{"id":6097,"date":"2024-06-11T13:31:12","date_gmt":"2024-06-11T12:31:12","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=6097"},"modified":"2024-06-11T13:31:12","modified_gmt":"2024-06-11T12:31:12","slug":"reflexions-sur-le-droit-coutumier-amazigh-azref","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/reflexions-sur-le-droit-coutumier-amazigh-azref\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions sur le droit coutumier amazigh Azref"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Dr. Mohamed Chtatou<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le mode de vie amazigh n&rsquo;est pas seulement une culture, c&rsquo;est une civilisation<\/strong><\/p>\n<p>Les tribus berb\u00e8res ont des racines historiques profondes en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, remontant \u00e0 plus de 20 000 ans et pr\u00e9c\u00e9dant la conqu\u00eate arabe de la r\u00e9gion. Appel\u00e9s Amazighs, ce qui signifie \u00ab hommes libres \u00bb, ils sont les descendants des tribus indig\u00e8nes qui ont habit\u00e9 la r\u00e9gion pendant des milliers d&rsquo;ann\u00e9es. [i]\n<p>Descendants de tribus de l&rsquo;\u00e2ge de pierre d&rsquo;Afrique du Nord, les Imazighen sont mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans les \u00e9crits de l&rsquo;\u00c9gypte ancienne. [ii]\u00a0\u00a0 \u00c0 partir d&rsquo;environ 2000 avant notre \u00e8re, les langues berb\u00e8res se sont r\u00e9pandues vers l&rsquo;ouest, de la vall\u00e9e du Nil au Maghreb, en passant par le nord du Sahara. Une s\u00e9rie de peuples berb\u00e8res tels que les Mauri, Masaesyli, Massyli, Musulamii, Gaetuli et Garamantes ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des royaumes berb\u00e8res tels que la Numidie et la Maur\u00e9tanie. D&rsquo;autres royaumes sont apparus dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 tardive, comme l&rsquo;Altava, l&rsquo;Aur\u00e8s, l&rsquo;Ouarsenis et le Hodna. [iii]\n<p>Les nombreux d\u00e9fis qui entourent l&rsquo;\u00e9tude des \u00e9critures libyco-berb\u00e8res [iv] ont conduit \u00e0 un croisement complexe de termes, de chronologies et de th\u00e9ories qui sont parfois contradictoires et d\u00e9routantes. Pour le projet Rock Art Image, il a fallu d\u00e9cider de d\u00e9finir les \u00e9critures peintes ou grav\u00e9es de la collection et le terme choisi a \u00e9t\u00e9 Libyco-Berb\u00e8re, car la plupart des images sont associ\u00e9es \u00e0 des peintures des p\u00e9riodes du cheval et du chameau et sont donc consid\u00e9r\u00e9es comme ayant jusqu&rsquo;\u00e0 3 000 ans d&rsquo;\u00e2ge. [v]\n<figure id=\"attachment_6098\" aria-describedby=\"caption-attachment-6098\" style=\"width: 624px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6098 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/ait-atta.jpg?resize=618%2C396&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/ait-atta.jpg?w=624&amp;ssl=1 624w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/ait-atta.jpg?resize=390%2C250&amp;ssl=1 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6098\" class=\"wp-caption-text\">Ait Atta<\/figcaption><\/figure>\n<p>Sur la nature de ces inscriptions sur les rochers, Eric Anglade \u00e9crit dans Le Sud-Est du Maroc : [vi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Inscrits sur la roche il y a pr\u00e8s de 3000 ans \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de figurines repr\u00e9sentant des cavaliers et des animaux sauvages, ces quelques signes g\u00e9om\u00e9triques sont les plus anciennes traces de ce que l&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui l&rsquo;alphabet tifinagh, qui sert \u00e0 \u00e9crire tamazight, la langue parl\u00e9e par les populations berb\u00e8res d&rsquo;Afrique du Nord. D\u00e8s l&rsquo;origine de cette langue, l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire est exprim\u00e9 par le verbe \u00ab ara \u00bb, dont l&rsquo;\u00e9tymologie relie le sens \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;ouverture ou d&rsquo;incision.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une des plus anciennes \u00e9critures de l&rsquo;humanit\u00e9, mais son origine fait l&rsquo;objet de diverses explications qui font appel \u00e0 des racines \u00e9gyptiennes, sud-arabes, grecques, ib\u00e9riques ou ph\u00e9niciennes. A ce jour, et \u00e0 l&rsquo;instar de l&rsquo;origine exacte du peuple berb\u00e8re, aucune th\u00e8se n&rsquo;a tranch\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9finitive ces d\u00e9bats, qui illustrent \u00e0 eux seuls la dimension de myst\u00e8re que porte le monde berb\u00e8re. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Descendants de tribus de l&rsquo;\u00e2ge de pierre d&rsquo;Afrique du Nord, les Imazighen sont mentionn\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans des \u00e9crits \u00e9gyptiens. [vii] Traditionnellement, on pense que la plupart des anciennes tribus amazighes \u00e9taient nomades dans le d\u00e9sert du Sahara ; les nomades amazighs sont appel\u00e9s \u00ab Touaregs \u00bb. Les nomades amazighs se d\u00e9pla\u00e7aient \u00e0 dos de chameau, en caravane ou \u00e0 pied dans les r\u00e9gions du d\u00e9sert du Sahara septentrional. Les Touaregs ont appris \u00e0 naviguer \u00e0 l&rsquo;aide des \u00e9toiles, comme le faisaient les premiers navigateurs maritimes. Ils connaissaient l&#8217;emplacement des points d&rsquo;eau tout au long des travers\u00e9es du d\u00e9sert et chantaient des chansons et racontaient des histoires \u00e0 leur sujet afin que d&rsquo;autres puissent trouver de l&rsquo;eau. Les nomades amazighs du d\u00e9sert portaient souvent des robes bleues traditionnelles, comme beaucoup le font encore aujourd&rsquo;hui. D&rsquo;autres nomades amazighs avaient souvent des troupeaux de b\u00e9tail avec lesquels ils voyageaient et avaient besoin de nouveaux p\u00e2turages, raison pour laquelle ils changeaient souvent d&rsquo;endroit. L&rsquo;habitat des nomades amazighs comprenait des tentes faciles \u00e0 monter, faites de peaux d&rsquo;animaux et\/ou de laine. [viii]\n<p>La pr\u00e9sence de peuples proto-Berb\u00e8res d\u00e8s la pr\u00e9histoire est \u00e9vidente dans les grottes sahariennes, o\u00f9 des peintures rupestres d\u00e9crivant la vie d&rsquo;une m\u00e9gafaune diversifi\u00e9e prouvent qu&rsquo;avant la d\u00e9sertification du Sahara, l&rsquo;Afrique du Nord \u00e9tait une r\u00e9gion luxuriante et riche en ressources, peupl\u00e9e par des soci\u00e9t\u00e9s de chasseurs-cueilleurs. Les deux divinit\u00e9s de base de la cosmologie berb\u00e8re &#8211; une figure solaire et une figure lunaire &#8211; sont vaguement analogues \u00e0 celles des \u00c9gyptiens, ce qui sugg\u00e8re une origine culturelle commune. Selon H\u00e9rodote, qui dans ses <em>Histoires<\/em> parle des Berb\u00e8res en 430 avant notre \u00e8re. [ix]\n<figure id=\"attachment_6099\" aria-describedby=\"caption-attachment-6099\" style=\"width: 658px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6099 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-du-monde-dHerodote-domaine-public.jpg?resize=618%2C385&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"385\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-du-monde-dHerodote-domaine-public.jpg?w=658&amp;ssl=1 658w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-du-monde-dHerodote-domaine-public.jpg?resize=401%2C250&amp;ssl=1 401w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6099\" class=\"wp-caption-text\">Carte du monde d&rsquo;H\u00e9rodote (domaine public)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans l&rsquo;\u00c9gypte des pharaons, [x] les Libyens (ancien peuple amazigh) ont exerc\u00e9 une grande influence sur le royaume du Nil par leurs invasions r\u00e9currentes, comme l&rsquo;indique A.H.S. El-Mosallamy : [xi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab La deuxi\u00e8me guerre libyenne de Rams\u00e8s III eut lieu dans la onzi\u00e8me ann\u00e9e de son r\u00e8gne. Les Temehu se rassembl\u00e8rent en Libye avec les Rebu, les Meshwesh et les Seped. Tous ces peuples s&rsquo;unirent aux Libyens d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s dans le delta et commenc\u00e8rent \u00e0 piller par terre et par mer. Une partie des envahisseurs resta sur ses navires qui tentaient de descendre vers le sud par la branche canopique du Nil, et commen\u00e7a \u00e0 piller les villes du delta occidental \u00e0 partir de Kerben, au sud de Memphis. Les envahisseurs semblent avoir consid\u00e9r\u00e9 que leur objectif \u00e9tait atteint et commencent \u00e0 s&rsquo;installer en \u00c9gypte comme les colons. Ils sont cependant finalement vaincus par Rams\u00e8s III, qui se serait vant\u00e9 : \u00ab J&rsquo;ai jet\u00e9 ceux qui envahissaient mon territoire, prostern\u00e9s \u00e0 leur place&#8230;. J&rsquo;ai abaiss\u00e9 le pays des Temeh&#8230;.Le Meshwesh, ils s&rsquo;accroupissent par peur de moi \u00bb. Il semble que Rams\u00e8s III n&rsquo;ait m\u00eame pas permis aux restes des envahisseurs de vivre en paix sur leurs terres \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Sheshonq I ou Chechonq ou Chechanq, selon la translitt\u00e9ration de son nom, \u00e9tait un prince berb\u00e8re libyen de Meshwesh fondateur de la 22e dynastie. Il est appel\u00e9 Sesonch\u00f4sis par Man\u00e9thon, qui estime qu&rsquo;il a r\u00e9gn\u00e9 vingt-et-un an, de 945 \u00e0 924 av. Il est aussi le Sesaq ou Shishak de la Bible. [xii]\n<p>Sous la deuxi\u00e8me dynastie, les Meshwesh (ou Mashawash), des Berb\u00e8res install\u00e9s dans le delta du Nil autour de Bubastis depuis la XXe dynastie et qui, vers 1000 avant J.-C., ont progressivement \u00e9tendu leur territoire jusqu&rsquo;au Fayoum, d\u00e9tiennent les forces arm\u00e9es du royaume. Leurs chefs deviennent tr\u00e8s puissants et gravissent peu \u00e0 peu les \u00e9chelons de la cour royale, portant le titre de Grands Chefs des Ma(shawash). Le fils d&rsquo;un de ces chefs, Sheshonq, prend le pouvoir \u00e0 la mort de son beau-p\u00e8re Psusannes II de Tanis. Il s&rsquo;impose comme pharaon et fonde la 22e dynastie, qui se maintient au pouvoir jusqu&rsquo;aux environs de 715 av. Il reprend la politique d&rsquo;entente cordiale avec ses voisins que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs avaient initi\u00e9e. Ainsi, apr\u00e8s la succession difficile de Salomon, il donne refuge \u00e0 J\u00e9roboam Ier (premier roi d&rsquo;Isra\u00ebl), contraint \u00e0 l&rsquo;exil par le fils de Salomon, Roboam (premier roi de Juda de 931 av. J.-C. \u00e0 914 av. J.-C.). [xiii]\n<p>En ce qui concerne la situation int\u00e9rieure, Sheshonq Ier initie d\u00e8s le d\u00e9but de son r\u00e8gne une politique de reprise des principales cl\u00e9s du pouvoir en \u00c9gypte aux pharaons tanites et aux grands pr\u00eatres d&rsquo;Amon \u00e0 Th\u00e8bes. Il est \u00e9galement connu pour avoir fait inscrire le droit coutumier amazigh <strong><em>azref<\/em><\/strong> sur des tablettes par des scribes \u00e9gyptiens. [xiv]\n<figure id=\"attachment_6100\" aria-describedby=\"caption-attachment-6100\" style=\"width: 406px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6100 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Gravure-dun-relief-de-Sheshonq-Ier-trouve-a-Karnak.jpg?resize=406%2C410&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"406\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Gravure-dun-relief-de-Sheshonq-Ier-trouve-a-Karnak.jpg?w=406&amp;ssl=1 406w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Gravure-dun-relief-de-Sheshonq-Ier-trouve-a-Karnak.jpg?resize=248%2C250&amp;ssl=1 248w\" sizes=\"auto, (max-width: 406px) 100vw, 406px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6100\" class=\"wp-caption-text\">Gravure d&rsquo;un relief de Sheshonq Ier trouv\u00e9 \u00e0 Karnak<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les royaumes berb\u00e8res ont finalement \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s par les conqu\u00eates arabes des VIIe et VIIIe si\u00e8cles de notre \u00e8re. Cela a d\u00e9clench\u00e9 un processus d&rsquo;assimilation culturelle et linguistique connu sous le nom d&rsquo;arabisation, qui a influenc\u00e9 la population berb\u00e8re. L&rsquo;arabisation a impliqu\u00e9 la diffusion de la langue arabe et de la culture arabe parmi les Berb\u00e8res, ce qui a conduit \u00e0 l&rsquo;adoption de l&rsquo;arabe comme langue principale et \u00e0 la conversion \u00e0 l&rsquo;islam. Les migrations arabes vers le Maghreb, du VIIe si\u00e8cle au XVIIe si\u00e8cle, ont notamment acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 ce processus.<\/p>\n<p>Alors que des dynasties arabes locales ont r\u00e9gn\u00e9 sur certaines parties du Maghreb apr\u00e8s le VIIe si\u00e8cle, les tribus berb\u00e8res sont rest\u00e9es des forces politiques puissantes et ont fond\u00e9 de nouvelles dynasties dirigeantes aux Xe et XIe si\u00e8cles, telles que les Zirides, les Hammadides, diverses principaut\u00e9s Zenata dans le Maghreb occidental et plusieurs royaumes de Ta\u00effas en al-Andalus. L&rsquo;islam a ensuite fourni le stimulus id\u00e9ologique pour la mont\u00e9e de nouveaux empires berb\u00e8res, les Almoravides et les Almohades, du 11e au 13e si\u00e8cle. Leurs successeurs berb\u00e8res &#8211; les M\u00e9rinides, les Zayyanides et les Hafsides &#8211; ont continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner jusqu&rsquo;au XVIe si\u00e8cle. \u00c0 partir du XVIe si\u00e8cle, le processus se poursuit en l&rsquo;absence de dynasties berb\u00e8res ; au Maroc, elles sont remplac\u00e9es par des Arabes se r\u00e9clamant du proph\u00e8te islamique Mohammed.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6101\" aria-describedby=\"caption-attachment-6101\" style=\"width: 626px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6101 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Inscription-bilingue-punique-libyenne-de-Dougga.jpg?resize=618%2C213&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"213\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Inscription-bilingue-punique-libyenne-de-Dougga.jpg?w=626&amp;ssl=1 626w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Inscription-bilingue-punique-libyenne-de-Dougga.jpg?resize=450%2C155&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6101\" class=\"wp-caption-text\">Inscription bilingue punique-libyenne de Dougga. Source : Encyclop\u00e9die berb\u00e8re : Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/figcaption><\/figure>\n<p>Compte tenu de la longue existence du peuple amazigh en Afrique du Nord et au Sahel en d\u00e9pit des invasions ext\u00e9rieures des Ph\u00e9niciens, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Ottomans, des Fran\u00e7ais, des Espagnols, des Italiens, etc. qui ont pris le contr\u00f4le du sol nord-africain o\u00f9 ils vivaient depuis le 10\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ. Et comme les Amazighs ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 ces multiples agressions gr\u00e2ce \u00e0 leur grand sens de la r\u00e9silience, le mode de vie amazigh ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 seulement comme une culture mais surtout comme une civilisation qui est sans aucun doute \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps. Les Ph\u00e9niciens, les Romains, les Ottomans sont tous de grandes civilisations qui se sont \u00e9teintes mais les Amazighs sont rest\u00e9s, il y a une le\u00e7on \u00e0 tirer de leur mode de vie et de leurs lois flexibles <strong><em>izerfen <\/em><\/strong>ainsi que de leur tol\u00e9rance proverbiale.<\/p>\n<p><strong>Droit coutumier amazigh azref<\/strong><\/p>\n<p>Parfois, la rudesse de l&rsquo;environnement g\u00e9ographique et climatique cr\u00e9e une telle coh\u00e9sion de groupe qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;y croire sans la voir. Dans les communaut\u00e9s amazighes, cette entraide communautaire a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e et perp\u00e9tu\u00e9e dans le droit coutumier local, <strong><em>al-&lsquo;urf<\/em><\/strong> en arabe, <strong><em>azref<\/em><\/strong> en tamazight, qui illustre parfaitement l&rsquo;interaction profonde entre l&rsquo;espace et l&rsquo;organisation sociale. [xv]\n<p>La r\u00e9gion a toujours \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des mouvements de population : nomades des montagnes, nomades du d\u00e9sert et grandes caravanes traversent le village d&rsquo;A\u00eft Ben Haddou depuis des si\u00e8cles. A ces migrations s&rsquo;ajoutent celles dues \u00e0 l&rsquo;insuffisance des r\u00e9coltes suite \u00e0 la s\u00e9cheresse, celles r\u00e9sultant des guerres intertribales et parfois des \u00e9pid\u00e9mies. [xvi]\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, la gouvernance locale amazighe s&rsquo;est trouv\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 un d\u00e9fi majeur : organiser la cohabitation stable de diff\u00e9rentes tribus dans un environnement naturel relativement rude et le droit coutumier a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Katherine E. Hoffman souligne l&rsquo;importance et la pertinence du droit coutumier chez les Imazighen : [xvii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0Chez les Imazighen (\u00ab berb\u00e8res \u00bb) du Maroc, avant et pendant le Protectorat fran\u00e7ais (1912-1956), comme chez d\u2019autres populations musulmanes, l\u2019usage du serment (taggalit) pour appuyer ses affirmations et nier les accusations prenait une place importante dans la vie l\u00e9gale et spirituelle. C\u2019\u00e9tait une forme d\u2019ordalie particuli\u00e8rement pratiqu\u00e9e dans les situations o\u00f9 il \u00e9tait impossible de v\u00e9rifier les constats des plaignants. La co-purgation d\u00e9terminait le r\u00e9sultat ; il n\u2019y avait plus moyen de mettre en doute la v\u00e9rit\u00e9 apr\u00e8s un serment. Le professeur Marcy, en connaisseur de la pratique et de la th\u00e9orie du droit au Maroc, \u00ab a insist\u00e9 sur le caract\u00e8re religieux de la proc\u00e9dure berb\u00e8re avec le serment de co-purgation comme m\u00e9thode essentielle de la preuve, une proc\u00e9dure qui est sans doute trouv\u00e9e partout dans l\u2019Afrique du Nord mais qu\u2019exceptionnellement en pays Arabophone \u00bb. Il existait au moins trois aspects de la co-purgation qui la distinguaient des autres formes de justice de l\u2019\u00e9poque : la performance de solidarit\u00e9 entre les membres d\u2019un groupement, l\u2019\u00e9tablissement d\u00e9finitif de l\u2019innocence du jureur et le r\u00e9tablissement de l\u2019ordre social. Malgr\u00e9 ses possibles liens avec l\u2019Islam, la co-purgation et le serment \u2013 en g\u00e9n\u00e9ral dans les lieux saints \u2013 sont des pratiques plus g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9es aux Imazighen qu\u2019aux Arabes, pratiques qui ont d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9s les Imazighen aux yeux des orthodoxes jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Cette pratique servait de compl\u00e9ment \u00e0 la justice du tribunal coutumier tenu sous le contr\u00f4le du commissaire fran\u00e7ais, malgr\u00e9 l\u2019absence des autorit\u00e9s du Protectorat lors du serment et en d\u00e9pit d\u2019un affaiblissement croissant du contr\u00f4le op\u00e9r\u00e9 sur ce syst\u00e8me de justice.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s amazighes ont d\u00e9velopp\u00e9 un droit profond\u00e9ment humain et solidaire : il \u00e9mane de la communaut\u00e9 et se distingue du droit musulman. La justice et la prise de d\u00e9cision \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 sont au c\u0153ur de la philosophie amazighe. Ce droit est, \u00e0 bien des \u00e9gards, extr\u00eamement moderne. La prison, l&rsquo;enfermement et toute forme de ch\u00e2timent corporel, sans parler de la peine capitale, sont proscrits. Les sanctions pour les d\u00e9lits sont purement mat\u00e9rielles. Pour les mineurs, les sanctions sont morales et \u00e9ducatives. La sanction ultime est l&rsquo;exclusion de la communaut\u00e9, refl\u00e9tant l&rsquo;importance de l&rsquo;identit\u00e9 collective.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui encore, la grande majorit\u00e9 des questions juridiques, \u00e9conomiques, administratives et religieuses sont trait\u00e9es au niveau du village. Les grands travaux, comme l&rsquo;entretien des canaux ou des rues, sont r\u00e9alis\u00e9s collectivement deux ou trois fois par an ; en cas de tournage, le travail est r\u00e9parti \u00e9quitablement entre les diff\u00e9rentes familles du village ; sur le plan juridique, le r\u00e8glement \u00e0 l&rsquo;amiable des litiges est la r\u00e8gle. Cette forme d\u2019organisation sociale trouve son origine dans ce que l\u2019on appelle <strong><em>twiza<\/em><\/strong>, ou \u00ab l\u2019entraide \u00bb. [xviii]\n<p>A A\u00eft Ben Haddou, par exemple, toute la gouvernance locale repose sur les cinq premi\u00e8res familles du village : A\u00eft Bahaddou, A\u00eft Ali, A\u00eft Lahssein, A\u00eft Ali Ouhmad et A\u00eft Hmad. On les appelle les \u00ab os \u00bb (<strong><em>ikhs\u00e2n<\/em><\/strong>) du village. L&rsquo;image est parlante : ce n&rsquo;est pas l&rsquo;individu mais la famille qui forme l&rsquo;ossature de la soci\u00e9t\u00e9 berb\u00e8re, en rupture avec les d\u00e9mocraties lib\u00e9rales. Chaque ann\u00e9e, chaque famille choisit deux repr\u00e9sentants parmi ses descendants pour la repr\u00e9senter au conseil du village (<strong><em>jm\u00e2&rsquo;ath<\/em><\/strong> ou <strong><em>aghrad<\/em><\/strong>). On y trouve \u00e9galement deux repr\u00e9sentants du pouvoir central (le cheikh ou <strong><em>amgh\u00e2r<\/em><\/strong> et le <strong><em>moqaddem<\/em><\/strong>), ainsi que le responsable de la distribution de l&rsquo;eau (<strong><em>lamine n&rsquo;touga<\/em><\/strong>), ce qui souligne l&rsquo;ancrage local de cette forme de gouvernance, qui r\u00e9pond avant tout aux besoins quotidiens de la population.<\/p>\n<p>Autre particularit\u00e9 difficile \u00e0 comprendre pour les amoureux de la d\u00e9mocratie, les membres du conseil de village ne sont ni \u00e9lus, ni d\u00e9sign\u00e9s par les habitants. C&rsquo;est par consentement tacite de leurs pairs que les membres les plus \u00e9cout\u00e9s, dont les avis sont les plus recherch\u00e9s, deviennent des repr\u00e9sentants. Le contr\u00f4le est donc exerc\u00e9 non pas par les institutions, qui sont cens\u00e9es repr\u00e9senter le peuple, mais par l&rsquo;opinion publique, qui est cens\u00e9e refl\u00e9ter les id\u00e9es, les jugements et les attitudes morales et sociales qui pr\u00e9valent dans la communaut\u00e9. Parall\u00e8lement, dans un souci de participation directe de tous les citoyens, une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale <strong><em>agraw<\/em><\/strong> regroupant tous les hommes du village (un homme par famille) se r\u00e9unit annuellement pour faire le point avec les membres du conseil de village <strong><em>aith rab&rsquo;\u00eene<\/em><\/strong>. [xix]\n<p>La gouvernance locale amazighe est donc un savant m\u00e9lange entre la participation directe des hommes de la tribu aux affaires politiques et leur confiance quasi-totale dans leurs familles fondatrices, leur \u00ab squelette \u00bb. Pour un \u00e9tranger, il est impressionnant de voir comment ce droit coutumier s&rsquo;est adapt\u00e9 aux formes modernes de gouvernance. Si les villageois ont conserv\u00e9 leur droit coutumier, ils ont \u00e9galement profit\u00e9 du statut juridique de l&rsquo;association en cr\u00e9ant une association villageoise, A\u00eft A\u00efssa, pour donner une plus grande visibilit\u00e9 \u00e0 tous leurs projets aupr\u00e8s des autorit\u00e9s centrales.<\/p>\n<p><strong>Loi azref amazighe du Haut Atlas<\/strong><\/p>\n<p>Les Amazighs sont le peuple autochtone d\u2019Afrique du Nord, avec leur propre langue, culture et histoire. \u00ab Amazigh \u00bb est le nom qu\u2019on leur donne et qui signifie \u00ab homme libre \u00bb. Le mot berb\u00e8re vient du latin \u00ab <em>barbarus<\/em> \u00bb, utilis\u00e9 par les Romains pour d\u00e9signer des populations qui ne parlaient pas leur langue. Les Arabes l\u2019ont pris et l\u2019ont transform\u00e9 en \u00ab barbare \u00bb avant que les Fran\u00e7ais ne le traduisent en \u00ab berb\u00e8re \u00bb. [xx]\n<p>Les Amazighs furent les premiers peuples \u00e0 s\u2019installer en Afrique du Nord. Les Amazighs occupaient \u00e0 l\u2019origine un immense territoire appel\u00e9 Tamazgha s\u2019\u00e9tendant de l\u2019\u00c9gypte aux \u00eeles Canaries et des rives de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 celles du fleuve Niger.<\/p>\n<p>La langue amazighe existe depuis l\u2019Antiquit\u00e9. Il poss\u00e8de un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture original Tifinagh, utilis\u00e9 et conserv\u00e9 \u00e0 ce jour. En termes de croyances religieuses, les Amazighs ont connu successivement l&rsquo;animisme, le paganisme, le juda\u00efsme, le christianisme et l&rsquo;islam. [xxi] Cependant, quelle que soit la religion qu&rsquo;ils adoptent, elle est toujours adapt\u00e9e aux valeurs du peuple autochtone et \u00e0 son syst\u00e8me de droit ancestral <strong><em>azref<\/em><\/strong>. [xxii]\n<p>L\u2019Organisation Mondiale de la Propri\u00e9t\u00e9 Intellectuelle (OMPI) d\u00e9finit le droit coutumier dans les termes suivants : [xxiii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Le droit coutumier est constitu\u00e9 d&rsquo;un ensemble de coutumes, d&rsquo;usages et de croyances qui sont accept\u00e9es comme r\u00e8gles de conduite contraignantes par les peuples autochtones et les communaut\u00e9s locales. Il fait partie int\u00e9grante de leur mode de vie socio-\u00e9conomique.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Ce qui caract\u00e9rise le droit coutumier, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le fait qu&rsquo;il est constitu\u00e9 d&rsquo;un ensemble de droits reconnus et partag\u00e9s collectivement par une communaut\u00e9, un peuple, une tribu, un groupe ethnique ou religieux, par opposition au droit \u00e9crit \u00e9manant d&rsquo;une autorit\u00e9 politique constitu\u00e9e, le dont l&rsquo;application est entre les mains de cette autorit\u00e9, g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;\u00c9tat.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;un des aspects les plus importants de l&rsquo;<strong><em>azref<\/em><\/strong> est sans aucun doute le <strong><em>taggalit\/dhjajith<\/em><\/strong>, le serment collectif pr\u00eat\u00e9 au sanctuaire d&rsquo;<strong><em>amrabedh<\/em><\/strong> (saint local) par le clan. [xxiv] Le recours au serment (<strong><em>taggalit\/dhjajith<\/em><\/strong>) pour \u00e9tayer des affirmations et nier des accusations jouait un r\u00f4le important dans la vie juridique et spirituelle. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une forme de proc\u00e8s par \u00e9preuve, particuli\u00e8rement pratiqu\u00e9e dans les situations o\u00f9 il \u00e9tait impossible de v\u00e9rifier les d\u00e9clarations des plaignants. [xxv] La co-purgation a d\u00e9termin\u00e9 le r\u00e9sultat ; il n&rsquo;y avait plus aucun moyen de remettre en question la v\u00e9rit\u00e9 une fois le serment pr\u00eat\u00e9 [xxvi] pr\u00e9sentait au moins trois aspects qui la distinguaient des autres formes de justice de l\u2019\u00e9poque\u00a0:<\/p>\n<p>1- La performance de la solidarit\u00e9 entre les membres d&rsquo;un groupe ;<\/p>\n<p>2- L&rsquo;\u00e9tablissement d\u00e9finitif de l&rsquo;innocence du jur\u00e9 ; et<\/p>\n<p>3- Le r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre social.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses liens possibles avec l&rsquo;Islam, la co-purgation et la prestation de serments &#8211; g\u00e9n\u00e9ralement dans les lieux saints &#8211; sont des pratiques plus g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9es aux Imazighen qu&rsquo;aux Arabes, pratiques qui ont d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9 les Imazighen aux yeux des orthodoxes. [xxvii]\n<p>La loi <strong><em>azref<\/em><\/strong> dans les zones amazighes concernait tous les aspects de la vie quotidienne dans les moindres d\u00e9tails et m\u00eame si ces lois n&rsquo;\u00e9taient pas \u00e9crites, elles \u00e9taient pourtant apprises par c\u0153ur par l&rsquo;<strong><em>amgh\u00e2r<\/em><\/strong> et le <strong><em>fqih<\/em><\/strong>. David Hart dans son int\u00e9ressante \u00e9tude sur les <strong><em>izerfen<\/em><\/strong> d\u2019Ait Atta [xxviii] nous informe de la situation amusante mais grave suivante : [xxix]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Chez les Ait Y&rsquo;azza d&rsquo;Alnif (province de Qsar s-S\u00fbq), si une vache est vol\u00e9e, la distance entre le point o\u00f9 le vol a eu lieu et la maison du voleur est mesur\u00e9e par les empreintes de sabots de l&rsquo;animal ; et pour chaque empreinte de sabot rep\u00e9r\u00e9e, le voleur est condamn\u00e9 \u00e0 une amende de 10 Hasani duros. En outre, il est condamn\u00e9 \u00e0 une amende de 100 duros Hasani pour chaque nuit que l&rsquo;animal passe dans sa maison. Pour cette raison, les A\u00eft &lsquo;Att\u00e2 disent qu&rsquo;il vaut mieux pour un voleur abattre imm\u00e9diatement une vache vol\u00e9e plut\u00f4t que de la garder dans sa maison, car il a ainsi moins \u00e0 perdre.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il introduit un autre <strong><em>azref<\/em><\/strong> relatif \u00e0 l\u2019homicide ou \u00e0 l&rsquo;agression physique d&rsquo;un confr\u00e8re de la communaut\u00e9 et pr\u00e9cise la nature des amendes \u00e0 payer, selon la loi amazighe d&rsquo;Ait Atta, pour r\u00e9parer les dommages : [xxx]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Si quelqu&rsquo;un tue quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, Dieu l&rsquo;enverra au Feu (Ar. a\u00e2fya, \u00ab feu \u00bb ou \u00ab enfer \u00bb). Si un homme en tue un autre, son peuple, c&rsquo;est-\u00e0-dire jusqu&rsquo;\u00e0 10 agnats du meurtrier, s&rsquo;enfuient avec lui. Si les agnats de la victime acceptent parmi eux le sanguinaire (Ar. d-diya), ils prennent 300 igury\u00e2n (mouton d&rsquo;un an) et 600 mithq\u00e2ls . Si un homme en aveugle un autre ou lui coupe la main, c&rsquo;est-\u00e0-dire lui coupe ou lui casse la main, il doit payer plus ou moins la moiti\u00e9 du montant susmentionn\u00e9 (c&rsquo;est-\u00e0-dire 150 igury\u00e2n et 300 mithq\u00e2ls). Si quelqu&rsquo;un casse la dent d&rsquo;autrui, l&rsquo;une des dents sup\u00e9rieures situ\u00e9es devant la bouche (c&rsquo;est-\u00e0-dire une canine sup\u00e9rieure ou une incisive), il doit payer une chamelle. Si quelqu&rsquo;un casse la dent d&rsquo;autrui, l&rsquo;une des dents inf\u00e9rieures de l&rsquo;avant de la bouche (c&rsquo;est-\u00e0-dire une canine inf\u00e9rieure ou une incisive), il doit payer une vache. Si un homme casse les deux mains ou les pieds (c&rsquo;est-\u00e0-dire les bras ou les jambes) d&rsquo;un autre, il doit payer 75 igury\u00e2n (mouton d&rsquo;un an), soit l&rsquo;amende (izm\u00e2zy berb\u00e8re, ici) au chef. Si un homme entre dans la maison d&rsquo;un autre pour commettre un acte honteux (Ar. \u2018aib), il doit payer 32 igury\u00e2n (mouton d&rsquo;un an) pour chaque porte de la maison, s&rsquo;il y a un t\u00e9moin \u00e0 ceci (c&rsquo;est-\u00e0-dire, ou si c&rsquo;est clairement d\u00e9montrable).\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Outre l\u2019existence d\u2019un tribunal inf\u00e9rieur, <strong><em>lmahkama tamzwarut<\/em><\/strong> (en arabe <strong><em>lmahkama lbtida\u2019iyyah<\/em><\/strong>) David Hart fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019existence de <strong><em>mahkamat listi\u2019n\u00e2f<\/em><\/strong> chez les Ait Atta dans le <strong><em>q\u00e2n\u00fbn<\/em><\/strong> (<strong><em>azref<\/em><\/strong>) suivant : [xxxi]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab (Ar. Shur\u00fbt) des Ait &lsquo;Atta. Les taqq\u00een (c&rsquo;est-\u00e0-dire les membres de la Cour supr\u00eame) d&rsquo;Ait Aisa (c&rsquo;est-\u00e0-dire le groupe localis\u00e9 de trois clans auquel appartiennent les membres de la Cour supr\u00eame) dans le village inf\u00e9rieur (c&rsquo;est-\u00e0-dire (Igharm Amazd\u00e2r, rendu en arabe par Qsar t- Les Taht\u00e2n\u00ee) au pays des S\u00e2ghr\u00fb) \u00e9criront entre eux tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 que Dieu a ordonn\u00e9 \u00e0 chacun dans toute la tribu des Ait &lsquo;Att\u00e2. Celui qui commet un crime ou un d\u00e9lit sera envoy\u00e9 au S\u00e2ghr\u00fb pour y \u00eatre jug\u00e9 par eux (c&rsquo;est-\u00e0-dire par les membres de la Cour supr\u00eame). Le chef du clan rassemblera (d\u00e9signera) deux hommes de chacun des trois clans constituants (Ar. tulut) jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils soient tous d&rsquo;accord (litt\u00e9ralement, \u00ab jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils disent tous N\u2019\u00e2m ! &lsquo;Oui&rsquo; ! \u00bb). S&rsquo;ils ne sont pas d&rsquo;accord avec cela, le chef d\u00e9signera, une nouvelle fois, deux hommes de chaque clan (tulut, encore), jusqu&rsquo;\u00e0 la troisi\u00e8me fois, apr\u00e8s quoi l&rsquo;affaire sera r\u00e9gl\u00e9e et aucun autre changement ne peut \u00eatre apport\u00e9 (c&rsquo;est-\u00e0-dire que le troisi\u00e8me jugement est d\u00e9finitif). S&rsquo;ils sont toujours en d\u00e9saccord la troisi\u00e8me fois, ils auront un vote au cours duquel la majorit\u00e9 pr\u00e9vaudra sur la minorit\u00e9. \u00ab Louange \u00e0 Dieu unique. \u00bb \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans son analyse anthropologique de cet azref David Hart David Hart effleure la situation sociopolitique au sein de la puissante conf\u00e9d\u00e9ration amazighe d&rsquo;Ait Atta. Dans sa traduction de ce <strong><em>q\u00e2n\u00fbn<\/em><\/strong>, il a essay\u00e9 de lui rester le plus fid\u00e8le possible tant dans l&rsquo;esprit que dans la lettre de la coutume Ait Atta (ou \u00ab Voie des Ait Atta \u00bb) qu&rsquo;elle exprime avec tant d&rsquo;\u00e9loquence.<\/p>\n<p>Dans ce document, nous avons en effet un r\u00e9sum\u00e9 de la plupart des caract\u00e9ristiques majeures de la structure sociopolitique d&rsquo;Ait Atta (\u00e0 l&rsquo;exception de la notion des \u00ab cinq cinqui\u00e8mes \u00bb et du syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9lection du chef). Les <strong><em>q\u00e2n\u00fbns<\/em><\/strong> commentent leurs relations avec leurs <strong><em>shurf\u00e2<\/em><\/strong> (saints), leurs serments collectifs, le sanctuaire de la r\u00e9gion du Tafrawt n-Ait &lsquo;Att\u00e2 et les sanctions en cas d&rsquo;infractions aux r\u00e8gles de conduite au sein de cette zone, le r\u00f4le des chefs de clan des Ait &lsquo;Aisa n-Igharm Amazd\u00e2r et ses repr\u00e9sentants, des r\u00e8gles de succession, du traitement des femmes, du vol, de l&rsquo;homicide et du r\u00f4le de la Cour supr\u00eame. Il n&rsquo;a pas divis\u00e9 ces documents en sections d\u00e9taill\u00e9es, mais a plut\u00f4t conserv\u00e9 l&rsquo;esprit des pages telles qu&rsquo;elles apparaissent dans la copie qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. [xxxii]\n<p>Cela montre clairement que le syst\u00e8me de droit <strong><em>azref<\/em><\/strong> dans la conf\u00e9d\u00e9ration Ait Atta a \u00e9t\u00e9 pleinement utilis\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance en 1956 o\u00f9 l&rsquo;une des premi\u00e8res lois du gouvernement marocain \u00e9tait l&rsquo;arabisation totale du syst\u00e8me de droit traditionnel amazigh. [xxxiii] Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que le syst\u00e8me juridique amazigh est mort. Non, il est toujours vivant dans le sens o\u00f9 il est utilis\u00e9 en interne et c&rsquo;est le seul moment o\u00f9 les membres d&rsquo;une tribu recourent au syst\u00e8me judiciaire gouvernemental lorsque les sages tribaux sont incapables de parvenir \u00e0 un compromis dans leur processus de m\u00e9diation, et cela est consid\u00e9r\u00e9 comme une grande honte. [xxxiv]\n<p><strong>Le colonel Emilio Izaga Blanco (1892-1949) et <em>azref<\/em> dans le Rif<\/strong><\/p>\n<p>Dans les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;\u00e9tablissement du protectorat, les Rifis pratiquaient une \u00e9conomie d&rsquo;autosubsistance temp\u00e9r\u00e9e par une \u00e9migration temporaire vers l&rsquo;Alg\u00e9rie connue sous le nom d&rsquo;<strong><em>ash\u00e2req<\/em><\/strong> (se dirigeant vers l&rsquo;est de l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise pour le travail et la dignit\u00e9) et dans certaines r\u00e9gions du Maroc. L&rsquo;entr\u00e9e en vigueur du nouvel ordre colonial espagnol a entra\u00een\u00e9 des changements importants dans l&rsquo;\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9 du Rif. [xxxv] L&rsquo;enr\u00f4lement des Marocains dans les forces militaires et polici\u00e8res au service du Khalifa (repr\u00e9sentant du Sultan) et dans les troupes coloniales (R\u00e9guliers), ainsi que l&#8217;emploi de milliers de travailleurs maghr\u00e9bins dans les diff\u00e9rentes op\u00e9rations mini\u00e8res et travaux publics, [xxxvi] a contribu\u00e9 \u00e0 une mon\u00e9tarisation modeste mais irr\u00e9versible de l\u2019\u00e9conomie du Rif et, surtout, \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un prol\u00e9tariat moderne. [xxxvii]\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;acad\u00e9mie d&rsquo;infanterie en 1913 Emilio Izaga Blanco fut affect\u00e9 \u00e0 Larache, dans le protectorat espagnol du Maroc, en 1914. Repr\u00e9sentant militaire colonial du protectorat espagnol du Maroc de 1927 \u00e0 1945, il fut d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux affaires indig\u00e8nes de 1944 \u00e0 1945. [xxxviii]\n<p>Blanco \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;africanisme et, selon Alfonso Iglesias Amor\u00edn, il correspondait mieux au profil des africanistes espagnols du XIXe si\u00e8cle, soutenus par un plus grand respect de la population locale, une plus grande conscience du tissu social et culturel du protectorat et une pr\u00e9f\u00e9rence pour des solutions pacifiques, plut\u00f4t que le sous-ensemble du militarisme africain incarn\u00e9 par Francisco Franco, Jos\u00e9 Sanjurjo, Emilio Mola, Jos\u00e9 Mill\u00e1n-Astray et Juan Yag\u00fce, caract\u00e9ris\u00e9 par un d\u00e9sir d\u2019avancement militaire rapide, une moindre conscience culturelle et l\u2019adoption de positions antid\u00e9mocratiques. [xxxix]\n<figure id=\"attachment_6102\" aria-describedby=\"caption-attachment-6102\" style=\"width: 631px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6102 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-de-1920-representant-la-partie-nord-de-la-zone-espagnole-au-Maroc-aux-effigies-de-Gonzalez-Tablas-Berenguer-et-Silvestre.jpg?resize=618%2C444&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"444\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-de-1920-representant-la-partie-nord-de-la-zone-espagnole-au-Maroc-aux-effigies-de-Gonzalez-Tablas-Berenguer-et-Silvestre.jpg?w=631&amp;ssl=1 631w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Carte-de-1920-representant-la-partie-nord-de-la-zone-espagnole-au-Maroc-aux-effigies-de-Gonzalez-Tablas-Berenguer-et-Silvestre.jpg?resize=348%2C250&amp;ssl=1 348w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6102\" class=\"wp-caption-text\">Carte de 1920 repr\u00e9sentant la partie nord de la \u00ab zone espagnole au Maroc \u00bb, aux effigies de Gonz\u00e1lez Tablas, Berenguer et Silvestre<\/figcaption><\/figure>\n<p>Las des influences arabes et fran\u00e7aises sur les Amazighs, il a rejet\u00e9 les influences occidentales et arabes sur l&rsquo;architecture de la r\u00e9gion. A la recherche d&rsquo;un style id\u00e9al pour les Rifains, il con\u00e7oit une s\u00e9rie de petits \u00e9difices dans le protectorat, bas\u00e9s sur un m\u00e9lange de ksar du sud marocain, d&rsquo;architecture \u00e9gyptienne n\u00e9o-pharaonique et de mod\u00e8les pr\u00e9colombiens. [xl]\n<p>Grand connaisseur du droit coutumier rifain, [xli] il vante les avantages du maintien des assembl\u00e9es locales par rapport \u00e0 l&rsquo;influence dict\u00e9e par le Makhzen, allant jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer que <em>\u00ab le ridicule (de la part de l&rsquo;administration coloniale espagnole) est de ne pas avoir prot\u00e9g\u00e9 le Rif de la contamination de la charia <\/em>\u00bb. [xlii]\n<p>Emilio Blanco Izaga a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au Maroc comme <em>interventores<\/em> (intervenant) mais en raison de son profond amour et de son respect, il s&rsquo;est livr\u00e9 \u00e0 un travail ethnographique et anthropologique.<\/p>\n<p>Le travail des <em>interventores<\/em> (intervenant) au Maroc espagnol a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par Jos\u00e9 Luis Villanova et Luis Urteaga dans les termes suivants : [xliii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Les intervenants ont \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la politique coloniale espagnole dans le Protectorat du Maroc (1912-1956). Organis\u00e9s en 1923, leur fonction principale \u00e9tait de superviser et d&rsquo;orienter les actions desautorit\u00e9s marocaines des villes et des soixante-dix tribus dans lesquelles \u00e9tait regroup\u00e9e la population de la r\u00e9gion. Le syst\u00e8me des Interventions et le r\u00f4le jou\u00e9 par les intervenants dans le Protectorat ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 partir de diverses disciplines, notamment l&rsquo;anthropologie, l&rsquo;histoire et la g\u00e9ographie. Mais la plupart de ces travaux, \u00e0 l&rsquo;exception de ceux consacr\u00e9s \u00e0 la figure d&rsquo;Emilio Blanco Izaga, ont abord\u00e9 le sujet dans une perspective globale, et il manque des contributions pr\u00e9cises de nature biographique qui permettraient de dresser un profil plus pr\u00e9cis des intervenants et, par extension, de l\u2019administration coloniale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage, \u00e9crit par Vicente Moga, montre l&rsquo;\u00e9volution de la r\u00e9gion du Rif gr\u00e2ce \u00e0 la figure d&rsquo;Emilio Blanco Izaga, un militaire que l&rsquo;auteur du livre a qualifi\u00e9 de \u00ab <em>meilleur anthropologue espagnol<\/em> \u00bb. [xliv]\n<p>La <em>Ley<\/em> <em>Rife\u00f1a<\/em>, \u00e9crite lorsque Blanco \u00e9tait administrateur r\u00e9gional du Rif, puis publi\u00e9e en 1939, est un livre qui devait \u00e0 l&rsquo;origine constituer la deuxi\u00e8me partie d&rsquo;une \u00e9tude en deux volumes sur le droit coutumier du Rif. La premi\u00e8re partie de ce projet de trait\u00e9 sur le droit Rifain et la proc\u00e9dure juridique n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par Blanco. La plupart des informations concernent la tribu Aith Waryaghar : son organisation sociopolitique et la tradition des communaut\u00e9s locales. Une section, cependant, contient des notes sur la tribu Gzennaya du Rif (pp. 139-152), et une loi de la tribu Aith Siddarth (Senhaja MX4) est discut\u00e9e aux pages 329-336. [xlv]\n<p>Hart a fourni de nombreuses notes de bas de page qui sont tr\u00e8s utiles, non seulement en raison des informations suppl\u00e9mentaires qu&rsquo;elles contiennent, mais aussi en raison de leur caract\u00e8re critique, qui sert \u00e0 placer les remarques de Blanco dans leur juste perspective. Hart critique Blanco pour ses nombreuses erreurs factuelles dans les notes sur le Rif ainsi que pour ses d\u00e9clarations irresponsables et ses jugements de valeur. C\u2019est pour ces raisons que Hart a qualifi\u00e9 Blanco d\u2019 \u00ab <em>ethnologue amateur<\/em> \u00bb. Une autre critique de Hart \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Blanco ne concerne pas le contenu de l&rsquo;ouvrage mais la mani\u00e8re dont l&rsquo;auteur a pr\u00e9sent\u00e9 l&rsquo;information. Quiconque lit cette source doit \u00eatre d\u2019accord avec Hart sur le fait que Blanco \u00e9tait tout \u00e0 fait habile \u00e0 construire des \u00ab <em>phrases tortueuses et sinueuses<\/em> \u00bb. (p.194, note de bas de page). [xlvi]\n<p>En toute honn\u00eatet\u00e9, cependant, il faut noter que tous les commentaires de Hart \u00e0 propos de Blanco n&rsquo;\u00e9taient pas n\u00e9gatifs. Hart a reconnu les contributions de Blanco \u00e0 la compr\u00e9hension du Rif. Par exemple, Hart d\u00e9clare que \u00ab\u00a0<em>le concept de l&rsquo;autonomie ou de l&rsquo;ind\u00e9pendance relative du clan tribal&#8230; est, \u00e0 notre connaissance, une contribution originale de Blanco \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude globale de la structure sociale berb\u00e8re.<\/em>\u00a0\u00bb (p.156). En outre, Hart pense que l&rsquo;une des contributions les plus significatives de Blanco a \u00e9t\u00e9 sa reconnaissance du concept rifain de \u00ab <em>tour<\/em> \u00bb (p.161), \u00ab <em>faire les choses \u00e0 tour de r\u00f4le<\/em> \u00bb (p.102). [xlvii]\n<p>Un autre apport reconnu, ou plut\u00f4t \u00ab <em>d\u00e9couverte originale<\/em> \u00bb, est celui de la rotation \u00e9chelonn\u00e9e de l\u2019irrigation (p. 411). [xlviii] Blanco a utilis\u00e9 de nombreux termes arabes et rifains sans toujours pr\u00e9ciser lesquels \u00e9taient arabes et lesquels \u00e9taient rifains. Un glossaire a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour cette source et se trouve dans la section \u00ab\u00a0Cat\u00e9gorie\u00a0\u00bb. Dans la mesure du possible, il a \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 si un mot du glossaire est en arabe ou en rifains. Il convient \u00e9galement de noter qu&rsquo;il existe des fautes d&rsquo;orthographe ou de typographie, et que les mots mal utilis\u00e9s (Hart les souligne g\u00e9n\u00e9ralement) ne sont pas rares. Cependant, avec de l&rsquo;imagination, le lecteur ne devrait pas avoir de difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir leur v\u00e9ritable signification. [xlix]\n<figure id=\"attachment_6103\" aria-describedby=\"caption-attachment-6103\" style=\"width: 494px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6103 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Emilio-Blanco-Izaga-1892-1949.jpg?resize=494%2C439&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"494\" height=\"439\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Emilio-Blanco-Izaga-1892-1949.jpg?w=494&amp;ssl=1 494w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Emilio-Blanco-Izaga-1892-1949.jpg?resize=281%2C250&amp;ssl=1 281w\" sizes=\"auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6103\" class=\"wp-caption-text\">Emilio Blanco Izaga (1892-1949)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au cours de son travail d&rsquo;intervenant, Emilio Blanco Izaga a rassembl\u00e9 un grand corpus d&rsquo;Amazigh Rifain <strong><em>izerfen<\/em><\/strong> <em>Ley Rife\u00f1a <\/em>qui traitait de divers aspects de la vie quotidienne de l&rsquo;individu Rifain :<\/p>\n<p>&#8211; Litiges fonciers et successions ;<\/p>\n<p>&#8211; Conflits territoriaux entre clans ;<\/p>\n<p>&#8211; Litiges matrimoniaux ;<\/p>\n<p>&#8211; Droits \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 l&rsquo;irrigation ;<\/p>\n<p>&#8211; Les vols ;<\/p>\n<p>&#8211; Homicides ;<\/p>\n<p>&#8211; Vengeance ;<\/p>\n<p>&#8211; Parjure\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9possession des terres ;<\/p>\n<p>&#8211; Agression physique, etc.<\/p>\n<p>Chez la tribu Gzennaya, le syst\u00e8me de droit coutumier <strong><em>azref<\/em><\/strong> comprenait diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de tribunaux :<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Le tribunal du souk<\/strong> : il se tenait chaque jour de march\u00e9 hebdomadaire et est pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019<strong><em>amgh\u00e2r<\/em><\/strong> du clan et 5 jur\u00e9s et traitait des petits litiges entre les membres du clan qui se r\u00e8glent par le paiement de dommages et\/ou d&rsquo;amendes ainsi que par l&rsquo;interdiction physique de fr\u00e9quenter le souk pendant plusieurs semaines\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Le tribunal premi\u00e8re instance tribal<\/strong> : il est pr\u00e9sid\u00e9 par l&rsquo;<strong><em>amgh\u00e2r<\/em><\/strong> de la tribu et certains \u00e9lus du conseil <strong><em>d&rsquo;asht \u00e2b&rsquo;ine<\/em><\/strong> qui s&rsquo;occupe de l&rsquo;homicide, du paiement du prix du sang <strong><em>diyyath<\/em><\/strong> ; les conflits li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 la terre ;<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Le haut tribunal tribal<\/strong> : il est pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019<strong><em>amgh\u00e2r<\/em><\/strong> de la tribu et tous les membres \u00e9lus du conseil d\u2019<strong><em>asht \u00e2b\u2019ine<\/em><\/strong>. Il traite de questions politiques telles que conclure une alliance avec une autre tribu (<strong><em>leff<\/em><\/strong>), d\u00e9clarer la guerre \u00e0 une tribu, d\u00e9clarer le Jihad aux chr\u00e9tiens et interdire les clans des fronti\u00e8res tribales pour de mauvais actes et une insurrection.<\/p>\n<p>Tout au long de l&rsquo;histoire de la tribu Gzennaya de nombreux clans ont \u00e9t\u00e9 interdits, au XVIIe si\u00e8cle, un clan a \u00e9t\u00e9 interdit dans la r\u00e9gion de F\u00e8s (ils vivent aujourd&rsquo;hui dans la zone montagneuse de Lamta), pour des conflits fonciers, un autre \u00e0 Zerhoun. Au 19e si\u00e8cle un clan fut banni vers la r\u00e9gion de Tanger pour cause de banditisme, il existe aujourd&rsquo;hui une petite ville appel\u00e9e Gzennaya, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de Tanger. En 1905, un clan fut banni de la r\u00e9gion de la Mitidja en Alg\u00e9rie pour insubordination.<\/p>\n<p><strong>Conclusion : pr\u00e9server le droit coutumier pour sauvegarder les savoirs traditionnels<\/strong><\/p>\n<p>Les lois coutumi\u00e8res constituent un aspect essentiel de l\u2019identit\u00e9 m\u00eame des peuples autochtones et des communaut\u00e9s locales. Ils d\u00e9finissent les droits, obligations et responsabilit\u00e9s de leurs membres ; aspects importants de leur vie, de leur culture et de leur vision du monde : utilisation et acc\u00e8s aux ressources naturelles, droits et obligations li\u00e9es \u00e0 la terre, \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage et \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, vie spirituelle ; entretien du patrimoine culturel et des syst\u00e8mes de connaissances ; et bien d&rsquo;autres probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>La pr\u00e9servation des lois coutumi\u00e8res peut \u00eatre vitale pour la vie et le patrimoine intellectuels, culturels et spirituels des peuples autochtones et des communaut\u00e9s locales.<\/p>\n<p>Ce qui rend le savoir \u00ab traditionnel \u00bb pourrait \u00eatre le fait m\u00eame qu\u2019il est d\u00e9velopp\u00e9, pr\u00e9serv\u00e9 et diffus\u00e9 dans un contexte interg\u00e9n\u00e9rationnel coutumier, qui sera souvent d\u00e9fini et fa\u00e7onn\u00e9 par le droit coutumier. Cela explique en partie pourquoi les peuples autochtones et les communaut\u00e9s locales ont toujours plaid\u00e9 en faveur de la protection des savoirs traditionnels contre toute utilisation abusive ou appropriation illicite. [l]\n<p>Le droit coutumier <strong><em>azref<\/em><\/strong> est tr\u00e8s ancien au Maroc et bien conserv\u00e9 dans les soci\u00e9t\u00e9s amazighes, [li] \u00e0 ce propos, \u00e9crit El Khatir Boulkacem : [lii]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Nous connaissons, gr\u00e2ce \u00e0 quelques indications des chroniqueurs, de la production des l\u00e9gistes et des recueils coutumiers ou actes juridiques, l\u2019enracinement de ce droit dans les pratiques des soci\u00e9t\u00e9s rurales nord-africaines. Hormis la cons\u00e9cration de certaines institutions coutumi\u00e8res, comme Ahl al jama\u00e0a et ahl al khmsin, Ayt rb\u00e0in et ayt \u00e0chra par le pouvoir des Almohades rendu c\u00e9l\u00e8bre par les chroniqueurs de la dynasties (L\u00e9vi Proven\u00e7al, 1928), d&rsquo;autres auteurs ont signal\u00e9 certaines institutions coutumi\u00e8res ou des mesures proc\u00e9durales se rapportant \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration ou \u00e0 l&rsquo;application de ce droit. Ainsi, le Kitab al-Ansab [Livre des g\u00e9n\u00e9alogies], \u00e9crit vraisemblablement par &lsquo;Abdallah Ben salih Ben &lsquo;Abderrahmane, en \u00e9voquant l&rsquo;\u00e9pisode de la conqu\u00eate des Haskura (une conf\u00e9d\u00e9ration du Haut Atlas) par Uqba Ibn Nafi, signale le pacte conclu entre ce g\u00e9n\u00e9ral musulman et Hurma ben Tutis, le chef des Haskura.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans le pass\u00e9, le droit coutumier r\u00e9gissait essentiellement les r\u00e9gions rurales du Maroc ; elle jouait un r\u00f4le plus important dans les montagnes que dans les plaines et son influence s&rsquo;accroissait \u00e0 mesure qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9loignait des villes imp\u00e9riales, centres de pouvoir et lieux d&rsquo;une culture musulmane florissante qui exer\u00e7ait son influence sur leur environnement imm\u00e9diat. Appel\u00e9e <strong><em>azref <\/em><\/strong>au nord, au centre et au sud-est du Maroc, <strong><em>alw\u00e2h<\/em><\/strong> dans le Haut Atlas et le Sous, <strong><em>tiaqqidin<\/em><\/strong> chez les A\u00eft Atta, ou simplement <strong><em>shur\u00fbt<\/em><\/strong> ou <strong><em>&lsquo;urf<\/em><\/strong> ailleurs, elle constituait la loi du Maroc profond, s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9 de L\u2019Afrique du Nord dans les contraintes du milieu environnant.<\/p>\n<p>Azref est un corps de droit d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat pour les temps modernes, il avait une connotation humaniste et philosophique profond\u00e9ment ancr\u00e9e. Elle rejette cat\u00e9goriquement la peine de mort et cultive \u00e9norm\u00e9ment l\u2019interm\u00e9diation, la gestion des crises et le dialogue. En effet, les syst\u00e8mes judiciaires modernes peuvent aujourd\u2019hui apprendre beaucoup du droit coutumier amazigh <strong><em>azref<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Notes de fin :<\/strong><\/p>\n[i] Chtatou, Mohamed. (2020). Les Imazighens, qui sont-ils et que veulent-ils. <em>Akal Press. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/fr.akalpress.com\/5550-les-imazighens-qui-sont-ils-et-que-veulent-ils\/\">https:\/\/fr.akalpress.com\/5550-les-imazighens-qui-sont-ils-et-que-veulent-ils\/<\/a><\/p>\n[ii] Fischer-Lichte, Erika; Sugiera, Ma\u0142gorzata; Jost, Torsten; Hartung, Holger; &amp; Soltani, Omid. (2022).\u00a0<a href=\"https:\/\/books.google.com\/books?id=OMydEAAAQBAJ&amp;dq=amazigh+first+mentioned+in+egyptian&amp;pg=PT234\"><em>Entangled Performance Histories: New Approaches to Theater Historiography<\/em><\/a>. London: Taylor &amp; Francis.<\/p>\n[iii] <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/query?q=Auteur:%20%22Desanges,%20J.%22&amp;sf=sf:*\">Desanges, J.<\/a>\u00a0(1980). Les ProtoBerb\u00e8res, Chapitre 17. In :<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000184311\">Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique, II: Afrique ancienne, 2,\u00a0 (pp. 453-476).<\/a> Paris\u00a0: UNESCO. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000042644_fre\">https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000042644_fre<\/a><\/p>\n[iv] Pichler, W. (2007). Origin and Development of the Libyco-Berber Script. <em>Berber Studies 15<\/em>. K\u00f6ln\u00a0: R\u00fcdiger K\u00f6ppe Verlag.<\/p>\n[v] Le Quellec, J.L. (2012). Rock Art, Scripts and proto-scripts in Africa: the Libyco-berber example. In: Delmas, A. and Penn, P. (Eds.),\u00a0<em>Written Culture in a Colonial Context: Africa and the Americas 1500 \u2013 1900<\/em> (pp. 3-29). Boston: Brill Academic Publishers.<\/p>\n[vi] Anglade, Eric. (2024). The Tifinagh, the Berber singularity engraved in time. <em>Southeast-Morocco. com. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/southeast-morocco.com\/the-tifinagh-the-berber-singularity-engraved-in-time\/\">https:\/\/southeast-morocco.com\/the-tifinagh-the-berber-singularity-engraved-in-time\/<\/a><\/p>\n[vii] El-Mosallamy, A.H.S. (1986). Libyco-Berber relations with ancient Egypt: the Tehenu in Egyptian records. In <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000070511\">Libya antiqua, (p. 51-68<\/a>). Paris: UNESCO. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000070515\">https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000070515<\/a><\/p>\n[viii] Study.com. The Berber People, Culture, Religion &amp; History. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/study.com\/academy\/lesson\/the-berbers-origin-religion-culture.html\">https:\/\/study.com\/academy\/lesson\/the-berbers-origin-religion-culture.html<\/a><\/p>\n[ix] H\u00e9rodote (vers 484 \u2013 425\/413 avant notre \u00e8re) \u00e9tait un historien grec c\u00e9l\u00e8bre pour son ouvrage Histoires. Il a \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 le P\u00e8re de l&rsquo;Histoire par l&rsquo;\u00e9crivain romain Cic\u00e9ron, qui l&rsquo;admirait, mais a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 comme le P\u00e8re du mensonge par les critiques, anciens et modernes, qui pr\u00e9tendent que son \u0153uvre n&rsquo;est gu\u00e8re plus que des contes.<\/p>\n[x] Gardiner, A.H. (1964). <em>Egypt of the Pharaohs<\/em> (pp. 116 ff.). New York: Oxford University Press.<\/p>\n[xi] El-Mosallamy, A.H.S. (1986). Op. cit., pp. 62-63.<\/p>\n[xii] <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/James_Henry_Breasted\">\u00a0Breasted<\/a>, James Henry. (1906).\u00a0<em>Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary<\/em>,\u00a0vol.\u00a0IV\u00a0The Twentieth to the Twenty-Sixth Dynasties. Chicago: The University of Chicago press.<\/p>\n[xiii] Aly, Mohamed Ibrahim. (1996). Une st\u00e8le in\u00e9dite du S\u00e9rap\u00e9um mentionnant le nom de Sheshonq\u00a0I<sup>er<\/sup>.\u00a0<em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9gyptologie de Gen\u00e8ve<\/em>,\u00a0<em>20<\/em>.<\/p>\n[xiv] Sa<\/p>\n<p>grillo, Troy Leiland. (2005).\u00a0<em>The Mummy of Shoshenq\u00a0I\u00a0Re-discovered?<\/em> <em>G\u00f6ttinger Miszellen,\u00a0205<\/em>, 95-103.<\/p>\n[xv] Di Tolla, A. (2016). Un document sur le droit coutumier des Ayt \u2018A\u1e6d\u1e6da du Rteb (Tafilalet \u2013 Sud est du Maroc).\u00a0<em>\u00c9tudes et Documents Berb\u00e8res<\/em>, <em>35-36<\/em>, 175-191.\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/edb.035.0175\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/edb.035.0175<\/a><\/p>\n[xvi] Morand, Marcel. (1918).\u00a0<em>\u00c9tudes de droit musulman et de droit coutumier berb\u00e8re<\/em>. Alger\u00a0: Jourdan.<\/p>\n[xvii] Hoffman, Katherine E. (2013). LE DROIT COUTUMIER AMAZIGH AU MAROC. <em>Perspective, 9. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/anthropology.northwestern.edu\/documents\/people\/Hoffman-6%20Perspectives%20serment.pdf\">https:\/\/anthropology.northwestern.edu\/documents\/people\/Hoffman-6%20Perspectives%20serment.pdf<\/a><\/p>\n[xviii] S.\u00a0Chaker,\u00a0S. (1990). Droit coutumier.\u00a0<em>Encyclop\u00e9die berb\u00e8re<\/em>, <em>8<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/227\">http:\/\/journals.openedition.org\/encyclopedieberbere\/227<\/a> ;\u00a0DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.227\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/encyclopedieberbere.227<\/a><\/p>\n[xix] RAM\u00cdREZ RODR\u00cdGUEZ, F. T. A. U. (2016). Traditional Architecture and Socio-Political Organization at Figuig, Oasis, Morocco.\u00a0<em>Monumental Earthen Architecture in Early Societies Technology and power display. <\/em><em>Oxford: Archaeopress<\/em>, 53-64.<\/p>\n[xx] Tozy, M. &amp; Mahdi, M. (1990). Aspects du droit communautaire dans l\u2019atlas marocain. <em>Droit et Soci\u00e9t\u00e9, 15<\/em>, 219-227.<\/p>\n[xxi] Hart, D.-H. (1966). A customary law document from the Ait Atta of Djebel Saghro. <em>Revue du Monde Musulman et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, <em>1<\/em>, 94-101.<\/p>\n[xxii] G\u00e9lard, M.-L. (1998). Le droit coutumier, l\u2019Honneur et la tribu. <em>Awal, 17<\/em>, 65-81.<\/p>\n[xxiii] Organisation Mondiale de la Propri\u00e9t\u00e9 Intellectuelle (0MPI). (2016). Droit coutumier et savoirs traditionnels. <em>Dossier d\u2019Information, 7. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/edocs\/pubdocs\/fr\/wipo_pub_tk_7.pdf\">https:\/\/www.wipo.int\/edocs\/pubdocs\/fr\/wipo_pub_tk_7.pdf<\/a><\/p>\n[xxiv] Bousquet, G.-H. (1956). Le Droit coutumier des Ait Hadiddou des Assif Melloul et Isselaten. <em>Annales de l&rsquo;Institut d&rsquo;Etudes orientales d&rsquo;Alger, XIV, <\/em>113-215.<\/p>\n[xxv] Bousquet, G.-H. (1952). Pour l&rsquo;\u00e9tude des droits berb\u00e8res. <em>Hesp\u00e9ris, XXXIX, <\/em>501-508.<em>\u00a0<\/em><\/p>\n[xxvi] Hoffman, K. E. (2013). Op. cit.<\/p>\n[xxvii] Hoffman, K. E. (2010). Berber Law By French Means: Islam and Language in the Moroccan Hinterlands, 1930-1954. <em>Contemporary Studies in Society and History, 52<\/em>(4), 851-880.<\/p>\n[xxviii] Ahda, M. (2001). Le droit coutumier des Ait Atta d\u2019Aoufous (sud-est marocain). <em>Awal, 24<\/em>, 87-117.<\/p>\n[xxix] Hart, David. (1966). A customary law document from the Ait &lsquo;Atta of the Jbil Saghru.<\/p>\n<p><em>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e, 1<\/em>, 91-112, p. 110.<\/p>\n[xxx] Ibid., p. 110.<\/p>\n[xxxi] Ibid., p. 115.<\/p>\n[xxxii] Berque, J. (1955). <em>Structures sociales du haut-Atlas<\/em>. Paris: PUF.<\/p>\n[xxxiii] Hart, D.-M. (1981). <em>Dadda Atta and his forty grandsons: the socio-political organization of the Ait Atta of southern Morocco.<\/em> Cambridge: Middle East and North African Studies Press.<\/p>\n[xxxiv] Aspinion, R. (1954). Un Louh du Souss, r\u00e8glement coutumier de Souk el Jem\u00e2a des Ida Ou Gnidif. <em>Hesp\u00e9ris<\/em>, <em>XLI<\/em>, 395-409.<\/p>\n[xxxv]Hart, D.M. (1976).\u00a0<em>The Aith Waryaghar of the Moroccan Rif. An Ethnography and History<\/em>. Tucson: University of Arizona Press, Viking Fund Publications in Anthropology.<\/p>\n[xxxvi] Hart, D. M.\u00a0 &amp; Raha, Rachid (Eds.). (1999). <em>La sociedad bereber del Rif marroqu\u00ed. Sobre la teor\u00eda de la segmentariedad en el Magreb<\/em>. Granada. Universidad de Granada &amp; Diputaci\u00f3n Provincial .<\/p>\n[xxxvii] Aziza, Mimoun. (2003). <em>LA SOCIEDAD RIFE\u00d1A FRENTE AL PROTECTORADO ESPA\u00d1OL DE MARRUECOS 1912-1956<\/em>. Barcelona: Bellaterra.<\/p>\n[xxxviii] Romero, Vicente Moga. (2009). <em>El Rif De Emilio Blanco Izaga: Trayectoria Militar, Arquitectonic A Y Etnografica En El Protectorado De Espa\u00f1a En Marruecos<\/em>. Barcelona\u00a0: Bellaterra.<\/p>\n[xxxix] Blanco Izaga, Emilio. (1995). <em>Coronel en el Rif: una seleccio\u0301n de su obra, publicada e ine\u0301dita, sobre la estructura sociopoli\u0301tica de los rifen\u0303os del Norte de Marruecos<\/em>. Melilla: Ayuntamiento de Melilla, Fundacio\u0301n Municipal Sociocultural, Archivo Municipal, UNED-Centro Asociado de Melilla.<\/p>\n[xl] Blanco Izaga, Emilio. (2013). <em>\u00ab\u00a0El perro de k\u00e1bila\u00a0\u00bb y otros registros etnogr\u00e1ficos del Protectorado de Espa\u00f1a en Marruecos<\/em>. Melilla: Consejer\u00eda de Cultura y Festejos, Servicio de Publicaciones, [etc.]\n[xli] Blanco Izaga, Emilio. (1939). <em>El Rif. La ley rife\u00f1a: los c\u00e1nones rife\u00f1os comentados<\/em>. Tetuan: Centro de Estudios Marroqu\u00edes, Imp. Imperio.<\/p>\n[xlii] Fleming, S. E. (1983). Spanish Morocco and the Alzamiento Nacional, 1936-1939: The Military, Economic and Political Mobilization of a Protectorate.\u00a0<em>Journal of Contemporary History<\/em>,\u00a0<em>18<\/em>(1), 27-42.\u00a0 R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/002200948301800102\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/002200948301800102<\/a><\/p>\n[xliii] Villanova, Jos\u00e9 Luis, &amp; Urtega, Luis. (2009). Jes\u00fas Jim\u00e9nez Ortoneda, Interventor Militar En El Rif (1911-1936). LUIS URTEAGA. <em>Hispania. Revista Espa\u00f1ola de Historia, LXIX (<\/em>232), 423-448. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/hispania.revistas.csic.es\/index.php\/hispania\/article\/view\/110\/112\">https:\/\/hispania.revistas.csic.es\/index.php\/hispania\/article\/view\/110\/112<\/a><\/p>\n[xliv] Romero, Vincent Moga. (2009). <em>Trayectoria militar, arquitect\u00f3nica y etnogr\u00e1fica en el Protectorado de Espa\u00f1a en Marruecos<\/em>. Madrid\u00a0: Ministerio de Defensa y Secretar\u00eda General T\u00e9cnica. Centro de Publicaciones.<\/p>\n[xlv] Blanco Izaga, Emilio, Hart, David M. (1975). <em>Emilio Blanco Izaga: colonel in the Rif<\/em>. New Haven, Conn.: USA,<\/p>\n<p>Human Relations Area Files.<\/p>\n[xlvi] Ibid.<\/p>\n[xlvii] Ibid.<\/p>\n[xlviii] Ibid.<\/p>\n[xlix] Jamous, R. (1981). <em>Honneur et Baraka. Les structures sociales traditionnelles dans le Rif<\/em>. Paris: MSH.<\/p>\n[l] Ayache, G. (1975). Soci\u00e9t\u00e9 rifaine et pouvoir central marocain (1850-1920). <em>Revue Historique<\/em>, <em>254<\/em>(2 (516)), 345\u2013370. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/40952317\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/40952317<\/a><\/p>\n[li] Mezzine, L. (1980). Ta\u2019qqit des Ayt Atman : le recueil des r\u00e8gles de coutume d\u2019un groupe de qsur de la moyenne vall\u00e9e de l\u2019oeud Ziz.\u00a0 <em>Hesperis-Tamuda<\/em>, <em>1.<\/em><\/p>\n[lii] Aboulkacem, El Khatir. (1987). Droit coutumier amazigh face aux processus d\u2019institution et d\u2019imposition de la l\u00e9gislation nationale au Maroc. Geneva, Switzerland: International Labor Organization -ILO-. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.ilo.org\/fr\/media\/325141\/download\">https:\/\/www.ilo.org\/fr\/media\/325141\/download<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mode de vie amazigh n&rsquo;est pas seulement une culture, c&rsquo;est une civilisation Les tribus berb\u00e8res ont des racines historiques profondes en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, remontant \u00e0 plus de 20 000 ans et pr\u00e9c\u00e9dant la conqu\u00eate arabe de la r\u00e9gion. 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