii] Badi, Dida. \u00ab\u00a0Tin-Hinan\u00a0: un mod\u00e8le structural de la soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue\u00a0\u00bb,\u00a0<em>\u00c9tudes et Documents Berb\u00e8res<\/em>, 1995\/1 (N\u00b0 12), pp. 199-205. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-etudes-et-documents-berberes-1995-1-page-199.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-etudes-et-documents-berberes-1995-1-page-199.htm<\/a><\/p>\n[xxiv] Wellard, James.\u00a0<em>The Great Sahara<\/em>. London: Hutchinson &amp; Company, 1965, p.\u00a047.<\/p>\n[xxv] Glacier, Osire. \u00ab\u00a0Tin Hinana\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Femmes politiques au Maroc d&rsquo;hier \u00e0 aujourd&rsquo;hui: La r\u00e9sistance et le pouvoir au f\u00e9minin<\/em>. Casablanca, Maroc\u00a0: Tarik Editions, 2016.<\/p>\n[xxvi] Gast\u00a0M.,\u00a0<em>Histoire du commandement chez les Kel-Ahaggar (Sahara alg\u00e9rien),\u00a0<\/em>IX<sup>e<\/sup>\u00a0Congr\u00e8s international des Sciences anthropologiques et ethnologiques, Chicago 1-8 sept. 1973 (10\u00a0p.). Publi\u00e9 en 1978 in Weissleder W., \u00e9diteur,\u00a0<em>The nomadic alternative\u00a0<\/em>sous le titre: <em>The history of sovereignty among the Kel Ahaggar<\/em>. The Hague, Paris: Mouton Publishers, 1978, pp.\u00a0201-213.<\/p>\n[xxvii] Badi, Dida. \u00ab\u00a0Tin-Hinan\u00a0: un mod\u00e8le structural de la soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue, op. cit.<\/p>\n[xxviii] Gast, Marceau. \u2018\u2019T\u00e9moignages nouveaux sur Tine Hinane, anc\u00eatre l\u00e9gendaire des Touareg Ahaggar\u2019\u2019,<\/p>\n<p><em>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, 13-14, Ann\u00e9e 1973, pp. 395-400. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1973_num_13_1_1219\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/remmm_0035-1474_1973_num_13_1_1219<\/a><\/p>\n[xxix] Sorel, Jacqueline. \u2018\u2019Femmes de l\u2019ombre : Tin-Hinan, reine des Touaregs\u2019\u2019, <em>RFI, <\/em>5 septembre 2002<em>. <\/em><a href=\"http:\/\/www1.rfi.fr\/fichiers\/MFI\/CultureSociete\/657.asp\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www1.rfi.fr\/fichiers\/MFI\/CultureSociete\/657.asp<\/a><\/p>\n[xxx] Camps, Gabriel. \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e2ge du tombeau de Tin Hinan, anc\u00eatre des Touareg du Hoggar\u00a0\u00bb, <em>Zephyrus<\/em>, 25, 1974, pp. 497-516.<\/p>\n[xxxi] Mattingly, David J.; Gatto, Maria Carmela; Sterry, Martin &amp; Ray, Nick. \u00ab\u00a0Burials, Migration and Identity: The view from the Sahara\u00a0\u00bb. In Gatto, M.C.; Mattingly, D.J.; Ray, N. &amp; Sterry, M. (eds.). <em>Burials, Migration and Identity in the Ancient Sahara and Beyond<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press, 2019, pp. 17-18.<\/p>\n[xxxii] Ancient Origins. \u2018\u2019The Monumental Tomb of Queen Tin Hinan, Ancient Ancestress of the Tuaregs\u2019\u2019, 28 mars 2015. <a href=\"https:\/\/www.ancient-origins.net\/history-famous-people\/monumental-tomb-queen-tin-hinan-ancient-ancestress-tuaregs-002833\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.ancient-origins.net\/history-famous-people\/monumental-tomb-queen-tin-hinan-ancient-ancestress-tuaregs-002833<\/a><\/p>\n[xxxiii] Norris, H.T. <em>The Touaregs &#8211; Their islamic legacy and its diffusion in the Sahel<\/em>. Warminster, Wilts, England: Aris and Phillips Ltd., 1975.<\/p>\n[xxxiv] Claudot-Hawad, H\u00e9l\u00e8ne (dir.).\u00a0<em>Le politique dans l\u2019histoire touar\u00e8gue.<\/em>\u00a0Nouvelle \u00e9dition. Aix-en-Provence\u00a0: Institut de recherches et d\u2019\u00e9tudes sur les mondes arabes et musulmans, 1993. &lt;http:\/\/books.openedition.org\/iremam\/2777&gt;. ISBN\u00a0: 9782821830158. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.iremam.2777\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.iremam.2777<\/a>.<\/p>\n[xxxv] Marty, A. \u2018\u2019Histoire de l&rsquo;Azawagh Nig\u00e9rien de 1899 \u00e0 1911\u2019\u2019. M\u00e9moire de l&rsquo;Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Direction G. Tillion), Paris, Mars 1975.<\/p>\n[xxxvi] Nicolas F.\u00a0<em>Tamesna. Les Ioullemmeden de l\u2019est ou Touareg Kel Dinnik.\u00a0<\/em>Paris\u00a0: Imprimerie Nationale, 1950, p.\u00a0279.<\/p>\n[xxxvii] Azar, Edward. \u00ab Protracted international conflicts: Ten propositions \u00bb, <em>International Interactions<\/em> 12, no 1, 1985, pp. 59\u201170.<\/p>\n[xxxviii] Keita, N. \u2018\u2018De l\u2019identitaire au probl\u00e8me de la territorialit\u00e9. L\u2019OCRS et les soci\u00e9t\u00e9s Kel Tamacheq au Mali\u2019\u2019, in: Gemdev, ed., <em>Mali-France : Regards sur une histoire partag\u00e9e<\/em>. Bamako\/Paris: Donniya et Khartala, , 2005, pp. 91-121.<\/p>\n[xxxix] Taine-Cheikh, Catherine. \u2018\u2019\u2019Hartani\u2019 : une enqu\u00eate au pays des mots. L\u2019Ouest Saharien\u2019\u2019, <em>Cahiers d\u2019Etudes Pluridisciplinaires<\/em>, 2020, <em>Devenir visibles dans le sillage de l\u2019esclavage : la question \u1e25ar\u0101\u1e6d\u012bn en Mauritanie et au Maroc<\/em>, 10\u201311, pp.73-94. ffhalshs-03087902f<\/p>\n[xl] Bourgeot, Andr\u00e9. \u00ab Affranchi : chez les Touaregs (R\u00e9flexion) \u00bb, <em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, II. Aix-en-Provence\u00a0: EDISUD, 1985, pp. 202-205.<\/p>\n[xli] Clauzel, J. \u2018\u2019Les hierarchies sociales en pays Touareg\u2019\u2019, <em>Travaux de l&rsquo;Institut de Recherches Sahariennes<\/em>, volume<\/p>\n<p>21, 1962, pp. 120-175.<\/p>\n<p>Etude comparative de vocabulaire des termes utilis\u00e9e dans trois des parlers berb\u00e8res sahariens &#8211; la tamahaq de l&rsquo;Ahaggar, la tamacheq de l&rsquo;Adag, la tamaqcheq de l&rsquo;Ayer-pour d\u00e9signer les hi\u00e9rarchies sociales communes aux diverses tribus qui constituent l&rsquo;ensemble touareg. Au terme de cet inventaire, \u00e9tabli par classe ou cat\u00e9gorie sociale on constatera que l&rsquo;unit\u00e9 linguistique de ces parlers, si elle n&rsquo;est pas absolue, n&rsquo;est cependant pas contestable. 1. Les Touaregs dans leur ensemble &#8211; 2. La soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue blanche &#8211; 3. La soci\u00e9t\u00e9 touar\u00e8gue noire &#8211; 4. Les chefs touaregs. Index des noms berb\u00e8res cit\u00e9s.<\/p>\n[xlii] Claudot-Hawad, H\u00e9l\u00e8ne. \u201cLA HI\u00c9RARCHIE DES SAVOIRS ET DES POUVOIRS DANS LA SOCI\u00c9T\u00c9 TOUAR\u00c8GUE PR\u00c9COLONIALE ET LA RECOMPOSITION DES R\u00d4LES SOCIO-POLITIQUES PENDANT LA GUERRE ANTICOLONIALE ET APR\u00c8S LA D\u00c9FAITE\u201d, <em>Nomadic Peoples<\/em>, vol. 2, no. 1\/2, 1998, pp. 17-38. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43123535\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43123535<\/a><\/p>\n[xliii] Claudot-Hawad H.<em>\u00a0<\/em>(dir.). \u00a0<em>Touaregs, exil et r\u00e9sistance. <\/em>Aix-en-Provence\u00a0: Edisud, 1990, pp. 16-17<\/p>\n[xliv] Bourgeot, Andr\u00e9.\u00a0<em>Les soci\u00e9t\u00e9s touar\u00e8gues. Nomadisme, identit\u00e9, r\u00e9sistance<\/em>. Paris\u00a0: Karthala, 1995.<\/p>\n[xlv] Kaba, Lansine. \u00ab\u00a0Archers, Musketeers, and Mosquitoes: The Moroccan Invasion of the Sudan and the Songhay Resistance (1591\u20131612)\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Journal of African History<\/em>,\u00a0<strong>22<\/strong>\u00a0(4), 1981, pp. 457-475.<\/p>\n<p>Cet article r\u00e9interpr\u00e8te l&rsquo;invasion du Songhay par les mercenaires du sultan sa&rsquo;did Mul\u0101y al-Mans\u016br dirig\u00e9s par le pacha Judar. La bataille de Tondibi en mars 1591, et la d\u00e9faite ult\u00e9rieure des Askiya Is\u1e25\u0101q II, marqu\u00e8rent un tournant dans l&rsquo;histoire du Maroc et de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. L&rsquo;article suppose une relation \u00e9troite entre l&rsquo;invasion, les probl\u00e8mes m\u00e9diterran\u00e9ens et les besoins commerciaux des Sa&rsquo;did. Al-Mans\u016br voulait reprendre le contr\u00f4le du commerce de l&rsquo;or pour stimuler l&rsquo;\u00e9conomie de son royaume. Cependant, ses forces exp\u00e9ditionnaires se sont enlis\u00e9es dans les marais du sud infest\u00e9s de mouches en raison d&rsquo;une guerre de r\u00e9sistance prolong\u00e9e et inattendue men\u00e9e par les Askiya N\u016b\u1e25u. Les r\u00e9voltes dans les villes et les campagnes conduisent \u00e0 la r\u00e9pression et \u00e0 l\u2019exil d\u2019un groupe d\u2019\u00e9minents \u00ab oulam\u0101 \u00bb en 1594. Les Marocains souffrent \u00e9galement d\u2019un manque de coordination administrative comme en t\u00e9moigne la comp\u00e9tition entre le gouverneur et le tr\u00e9sorier. Tous ces probl\u00e8mes ont abouti \u00e0 un d\u00e9sastre. En 1612, incapables de rivaliser avec la mobilit\u00e9 des r\u00e9sistants, les mousquetaires refusent d&rsquo;affronter les archers Songhay. Finalement, le q\u0101&rsquo; id AH al-Talams\u0101n\u012b d\u00e9posa le Pacha et le sultan commen\u00e7a \u00e0 perdre le contr\u00f4le de ses troupes. Alors que le Songhay et le Maroc connaissaient de graves crises au XVIIe si\u00e8cle, la domination de l&rsquo;Europe sur le commerce international devint incontest\u00e9e. L\u2019invasion engloutit \u00e0 la fois le conqu\u00e9rant et le vaincu.<\/p>\n[xlvi] Bovill, E. W. \u00a0\u2018\u2019The Moorish Invasion of The Sudan\u2019\u2019,\u00a0<em>African Affairs<\/em>, Volume XXVII, Issue CV, October 1927, Pages 47\u201356,\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/oxfordjournals.afraf.a100485\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/oxfordjournals.afraf.a100485<\/a><\/p>\n[xlvii] <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/S%C3%A9k%C3%A9n%C3%A9_Mody_Cissoko\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mody\u00a0Cissoko<\/a>, S\u00e9k\u00e9n\u00e9.\u00a0<em>Tombouctou et l&rsquo;Empire songhay\u00a0: \u00e9panouissement du Soudan nig\u00e9rien aux XVe-XVIe si\u00e8cles<\/em>. Paris\/Montr\u00e9al:\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89ditions_L%27Harmattan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L&rsquo;Harmattan<\/a>,\u00a01996.<\/p>\n[xlviii] <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/John_Hunwick\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hunwick, John O.<\/a>\u00a0<em>Timbuktu and the Songhay Empire: Al-Sadi&rsquo;s Tarikh al-Sudan down to 1613 and other contemporary documents<\/em>. Leiden: Brill, 2003, p. 192.<\/p>\n[xlix] Saad, Elias N.\u00a0<em>Social History of Timbuktu: The Role of Muslim Scholars and Notables 1400\u20131900<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press, 1983.<\/p>\n[l] Dumper, Michael &amp; Bruce E. Stanley.\u00a0<em>Cities of The Middle East and North Africa: A Historical Encyclopedia<\/em>. Santa Barbara, CA: ABC-CLIO, 2007.<\/p>\n[li] Dubois, Felix; White, Diana (trans.).\u00a0<a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/timbuctoomyster01whitgoog\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Timbuctoo the mysterious<\/em><\/a>. New York: Longmans, 1896.<\/p>\n[lii] Maugham, R. C. F. \u201cNative Land Tenure in the Timbuktu Districts\u201d, <em>Journal of the Royal African Society<\/em>, vol. 23, no. 90, 1924, pp. 125-30. <em>JSTOR<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/715389\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/715389<\/a><\/p>\n[liii] <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/John_Hunwick\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hunwick, John O.<\/a>\u00a0\u00a0<em>Timbuktu and the Songhay Empire: Al-Sadi&rsquo;s Tarikh al-Sudan down to 1613 and other contemporary documents<\/em>. Leiden: Brill, 2003.<\/p>\n[liv] Hunwick, John O.\u00a0<em>Timbuktu and the Songhay Empire: Al-Sadi&rsquo;s Tarikh al-Sudan down to 1613 and other contemporary documents<\/em>. Leiden: Brill,\u00a01999.<\/p>\n[lv]\u00a0Levtzion, Nehemia.\u00a0<em>Ancient Ghana and Mali.<\/em> Londres\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Methuen_(maison_d%27%C3%A9dition)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Methuen<\/a>,\u00a01973.<\/p>\n[lvi] Hunwick,\u00a0John O.\u00a0<em>Timbuktu and the Songhay Empire: Al-Sadi&rsquo;s Tarikh al-Sudan down to 1613 and other contemporary documents<\/em>. Leiden: Brill,\u00a01999.<\/p>\n[lvii] Clayton, Anthony. <em>Histoire de l&rsquo;Arm\u00e9e fran\u00e7aise en Afrique 1830-1962<\/em>. Paris\u00a0: Albin Michel, 1994,\u00a0p.\u00a021.<\/p>\n[lviii] Brown, Robert. Annotations to <em>the history and description of Africa<\/em>, by Leo Africanus. London, England: The Hakluyt Society, 1896.<\/p>\n<p>Africanus, Leo (Author), Robert Brown (Editor), John Pory (Translator).<em> The History and Description of Africa: And of the Notable Things Therein Contained (Cambridge Library Collection &#8211; Hakluyt First Series)<\/em>. Cambridge: Cambridge University Press, 2010.<\/p>\n[lix] Baldaro, E., &amp; Raineri, L. \u00ab\u00a0Azawad: A Parastate Between Nomads and Mujahidins?\u00a0\u00bb <em>Nationalities Papers<\/em>, 48(1), 2020, pp. 100-115.<\/p>\n[lx] Gr\u00e9mont, Charles\u00a0; Andr\u00e9 Marty\u00a0; Rhissa Ag Mossa &amp; Younoussa Hammra Tour\u00e9.\u00a0<em>Les Liens sociaux au Nord-Mali<\/em>. Paris\u00a0: Kartala, 2004, p. 257.<\/p>\n<p><strong>Description<\/strong>\u00a0: Ce livre part de l&rsquo;interrogation de deux ph\u00e9nom\u00e8nes successifs apparus au Nord-Mali, particuli\u00e8rement dans la r\u00e9gion de Gao, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 : comment comprendre, d&rsquo;une part la mont\u00e9e des violences entre des populations qui auparavant cohabitaient et, d&rsquo;autre part, la capacit\u00e9 de celles-ci \u00e0 se retrouver et \u00e0 (re)construire un avenir en commun, dans un contexte nouveau de multipartisme et de d\u00e9centralisation ?<\/p>\n<p>La pr\u00e9occupation centrale est de saisir comment ont \u00e9volu\u00e9 les liens sociaux sur la longue dur\u00e9e, ici \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, en portant une attention particuli\u00e8re aux crises pass\u00e9es, comme la colonisation ou les s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 1973 et 1984, \u00e0 leurs effets et aux r\u00e9actions qu&rsquo;elles ont entra\u00een\u00e9es.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode utilis\u00e9e repose sur une confrontation de t\u00e9moignages de ceux qui ont h\u00e9rit\u00e9 de cette histoire et l&rsquo;ont prolong\u00e9e, des femmes et des hommes, du monde rural essentiellement, dont les paroles sont trop rarement entendues et relay\u00e9es. Le choix fait ici, loin des approches ethnocentr\u00e9es, est de privil\u00e9gier l&rsquo;histoire des relations entre groupes humains \u00e0 travers des r\u00e9cits et des points de vue au plus pr\u00e8s des r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues.<\/p>\n<p>Sans id\u00e9aliser une soci\u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des rapports hi\u00e9rarchis\u00e9s et in\u00e9galitaires, ce livre montre des appartenances multiples, enchev\u00eatr\u00e9es et \u00e9volutives. Les discours des int\u00e9ress\u00e9s sur \u00a0\u00bb ce qui les fait tenir ensemble \u00a0\u00bb dans la dur\u00e9e met particuli\u00e8rement en lumi\u00e8re le r\u00f4le de la colonisation qui a cr\u00e9\u00e9 de nouvelles \u00a0\u00bb distinctions \u00ab\u00a0, celle des s\u00e9dentaires et des nomades, qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;\u00e9quivalent dans les langues songhay et tamasheq.<\/p>\n<p>Elles ont fortement renforc\u00e9 les cloisonnements et les oppositions. Est relat\u00e9 aussi le processus de paix, \u00e0 partir de 1994, surgi de l&rsquo;int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s locales. Une histoire minutieuse, en grande partie in\u00e9dite, s&rsquo;\u00e9crit ainsi \u00e0 travers les m\u00e9moires sollicit\u00e9es. Les introductions et les notes, r\u00e9alis\u00e9es par les auteurs, permettent de mieux suivre les encha\u00eenements et de pr\u00e9ciser certaines situations.<\/p>\n<p>L&rsquo;ambition de ce livre est d&rsquo;atteindre plusieurs publics : les gens de la r\u00e9gion de Gao, dont certains, par leur int\u00e9r\u00eat, leur disponibilit\u00e9 et leur effort de m\u00e9moire sont les premiers auteurs du texte ; les Maliens des autres r\u00e9gions qui d\u00e9sirent mieux conna\u00eetre les r\u00e9alit\u00e9s du Nord-Mali ; les chercheurs, les \u00e9tudiants et les partisans du \u00a0\u00bb d\u00e9veloppement \u00a0\u00bb qui s&rsquo;int\u00e9ressent aux dynamiques sociales de longue dur\u00e9e, aux m\u00e9thodes de l&rsquo;histoire orale, aux \u00e9volutions des liens sociaux, notamment dans les situations de crise.<\/p>\n<p>La pr\u00e9occupation centrale est de saisir comment ont \u00e9volu\u00e9 les liens sociaux sur la longue dur\u00e9e, ici \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, en portant une attention particuli\u00e8re aux crises pass\u00e9es, comme la colonisation ou les s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 1973 et 1984, \u00e0 leurs effets et aux r\u00e9actions qu&rsquo;elles ont entra\u00een\u00e9es.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode utilis\u00e9e repose sur une confrontation de t\u00e9moignages de ceux qui ont h\u00e9rit\u00e9 de cette histoire et l&rsquo;ont prolong\u00e9e, des femmes et des hommes, du monde rural essentiellement, dont les paroles sont trop rarement entendues et relay\u00e9es. Le choix fait ici, loin des approches ethnocentr\u00e9es, est de privil\u00e9gier l&rsquo;histoire des relations entre groupes humains \u00e0 travers des r\u00e9cits et des points de vue au plus pr\u00e8s des r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues.<\/p>\n<p>Sans id\u00e9aliser une soci\u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des rapports hi\u00e9rarchis\u00e9s et in\u00e9galitaires, ce livre montre des appartenances multiples, enchev\u00eatr\u00e9es et \u00e9volutives. Les discours des int\u00e9ress\u00e9s sur \u00a0\u00bb ce qui les fait tenir ensemble \u00a0\u00bb dans la dur\u00e9e met particuli\u00e8rement en lumi\u00e8re le r\u00f4le de la colonisation qui a cr\u00e9\u00e9 de nouvelles \u00a0\u00bb distinctions \u00ab\u00a0, celle des s\u00e9dentaires et des nomades, qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;\u00e9quivalent dans les langues songhay et tamasheq.<\/p>\n<p>Elles ont fortement renforc\u00e9 les cloisonnements et les oppositions. Est relat\u00e9 aussi le processus de paix, \u00e0 partir de 1994, surgi de l&rsquo;int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s locales. Une histoire minutieuse, en grande partie in\u00e9dite, s&rsquo;\u00e9crit ainsi \u00e0 travers les m\u00e9moires sollicit\u00e9es. Les introductions et les notes, r\u00e9alis\u00e9es par les auteurs, permettent de mieux suivre les encha\u00eenements et de pr\u00e9ciser certaines situations.<\/p>\n<p>L&rsquo;ambition de ce livre est d&rsquo;atteindre plusieurs publics : les gens de la r\u00e9gion de Gao, dont certains, par leur int\u00e9r\u00eat, leur disponibilit\u00e9 et leur effort de m\u00e9moire sont les premiers auteurs du texte ; les Maliens des autres r\u00e9gions qui d\u00e9sirent mieux conna\u00eetre les r\u00e9alit\u00e9s du Nord-Mali ; les chercheurs, les \u00e9tudiants et les partisans du \u00a0\u00bb d\u00e9veloppement \u00a0\u00bb qui s&rsquo;int\u00e9ressent aux dynamiques sociales de longue dur\u00e9e, aux m\u00e9thodes de l&rsquo;histoire orale, aux \u00e9volutions des liens sociaux, notamment dans les situations de crise.<\/p>\n[lxi] Claudot-Hawad, H\u00e9l\u00e8ne. \u2018\u2019\u201c Lib\u00e9rer l\u2019Azawad \u201d. La reformulation des luttes politiques touar\u00e8gues\u2019\u2019, <em>Studi Magrebini, 2017, Emerging Actors in Post-Revolutionnary North Africa, XIV-XV, <\/em>pp.155-178. ffhalshs-01693895f<\/p>\n[lxii] Tlem\u00e7ani, Salima. \u00ab\u00a0Le Mali dans la tourmente : AQMi brouille les cartes \u00e0 l\u2019Azawad\u00a0\u00bb, <em>El Watan<\/em>, 7 avril 2012.<\/p>\n[lxiii] Abrous, Dahbia.\u00a0<em>\u201cPeuple de l\u2019Azaouad\u201d,\u00a0tamurt\u00a0ou comment n\u00e9gocier une red\u00e9finition de soi<\/em>\u00a0In\u00a0:\u00a0<em>Le politique dans l\u2019histoire touar\u00e8gue<\/em>. Aix-en-Provence\u00a0: Institut de recherches et d\u2019\u00e9tudes sur les mondes arabes et musulmans, 1993. <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/iremam\/2792\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/books.openedition.org\/iremam\/2792<\/a><\/p>\n[lxiv] Roger, Benjamin. \u2018\u2019Mali : le MNLA affirme avoir pris contr\u00f4le de Kidal et d\u00e9tenir des prisonniers\u2019\u2019, <em>Jeune Afrique, <\/em>21 mai 2014. <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/53660\/politique\/mali-le-mnla-affirme-avoir-pris-contr-le-de-kidal-et-d-tenir-des-prisonniers\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/53660\/politique\/mali-le-mnla-affirme-avoir-pris-contr-le-de-kidal-et-d-tenir-des-prisonniers\/<\/a> <em>\u00a0<\/em><\/p>\n[lxv] Ibid.<\/p>\n[lxvi] Claudot-Hawad, H\u00e9l\u00e8ne. \u2018\u2019\u201c Lib\u00e9rer l\u2019Azawad \u201d. La reformulation des luttes politiques touar\u00e8gues\u2019\u2019, op. cit.<\/p>\n[lxvii] Declaration du Bureau politique du MNLA. <a href=\"https:\/\/www.mnlamov.net\/actualites\/34-actualites\/164-declaration-du-bureau-politique-.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.mnlamov.net\/actualites\/34-actualites\/164-declaration-du-bureau-politique-.html<\/a><\/p>\n[lxviii] N\u2019Toumast, Akli. \u2018\u2019The Crucial Amazigh Issue that Many are Not Aware of: Azawad Conflict with Mali\u201d, <em>Amazigh World News, <\/em>November 3, 2023. <a href=\"https:\/\/amazighworldnews.com\/the-crucial-amazigh-issue-that-many-are-not-aware-of-azawad-conflict-with-mali\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/amazighworldnews.com\/the-crucial-amazigh-issue-that-many-are-not-aware-of-azawad-conflict-with-mali\/<\/a><\/p>\n[lxix] Le Mouvement Nation de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad. <a href=\"https:\/\/www.mnlamov.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.mnlamov.net\/<\/a><\/p>\n[lxx] Lecocq, Baz. <em>Disputed Desert: Decolonisation, Competing Nationalisms and Tuareg Rebellions in Northern Mali<\/em>. Afrika-Studiecentrum Series. Vol. 19. Leiden: Brill Publishers, 2010.<\/p>\n[lxxi] Cline, Lawrence E. \u00ab Nomads, Islamists, and Soldiers: The Struggles for Northern Mali \u00bb, <em>Studies in Conflict &amp; Terrorism<\/em>, no 36, 2013.<\/p>\n[lxxii] \u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Bilal_Ag_Acherif\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bilal Ag Acherif<\/a>\u00a0(6 avril 2012).\u00a0<a href=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20121018123246\/http:\/www.mnlamov.net\/component\/content\/article\/169-declaration-dindependance-de-lazawad.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab\u00a0D\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendence de l&rsquo;Azawad\u00a0\u00bb<\/a>\u00a0.\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/National_Movement_for_the_Liberation_of_Azawad\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">National Movement for the Liberation of Azawad<\/a>, MNLA. <a href=\"https:\/\/www.mnlamov.net\/component\/content\/article\/169-declaration-dindependance-de-lazawad.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.mnlamov.net\/component\/content\/article\/169-declaration-dindependance-de-lazawad.html<\/a><\/p>\n[lxxiii] Montau, Flore. \u2018\u2019Au Mali, des c\u00e9l\u00e9brations de \u00ab l&rsquo;ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb de l\u2019Azawad sous haute tension\u2019\u2019, <em>Jeune Afrique<\/em>, 6 avril 2023. <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1433854\/politique\/au-mali-des-celebrations-de-lindependance-de-lazawad-sous-haute-tension\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1433854\/politique\/au-mali-des-celebrations-de-lindependance-de-lazawad-sous-haute-tension\/<\/a><\/p>\n[lxxiv] Sangar\u00e9, Bokar. \u2018\u2019Au Mali, un tabou nomm\u00e9 Azawad\u2018\u2019, <em>Le Monde, <\/em>11 d\u00e9cembre 2017<em>. <\/em><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2017\/12\/11\/au-mali-un-tabou-nomme-azawad_5228141_3212.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2017\/12\/11\/au-mali-un-tabou-nomme-azawad_5228141_3212.html<\/a><\/p>\n[lxxv] Duhem, Vincent. \u2018\u2019Le groupe salafiste Ansar dine\u2019\u2019, <em>Jeune Afrique<\/em>, 20 mars 2012. <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/176897\/politique\/le-groupe-salafiste-ansar-dine-affirme-contr-ler-le-nord-est-du-mali\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/176897\/politique\/le-groupe-salafiste-ansar-dine-affirme-contr-ler-le-nord-est-du-mali\/<\/a><\/p>\n[lxxvi] Al Karjousli, Soufian. \u00ab\u00a0Les organisations combattantes irr\u00e9guli\u00e8res au Mali\u00a0: glissement de combattants sah\u00e9liens vers le djihad\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Strat\u00e9gique<\/em>, vol. 103, no. 2, 2013, pp. 231-239.<\/p>\n[lxxvii] R\u00e9my, Jean-Philippe. \u2018\u2019Dans le nord du Mali, le MNLA proclame l&rsquo;ind\u00e9pendance de l\u2019Etat de l\u2019Azawad<\/p>\n<p>\u2019\u2019, <em>Le Monde<\/em>, 6 avril 2012. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2012\/04\/06\/le-mnla-proclame-l-independance-de-l-azawad_1681744_3212.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2012\/04\/06\/le-mnla-proclame-l-independance-de-l-azawad_1681744_3212.html<\/a><\/p>\n[lxxviii] Le Point. \u2018\u2019Mali : la charia \u00ab\u00a0p\u00e9dagogique\u00a0\u00bb d&rsquo;Ansar Dine\u2019\u2019, <em>Le Point<\/em>, 14 novembre 2012. <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/mali-ansar-dine-promet-d-appliquer-la-charia-avec-pedagogie-14-11-2012-1528887_24.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/mali-ansar-dine-promet-d-appliquer-la-charia-avec-pedagogie-14-11-2012-1528887_24.php<\/a><\/p>\n[lxxix] Ollivier, Bertrand. \u2018\u2019Dix ans apr\u00e8s la d\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad, la gouvernance des anciens rebelles dans le nord du Mali\u2019\u2019, <em>Le Rubicon, <\/em>15 avril 2022. <a href=\"https:\/\/lerubicon.org\/dix-ans-apres-la-declaration-dindependance-de-lazawad-la-gouvernance-des-anciens-rebelles-dans-le-nord-du-mali\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/lerubicon.org\/dix-ans-apres-la-declaration-dindependance-de-lazawad-la-gouvernance-des-anciens-rebelles-dans-le-nord-du-mali\/<\/a><\/p>\n[lxxx] Saint-Girons, Anne. \u00a0<em>Les R\u00e9bellions touar\u00e8gues<\/em>. Ibis Press, 2008 et Artelittera, 2011.<\/p>\n[lxxxi] Joseph R. Rudolph Jr.\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=OjkVCwAAQBAJ&amp;pg=PA381\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Encyclopedia of Modern Ethnic Conflicts, 2nd Edition [2 volumes]<\/em><\/a>. Santa Barbara, California: ABC-CLIO, 2015, p.\u00a0381.<\/p>\n[lxxxii] Plantade, Yidir. \u00ab Dans le Nord du Mali, les Touaregs du MNLA lancent un nouveau d\u00e9fi arm\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat \u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 25 janvier 2012. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2012\/01\/25\/dans-le-nord-du-mali-les-touareg-du-mnla-lancent-un-nouveau-defi-arme-a-l-etat_1634378_3212.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2012\/01\/25\/dans-le-nord-du-mali-les-touareg-du-mnla-lancent-un-nouveau-defi-arme-a-l-etat_1634378_3212.html<\/a><\/p>\n[lxxxiii] Bozeman, Adda Bruemmer.\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=O1F9BgAAQBAJ&amp;pg=PA280\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Conflict in Africa: Concepts and Realities<\/em><\/a>. Princeton, New Jersey\u00a0: Princeton University Press, 2015, pp.\u00a0280-282.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Azawad, ou Azawagh (Amazigh : \u2d30\u2d63\u2d30\u2d61\u2d30\u2d37), a \u00e9t\u00e9 un \u00c9tat non reconnu de courte dur\u00e9e, de 2012 \u00e0 2013. Azawagh (Azawa\u0263) est le nom g\u00e9n\u00e9rique berb\u00e8re touareg pour toutes les r\u00e9gions amazighes touar\u00e9gues, en particulier la moiti\u00e9 nord du Mali [i] et le nord et l&rsquo;ouest du Niger. [ii] Qui sont les Touaregs ? 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