{"id":7573,"date":"2026-02-27T15:25:10","date_gmt":"2026-02-27T14:25:10","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=7573"},"modified":"2026-02-27T15:25:10","modified_gmt":"2026-02-27T14:25:10","slug":"le-maroc-et-le-conseil-de-la-paix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-maroc-et-le-conseil-de-la-paix\/","title":{"rendered":"Le Maroc et le \u00abConseil de la Paix\u00bb"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Pari strat\u00e9gique ou alignement assum\u00e9 ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Comment Rabat s&rsquo;est impos\u00e9 comme le pivot arabe d&rsquo;une architecture de paix in\u00e9dite \u2014 et controvers\u00e9e \u2014 voulue par Donald Trump.<\/em><\/strong><\/p>\n<blockquote><p><em>Membre fondateur, premier contributeur financier, premier pays arabe \u00e0 s&rsquo;engager militairement : en rejoignant le \u00ab Conseil de la Paix \u00bb de Donald Trump en janvier 2026, le Maroc n&rsquo;a pas simplement sign\u00e9 une charte. Il a op\u00e9r\u00e9 un repositionnement g\u00e9opolitique majeur, au croisement de la crise palestinienne, du dossier du Sahara occidental et de la recomposition de l&rsquo;ordre multilat\u00e9ral mondial.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Gen\u00e8se d&rsquo;un club sans pr\u00e9c\u00e9dent<\/strong><\/p>\n<p>Le 22 janvier 2026, au Forum \u00e9conomique mondial de Davos, Donald Trump d\u00e9voile sa derni\u00e8re invention institutionnelle : le \u00ab Conseil de la Paix \u00bb \u2014 en anglais le *Board of Peace*. La sc\u00e8ne est saisissante. Sur l&rsquo;estrade, aux c\u00f4t\u00e9s du pr\u00e9sident am\u00e9ricain, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires \u00e9trang\u00e8res, appose sa signature sur la charte fondatrice. \u00c0 sa gauche, le repr\u00e9sentant du Bahre\u00efn. \u00c0 la droite de Trump, la charte encadr\u00e9e, telle une nouvelle constitution de la gouvernance mondiale made in Mar-a-Lago.<\/p>\n<p>L&rsquo;institution na\u00eet officiellement de la r\u00e9solution 2803 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies, adopt\u00e9e le 17 novembre 2025, qui <strong>saluait<\/strong> la cr\u00e9ation du Conseil de la Paix tout en pr\u00e9cisant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;un organe onusien officiel. En clair : l&rsquo;ONU lui a accord\u00e9 une caution morale sans lui conf\u00e9rer de l\u00e9gitimit\u00e9 juridique contraignante. Le texte onusien est lui-m\u00eame un compromis : la France, l&rsquo;Allemagne et le Royaume-Uni n&rsquo;ont pas rejoint le Conseil ; la Russie et la Chine se sont abstenues lors du vote sur la r\u00e9solution 2803, d\u00e9plorant ce qu&rsquo;elles qualifient de \u00ab <em>d\u00e9s\u00e9quilibres persistants<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Con\u00e7u initialement \u2014 selon la proposition de l&rsquo;ex-Premier ministre britannique Tony Blair formul\u00e9e en ao\u00fbt 2025 \u2014 comme un m\u00e9canisme d&rsquo;administration internationale de la bande de Gaza apr\u00e8s la guerre, le Conseil de la Paix a rapidement mut\u00e9. La charte d\u00e9voil\u00e9e en janvier 2026 ne mentionne plus Gaza explicitement et lui assigne une mission autrement plus vaste : \u00ab <strong><em>promouvoir la stabilit\u00e9, r\u00e9tablir une gouvernance fiable et l\u00e9gitime et garantir une paix durable dans les zones touch\u00e9es ou menac\u00e9es par un conflit<\/em><\/strong> \u00bb. De quoi, sur le papier, doubler \u2014 voire supplanter \u2014 les Nations Unies dans leur mission fondatrice.<\/p>\n<p>Les critiques n&rsquo;ont pas tard\u00e9. Le *<em>Financial Times<\/em>* a qualifi\u00e9 l&rsquo;institution de \u00ab <em>club naissant d&rsquo;autocrates<\/em> \u00bb. *<em>The Guardian<\/em>* y voit un <em>\u00ab club priv\u00e9 domin\u00e9 par Trump, o\u00f9 il faut payer pour jouer, une version mondiale de sa cour de Mar-a-Lago visant \u00e0 supplanter l&rsquo;ONU elle-m\u00eame<\/em> \u00bb. L&rsquo;entourage d&rsquo;Emmanuel Macron a d\u00e9clar\u00e9 que Paris n&rsquo;entendait \u00ab <em>pas donner suite favorable<\/em> \u00bb, estimant que l&rsquo;initiative <em>\u00ab soul\u00e8ve des questions majeures quant au respect des principes et de la structure des Nations unies<\/em> \u00bb. La structure de gouvernance intrigue : un pr\u00e9sident investi d&rsquo;un droit de veto, d&rsquo;un contr\u00f4le de l&rsquo;agenda, du pouvoir de d\u00e9signer ses membres et de nommer son propre successeur \u2014 des pr\u00e9rogatives qualifi\u00e9es par *<em>Maroc Hebdo<\/em>* d&rsquo;image d&rsquo;une \u00ab <strong><em>privatisation du multilat\u00e9ralisme<\/em><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, une quarantaine de pays ont r\u00e9pondu pr\u00e9sent \u00e0 la r\u00e9union inaugurale du 19 f\u00e9vrier 2026 \u00e0 l&rsquo;Institut des \u00c9tats-Unis pour la Paix \u00e0 Washington. Parmi eux : l&rsquo;Arabie saoudite, les \u00c9mirats arabes unis, le Qatar, le Kazakhstan, l&rsquo;Azerba\u00efdjan, le Kowe\u00eft, l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, l&rsquo;Indon\u00e9sie, le Kosovo, l&rsquo;Albanie, la Hongrie de Viktor Orb\u00e1n, l&rsquo;Argentine de Javier Milei. R\u00e9pertoire h\u00e9t\u00e9roclite, confirme la g\u00e9ographie politique du projet : des \u00c9tats arabes du Golfe, des d\u00e9mocraties illib\u00e9rales, des \u00e9conomies \u00e9mergentes soucieuses de la bienveillance am\u00e9ricaine. Et le Maroc, seul pays d&rsquo;Afrique subsaharienne et du Maghreb \u00e0 s&rsquo;\u00eatre officiellement engag\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Davos, Washington : la diplomatie marocaine en action<\/strong><\/p>\n<p>La trajectoire marocaine au sein du Conseil de la Paix se d\u00e9roule en deux actes distincts mais coh\u00e9rents. Le premier se joue \u00e0 Davos le 22 janvier 2026 : le Royaume ratifie la charte fondatrice en qualit\u00e9 de \u00ab <strong>membre fondateur<\/strong> \u00bb, Nasser Bourita serrant la main de Donald Trump devant les cam\u00e9ras du monde entier. Le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res communique sobrement que \u00ab <em>Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI, saluant l&rsquo;engagement et la vision du pr\u00e9sident Donald Trump pour la promotion de la paix, a bien voulu r\u00e9pondre favorablement \u00e0 cette invitation<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me acte se tient \u00e0 Washington le 19 f\u00e9vrier 2026. C&rsquo;est la r\u00e9union inaugurale du Conseil, en pr\u00e9sence de Trump lui-m\u00eame, du vice-pr\u00e9sident J.D. Vance et du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Marco Rubio. Bourita y prend la parole en anglais, et ses annonces font l&rsquo;effet d&rsquo;une bombe dans la presse internationale. Le Maroc, dit-il, \u00ab <strong><em>est pr\u00eat \u00e0 d\u00e9ployer des agents de police et \u00e0 former des policiers de Gaza, et d\u00e9ploiera des officiers sup\u00e9rieurs au sein du commandement militaire conjoint<\/em><\/strong> \u00bb de la Force internationale de stabilisation (ISF). Le g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain Jasper Jeffers, commandant d\u00e9sign\u00e9 de l&rsquo;ISF, confirme dans la foul\u00e9e que le Maroc est l&rsquo;un des cinq premiers pays \u00e0 s&rsquo;\u00eatre engag\u00e9s \u00e0 fournir des troupes \u2014 avec l&rsquo;Indon\u00e9sie, le Kazakhstan, le Kosovo et l&rsquo;Albanie. Et le ministre marocain de pr\u00e9ciser que Rabat est, en outre, \u00ab <strong><em>la toute premi\u00e8re nation \u00e0 avoir contribu\u00e9 financi\u00e8rement<\/em><\/strong><em> au Conseil de la Paix <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI salue et soutient votre vision et votre leadership pour promouvoir la paix et la prosp\u00e9rit\u00e9 dans le monde, et tout particuli\u00e8rement au Moyen-Orient. Gr\u00e2ce \u00e0 votre plan de paix pour Gaza, un cessez-le-feu a \u00e9t\u00e9 obtenu, une guerre tragique a pris fin, des vies ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es. \u00bb<\/em><strong><br \/>\n\u2014 Nasser Bourita, Washington, 19 f\u00e9vrier 2026<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;engagement marocain se d\u00e9cline, selon Bourita, en <strong>cinq piliers<\/strong> :<\/p>\n<ol>\n<li>Une contribution financi\u00e8re inaugurale ;<\/li>\n<li>Le d\u00e9ploiement et la formation de policiers gazaouis ;<\/li>\n<li>L\u2019envoi d&rsquo;officiers militaires de haut rang au commandement conjoint ;<\/li>\n<li>L\u2019installation d&rsquo;un h\u00f4pital militaire de campagne \u00e0 Gaza ; et<\/li>\n<li>Un programme de lutte contre les discours de haine et de promotion de la tol\u00e9rance et de la coexistence.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Trump, lui, citera le Maroc nomm\u00e9ment parmi les neuf pays qui ont vers\u00e9 au total \u00ab <em>plus de 7 milliards de dollars<\/em> \u00bb dans un fonds de reconstruction de Gaza. Il annonce par ailleurs une contribution am\u00e9ricaine directe de 10 milliards de dollars.<\/p>\n<p>Les volumes militaires en jeu sont vertigineux. Selon plusieurs sources diplomatiques cit\u00e9es par RFI, les troupes marocaines \u00ab <em>pourraient s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 20 000 soldats<\/em> \u00bb. Un premier d\u00e9ploiement serait envisag\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. \u00c0 terme, jusqu&rsquo;\u00e0 12 000 policiers marocains pourraient \u00eatre envoy\u00e9s pour former et encadrer la nouvelle force de police palestinienne, dont le recrutement a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 selon le haut repr\u00e9sentant pour Gaza, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, qui annonce que 2 000 Gazaouis se sont d\u00e9j\u00e0 port\u00e9s volontaires.<\/p>\n<p><strong>CHIFFRES CL\u00c9S DU CONSEIL DE LA PAIX (au 26 f\u00e9vrier 2026)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Membres fondateurs invit\u00e9s : environ 60 pays. Participants \u00e0 la r\u00e9union inaugurale du 19 f\u00e9vr. : ~47 \u00c9tats.<\/li>\n<li>Contribution financi\u00e8re \u00e0 Gaza annonc\u00e9e \u00e0 Washington : 7 milliards $ (membres) + 10 milliards $ (\u00c9tats-Unis).<\/li>\n<li>Si\u00e8ge permanent : co\u00fbt officiel de 1 milliard $ selon la charte. Le Maroc n&rsquo;a pas confirm\u00e9 ce montant.<\/li>\n<li>Pays engag\u00e9s dans la Force de stabilisation (ISF) : Indon\u00e9sie (8 000 soldats), Maroc, Kazakhstan, Kosovo, Albanie.<\/li>\n<li>Pays absents : France, Allemagne, Royaume-Uni, Canada, Japon, Cor\u00e9e du Sud, Inde, Br\u00e9sil, Chine, Russie.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9quation Sahara : la paix vendue, la paix re\u00e7ue<\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre la d\u00e9cision marocaine dans toute sa profondeur, il faut sortir du cadre gazaoui et regarder vers le d\u00e9sert. La question du <strong>Sahara occidental<\/strong> constitue, depuis cinquante ans, la pierre angulaire de la politique \u00e9trang\u00e8re du Maroc. Rabat revendique sa souverainet\u00e9 sur ce territoire, administr\u00e9 depuis 1975, en proposant un plan d&rsquo;autonomie \u00e9largie. En face, le Front Polisario \u2014 soutenu par l&rsquo;Alg\u00e9rie \u2014 exige un r\u00e9f\u00e9rendum d&rsquo;autod\u00e9termination.<\/p>\n<p>La dynamique s&rsquo;est radicalement transform\u00e9e depuis le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche. En 2020, lors de son premier mandat, Trump avait reconnu la souverainet\u00e9 marocaine sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations Maroc-Isra\u00ebl, dans le cadre des Accords d&rsquo;Abraham. Ce pr\u00e9c\u00e9dent a dessin\u00e9 la logique des relations bilat\u00e9rales : Washington et Rabat entretiennent une relation de <strong><em>do ut des<\/em><\/strong> \u2014 je donne pour que tu donnes \u2014 dont la derni\u00e8re it\u00e9ration est pr\u00e9cis\u00e9ment le Conseil de la Paix.<\/p>\n<p>La chronologie parle d&rsquo;elle-m\u00eame. Le 19 janvier 2026, le Maroc annonce son adh\u00e9sion au Conseil de la Paix. Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU venait d&rsquo;adopter, le 4 novembre 2025, la r\u00e9solution 2797, qui \u00ab <strong><em>appuie pleinement<\/em><\/strong><em> le plan d&rsquo;autonomie propos\u00e9 par le Maroc comme base d&rsquo;un r\u00e8glement juste, durable et mutuellement acceptable<\/em> \u00bb. La France allait jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer que \u00ab <em>le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir du Sahara occidental s&rsquo;inscrivent dans le cadre de la souverainet\u00e9 marocaine<\/em> \u00bb. Les \u00c9tats-Unis saluaient un texte \u00ab <strong><em>historique<\/em><\/strong> \u00bb. Les 8\u20139 f\u00e9vrier 2026, une premi\u00e8re r\u00e9union se tient \u00e0 l&rsquo;ambassade am\u00e9ricaine \u00e0 Madrid entre le Maroc, l&rsquo;Alg\u00e9rie, le Front Polisario et la Mauritanie. Les 23\u201324 f\u00e9vrier 2026, un deuxi\u00e8me round se d\u00e9roule \u00e0 Washington, avec comme objectif \u2014 selon l&rsquo;\u00e9missaire Steve Witkoff \u2014 de parvenir \u00e0 un accord-cadre \u00ab <em>d&rsquo;ici l&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Pour Fran\u00e7ois Dubuisson, professeur de droit international \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, il s&rsquo;agit de \u00ab <strong><em>l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une diplomatie marocaine extr\u00eamement offensive<\/em><\/strong> \u00bb qui s&rsquo;appuie sur des \u00ab <em>arguments \u00e9conomiques et strat\u00e9giques majeurs : acc\u00e8s aux ressources (p\u00eache, phosphates), coop\u00e9ration migratoire avec l&rsquo;Europe et r\u00f4le cl\u00e9 dans la lutte antiterroriste<\/em> \u00bb. Massad Boulos, conseiller de Trump pour les affaires arabes et africaines, a exerc\u00e9 lors des n\u00e9gociations de Washington une pression explicite sur l&rsquo;Alg\u00e9rie et le Polisario, en avertissant que \u00ab<em> <strong>les discussions sur le Sahara occidental ne vont pas s&rsquo;\u00e9terniser<\/strong> <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9canique d&rsquo;\u00e9change est limpide pour les observateurs alg\u00e9riens. \u00ab <em>L&rsquo;iconoclaste pr\u00e9sident am\u00e9ricain n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre dans une logique de renvoi de l&rsquo;ascenseur \u00e0 son partenaire marocain<\/em> \u00bb, \u00e9crit *<em>Pravda Burkina Faso<\/em>* en \u00e9cho \u00e0 plusieurs analyses maghr\u00e9bines. Alger, de son c\u00f4t\u00e9, s&rsquo;est abstenu lors du vote onusien de la r\u00e9solution 2797 et regarde avec inqui\u00e9tude cette conjonction de la normalisation isra\u00e9lienne, du Conseil de la Paix et des n\u00e9gociations sahariennes en faveur de Rabat.<\/p>\n<p><strong>Le Maroc, pivot arabe d&rsquo;un multilat<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>ralisme trumpien<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du Sahara, la pr\u00e9sence marocaine au Conseil de la Paix s&rsquo;explique par une ambition structurelle de positionnement r\u00e9gional. Deux atouts font du Maroc un acteur irrempla\u00e7able dans le dispositif trumpien au Moyen-Orient : sa <strong>pr\u00e9sidence du Comit\u00e9 Al-Qods<\/strong> et sa <strong>normalisation avec Isra\u00ebl<\/strong>.<\/p>\n<p>Depuis 1975, le roi du Maroc pr\u00e9side le Comit\u00e9 Al-Qods (Comit\u00e9 pour J\u00e9rusalem) de l&rsquo;Organisation de la Coop\u00e9ration Islamique (OCI). Cette fonction conf\u00e8re \u00e0 Mohammed VI une autorit\u00e9 morale et religieuse unique sur la question de J\u00e9rusalem \u2014 une ville sainte pour l&rsquo;islam, le juda\u00efsme et le christianisme, et dont le statut est au c\u0153ur de tout plan de paix isra\u00e9lo-palestinien. Via l&rsquo;Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, le bras ex\u00e9cutif de ce Comit\u00e9, le Maroc finance des \u00e9coles, des h\u00f4pitaux et des programmes sociaux \u00e0 J\u00e9rusalem-Est, investissant dans ce qu&rsquo;une analyse du *<em>Collimateur<\/em>* appelle une \u00ab <strong><em>diplomatie de l&rsquo;impact direct<\/em><\/strong> \u00bb, qui transforme le Conseil de la Paix en un \u00ab <strong><em>pont entre la concertation politique et la r\u00e9alit\u00e9 diplomatique<\/em><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>Simultan\u00e9ment, depuis les Accords d&rsquo;Abraham de 2020, le Maroc entretient des relations officielles avec Isra\u00ebl \u2014 un statut rarissime dans le monde arabe. Cette double appartenance \u2014 monde arabo-musulman et partenaire de Tel-Aviv \u2014 en fait, selon le *<em>Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/em>*, \u00ab <strong><em>le m\u00e9diateur indispensable pour Donald Trump entre Isra\u00ebl et la Palestine<\/em><\/strong> \u00bb. \u00c0 la r\u00e9union inaugurale du Conseil de la Paix, Gideon Saar, chef de la diplomatie isra\u00e9lienne, se tenait sur l&rsquo;estrade aux c\u00f4t\u00e9s du Premier ministre du Qatar. Le Maroc, lui, si\u00e9geait dans l&rsquo;assembl\u00e9e. Position id\u00e9ale : ni trop pr\u00e8s, ni trop loin. Pr\u00e9sent, engag\u00e9, audible des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement militaire marocain \u00e0 Gaza r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 une logique d&rsquo;influence institutionnelle. En \u00e9tant le <strong>premier pays arabe<\/strong> \u00e0 annoncer publiquement un d\u00e9ploiement de troupes dans la Force internationale de stabilisation, Rabat s&rsquo;assure un r\u00f4le de premier plan dans la gouvernance post-conflit de la bande de Gaza. Former les policiers gazaouis, c&rsquo;est modeler les structures s\u00e9curitaires du futur territoire. D\u00e9ployer des officiers au commandement conjoint, c&rsquo;est si\u00e9ger \u00e0 la table des d\u00e9cisions op\u00e9rationnelles. Installer un h\u00f4pital de campagne, c&rsquo;est projeter une image humaniste qui renforce la cr\u00e9dibilit\u00e9 diplomatique. Le Maroc ne fait pas que contribuer : il <strong>positionne ses pions<\/strong> pour l&rsquo;apr\u00e8s-Hamas.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>\u00ab La stabilisation et la reconstruction de Gaza permettront le lancement d&rsquo;un processus r\u00e9el de paix sur la base de la solution \u00e0 deux \u00c9tats. \u00bb<\/em><strong><br \/>\n\u2014 Nasser Bourita, 19 f\u00e9vrier 2026<\/strong><\/p>\n<p>Cette affirmation de Bourita est cruciale : en conditionnant son engagement \u00e0 une perspective de solution \u00e0 deux \u00c9tats, le Maroc se d\u00e9marque des membres les plus accommodants du Conseil et maintient une ligne de l\u00e9gitimit\u00e9 palestinienne indispensable \u00e0 sa cr\u00e9dibilit\u00e9 dans le monde arabe. Une fa\u00e7on de dire : nous sommes dans le club Trump, mais nous ne cautionnons pas tout.<\/p>\n<p><strong>Critiques, zones d&rsquo;ombre et risques calcul\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;adh\u00e9sion marocaine n&rsquo;est pas sans soulever des questions profondes \u2014 au sein m\u00eame de la presse marocaine. Le 25 f\u00e9vrier 2026, *<em>M\u00e9dias24<\/em>* publie une enqu\u00eate intitul\u00e9e \u00ab <em>Debunk : Le Maroc a-t-il vraiment pay\u00e9 un milliard de dollars au Board of Peace de Trump<\/em> ? \u00bb. La r\u00e9ponse est nuanc\u00e9e. Si la charte du Conseil pr\u00e9voit qu&rsquo;un \u00c9tat souhaitant un si\u00e8ge permanent doit s&rsquo;acquitter de \u00ab <strong><em>plus d&rsquo;un milliard de dollars<\/em><\/strong> \u00bb, la contribution annonc\u00e9e par Bourita \u2014 qualifi\u00e9e de \u00ab <em>toute premi\u00e8re<\/em> \u00bb \u2014 concerne officiellement la reconstruction de Gaza, non le droit d&rsquo;entr\u00e9e institutionnel. Or une source diplomatique am\u00e9ricaine confirmait \u00e0 *<em>M\u00e9dias24<\/em>* que toutes les contributions sont \u00ab <strong><em>volontaires<\/em><\/strong> \u00bb et \u00ab <em>consid\u00e9r\u00e9es comme faisant partie de l&rsquo;engagement envers Gaza<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;opacit\u00e9 financi\u00e8re est r\u00e9elle. La m\u00eame enqu\u00eate note qu&rsquo;une \u00ab <strong><em>demande de liquidit\u00e9s inhabituelle<\/em><\/strong><em> de la part du Tr\u00e9sor marocain avait agit\u00e9 le march\u00e9 obligataire<\/em> \u00bb dans les semaines pr\u00e9c\u00e9dant la r\u00e9union de Washington, avec de nombreux professionnels de la finance \u00e9tablissant un lien avec \u00ab <em>un engagement financier externe exceptionnel<\/em> \u00bb. Sans confirmation officielle du montant pr\u00e9cis, le soup\u00e7on que Rabat aurait d\u00e9bours\u00e9 le milliard institutionnel demeure. Si tel est le cas, l&rsquo;investissement est colossal \u2014 mais pas n\u00e9cessairement irrationnel au regard des retomb\u00e9es escompt\u00e9es sur le Sahara.<\/p>\n<p>Plus profond est le reproche g\u00e9opolitique. Selon le site *<em>Afrik.com<\/em>*, \u00ab <em>le Maroc et l&rsquo;\u00c9gypte sont les seuls pays africains pr\u00e9sents, au sein d&rsquo;un ar\u00e9opage largement boud\u00e9 par les grandes d\u00e9mocraties occidentales et les 50 autres pays africains<\/em> \u00bb. La <strong>France<\/strong>, principal partenaire historique du Maroc, a non seulement refus\u00e9 de rejoindre le Conseil mais a vivement critiqu\u00e9 la pr\u00e9sence de la commissaire europ\u00e9enne Dubravka Suica \u00e0 la r\u00e9union inaugurale, soulignant qu&rsquo;elle n&rsquo;avait \u00ab <em>re\u00e7u aucun mandat<\/em> \u00bb pour y participer. Ce signal franco-europ\u00e9en m\u00e9rite attention : en 2026, le Maroc a simultan\u00e9ment renou\u00e9 ses relations diplomatiques avec Paris apr\u00e8s deux ans de crise, et risque de les refroidir \u00e0 nouveau par son alignement washingtonien.<\/p>\n<p>L&rsquo;Autorit\u00e9 palestinienne elle-m\u00eame n&rsquo;\u00e9tait effectivement pas repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la r\u00e9union du 19 f\u00e9vrier, une absence symboliquement lourde que Bourita a tent\u00e9 de compenser en insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab <strong><em>renforcer l&rsquo;autorit\u00e9 palestinienne \u00e0 travers ses institutions l\u00e9gislatives<\/em><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p><strong>La doctrine Bourita : pragmatisme assum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La posture marocaine au Conseil de la Paix s&rsquo;inscrit dans une vision diplomatique que l&rsquo;on pourrait qualifier de <strong>pragmatisme souverain<\/strong>. Depuis une d\u00e9cennie, Rabat a syst\u00e9matiquement choisi de multiplier les partenariats \u2014 avec Washington, Paris, Madrid, Tel-Aviv, Riyad, P\u00e9kin, Moscou et Abuja \u2014 sans s&rsquo;aligner exclusivement sur aucun d&rsquo;eux. La doctrine Bourita, si l&rsquo;on peut l&rsquo;appeler ainsi, repose sur l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;un petit pays sans p\u00e9trole ni puissance militaire de premier plan doit compenser par une <strong>hyperactivit\u00e9 diplomatique<\/strong> et une capacit\u00e9 \u00e0 servir d&rsquo;interm\u00e9diaire irrempla\u00e7able.<\/p>\n<p>Le Maroc a ainsi tir\u00e9 les le\u00e7ons de son exp\u00e9rience au sein de l&rsquo;Union africaine, qu\u2019il avait quitt\u00e9 en 1984 en raison du Sahara occidental avant d&rsquo;y revenir triomphalement en 2017. Il a mesur\u00e9 le prix de l&rsquo;absence lors des grands forums de d\u00e9cision. L&rsquo;entr\u00e9e au Conseil de la Paix, aussi imparfaite que soit cette institution, suit cette logique : mieux vaut \u00eatre dans la salle et peser sur les d\u00e9bats que rester dehors et subir les d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Driss El Fahli, analyste pour *<em>Maroc Hebdo<\/em>*, r\u00e9sume la tension : \u00ab <strong><em>Au d\u00e9part<\/em><\/strong><em>, la charte du Conseil donnait l&rsquo;image d&rsquo;une privatisation du multilat\u00e9ralisme. <strong>Mais en y adh\u00e9rant, le Maroc opte pour une recherche d&rsquo;efficacit\u00e9 diplomatique compatible avec la d\u00e9fense du droit international et de la cause palestinienne<\/strong>. <\/em>\u00bb L&rsquo;argument est d\u00e9fendable : l&rsquo;ONU est paralys\u00e9e par le veto ; le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 incapable d&rsquo;arr\u00eater la guerre \u00e0 Gaza pendant quinze mois ; dans ce vide institutionnel, une instance imparfaite valant mieux qu&rsquo;un statu quo meurtrier.<\/p>\n<p>Reste la question de <strong>la coh\u00e9rence de long terme<\/strong>. Le Maroc d\u00e9fend la cause palestinienne depuis des d\u00e9cennies \u2014 Mohammed V \u00e9tait l&rsquo;un des premiers dirigeants arabes \u00e0 soutenir la r\u00e9sistance palestinienne \u2014 et la pr\u00e9sidence du Comit\u00e9 Al-Qods ancre cette identit\u00e9 dans le marbre institutionnel islamique. Participer \u00e0 un Conseil dont la structure de gouvernance favorise Trump et dans lequel Isra\u00ebl joue un r\u00f4le de premier plan cr\u00e9e une <strong>tension narrative<\/strong> dont Rabat devra g\u00e9rer les effets dans la rue arabe, dans les pays du Golfe qui observent, et dans les capitales africaines qui ont choisi l&rsquo;abstention.<\/p>\n<p><strong>Vers quelle architecture de paix ?<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque Donald Trump a cl\u00f4tur\u00e9 la r\u00e9union inaugurale du 19 f\u00e9vrier par ces mots \u2014 \u00ab<em> <strong>Nous allons aider Gaza. Nous allons r\u00e9gler \u00e7a. Nous en ferons un succ\u00e8s. Nous y apporterons la paix et nous ferons de m\u00eame dans d&rsquo;autres endroits chauds qui surgiront<\/strong> <\/em>\u00bb \u2014 il exprimait avec son emphase coutumi\u00e8re quelque chose que le monde diplomatique rechigne \u00e0 admettre : la paix, aujourd&rsquo;hui, se n\u00e9gocie de plus en plus en dehors des institutions multilat\u00e9rales traditionnelles.<\/p>\n<p>Le Conseil de la Paix, quelles qu&rsquo;en soient les imperfections et les arri\u00e8re-pens\u00e9es, incarne cette mutation. Dans un monde o\u00f9 le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU est paralys\u00e9 par des v\u00e9tos crois\u00e9s sur \u00e0 peu pr\u00e8s chaque conflit majeur, o\u00f9 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale vote des r\u00e9solutions que personne n&rsquo;applique, et o\u00f9 les grandes guerres du XXIe si\u00e8cle \u2014 Ukraine, Gaza, Soudan, Y\u00e9men \u2014 semblent insolubles dans le cadre normatif h\u00e9rit\u00e9 de 1945, il n&rsquo;est pas absurde de tenter autre chose.<\/p>\n<p>Le Maroc l&rsquo;a compris avant beaucoup d&rsquo;autres. En signant \u00e0 Davos en janvier 2026, Mohammed VI a pari\u00e9 sur plusieurs tableaux simultan\u00e9ment : renforcer le partenariat strat\u00e9gique avec Washington au moment pr\u00e9cis o\u00f9 ce partenariat se traduit en or pour le dossier saharien ; s&rsquo;assurer un si\u00e8ge de d\u00e9cision sur l&rsquo;apr\u00e8s-Gaza ; projeter l&rsquo;image d&rsquo;un Maroc responsable, engag\u00e9 militairement et financi\u00e8rement dans la reconstruction de la paix arabe ; et d\u00e9montrer \u00e0 ses partenaires du Golfe que Rabat est un interlocuteur s\u00e9rieux, capable de passer des d\u00e9clarations aux actes.<\/p>\n<p>Les risques sont r\u00e9els, les critiques l\u00e9gitimes. L&rsquo;isolation vis-\u00e0-vis des grandes d\u00e9mocraties europ\u00e9ennes est un co\u00fbt politique non n\u00e9gligeable. L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 sur le milliard de dollars alimente les soup\u00e7ons. L&rsquo;absence de l&rsquo;Autorit\u00e9 palestinienne \u00e0 Washington fragilise la l\u00e9gitimit\u00e9 du processus. Et la promesse d&rsquo;une solution \u00e0 deux \u00c9tats reste, dans l&rsquo;architecture trumpienne, davantage un grand programme.<\/p>\n<p>Mais le monde, en ce d\u00e9but 2026, ne ressemble plus \u00e0 celui d&rsquo;il y a dix ans. L&rsquo;ordre multilat\u00e9ral vacille. Les alliances se reconfigurent \u00e0 une vitesse que les chancelleries peinent \u00e0 suivre. Dans ce paysage en mutation, la diplomatie marocaine a fait un choix : <strong>ne pas rester spectateur<\/strong>. Si le Conseil de la Paix tient ses promesses \u2014 stabilisation de Gaza, amorce d&rsquo;une solution politique, appui au plan d&rsquo;autonomie saharien \u2014 Rabat aura jou\u00e9 la partition du si\u00e8cle. Si l&rsquo;institution s&rsquo;effondre sous le poids de ses contradictions, le Maroc devra g\u00e9rer les dommages collat\u00e9raux d&rsquo;un pari perdu.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, une chose est certaine : en faisant du Maroc le pivot arabe du grand projet trumpien de r\u00e9invention de la gouvernance mondiale, Mohammed VI a hiss\u00e9 le Royaume \u00e0 une table o\u00f9 peu de pays de sa taille et de ses ressources auraient os\u00e9 s&rsquo;asseoir. La paix, dit-on, a un prix. Le Maroc vient de payer la mise.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pari strat\u00e9gique ou alignement assum\u00e9 ? Comment Rabat s&rsquo;est impos\u00e9 comme le pivot arabe d&rsquo;une architecture de paix in\u00e9dite \u2014 et controvers\u00e9e \u2014 voulue par Donald Trump. 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