{"id":5673,"date":"2024-01-27T18:36:54","date_gmt":"2024-01-27T17:36:54","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=5673"},"modified":"2024-01-27T18:36:54","modified_gmt":"2024-01-27T17:36:54","slug":"la-portee-universelle-de-la-civilisation-amazighe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/la-portee-universelle-de-la-civilisation-amazighe\/","title":{"rendered":"La port\u00e9e universelle de la civilisation amazighe"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_5675\" aria-describedby=\"caption-attachment-5675\" style=\"width: 636px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5675 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Militants-amazighs.jpg?resize=618%2C275&#038;ssl=1\" alt=\"Militants amazighs\" width=\"618\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Militants-amazighs.jpg?w=636&amp;ssl=1 636w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Militants-amazighs.jpg?resize=450%2C200&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5675\" class=\"wp-caption-text\">Militants amazighs<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Civilisation p\u00e9renne<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p>Descendants des tribus de l&rsquo;\u00e2ge de pierre d&rsquo;Afrique du Nord, les r\u00e9cits des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans les \u00e9crits \u00e9gyptiens anciens. \u00c0 partir d&rsquo;environ 2000 avant notre \u00e8re, les langues berb\u00e8res se sont r\u00e9pandues vers l&rsquo;ouest, depuis la vall\u00e9e du Nil, \u00e0 travers le nord du Sahara jusqu&rsquo;au Maghreb. <a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a> Une s\u00e9rie de peuples berb\u00e8res tels que les Mauri, Masaesyli, Massyli, Musulamii, Gaetuli et Garamantes ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des royaumes berb\u00e8res, comme la Numidie et la Maur\u00e9tanie. <a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[ii]<\/a> D&rsquo;autres royaumes apparaissent dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 tardive, comme ceux de l&rsquo;Altava, de l&rsquo;Aur\u00e8s, de l&rsquo;Ouarsenis et du Hodna. <a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[iii]<\/a><\/p>\n<p>Des si\u00e8cles se sont \u00e9coul\u00e9s sur le territoire amazigh de Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30. L&rsquo;histoire nous raconte l&rsquo;invasion et la colonisation de la r\u00e9gion par divers empires tels que les Ph\u00e9niciens, les Romains, les Ottomans, les Arabes, les Espagnols, les Portugais et les Fran\u00e7ais au fil du temps. Pendant ce temps, malgr\u00e9 cette empreinte, les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f ont pu conserver leurs traditions uniques face aux envahisseurs du fait de leur culture et sa trinit\u00e9 universelle. <a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[iv]<\/a><\/p>\n<p>Au sujet comment les anciennes peuplades du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en voyaient les Berb\u00e8res, Mohamed Chafik \u00e9crit\u00a0: <a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[v]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Mais ce qu\u2019il y a de vraiment \u00e9tonnant, et de paradoxal en apparence, c\u2019est que les Grecs nourrissaient \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Berb\u00e8res une profonde v\u00e9n\u00e9ration. L\u2019historien H\u00e9rodote (484-425 av. J.C.) les consid\u00e9rait comme le peuple du monde qui \u00ab\u00a0jouit du meilleur \u00e9tat de sant\u00e9\u00a0\u00bb,\u00a0surclassant en ce domaine les \u00c9gyptiens et les Grecs eux-m\u00eames (H\u00e9rodote, L. II parag. 77 p. 199).\u00a0\u00ab\u00a0Le costume et l\u2019\u00e9gide qu\u2019on voit en Gr\u00e8ce aux statues d\u2019Ath\u00e9na, ajoute-t-il, sont inspir\u00e9s des v\u00eatements des Libyennes. Atteler quatre chevaux est encore un usage pass\u00e9 des Libyens \u00e0 la Gr\u00e8ce\u00a0\u00bb (H\u00e9robote, L. IV, parag. 189, p. 444). L\u2019\u00e9crivain latin, Pline l\u2019Ancien (23 \u2013 79) nous signale que les Grecs attribuaient la fondation de Tanger (Tingi) au g\u00e9ant de leur mythologie Antaios (Ant\u00e9e) (Pline, L. V, parag. 2, p. 45), et que Grecs et Libyens de Cyr\u00e8ne allaient ensemble en p\u00e8lerinage au temple d\u2019A\u00efnoun \u00e0 Siwa (Pline, L.V, parag. 31, p.60 et commentaire p. 351). Athena la vierge, Athena la d\u00e9esse guerri\u00e8re protectrice d\u2019Ath\u00e8nes, Athena la d\u00e9esse de l\u2019intelligence, est elle-m\u00eame n\u00e9e en Libye au bord du lac Triton (Rossi, p. 82). Les Berb\u00e8res Garamantes \u00e9taient des descendants du dieu Apollon lui-m\u00eame, aux yeux des Hell\u00e8nes (Gaffmt, p. 703). Platon, le philosophe, n\u2019aurait jamais pu fonder son Academica, s\u2019il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 et lib\u00e9r\u00e9 par un Libyen, quand il a \u00e9t\u00e9 fait prisonnier et vendu comme esclave (Rossi, p. 119). I1 est de notori\u00e9t\u00e9 historique, enfin, qu\u2019Alexandre le Grand a d\u00fb parcourir 600 km de d\u00e9sert, avec toute son arm\u00e9e et sa suite, pour se faire sacrer roi d\u2019\u00c9gypte par les pr\u00eatres d\u2019Amon, en son temple de Siwa. Les habitants de Siwa continuent jusqu\u2019au jour d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 parler\u00a0<strong>tamazight<\/strong>. Il y a lieu de penser, \u00e0 partir de ces donn\u00e9es, que les Grecs savaient pertinemment que leur civilisation \u00e9tait la fille de celle de l\u2019\u00c9gypte et de la Libye. Les historiens fran\u00e7ais Jean Servier et Piene Rossi ont d\u00e9velopp\u00e9 ce sujet, le premier en ce qui concerne les Berb\u00e8res, et le second en ce qui a trait \u00e0 l\u2019influence de l\u2019\u00c9gypte sur la Gr\u00e8ce. Je reviendrai tout \u00e0 l\u2019heure sur la question des liens entre Amazighes et Egyptiens, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f sont un peuple diversifi\u00e9 de groupes ethniques distincts indig\u00e8nes d&rsquo;Afrique du Nord qui sont ant\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes dans les migrations arabes vers le Maghreb. Leurs principaux liens sont identifi\u00e9s par leur utilisation des langues berb\u00e8res qui font partie de la famille des langues afroasiatiques. <a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[vi]<\/a> Ils sont originaires de la r\u00e9gion du Maghreb en Afrique du Nord, o\u00f9 ils vivent en communaut\u00e9s dispers\u00e9es dans certaines parties du Maroc, de l&rsquo;Alg\u00e9rie, de la Libye et, dans une moindre mesure, de la Tunisie, de la Mauritanie, du nord du Mali et du nord du Niger. De plus petites communaut\u00e9s berb\u00e8res se trouvent \u00e9galement au Burkina Faso et dans l&rsquo;oasis de Siwa en \u00c9gypte. <a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[vii]<\/a><\/p>\n<p>Pour Salim Chaker, le Berb\u00e8re est une langue autochtone de l\u2019Afrique du Nord\u00a0: <a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[viii]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019En tout \u00e9tat de cause, le berb\u00e8re peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme la langue \u00ab\u00a0autochtone\u00a0\u00bb de l\u2019Afrique du Nord et il n\u2019existe actuellement pas de trace positive d\u2019une origine ext\u00e9rieure ou de la pr\u00e9sence d\u2019un substrat pr\u00e9-\/non-berb\u00e8re dans cette r\u00e9gion. Aussi loin que l\u2019on puisse remonter \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e8s les premiers t\u00e9moignages \u00e9gyptiens (Cf. Bates 1914 (1970)) \u2013, le berb\u00e8re est d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 dans son territoire actuel. La toponymie notamment n\u2019a pas permis jusqu\u2019ici d\u2019identifier pr\u00e9cis\u00e9ment un quelconque s\u00e9diment pr\u00e9-berb\u00e8re.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>On pense que la r\u00e9gion du Maghreb, au nord-ouest de l&rsquo;Afrique, a \u00e9t\u00e9 habit\u00e9e par des Berb\u00e8res depuis au moins 10 000 avant JC. Des peintures rupestres, dat\u00e9es de douze mill\u00e9naires auparavant, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes dans la r\u00e9gion du Tassili n&rsquo;Ajjer, au sud-est de l&rsquo;Alg\u00e9rie. D&rsquo;autres \u0153uvres d&rsquo;art rupestre ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes \u00e0 Tadrart Acacus dans le d\u00e9sert libyen. <a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[ix]<\/a> Une soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9olithique, marqu\u00e9e par la domestication et l&rsquo;agriculture de subsistance et richement repr\u00e9sent\u00e9e dans les peintures du Tassili n&rsquo;Ajjer, s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e et pr\u00e9domin\u00e9e dans la r\u00e9gion saharienne et m\u00e9diterran\u00e9enne (le Maghreb) de l&rsquo;Afrique du Nord entre 6000 et 2000 av. J.-C. (jusqu&rsquo;\u00e0 la p\u00e9riode classique). Des inscriptions pr\u00e9historiques Tifinagh ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es dans la r\u00e9gion d&rsquo;Oran. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9romaine, plusieurs \u00c9tats ind\u00e9pendants successifs (Massylii) exist\u00e8rent avant que le roi Masinissa n&rsquo;unifie le peuple de Numidie. <a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[x]<\/a><\/p>\n<p><strong>Preuve d&rsquo;origine<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique du Nord est situ\u00e9e au carrefour de la mer M\u00e9diterran\u00e9e, du Moyen-Orient et du Sahara. Les vastes migrations et les flux g\u00e9n\u00e9tiques dans la r\u00e9gion ont fa\u00e7onn\u00e9 de nombreuses cultures diff\u00e9rentes et des composants g\u00e9n\u00e9tiques ancestraux au fil du temps. Les donn\u00e9es ADN provenant d&rsquo;anciens sites marocains ont r\u00e9cemment \u00e9clair\u00e9 le d\u00e9bat sur la continuit\u00e9 ou le remplacement des populations, c&rsquo;est-\u00e0-dire la question de savoir si les populations nord-africaines actuelles descendent de groupes pal\u00e9olithiques ou, au contraire. Les migrations ult\u00e9rieures ont balay\u00e9 tous les signaux g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9existants dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong><em>Preuve g\u00e9n\u00e9tique<\/em><\/strong><\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les preuves g\u00e9n\u00e9tiques semblent indiquer que la plupart des Africains du Nord-Ouest (qu\u2019ils se consid\u00e8rent berb\u00e8res ou arabes) sont majoritairement d\u2019origine berb\u00e8re et que les populations ancestrales des Berb\u00e8res sont pr\u00e9sentes dans la r\u00e9gion depuis le Pal\u00e9olithique sup\u00e9rieur. <a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\">[xi]<\/a><\/p>\n<p>Les anc\u00eatres g\u00e9n\u00e9tiquement pr\u00e9dominants des Berb\u00e8res semblent provenir d\u2019Afrique de l\u2019Est, du Moyen-Orient ou des deux, mais les d\u00e9tails restent flous. <a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\">[xii]<\/a> Cependant, des proportions significatives des pools g\u00e9n\u00e9tiques berb\u00e8res et Berb\u00e8res arabis\u00e9s proviennent de migrations humaines plus r\u00e9centes de divers peuples italiques, s\u00e9mitiques, germaniques et d&rsquo;Afrique subsaharienne, qui ont tous laiss\u00e9 leurs empreintes g\u00e9n\u00e9tiques dans la r\u00e9gion. <a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\">[xiii]<\/a><\/p>\n<p>Le pool g\u00e9n\u00e9tique nord-africain est d\u00e9fini comme un melting-pot de composantes g\u00e9n\u00e9tiques, y compris une composante end\u00e9mique de l&rsquo;\u00e9pipal\u00e9olithique nord-africain \u00e0 faible fr\u00e9quence qui forme un gradient d\u00e9croissant de l&rsquo;ouest \u00e0 l&rsquo;est de l&rsquo;Afrique du Nord. Ce sc\u00e9nario est coh\u00e9rent sachant que la n\u00e9olithisation a fa\u00e7onn\u00e9 la majeure partie de la variation g\u00e9n\u00e9tique actuelle dans la r\u00e9gion, par rapport aux vagues de migration post\u00e9rieures vers l&rsquo;Afrique du Nord, telles que l\u2019arabisation. Une histoire g\u00e9n\u00e9tique commune et distincte de la r\u00e9gion est mise en \u00e9vidence, avec des proportions internes diff\u00e9rentes des composantes g\u00e9n\u00e9tiques dues \u00e0 un m\u00e9lange diff\u00e9rentiel avec les groupes environnants ainsi qu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9rive g\u00e9n\u00e9tique due \u00e0 l&rsquo;isolement et \u00e0 l&rsquo;endogamie dans la r\u00e9gion. <a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\">[xiv]<\/a><\/p>\n<p>Au sujet des marqueurs g\u00e9n\u00e9tiques des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f , Bosch, E.; Calafell, F.; P\u00e9rez-Lezaun, A.; Comas, D.; Mateu, E. &amp; Bertranpetit J. \u00e9crivent dans <em>Human Biology\u00a0<\/em>: <a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\">[xv]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u2018\u2019Apr\u00e8s une recherche bibliographique intensive, nous avons compil\u00e9 toutes les donn\u00e9es disponibles sur les fr\u00e9quences d&rsquo;origine des polymorphismes g\u00e9n\u00e9tiques classiques se r\u00e9f\u00e9rant aux populations d&rsquo;Afrique du Nord et synth\u00e9tis\u00e9 les donn\u00e9es dans le but de reconstruire l&rsquo;histoire d\u00e9mographique des populations en utilisant deux m\u00e9thodes compl\u00e9mentaires : (1) l&rsquo;analyse en composantes principales et (2) les distances g\u00e9n\u00e9tiques repr\u00e9sent\u00e9es par les arbres se joignant aux voisins. Dans les deux analyses, la principale caract\u00e9ristique du paysage g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019Afrique du Nord est un mod\u00e8le de variation est-ouest, indiquant la diff\u00e9renciation entre les groupes de population berb\u00e8re et arabe du nord-ouest et les populations de Libye et d\u2019\u00c9gypte. De plus, la Libye et l\u2019\u00c9gypte pr\u00e9sentent les distances g\u00e9n\u00e9tiques les plus faibles avec les populations europ\u00e9ennes, y compris la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. L&rsquo;interpr\u00e9tation la plus plausible de ces r\u00e9sultats est que, m\u00eame si la diffusion de la d\u00e9mie au cours du N\u00e9olithique pourrait expliquer la similarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique entre l&rsquo;Afrique du Nord-Est et l&rsquo;Europe par un processus parall\u00e8le de flux g\u00e9n\u00e9tiques en provenance du Proche-Orient, une diff\u00e9renciation m\u00e9solithique (ou plus ancienne) des populations de la r\u00e9gion les r\u00e9gions du nord-ouest avec un flux g\u00e9n\u00e9tique limit\u00e9 par la suite sont n\u00e9cessaires pour comprendre l\u2019image g\u00e9n\u00e9tique. Les groupes les plus isol\u00e9s (Mauritaniens, Touaregs et Berb\u00e8res du sud de l\u2019Alg\u00e9rie) \u00e9taient les plus diff\u00e9renci\u00e9s et, m\u00eame si aucune structure claire ne peut \u00eatre discern\u00e9e entre les diff\u00e9rents groupes arabophones et berb\u00e9rophones, les arabophones dans leur ensemble sont plus proches des \u00c9gyptiens et des Libyens. En revanche, la contribution g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019Afrique subsaharienne semble faible.\u2019\u2019]<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_5676\" aria-describedby=\"caption-attachment-5676\" style=\"width: 558px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5676 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Tapis-amazigh.jpg?resize=558%2C330&#038;ssl=1\" alt=\"Tapis amazigh\" width=\"558\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Tapis-amazigh.jpg?w=558&amp;ssl=1 558w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Tapis-amazigh.jpg?resize=423%2C250&amp;ssl=1 423w\" sizes=\"auto, (max-width: 558px) 100vw, 558px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5676\" class=\"wp-caption-text\">Tapis amazigh<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Preuve arch\u00e9ologique<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La culture capsienne n\u00e9olithique est apparue en Afrique du Nord vers 9\u00a0500 avant notre \u00e8re et dura peut-\u00eatre jusqu\u2019en 2\u00a0700 avant notre \u00e8re. <a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\">[xvi]<\/a> Les linguistes et les g\u00e9n\u00e9ticiens des populations ont identifi\u00e9 cette culture comme une p\u00e9riode probable de propagation d&rsquo;une langue afro-asiatique (anc\u00eatre des langues berb\u00e8res modernes) dans la r\u00e9gion. Les origines de la culture capsienne restent toutefois floues sur le plan arch\u00e9ologique. Certains ont consid\u00e9r\u00e9 la population de cette culture comme une simple continuation de la culture m\u00e9solithique ib\u00e9ro-maurusienne ant\u00e9rieure, apparue vers 22 000 avant notre \u00e8re, tandis que d&rsquo;autres plaident en faveur d&rsquo;un changement de population ; le premier point de vue semble \u00eatre \u00e9tay\u00e9 par des preuves dentaires. <a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\">[xvii]<\/a><\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res ont aussi habit\u00e9 les Iles Canaries. En effet, La culture indig\u00e8ne canarienne ne peut s&rsquo;expliquer que par une ethnogen\u00e8se continentale-africaine indissociable de la culture de certains groupes ethniques amazighs qui vivaient il y a environ 3 000 ans. La culture d\u00e9velopp\u00e9e dans l\u2019archipel canarien par les soci\u00e9t\u00e9s des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f a \u00e9t\u00e9 clairement influenc\u00e9e par l\u2019isolement insulaire et l\u2019adaptation \u00e0 cet environnement insulaire dans des conditions qui les ont pratiquement coup\u00e9es du contact avec le continent africain et les autres groupes ethniques amazighs.<\/p>\n<p>Au sujet de l\u2019identit\u00e9 amazighe des Iles Canaries, Josu\u00e9\u00a0Ramos-Mart\u00edn \u00e9crit\u00a0: <a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\">[xviii]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Cependant, au sein de cette tendance g\u00e9n\u00e9rale encore pr\u00e9sente de nos jours, il existe un point de rupture marqu\u00e9 par la d\u00e9couverte de la\u00a0Piedra Zanata. Trouv\u00e9e en 1992 dans le nord de l\u2019\u00eele de Tenerife, cette pierre pr\u00e9sente sur un de ses c\u00f4t\u00e9s une inscription de trois caract\u00e8res qui pourraient \u00eatre rapproch\u00e9s des signes libyques et qui ont \u00e9t\u00e9 lus comme \u00e9tant ZNT, ce qui a permis de les rapprocher de la tribu berb\u00e8re des\u00a0Zanata\u00a0(Mu\u00f1oz Jim\u00e9nez, 1994). La\u00a0Piedra Zanata\u00a0a marqu\u00e9 l\u2019opinion publique et scientifique insulaire, puisqu\u2019elle venait confirmer la provenance berb\u00e8re des premiers habitants de Tenerife. Cependant, les circonstances troubles de sa d\u00e9couverte lui ont fait perdre sa cr\u00e9dibilit\u00e9 au point qu\u2019une grande partie de la communaut\u00e9 scientifique la consid\u00e8re aujourd\u2019hui comme un faux. Toutefois, elle a repr\u00e9sent\u00e9 pour quelques chercheurs, en particulier au sein de l\u2019\u00e9quipe du Mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Tenerife, le point de d\u00e9part d\u2019une ligne de recherche. Ceux-ci avancent que le peuplement des \u00eeles est le fruit de l\u2019action colonisatrice de populations ph\u00e9niciennes et puniques qui y auraient d\u00e9port\u00e9 des habitants de l\u2019Afrique du Nord pour l\u2019exploitation de ressources naturelles associ\u00e9es \u00e0 la p\u00eache (Gonz\u00e1lez Ant\u00f3n\u00a0et al., 1995\u00a0; Gonz\u00e1lez Ant\u00f3n\u00a0et Del Arco Aguilar, 2007). Au-del\u00e0 des d\u00e9bats parfois pol\u00e9miques que cette hypoth\u00e8se a suscit\u00e9s entre les historiens canariens (Hern\u00e1ndez G\u00f3mez\u00a0et al., 2004-2005\u00a0; Baucells Mesa, 2005\u00a0; Navarro Mederos, 2005\u00a0; Velasco V\u00e1zquez\u00a0et al., 2005\u00a0; Tejera Gaspar\u00a0et Ch\u00e1vez \u00c1lvarez, 2011), nous aimerions ici nous arr\u00eater sur la fa\u00e7on dont ces auteurs ont per\u00e7u l\u2019identit\u00e9 berb\u00e8re.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><strong>Trinit\u00e9 culturelle<\/strong><\/p>\n<p>Peu importe comment on explique, ou on croit que les Amazighs de l&rsquo;Afrique du Nord sont venus dans la r\u00e9gion ; une chose est certaine, leur pr\u00e9sence dans Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30, en g\u00e9n\u00e9ral, et au Maroc, en particulier, est tr\u00e8s ancienne et a eu une influence consid\u00e9rable sur le mode de vie du Marocain contemporain et son sens de l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019appartenance, sans oublier pour autant l\u2019ensemble de ses croyances pa\u00efennes ou monoth\u00e9istes soient-elles, \u00e0 travers les \u00e2ges. <a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\">[xix]<\/a><\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res ont une histoire riche et multiforme qui remonte \u00e0 plusieurs si\u00e8cles. \u00c0 l\u2019origine, ils adh\u00e9raient \u00e0 d\u2019anciens syst\u00e8mes de croyance, notamment l\u2019animisme, le culte des anc\u00eatres et le polyth\u00e9isme. Au fil du temps, leur paysage religieux a \u00e9volu\u00e9, de nombreux Berb\u00e8res se convertissant au christianisme ou au juda\u00efsme avant l&rsquo;islamisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la r\u00e9gion. L&rsquo;identit\u00e9 berb\u00e8re va au-del\u00e0 de la religion et englobe un lien profond avec l&rsquo;histoire et la g\u00e9ographie de l&rsquo;Afrique du Nord. <a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\">[xx]<\/a> Bien qu&rsquo;il puisse exister des variations dans la culture, les traditions et le patrimoine entre les diff\u00e9rents groupes berb\u00e8res, ils sont tous li\u00e9s par une histoire, une langue, et une identit\u00e9 commune qui les unissent. <a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\">[xxi]<\/a><\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, les Amazighs ont combattu, commerc\u00e9, n\u00e9goci\u00e9 et accueilli les Ph\u00e9niciens, les Carthaginois, les Romains, les Arabes, les Ottomans les Espagnols et les Fran\u00e7ais. M\u00eame si les Romains et d\u2019autres ont tent\u00e9 de coloniser le peuple berb\u00e8re, ce dernier a r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9server sa propre langue et culture et n\u2019a, en r\u00e9alit\u00e9, jamais \u00e9t\u00e9 conquis !<\/p>\n<p>Impr\u00e9gn\u00e9es de traditions, la culture et les coutumes amazighes varient d&rsquo;un groupe \u00e0 l&rsquo;autre. Malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences, ce qui les unit, ce sont les valeurs qu&rsquo;ils partagent. Les trois principales valeurs sont la langue comme une forte source d&rsquo;identit\u00e9, l&rsquo;importance de la parent\u00e9 (solidarit\u00e9 tribale <strong><em>twiza<\/em><\/strong>), <a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\">[xxii]<\/a> et le lien ind\u00e9fectible avec la terre, qui est consid\u00e9r\u00e9e un bien et un legs sacr\u00e9. <a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\">[xxiii]<\/a><\/p>\n<p>Ces trois th\u00e8mes principaux dans la culture Amazighe, sont ind\u00e9niablement de port\u00e9e universelle, et sont d\u00e9finis comme une <strong>trinit\u00e9<\/strong> importante et primordiale dans son syst\u00e8me de valeurs et sont facilement identifiables dans la culture marocaine et nord-africaine d\u2019aujourd\u2019hui. <a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\">[xxiv]<\/a><\/p>\n<p>Ces valeurs ont transcend\u00e9 la culture amazighe et ont \u00e9t\u00e9 largement accept\u00e9es comme des concepts de base de l\u2019identit\u00e9 berb\u00e8re, sinon de port\u00e9e universelle.<\/p>\n<p>La <strong>trinit\u00e9<\/strong> en question s\u2019articule autour des notions suivantes : l&rsquo;importance de la langue comme v\u00e9hicule de la culture et marqueur principal et exclusif de l\u2019identit\u00e9 (<strong><em>tamazight\/awal<\/em><\/strong>), sur \u00e0 la fois le plan de la communication et de la perp\u00e9tuation de l\u2019histoire\u00a0; l&rsquo;omnipr\u00e9sence du syst\u00e8me fort et indivisible de la parent\u00e9 et de l\u2018appartenance \u00e0 la famille \u00e9tendue (<strong><em>tamount\/ddam<\/em><\/strong>), qui s\u2019exprime par la solidarit\u00e9 <strong><em>twiza<\/em><\/strong>, la coexistence <strong><em>lam\u00e2n<\/em><\/strong>, et la tol\u00e9rance <strong><em>amsafham\u00a0<\/em><\/strong>; ainsi que la forte connexion \u00e0 la terre et l\u2019identification avec ces bienfaits et la croyance en sa sacralit\u00e9 (<strong>akkal\/<em>tammourt\/tamazirt<\/em><\/strong>), qui est forte et pertinente aussi bien chez d\u2019autres peuplades du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en et du monde.<\/p>\n<p>Ces trois piliers de la culture amazighe d&rsquo;origine et par extension de la culture marocaine d\u2019aujourd\u2019hui, dans son ensemble, sont ind\u00e9niablement le <em>substratum<\/em> de la tr\u00e8s forte notion de <strong><em>tamaghrabit <\/em><\/strong>(l\u2019appartenance \u00e0 un Maroc multiculturel, divers et tol\u00e9rant) qui soude les Marocains. <a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\">[xxv]<\/a><\/p>\n<p>En effet, si aujourd\u2019hui les Marocains ne sont pas d\u00e9chir\u00e9s par des conflits ethniques, linguistiques et culturels, comme c\u2019est le cas au Moyen Orient, depuis l\u2019av\u00e8nement du printemps r\u00e9volutionnaire, c\u2019est parce que dans leur DNA on trouve les traces de cette <strong>trinit\u00e9<\/strong> qui amplifie leur appartenance multiple et indivisible et leur sens pouss\u00e9 du vivre-ensemble et de la tol\u00e9rance. Le pr\u00e9ambule de la constitution marocaine de 2011, en quelque sorte, amplifie l\u2019importance cette trinit\u00e9 en faisant allusion \u00e0 l\u2019universalit\u00e9 de la civilisation marocaine dont l\u2019amazighit\u00e9 et son <em>substratum <\/em>exclusif. <a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\">[xxvi]<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_5677\" aria-describedby=\"caption-attachment-5677\" style=\"width: 626px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5677 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Femme-amazighe.jpg?resize=618%2C288&#038;ssl=1\" alt=\"Femme amazighe\" width=\"618\" height=\"288\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Femme-amazighe.jpg?w=626&amp;ssl=1 626w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Femme-amazighe.jpg?resize=450%2C210&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5677\" class=\"wp-caption-text\">Femme amazighe<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Aspects de la trinit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Tamazight\/awal<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le th\u00e8me le plus \u00e9vident, qui est pr\u00e9sent dans la communaut\u00e9 amazighe au Maroc et par extension dans toute l\u2019aire g\u00e9ographique de Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30, est l&rsquo;importance de la langue dans la soci\u00e9t\u00e9, la civilisation et le v\u00e9cu. Quand on contemple la culture du peuple amazigh, il y a une corr\u00e9lation claire entre la pertinence de la langue et la pr\u00e9servation de la civilisation et des traditions mill\u00e9naires, voir la tradition des Maitres Musiciens Jahjouka au nord-est du Maroc. Leur musique de transe et leur th\u00e9\u00e2tre anthropologique a travers\u00e9 quatre mille ans d\u2019histoire sans \u00e9gratignure aucune, d\u2019apr\u00e8s les experts occidentaux. <a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\">[xxvii]<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire et le syst\u00e8me de croyances du peuple amazigh ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s de fa\u00e7on orale de p\u00e8re en fils ; o\u00f9 une g\u00e9n\u00e9ration transmettait l&rsquo;histoire, la sagesse, la litt\u00e9rature et les lois (<strong><em>azref<\/em><\/strong>) \u00e0 une autre, de fa\u00e7on automatique par le biais de la <strong>langue maternelle (<em>awar ou-ghi<\/em>)<\/strong>, puissant v\u00e9hicule linguistique. En r\u00e9alit\u00e9, malgr\u00e9 l&rsquo;existence de trois dialectes amazighes distincts au Maroc, l&rsquo;histoire et les lois du peuple amazigh se sont synchronis\u00e9es et ont surv\u00e9cu \u00e0 d&rsquo;innombrables invasions \u00e0 travers sa longue histoire connue de huit mill\u00e9niums.<\/p>\n<p><strong><em>Tamount\/ddam<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me th\u00e8me que l&rsquo;on doit consid\u00e9rer lorsqu&rsquo;on compare la culture amazighe et la culture marocaine contemporaine est l&rsquo;id\u00e9e de parent\u00e9\u00a0: consanguinit\u00e9 <a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\">[xxviii]<\/a> qui est na\u00eet du syst\u00e8me communautaire amazigh et qui est toujours forte dans toute la soci\u00e9t\u00e9 marocaine.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de parent\u00e9 qui se manifeste \u00e0 travers des personnes li\u00e9es par le sang, <a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\">[xxix]<\/a> le v\u00e9cu et l\u2019histoire accuse une distinction pertinente entre la culture amazighe et marocaine dans le sens que le syst\u00e8me communautaire amazigh met l&rsquo;accent sur la notion de la matriarche comme personne-pivot de la famille impr\u00e9gn\u00e9e de valeurs d\u00e9mocratiques, alors que la culture marocaine, de substrat arabe, pr\u00e9f\u00e8re une patriarchie, tr\u00e8s forte et sans partage.<\/p>\n<p>Au sujet de la protection par le sang et accord par le lait chez les Imazighen, Marie-Luce G\u00e9lard \u00e9crit\u00a0: <a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\">[xxx]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019LES PACTES de protection, d\u2019alliance et de colactation, cr\u00e9ateurs de liens sociaux, sont fr\u00e9quents dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019Afrique du Nord et du Sahara. Dans le Sud-Est marocain, l\u2019instauration d\u2019une relation de protection entre groupes et l\u2019\u00e9tablissement de liens de parent\u00e9 \u00ab \u00e9lectifs \u00bb sont d\u00e9termin\u00e9s par les repr\u00e9sentations et l\u2019instrumentalisation de deux humeurs corporelles, le sang (idamn) et le lait (agho), que nous nous proposons de mettre au jour. L\u2019examen attentif de l\u2019usage qui est fait de ces fluides corporels permet d\u2019\u00e9clairer les repr\u00e9sentations culturelles qui en d\u00e9coulent et de mieux comprendre ainsi la mani\u00e8re dont les individus per\u00e7oivent et caract\u00e9risent la relation de parent\u00e9. \u00c0 l\u2019exception de la litt\u00e9rature coloniale du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle concernant le Maroc, des \u00e9crits collectifs de P. Bonte, A.-M. Brisebarre et A. Gokalp [1999] ainsi que des publications de E. Westermarck [1935, 1968], peu d\u2019\u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 la pratique du rituel de protection (demande d\u2019excuse et agr\u00e9gation tribale) et de colactation dans les soci\u00e9t\u00e9s berb\u00e9rophones du Maroc.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Chez les Amazighs les liens de sang sont sacr\u00e9s dans le mariage, dans la paternit\u00e9 et les appartenances familiales. En effet, deux tribus signent leur alliance (<strong><em>llef<\/em><\/strong>) par un mariage. Le sang dans le contexte du sacrifice et aussi signe de r\u00e9conciliation, de demande de pardon et de respect, (<strong><em>tagh\u00e2st<\/em><\/strong>). <a href=\"#_edn31\" name=\"_ednref31\">[xxxi]<\/a> Il est aussi le symbole d\u2019hospitalit\u00e9, on \u00e9gorge un mouton pour souhaiter la bienvenue \u00e0 un invit\u00e9 ou \u00e9tranger quelconque parce que faire couler du sang c\u2019est \u00e9tablir un lien de respect et formuler une expression de tol\u00e9rance avec le nouvel arriv\u00e9 et l\u2019inclure dans la soci\u00e9t\u00e9 (<strong><em>jma\u2019ath<\/em><\/strong>)<strong><em>. <\/em><\/strong><a href=\"#_edn32\" name=\"_ednref32\"><strong><em>[xxxii]<\/em><\/strong><\/a> On fait couler le sang aussi quand on fait un achat ou procuration de bien important pour se prot\u00e9ger du mauvais \u0153il et pactiser avec les mauvais esprits <strong><em>jnoun<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p><strong><em>Tammourt\/tamazirt\u00a0\/akal<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les Amazighs consid\u00e8rent la terre comme un bien sacr\u00e9 qui, non seulement soutenait la vie, mais fournissait une protection contre les campagnes imp\u00e9rialistes occidentales et arabes et qui contribuaient, aussi, \u00e0 pr\u00e9server la langue et le syst\u00e8me communautaire. D\u2019ailleurs la vente de tout lopin de terre h\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 une notion fortement stigmatis\u00e9e (<strong><em>hchouma<\/em><\/strong>) dans la culture amazighe de toujours. L&rsquo;aspect spirituel\/sacr\u00e9 de la terre peut \u00eatre trouv\u00e9, aussi, dans le r\u00e9f\u00e9rentiel de l\u2019Islam marocain (\u00e9troitement li\u00e9 au Soufisme et \u00e0 la spiritualit\u00e9 amazighe), aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Pour Marie-Luce G\u00e9lard, la terre est toujours li\u00e9e \u00e0 l\u2019honneur chez les Berb\u00e8res\u00a0: <a href=\"#_edn33\" name=\"_ednref33\">[xxxiii]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Les populations berb\u00e8res, comme toutes celles qui vivent en milieu rural, accordent une importance primordiale \u00e0 la terre. Sa valeur est tout aussi symbolique qu\u2019\u00e9conomique. Les paysans lui t\u00e9moignent un grand respect d\u2019une part parce qu\u2019ils en vivent et d\u2019autre part parce qu\u2019elle t\u00e9moigne de leur identit\u00e9 culturelle, de l\u2019attachement aux anc\u00eatres et du sentiment d\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 (le village). La terre, c\u2019est aussi le lieu d\u2019implantation des tribus, chacune s\u2019affirmant par l\u2019existence d\u2019un territoire qui lui est propre. Les repr\u00e9sentations symboliques t\u00e9moignent de l\u2019attachement \u00e0 la terre (cultivable ou territoriale) et s\u2019accompagnent d\u2019un ensemble de strat\u00e9gies d\u2019honneur (d\u00e9fense du patrimoine foncier, droits d\u2019eau, entretien des palmeraies, etc.).\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Et elle continue par dire\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Les hommes qui d\u00e9laissent leur patrimoine sont unanimement consid\u00e9r\u00e9s comme des hommes\u00a0<strong>\u201csans honneur\u201d<\/strong>\u00a0(des incapables). \u00c0 l\u2019image de la famille, la terre doit \u00eatre d\u00e9fendue par l\u2019homme d\u2019honneur. M\u00eame lorsqu\u2019il n\u2019a plus de travaux \u00e0 faire dans les champs, il y retourne presque quotidiennement afin de s\u2019assurer que personne ne porte atteinte \u00e0 son bien.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Dans les syst\u00e8mes oasiens o\u00f9 l\u2019eau est essentielle, l\u2019honneur des paysans est transf\u00e9r\u00e9 sur la gestion de l\u2019eau. L\u2019homme ne doit jamais laisser l\u2019eau se perdre.\u00a0<strong>\u201cLes vieux ne veulent pas qu\u2019on parle d\u2019eux au village, ils tiennent l\u2019eau co\u00fbte que co\u00fbte\u201d<\/strong>\u00a0(information orale, Merzouga, mars 1999) \u2013 comprendre qu\u2019ils ne veulent pas qu\u2019on les critique, ils conservent l\u2019eau quoi qu\u2019il advienne.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Il existe une relation complexe avec la langue, les normes communautaires de la soci\u00e9t\u00e9 et la connexion \u00e0 la terre entre les traditions culturelles amazighes et leur place dans la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. La structure soci\u00e9tale et la relation \u00e0 la terre sont fortement corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 leur acceptation dans la culture marocaine d\u2019aujourd&rsquo;hui. <a href=\"#_edn34\" name=\"_ednref34\">[xxxiv]<\/a><\/p>\n<p>La civilisation amazighe a surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019usure du temps et des cultures envahissantes gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amour infini que les autochtones de portent \u00e0 la terre qui les nourrit, les prot\u00e8ge et les fortifie. N\u2019est-il pas le cas que <strong>l\u2019amazighit\u00e9<\/strong> continue \u00e0 d\u00e9fier le temps parce que les montagnes <strong><em>(akal)<\/em><\/strong> l\u2019ont prot\u00e9g\u00e9 contre l\u2019acculturation et l\u2019invasion et m\u00eame les effets de la globalisation culturelle r\u00e9cente.<\/p>\n<p><strong>Pertinence de l&rsquo;idiome<\/strong><\/p>\n<p>La langue berb\u00e8re \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d5c, connue sous le nom de tamazight \u2d5c\u2d4e\u2d63\u2d57\u2d5c, est une langue ancienne et intrigante avec une histoire riche qui remonte \u00e0 des mill\u00e9naires. Cette merveille linguistique a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le fa\u00e7onnement de la culture et de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019Afrique du Nord. De ses origines \u00e0 son statut actuel dans divers pays, le voyage de la langue berb\u00e8re est une histoire captivante de r\u00e9silience, de diversit\u00e9 et d&rsquo;importance culturelle. <a href=\"#_edn35\" name=\"_ednref35\">[xxxv]<\/a><\/p>\n<p>La langue berb\u00e8re appartient \u00e0 la vaste famille des langues afroasiatiques, qui englobe les langues parl\u00e9es en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans certaines parties de l&rsquo;Afrique. Au sein de cette famille, le berb\u00e8re est class\u00e9 comme une branche distincte, mais sa relation exacte avec les autres langues afroasiatiques reste un sujet de d\u00e9bat. <a href=\"#_edn36\" name=\"_ednref36\">[xxxvi]<\/a><\/p>\n<p>Les linguistes ont identifi\u00e9 certaines similitudes linguistiques entre le berb\u00e8re et d&rsquo;autres langues afro-asiatiques, notamment les langues s\u00e9mitiques comme l&rsquo;arabe et l&rsquo;h\u00e9breu. Ces ressemblances sugg\u00e8rent un lien ancestral, sugg\u00e9rant que le berb\u00e8re partage une lign\u00e9e linguistique commune avec d&rsquo;autres branches de la famille afro-asiatique. Cependant, il est important de noter que m\u00eame si ces connexions offrent des perspectives, la langue berb\u00e8re conserve les caract\u00e9ristiques uniques qui la distinguent. <a href=\"#_edn37\" name=\"_ednref37\">[xxxvii]<\/a><\/p>\n<p>Retracer l&rsquo;origine de la langue berb\u00e8re devient de plus en plus difficile \u00e0 mesure que l&rsquo;on remonte dans le temps. On pense que les racines du berb\u00e8re s\u2019\u00e9tendent profond\u00e9ment dans les p\u00e9riodes pr\u00e9historiques, ce qui en fait l\u2019une des langues les plus anciennes encore parl\u00e9es aujourd\u2019hui. Pourtant, le manque de documents \u00e9crits sur les anciennes soci\u00e9t\u00e9s berb\u00e8res signifie que le d\u00e9veloppement de la langue est souvent entour\u00e9 de myst\u00e8re. <a href=\"#_edn38\" name=\"_ednref38\">[xxxviii]<\/a><\/p>\n<p>Les historiens et les linguistes pensent que la langue berb\u00e8re a \u00e9merg\u00e9 parmi les populations autochtones d&rsquo;Afrique du Nord, probablement \u00e0 partir des premi\u00e8res langues parl\u00e9es par les communaut\u00e9s pr\u00e9historiques de la r\u00e9gion. Les interactions entre ces communaut\u00e9s et les d\u00e9placements de divers groupes \u00e0 travers les paysages sahariens et m\u00e9diterran\u00e9ens ont contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la langue. <a href=\"#_edn39\" name=\"_ednref39\">[xxxix]<\/a><\/p>\n<p>Tout au long de son histoire, l\u2019Afrique du Nord a \u00e9t\u00e9 un carrefour de civilisations, un point de rencontre de cultures et de langues. Le d\u00e9veloppement de la langue berb\u00e8re a \u00e9t\u00e9 fortement influenc\u00e9 par les interactions et les \u00e9changes qui ont eu lieu le long des anciennes routes commerciales et \u00e0 travers diverses conqu\u00eates.<\/p>\n<p>Les influences ph\u00e9niciennes et puniques ont laiss\u00e9 leur marque sur les Berb\u00e8res en raison des activit\u00e9s commerciales maritimes de ces anciennes civilisations. Le latin, introduit sous la domination romaine, a \u00e9galement contribu\u00e9 au pool linguistique de la langue. Avec l&rsquo;expansion arabe au 7e si\u00e8cle, le berb\u00e8re a interagi avec l&rsquo;arabe, conduisant \u00e0 l&rsquo;incorporation d&#8217;emprunts et de caract\u00e9ristiques linguistiques arabes. <a href=\"#_edn40\" name=\"_ednref40\">[xl]<\/a> Tamazight a aussi fa\u00e7onn\u00e9 les dialectes arabes de l\u2019Afrique du Nord sur les plans phonologique, morphologique, s\u00e9mantique et lexical. <a href=\"#_edn41\" name=\"_ednref41\">[xli]<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9volution de la langue berb\u00e8re est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la dynamique historique de l&rsquo;Afrique du Nord. Depuis l&rsquo;\u00e9mergence de puissantes dynasties berb\u00e8res comme les Almoravides (1040\u20131147) et les Almohades (1121\/1147\u20131269) jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;influence de la civilisation islamique, divers facteurs ont fa\u00e7onn\u00e9 le d\u00e9veloppement de la langue.<\/p>\n<p>Un aspect notable de l\u2019influence historique du Berb\u00e8re est son r\u00f4le dans les mouvements de r\u00e9sistance. La langue a agi comme une force unificatrice pour les communaut\u00e9s autochtones contre la domination \u00e9trang\u00e8re, permettant la pr\u00e9servation de l\u2019identit\u00e9 culturelle et du patrimoine. Malgr\u00e9 des si\u00e8cles de changements et de bouleversements, la langue berb\u00e8re reste un symbole de r\u00e9silience.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la langue berb\u00e8re est inextricablement li\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire du peuple berb\u00e8re, qui habite l\u2019Afrique du Nord depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es. Ces communaut\u00e9s autochtones ont contribu\u00e9 \u00e0 la diversit\u00e9 culturelle et \u00e0 la mosa\u00efque de la r\u00e9gion, la langue berb\u00e8re agissant comme un pont linguistique reliant les diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations et \u00e9poques. <a href=\"#_edn42\" name=\"_ednref42\">[xlii]<\/a><\/p>\n<p>Au fil des si\u00e8cles, l\u2019Afrique du Nord a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l\u2019essor et de la chute de divers empires et civilisations, chacun laissant sa marque sur la langue berb\u00e8re. Des puissants Carthaginois \u00e0 l\u2019Empire romain et aux califats islamiques, la langue a \u00e9volu\u00e9 parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9volution des paysages sociopolitiques. Malgr\u00e9 ces influences, la langue berb\u00e8re a r\u00e9ussi \u00e0 conserver son identit\u00e9 et sa pr\u00e9sence en tant qu&rsquo;\u00e9l\u00e9ment crucial du patrimoine nord-africain.<\/p>\n<p>La langue berb\u00e8re n&rsquo;est pas seulement un outil linguistique mais aussi un d\u00e9positaire de l&rsquo;expression culturelle. Il porte dans son vocabulaire, ses idiomes et ses proverbes le reflet du mode de vie, des traditions et des valeurs uniques du peuple berb\u00e8re. C\u2019est \u00e0 travers la langue berb\u00e8re que les histoires, les mythes et les traditions orales se sont transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, pr\u00e9servant ainsi un sentiment de continuit\u00e9 avec le pass\u00e9. <a href=\"#_edn43\" name=\"_ednref43\">[xliii]<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_5678\" aria-describedby=\"caption-attachment-5678\" style=\"width: 626px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5678 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Les-Touaregs.jpg?resize=618%2C325&#038;ssl=1\" alt=\"Les Touaregs\" width=\"618\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Les-Touaregs.jpg?w=626&amp;ssl=1 626w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Les-Touaregs.jpg?resize=450%2C237&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5678\" class=\"wp-caption-text\">Les Touaregs<\/figcaption><\/figure>\n<p>La musique, la po\u00e9sie et la litt\u00e9rature jouent un r\u00f4le central dans le maintien de la langue berb\u00e8re. La tradition orale du conte, avec ses motifs rythmiques et ses images vives, a \u00e9t\u00e9 un moyen de partager la m\u00e9moire collective et de pr\u00e9server l&rsquo;identit\u00e9 culturelle des communaut\u00e9s berb\u00e8res. La langue berb\u00e8re continue d&rsquo;inspirer les po\u00e8tes, \u00e9crivains et artistes contemporains qui cherchent \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer et \u00e0 amplifier leur h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>L&rsquo;origine et l&rsquo;histoire de la langue berb\u00e8re t\u00e9moignent de la r\u00e9silience des cultures autochtones d&rsquo;Afrique du Nord. Son voyage \u00e0 travers le temps a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de la mont\u00e9e et de la chute d&#8217;empires, de l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;id\u00e9es et de la p\u00e9rennit\u00e9 d&rsquo;une identit\u00e9 culturelle distincte. De ses racines en tant que langue ancienne \u00e0 sa reconnaissance en tant que symbole de diversit\u00e9 culturelle et de patrimoine, la langue berb\u00e8re rappelle la beaut\u00e9 de la vari\u00e9t\u00e9 linguistique et l&rsquo;importance de pr\u00e9server les voix des communaut\u00e9s marginalis\u00e9es. <a href=\"#_edn44\" name=\"_ednref44\">[xliv]<\/a><\/p>\n<p>\u00c0 mesure que la langue berb\u00e8re continue d\u2019\u00e9voluer et de s\u2019adapter, elle porte en elle les \u00e9chos d\u2019innombrables histoires, les m\u00e9lodies de chants anciens et les aspirations des g\u00e9n\u00e9rations futures. Il s\u2019agit d\u2019un tr\u00e9sor linguistique qui relie le pass\u00e9 au pr\u00e9sent, enrichissant la mosa\u00efque culturelle de l\u2019Afrique du Nord et nous rappelant la profonde interconnexion de l\u2019histoire humaine et de la langue. <a href=\"#_edn45\" name=\"_ednref45\">[xlv]<\/a><\/p>\n<p><strong>La notion de parent\u00e9 <\/strong><a href=\"#_edn46\" name=\"_ednref46\"><strong>[xlvi]<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong><em>Groupes de parent\u00e9 et descendance\u00a0:<\/em><\/strong> Partout en Afrique du Nord, sauf chez certains groupes touaregs du Sahara central, la descendance est patrilin\u00e9aire et la r\u00e9sidence est patrilocale. L&rsquo;unit\u00e9 fondamentale de l&rsquo;organisation sociale berb\u00e8re est le patrilignage (<strong><em>dharfiqth<\/em><\/strong> [pl. <strong><em>dhirfiqin<\/em><\/strong>] ; dans le Rif, <strong><em>ighs<\/em><\/strong> chez les Imazighen et <strong><em>afus<\/em><\/strong> [lit. \u2018\u2019main\u2019\u2019 ; pl. <strong>ifassen<\/strong>] chez les Ishalhayen), qui est rarement sup\u00e9rieur \u00e0 six g\u00e9n\u00e9rations en profondeur dans le Rif et seulement quatre dans l&rsquo;Atlas, o\u00f9 il a cependant un caract\u00e8re corporatif, contrairement au lignage rifain. L\u2019exogamie ou l\u2019endogamie est une question de choix et de circonstances : les Rifains privil\u00e9gient la premi\u00e8re et les Imazighen la seconde, lorsque cela est possible. <a href=\"#_edn47\" name=\"_ednref47\">[xlvii]<\/a><\/p>\n<p><strong><em>Terminologie de la parent\u00e9\u00a0<\/em><\/strong>: Les terminologies de parent\u00e9 arabes et la plupart des terminologies berb\u00e8res (celles des Touareg mises \u00e0 part) sont, telles quelles, \u00ab soudanaises \u00bb, <a href=\"#_edn48\" name=\"_ednref48\">[xlviii]<\/a> selon la terminologie de Murdock ; <a href=\"#_edn49\" name=\"_ednref49\">[xlix]<\/a> cependant, les Rifains, les Ishalhayen et les Kabyles alg\u00e9riens ont tous le terme classificatoire <strong><em>ayyaw<\/em><\/strong> (fem, <strong><em>dhayyawth<\/em><\/strong>), signifiant diversement \u00ab l&rsquo;enfant de la s\u0153ur du p\u00e8re \u00bb, \u00ab l&rsquo;enfant de la s\u0153ur \u00bb, \u00ab l&rsquo;enfant de la fille \u00bb et, de mani\u00e8re asym\u00e9trique, \u00ab l&rsquo;enfant du fils \u00bb, et son existence transforme ainsi ces syst\u00e8mes de parent\u00e9 du \u00ab Soudanais normal \u00bb en \u00ab Omaha modifi\u00e9 \u00bb. Quant aux termes d&rsquo;adresse, tous les parents proches, qu&rsquo;ils soient patrilat\u00e9raux ou matrilat\u00e9raux, sont adress\u00e9s soit par le terme de parent\u00e9 appropri\u00e9, soit par leur nom, ou, surtout s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration ascendante, par le terme de parent\u00e9 plus le nom. <a href=\"#_edn50\" name=\"_ednref50\">[l]<\/a> La m\u00eame chose est g\u00e9n\u00e9ralement vraie pour les a\u00een\u00e9s connus de toute sorte en termes de distance de parent\u00e9 avec l&rsquo;orateur. <a href=\"#_edn51\" name=\"_ednref51\">[li]<\/a><\/p>\n<p><strong>La femme amazighe, une gardienne de tout et de toujours<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res ont une histoire riche et ancienne, remontant \u00e0 des milliers d\u2019ann\u00e9es. La tribu berb\u00e8re, \u00e9galement connue sous le nom d\u2019Amazigh, est l\u2019un des groupes les plus anciens d\u2019Afrique du Nord, avec une identit\u00e9 culturelle et une langue distincte. Les femmes berb\u00e8res ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans la formation de ce patrimoine unique, en pr\u00e9servant leurs traditions et en les transmettant de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. <a href=\"#_edn52\" name=\"_ednref52\">[lii]<\/a><\/p>\n<p>L\u2019une des premi\u00e8res r\u00e9f\u00e9rences aux femmes berb\u00e8res vient de l\u2019historien grec H\u00e9rodote, qui a \u00e9crit sur les Amazones, une tribu de f\u00e9roces guerri\u00e8res que l\u2019on croit \u00eatre d\u2019origine berb\u00e8re. <a href=\"#_edn53\" name=\"_ednref53\">[liii]<\/a> Bien que l\u2019existence des Amazones soit d\u00e9battue, leur repr\u00e9sentation comme des femmes puissantes et ind\u00e9pendantes refl\u00e8te la position importante des femmes berb\u00e8res dans la soci\u00e9t\u00e9. <a href=\"#_edn54\" name=\"_ednref54\">[liv]<\/a><\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019histoire de l\u2019Afrique du Nord. Au fil des si\u00e8cles, ils se sont impliqu\u00e9s dans divers mouvements politiques et sociaux, luttant pour leurs droits et ceux de leurs communaut\u00e9s. Voici quelques exemples notables\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Dihya \u00c9galement connue sous le nom de Kahina, elle a dirig\u00e9 un mouvement de r\u00e9sistance contre les envahisseurs arabes au VIIe si\u00e8cle. <a href=\"#_edn55\" name=\"_ednref55\">[lv]<\/a><\/li>\n<li>Fatima al-Fihri a fond\u00e9 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;al-Qarawiyyin au Maroc au IXe si\u00e8cle, l&rsquo;une des plus anciennes universit\u00e9s du monde.<\/li>\n<li>Tahira al-\u02bfAlawiyya, ma\u00eetre et \u00e9rudite soufie ayant v\u00e9cu au XIIIe si\u00e8cle, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une pionni\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation religieuse des femmes en Afrique du Nord.<\/li>\n<li>Lalla Fatma N\u2019Soumer, (1830-1863) est une figure du mouvement de r\u00e9sistance alg\u00e9rien au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es de la conqu\u00eate de l&rsquo;Alg\u00e9rie par la France.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les femmes berb\u00e8res continuent de jouer un r\u00f4le vital dans leurs communaut\u00e9s, contribuant \u00e0 divers domaines, notamment l&rsquo;\u00e9ducation, la sant\u00e9 et l&rsquo;agriculture. Leur identit\u00e9 culturelle et leur histoire uniques constituent un \u00e9l\u00e9ment essentiel du tissu social nord-africain. En effet, Les femmes berb\u00e8res ont toujours jou\u00e9 un r\u00f4le important dans leurs communaut\u00e9s, \u00e9tant souvent responsables de la gestion du m\u00e9nage, de l&rsquo;\u00e9ducation des enfants et de la pr\u00e9servation des pratiques et des connaissances traditionnelles. <a href=\"#_edn56\" name=\"_ednref56\">[lvi]<\/a> Elles ont \u00e9galement particip\u00e9 activement \u00e0 des activit\u00e9s \u00e9conomiques, telles que l&rsquo;agriculture et l&rsquo;artisanat.<\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res jouent un r\u00f4le essentiel dans le tissu social de leurs communaut\u00e9s depuis des si\u00e8cles. Malgr\u00e9 de nombreux d\u00e9fis et obstacles, elles ont r\u00e9ussi \u00e0 apporter des contributions significatives \u00e0 leurs familles, aux soci\u00e9t\u00e9s locales et \u00e0 la communaut\u00e9 berb\u00e8re au sens large.<\/p>\n<p>Dans la communaut\u00e9 berb\u00e8re, la cellule familiale est au c\u0153ur de la vie quotidienne. Les femmes berb\u00e8res constituent souvent l&rsquo;\u00e9pine dorsale de la famille, charg\u00e9es d&rsquo;entretenir le foyer, de prendre soin des enfants et des parents \u00e2g\u00e9s et de subvenir aux besoins de leur mari et des membres masculins de la famille. Elles sont les principaux responsables de la sant\u00e9 et du bien-\u00eatre de la famille, veillant \u00e0 ce que chacun soit bien nourri, habill\u00e9 et heureux.<\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res sont confront\u00e9es \u00e0 de nombreux d\u00e9fis dans leur vie quotidienne, notamment un acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, aux soins de sant\u00e9 et aux opportunit\u00e9s \u00e9conomiques. N\u2019emp\u00eache, toutefois, que les femmes berb\u00e8res jouent un r\u00f4le crucial dans la pr\u00e9servation des riches traditions culturelles transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Face \u00e0 la modernisation, elles se sont consacr\u00e9s au maintien de leur identit\u00e9 culturelle et \u00e0 la pr\u00e9servation de leurs traditions.<\/p>\n<p>A ce sujet le site \u00e9lectronique <em>Fanack <\/em>\u00e9crit\u00a0: <a href=\"#_edn57\" name=\"_ednref57\">[lvii]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>[\u2018\u2019 Apr\u00e8s la conqu\u00eate arabe, les femmes berb\u00e8res ont continu\u00e9 \u00e0 jouer un r\u00f4le central dans leurs familles et communaut\u00e9s, parvenant \u00e0 combiner leur foi islamique avec leurs propres traditions ancestrales.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Les h\u00e9ritages des femmes berb\u00e8res en attestent. En effet, le m\u00e9lange de mythe et de r\u00e9alit\u00e9 qui entoure les d\u00e9esses berb\u00e8res pr\u00e9islamiques et les guerri\u00e8res a r\u00e9ussi \u00e0 habiter l\u2019inconscient collectif et l\u2019imaginaire des Marocains d\u2019aujourd\u2019hui. Cela est principalement d\u00fb au r\u00f4le fondamental que jouent les femmes dans la transmission de la langue et de la culture berb\u00e8re \u00e0 travers la rituelle, l\u2019oralit\u00e9 et l\u2019art.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Ces rituels tournent autour de la gu\u00e9rison, de la fertilit\u00e9, du culte, des lamentations et des cycles de vie. Les rituels, qui peuvent \u00eatre publics ou priv\u00e9s, sont destin\u00e9s \u00e0 apporter une satisfaction personnelle et communautaire en mati\u00e8re de pratique religieuse, de spiritualit\u00e9, de besoins \u00e9motionnels, de renforcement des liens familiaux et sociaux, d&rsquo;atteinte d&rsquo;objectifs p\u00e9dagogiques, etc. Un exemple de rituel public est le rite de taghunja ou tislit n unzar (\u00e9pouse de la pluie), qui remonte \u00e0 une ancienne tradition de rassemblement et de chant devant la d\u00e9esse Tanit pour l&rsquo;implorer d&rsquo;apporter la pluie lorsque l&rsquo;eau se fait rare.\u2019\u2019] <\/em><\/p>\n<p>L\u2019oralit\u00e9 des femmes berb\u00e8res est ancestrale, polyvalente et omnipr\u00e9sente. Elle couvre la po\u00e9sie, les chansons, les contes populaires et l&rsquo;art oratoire public et couvre des sujets allant de l&rsquo;amour, de soi, de la famille et de la communaut\u00e9 \u00e0 la lutte pour l&rsquo;ind\u00e9pendance du colonialisme et de la modernit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019oralit\u00e9 a \u00e9galement servi d\u2019instrument de fid\u00e9lit\u00e9 linguistique. Dans l\u2019ensemble, la structure des contes populaires f\u00e9minins berb\u00e8res est tr\u00e8s complexe et pr\u00e9sente des caract\u00e9ristiques externes et internes sp\u00e9cifiques. Les caract\u00e9ristiques externes peuvent \u00eatre divis\u00e9es en trois : un d\u00e9but, un ensemble variable d&rsquo;\u00e9pisodes connect\u00e9s et une fin. En interne, les r\u00e9cits sont \u00e0 la fois non chronologiques et intemporels. Les informations les plus marquantes sont g\u00e9n\u00e9ralement cod\u00e9es de mani\u00e8re distincte des autres, c\u2019est-\u00e0-dire de la mani\u00e8re la plus pertinente du point de vue du conteur. <a href=\"#_edn58\" name=\"_ednref58\">[lviii]<\/a><\/p>\n<p>Les femmes per\u00e7oivent \u00e9galement le r\u00e9cit comme un moyen puissant de maintenir et de perp\u00e9tuer le pouvoir au sein de la famille, en particulier dans les m\u00e9nages ruraux \u00e9largis. Les grands-m\u00e8res renforcent leur statut en reportant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la fin d&rsquo;une histoire \u00e0 la nuit suivante, cr\u00e9ant ainsi un suspense continu. Elles utilisent \u00e9galement des histoires pour cr\u00e9er des relations et donner l\u2019impression que ce qu\u2019elles ne disent pas est aussi important que ce qu\u2019elles disent. <a href=\"#_edn59\" name=\"_ednref59\">[lix]<\/a><\/p>\n<p>En un sens, ces femmes cr\u00e9ent leur propre pouvoir. Cela montre que contrairement aux id\u00e9es essentialistes, le langage des femmes n\u2019est pas impuissant. Les strat\u00e9gies narratives des femmes berb\u00e8res sont compr\u00e9hensibles dans des contextes o\u00f9 les femmes plus \u00e2g\u00e9es ont le sentiment que leurs belles-filles plus jeunes acqui\u00e8rent \u00ab trop \u00bb de pouvoir en ayant des enfants et cherchent ainsi \u00e0 conserver un certain contr\u00f4le sur les parents \u00e0 travers leurs enfants. <a href=\"#_edn60\" name=\"_ednref60\">[lx]<\/a><\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res pr\u00e9servent leurs traditions en cr\u00e9ant des objets artisanaux. Les motifs et les couleurs distincts des tapis, poteries et textiles berb\u00e8res refl\u00e8tent leur h\u00e9ritage culturel. Ces objets artisanaux sont non seulement beaux mais aussi un symbole de la culture et des traditions berb\u00e8res.<\/p>\n<p>Les femmes berb\u00e8res pr\u00e9servent \u00e9galement leurs traditions en les transmettant aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations. Les jeunes filles apprennent \u00e0 tisser, \u00e0 cuisiner des plats traditionnels et \u00e0 participer \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies culturelles. Cela garantit que les traditions berb\u00e8res continuent de prosp\u00e9rer et sont transmises aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p>Les femmes sont les gardiennes, aussi, du mod\u00e8le alimentaire berb\u00e8re ; elles jouent un r\u00f4le crucial \u00e0 diff\u00e9rents niveaux de la production agricole. En effet, malgr\u00e9 les r\u00f4les interd\u00e9pendants des hommes et des femmes, ces derni\u00e8res remplissent de multiples r\u00f4les dans la production agricole et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de la famille et de la tribu\u00a0: <a href=\"#_edn61\" name=\"_ednref61\">[lxi]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019Les femmes ont jou\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans la conservation des mod\u00e8les alimentaires berb\u00e8res gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9servation des semences biodiversifi\u00e9es et des vari\u00e9t\u00e9s locales, \u00e0 la transmission de la langue berb\u00e8re de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et au partage des connaissances sur les aliments, les plantes m\u00e9dicinales et les pratiques culturelles li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;alimentation et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Des facteurs politiques, sociaux, d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et culturels ont affect\u00e9 le mod\u00e8le alimentaire berb\u00e8re et le r\u00f4le des femmes dans sa pr\u00e9servation. Le passage d&rsquo;un mod\u00e8le traditionnel semi-autarcique \u00e0 un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 a conduit \u00e0 l&rsquo;importation de produits alimentaires, \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion des composantes culinaires telles que les plantes sauvages comestibles et \u00e0 l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation de l&rsquo;alimentation. Malgr\u00e9 ces changements et la transition nutritionnelle qui en d\u00e9coule, le r\u00e9gime alimentaire berb\u00e8re reste un h\u00e9ritage culturel en raison de sa riche diversit\u00e9. Les femmes berb\u00e8res jouent un r\u00f4le crucial dans la pr\u00e9servation et la durabilit\u00e9 du patrimoine culinaire berb\u00e8re et de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Ces r\u00f4les incluent semer et r\u00e9colter des produits agricoles, \u00e9lever de la volaille et du b\u00e9tail, aller chercher de l&rsquo;eau et ramasser du bois de chauffage. Elles sont \u00e9galement responsables de t\u00e2ches telles que la transformation de la laine pour l&rsquo;habillement et le textile.<\/p>\n<p><strong>Le respect et l\u2019acceptation de l\u2019autre<\/strong><\/p>\n<p>Historiquement, les soci\u00e9t\u00e9s berb\u00e8res se caract\u00e9risent par un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de tol\u00e9rance <strong><em>amsamah<\/em><\/strong> et d\u2019acceptation des diff\u00e9rentes croyances et coutumes. Cela se voit dans leurs interactions avec divers groupes religieux et ethniques tout au long de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>L&rsquo;habitation humaine dans la r\u00e9gion de l&rsquo;Afrique du Nord a commenc\u00e9 il y a plus d&rsquo;un million d&rsquo;ann\u00e9es. <a href=\"#_edn62\" name=\"_ednref62\">[lxii]<\/a> \u00a0Des restes d&rsquo;Homo erectus au cours de la p\u00e9riode du Pl\u00e9istoc\u00e8ne moyen ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts en Afrique du Nord. Les Berb\u00e8res, qui ont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de plusieurs mill\u00e9naires les Ph\u00e9niciens et l&rsquo;\u00e9tablissement de Carthage, seraient n\u00e9s d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sociaux fa\u00e7onn\u00e9s par la confluence de plusieurs peuples ant\u00e9rieurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire la culture capsienne, \u00e9v\u00e9nements qui ont finalement constitu\u00e9 leur ethnogen\u00e8se. Par la suite, les Berb\u00e8res v\u00e9curent comme un peuple ind\u00e9pendant en Afrique du Nord, y compris dans la r\u00e9gion tunisienne. <a href=\"#_edn63\" name=\"_ednref63\">[lxiii]<\/a><\/p>\n<p><strong>Les Ph\u00e9niciens dans Tamazgha<\/strong><\/p>\n<p>Les Ph\u00e9niciens \u00e9taient un ancien peuple de langue s\u00e9mitique originaire de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale et install\u00e9 dans les zones c\u00f4ti\u00e8res du Liban, de la Syrie et du nord d&rsquo;Isra\u00ebl actuels. Ils \u00e9taient connus pour leur commerce maritime et \u00e9tablissaient des colonies dans toute la M\u00e9diterran\u00e9e, notamment \u00e0 Carthage en Afrique du Nord.<\/p>\n<p>Les Ph\u00e9niciens ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 explorer le Maroc, d\u00e8s le XIe si\u00e8cle av. J.-C., en y \u00e9tablissant des comptoirs commerciaux. Les villes de Tanger, Lixus, Sala, et Mogador (Essaouira) \u00e9taient des comptoirs ph\u00e9niciens. \u00c0 l&rsquo;influence ph\u00e9nicienne succ\u00e8de l&rsquo;influence carthaginoise, qui profite des zones c\u00f4ti\u00e8res pour s&rsquo;aventurer et s&rsquo;implanter plus profond\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres. Les Carthaginois fond\u00e8rent des avant-postes \u00e0 Tanger et Essaouira, tout en construisant une ville sur le site de l&rsquo;actuelle Rabat.<\/p>\n<p>Les colonies ph\u00e9niciennes d\u2019Afrique du Nord ont commenc\u00e9 comme une pr\u00e9sence commerciale pacifique parmi les premiers habitants amazighs de la r\u00e9gion. Ces colonies, bien qu&rsquo;initialement habit\u00e9es par des Ph\u00e9niciens de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale, sont devenues un m\u00e9lange des deux peuples \u00e0 mesure qu&rsquo;ils se sont mari\u00e9s avec les Amazighs locaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;interaction entre les Ph\u00e9niciens et les Berb\u00e8res est un sujet d&rsquo;int\u00e9r\u00eat historique, car les Ph\u00e9niciens ont \u00e9tabli des r\u00e9seaux commerciaux et des colonies en Afrique du Nord, influen\u00e7ant les populations berb\u00e8res locales. Cette interaction a eu un impact durable sur la culture et la soci\u00e9t\u00e9 de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>On attribue aux Amazighs, ainsi qu&rsquo;aux Ph\u00e9niciens puniques, qui ont surv\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;assujettissement romain de la r\u00e9gion, la pr\u00e9servation de la langue ph\u00e9nicienne jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de saint Augustin au Ve si\u00e8cle. De plus, des traces de l&rsquo;alphabet ph\u00e9nicien sont \u00e9videntes dans l&rsquo;alphabet tamazight (berb\u00e8re) appel\u00e9 Tifinagh \u2d5c\u2d49\u2d3c\u2d49\u2d4f\u2d30\u2d56. <a href=\"#_edn64\" name=\"_ednref64\">[lxiv]<\/a><\/p>\n<p>Les relations entre Berb\u00e8res et Ph\u00e9niciens furent complexes et vari\u00e9es au fil du temps. Les Ph\u00e9niciens, une civilisation maritime de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale, ont \u00e9tabli des colonies commerciales le long de la c\u00f4te nord-africaine, o\u00f9 ils ont interagi avec les populations berb\u00e8res indig\u00e8nes. Ces interactions comprenaient le commerce, les \u00e9changes culturels et des conflits occasionnels.<\/p>\n<p>Les Ph\u00e9niciens sont connus pour avoir \u00e9tabli d&rsquo;importants comptoirs commerciaux dans des r\u00e9gions telles que la Tunisie et l&rsquo;Alg\u00e9rie actuelles, o\u00f9 ils \u00e9changeaient des produits tels que de la poterie, de la ferronnerie et des textiles avec les Berb\u00e8res. Au fil du temps, il y a \u00e9galement eu des mariages mixtes et une assimilation culturelle entre les deux groupes.<\/p>\n<p>Cependant, il y a eu aussi des p\u00e9riodes de tensions et de conflits entre les Ph\u00e9niciens et les Berb\u00e8res, alors que les colonies ph\u00e9niciennes cherchaient \u00e0 \u00e9tendre leur influence et leur contr\u00f4le sur la r\u00e9gion. Cela a conduit \u00e0 des conflits militaires et \u00e0 des luttes de pouvoir, les Berb\u00e8res r\u00e9sistant aux tentatives ph\u00e9niciennes de dominer leurs territoires.<\/p>\n<p>Vers 800 av. J.-C., des colons ph\u00e9niciens arriv\u00e8rent d&rsquo;Asie occidentale. Ils fond\u00e8rent la ville de Carthage, dans la Tunisie moderne. Carthage poss\u00e9dait un bon port et une position militaire importante. Lorsque les Perses conquirent la Ph\u00e9nicie \u00e0 la fin des ann\u00e9es 500 av. J.-C., Carthage obtint son ind\u00e9pendance. Les Perses n&rsquo;avaient pas de marine. Ils n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9s par la M\u00e9diterran\u00e9e. Carthage a ainsi pu devenir un pays ind\u00e9pendant. Comme d\u2019autres endroits vers 500 av. J.-C., Carthage s\u2019est \u00e9rig\u00e9e en r\u00e9publique. Les citoyens adultes de sexe masculin votaient sur des questions importantes et choisissaient leurs propres dirigeants.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, les relations entre les Berb\u00e8res et les Ph\u00e9niciens et les Carthaginois \u00e9taient caract\u00e9ris\u00e9es par un m\u00e9lange de coop\u00e9ration, de commerce, d\u2019\u00e9changes culturels et de conflits occasionnels. Mais durant tout le r\u00e8gne de Carthage, les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f ont montr\u00e9 un grand degr\u00e9 de tol\u00e9rance et un grand respect pour le vivre-ensemble. Ainsi Carthage c\u2019est grandement impr\u00e9gn\u00e9 de culture amazighe\u00a0: habits, cuisine, musique et religion.<\/p>\n<p><strong>Les Romains dans Tamazgha <\/strong><strong>\u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30<\/strong><\/p>\n<p>En 40 ap. J.-C., la r\u00e9gion nord du Maroc fut annex\u00e9e \u00e0 l\u2019Empire romain. <a href=\"#_edn65\" name=\"_ednref65\">[lxv]<\/a> Volubilis est le site romain antique le plus important du Maroc, inscrit au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO depuis 1997. La pr\u00e9sence de Rome sur le sol marocain a dur\u00e9 jusqu&rsquo;au IIIe si\u00e8cle. Au d\u00e9but du Ve si\u00e8cle, le pays bascule pour passer sous la domination des Vandales, d&rsquo;origine germanique, jusqu&rsquo;au milieu du VIe si\u00e8cle, p\u00e9riode qui voit l&#8217;empereur byzantin Justinien Ier an\u00e9antir le royaume vandale.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode pendant laquelle les Romains dominaient l&rsquo;Afrique du Nord (146 BCE-439 CE) nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement, car elle pr\u00e9sente un ph\u00e9nom\u00e8ne remarquable de production litt\u00e9raire, scientifique et religieuse par d\u2019\u00e9minents savants amazighs pour le monde romain. <a href=\"#_edn66\" name=\"_ednref66\">[lxvi]<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique du Nord berb\u00e8re a \u00e9t\u00e9 la province la plus prosp\u00e8re de la fin de l&rsquo;Empire romain et a connu un essor dans tous les domaines, mais surtout dans ceux de la science et de la m\u00e9decine. <a href=\"#_edn67\" name=\"_ednref67\">[lxvii]<\/a> Un grand nombre de textes m\u00e9dicaux produits \u00e0 cette \u00e9poque dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Empire romain provenaient d&rsquo;Afrique du Nord. Quatre m\u00e9decins\/auteurs m\u00e9dicaux amazighs remarquables de l&rsquo;Afrique du Nord de la fin du quatri\u00e8me et du d\u00e9but du cinqui\u00e8me si\u00e8cle attirent imm\u00e9diatement notre attention : Helvius Vindicianus, Theodorus Priscianus, Caelius Aurelianus et Cassius Felix. <a href=\"#_edn68\" name=\"_ednref68\">[lxviii]<\/a><\/p>\n<p>Les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res et la partie orientale de l&rsquo;Afrique du Nord romaine b\u00e9n\u00e9ficient dans l&rsquo;ensemble d&rsquo;un climat favorable, ce qui garantissait des r\u00e9coltes fiables. Avant m\u00eame l&rsquo;\u00e9poque romaine, les Ph\u00e9niciens avaient appris les principes de la rotation des cultures et de l&rsquo;irrigation et obtenaient de grandes r\u00e9coltes, mais ils les utilisaient pour nourrir leur propre population et non pour l&rsquo;exportation. L&rsquo;agriculture italienne, quant \u00e0 elle, a connu une mauvaise passe \u00e0 la fin de la R\u00e9publique et au d\u00e9but de l&rsquo;Empire. Les petits paysans qui ne parvenaient pas \u00e0 gagner leur vie ont afflu\u00e9 \u00e0 Rome, o\u00f9 ils ont r\u00e9clam\u00e9 de la nourriture. \u00c0 partir du premier si\u00e8cle de notre \u00e8re, Rome d\u00e9pend donc de plus en plus l&rsquo;importation de c\u00e9r\u00e9ales en provenance d&rsquo;\u00c9gypte et d&rsquo;Afrique du Nord. En effet, pendant 300 ans, l&rsquo;Afrique du Nord a envoy\u00e9 chaque ann\u00e9e un demi-million de tonnes de c\u00e9r\u00e9ales pour nourrir les masses. <a href=\"#_edn69\" name=\"_ednref69\">[lxix]<\/a> \u00c0 l&rsquo;apog\u00e9e de sa prosp\u00e9rit\u00e9, au cours des deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me si\u00e8cles de notre \u00e8re, Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30 \u00e9tait le grenier de Rome et produisait plus d&rsquo;huile d&rsquo;olive que l&rsquo;Italie elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9largissement des horizons de l&rsquo;Empire romain a permis \u00e0 certains fils de Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30, \u00a0<a href=\"#_edn70\" name=\"_ednref70\">[lxx]<\/a> de d\u00e9velopper leurs talents particuliers : les \u00e9crivains T\u00e9rence et Apul\u00e9e <a href=\"#_edn71\" name=\"_ednref71\">[lxxi]<\/a> , le premier empereur romain berb\u00e8re Septime S\u00e9v\u00e8re, <a href=\"#_edn72\" name=\"_ednref72\">[lxxii]<\/a> et de c\u00e9l\u00e8bres th\u00e9ologiens chr\u00e9tiens comme Tertullien et Saint Augustin, <a href=\"#_edn73\" name=\"_ednref73\">[lxxiii]<\/a> \u00a0pour n&rsquo;en citer que quelques-uns, qui ont su relever les d\u00e9fis de leur \u00e9poque. <a href=\"#_edn74\" name=\"_ednref74\">[lxxiv]<\/a><\/p>\n<p>Au cours des trois guerres puniques, <a href=\"#_edn75\" name=\"_ednref75\">[lxxv]<\/a> Rome a directement nou\u00e9 des relations permanentes avec le peuple berb\u00e8re. Toutefois, \u00e0 la suite de la troisi\u00e8me guerre, Rome s&rsquo;est tourn\u00e9e vers la M\u00e9diterran\u00e9e orientale. La chute de la R\u00e9publique romaine a conduit aux guerres civiles romaines, dont les actions militaires intermittentes et les conflits politiques ont indirectement amplifi\u00e9 l&rsquo;importance des rois berb\u00e8res. Les factions romaines rivales recherchaient des alliances avec les Berb\u00e8res en raison des exigences fluctuantes et des fortunes changeantes. Les relations entre les Berb\u00e8res et Rome sont devenues polyvalentes et fluides, caract\u00e9ris\u00e9es tour \u00e0 tour par une alliance de travail, une ambivalence fonctionnelle, une hostilit\u00e9 partisane, des man\u0153uvres voil\u00e9es et des relations fructueuses. N\u00e9anmoins, pendant ces ann\u00e9es de conflit civil romain, le statut politique des rois berb\u00e8res a continu\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9roder. De souverains ind\u00e9pendants (Masinissa), les rois berb\u00e8res \u00e9taient devenus des alli\u00e9s de longue date ; plus tard, leur alliance politique a \u00e9t\u00e9 requise, et finalement ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits \u00e0 des clients romains.<\/p>\n<p>Pendant pr\u00e8s de 250 ans, les rois berb\u00e8res de la \u00ab Maison de Masinissa \u00bb <a href=\"#_edn76\" name=\"_ednref76\">[lxxvi]<\/a> ont r\u00e9gn\u00e9 en Numidie dans l&rsquo;Alg\u00e9rie moderne, et plus tard dans les r\u00e9gions adjacentes, d&rsquo;abord en tant que souverains alli\u00e9s de Rome, puis finalement en tant que clients romains. Cette p\u00e9riode commen\u00e7a par l&rsquo;arm\u00e9e romaine, assist\u00e9e par la cavalerie berb\u00e8re dirig\u00e9e par Masinissa lors de la bataille de Zama en 202 av. J.-C., et dura jusqu&rsquo;en 40 ap. J.-C., sous le r\u00e8gne de l&#8217;empereur romain Gaius, \u00e9galement connu sous le nom de Caligula (37-41).<\/p>\n<p>Le roi berb\u00e8re Masinissa (vers 240-148 av. J.-C.) <a href=\"#_edn77\" name=\"_ednref77\">[lxxvii]<\/a> a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois bien connu et bien consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 Rome pendant de nombreuses d\u00e9cennies. Il fut le premier et le plus important des premiers dirigeants berb\u00e8res \u00e0 \u00e9tablir des relations importantes avec l&rsquo;\u00c9tat romain. Sa famille devint ce que l&rsquo;on peut consid\u00e9rer comme la famille royale de Numidie et de ses environs pendant huit g\u00e9n\u00e9rations : la Maison de Masinissa. <a href=\"#_edn78\" name=\"_ednref78\">[lxxviii]<\/a> Une inscription bilingue (en punique et en libyque) de la ville de Thugga, r\u00e9alis\u00e9e quelques ann\u00e9es apr\u00e8s sa mort, commence comme suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00a0\u00bb Les citoyens de Thugga ont construit ce temple au roi Masinissa, fils du roi Gaia, fils du sufete Zilasan, en l&rsquo;an dix de Micipsa \u00ab\u00a0. Ici, la fonction traduite par \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb \u00e9tait \u00e9crite GLD (cognate avec le berb\u00e8re moderne \u00ab\u00a0agellid\u00a0\u00bb [chef de tribu supr\u00eame]). Le tr\u00f4ne est arriv\u00e9 \u00e0 Masinissa par une voie d\u00e9tourn\u00e9e (de son p\u00e8re \u00e0 son oncle, puis \u00e0 son cousin). Le \u00ab\u00a0sufete\u00a0\u00bb (h\u00e9breu : Shophet) \u00e9tait un titre punique souvent traduit par \u00ab\u00a0juge\u00a0\u00bb, comme dans le livre biblique des Juges, l&rsquo;h\u00e9breu \u00e9tant une langue s\u00e9mitique s\u0153ur du punique. Le roi Micipsa \u00e9tait le fils de Masinissa.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Les Juifs chez les Imazighen <\/strong><strong>\u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f<\/strong><\/p>\n<p>Une nouvelle analyse g\u00e9n\u00e9tique a reconstitu\u00e9 l\u2019histoire des Juifs d\u2019Afrique du Nord, montrant que ces populations datent de l\u2019Isra\u00ebl de l\u2019\u00e8re biblique et ne sont pas en grande partie les descendants d\u2019autochtones convertis au juda\u00efsme. Selon une \u00e9tude\u00a0: <a href=\"#_edn79\" name=\"_ednref79\">[lxxix]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018\u2019<em>les Juifs d&rsquo;Afrique du Nord datent de l&rsquo;Isra\u00ebl de l&rsquo;\u00e8re biblique et ne sont pas en grande partie les descendants d&rsquo;indig\u00e8nes convertis au juda\u00efsme\u2019\u2019<\/em>.<\/p>\n<p>Ainsi, les preuves ADN donnent du cr\u00e9dit aux r\u00e9cits selon lesquels le roi d&rsquo;\u00c9gypte aurait install\u00e9 des Juifs en Cyr\u00e9na\u00efque, dans l&rsquo;actuelle Tunisie, en 312 av. J.-C. Selon l&rsquo;historien juif Jos\u00e8phe (n\u00e9 en 37 apr\u00e8s J. -C.), au premier si\u00e8cle apr\u00e8s J. -C., il y avait l\u00e0-bas 500 000 Juifs.<\/p>\n<p>Il est possible que certains Juifs aient fui vers l&rsquo;Afrique du Nord apr\u00e8s la destruction du Premier Temple au VIe si\u00e8cle avant notre \u00e8re et aussi apr\u00e8s la destruction du Second Temple au premier si\u00e8cle de notre \u00e8re. Il est \u00e9galement possible qu&rsquo;ils soient arriv\u00e9s sur des bateaux ph\u00e9niciens (l\u2019an1500 et aussi l\u2019an 539 avant notre \u00e8re). <a href=\"#_edn80\" name=\"_ednref80\">[lxxx]<\/a><\/p>\n<p>Sur la base des \u00e9crits d&rsquo;Ibn Khaldoun, <a href=\"#_edn81\" name=\"_ednref81\">[lxxxi]<\/a> certains ont sugg\u00e9r\u00e9 que les Juifs marocains \u00e9taient des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f indig\u00e8nes qui se sont convertis au juda\u00efsme, <a href=\"#_edn82\" name=\"_ednref82\">[lxxxii]<\/a> bien que la question de savoir qui les a convertis demeure. <a href=\"#_edn83\" name=\"_ednref83\">[lxxxiii]<\/a> Cette th\u00e9orie a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par la plupart des chercheurs. <a href=\"#_edn84\" name=\"_ednref84\">[lxxxiv]<\/a> Cela a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9fut\u00e9 par des \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques modernes, qui ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les Juifs nord-africains sont g\u00e9n\u00e9tiquement proches des Juifs europ\u00e9ens et ne partagent pas les haplo groupes typiques des populations berb\u00e8res et arabes d&rsquo;Afrique du Nord. <a href=\"#_edn85\" name=\"_ednref85\">[lxxxv]<\/a><\/p>\n<p>La communaut\u00e9 juive d&rsquo;Ifran, du mot tamazight <strong><em>ifri<\/em><\/strong> signifiant caverne, remonterait \u00e0 361 avant notre \u00e8re et serait la plus ancienne communaut\u00e9 juive de ce qui est aujourd&rsquo;hui le Maroc. Les historiens font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs vagues d&rsquo;immigration juive en Afrique du Nord, commen\u00e7ant potentiellement par la destruction du Temple de Salomon apr\u00e8s le si\u00e8ge de J\u00e9rusalem en 587 av. J. -C., mais certainement en cours au moment de la r\u00e9bellion juive au Moyen-Orient contre les Romains, qui a commenc\u00e9 en 66.<\/p>\n<p>Les Juifs install\u00e9s au Maroc auraient, par la suite, fui de grandes villes telles que F\u00e8s et Mekn\u00e8s vers les montagnes de l&rsquo;Atlas pendant la pers\u00e9cution du califat almohade qui dirigeait l&rsquo;Afrique du Nord et al-Andalus aux XIIe et XIIIe si\u00e8cles. <a href=\"#_edn86\" name=\"_ednref86\">[lxxxvi]<\/a> Les Almohades, berb\u00e8res musulmans, \u00e9taient nettement moins tol\u00e9rants envers les non-musulmans que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Par un rebondissement historique, c&rsquo;est dans ces villes que de nombreux Juifs fuyant l&rsquo;Inquisition espagnole \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle trouv\u00e8rent refuge, compr\u00e9hension et tol\u00e9rance.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les diff\u00e9rences religieuses, la proximit\u00e9 des voisins musulmans et juifs au sein du Maroc rural a cr\u00e9\u00e9 des communaut\u00e9s \u00e9troitement li\u00e9es, ce qui signifie que l&rsquo;artisanat, les coutumes, la culture et la langue ont \u00e9t\u00e9 \u00e9chang\u00e9s pour cr\u00e9er un m\u00e9lange typiquement marocain. M\u00eame si aujourd\u2019hui pratiquement aucun Juif ne vit dans les communaut\u00e9s berb\u00e8res rurales, leur h\u00e9ritage est visible dans tout le pays si l\u2019on sait o\u00f9 chercher\u00a0: maisons, cimeti\u00e8res et temples.<\/p>\n<p>Il existe deux th\u00e9ories concernant l&rsquo;existence d&rsquo;un sous-groupe de Berb\u00e8res distinctement juif. Que les Berb\u00e8res marocains autochtones aient adopt\u00e9 la foi et la culture juives et\/ou que les Juifs aient \u00e9migr\u00e9 en Afrique du Nord et adopt\u00e9 la langue et la culture berb\u00e8res. En r\u00e9alit\u00e9, les couches du patchwork culturel du Maroc sont probablement ant\u00e9rieures \u00e0 l\u2019\u00e8re romaine.<\/p>\n<p>Si la reconnaissance des fronti\u00e8res a permis des relations personnelles interreligieuses et des relations mutuelles de respect parmi les musulmans et les juifs des montagnes de l&rsquo;Atlas, l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 des fronti\u00e8res, les remettant en question, voire les brisant, offrait une opportunit\u00e9 (et un mat\u00e9riau) d&rsquo;expression cr\u00e9ative. <a href=\"#_edn87\" name=\"_ednref87\">[lxxxvii]<\/a><\/p>\n<p>L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 est \u00ab <em>inh\u00e9rente \u00e0 tout syst\u00e8me de fronti\u00e8res<\/em> \u00bb et est donc <em>\u00ab \u00e9galement un espace de potentiel, de cr\u00e9ativit\u00e9 et de danger<\/em> \u00bb. <a href=\"#_edn88\" name=\"_ednref88\">[lxxxviii]<\/a> Les traditions orales conserv\u00e9s t\u00e9moignent du fait que l&rsquo;expression cr\u00e9ative et la collaboration culturelle sont n\u00e9es de la n\u00e9gociation, de la construction, du croisement ou de l&rsquo;effacement continus des fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Les traditions orales berb\u00e8res ont fourni des formes cr\u00e9atives pour jouer avec ces fronti\u00e8res multifonctionnelles. Les limites sont souvent devenues des fronti\u00e8res mouvantes, po\u00e9tiquement construites. Le philosophe Ludwig Wittgenstein (1889-1951), a not\u00e9 que quand on trace une fronti\u00e8re, cela peut \u00eatre pour diverses raisons. Si on entoure une zone d&rsquo;une cl\u00f4ture ou d&rsquo;une ligne ou autrement, le but peut \u00eatre d\u2019emp\u00eacher quelqu\u2019un d\u2019entrer ou de sortir\u00a0; mais cela peut aussi faire partie d&rsquo;un jeu et les joueurs sont cens\u00e9s, par exemple, sauter par-dessus la fronti\u00e8re. <a href=\"#_edn89\" name=\"_ednref89\">[lxxxix]<\/a><\/p>\n<p>Comme on le voit dans les traditions orales berb\u00e8res, les fronti\u00e8res peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme faisant partie d&rsquo;un syst\u00e8me intercommunautaire (jeu) qui impliquait que les deux se connaissent, tout en \u00e9tablissant une distinction claire entre musulman et juif.<\/p>\n<p>Les identit\u00e9s et les fronti\u00e8res sont \u00e9troitement li\u00e9es. Les gens fa\u00e7onnent leur identit\u00e9 et donc leurs fronti\u00e8res communautaires \u00e0 travers des r\u00e9cits.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018\u2019<em>Les fronti\u00e8res peuvent \u00e9galement \u00eatre valoris\u00e9es dans le discours comme arri\u00e8re-plan sur lequel les transgressions cr\u00e9atrices des individus et des identit\u00e9s valoris\u00e9es, mercurielles et hybrides peuvent \u00eatre construites<\/em>.\u2019\u2019 <a href=\"#_edn90\" name=\"_ednref90\">[xc]<\/a><\/p>\n<p>L\u2019enjeu est l\u2019identit\u00e9 dans la n\u00e9gociation de la s\u00e9paration et de la proximit\u00e9 ; la fluidit\u00e9 des fronti\u00e8res et le manque de distinction peut \u00e9galement \u00eatre une menace, en particulier pour la survie des Juifs, groupe religieux minoritaire dans un environnement largement musulman.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, il faut dire que les juifs lorsqu\u2019ils sont arriv\u00e9s dans Tamazgha \u2d5c\u2d30\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d56\u2d30 ils ont imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f et ainsi cette convivialit\u00e9 proverbiale s\u2019est exprim\u00e9e par un accord tacite entre les H\u00e9breux et les Berb\u00e8res\u00a0: <strong>le substrat culturel jud\u00e9o-berb\u00e8re<\/strong> qui a encadr\u00e9 les relations entre les deux groupes. <a href=\"#_edn91\" name=\"_ednref91\">[xci]<\/a> Ainsi depuis 587 av. J.-C. jusqu\u2019\u00e0 1970 de notre \u00e8re les Juifs berb\u00e8res ont v\u00e9cu en grande convivialit\u00e9 avec les musulmans.<\/p>\n<p>Dans les r\u00e9gions rurales du Maroc du sud-est ils se sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans le travail de l\u2019orf\u00e9vrie, le commerce saharien et sont ainsi devenus les grands guides <strong><em>azettat <\/em><\/strong>des caravanes qui commer\u00e7aient avec les peuplades du Sahel.<\/p>\n<p>En effet, le long de la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab route des 1000 Kasbahs \u00bb, la communaut\u00e9 juive berb\u00e8re de Tinghir, sur le versant est des montagnes de l&rsquo;Atlas, a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e dans le r\u00e9cent film de Kamal Hachkar, \u2018<strong>\u2019Tinghir-J\u00e9rusalem \u2013 Echos du Mellah\u2019\u2019<\/strong>. <a href=\"#_edn92\" name=\"_ednref92\">[xcii]<\/a> Il y avait certains m\u00e9tiers pratiqu\u00e9s par les juifs et d&rsquo;autres par les musulmans. Chaque communaut\u00e9 avait ses lieux de culte mais elles ont partag\u00e9 leurs festivit\u00e9s, leur langue \u2013 les bons et les mauvais moments \u2013 pendant plus de 2000 ans jusque dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>Dans la ville de Sefrou, <a href=\"#_edn93\" name=\"_ednref93\">[xciii]<\/a> qui \u00e9tait connue sous le sobriquet de\u00a0: <strong>Petite J\u00e9rusalem <\/strong>les Juifs travaillaient dans l\u2019agriculture avec les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f du Moyen Atlas mais aussi en tant que guides <strong><em>azettat <\/em><\/strong>des caravanes commerciales qui partaient de Sefrou vers Tombouctou.<\/p>\n<p><strong>Les Imazighen <\/strong><strong>\u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f en Andalousie<\/strong><\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019histoire d\u2019al-Andalus, la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique sous domination musulmane du VIIIe au XVe si\u00e8cle. Ils faisaient partie int\u00e9grante de la conqu\u00eate musulmane de la r\u00e9gion et contribu\u00e8rent au d\u00e9veloppement culturel et politique d\u2019al-Andalus. <a href=\"#_edn94\" name=\"_ednref94\">[xciv]<\/a><\/p>\n<p>En al-Andalus, les Berb\u00e8res constituaient une partie importante de la population et poss\u00e9daient leur propre identit\u00e9 culturelle et politique distincte. Ils ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019administration et l\u2019arm\u00e9e des empires musulmans qui r\u00e9gnaient sur la r\u00e9gion. <a href=\"#_edn95\" name=\"_ednref95\">[xcv]<\/a><\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res d&rsquo;al-Andalus ont \u00e9galement eu un impact significatif sur le d\u00e9veloppement culturel et intellectuel de la r\u00e9gion, contribuant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dynamique et diversifi\u00e9e qui caract\u00e9risait la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique sous domination musulmane. <a href=\"#_edn96\" name=\"_ednref96\">[xcvi]<\/a><\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s J. Bosh-Vill\u00e0, la pr\u00e9sence des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f en Andalousie est d\u2019une grande importance culturelle et humaine\u00a0: <a href=\"#_edn97\" name=\"_ednref97\">[xcvii]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019L\u2019histoire de la p\u00e9riode musulmane dans la P\u00e9ninsule est en effet pour une part non n\u00e9gligeable une histoire des Berb\u00e8res sur le continent europ\u00e9en. Les premiers combattants qui \u00e9tablissent l\u2019Islam en Hispanie furent des Berb\u00e8res et ce sont eux encore qui, au cours des si\u00e8cles, contribu\u00e8rent le plus efficacement \u00e0 la d\u00e9fense du califat de Cordoue en occupant les Marches (\u1e6fug\u016br) ; ce sont les Berb\u00e8res aussi qui, dans les arm\u00e9es omeyyades, se rebellent maintes fois en allant, au d\u00e9but du xie si\u00e8cle, jusqu&rsquo;\u00e0 piller la capitale du Califat et ruiner Mad\u012bn\u0101t az-Zahr\u0101&rsquo; et Mad\u012bnat az-Z\u0101hira. Les Berb\u00e8res, appuyant ou renversant tel ou tel calife, finissent par jouer le r\u00f4le politique essentiel et occupent m\u00eame le pouvoir (califes hamm\u00fbdides). Plusieurs royaumes de Ta\u00effa, qui enrichissent la culture arabo-islamique, furent des principaut\u00e9s aux mains de familles berb\u00e8res. Les Berb\u00e8res sahariens, avec les Almoravides, les Berb\u00e8res du Haut Atlas avec les Almohades refirent l\u2019unit\u00e9 d\u2019al-Andalus pour un si\u00e8cle et demi ; bien mieux, al-Andalus devient alors une province de ces deux empires berb\u00e8res. Berb\u00e8res encore, furent les d\u00e9fenseurs du royaume nasride de Grenade, berb\u00e8res furent aussi les Beni Merin qui pendant quelques ann\u00e9es, \u00e0 la fin du xiiie si\u00e8cle, occup\u00e8rent le sud d&rsquo;al-Andalus, entre le Bas-Guadalquivir qui avait \u00e9t\u00e9 reconquis par les Chr\u00e9tiens et le royaume de Grenade. Dans les si\u00e8cles suivants le mouvement de reflux fait retourner en Afrique de nombreux \u00ab andalous \u00bb ; la grande expulsion des Morisques, entre 1611 et 1613, ram\u00e8ne au Maghreb des populations hispanis\u00e9es tandis qu&rsquo;une petite partie, conserv\u00e9e noy\u00e9e dans la population espagnole, contribua au peuplement de l&rsquo;Am\u00e9rique.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;Espagne musulmane s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9 par une myriade de syst\u00e8mes sophistiqu\u00e9s, complexes et dynamiques qui s\u2019appuyaient invariablement sur un fondement enracin\u00e9 dans un contexte ethnique de population diversifi\u00e9e compos\u00e9e d&rsquo;Arabes, de Berb\u00e8res, de Muwalladun, de Mozarebs, de Juifs, et de chr\u00e9tiens. Selon la plupart des chercheurs, le th\u00e8me dominant de cette p\u00e9riode dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique \u00e9tait un niveau de tol\u00e9rance sans pr\u00e9c\u00e9dent. C\u2019est l\u2019av\u00e8nement de la <em>convivencia<\/em>. <a href=\"#_edn98\" name=\"_ednref98\">[xcviii]<\/a><\/p>\n<p>Les informations toponymiques d\u00e9riv\u00e9es de textes arabes classiques, en particulier le \u2018<em>\u2019Kitab al-Mamalik wa-l-Masalik<\/em>\u2019\u2019 d&rsquo;Abou &lsquo;Ubayd al-Bakri, <a href=\"#_edn99\" name=\"_ednref99\">[xcix]<\/a> donnent un aper\u00e7u des diff\u00e9rences dans la mani\u00e8re dont les colonies berb\u00e8res \u00e9taient organis\u00e9es des deux c\u00f4t\u00e9s du d\u00e9troit de Gibraltar. Tout au long du texte d\u2019al-Bakri, la population du Maghreb est pr\u00e9sent\u00e9e comme divis\u00e9e en diff\u00e9rents groupes selon diff\u00e9rentes origines. Une partie importante de la population vivait dans le cadre d&rsquo;une structure tribale. Les Berb\u00e8res d&rsquo;al-Andalus suivaient deux mod\u00e8les distincts : des groupes vivant dans des r\u00e9gions frontali\u00e8res en dehors des agglom\u00e9rations urbaines et des groupes int\u00e9gr\u00e9s dans les structures urbaines. Ces derniers ont progressivement perdu leur idiosyncrasie onomastique. En al-Andalus, le facteur ethnique n\u2019\u00e9tait pas dominant avant le XIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Lorsque le califat fut aboli, les territoires d&rsquo;al-Andalus furent divis\u00e9s en petits royaumes appel\u00e9s <em>taifas<\/em>. La composition de ces <em>taifas<\/em> est int\u00e9ressante \u00e0 noter, comme l&rsquo;\u00e9crit Kennedy qui pr\u00e9cise : <a href=\"#_edn100\" name=\"_ednref100\">[c]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018\u2019Les dirigeants qui sont apparu dans les ann\u00e9es 1010 et 1020 peut \u00eatre divis\u00e9, grosso modo, en quatre groupes\u00a0; familles patriciennes arabes locales, anciens chefs berb\u00e8res \u00e9tablis, dirigeants saqaliba et soldats berb\u00e8res nouvellement arriv\u00e9s.\u2019\u2019<\/p>\n<p>Il convient de noter que ni les Muwalladuns ni les Mozarebs r\u00e9gnaient sur les <em>taifas <\/em>et les Juifs \u00e9taient souvent s\u00e9questr\u00e9s vers leur propre logement. Ceci coupl\u00e9 au fait que les Berb\u00e8res repr\u00e9sentait environ 50 % de la classe dirigeante pendant la p\u00e9riode <em>taifa<\/em>, ainsi cela justifie amplement l&rsquo;implication de l&rsquo;influence berb\u00e8re en al-Andalus comme \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment fondateur important.<\/p>\n<p>Trois des <em>taifas<\/em> les plus connues \u00e9taient Badajoz, Grenade et S\u00e9ville, toutes gouvern\u00e9es par des enclaves berb\u00e8res. La force commune contre ces trois <em>taifas<\/em>, la pression incessante \u00e9tait exerc\u00e9e par les \u00c9tats chr\u00e9tiens en progression et par Alonso VI.<\/p>\n<p>Sachant pertinemment qu\u2019ils pourraient potentiellement perdre leurs royaumes au profit du Almoravides plus puissants, les <em>taifas <\/em>n&rsquo;eurent d&rsquo;autre choix que de chercher des armes militaires et l&rsquo;aide de cette dynastie berb\u00e8re religieusement z\u00e9l\u00e9e.<\/p>\n<p>Les rois\/<em>hajibs<\/em> des <em>taifas<\/em> \u00e9taient incapables de d\u00e9fendre ad\u00e9quatement leurs royaumes, apr\u00e8s avoir re\u00e7u l&rsquo;aide des Almoravides, les <em>taifas <\/em>succomb\u00e8rent plus tard aux hyper religieux Almohades dont le th\u00e8me central \u00e9tait la r\u00e9forme de L&rsquo;Islam \u00e0 travers un appel au jihad. <a href=\"#_edn101\" name=\"_ednref101\">[ci]<\/a><\/p>\n<p>Que ce soit par des exploits militaires, ou en jouant un r\u00f4le dans la validation du calife, l&rsquo;ADN des Berb\u00e8res en a fait des catalyseurs dans le paysage volatile et \u00e9volutif de l\u2019Espagne musulmane et sans doute le plus important groupe ethnoreligieux influent de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique.<\/p>\n<p><strong>Les Fran\u00e7ais\/Espagnols et les Imazighen <\/strong><strong>\u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f<\/strong><\/p>\n<p>Pour r\u00e9aliser ses r\u00eaves d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie sur l&rsquo;Afrique du Nord, la France a utilis\u00e9 la diversit\u00e9 ethnique et culturelle comme une arme et a cr\u00e9\u00e9 des discordes sectaires pour atteindre ses objectifs coloniaux.<\/p>\n<p>Pour les strat\u00e8ges coloniaux, \u00ab\u00a0diviser pour r\u00e9gner\u00a0\u00bb \u00e9tait l&rsquo;outil de pr\u00e9dilection pour exploiter les points faibles de leurs victimes. Et rien ne permettait aux Fran\u00e7ais d&rsquo;avoir plus de poids que les frictions entre les identit\u00e9s et les ethnies en Afrique du Nord. <a href=\"#_edn102\" name=\"_ednref102\">[cii]<\/a><\/p>\n<p>Pour la France, il y avait deux options. Les colonis\u00e9s pouvaient soit se battre entre eux, et donc ne pas s&rsquo;unir contre leurs suzerains coloniaux, soit se soulever contre la m\u00e8re France. Avec suffisamment de frictions provoqu\u00e9es par les structures du pouvoir colonial, certaines relations ne sont jamais redevenues ce qu&rsquo;elles \u00e9taient, donnant lieu aux tensions sectaires modernes qui refusent d&rsquo;\u00eatre r\u00e9solues. <a href=\"#_edn103\" name=\"_ednref103\">[ciii]<\/a><\/p>\n<p>Cela offrait aux puissances coloniales une h\u00e9g\u00e9monie incontr\u00f4l\u00e9e, aliment\u00e9e par des personnalit\u00e9s opportunistes locales, qui devenaient leurs marionnettes. La r\u00e9sistance fragment\u00e9e et le terrain de jeu des id\u00e9ologies conflictuelles ont permis aux ma\u00eetres coloniaux de jouer de leurs sujets comme du violon.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique du Nord a connu un usage intensif de cette technique sous la domination coloniale fran\u00e7aise pour renforcer son emprise sur les pays, selon un large \u00e9ventail de sources historiques et expertes. La France a activement travaill\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de divisions ethniques et linguistiques distinctes au sein des soci\u00e9t\u00e9s maghr\u00e9bines. Cela a \u00e9t\u00e9 fait dans le but expr\u00e8s de susciter des conflits intestins et de semer la division entre les peuples d\u2019un m\u00eame pays.<\/p>\n<p>Rien n\u2019a plus servi le mandat colonial de la France que la fracture arabo-amazighe, notamment en Alg\u00e9rie et au Maroc. <a href=\"#_edn104\" name=\"_ednref104\">[civ]<\/a> Il s\u2019agissait d\u2019une division entre les Berb\u00e8res amazighs autochtones et les Arabes de souche originaires de la p\u00e9ninsule arabique il y a plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le r\u00e9sultat d\u2019enqu\u00eates et de recherches froides et calcul\u00e9es men\u00e9es par des sociologues et des scientifiques coloniaux. Les premi\u00e8res missions exp\u00e9ditionnaires fran\u00e7aises ont consacr\u00e9 une \u00e9nergie et des ressources consid\u00e9rables \u00e0 identifier les moindres d\u00e9tails soci\u00e9taux en plus de cartographier avec pr\u00e9cision les fronti\u00e8res d\u00e9mographiques et g\u00e9ographiques. <a href=\"#_edn105\" name=\"_ednref105\">[cv]<\/a><\/p>\n<p>Lalla Fadhma N&rsquo;Soumer (1830 &#8211; c.1863) \u00e9tait une figure importante du mouvement de r\u00e9sistance alg\u00e9rien pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;invasion coloniale fran\u00e7aise de l&rsquo;Alg\u00e9rie, et fi\u00e8rement berb\u00e8re. Elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;incarnation de la lutte. Elle \u00e9tait connue comme \u00ab l\u2019insoumise \u00bb, \u00ab la r\u00e9volt\u00e9e \u00bb ou encore \u00ab la Jeanne d\u2019Arc du Djurdjura \u00bb. <a href=\"#_edn106\" name=\"_ednref106\">[cvi]<\/a><\/p>\n<p>Fadhma N&rsquo;Soumer est une histoire vraie, c&rsquo;est la figure de la femme kabyle qui a d\u00e9fi\u00e9 l&rsquo;arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, men\u00e9 des villages entiers au combat et bris\u00e9 les r\u00e8gles sociales et politiques de son \u00e9poque. <a href=\"#_edn107\" name=\"_ednref107\">[cvii]<\/a> La jeune femme a consacr\u00e9 sa vie \u00e0 cette cause. La r\u00e9sistance des tribus \u00e0 l&rsquo;occupation de son village et, plus largement, \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie. Elle mourra en 1863 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 33 ans, alors qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9e \u00e0 la <em>zaou\u00efa<\/em> (\u00e9cole soufie) d&rsquo;Issawiya \u00e0 Tablat en Kabylie, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e sur le champ de bataille en juillet 1857 par le d\u00e9sormais g\u00e9n\u00e9ral Youssouf, chef militaire de la France enAlg\u00e9rie. Des rumeurs circulent sur le fait qu&rsquo;elle serait morte de chagrin apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de son fr\u00e8re et de son bras droit lors des combats \u00e0 Sidi Taher. Mais les mauvaises conditions dans lesquelles elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue pendant six ans pourraient \u00eatre aussi \u00e0 l&rsquo;origine de sa mort. <a href=\"#_edn108\" name=\"_ednref108\">[cviii]<\/a><\/p>\n<p>\u00c9mile Carrey, \u00e9crivain, et Alphonse Fran\u00e7ois Bertherand m\u00e9decin lors de la campagne de Kabylie en 1857, tous deux accompagnant les troupes fran\u00e7aises la d\u00e9crivent : <a href=\"#_edn109\" name=\"_ednref109\">[cix]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u2018\u2019 Seule la proph\u00e9tesse, formant disparate avec son peuple, est soign\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance. Malgr\u00e9 son embonpoint exag\u00e9r\u00e9, ses traits sont beaux et expressifs. Le kohl \u00e9tendu sur ses sourcils et ses cils agrandit ses grands yeux noirs. Elle a du carmin sur les joues, du henn\u00e9 sur les ongles, des tatouages bleu\u00e2tres, \u00e9pars comme des mouches sur son visage et ses bras, ses cheveux noirs soigneusement natt\u00e9s, s&rsquo;\u00e9chappent d&rsquo;un foulard \u00e9clatant, nou\u00e9 \u00e0 la fa\u00e7on des femmes cr\u00e9oles des Antilles. Des voiles de gaze blanche entourent son col et le bas de son visage, remontant sous sa coiffure comme les voiles de la Rebecca d\u2019Ivanho\u00e9. Ses mains fines et blanches sont charg\u00e9es de bagues. Elle porte des bracelets, des \u00e9pingles, des bijoux plus qu&rsquo;une idole antique.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Fatma est une esp\u00e8ce d&rsquo;idole, d&rsquo;une t\u00eate assez belle mais tatou\u00e9e sur tout le corps et d&rsquo;un embonpoint tellement prodigieux que quatre hommes ne pouvaient l&rsquo;aider \u00e0 marcher&#8230;.tous les soldats criaient \u00ab Place \u00e0 la reine de Pamar \u00bb et faisaient sur son compte milles bonnes ou mauvaises plaisanteries. Le lendemain on lui rendit la libert\u00e9 mais du moment o\u00f9 elle est entre nos mains, toute r\u00e9sistance cessa.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s que la France ait sign\u00e9 le trait\u00e9 de F\u00e8s en 1912 lui permettant d&rsquo;occuper le Maroc, elle a ensuite sign\u00e9 un autre trait\u00e9 avec l&rsquo;Espagne donnant au pays des zones d&rsquo;influence au nord et au sud du Maroc. La partie nord est devenue le protectorat espagnol du Maroc, tandis que la partie sud a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e par l&rsquo;Espagne \u00e0 sa colonie du Sahara espagnol, qui s&rsquo;\u00e9tendait au sud jusqu&rsquo;\u00e0 la fronti\u00e8re avec la Mauritanie. <a href=\"#_edn110\" name=\"_ednref110\">[cx]<\/a><\/p>\n<p>Le protectorat espagnol excluait la ville de Tanger, devenue zone internationale en 1923. Il excluait \u00e9galement les villes de Ceuta, contr\u00f4l\u00e9e par l&rsquo;Espagne depuis le XVIIe si\u00e8cle, et de Melilla, contr\u00f4l\u00e9e par l&rsquo;Espagne depuis le XVe si\u00e8cle. La ville de T\u00e9touan devient la capitale du protectorat espagnol.<\/p>\n<p>De 1921 \u00e0 1926, les tribus locales des montagnes du Rif, dirig\u00e9es par Ben Abdelkrim al-Khattabi, fond\u00e8rent la R\u00e9publique du Rif, sur le territoire du protectorat espagnol. Avec l\u2019aide des forces fran\u00e7aises, l\u2019Arm\u00e9e espagnole d\u2019Afrique combattit l\u2019arm\u00e9e de gu\u00e9rilla de Ben AbdelKrim et \u00e9limina la R\u00e9publique. La guerre du Rif (1921-1926) a donn\u00e9 le coup d\u2019envoi pour les luttes d\u2019ind\u00e9pendance partout dans le monde et le d\u00e9but de la d\u00e9colonisation. <a href=\"#_edn111\" name=\"_ednref111\">[cxi]<\/a> Ben Abdelkrim \u00e9tait aussi le concepteur de la gu\u00e9rilla et fut ainsi lou\u00e9 pour cela par Ho Chi Minh, le p\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance du Vietnam.<\/p>\n<p>Marqu\u00e9s par la r\u00e9sistance acharn\u00e9e des combattants berb\u00e8res de Ben Abdelkrim, entre 1924 et 1927, lors de la guerre du Rif (1921-1926), les Espagnols bombard\u00e8rent la r\u00e9gion du Rif avec des armes chimiques, principalement du gaz moutarde. Pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle plus tard, les effets de la guerre chimique sont toujours visibles. Le Rif est la r\u00e9gion du Maroc o\u00f9 le taux de patients atteints de cancer est le plus \u00e9lev\u00e9. <a href=\"#_edn112\" name=\"_ednref112\">[cxii]<\/a><\/p>\n<p><strong>Conclusion\u00a0: Les Imazighen <\/strong><strong>\u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f porteur de civilisation universelle<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019<strong>amazighitude<\/strong> est souvent consid\u00e9r\u00e9e par les hommes de sciences (anthropologues, sociologues, ethnologues, linguistes, historiens et autres) aussi bien que le commun des mortels comme une ethnie ou bien une culture et les Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f comme un peuple autochtone. En r\u00e9alit\u00e9, le peuple amazigh est parmi les plus anciens peuples du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en et de l\u2019Afrique. Il a donn\u00e9 naissance \u00e0 une civilisation universelle impr\u00e9gn\u00e9 de valeurs universelles de tol\u00e9rance d\u2019acceptation de l\u2019autre et du vivre-ensemble.<\/p>\n<p>L&rsquo;identit\u00e9 ethnique berb\u00e8re est le r\u00e9sultat d&rsquo;une fusion entre les populations indig\u00e8nes de l&rsquo;\u00e2ge de pierre moyen de la p\u00e9riode caspienne et les immigrants n\u00e9olithiques qui se sont install\u00e9s en Afrique du Nord en tant qu&rsquo;agriculteurs du Moyen-Orient. Cette derni\u00e8re composante a \u00e9galement fourni des impulsions culturelles et linguistiques cruciales. <a href=\"#_edn113\" name=\"_ednref113\">[cxiii]<\/a><\/p>\n<p>Les peuples berb\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans les \u00e9crits des \u00c9gyptiens durant la p\u00e9riode pr\u00e9dynastique (4000-3032 av. J.-C.). Durant le Nouvel Empire (1550-1070 av J.-C.), les \u00c9gyptiens combattirent \u00e0 la fronti\u00e8re occidentale contre les Meshwe et les Libu vers 945 av. J. -C. \u00c0 partir de ce moment, les \u00c9gyptiens furent gouvern\u00e9s par le peuple berb\u00e8re des Meshvess, qui r\u00e9gna sur la 22e dynastie sous Sheshonq I \u2d5b\u2d49\u2d5b\u2d4f\u2d30\u2d47 (946-924 av. J.-C.). Cela marqua le d\u00e9but d\u2019une longue p\u00e9riode de domination berb\u00e8re en \u00c9gypte, durant laquelle les Berb\u00e8res repr\u00e9sentaient la principale population du d\u00e9sert occidental. <a href=\"#_edn114\" name=\"_ednref114\">[cxiv]<\/a><\/p>\n<p>Au sujet des Pharaons berb\u00e8res, Slaouti Mebarek Taklit \u00e9crit\u00a0: <a href=\"#_edn115\" name=\"_ednref115\">[cxv]<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2018\u2019Le pouvoir \u00e9gyptien est entre les mains d\u2019\u00e9trangers, les Berb\u00e8res, depuis le premier mill\u00e9naire avant le Christ jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Alexandre le Grand au troisi\u00e8me si\u00e8cle. Comment les Berb\u00e8res, suppos\u00e9s appartenir \u00e0 une civilisation africaine rudimentaire ont-ils pu s\u2019installer en Egypte et y former un Etat fort en M\u00e9diterran\u00e9e durant pr\u00e8s de mille ans ? Un d\u00e9ferlement humain venu de l\u2019Ouest m\u00e9diterran\u00e9en africain a envahi l\u2019Egypte pharaonique vers 1200 avant le Christ puis s\u2019y est impos\u00e9e comme classe dirigeante du pouvoir \u00e9gyptien. C\u2019est ainsi qu\u2019au premier mill\u00e9naire, le pharaon d\u2019origine berb\u00e8re, Sheshonq 1er assoit son pouvoir en y associant les membres de sa famille aussi bien dans le clerg\u00e9 que dans l\u2019aristocratie royale. Ses successeurs vont se maintenir au pouvoir et participer \u00e0 la grandeur de l\u2019Egypte. Ils devront toutefois lutter contre certains pharaons d\u2019origine \u00e9thiopienne avec qui ils partageront le pouvoir puis contre la mont\u00e9e grandissante ext\u00e9rieure venue d\u2019Asie : l\u2019Assyrie puis les Ach\u00e9m\u00e9nides avec Darius. Pour cette lutte, l\u2019un des pharaons, au sixi\u00e8me si\u00e8cle, fera creuser le Canal de Suez. Ils se maintiendront au pouvoir et feront finalement appel \u00e0 Alexandre le Grand qui deviendra pharaon et an\u00e9antira l\u2019ennemi asiatique. Et les Berb\u00e8res sont toujours l\u00e0 et leurs pratiques et cultures semblent appartenir \u00e0 un monde m\u00e9diterran\u00e9en grandiose tr\u00e8s ancien.\u2019\u2019<\/p>\n<p>Pendant de nombreux si\u00e8cles, les Berb\u00e8res ont habit\u00e9 la c\u00f4te de l\u2019Afrique du Nord, de l\u2019\u00c9gypte \u00e0 l\u2019oc\u00e9an Atlantique. Durant cette p\u00e9riode, les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res de l&rsquo;Afrique du Nord ont connu une longue lign\u00e9e de conqu\u00e9rants, de colons et de colonisateurs : les Ph\u00e9niciens qui fond\u00e8rent Carthage, les Grecs (principalement \u00e0 Cyr\u00e8ne), les Romains, les Vandales, les Alains, les Byzantins.<\/p>\n<p>En conclusion, il faut dire que la civilisation amazighe qui puise ses racines mill\u00e9naires dans \u00e0 la fois son Afrique natale, c\u00f4t\u00e9 identit\u00e9, et respire l\u2019universalit\u00e9 par son appartenance au pourtour m\u00e9diterran\u00e9en est une culture de port\u00e9e universelle. La trinit\u00e9 amazighe trouve sa concr\u00e9tisation dans les valeurs universelles du vivre-ensemble, de la tol\u00e9rance de la coexistence et de la paix, hier et aujourd\u2019hui, par <strong><em>tamaghrabit <\/em><\/strong>qui rime avec le respect de l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Cette tol\u00e9rance mill\u00e9niale des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f commenc\u00e9e avec les H\u00e9breux en 587 av. J.-C. et qui s\u2019est sold\u00e9e par une grande convivialit\u00e9 <a href=\"#_edn116\" name=\"_ednref116\">[cxvi]<\/a> r\u00e9sultant en l\u2019adoption du<strong> substrat culturel jud\u00e9o-berb\u00e8re. <\/strong>Valeur qui a exist\u00e9 jusqu\u2019au d\u00e9part des Juifs vers Isra\u00ebl en 1970 pour accomplir leur <em>Aliya<\/em>. Toutefois, il faut dire qu\u2019il y a toujours environ 3000 Juifs au Maroc et que ceux d\u2019Isra\u00ebl, qui font dans le million gardent toujours leur nationalit\u00e9 d\u2019origine et avoue un amour infini pour leur pays d\u2019origine. En effet, chaque ann\u00e9e des milliers d\u2019entre eux retournent au Maroc pour c\u00e9l\u00e9brer les anniversaires de la mort de leurs saints lors de f\u00eates appel\u00e9es <strong><em>hiloula<\/em><\/strong>. <a href=\"#_edn117\" name=\"_ednref117\">[cxvii]<\/a> Donc l\u2019\u00e2me du <strong>substrat culturel jud\u00e9o-berb\u00e8re <\/strong>continue \u00e0 exister des plus belles.<\/p>\n<p>Le vivre-ensemble et la tol\u00e9rance ont pris une grande importance en Andalousie islamique (711-1492) entre 4 ethnies : amazigh, juif, chr\u00e9tien et arabe et 3 religions\u00a0: Islam, christianisme et juda\u00efsme pour donner naissance au concept de la <em>convivencia<\/em>. <a href=\"#_edn118\" name=\"_ednref118\">[cxviii]<\/a> Malheureusement juste apr\u00e8s la <em>conquista <\/em>en 1492 les catholiques oblig\u00e8rent de force le d\u00e9part des juifs d\u2019abord puis des musulmans. Ces expuls\u00e9s furent, toutefois, accueillis \u00e0 bras ouvert par la Dynastie berb\u00e8re des Wattassides (1472-1549) du Maroc et la <em>convivencia <\/em>fut ressuscit\u00e9e de ce c\u00f4t\u00e9 du D\u00e9troit de Gibraltar dans le pays des Amazighs et le <strong>substrat culturel jud\u00e9o-berb\u00e8re <\/strong>r\u00e9activ\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin de texte\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Cabot-Briggs, L. (2009, 28 October).\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1525%2Faa.1956.58.3.02a00390\">\u00ab\u00a0The Stone Age Races of Northwest Africa\u00a0\u00bb<\/a>.\u00a0<em>American Anthropologist<\/em>,\u00a058\u00a0(3), 584\u2013585.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> Shatzmiller, Maya. (1983).\u00a0Le Mythe d&rsquo;origine berb\u00e8re (aspects historiques et sociaux).\u00a0<em>Revue de l&rsquo;Occident musulman et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, vol. 35,\u00a0145-156.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Danver, Steven L. (2015).\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=vf4TBwAAQBAJ&amp;pg=PA23\"><em>Native Peoples of the World: An Encyclopedia of Groups, Cultures and Contemporary Issues<\/em><\/a> (p.\u00a023). London: Routledge.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> Brett, Michael &amp; Fentress, Elizabeth. (1997).\u00a0<em>The Berbers (The Peoples of Africa)<\/em>\u00a0(1996 hardcover\u00a0ed.). <a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?sca_esv=598728132&amp;rlz=1C1ONGR_frMA1069MA1069&amp;sxsrf=ACQVn08aVWeQKHPoaeD_QQIZiIPxWH1O3w:1705389651731&amp;q=Hoboken&amp;si=AKbGX_paaCugDdYkuX2heTJMr0_FGRox2AzKVmiTg2eQr2d-rqPjt8jZeOmGCPQi6_G4tZSzsASEHlsp4VgHMjB_9G9pP3fqek_bgQnkXSvsZ2_BjdoN0OZxV6qJKjcDwvGyaBJP-Y4kmCs19a8W3ULZ8RWud7oT3XDhnLsmagp1tdS2WIVzixjTIUrNS6-3a5NV8kn_sUhW&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjW_ZPDr-GDAxU9VKQEHRFSD08QmxMoAXoECDgQAw\">Hoboken, New Jersey, \u00c9tats-Unis<\/a>: Wiley-Blackwell.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> Chafik, Mohamed. (2023, 2 f\u00e9vrier). Les Berb\u00e8res et leur contribution \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des cultures m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>Le Monde Amazigh. <\/em><a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-berberes-et-leur-contribution-a-lelaboration-des-cultures-mediterraneennes\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-berberes-et-leur-contribution-a-lelaboration-des-cultures-mediterraneennes\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[vi]<\/a> Greenberg,\u00a0Joseph. (1963).<em> The Languages of Africa<\/em>. Bloomington: Indiana University.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[vii]<\/a> Hachid,\u00a0Malika. (2000). <em>Les Premiers Amazighs &#8211; entre M\u00e9diterran\u00e9e, Tassili et Nil<\/em>. Aix-en-Provence\u00a0: \u00c9disud,<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[viii]<\/a> Chaker, Salim. (2011). Parente et origine de la langue berb\u00e8re. <em>Centre de Recherche Berbe\u00e8re<\/em>. <a href=\"https:\/\/centrederechercheberbere.fr\/origine.html#:~:text=Malgr%C3%A9%20les%20h%C3%A9sitations%20et%20les,terminologie%20am%C3%A9ricaine%20initi%C3%A9e%20par%20J\">https:\/\/centrederechercheberbere.fr\/origine.html#:~:text=Malgr%C3%A9%20les%20h%C3%A9sitations%20et%20les,terminologie%20am%C3%A9ricaine%20initi%C3%A9e%20par%20J<\/a>. <em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[ix]<\/a> Mattingly,\u00a0D. (2000). Twelve thousand years of human adaptation in Fezzan (Libyan Sahara). In Graeme, G. Barker, D. D. Gilbertson (Eds.).\u00a0<em>The Archaeology of Drylands: Living at the Margin <\/em>(pp.\u00a0160-179). London, Routledge,.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[x]<\/a> Gaid, Mouloud. (1990). <em>Les Berb\u00e8res dans l&rsquo;histoire<\/em>.\u00a0Alger : \u00c9d. Mimouni.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[xi]<\/a> Scarre, Christopher (Ed).\u00a0 (1988). <em>Past Worlds: The Times Atlas of Archaeology.<\/em>\u00a0London: Times Books.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[xii]<\/a> Cherni, L.; Loueslati, B. Y.\u00a0; Pereira, L.\u00a0; Ennafa\u00e2, H.; Amorim, A. &amp; El Gaaied, A. B. A. (2005). Female Gene Pools of Berber and Arab Neighboring Communities in Central Tunisia: Microstructure of mtDNA Variation in North Africa. <em>Human Biology<\/em>, <em>77<\/em>(1), 61-70. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41466305\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41466305<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Briggs, Lloyd Cabot.\u00a0 (1955). <em>The Stone Age Races of Northwest Africa.<\/em>\u00a0Cambridge, MA: Peabody Museum.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Bosch, E.; Calafell, F.; P\u00e9rez-Lezaun, A.; Comas, D.; Mateu, E. &amp; Bertranpetit J. (1997). Population history of North Africa: evidence from classical genetic markers. <em>Human Biology<\/em>, 69, 295-311.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">[xv]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Sanchez-Mazas, A. (2000). The Berbers of North Africa: Genetic Relationships According to HLA and other Polymorphisms. In: Arnaiz-Villena, A., Mart\u00ednez-Laso, J., G\u00f3mez-Casado, E. (Eds). <em>Prehistoric Iberia<\/em>. Boston, MA: Springer. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/978-1-4615-4231-5_4\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/978-1-4615-4231-5_4<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\">[xvii]<\/a>\u00a0 Irish, J.D. (2000, October). The Iberomaurusian enigma: north African progenitor or dead end? <em>Journal of Human Evolution,<\/em> 39(4), 393-410.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\">[xviii]<\/a> Josu\u00e9\u00a0Ramos-Mart\u00edn,\u00a0Josu\u00e9. (2014). L\u2019identit\u00e9 amazighe aux Canaries\u00a0: l\u2019historiographie des origines.\u00a0<em>L\u2019Ann\u00e9e du Maghreb<\/em>, 10.\u00a0http:\/\/journals.openedition.org\/anneemaghreb\/2056;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/anneemaghreb.2056\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/anneemaghreb.2056<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\">[xix]<\/a> Hachid,\u00a0Malika. (2000). Op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\">[xx]<\/a> Arezki, Dalila. (2004).\u00a0<em>L&rsquo;Identit\u00e9 berb\u00e8re<\/em>. Paris\u00a0: S\u00e9guier &amp; Biarritz\u00a0: Atlantica.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\">[xxi]<\/a> Shaler, W. (1825). On the Language, Manners, and Customs of the Berbers of Africa. Communicated by William Shaler, Consul of the United States at Algiers, in a Series of Letters to Peter S. Du Ponceau, and by the Latter to the Society. <em>Transactions of the American Philosophical Society<\/em>, <em>2<\/em>, 438\u2013465. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/1005064\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/1005064<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\">[xxii]<\/a> Rachik, Hassan. (2019).\u00a0Transmission culturelle et mutations sociales.\u00a0<em>Asinag<\/em>, 14, 87-92.\u00a0 <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/asinag\/320\">http:\/\/journals.openedition.org\/asinag\/320<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\">[xxiii]<\/a> Shaler, W. (1825). Op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\">[xxiv]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2018, 7 septembre). Comprendre la trinit\u00e9 culturelle amazighe. <em>Le Monde Amazigh<\/em>. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/comprendre-la-trinite-culturelle-amazighe\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/comprendre-la-trinite-culturelle-amazighe\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\">[xxv]<\/a> J. E. Budgett Meakin. (1895). The Morocco Berbers. <em>The Journal of the Anthropological Institute of Great Britain and Ireland<\/em>, <em>24<\/em>, 1-14. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2842474\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2842474<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\">[xxvi]<\/a> Constitution du Royaume du Maroc. (2011). Pr\u00e9ambule. <a href=\"https:\/\/mjp.univ-perp.fr\/constit\/ma2011.htm#:~:text=pas%20le%20sens.-,Pr%C3%A9ambule,pluralisme%20et%20de%20bonne%20gouvernance\">https:\/\/mjp.univ-perp.fr\/constit\/ma2011.htm#:~:text=pas%20le%20sens.-,Pr%C3%A9ambule,pluralisme%20et%20de%20bonne%20gouvernance<\/a>.<\/p>\n<p><em>\u2018\u2019\u00c9tat musulman souverain, attach\u00e9 \u00e0 son unit\u00e9 nationale et \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 territoriale, le Royaume du Maroc entend pr\u00e9server, dans sa pl\u00e9nitude et sa diversit\u00e9, son identit\u00e9 nationale une et indivisible. Son unit\u00e9, forg\u00e9e par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s&rsquo;est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, h\u00e9bra\u00efque et m\u00e9diterran\u00e9en.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\">[xxvii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020, ao\u00fbt 18). Les Ma\u00eetres Musiciens Jajouka du Rif Occidental : Tradition Mill\u00e9naire Amazighe sans Pareil. <em>Akal Press<\/em>. <a href=\"https:\/\/fr.akalpress.com\/5493-les-maitres-musiciens-jajouka-du-rif\/\">https:\/\/fr.akalpress.com\/5493-les-maitres-musiciens-jajouka-du-rif\/<\/a><\/p>\n<p>Chtatou, Mohamed. (2019, September 19). The Jajouka Master Musicians: A Universal Hymn to Tolerance and Peace from Morocco to The World \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/16092019-the-jajouka-master-musicians-a-universal-hymn-to-tolerance-and-peace-from-morocco-to-the-world-analysis\/\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/16092019-the-jajouka-master-musicians-a-universal-hymn-to-tolerance-and-peace-from-morocco-to-the-world-analysis\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\">[xxviii]<\/a> Talbi, J.\u00a0; Khadmaoui, A. E.\u00a0; Soulaymani, A. E. M. &amp; Chafik, A. E. A. (2007). Etude de la consanguinit\u00e9 dans la population marocaine. Impact sur le profil de la sant\u00e9. <em>Antropo<\/em>, 15, 1-11. <a href=\"http:\/\/www.didac.ehu.es\/antropo\">www.didac.ehu.es\/antropo<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\">[xxix]<\/a> G\u00e9lard, Marie-Luce. (2003). Les repr\u00e9sentations de la parent\u00e9. Prohibition matrimoniales et substance lact\u00e9e chez les A\u00eft Khebbach (Maroc). <em>Annales de la Fondation Fyssen<\/em>, 18, 129-137. ffhal-00586019f<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\">[xxx]<\/a> G\u00e9lard, M.-L. (2004). Protection par le sang et accord par le lait dans la tribu des A\u00eft Khebbach (Sud-Est marocain). <em>\u00c9tudes rurales<\/em>, 1-2, N\u00b0 169-170, 9-27. file:\/\/\/C:\/Users\/hp\/Downloads\/etudesrurales-8051.pdf<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref31\" name=\"_edn31\">[xxxi]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref32\" name=\"_edn32\">[xxxii]<\/a> Bruno, H. &amp; Bousquet G.-H. (1946). Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude des pactes de protection et d\u2019alliance chez les Berb\u00e8res du Maroc central. <em>Hesp\u00e9ris<\/em>, vol. XXXIII, 353-370.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref33\" name=\"_edn33\">[xxxiii]<\/a> G\u00e9lard, M.-L.\u00a0&amp; H.\u00a0Claudot-Hawad. (2000).\u00a0Honneur.\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 23, document H57. http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1607;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1607\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1607<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref34\" name=\"_edn34\">[xxxiv]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref35\" name=\"_edn35\">[xxxv]<\/a> Applegate, Joseph R. (1971). The Berber languages. In Carleton T. Hodge (Ed.).<em> Afroasiatic: A survey<\/em> (pp. 96-118). The Hague and Paris: Mouton.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref36\" name=\"_edn36\">[xxxvi]<\/a> Joseph\u00a0Greenberg,\u00a0Joseph. (1963). <em>The Languages of Africa<\/em>. Bloomington\u00a0; La Haye: Indiana University\u00a0; Mouton.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref37\" name=\"_edn37\">[xxxvii]<\/a> Basset, Andr\u00e9. (1952). <em>La langue berb\u00e8re<\/em>. International African Institute. London and New York: Oxford University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref38\" name=\"_edn38\">[xxxviii]<\/a> Galand, Lionel. (1988). Le berb\u00e8re. In Jean Perrot (Ed.). <em>Les langues chamito-semitiques<\/em>. Vol. 3 of <em>Les langues dans le monde ancien et moderne<\/em> (pp. 207-242). Paris: Edition du Centre National de la Recherche Scientifique.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref39\" name=\"_edn39\">[xxxix]<\/a> Hamad, N. (2010). La langue comme r\u00e9f\u00e9rence sacr\u00e9e.\u00a0<em>La revue lacanienne<\/em>, 6, 151-156.\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/lrl.101.0151\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/lrl.101.0151<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref40\" name=\"_edn40\">[xl]<\/a> Ghouirgate, M. 2014. Chapitre V. Le choix de la langue. In\u00a0<em>L\u2019Ordre almohade (1120-1269)\u00a0: Une nouvelle lecture anthropologique.<\/em>\u00a0Presses universitaires du Midi. doi\u00a0:10.4000\/books.pumi.12051<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref41\" name=\"_edn41\">[xli]<\/a> Chtatou, Mohamed. (1997). The influence of the Berber language on Moroccan Arabic. <em>International Journal of the Sociology of Language<\/em>, 123, 101-118.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref42\" name=\"_edn42\">[xlii]<\/a> Basset, Ren\u00e9. (1894). <em>Etudes sur les dialectes berb\u00e8res<\/em>. Paris: Leroux<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref43\" name=\"_edn43\">[xliii]<\/a> Lafkioui, Mena B. (2007). <em>Atlas linguistique des vari\u00e9t\u00e9s berb\u00e8res du Rif<\/em>. Berber Studies 16. Cologne: R\u00fcdiger K\u00f6ppe Verlag.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref44\" name=\"_edn44\">[xliv]<\/a> Galand, Lionel. (2010). <em>Regards sur le berb\u00e8re<\/em>. Milan: Centro Studi Camito-Semitici.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref45\" name=\"_edn45\">[xlv]<\/a> Ennaji, M. (2014). Recognizing the Berber Language in Morocco: A Step for Democratization. <em>Georgetown Journal of International Affairs<\/em>, <em>15<\/em>(2), 93-99. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43773631\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/43773631<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref46\" name=\"_edn46\">[xlvi]<\/a> La parent\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence aux relations sociales qui peuvent ou non co\u00efncider avec les relations biologiques. Les termes de parent\u00e9 peuvent en effet correspondre \u00e0 une v\u00e9ritable parent\u00e9, les relations sociales co\u00efncidant avec les relations biologiques (consanguinit\u00e9 ou affinit\u00e9). Lorsque les relations sociales ne font que simuler les relations biologiques, on parle de pseudo-parent\u00e9 ou de parent\u00e9 fictive. Le troisi\u00e8me type de parent\u00e9 est une forme particuli\u00e8re de parent\u00e9 fictive cr\u00e9\u00e9e par un rituel, comme le parrainage, l&rsquo;adoption ou la fraternisation. Les termes de parent\u00e9 pseudo-fictive et rituelle sont identiques \u00e0 ceux de parent\u00e9 r\u00e9elle ou v\u00e9ritable.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref47\" name=\"_edn47\">[xlvii]<\/a> Aug\u00e9, M. (Ed.). (1975). <em>Initiation au vocabulaire de la parent\u00e9. Les domaines de la parent\u00e9<\/em> (pp. 7-57). Paris: Maspero.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref48\" name=\"_edn48\">[xlviii]<\/a> <strong>Termes de classification &#8211; Syst\u00e8mes de parent\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Sur la base des travaux ant\u00e9rieurs de L. H. Morgan et de G. P. Murdock, nous utilisons d\u00e9sormais six cat\u00e9gories pour classer les syst\u00e8mes de parent\u00e9 : Esquimaux, Hawa\u00efens, Iroquois, Soudanais, Crow et Omaha. Le principal crit\u00e8re de classification d&rsquo;un syst\u00e8me est la fa\u00e7on dont l&rsquo;Ego utilise le m\u00eame terme pour diff\u00e9rents parents. Par exemple, le syst\u00e8me de parent\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s occidentales appartient au groupe esquimau, o\u00f9 les fr\u00e8res des parents sont des \u00ab\u00a0oncles\u00a0\u00bb et leurs s\u0153urs des \u00ab\u00a0tantes\u00a0\u00bb. En revanche, dans les soci\u00e9t\u00e9s appartenant au groupe de classification hawa\u00efen, les m\u00eames personnes sont respectivement \u00ab\u00a0p\u00e8res\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0m\u00e8res\u00a0\u00bb. L&rsquo;utilisation d&rsquo;un m\u00eame terme pour des parents diff\u00e9rents implique une similitude significative dans le comportement d&rsquo;Ego \u00e0 leur \u00e9gard, par exemple, la possibilit\u00e9 de se marier.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref49\" name=\"_edn49\">[xlix]<\/a> Murdock, G. P. (1949). <em>Social structure<\/em>. New York: Macmillan.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref50\" name=\"_edn50\">[l]<\/a> G\u00e9lard, Marie-Luce. (2004). Representations of Kinship Agnatic Ideology and Uterine Values a Berber-Speaking Tribe (South-East Morocco).\u00a0<em>Anthropos -Freiburg-<\/em>, 99, 565-572.\u00a0<a href=\"https:\/\/hal.science\/hal-00585283\">\u27e8hal-00585283\u27e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref51\" name=\"_edn51\">[li]<\/a> Fox, R. (1984). <em>Kinship and marriage: An anthropological perspective<\/em>. Harmondsworth, UK: Penguin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref52\" name=\"_edn52\">[lii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020, 29 avril). Les femmes amazighes, gardiennes de la langue et de la culture. <em>Le Monde Amazigh<\/em>. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-femmes-amazighes-gardiennes-de-la-langue-et-de-la-culture\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-femmes-amazighes-gardiennes-de-la-langue-et-de-la-culture\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref53\" name=\"_edn53\">[liii]<\/a> Boehringer, S., &amp; Sebillotte Cuchet, V. (Eds.) 2013.\u00a0<em>Des femmes en action\u00a0: L&rsquo;individu et la fonction en Gr\u00e8ce antique.<\/em>\u00a0Paris-Ath\u00e8nes\u00a0: \u00c9ditions de l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales. doi\u00a0:10.4000\/books.editionsehess.2822<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref54\" name=\"_edn54\">[liv]<\/a> Moderan, Y. (2010).\u00a0Mythes d\u2019origine des Berb\u00e8res\u00a0(Antiquit\u00e9\u00a0et Moyen \u00c2ge).\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 32.\u00a0http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/674;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.674\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.674<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref55\" name=\"_edn55\">[lv]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2021, 6 juillet). Dihya, reine guerri\u00e8re amazighe. <em>Akal Press. <\/em><a href=\"https:\/\/fr.akalpress.com\/5867-dihya-reine-guerriere-amazighe\/\">https:\/\/fr.akalpress.com\/5867-dihya-reine-guerriere-amazighe\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref56\" name=\"_edn56\">[lvi]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2022, 8 avril). Promouvoir, prot\u00e9ger et revitaliser la langue amazighe<em>. Le Monde Amazigh<\/em>. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/promouvoir-proteger-et-revitaliser-la-langue-amazighe\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/promouvoir-proteger-et-revitaliser-la-langue-amazighe\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref57\" name=\"_edn57\">[lvii]<\/a> Fanack. (2020, January 19). Women in Berber Culture. <a href=\"https:\/\/fanack.com\/morocco\/culture-of-morocco\/women-in-berber-culture\/\">https:\/\/fanack.com\/morocco\/culture-of-morocco\/women-in-berber-culture\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref58\" name=\"_edn58\">[lviii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2022, June 30)). Amazigh women, guardians of language and culture.<\/p>\n<p><em>FUNCI<\/em>. <a href=\"https:\/\/funci.org\/amazigh-women-the-genuine-guardians-of-language-and-culture-in-morocco\/?lang=en\">https:\/\/funci.org\/amazigh-women-the-genuine-guardians-of-language-and-culture-in-morocco\/?lang=en<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref59\" name=\"_edn59\">[lix]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2023, 18 d\u00e9cembre). Les savoirs oraux ancestraux de Tamazight et le danger de leur extinction dans le Rif. Le Monde Amazigh. <a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-savoirs-oraux-ancestraux-de-tamazight-et-le-danger-de-leur-extinction-dans-le-rif\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-savoirs-oraux-ancestraux-de-tamazight-et-le-danger-de-leur-extinction-dans-le-rif\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref60\" name=\"_edn60\">[lx]<\/a> Yacine, T. (2001). Women, Their Space and Creativity in Berber Society. <em>Race, Gender &amp; Class<\/em>, <em>8<\/em>(3), 102-113. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41674985\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41674985<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref61\" name=\"_edn61\">[lxi]<\/a> Belahsen, R; Naciri, K &amp; El Ibrahimi A. (2017, November). Food security and women&rsquo;s roles in Moroccan Berber (Amazigh) society today. <em>Maternal &amp; Child Nutrition<\/em>, 13(3). doi: 10.1111\/mcn.12562. PMID: 29359441; PMCID: PMC6865873<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref62\" name=\"_edn62\">[lxii]<\/a> GEO\/AFP. (2021, 28 juillet). Maroc : d\u00e9couverte de l&rsquo;Acheul\u00e9en le plus ancien d&rsquo;Afrique du Nord. <a href=\"https:\/\/www.geo.fr\/histoire\/maroc-decouverte-de-lacheuleen-le-plus-ancien-dafrique-du-nord-205662\">https:\/\/www.geo.fr\/histoire\/maroc-decouverte-de-lacheuleen-le-plus-ancien-dafrique-du-nord-205662<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref63\" name=\"_edn63\">[lxiii]<\/a> Bailout, L. (1989). The prehistory of North Africa. In\u00a0<em>General History of Africa, volume I, Methodology and African Prehistory<\/em>\u00a0(Abridged Edition, pp 241-250, p. 241). Berkeley, California: University of California Press\/Paris: UNESCO.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref64\" name=\"_edn64\">[lxiv]<\/a> <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Andr%C3%A9_Martinet\">Martinet<\/a>, Andr\u00e9. (1975).\u00a0<em>\u00c9volution des langues et reconstruction<\/em>. Paris\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Presses_universitaires_de_France\">Presses universitaires de France<\/a>,\u00a0coll.\u00a0\u00ab\u00a0Sup \/ Le Linguiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref65\" name=\"_edn65\">[lxv]<\/a> Lennox Manton, E. (1988). <em>Roman North Africa<\/em>. London: Seaby.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref66\" name=\"_edn66\">[lxvi]<\/a> Cilliers, Louise. (2019). <em>Environment, Society and Medical Contribution<\/em>. Amsterdam: Amsterdam University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref67\" name=\"_edn67\">[lxvii]<\/a> Fentress, E. (2006). Romanizing the Berbers. <em>Past &amp; Present<\/em>, 190, 3-33. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/3600886\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/3600886<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref68\" name=\"_edn68\">[lxviii]<\/a>Belkamel, B. (1992). Histoire de la m\u00e9decine au Maroc antique. <em>BIU Sant\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p>https:\/\/www.biusante.parisdescartes.fr \u203a hsm PDF<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref69\" name=\"_edn69\">[lxix]<\/a> Raven, Suzan. (1993). <em>Rome in Africa. <\/em>London: Routledge.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref70\" name=\"_edn70\">[lxx]<\/a> Le Monde diplomatique. (2022, f\u00e9vrier-mars). Le Maghreb en danger.\u00a0 Mani\u00e8re de voir\u00a0; #181. <a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/mav\/181\/\">https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/mav\/181\/<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019En tamazight, la langue berb\u00e8re,\u00a0Tamazgha\u00a0d\u00e9signe une vaste aire g\u00e9ographique qui va des \u00eeles Canaries \u00e0 la partie occidentale de l\u2019\u00c9gypte (oasis de Siwa) et englobe l\u2019actuelle bande sah\u00e9lienne (Mauritanie, Mali, Niger). Il s\u2019agit des zones de peuplement historique des populations berb\u00e9rophones d\u2019Afrique du Nord. Nombre de Maghr\u00e9bins souhaitent aujourd\u2019hui que cette appellation remplace l\u2019expression \u00ab\u00a0Maghreb arabe\u00a0\u00bb, qui, selon eux, nie l\u2019identit\u00e9 berb\u00e8re de leur r\u00e9gion, notamment dans sa partie centrale.\u2019\u2019 <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref71\" name=\"_edn71\">[lxxi]<\/a> Apul\u00e9e, (125-170), n\u00e9 \u00e0 Madaurus (M&rsquo;Daourouch), philosophe et rh\u00e9teur ; a \u00e9crit le seul roman latin \u00e0 avoir surv\u00e9cu dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref72\" name=\"_edn72\">[lxxii]<\/a> Birley, A.R. (1999). <em>Septimius Severus: the African emperor<\/em>. London: Routledge<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref73\" name=\"_edn73\">[lxxiii]<\/a> Augustin d&rsquo;Hippone (latin : Aurelius Augustinus Hipponensis ; 13 novembre 354 &#8211; 28 ao\u00fbt 430), \u00e9galement connu sous le nom de Saint Augustin, \u00e9tait un th\u00e9ologien et philosophe d&rsquo;origine berb\u00e8re et l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Hippo Regius en Numidie, Afrique du Nord romaine. Ses \u00e9crits ont influenc\u00e9 le d\u00e9veloppement de la philosophie occidentale et du christianisme occidental, et il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des p\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise latine les plus importants de la p\u00e9riode patristique. Ses nombreux ouvrages importants incluent <em>La Cit\u00e9 de Dieu, Sur la doctrine chr\u00e9tienne et Confessions<\/em>.<\/p>\n<p>Cf. Eslin, Jean-Claude. (2002).\u00a0<em>Saint Augustin<\/em>. Paris: Michalon.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref74\" name=\"_edn74\">[lxxiv]<\/a> Shaw, B.D. (1980). Archaeology and knowledge: the history of the African provinces of the Roman Empire. <em>Florilegium<\/em> 2, 28-60.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref75\" name=\"_edn75\">[lxxv]<\/a> Les guerres puniques \u00e9taient une s\u00e9rie de guerres entre 264 et 146 av. J.-C. entre Rome et Carthage. Trois conflits entre ces \u00c9tats ont eu lieu sur terre et sur mer dans la r\u00e9gion occidentale de la M\u00e9diterran\u00e9e et ont impliqu\u00e9 un total de quarante-trois ans de guerre. Les guerres puniques incluent \u00e9galement la r\u00e9volte de quatre ans contre Carthage qui a commenc\u00e9 en 241 av. J.-C. Chaque guerre impliquait d\u2019immenses pertes mat\u00e9rielles et humaines des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Cf. <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Claudia_Moatti\">Moatti<\/a>, Claudia. (2008).\u00a0<em> Les guerres puniques<\/em>, (traduit\u00a0du grec ancien). Paris\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89ditions_Gallimard\">Gallimard<\/a>,\u00a0coll.\u00a0\u00ab\u00a0Folio classique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref76\" name=\"_edn76\">[lxxvi]<\/a> Kadra-Hadjadji, Houaria. (2013). \u00a0<em>Massinissa le grand Africain<\/em>. Paris\u00a0: \u00e9ditions Karthala.<\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Massinissa (238-148 av. J.-C.), l\u2019un des premiers rois de la Berb\u00e9rie antique, \u00e9tait le fils d\u2019une proph\u00e9tesse et de Ga\u00efa, qui r\u00e9gnait sur un modeste royaume, coinc\u00e9 entre le territoire de Carthage \u00e0 l\u2019est et les \u00c9tats du puissant Syphax, \u00e0 l\u2019ouest. Anim\u00e9 d\u2019une immense ambition, dou\u00e9 de qualit\u00e9s exceptionnelles, le prince parvint \u00e0 agrandir le royaume ancestral aux dimensions du Maghreb. Le contexte politique et militaire de l\u2019\u00e9poque favorisa cette ascension. Carthage, grande puissance maritime et commerciale, dominait le bassin occidental de la M\u00e9diterran\u00e9e ; elle se heurta \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme naissant de Rome, au cours de trois guerres dites puniques. Le fils de Ga\u00efa participa \u00e0 la seconde (218-201 av. J.-C.) d\u00e9clench\u00e9e par Hannibal, g\u00e9nie militaire qui voulait rendre \u00e0 sa patrie, Carthage, son honneur et sa supr\u00e9matie. Au terme d\u2019une guerre-\u00e9clair, Hannibal remporta quatre brillantes victoires qui mirent Rome \u00e0 deux doigts de la capitulation. Massinissa se battit d\u2019abord dans les rangs carthaginois en Espagne. Puis, sentant le vent tourner, il rejoignit l\u2019arm\u00e9e romaine command\u00e9e par Publius Scipion, le futur Africain. D\u00e8s lors, il devint le favori de la Fortune, qui lui accorda pouvoir, gloire et la faveur des Romains. Combl\u00e9 par la Fortune de son vivant, il acc\u00e9da \u00e0 l\u2019immortalit\u00e9 d\u00e8s sa mort : ses sujets le divinis\u00e8rent et lui \u00e9lev\u00e8rent des temples pour lui rendre un culte. Plus de deux si\u00e8cles plus tard, il revivra dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e de Silius Italicus, La Guerre punique, sous les traits d\u2019un guerrier valeureux et \u00e9nergique, et d\u2019un entra\u00eeneur d\u2019hommes aux \u00e9minentes qualit\u00e9s morales. \u00c0 notre \u00e9poque, Massinissa, le conqu\u00e9rant et le b\u00e2tisseur de la grande Numidie, demeure une figure embl\u00e9matique de l\u2019Histoire du Maghreb. Universitaire alg\u00e9rienne, H. Kadra-Hadjadji est l\u2019auteure de plusieurs livres, notamment d\u2019un premier essai sur Jugurtha (Jugurtha, un Berb\u00e8re contre Rome, Paris \u00e9d. Arl\u00e9a, Alger, \u00e9d. Barzakh) ; d\u2019une m\u00e9thode d\u2019arabe moderne (4e \u00e9dition, Paris \u00e9d. Bachari) en collaboration avec Hamdane Hadjadji. Avec Massinissa, le Grand Africain, elle signe la premi\u00e8re biographie de cet illustre Berb\u00e8re.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref77\" name=\"_edn77\">[lxxvii]<\/a> Tite-Live (59-17 ap. J.-C.), Ab urbe condita \u00e0 XXIV, 48\u00a0; Livres XXI-XXX traduits par Aubrey de S\u00e9lincourt, \u00e9dit\u00e9s par Betty Radice, comme <em>The War with Hannibal<\/em> (Penguin 1965, 1972) . Ici, la note de bas de page de l&rsquo;\u00e9dition moderne donne \u00e0 Masinissa dix ans de plus que son \u00e2ge dans le texte de Live, lui donnant naissance date vers 240.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref78\" name=\"_edn78\">[lxxviii]<\/a> Gaid, Mouloud. (1962). <em>Aguellids et Romains en Berb\u00e9rie <\/em>(2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition).\u00a0Alger: Sned 1962.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref79\" name=\"_edn79\">[lxxix]<\/a> Begley, Sharon. (2012, ao\u00fbt 6). Genetic study offers clues to history of North Africa&rsquo;s Jews. Reuters. <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/article\/idUSBRE8751EJ\/#:~:text=DNA%20evidence%20lends%20credence%20to,there%20were%20500%2C000%20Jews%20there\">https:\/\/www.reuters.com\/article\/idUSBRE8751EJ\/#:~:text=DNA%20evidence%20lends%20credence%20to,there%20were%20500%2C000%20Jews%20there<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref80\" name=\"_edn80\">[lxxx]<\/a> Gottreich, Emily Benichou (2021). <em>Jewish Morocco: A History from Pre-Islamic to Postcolonial Times<\/em>. London: I.B. Tauris.<\/p>\n<p>L\u2019histoire du Maroc ne peut \u00eatre racont\u00e9e efficacement sans l\u2019histoire de ses habitants juifs. Leur pr\u00e9sence en Afrique du Nord-Ouest est ant\u00e9rieure \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019Islam et se poursuit jusqu\u2019\u00e0 nos jours, combinant des \u00e9l\u00e9ments de la culture berb\u00e8re (amazighe), arabe, s\u00e9farade et europ\u00e9enne. Emily Gottreich examine l&rsquo;histoire des Juifs au Maroc depuis la p\u00e9riode pr\u00e9islamique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque postcoloniale, en s&rsquo;appuyant sur des preuves nouvellement acquises dans les archives de Rabat. En fournissant une r\u00e9\u00e9valuation importante de l&rsquo;impact du protectorat fran\u00e7ais sur le Maroc, l&rsquo;auteur renverse les opinions largement accept\u00e9es sur la participation des Juifs au nationalisme marocain &#8211; une question souvent marginalis\u00e9e par les r\u00e9cits sionistes et nationalistes arabes &#8211; et innove dans son analyse de l&rsquo;implication juive. dans l\u2019istiqlal et ses cons\u00e9quences. S&rsquo;inscrivant dans un corpus croissant d&rsquo;\u00e9rudition qui s&rsquo;efforce consciemment d&rsquo;int\u00e9grer les \u00e9tudes juives et moyen-orientales, Emily Gottreich offre ici une perspective originale en pla\u00e7ant les probl\u00e8mes urgents de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine contemporaine dans leur contexte historique et juif.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref81\" name=\"_edn81\">[lxxxi]<\/a> Ibn Khaldoun. (1852). <em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>,\u00a0vol.\u00a0I. Traduction de\u00a0William Mac Guckin de Slane.\u00a0Alger\u00a0: Imprimerie du Gouvernement.<\/p>\n<p>Ibn Khaldoun. (1854). <em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>,\u00a0vol.\u00a0II. Traduction de\u00a0William Mac Guckin de Slane.\u00a0Alger\u00a0: Imprimerie du Gouvernement.<\/p>\n<p>Ibn Khaldoun. (1856). <em>Histoire des Berb\u00e8res et des dynasties musulmanes de l&rsquo;Afrique septentrionale<\/em>,\u00a0vol.\u00a0III. Traduction de\u00a0William Mac Guckin de Slane.\u00a0Alger\u00a0: Imprimerie du Gouvernement.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref82\" name=\"_edn82\">[lxxxii]<\/a> Ta\u00efeb,\u00a0J. (2004). Juifs du Maghreb\u00a0: onomastique et langue, une composante berb\u00e8re\u00a0?\u201d.\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 26, document J17. http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/1373;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1373\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.1373<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref83\" name=\"_edn83\">[lxxxiii]<\/a>\u00a0Beider, Alexander. (2017).\u00a0Jews of Berber Origin: Myth or Reality?\u00a0<em>Hamsa<\/em>, 3.\u00a0http:\/\/journals.openedition.org\/hamsa\/693;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/hamsa.693\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/hamsa.693<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref84\" name=\"_edn84\">[lxxxiv]<\/a> Gottreich, Emily. (2021). Op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref85\" name=\"_edn85\">[lxxxv]<\/a> Behar, D. M.; Yunusbayev, B.\u00a0; Metspalu, M.\u00a0; Metspalu, E.\u00a0; Rosset, S.\u00a0; Parik, J.\u00a0; Rootsi, S\u00a0; Chaubey, G.,\u00a0; Kutuev, I.\u00a0; Yudkovsky, G.\u00a0; Khusnutdinova, E. K.\u00a0; Balanovsky, O.\u00a0; Semino, O.\u00a0; Pereira, L.\u00a0; Comas, D.\u00a0; Gurwitz, D.\u00a0; Bonne-Tamir, B.\u00a0; Parfitt, T.\u00a0; Hammer, M. F\u00a0.\u00a0; Skorecki, K.\u00a0; Villems, R. (July 2010). The genome-wide structure of the Jewish people.\u00a0<em>Nature<\/em>,\u00a0466\u00a0(7303), 238-42. <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature09103\">https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature09103<\/a><\/p>\n<p><em>\u2018\u2019Les Juifs contemporains comprennent un agr\u00e9gat de communaut\u00e9s ethnoreligieuses dont les membres du monde entier s&rsquo;identifient les uns aux autres \u00e0 travers diverses traditions religieuses, historiques et culturelles communes. Les preuves historiques sugg\u00e8rent des origines communes au Moyen-Orient, suivies de migrations conduisant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de communaut\u00e9s juives en Europe, en Afrique et en Asie, dans ce que l\u2019on appelle la diaspora juive. Cette histoire d\u00e9mographique complexe impose des d\u00e9fis particuliers lorsqu\u2019il s\u2019agit de tenter d\u2019aborder la structure g\u00e9n\u00e9tique du peuple juif6. Bien que de nombreuses \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques aient mis en lumi\u00e8re les origines juives et les maladies r\u00e9pandues au sein des communaut\u00e9s juives, y compris des \u00e9tudes ax\u00e9es sur les marqueurs h\u00e9rit\u00e9s de mani\u00e8re uniparentale et biparentale, les mod\u00e8les de variation \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du g\u00e9nome \u00e0 travers la vaste \u00e9tendue g\u00e9ographique des communaut\u00e9s de la diaspora juive et de leurs voisins respectifs n&rsquo;ont pas encore \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Ici, nous utilisons des r\u00e9seaux de perles \u00e0 haute densit\u00e9 pour g\u00e9notyper des individus de 14 communaut\u00e9s de la diaspora juive et comparons ces mod\u00e8les de diversit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du g\u00e9nome avec ceux de 69 populations non juives de l&rsquo;Ancien Monde, dont 25 n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es auparavant. Ces \u00e9chantillons ont \u00e9t\u00e9 soigneusement choisis pour fournir des comparaisons compl\u00e8tes entre les populations juives et non juives de la diaspora, ainsi qu&rsquo;avec les populations non juives du Moyen-Orient et d&rsquo;Afrique du Nord. Les analyses des composants principaux et de type structure identifient une sous-structure g\u00e9n\u00e9tique jusqu&rsquo;alors m\u00e9connue au Moyen-Orient. La plupart des \u00e9chantillons juifs forment un sous-groupe remarquablement serr\u00e9 qui recouvre les \u00e9chantillons druzes et chypriotes, mais pas les \u00e9chantillons provenant d&rsquo;autres populations levantines ou de populations h\u00f4tes appari\u00e9es de la diaspora. En revanche, les Juifs \u00e9thiopiens (Beta Isra\u00ebl) et les Juifs indiens (Bene Isra\u00ebl et Cochini) se regroupent respectivement avec les populations autochtones voisines d\u2019\u00c9thiopie et de l\u2019ouest de l\u2019Inde, malgr\u00e9 un lien paternel clair entre les Bene Isra\u00ebl et le Levant. Ces r\u00e9sultats mettent en lumi\u00e8re l\u2019architecture g\u00e9n\u00e9tique vari\u00e9e du Moyen-Orient et font remonter les origines de la plupart des communaut\u00e9s juives de la diaspora au Levant.\u00a0\u2018\u2019<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref86\" name=\"_edn86\">[lxxxvi]<\/a> Fenton, P. (2020). Les pers\u00e9cutions almohades, un mod\u00e8le pour l\u2019Inquisition catholique ?\u00a0<em>Pard\u00e8s<\/em>, 67, 77-97.\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/parde.067.0077\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/parde.067.0077<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref87\" name=\"_edn87\">[lxxxvii]<\/a> Hirschberg, Haim Zeev. (1963). The problem of the Judaized Berbers.\u00a0<em>Journal of African History,<\/em>\u00a04, 313-339. DOI :\u00a0<a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1017\/S0021853700004278\">10.1017\/S0021853700004278<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref88\" name=\"_edn88\">[lxxxviii]<\/a> Seligman, Adam B. &amp; Robert P. Weller. (2012). <em>Rethinking Pluralism: Ritual, Experience, and Ambiguity <\/em>(p. 23). Oxford: Oxford University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref89\" name=\"_edn89\">[lxxxix]<\/a> Wittgenstein, Ludwig. (1997). <em>Philosophical Investigations<\/em>. Translated by G.E.M. Anscombe. Oxford, UK; Malden, Mass.: Blackwell.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref90\" name=\"_edn90\">[xc]<\/a> Bashkow, Ira. (2004, September).\u00a0A Neo-Boasian Conception of Cultural Boundaries. <em>American Anthropologist<\/em>, 106(3), 443-458, p. 443.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref91\" name=\"_edn91\">[xci]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020, 9 August). Aspects of the Judeo-Amazigh Cultural Substratum of Morocco. <em>Amazigh World News<\/em>. <a href=\"https:\/\/amazighworldnews.com\/aspects-of-the-judeo-amazigh-cultural-substratum-of-morocco\/\">https:\/\/amazighworldnews.com\/aspects-of-the-judeo-amazigh-cultural-substratum-of-morocco\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref92\" name=\"_edn92\">[xcii]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.film-documentaire.fr\/4DACTION\/w_liste_generique\/S_32440_G\">Les Films d&rsquo;un Jour<\/a> (Producteur) &amp; Hachkar, Kamal (Metteur en sc\u00e8ne). (2011). <em>Tinghir-J\u00e9rusalem \u2013 Echos du Mellah<\/em>. France, Maroc. <a href=\"https:\/\/www.film-documentaire.fr\/4DACTION\/w_fiche_film\/36147_0\">https:\/\/www.film-documentaire.fr\/4DACTION\/w_fiche_film\/36147_0<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref93\" name=\"_edn93\">[xciii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020, 7 juin). Sefrou, havre marocain de coexistence entre Amazighs, Arabes et Juifs. <em>Akal Press<\/em>. <a href=\"https:\/\/fr.akalpress.com\/4098-sefrou-havre-marocain-de-coexistence-entre-amazighs-arabes-et-juifs\/\">https:\/\/fr.akalpress.com\/4098-sefrou-havre-marocain-de-coexistence-entre-amazighs-arabes-et-juifs\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref94\" name=\"_edn94\">[xciv]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2023, 6 septembre). Les Imazighen en al-Andalous. <em>Le Monde Amazigh. <\/em><a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-imazighen-en-al-andalous\/\">https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-imazighen-en-al-andalous\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref95\" name=\"_edn95\">[xcv]<\/a> <a href=\"https:\/\/journals.eco-vector.com\/2410-0145\/search\/authors\/view?firstName=Anastasia&amp;middleName=&amp;lastName=Stepanova\">Stepanova, A.<\/a> (2018). Who Conquered Spain? The Role of the Berbers in the Conquest of the Iberian Peninsula. <em>Written Monuments of the Orient, <\/em>4(1),<strong>\u00a0<\/strong>78-87. <a href=\"https:\/\/journals.eco-vector.com\/2410-0145\/article\/view\/35149\">https:\/\/journals.eco-vector.com\/2410-0145\/article\/view\/35149<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref96\" name=\"_edn96\">[xcvi]<\/a> Coope, J. A. (2017). Berbers and Muwallads. In <em>The Most Noble of People: Religious, Ethnic, and Gender Identity in Muslim Spain<\/em> (pp. 128-143). Ann Arbor, Michigan\u00a0: University of Michigan Press. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/10.3998\/mpub.9297351.9\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/10.3998\/mpub.9297351.9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref97\" name=\"_edn97\">[xcvii]<\/a> Bosch-Vil\u00e0, J. (2012, December).\u00a0Andalus.\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, 5, 641-647, document A217. http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/2501;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.2501\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.2501<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref98\" name=\"_edn98\">[xcviii]<\/a> <em>Convivencia<\/em> est un terme espagnol qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la coexistence de diff\u00e9rents groupes religieux et culturels dans l&rsquo;Espagne m\u00e9di\u00e9vale, en particulier pendant la p\u00e9riode de domination musulmane dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. Il est souvent associ\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une coexistence pacifique et harmonieuse entre musulmans, chr\u00e9tiens et juifs \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>Cf. Akasoy, Anna. (2010, August).\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cambridge.org\/core\/journals\/international-journal-of-middle-east-studies\/article\/abs\/convivencia-and-its-discontents-interfaith-life-in-alandalus\/1B36E1C27D9B659F1598699C9C1587AD\">Convivencia and its discontents: Interfaith life in Al-Andalus<\/a>.\u00a0<em>International Journal of Middle East Studies<\/em>,\u00a042(3), 489-99.\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Doi_(identifier)\">doi<\/a>:<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017%2FS0020743810000516\">10.1017\/S0020743810000516<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref99\" name=\"_edn99\">[xcix]<\/a> Leeuwen, A.P. van. (1975). <em>Kit\u0101b al-Mas\u0101lik wa\u02bcl-mam\u0101lik [<\/em>Texte imprim\u00e9<em>] \/ d&rsquo;Ab\u016b \u02bbUbayd al-Bakr\u012b<\/em>. Edition critique avec introduction, notes et indices. 3 volumes. Paris\u00a0: Universit\u00e9 de Paris III.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref100\" name=\"_edn100\">[c]<\/a> Kennedy, Hugh. (1996). <em>Muslim Spain and Portugal: A Political History of Al Andalus <\/em>(p. 121). London: Longman.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref101\" name=\"_edn101\">[ci]<\/a> Scales, Peter C. (1994). <em>The Fall of the Caliphate of C\u00f3rdoba: Berbers and Andalusis in Conflict <\/em>(p. 13). Leiden, The Netherlands: E.J. Brill.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref102\" name=\"_edn102\">[cii]<\/a> Lazreg, M. (1983). The Reproduction of Colonial Ideology: The Case of the Kabyle Berbers. <em>Arab Studies Quarterly<\/em>, <em>5<\/em>(4), 380-395. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41857696\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/41857696<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref103\" name=\"_edn103\">[ciii]<\/a> Gershovich, Moshe. (2000).\u00a0<em>French Military Rule in Morocco: colonialism and its consequences<\/em>.\u00a0London: <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Routledge\">Routledge<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref104\" name=\"_edn104\">[civ]<\/a> Miller, Susan Gilson. (2013).\u00a0<em>A history of modern Morocco <\/em>(p.\u00a0113). New York: Cambridge University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref105\" name=\"_edn105\">[cv]<\/a> Montagne, Robert. (1930). <em>Les Berb\u00e8res et le Makhzen dans le Sud du Maroc<\/em>. Paris\u00a0: Felix Alcan.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref106\" name=\"_edn106\">[cvi]<\/a> Oussedik, Tahar. (1986). <em>Lalla Fat&rsquo;ma N&rsquo;Soumeur<\/em>. Alger\u00a0: Entreprise nationale du livre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref107\" name=\"_edn107\">[cvii]<\/a> Chaker, Salem. (2001). <em>Hommes et femmes de Kabylie<\/em>. Aix-en-Provence\u00a0: \u00c9disud.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref108\" name=\"_edn108\">[cviii]<\/a> Carrey, \u00c9mile. (1858).\u00a0 <em>R\u00e9cits de Kabylie: campagne de 1857<\/em>. Paris\u00a0: Michel L\u00e9vy Fr\u00e8res, Libraires-Editeurs.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref109\" name=\"_edn109\">[cix]<\/a> Liorel, Jules. (1892). <em>Races berb\u00e8res, Kabylie du Djurjura <\/em>(chap. 1, p. 238-250). Paris\u00a0: E. Leroux.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref110\" name=\"_edn110\">[cx]<\/a> Villanova, J. L. &amp; Urteaga L. (2009). Jes\u00fas Jim\u00e9nez Ortoneda, interventor militar en el Rif (1911\u20131936), Hispania. <em>Revista Espa\u00f1ola De Historia<\/em>, LXIX 232, 423-448.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref111\" name=\"_edn111\">[cxi]<\/a> Chandler, J. A. (1975). Spain and Her Moroccan Protectorate 1898 &#8211; 1927. <em>Journal of Contemporary History<\/em>, <em>10<\/em>(2), 301-322. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/260149\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/260149<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref112\" name=\"_edn112\">[cxii]<\/a> Charqi, Mimoun. (2014).\u00a0<em>Armes chimiques de destruction massive sur le Rif\u00a0: Histoire, effets, droits, pr\u00e9judices et r\u00e9parations<\/em>. Rabat\u00a0: \u00c9ditions Amazigh,\u00a0coll.\u00a0\u00ab\u00a0Histoire et lectures politiques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref113\" name=\"_edn113\">[cxiii]<\/a> Cabot-Briggs, L. (2009, October 28).\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1525%2Faa.1956.58.3.02a00390\">The Stone Age Races of Northwest Africa<\/a>.\u00a0<em>American Anthropologist<\/em>.\u00a058(3), 584-585.\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Doi_(identifier)\">doi<\/a>:<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1525%2Faa.1956.58.3.02a00390\">10.1525\/aa.1956.58.3.02a00390<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref114\" name=\"_edn114\">[cxiv]<\/a> Sagrillo,\u00a0Troy Leiland. (2005). The Mummy of Shoshenq\u00a0I\u00a0Re-discovered? <em>G\u00f6ttinger Miszellen<\/em>,\u00a0205, 95-103.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref115\" name=\"_edn115\">[cxv]<\/a> Taklit, Slaouti Mebarek. (2020). <em>Les Pharaons d\u2019Egypte d\u2019Origine Berb\u00e8re du Dernier Mill\u00e9naire Avant J.-C<\/em>. Wilmington, DE\u00a0: Generis Publishing.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref116\" name=\"_edn116\">[cxvi]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2022, December 29). Jewish-Muslim Conviviality in Morocco \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/29122022-jewish-muslim-conviviality-in-morocco-analysis\/\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/29122022-jewish-muslim-conviviality-in-morocco-analysis\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref117\" name=\"_edn117\">[cxvii]<\/a> Un <em>Yom Hilloula<\/em> (h\u00e9breu : \u05d9\u05d5\u05dd \u05d4\u05d9\u05dc\u05d5\u05dc\u05d0, jour de f\u00eate) est un autre mot pour <em>yahrzeit <\/em>(l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un d\u00e9c\u00e8s). Cependant, il diff\u00e8re d\u2019un <em>yahrzeit<\/em> ordinaire \u00e0 deux \u00e9gards. Il fait sp\u00e9cifiquement r\u00e9f\u00e9rence au <em>yahrzeit<\/em> d&rsquo;un grand <em>tsadik<\/em> qui a enseign\u00e9 la Kabbale et\/ou la Chassidus, et contrairement \u00e0 un <em>yahrzeit <\/em>ordinaire, qui est marqu\u00e9 par la tristesse et m\u00eame le je\u00fbne, un <em>Yom Hilloula<\/em> est comm\u00e9mor\u00e9 sp\u00e9cifiquement par la <em>simcha<\/em> (joie) et une c\u00e9l\u00e9bration festive. Ce terme est le plus souvent utilis\u00e9 dans les cercles hassidiques pour d\u00e9signer le jour de la mort des Rabbins hassidiques. L&rsquo;observation d&rsquo;une <em>hilloula <\/em>dans les communaut\u00e9s juives maghr\u00e9bines est \u00e9galement r\u00e9pandue, notamment au Maroc, avec parmi elles la Hiloula du rabbin Isaac Ben Walid et la <em>Hilloula<\/em> du rabbin Haim Pinto, ainsi que la Baba Sali dans la ville isra\u00e9lienne de Netivot.<\/p>\n<p>Cf. Ben-Ami, Issachar. (1990).\u00a0<em>Culte des saints et p\u00e8lerinages jud\u00e9o-musulmans au Maroc<\/em>. Paris\u00a0: Maisonneuve et Larose.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref118\" name=\"_edn118\">[cxviii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020, October 19). Al-Andalus: Glimpses of Human Coexistence and Compassion \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/19102020-al-andalus-glimpses-of-human-coexistence-and-compassion-analysis\/\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/19102020-al-andalus-glimpses-of-human-coexistence-and-compassion-analysis\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Civilisation p\u00e9renne Descendants des tribus de l&rsquo;\u00e2ge de pierre d&rsquo;Afrique du Nord, les r\u00e9cits des Imazighen \u2d49\u2d4e\u2d30\u2d63\u2d49\u2d56\u2d4f ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans les \u00e9crits \u00e9gyptiens anciens. \u00c0 partir d&rsquo;environ 2000 avant notre \u00e8re, les langues berb\u00e8res se sont r\u00e9pandues vers l&rsquo;ouest, depuis la vall\u00e9e du Nil, \u00e0 travers le nord du Sahara &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5675,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,30],"tags":[],"class_list":["post-5673","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-opinions","category-recherches-et-etudes"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Militants-amazighs.jpg?fit=636%2C283&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-1tv","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5673","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5673"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5673\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5680,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5673\/revisions\/5680"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5675"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}