{"id":6247,"date":"2024-09-03T21:05:15","date_gmt":"2024-09-03T20:05:15","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=6247"},"modified":"2024-09-03T21:05:15","modified_gmt":"2024-09-03T20:05:15","slug":"les-organisations-de-defense-des-droits-humains-appellent-au-boycott-des-elections-presidentielles-en-algerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/les-organisations-de-defense-des-droits-humains-appellent-au-boycott-des-elections-presidentielles-en-algerie\/","title":{"rendered":"Les Organisations de d\u00e9fense des droits humains appellent au boycott des\u00a0\u00e9lections pr\u00e9sidentielles en Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3549 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/riposte.jpg?resize=618%2C459&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"459\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/riposte.jpg?w=720&amp;ssl=1 720w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/riposte.jpg?resize=336%2C250&amp;ssl=1 336w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/riposte.jpg?resize=200%2C150&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>En Alg\u00e9rie, une nouvelle \u00e9lection \u00e0 contre-pied des aspirations d\u00e9mocratiques<\/strong><\/p>\n<p>Le 7 septembre, les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens sont appel\u00e9s \u00e0 voter lors d\u2019une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle anticip\u00e9e, o\u00f9 le pr\u00e9sident sortant Abdelmadjid Tebboune et deux autres candidats sont en lice. Ce scrutin, dont l\u2019issue semble connue d\u2019avance, vise \u00e0 consolider la domination du r\u00e9gime au pouvoir, en d\u00e9pit d\u2019une crise de l\u00e9gitimit\u00e9 profonde qui s\u2019est aggrav\u00e9e depuis 2019.<\/p>\n<p>Abdelmadjid Tebboune a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence en d\u00e9cembre 2019 apr\u00e8s une \u00e9lection massivement contest\u00e9e par les manifestations pacifiques du Hirak et boud\u00e9e dans les urnes avec un taux officiel de participation de 39,88 %, le plus bas depuis l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Le premier mandat du pr\u00e9sident Tebboune a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un harc\u00e8lement syst\u00e9matique et une r\u00e9pression sans rel\u00e2che contre des milliers de citoyen\u00b7ne\u00b7s et militant\u00b7e\u00b7s pacifiques, par une restriction croissante des libert\u00e9s d\u2019expression et de presse, et par l\u2019instrumentalisation politique de l&rsquo;appareil judiciaire sous le contr\u00f4le strict de l\u2019ex\u00e9cutif et des services de s\u00e9curit\u00e9. Jusqu\u2019ici, tous les moyens de l\u2019\u00c9tat sont utilis\u00e9s pour \u00e9touffer la contestation populaire et enterrer toute vell\u00e9it\u00e9 de d\u00e9mocratisation.<\/p>\n<p>Le r\u00e9tr\u00e9cissement de l\u2019espace civique est sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis au moins deux d\u00e9cennies. A ce jour, plus de 200 personnes sont arbitrairement d\u00e9tenues pour avoir exprim\u00e9 des opinions critiques envers les autorit\u00e9s ou pour leurs activit\u00e9s militantes pacifiques. Les manifestations publiques sont devenues quasi impossibles \u00e0 organiser, y compris par des partis politiques agr\u00e9\u00e9s, et ce depuis le printemps 2021, date des derni\u00e8res manifestations du Hirak.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 civile alg\u00e9rienne autonome est \u00e9touff\u00e9e et r\u00e9duite \u00e0 peau de chagrin. Deux de ses organisations phares, le Rassemblement action jeunesse (RAJ) et la Ligue alg\u00e9rienne pour la d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme (LADDH), ont \u00e9t\u00e9 arbitrairement dissoutes par la justice administrative entre 2021 et 2022 et deux partis politiques d\u2019opposition, le Parti socialiste des travailleurs (PST) et le Mouvement d\u00e9mocratique et social (MDS), ont \u00e9t\u00e9 suspendus entre 2022 et 2023, pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. De plus, des dizaines de membres de ces associations et partis ont aussi fait l&rsquo;objet de poursuites p\u00e9nales et plusieurs ont \u00e9t\u00e9 contraints \u00e0 l\u2019exil.<\/p>\n<p>Le slogan de \u00ab l\u2019Alg\u00e9rie nouvelle \u00bb du chef de l\u2019\u00c9tat, cens\u00e9 marquer une rupture avec les pratiques du r\u00e9gime d\u2019Abdelaziz Bouteflika, \u00e0 aussi sonn\u00e9 le glas d\u2019une presse qui jouissais avant 2019 d\u2019une relative libert\u00e9 de ton. Les journalistes et m\u00e9dias subissent de plein fouet la r\u00e9pression \u00e0 l\u2019instar du journaliste Ihsane El Kadi, qui purge une peine de sept ans de prison pour avoir exerc\u00e9 son m\u00e9tier. La Presse critique \u00e9cart\u00e9e, il reste l\u2019audiovisuel public \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019ex\u00e9cutif et des m\u00e9dias priv\u00e9s \u00e9conomiquement fragiles, d\u00e9pendants de la manne publicitaire publique allou\u00e9e par une agence gouvernementale.<\/p>\n<p>Les lois tr\u00e8s restrictives r\u00e9gissant les partis politiques, les associations et les libert\u00e9s de manifestation et de r\u00e9union n\u2019ont toujours pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9es pour se conformer aux normes internationales et aux engagements de l\u2019Alg\u00e9rie. Quant aux r\u00e9centes lois sur l\u2019information et la presse et la loi sur l\u2019activit\u00e9 syndicale, elles se caract\u00e9risent par de multiples \u00ab lignes rouges \u00bb qui font de la restriction de la libert\u00e9 la norme plut\u00f4t que l\u2019exception.<\/p>\n<p>Une telle situation porte gravement atteinte aux droits et libert\u00e9s fondamentales, et rend impossible un pluralisme politique r\u00e9el et l\u2019exercice effectif des libert\u00e9s d&rsquo;expression, d\u2019association et de r\u00e9union, conditions indispensables \u00e0 tout scrutin libre et honn\u00eate. La campagne \u00e9lectorale de 2024 se d\u00e9roule, une fois de plus, dans un climat autoritaire, en d\u00e9pit des aspirations d\u00e9mocratiques exprim\u00e9es par le Hirak.<\/p>\n<p><strong>L\u2019abstention comme acte politique<\/strong><\/p>\n<p>Depuis d\u00e9cembre 2019, les autorit\u00e9s n\u2019ont cess\u00e9 de durcir la l\u00e9gislation p\u00e9nale, introduisant de nouvelles dispositions r\u00e9pressives. La r\u00e9vision du Code p\u00e9nal de juin 2021 a introduit l\u2019amendement le plus embl\u00e9matique de cette strat\u00e9gie d\u2019\u00e9touffement : l\u2019\u00e9largissement de la d\u00e9finition du \u00ab crime de terrorisme \u00bb pour y inclure les revendications de transition d\u00e9mocratique du Hirak et le s\u00e9paratisme.<br \/>\nCette m\u00eame r\u00e9forme a institu\u00e9 une liste officielle d\u2019individus et d\u2019entit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab terroristes \u00bb, sur laquelle tout citoyen peut \u00eatre inscrit sans m\u00eame avoir \u00e9t\u00e9 jug\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi, deux organisations qui n\u2019avaient pas de statut l\u00e9gal en Alg\u00e9rie, Rachad et le Mouvement pour l\u2019autod\u00e9termination de la Kabylie (MAK), ont ainsi \u00e9t\u00e9 officiellement class\u00e9es comme entit\u00e9s \u00ab terroristes \u00bb. Depuis, des centaines de personnes, parfois sans aucun lien avec ces mouvements, et agissant de mani\u00e8re pacifique, ont \u00e9t\u00e9 poursuivies pour \u00ab apologie du terrorisme \u00bb ou \u00ab appartenance \u00bb \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre de ces organisations. Les accusations de \u00ab terrorisme \u00bb sont non seulement largement utilis\u00e9es par les tribunaux alg\u00e9riens dans le cadre de la r\u00e9pression politique, mais elles ravivent aussi des blessures li\u00e9es au conflit des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>Sur le plan juridique, la liste officielle d\u2019individus et entit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab terroristes \u00bb va, par certains aspects, \u00e0 l\u2019encontre du droit \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019innocence, garanti par la Constitution et les conventions internationales auxquelles l\u2019Alg\u00e9rie est partie prenante. Pourtant, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e conforme \u00e0 la loi fondamentale par le Conseil constitutionnel, pr\u00e9d\u00e9cesseur de la Cour constitutionnelle. Cela n\u2019augure rien de bon pour le scrutin \u00e0 venir, car cette m\u00eame Cour, dont le tiers des membres est nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, joue un r\u00f4le important dans le contr\u00f4le de la r\u00e9gularit\u00e9 du scrutin pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la r\u00e9pression et la mise sous cloche de la vie politique, les aspirations d\u00e9mocratiques exprim\u00e9es par les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens durant le Hirak restent d\u2019actualit\u00e9. Une large majorit\u00e9 de citoyen\u00b7ne\u00b7s avait refus\u00e9 de voter lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de d\u00e9cembre 2019, du r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel de novembre 2020, et des \u00e9lections l\u00e9gislatives de juin 2021, estimant que les conditions d\u2019\u00e9lections libres et honn\u00eates n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9unies. Dans de telles conditions, l&rsquo;abstention est un acte politique significatif.<\/p>\n<p>Or, le droit de vote est plus que jamais trait\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de cette pr\u00e9sidentielle comme une formalit\u00e9 administrative, et non comme un acte politique, un pilier de la citoyennet\u00e9 et de la d\u00e9mocratie. Dans ces conditions, la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 et l\u2019absence d\u2019un \u00c9tat de droit ne feront que s\u2019aggraver, au d\u00e9triment d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui a d\u00e9montr\u00e9 sa volont\u00e9 politique d\u2019\u00e9crire une nouvelle page de l&rsquo;histoire alg\u00e9rienne : celle d\u2019un \u00c9tat de droit d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p><strong>Signataires<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Collectif des familles de disparus en Alg\u00e9rie (CFDA) Comit\u00e9 de sauvegarde de la LADDH<br \/>\nLibert\u00e9s Alg\u00e9rie<\/li>\n<li>Mouvement IBTYKAR<\/li>\n<li>Riposte internationale<\/li>\n<li>Tharwa N&rsquo;Fadhma N&rsquo;Soumeur<\/li>\n<li>Coordination des organisations maghr\u00e9bines des droits humains (COMED) EuroMed Droits<\/li>\n<li>F\u00e9d\u00e9ration internationale pour les droits humains (FIDH)<\/li>\n<li>Forum de solidarit\u00e9 euro-m\u00e9diterran\u00e9enne (FORSEM)<\/li>\n<li>Institut du Caire pour les \u00e9tudes des droits de l\u2019Homme (ICEDH)<\/li>\n<li>Organisation mondiale contre la torture (OMCT)<\/li>\n<li>SHOAA for Human Rights<\/li>\n<li>Assembl\u00e9e Mondiale Amazighe (AMA).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Alg\u00e9rie, une nouvelle \u00e9lection \u00e0 contre-pied des aspirations d\u00e9mocratiques Le 7 septembre, les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens sont appel\u00e9s \u00e0 voter lors d\u2019une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle anticip\u00e9e, o\u00f9 le pr\u00e9sident sortant Abdelmadjid Tebboune et deux autres candidats sont en lice. 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