{"id":7834,"date":"2026-05-11T13:38:43","date_gmt":"2026-05-11T12:38:43","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=7834"},"modified":"2026-05-11T13:38:43","modified_gmt":"2026-05-11T12:38:43","slug":"lalgerie-et-la-mafia-des-generaux-anatomie-dun-systeme-de-pouvoir-opaque-et-perspectives-davenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/lalgerie-et-la-mafia-des-generaux-anatomie-dun-systeme-de-pouvoir-opaque-et-perspectives-davenir\/","title":{"rendered":"L&rsquo;ALG\u00c9RIE ET LA \u00abMAFIA DES G\u00c9N\u00c9RAUX\u00bb: Anatomie d&rsquo;un syst\u00e8me de pouvoir opaque et perspectives d&rsquo;avenir"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 188px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?resize=188%2C250&amp;ssl=1 188w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Cet essai analyse la nature du r\u00e9gime alg\u00e9rien \u00e0 travers le prisme de la notion contest\u00e9e de \u00ab mafia des g\u00e9n\u00e9raux \u00bb, concept mobilis\u00e9 par l&rsquo;opposition et la soci\u00e9t\u00e9 civile pour d\u00e9crire l&rsquo;enchev\u00eatrement d&rsquo;int\u00e9r\u00eats militaires, s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques qui structure l&rsquo;\u00c9tat depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance. En croisant les apports de la politologie compar\u00e9e, de la sociologie des \u00e9lites et des \u00e9tudes sur l&rsquo;autoritarisme, cet article retrace la gen\u00e8se historique de ce syst\u00e8me, en examine les m\u00e9canismes de reproduction et les tensions internes, avant d&rsquo;interroger les sc\u00e9narios d&rsquo;\u00e9volution possibles \u00e0 l&rsquo;horizon du soul\u00e8vement du Hirak (2019) et de ses s\u00e9quelles. La conclusion souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une transition institutionnelle n\u00e9goci\u00e9e comme condition sine qua non d&rsquo;une d\u00e9mocratisation durable.<\/em><\/p>\n<p><strong>I. Introduction : Entre rh\u00e9torique et r\u00e9alit\u00e9 analytique<\/strong><\/p>\n<p>La formule \u00ab mafia des g\u00e9n\u00e9raux \u00bb circule depuis plusieurs d\u00e9cennies dans le discours de l&rsquo;opposition alg\u00e9rienne, des milieux de la diaspora et d&rsquo;une partie de la presse internationale. Elle d\u00e9signe, dans son usage le plus courant, un r\u00e9seau informel d&rsquo;officiers sup\u00e9rieurs, de responsables des services de renseignement et d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires gravitant autour des sph\u00e8res militaires, qui exercerait une influence d\u00e9cisive sur les orientations strat\u00e9giques de l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien en dehors des circuits institutionnels formels (Addi, 2006). Si cette expression a une valeur heuristique certaine dans la mesure o\u00f9 elle pointe une r\u00e9alit\u00e9 structurelle \u2014 la pr\u00e9dominance de l&rsquo;arm\u00e9e dans la vie politique \u2014 elle doit \u00eatre mani\u00e9e avec pr\u00e9caution dans un cadre acad\u00e9mique.<\/p>\n<p>Comme le souligne Leca (1994, p. 45), \u00ab nommer un ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;\u00e9quivaut pas \u00e0 l&rsquo;expliquer \u00bb. La qualification de \u00ab mafia \u00bb appliqu\u00e9e \u00e0 un appareil d&rsquo;\u00c9tat risque de r\u00e9duire des dynamiques complexes \u00e0 une caricature qui obscurcit autant qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le. Il convient donc de d\u00e9passer la pol\u00e9mique pour interroger le fond : quelle est la nature r\u00e9elle du r\u00e9gime alg\u00e9rien ? Comment s&rsquo;est constitu\u00e9e la domination des \u00e9lites militaro-s\u00e9curitaires ? Quels sont ses m\u00e9canismes de perp\u00e9tuation, ses lignes de fracture internes et ses perspectives d&rsquo;\u00e9volution ?<\/p>\n<p>Cet essai d\u00e9fend la th\u00e8se suivante : le r\u00e9gime alg\u00e9rien constitue un autoritarisme comp\u00e9titif \u00e0 dominante militaro-renti\u00e8re (Levitsky &amp; Way, 2010), dont la p\u00e9rennit\u00e9 repose sur une articulation fonctionnelle entre rente p\u00e9troli\u00e8re, contr\u00f4le s\u00e9curitaire et gestion s\u00e9lective des \u00e9lites civiles. Le soul\u00e8vement du Hirak en 2019, bien qu&rsquo;ayant \u00e9chou\u00e9 \u00e0 produire une rupture institutionnelle, a n\u00e9anmoins mis \u00e0 nu les contradictions internes du syst\u00e8me et ouvert un espace discursif de contestation sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis les ann\u00e9es 1980. La question de l&rsquo;avenir d\u00e9pend largement de la capacit\u00e9 des acteurs \u00e0 n\u00e9gocier une transition avant que les tensions sociales, \u00e9conomiques et g\u00e9n\u00e9rationnelles ne rendent une telle n\u00e9gociation impossible.<\/p>\n<p><strong>II. Gen\u00e8se historique d&rsquo;un pouvoir militaris\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>2.1. L&rsquo;arm\u00e9e comme matrice de l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;enracinement des militaires au c\u0153ur de l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien n&rsquo;est pas un accident de l&rsquo;histoire contemporaine ; il proc\u00e8de d&rsquo;une logique fondatrice. La guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance (1954\u20131962) a conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Arm\u00e9e de lib\u00e9ration nationale (ALN), et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 son \u00e9tat-major constitu\u00e9 autour de l&rsquo;Arm\u00e9e des fronti\u00e8res, une l\u00e9gitimit\u00e9 historique quasi sacrale. Comme l&rsquo;analyse Harbi (1980, p. 78), \u00ab l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;a pas conquis le pouvoir apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance : elle l&rsquo;a re\u00e7u en h\u00e9ritage, parce qu&rsquo;elle \u00e9tait la seule organisation disposant d&rsquo;une coh\u00e9rence institutionnelle \u00e0 l&rsquo;issue du conflit \u00bb.<\/p>\n<p>Cette primaut\u00e9 militaire s&rsquo;est consolid\u00e9e lors du coup de force de 1965, lorsque le colonel Houari Boum\u00e9di\u00e8ne renversa Ahmed Ben Bella pour instaurer un r\u00e9gime militaro-socialiste. Le Conseil de la r\u00e9volution, compos\u00e9 majoritairement d&rsquo;officiers, supplanta toute structure de repr\u00e9sentation civile et posa les jalons d&rsquo;un syst\u00e8me o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e \u2014 rebaptis\u00e9e Arm\u00e9e nationale populaire (ANP) \u2014 joue le r\u00f4le d&rsquo;arbitre et de gardien de l&rsquo;ordre politique (Quandt, 1998). La Constitution de 1976 consacra formellement le r\u00f4le directeur du Parti du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN), mais ce dernier ne fut jamais qu&rsquo;un instrument de l\u00e9gitimation civile au service d&rsquo;un pouvoir fondamentalement militaire.<\/p>\n<p><strong><em>2.2. La d\u00e9cennie noire et la recomposition s\u00e9curitaire<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La crise des ann\u00e9es 1990 constitue un tournant d\u00e9cisif. La mont\u00e9e en puissance du Front islamique du salut (FIS), la d\u00e9cision d&rsquo;annuler les \u00e9lections l\u00e9gislatives de janvier 1992 et le d\u00e9clenchement de la guerre civile ont non seulement renforc\u00e9 la position des militaires comme seul rempart contre la dissolution de l&rsquo;\u00c9tat, mais ont surtout justifi\u00e9 l&rsquo;expansion consid\u00e9rable des appareils s\u00e9curitaires. Le D\u00e9partement du renseignement et de la s\u00e9curit\u00e9 (DRS), dirig\u00e9 pendant deux d\u00e9cennies par le g\u00e9n\u00e9ral Mohamed Medi\u00e8ne dit \u00ab Toufik \u00bb, est devenu l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment central de ce que Hamladji (2021, p. 113) nomme \u00ab l&rsquo;\u00c9tat dans l&rsquo;\u00c9tat \u00bb.<\/p>\n<p>La guerre civile a \u00e9galement fourni aux \u00e9lites militaro-s\u00e9curitaires un double dividende : d&rsquo;une part, une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9tatiste fond\u00e9e sur la pr\u00e9servation de l&rsquo;unit\u00e9 nationale et la lutte contre le terrorisme ; d&rsquo;autre part, des opportunit\u00e9s \u00e9conomiques consid\u00e9rables li\u00e9es aux march\u00e9s publics d&rsquo;armement, aux contrats de reconstruction et au contr\u00f4le des flux commerciaux (Martinez, 1998). C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;est constitu\u00e9e ce que Werenfels (2007) appelle la \u00ab nomenklatura alg\u00e9rienne \u00bb : une constellation d&rsquo;int\u00e9r\u00eats m\u00ealant officiers, businessmen proches du pouvoir et hauts fonctionnaires civils coopt\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>III. Anatomie du syst\u00e8me de pouvoir<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>3.1. Le \u00ab pouvoir r\u00e9el \u00bb et ses cercles concentriques<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre la structure du pouvoir alg\u00e9rien, il faut distinguer entre les institutions formelles \u2014 gouvernement, Parlement, Parlement \u2014 et le \u00ab pouvoir r\u00e9el \u00bb (as-sulta al-f\u00ee&rsquo;liyya), d\u00e9sign\u00e9 en alg\u00e9rien populaire sous le terme de \u00ab le pouvoir \u00bb tout court, comme s&rsquo;il allait de soi qu&rsquo;il existait une instance d\u00e9cisionnelle sup\u00e9rieure aux instances constitutionnelles. Cette dualit\u00e9 institutionnelle est document\u00e9e par de nombreux observateurs (Addi, 2006 ; Werenfels, 2007 ; Lowi, 2009).<\/p>\n<p>Au centre de ce syst\u00e8me se trouve l&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;ANP, dont le chef joue depuis 2019 un r\u00f4le particuli\u00e8rement visible. Autour de ce noyau gravitent les directions des services de renseignement (restructur\u00e9s en plusieurs agences depuis la dissolution du DRS en 2016), les cercles du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, la direction du FLN et du RND, ainsi qu&rsquo;un r\u00e9seau d&rsquo;oligarques \u00e9conomiques li\u00e9s aux march\u00e9s publics. La pr\u00e9sidence de Abdelaziz Bouteflika (1999\u20132019) a repr\u00e9sent\u00e9 une tentative de r\u00e9\u00e9quilibrage civil, mais cette tentative s&rsquo;est progressivement \u00e9rod\u00e9e \u00e0 mesure que la sant\u00e9 du pr\u00e9sident d\u00e9clinait, laissant appara\u00eetre la nature fondamentalement militaire du r\u00e9gime (Addi, 2015).<\/p>\n<p><strong><em>3.2. La rente p\u00e9troli\u00e8re comme ciment du syst\u00e8me<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Aucune analyse du r\u00e9gime alg\u00e9rien ne saurait faire l&rsquo;\u00e9conomie de la variable renti\u00e8re. L&rsquo;Alg\u00e9rie tire l&rsquo;essentiel de ses recettes budg\u00e9taires \u2014 entre 60 et 70 % selon les p\u00e9riodes \u2014 de l&rsquo;exportation d&rsquo;hydrocarbures (Sonatrach, 2022). Cette manne p\u00e9troli\u00e8re remplit plusieurs fonctions syst\u00e9miques : elle finance les d\u00e9penses sociales qui assurent la paix sociale, elle alimente les r\u00e9seaux de client\u00e9lisme qui soudent les \u00e9lites entre elles, et elle dispense l&rsquo;\u00c9tat de la n\u00e9cessit\u00e9 de lever l&rsquo;imp\u00f4t, r\u00e9duisant ainsi la pression citoyenne pour la repr\u00e9sentation et la responsabilisation (Lowi, 2009).<\/p>\n<p>En ce sens, l&rsquo;Alg\u00e9rie correspond au mod\u00e8le de l&rsquo;\u00c9tat rentier \u00e9labor\u00e9 par Beblawi et Luciani (1987), dans lequel la rente exon\u00e8re les dirigeants de rendre des comptes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Comme le formule lucidement Lowi (2009, p. 32) : \u00ab Le r\u00e9gime alg\u00e9rien n&rsquo;a pas besoin du consentement de sa population pour survivre, tant que les prix du p\u00e9trole demeurent suffisamment \u00e9lev\u00e9s pour financer la redistribution \u00bb. Cette logique cr\u00e9e n\u00e9anmoins une vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle : le contre-choc p\u00e9trolier de 2014-2016 a directement aliment\u00e9 le m\u00e9contentement social qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le Hirak.<\/p>\n<p><strong><em>3.3. Le DRS comme instrument de r\u00e9gulation<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le D\u00e9partement du renseignement et de la s\u00e9curit\u00e9 a longtemps constitu\u00e9 la pi\u00e8ce ma\u00eetresse du dispositif de contr\u00f4le politique. Sous la direction du g\u00e9n\u00e9ral Medi\u00e8ne (1990\u20132015), le DRS a d\u00e9velopp\u00e9 des capacit\u00e9s de surveillance, d&rsquo;infiltration et de manipulation qui s&rsquo;\u00e9tendaient bien au-del\u00e0 de la s\u00e9curit\u00e9 stricto sensu : contr\u00f4le de la presse, surveillance des partis d&rsquo;opposition, gestion des formations islamistes l\u00e9gales, voire arbitrage des conflits internes au sein de l&rsquo;\u00e9lite militaire (Hamladji, 2021). Sa dissolution en 2016 et sa r\u00e9organisation en plusieurs entit\u00e9s distinctes \u2014 dont la Direction des services de s\u00e9curit\u00e9 (DSS) \u2014 ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es par Bouteflika comme une r\u00e9forme d\u00e9mocratisante, mais nombre d&rsquo;observateurs y ont vu davantage un r\u00e8glement de comptes entre factions qu&rsquo;une v\u00e9ritable r\u00e9forme institutionnelle (Volpi, 2017).<\/p>\n<p><strong>IV. Le Hirak : r\u00e9v\u00e9lateur des contradictions internes<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>4.1. Un soul\u00e8vement in\u00e9dit<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le mouvement populaire qui \u00e9clata le 22 f\u00e9vrier 2019, en r\u00e9action \u00e0 l&rsquo;annonce d&rsquo;une cinqui\u00e8me candidature de Bouteflika, a constitu\u00e9 le d\u00e9fi le plus s\u00e9rieux jamais pos\u00e9 au r\u00e9gime alg\u00e9rien depuis la fin de la guerre civile. Pendant de nombreux mois, des millions d&rsquo;Alg\u00e9riens ont manifest\u00e9 pacifiquement chaque vendredi dans toutes les grandes villes, r\u00e9clamant non seulement le d\u00e9part de Bouteflika mais \u00ab le syst\u00e8me \u00bb dans son ensemble \u2014 formul\u00e9 dans le slogan c\u00e9l\u00e8bre \u00ab Yetnahaw ga\u00e2 \u00bb (Qu&rsquo;ils partent tous) (Dris-A\u00eft Hamadouche, 2020).<\/p>\n<p>L&rsquo;originalit\u00e9 du Hirak tenait \u00e0 son caract\u00e8re radicalement horizontal, \u00e0 son refus explicite de toute r\u00e9cup\u00e9ration partisane et \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser des cat\u00e9gories sociales transversales : jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs, femmes, employ\u00e9s du secteur public, commer\u00e7ants et m\u00eame retrait\u00e9s (Volpi, 2020). Ce profil sociologique indique que la contestation ne portait pas sur des revendications cat\u00e9gorielles mais sur une exigence de dignit\u00e9 et de citoyennet\u00e9 incompatible avec le fonctionnement opaque du r\u00e9gime.<\/p>\n<p><strong><em>4.2. La r\u00e9ponse du r\u00e9gime et ses limites<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse du r\u00e9gime a suivi un double registre. Sur le plan tactique, les militaires ont \u00ab sacrifi\u00e9 \u00bb Bouteflika, orchestrant sa d\u00e9mission en avril 2019 tout en pr\u00e9servant l&rsquo;essentiel du syst\u00e8me. Le g\u00e9n\u00e9ral Ahmed Ga\u00efd Salah, chef d&rsquo;\u00e9tat-major, s&rsquo;est impos\u00e9 comme l&rsquo;interlocuteur institutionnel du mouvement, tout en refusant toute n\u00e9gociation sur la nature du r\u00e9gime. Des arrestations cibl\u00e9es d&rsquo;oligarques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ancien cercle pr\u00e9sidentiel \u2014 notamment les fr\u00e8res Kouninef et l&rsquo;ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia \u2014 ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es comme une lutte contre la corruption, mais rel\u00e8vent davantage d&rsquo;une purge factionnelle que d&rsquo;un v\u00e9ritable assainissement (Dris-A\u00eft Hamadouche, 2020).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d&rsquo;Abdelmadjid Tebboune en d\u00e9cembre 2019, avec un taux de participation officiel de 39,9 %, a marqu\u00e9 le retour \u00e0 une normalit\u00e9 institutionnelle formelle sans r\u00e9pondre aux exigences du Hirak. La pand\u00e9mie de COVID-19 a fourni en 2020 un pr\u00e9texte commode pour interdire les rassemblements et mettre fin aux manifestations, cependant que la r\u00e9pression s&rsquo;intensifiait contre les militants, journalistes et d\u00e9fenseurs des droits humains. Amnesty International (2021) a recens\u00e9 plusieurs centaines de d\u00e9tentions en lien avec l&rsquo;activisme politique entre 2019 et 2021.<\/p>\n<p><strong>V. Sc\u00e9narios d&rsquo;avenir<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>5.1. La continuit\u00e9 autoritaire<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le premier sc\u00e9nario, le plus probable \u00e0 court terme selon la majorit\u00e9 des analystes, est celui de la continuit\u00e9 autoritaire avec adaptation cosm\u00e9tique. Ce sc\u00e9nario repose sur plusieurs facteurs de stabilisation : la remont\u00e9e des prix des hydrocarbures depuis 2021, qui a permis de reconstituer partiellement les r\u00e9serves de change et de relancer les d\u00e9penses sociales ; la fragmentation de l&rsquo;opposition, incapable de se doter d&rsquo;une direction unifi\u00e9e et d&rsquo;un projet politique coh\u00e9rent ; et la capacit\u00e9 du r\u00e9gime \u00e0 mobiliser le nationalisme \u00e9tatiste face aux tensions avec le Maroc et \u00e0 la d\u00e9stabilisation r\u00e9gionale li\u00e9e au conflit libyen et \u00e0 la crise au Sahel (Hachemaoui, 2012).<\/p>\n<p>Dans ce sc\u00e9nario, l&rsquo;arm\u00e9e continue de jouer le r\u00f4le d&rsquo;arbitre supr\u00eame tout en laissant aux institutions civiles une fa\u00e7ade de normalit\u00e9 constitutionnelle. Les r\u00e9formes annonc\u00e9es \u2014 r\u00e9vision constitutionnelle de 2020, discours anti-corruption \u2014 restent des ajustements intra-syst\u00e8me qui ne modifient pas la r\u00e9partition fondamentale du pouvoir. Le risque de ce sc\u00e9nario r\u00e9side dans l&rsquo;accumulation silencieuse des tensions sociales : ch\u00f4mage des jeunes d\u00e9passant 25 % dans la tranche 15-24 ans (Office national des statistiques, 2022), crise du logement, d\u00e9gradation des services publics. Comme le note Hachemaoui (2012, p. 67), les r\u00e9gimes rentiers peuvent absorber de nombreux chocs, mais leur capacit\u00e9 d&rsquo;absorption n&rsquo;est pas illimit\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><em>5.2. La transition n\u00e9goci\u00e9e<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me sc\u00e9nario, normatif autant qu&rsquo;analytique, est celui d&rsquo;une transition n\u00e9goci\u00e9e. Ce sc\u00e9nario implique que des secteurs significatifs de l&rsquo;\u00e9lite militaire acceptent de renoncer \u00e0 leur monopole politique en \u00e9change de garanties concernant leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et leur immunit\u00e9 judiciaire, selon un sch\u00e9ma comparable aux transitions pact\u00e9es \u00e9tudi\u00e9es par O&rsquo;Donnell et Schmitter (1986) dans le contexte latino-am\u00e9ricain ou par Linz et Stepan (1996) dans les transitions post-communistes. Les conditions d&rsquo;une telle transition supposent l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une opposition organis\u00e9e, cr\u00e9dible et capable de n\u00e9gocier, d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 civile suffisamment structur\u00e9e pour garantir les engagements pris, et d&rsquo;une pression internationale assez forte pour inciter le r\u00e9gime \u00e0 faire des concessions.<\/p>\n<p>Ces conditions ne sont pas r\u00e9unies \u00e0 ce jour. L&rsquo;opposition alg\u00e9rienne demeure fragment\u00e9e entre islamistes mod\u00e9r\u00e9s, nationalistes la\u00efques et gauche sociale, sans parler des clivages kabyles dont l&rsquo;expression institutionnelle via le Mouvement pour l&rsquo;Autod\u00e9termination de la Kabylie (MAK) complexifie davantage le paysage politique. Toutefois, le Hirak a montr\u00e9 qu&rsquo;une mobilisation transversale \u00e9tait possible, et certains observateurs comme Volpi (2020) soulignent que les transformations sociologiques profondes de la jeunesse alg\u00e9rienne \u2014 mieux \u00e9duqu\u00e9e, hyperconnect\u00e9e, d\u00e9sillusionn\u00e9e vis-\u00e0-vis du nationalisme officiel \u2014 cr\u00e9ent des conditions favorables \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une culture politique d\u00e9mocratique \u00e0 long terme.<\/p>\n<p><strong><em>5.3. La d\u00e9stabilisation chaotique<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un troisi\u00e8me sc\u00e9nario, minoritaire mais non n\u00e9gligeable, est celui d&rsquo;une d\u00e9stabilisation non ma\u00eetris\u00e9e. Ce sc\u00e9nario se r\u00e9aliserait dans le contexte d&rsquo;un effondrement des prix des hydrocarbures prolong\u00e9, combin\u00e9 \u00e0 une crise de succession au sein de l&rsquo;\u00e9lite militaire et \u00e0 une remobilisation sociale d\u00e9passant les capacit\u00e9s de contr\u00f4le du r\u00e9gime. L&rsquo;exp\u00e9rience des voisins \u2014 Libye depuis 2011, Tunisie depuis 2019 dans un registre diff\u00e9rent \u2014 montre que les transitions arabes peuvent se r\u00e9v\u00e9ler extr\u00eamement co\u00fbteuses et incertaines (Stepan &amp; Linz, 2013). L&rsquo;Alg\u00e9rie pr\u00e9sente des facteurs aggravants : un tissu partisan faible, des institutions civiles peu autonomes, et des cicatrices profondes laiss\u00e9es par la guerre civile des ann\u00e9es 1990 qui alimentent une culture de la peur vis-\u00e0-vis de l&rsquo;instabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce sc\u00e9nario doit n\u00e9anmoins \u00eatre nuanc\u00e9 par la r\u00e9silience institutionnelle de l&rsquo;arm\u00e9e alg\u00e9rienne, qui demeure \u2014 malgr\u00e9 ses divisions factionnelles \u2014 une organisation disciplin\u00e9e disposant d&rsquo;une culture institutionnelle propre, sans \u00e9quivalent dans les appareils militaires qui ont implos\u00e9 lors du printemps arabe (Bellin, 2012). La comparaison avec la Tunisie, o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e a traditionnellement \u00e9t\u00e9 tenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du politique, souligne au contraire en quoi l&rsquo;imbrication profonde des militaires alg\u00e9riens dans les structures \u00e9tatiques constitue paradoxalement un facteur de stabilit\u00e9 \u00e0 court terme, m\u00eame si elle ob\u00e8re les perspectives de d\u00e9mocratisation \u00e0 moyen terme.<\/p>\n<p><strong>VI. Conclusion : Entre immobilisme structurel et possibilit\u00e9 du changement<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse du syst\u00e8me de pouvoir alg\u00e9rien r\u00e9v\u00e8le une configuration d&rsquo;une grande coh\u00e9rence interne : la domination des \u00e9lites militaro-s\u00e9curitaires est \u00e0 la fois cause et effet d&rsquo;un \u00c9tat rentier qui substitue la redistribution \u00e0 la repr\u00e9sentation, la cooptation au d\u00e9bat public et la surveillance au contrat social. La formule de \u00ab mafia des g\u00e9n\u00e9raux \u00bb, si elle p\u00e8che par son r\u00e9ductionnisme, pointe n\u00e9anmoins une r\u00e9alit\u00e9 analytique que les sciences politiques ont progressivement th\u00e9oris\u00e9e sous des termes plus rigoureux : autoritarisme comp\u00e9titif, \u00c9tat pr\u00e9dateur, nomenklatura militaire.<\/p>\n<p>Le Hirak de 2019 a constitu\u00e9 une rupture dans l&rsquo;ordre symbolique du r\u00e9gime : il a montr\u00e9 qu&rsquo;une majorit\u00e9 d&rsquo;Alg\u00e9riens refusait l&rsquo;\u00e9quation entre stabilit\u00e9 et soumission, et que la l\u00e9gitimit\u00e9 historique tir\u00e9e de la guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance n&rsquo;\u00e9tait plus suffisante pour justifier l&rsquo;exclusion des citoyens de la gestion de leurs affaires publiques. En ce sens, il a initi\u00e9 ce que Touraine (1994) appellerait un \u00ab retour de l&rsquo;acteur \u00bb : la r\u00e9\u00e9mergence d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 civile qui se con\u00e7oit comme sujet politique \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Cependant, toute projection lin\u00e9aire vers un avenir d\u00e9mocratique serait pr\u00e9matur\u00e9e. Le r\u00e9gime a d\u00e9montr\u00e9 sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation : il a travers\u00e9 la guerre civile, l&rsquo;effondrement du p\u00e9trole en 2014, la maladie de Bouteflika et le Hirak sans rupture institutionnelle majeure. Ses marges de man\u0153uvre \u00e9conomiques se sont reconstitu\u00e9es avec la hausse des prix du gaz depuis 2021. Ses appareils s\u00e9curitaires demeurent op\u00e9rationnels. L&rsquo;avenir d\u00e9pendra en grande partie de variables exog\u00e8nes \u2014 trajectoire des prix des hydrocarbures, environnement r\u00e9gional, dynamiques g\u00e9n\u00e9rationnelles internes \u2014 autant que de choix politiques d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 terme, la question centrale est celle-ci : les \u00e9lites militaires alg\u00e9riennes trouveront-elles en elles-m\u00eames les ressources pour initier, ou du moins accepter, une transition vers un syst\u00e8me o\u00f9 leur pouvoir serait contr\u00f4l\u00e9 plut\u00f4t qu&rsquo;absolu ? L&rsquo;histoire des transitions r\u00e9ussies enseigne que cette acceptation ne survient jamais par vertu, mais sous la contrainte d&rsquo;un rapport de forces rendu insurmontable. Peut-\u00eatre que la v\u00e9ritable question n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;avenir du syst\u00e8me, mais celle du temps qu&rsquo;il faudra \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne pour rendre ce rapport de forces incontournable.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p><em>R\u00e9f\u00e9rences en format APA 7e \u00e9dition<\/em><\/p>\n<p>Addi, L. (2006). Les mutations de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne : Famille et lien social dans l&rsquo;Alg\u00e9rie contemporaine. La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p>Addi, L. (2015). L&rsquo;arm\u00e9e et l&rsquo;\u00c9tat en Alg\u00e9rie. Dans Luttes politiques et processus de d\u00e9mocratisation dans le monde arabe (pp. 89\u2013112). L&rsquo;Harmattan.<\/p>\n<p>Amnesty International. (2021). Alg\u00e9rie : Des militants pacifiques derri\u00e8re les barreaux. Rapport annuel 2020-2021. Amnesty International.<\/p>\n<p>Beblawi, H., &amp; Luciani, G. (Eds.). (1987). The rentier state. Croom Helm.<\/p>\n<p>Bellin, E. (2012). Reconsidering the robustness of authoritarianism in the Middle East: Lessons from the Arab Spring. Comparative Politics, 44(2), 127\u2013149. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5129\/001041512798838021\">https:\/\/doi.org\/10.5129\/001041512798838021<\/a><\/p>\n<p>Dris-A\u00eft Hamadouche, L. (2020). L&rsquo;Alg\u00e9rie du Hirak : Entre changement et continuit\u00e9. Critique internationale, 89(4), 9\u201329. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/crii.089.0009\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/crii.089.0009<\/a><\/p>\n<p>Hachemaoui, M. (2012). La rente entrave-t-elle vraiment la d\u00e9mocratie ? Critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique du r\u00e9gime alg\u00e9rien. Revue fran\u00e7aise de science politique, 62(2), 207\u2013227. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/rfsp.622.0207\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/rfsp.622.0207<\/a><\/p>\n<p>Hamladji, N. (2021). Intelligence services and the politics of authoritarian control in Algeria. Mediterranean Politics, 26(1), 104\u2013123. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/13629395.2019.1636843\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/13629395.2019.1636843<\/a><\/p>\n<p>Harbi, M. (1980). Le FLN : Mirage et r\u00e9alit\u00e9. \u00c9ditions Jeune Afrique.<\/p>\n<p>Leca, J. (1994). L&rsquo;\u00c9tat en Alg\u00e9rie ou la \u00ab d\u00e9mocratie sous condition \u00bb. Dans J.-C. Santucci (Ed.), Le Maghreb dans le monde arabe (pp. 35\u201368). CNRS \u00c9ditions.<\/p>\n<p>Levitsky, S., &amp; Way, L. A. (2010). Competitive authoritarianism: Hybrid regimes after the Cold War. Cambridge University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511781353\">https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511781353<\/a><\/p>\n<p>Linz, J. J., &amp; Stepan, A. (1996). Problems of democratic transition and consolidation: Southern Europe, South America, and post-communist Europe. Johns Hopkins University Press.<\/p>\n<p>Lowi, M. R. (2009). Oil wealth and the poverty of politics: Algeria compared. Cambridge University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511576690\">https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511576690<\/a><\/p>\n<p>Martinez, L. (1998). La guerre civile en Alg\u00e9rie. Karthala.<\/p>\n<p>O&rsquo;Donnell, G., &amp; Schmitter, P. C. (1986). Transitions from authoritarian rule: Tentative conclusions about uncertain democracies. Johns Hopkins University Press.<\/p>\n<p>Office national des statistiques. (2022). Enqu\u00eate emploi aupr\u00e8s des m\u00e9nages 2021. \u00c9ditions ONS.<\/p>\n<p>Quandt, W. B. (1998). Between ballots and bullets: Algeria&rsquo;s transition from authoritarianism. Brookings Institution Press.<\/p>\n<p>Sonatrach. (2022). Rapport annuel 2021. Sonatrach.<\/p>\n<p>Stepan, A., &amp; Linz, J. J. (2013). Democratization theory and the Arab Spring. Journal of Democracy, 24(2), 15\u201330. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1353\/jod.2013.0032\">https:\/\/doi.org\/10.1353\/jod.2013.0032<\/a><\/p>\n<p>Touraine, A. (1994). Qu&rsquo;est-ce que la d\u00e9mocratie ? Fayard.<\/p>\n<p>Volpi, F. (2017). Algeria: When elections hurt democracy. Journal of Democracy, 24(4), 90\u201399. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1353\/jod.2013.0063\">https:\/\/doi.org\/10.1353\/jod.2013.0063<\/a><\/p>\n<p>Volpi, F. (2020). Revolution and authoritarianism in North Africa. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Werenfels, I. (2007). Managing instability in Algeria: Elites and political change since 1995. Routledge.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet essai analyse la nature du r\u00e9gime alg\u00e9rien \u00e0 travers le prisme de la notion contest\u00e9e de \u00ab mafia des g\u00e9n\u00e9raux \u00bb, concept mobilis\u00e9 par l&rsquo;opposition et la soci\u00e9t\u00e9 civile pour d\u00e9crire l&rsquo;enchev\u00eatrement d&rsquo;int\u00e9r\u00eats militaires, s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques qui structure l&rsquo;\u00c9tat depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance. 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