{"id":6510,"date":"2024-12-16T19:10:15","date_gmt":"2024-12-16T18:10:15","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=6510"},"modified":"2024-12-16T19:10:15","modified_gmt":"2024-12-16T18:10:15","slug":"pour-la-creation-dun-institut-marocain-des-langues-africaines-imla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/pour-la-creation-dun-institut-marocain-des-langues-africaines-imla\/","title":{"rendered":"Pour la cr\u00e9ation d\u2019un Institut Marocain des Langues Africaines (IMLA)*"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_6512\" aria-describedby=\"caption-attachment-6512\" style=\"width: 285px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6512 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/said-bennis.jpg?resize=285%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"285\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/said-bennis.jpg?resize=285%2C250&amp;ssl=1 285w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/said-bennis.jpg?w=630&amp;ssl=1 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 285px) 100vw, 285px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6512\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Said Bennnis<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les langues en Afrique peuvent \u00eatre abord\u00e9es \u00e0 partir de la corr\u00e9lation diversit\u00e9 et pluralit\u00e9. Il est imp\u00e9ratif de relever que l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les langues de l\u2019Afrique \u00e9manent de plusieurs raisons : raisons historiques (colonialisme \/ religion \/ mercantilisme), raisons exotiques (connaissances des langues et des civilisations d\u2019autrui \/ souci de comparatisme vs ethnocentrisme), et raisons politiques (enjeux g\u00e9ostrat\u00e9giques, \u2026).<\/p>\n<p>Par ailleurs, on peut parall\u00e8lement invoquer une autre raison de nature scientifique suivant laquelle l\u2019Afrique serait une \u00ab ruche \u00bb de langues avec un pourcentage de 30 O\/O des langues du monde. En effet, l\u2019Afrique compte plus de 2011 langues, avec une langue par tranche de 360 000 habitants, selon le site ethnologue.com\/region\/Africa. Parmi les 2011 langues d\u00e9nombr\u00e9es, seulement 14 d&rsquo;entre elles poss\u00e8dent un statut officiel : le fran\u00e7ais est officiel (ou co-officiel) dans 23 \u00c9tats ; l&rsquo;anglais dans 19, l\u2019arabe dans 10, le portugais dans 5, l\u2019afrikaans, le swahili et l\u2019espagnol dans 2 \u00c9tats.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 ces chiffres, le questionnement de base serait: Eu \u00e9gard \u00e0 ces r\u00e9alit\u00e9s statistiques et quantitatives, quels indicateurs adopter pour une bonne appr\u00e9hension de la corr\u00e9lation entre diversit\u00e9 et pluralit\u00e9 dans le champ des langues en Afrique ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ce questionnement, on peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 une matrice d\u2019indicateurs dont l\u2019indicateur linguistique li\u00e9s aux familles de langues, l\u2019indicateur identitaire distinguant entre vernaculaires, r\u00e9giolectes, topolectes et langues ethniques, l\u2019indicateur historique se rapportant aux langues v\u00e9hiculaires et aux langues coloniales, et l\u2019indicateur politique diff\u00e9renciant entre langues officielles et langues institutionnelles. Ces indicateurs permettent aussi de classer les diff\u00e9rentes langues d\u2019Afrique sous des groupes adoptant des langues \u00e9trang\u00e8res comme le groupe francophone, le groupe anglophone, le groupe lusophone \u2026<\/p>\n<p>Comme cons\u00e9quence de la corr\u00e9lation entre diversit\u00e9 et pluralit\u00e9, on peut induire que le monolinguisme \u00e9tant l\u2019exception et le pluralisme \u00e9tant la r\u00e8gle. Cette cons\u00e9quence majeure appelle \u00e0 interroger les r\u00e9alit\u00e9s sociolinguistiques des pays africains, tout particuli\u00e8rement concernant les langues en usage (officiel \/v\u00e9hiculaire \/ vernaculaire \/ mondialisation \/ digitalisation) et les fonctionnalit\u00e9s linguistiques endog\u00e8nes (Diglossie, polyglossie et multilinguisme individuel). Devant ces r\u00e9alit\u00e9s endog\u00e8nes, on peut se poser la question suivante : Comment contribuer au dialogue interculturel et \u00e0 l&rsquo;entretien d&rsquo;un patrimoine mondial en danger que constituent les langues d\u2019Afrique ?<\/p>\n<p>En effet, \u00e9tudier et pr\u00e9server les langues de l\u2019Afrique ne constitue pas seulement un projet heuristique universitaire, alignant l\u2019Afrique aux champs de recherche strat\u00e9gique, mais il incarne une tendance \u00e0 aller au contact de savoirs humains locaux, en nourrissant le souhait qu\u2019ils deviennent universels. Dans cette perspective , l\u2019UNESCO a inscrit en 1991 dans sa D\u00e9claration universelle sur la diversit\u00e9 culturelle que \u00ab La richesse culturelle du monde [est un] \u00e9quivalent de sa diversit\u00e9 en dialogue \u00bb. Pour dialoguer avec l\u2019Afrique, il y a une seule voie : aller au contact des Africains et de leurs langues. Dans le cas du Maroc, on constate que les centres et les institutions de Recherche semblent ne pas avoir inscrit dans leurs projets heuristiques et strat\u00e9giques les langues de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>A ce sujet, on peut rappeler certains exemples de bonnes pratiques en la mati\u00e8re, notamment la SOAS de Londres (School of Oriental and African Studies) qui \u00e9met chaque ann\u00e9e des appels d\u2019offre pour \u00e9tudier des langues en danger et le LLACAN (Langage, Langue et Culture d\u2019Afrique Noire), \u00e0 Villejuif, une unit\u00e9 mixte de recherche qui associe le CNRS et l\u2019Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco). De plus, il y a urgence scientifique en Afrique, car plus de la moiti\u00e9 des quelques deux mille langues inventori\u00e9es risque de dispara\u00eetre avant la fin du si\u00e8cle. L\u2019int\u00e9r\u00eat doit porter sur le projet de d\u00e9crire les langues locales, voire de les transcrire dans un syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture, afin qu\u2019elles puissent devenir des langues d\u2019apprentissage \u00e9ducatif.<\/p>\n<p>En outre, les liens historiques et culturels entre pays africains devraient avoir une incidence sur la d\u00e9finition des programmes de recherche, et la mise en place de collaborations entre laboratoires et centres de recherche Sud Sud. Il est judicieux de rappeler d\u2019apr\u00e8s le minist\u00e8re de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur que 19256 \u00e9tudiants d\u2019origine africaine poursuivent leurs \u00e9tudes sup\u00e9rieures au Maroc, soit pr\u00e8s de 83\u00b0\/\u00b0 des \u00e9tudiants \u00e9trangers inscrits au Maroc. Ces \u00e9tudiants appartiennent \u00e0 plus de 42 pays sur les 54 pays de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>Pour les chercheurs marocains en sciences sociales, il semble pertinent de proc\u00e9der \u00e0 des immersions directes sur le terrain africain via des approches ancr\u00e9e et enracin\u00e9e de la \u00ab Grounded theory \u00bb et non pas par le truchement de travaux et d\u2019approches par procuration, faits par les autres. L\u2019importance d\u2019une telle perspective est de partir des langues et des discours locaux et endog\u00e8nes pour comprendre les processus culturels, les changements \u00e9conomiques et les dynamiques politiques en Afrique.<\/p>\n<p>Souvent les tentatives de faire partager un savoir dans un domaine quelconque, \u00e9chouent \u00e0 cause de barri\u00e8res culturelles et linguistiques sous-estim\u00e9es par les sp\u00e9cialistes. C\u2019est pourquoi, je propose la cr\u00e9ation d\u2019un Institut Marocain des Langues Africaines (IMLA) ( \u0627\u0644\u0645\u0639\u0647\u062f \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a \u0644\u0644\u063a\u0627\u062a \u0627\u0644\u0625\u0641\u0631\u064a\u0642\u064a\u0629) dont le but serait \u00e0 la fois une ouverture strat\u00e9gique sur l\u2019Afrique et la formation d\u2019une \u00e9lite linguistique et culturelle ma\u00eetrisant les langues du continent africain et permettant ainsi de mieux asseoir des programmes de d\u00e9veloppement et de coop\u00e9ration \u00e9conomique Sud Sud.<\/p>\n<p>*Conf\u00e9rence du professeur Said Bennis \u00ab Les langues en Afrique : entre Diversit\u00e9 et pluralit\u00e9 \u00bb organis\u00e9e le 6 d\u00e9cembre 2024 par la Facult\u00e9 des Lettres et de Sciences Humaines, le Centre de Recherche Homme, Espace et Soci\u00e9t\u00e9 (HES) et le master G\u00e9ographie Politique et Economique en Afrique.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6511 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/bennis.jpg?resize=595%2C842&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"595\" height=\"842\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/bennis.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/bennis.jpg?resize=177%2C250&amp;ssl=1 177w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les langues en Afrique peuvent \u00eatre abord\u00e9es \u00e0 partir de la corr\u00e9lation diversit\u00e9 et pluralit\u00e9. 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