{"id":8422,"date":"2026-08-29T13:15:06","date_gmt":"2026-08-29T12:15:06","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=8422"},"modified":"2026-08-29T13:15:06","modified_gmt":"2026-08-29T12:15:06","slug":"ceuta-peut-elle-declencher-une-guerre-hispano-marocaine-la-ligne-de-fracture-de-ceuta-la-convivencia-et-la-fragile-promesse-de-la-coupe-du-monde-2030","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/ceuta-peut-elle-declencher-une-guerre-hispano-marocaine-la-ligne-de-fracture-de-ceuta-la-convivencia-et-la-fragile-promesse-de-la-coupe-du-monde-2030\/","title":{"rendered":"Ceuta peut-elle d\u00e9clencher une guerre hispano-marocaine ? La ligne de fracture de Ceuta, la convivencia et la fragile promesse de la Coupe du monde 2030"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 405px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743-405x250.jpg?resize=405%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"405\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?resize=405%2C250&amp;ssl=1 405w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Introduction <\/strong><\/p>\n<p>Entre fronti\u00e8re et champ de bataille Ceuta peut-elle, un jour, d\u00e9clencher une guerre entre le Maroc et l\u2019Espagne et mettre fin \u00e0 l\u2019esprit de <em>convivencia <\/em>que l\u2019organisation conjointe de la Coupe du monde de football 2030 par le Maroc, l\u2019Espagne et le Portugal semble avoir inaugur\u00e9 ? La question, longtemps rel\u00e9gu\u00e9e au domaine de l\u2019hypoth\u00e8se g\u00e9opolitique, m\u00e9rite d\u00e9sormais d\u2019\u00eatre pos\u00e9e avec davantage de s\u00e9rieux. La crise migratoire spectaculaire des 30 et 31 juillet 2026, au cours de laquelle plus de 72 000 personnes ont tent\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019enclave espagnole et o\u00f9 plusieurs dizaines de personnes ont p\u00e9ri, a transform\u00e9 un probl\u00e8me frontalier chronique en crise humanitaire, s\u00e9curitaire et politique majeure. Les estimations initiales \u00e9voquaient environ 50 000 passages ; les bilans ult\u00e9rieurs ont fait \u00e9tat de plus de 72 000 tentatives, avec environ 82 morts du c\u00f4t\u00e9 espagnol et d\u2019autres d\u00e9c\u00e8s confirm\u00e9s par le Maroc.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a surtout r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle de Ceuta : quelques kilom\u00e8tres de fronti\u00e8re peuvent soudain devenir le point de convergence de la migration, de la souverainet\u00e9, de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, de la m\u00e9moire coloniale, du nationalisme et de la politique int\u00e9rieure. L\u2019Espagne a mobilis\u00e9 des forces militaires pour renforcer l\u2019enclave ; l\u2019Union europ\u00e9enne a d\u00fb organiser une concertation d\u2019urgence ; tandis que les interrogations sur le r\u00f4le exact du Maroc ont imm\u00e9diatement ressurgi.<\/p>\n<p>Pour autant, la guerre demeure hautement improbable. Le Maroc et l\u2019Espagne sont trop interd\u00e9pendants \u00e9conomiquement, diplomatiquement et s\u00e9curitairement pour que la confrontation militaire puisse constituer une strat\u00e9gie rationnelle. L\u2019Espagne est membre de l\u2019Union europ\u00e9enne et de l\u2019OTAN ; le Maroc est devenu un partenaire majeur de l\u2019Europe dans la lutte contre le terrorisme, la criminalit\u00e9 transnationale, les trafics et l\u2019immigration irr\u00e9guli\u00e8re. Les deux pays sont \u00e9galement li\u00e9s par le commerce, l\u2019investissement, le tourisme, les cha\u00eenes industrielles, les \u00e9changes humains et la coop\u00e9ration maritime.<\/p>\n<p><strong>Le danger se situe donc ailleurs <\/strong><\/p>\n<p>Ceuta pourrait devenir non pas un casus belli, mais un m\u00e9canisme d\u2019escalade. Une succession de crises migratoires, de d\u00e9clarations nationalistes, de mesures s\u00e9curitaires, de malentendus diplomatiques et d\u2019incidents frontaliers pourrait produire une dynamique que ni Madrid ni Rabat ne souhaiterait initialement, mais que chacun aurait progressivement de plus en plus de difficult\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler.<\/p>\n<p>La question centrale n\u2019est donc pas de savoir si le Maroc et l\u2019Espagne souhaitent la guerre. Ils ne la souhaitent pas. Elle consiste \u00e0 d\u00e9terminer s\u2019ils sont capables d\u2019emp\u00eacher qu\u2019une succession de crises ne produise une logique d\u2019escalade plus forte que leur volont\u00e9 de coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>Ceuta est ainsi bien davantage qu\u2019une fronti\u00e8re : elle est une ligne de fracture g\u00e9opolitique, et la Coupe du monde 2030 constituera un test historique pour d\u00e9terminer si cette fracture peut \u00eatre contenue sans d\u00e9truire la fragile <em>convivencia<\/em> entre l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Europe m\u00e9ridionale.<\/p>\n<p>Ceuta : la contradiction territoriale non r\u00e9solue Ceuta incarne une extraordinaire contradiction g\u00e9ographique et politique. Situ\u00e9e sur le continent africain, gouvern\u00e9e par l\u2019Espagne, int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 l\u2019espace politique europ\u00e9en et revendiqu\u00e9e par le Maroc, elle concentre plusieurs appartenances et plusieurs r\u00e9cits territoriaux contradictoires. Pour l\u2019Espagne, Ceuta constitue une partie int\u00e9grante de l\u2019\u00c9tat espagnol ; pour le Maroc, Ceuta et Melilla s\u2019inscrivent dans une question territoriale plus large, li\u00e9e \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale et \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage de la pr\u00e9sence europ\u00e9enne en Afrique du Nord.<\/p>\n<p>Cette dualit\u00e9 explique pourquoi la migration \u00e0 Ceuta ne peut jamais \u00eatre simplement une question migratoire. Lorsqu\u2019en juillet 2026 des dizaines de milliers de personnes ont tent\u00e9 de franchir la fronti\u00e8re, l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait imm\u00e9diatement humanitaire et administratif ; il est toutefois devenu presque instantan\u00e9ment strat\u00e9gique. La fronti\u00e8re de Ceuta est l\u2019une des rares fronti\u00e8res terrestres de l\u2019Union europ\u00e9enne avec le continent africain, ce qui conf\u00e8re \u00e0 toute crise locale une dimension europ\u00e9enne. Le Monde a soulign\u00e9 que l\u2019arriv\u00e9e massive des migrants avait raviv\u00e9 les tensions structurelles de la relation hispano-marocaine et les interrogations sur le r\u00f4le de Rabat.<\/p>\n<p>Il convient toutefois de distinguer soigneusement la capacit\u00e9 du Maroc \u00e0 influencer les flux migratoires et la preuve d\u2019une orchestration d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de ces flux. Les deux propositions ne sont pas \u00e9quivalentes. Les informations disponibles ne permettent pas de conclure automatiquement que Rabat aurait organis\u00e9 la mobilisation massive de juillet. Reuters a rapport\u00e9 que les services espagnols ne disposaient pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u00e9montrant une pr\u00e9m\u00e9ditation marocaine et que plusieurs facteurs \u2014 difficult\u00e9s \u00e9conomiques, d\u00e9sinformation et r\u00e9seaux de passeurs \u2014 pouvaient expliquer la mobilisation.<\/p>\n<p>Cette distinction est essentielle. D\u00e8s que l\u2019immigration irr\u00e9guli\u00e8re est qualifi\u00e9e automatiquement d\u2019\u00ab attaque \u00bb, d\u2019\u00ab invasion \u00bb ou d\u2019\u00ab arme \u00bb, une crise humanitaire est transform\u00e9e en crise s\u00e9curitaire, puis en crise de souverainet\u00e9. Le migrant cesse alors d\u2019\u00eatre per\u00e7u comme un individu en situation de d\u00e9tresse et devient, dans l\u2019imaginaire politique, le prolongement d\u2019une puissance \u00e9trang\u00e8re. La fronti\u00e8re cesse alors d\u2019\u00eatre une ligne : elle devient un th\u00e9\u00e2tre d\u2019affrontement.<\/p>\n<p><strong>La crise de 2026<\/strong><\/p>\n<p>Quand la migration devient multiplicatrice de s\u00e9curit\u00e9 La crise de juillet 2026 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019extraordinaire volatilit\u00e9 de cet environnement. Plus de 72 000 personnes auraient tent\u00e9 de franchir la fronti\u00e8re, tandis que le bilan humain s\u2019est progressivement alourdi. Reuters a rapport\u00e9 environ 82 morts du c\u00f4t\u00e9 espagnol et 14 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires confirm\u00e9s par le Maroc ; les autorit\u00e9s espagnoles ont ensuite entrepris l\u2019inhumation des victimes non identifi\u00e9es dans le cimeti\u00e8re musulman de Ceuta.<\/p>\n<p>L\u2019importance g\u00e9opolitique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement ne r\u00e9side cependant pas uniquement dans son ampleur num\u00e9rique. Elle r\u00e9side dans ce qu\u2019il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 : la fronti\u00e8re europ\u00e9enne peut devenir extr\u00eamement vuln\u00e9rable lorsque la coop\u00e9ration maroco-espagnole est insuffisante, perturb\u00e9e ou simplement per\u00e7ue comme telle.<\/p>\n<p>Depuis plusieurs d\u00e9cennies, l\u2019Europe a progressivement externalis\u00e9 une partie de la gestion de ses fronti\u00e8res vers des partenaires m\u00e9ridionaux. Le Maroc occupe \u00e0 cet \u00e9gard une position centrale : coop\u00e9ration polici\u00e8re, surveillance maritime, lutte contre les r\u00e9seaux de passeurs, contr\u00f4le des fronti\u00e8res et r\u00e9admission des migrants constituent autant de dimensions de cette relation. Mais le Maroc n\u2019est plus seulement un pays d\u2019\u00e9migration ou de transit ; il est aussi devenu un pays de destination et d\u2019installation.<\/p>\n<p>La conception europ\u00e9enne du Maroc comme simple \u00ab gardien des fronti\u00e8res \u00bb est donc devenue insuffisante.<\/p>\n<p>Cette relation comporte une asym\u00e9trie structurelle. L\u2019Europe externalise une partie de sa fronti\u00e8re ; le Maroc assume une partie du co\u00fbt politique, \u00e9conomique et humain de cette externalisation. Tant que la coop\u00e9ration fonctionne, cette asym\u00e9trie reste relativement invisible. Lorsqu\u2019elle se fissure, Ceuta devient l\u2019endroit o\u00f9 ses contradictions apparaissent brutalement.<\/p>\n<p>La le\u00e7on essentielle de 2026 n\u2019est donc pas que la migration serait devenue une arme de guerre. Elle est plus subtile : la migration constitue d\u00e9sormais un multiplicateur de s\u00e9curit\u00e9 capable d\u2019activer des conflits g\u00e9opolitiques dormants.<\/p>\n<p><strong>De 2021 \u00e0 2026 : la m\u00e9moire de l\u2019escalade La crise de mai 2021 constitue un pr\u00e9c\u00e9dent incontournable<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e massive de migrants \u00e0 Ceuta, dans le contexte d\u2019une grave d\u00e9t\u00e9rioration des relations entre Rabat et Madrid, avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 la capacit\u00e9 de la question migratoire \u00e0 se m\u00ealer \u00e0 la souverainet\u00e9 et \u00e0 la diplomatie bilat\u00e9rale.<\/p>\n<p>Mais le contexte de 2026 est paradoxalement diff\u00e9rent et plus complexe. Entre-temps, le Maroc et l\u2019Espagne ont connu un rapprochement strat\u00e9gique consid\u00e9rable. Le changement de position de Madrid en 2022 concernant l\u2019initiative marocaine d\u2019autonomie pour le Sahara occidental a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9tablir la confiance politique et \u00e0 approfondir la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale.<\/p>\n<p>Ainsi appara\u00eet une contradiction fondamentale : plus le partenariat strat\u00e9gique se consolide, plus l\u2019existence non r\u00e9solue de Ceuta devient visible. Cette contradiction peut \u00eatre g\u00e9r\u00e9e, mais elle ne peut \u00eatre ind\u00e9finiment contourn\u00e9e.<\/p>\n<p>Une relation fond\u00e9e exclusivement sur la coop\u00e9ration dans les domaines o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats convergent peuvent fonctionner en p\u00e9riode calme. En p\u00e9riode de crise, cependant, les questions volontairement laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9 r\u00e9apparaissent. Ceuta devient alors le r\u00e9ceptacle de la m\u00e9moire historique accumul\u00e9e : conqu\u00eate, pr\u00e9sence europ\u00e9enne, d\u00e9colonisation, souverainet\u00e9, identit\u00e9, migration et fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>La le\u00e7on de 2021 et de 2026 n\u2019est donc pas que la confrontation est in\u00e9vitable. Elle est que le rapprochement sans m\u00e9canismes institutionnels de gestion du d\u00e9saccord demeure vuln\u00e9rable.<\/p>\n<p>Ceuta peut-elle devenir un casus belli ? La migration, \u00e0 elle seule, ne devrait pas provoquer une guerre. Ni Madrid ni Rabat n\u2019ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 d\u00e9truire une relation dont les deux pays tirent des b\u00e9n\u00e9fices consid\u00e9rables. L\u2019interd\u00e9pendance \u00e9conomique est profonde ; la coop\u00e9ration s\u00e9curitaire est devenue indispensable ; la proximit\u00e9 g\u00e9ographique rendrait tout conflit mutuellement destructeur ; et une confrontation militaire aurait imm\u00e9diatement des ramifications europ\u00e9ennes et internationales. Le danger r\u00e9el est plut\u00f4t celui de la spirale d\u2019escalade.<\/p>\n<p>Imaginons qu\u2019une nouvelle crise migratoire survienne. L\u2019Espagne renforce militairement Ceuta. Le Maroc renforce \u00e0 son tour ses dispositifs frontaliers. Des responsables politiques espagnols interpr\u00e8tent cette mesure comme une pression ou une menace ; une partie de l\u2019opinion marocaine interpr\u00e8te le renforcement espagnol comme une militarisation hostile. Les r\u00e9seaux sociaux amplifient les rumeurs. Un incident survient : collision entre patrouilles, mort accidentelle, franchissement violent de fronti\u00e8re, affrontement entre forces de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019opinion publique exige des repr\u00e9sailles. Les gouvernements doivent d\u00e9montrer leur fermet\u00e9. La marge de man\u0153uvre diplomatique se r\u00e9duit. Personne ne veut la guerre, mais chacun peut devenir prisonnier de l\u2019escalade.<\/p>\n<p>C\u2019est la logique classique du dilemme de s\u00e9curit\u00e9 : une mesure con\u00e7ue comme d\u00e9fensive par un acteur est interpr\u00e9t\u00e9e comme offensive par l\u2019autre. La menace principale n\u2019est donc pas n\u00e9cessairement l\u2019intention agressive ; elle est la mauvaise interpr\u00e9tation d\u2019une intention d\u00e9fensive dans un environnement satur\u00e9 de m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Ceuta pourrait ainsi devenir dangereuse non parce que Rabat ou Madrid chercherait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la guerre, mais parce qu\u2019un incident local pourrait \u00eatre absorb\u00e9 par des r\u00e9cits nationaux beaucoup plus vastes.<\/p>\n<p><strong>La Coupe du monde 2030<\/strong><\/p>\n<p><em>Convivencia<\/em> ou contradiction ? C\u2019est ici que la Coupe du monde 2030 prend une dimension d\u00e9passant largement le sport. Le Maroc, l\u2019Espagne et le Portugal ne se contentent pas d\u2019organiser conjointement un \u00e9v\u00e9nement plan\u00e9taire : ils construisent une forme in\u00e9dite de partenariat m\u00e9diterran\u00e9en reliant institutionnellement l\u2019Europe et l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re historique de cette coop\u00e9ration est renforc\u00e9 par les dispositifs institutionnels d\u00e9j\u00e0 mis en place. En avril 2026, les ministres de la Justice du Maroc, de l\u2019Espagne et du Portugal ont sign\u00e9 \u00e0 Rabat un m\u00e9morandum d\u2019entente destin\u00e9 \u00e0 renforcer la coop\u00e9ration judiciaire transnationale et la lutte contre la criminalit\u00e9 et la cybercriminalit\u00e9 jusqu\u2019en 2030. Le gouvernement espagnol pr\u00e9sente explicitement le Mondial comme une occasion de consolider la confiance et de d\u00e9montrer la maturit\u00e9 des relations entre les trois pays.<\/p>\n<p>La symbolique est consid\u00e9rable : un m\u00eame projet sportif institutionnalise une coop\u00e9ration entre deux rives d\u2019une M\u00e9diterran\u00e9e historiquement travers\u00e9e par les conflits, les migrations, les \u00e9changes et les influences r\u00e9ciproques.<\/p>\n<p>La contradiction n\u2019en est que plus frappante. Le Maroc et l\u2019Espagne partageront stades, infrastructures, dispositifs de s\u00e9curit\u00e9, flux touristiques et visibilit\u00e9 mondiale en 2030, tout en continuant \u00e0 diverger profond\u00e9ment sur un territoire situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres seulement de la fronti\u00e8re marocaine. Mais cette contradiction ne condamne pas n\u00e9cessairement le projet. Elle peut au contraire lui donner sa v\u00e9ritable signification.<\/p>\n<p>La <em>convivencia<\/em> ne signifie pas l\u2019accord parfait. Elle signifie la capacit\u00e9 de vivre ensemble malgr\u00e9 le d\u00e9saccord. Le Maroc et l\u2019Espagne n\u2019ont pas n\u00e9cessairement besoin de r\u00e9soudre Ceuta avant 2030 pour d\u00e9montrer leur maturit\u00e9 politique. Ils doivent plut\u00f4t d\u00e9montrer qu\u2019une question territoriale non r\u00e9solue ne doit pas n\u00e9cessairement devenir un conflit existentiel.<\/p>\n<p>Le risque est n\u00e9anmoins r\u00e9el : si chaque crise migratoire devient un r\u00e9f\u00e9rendum sur l\u2019amiti\u00e9 maroco-espagnole, le Mondial deviendra otage de la relation bilat\u00e9rale. \u00c0 l\u2019inverse, si les deux \u00c9tats parviennent \u00e0 contenir la crise institutionnellement, 2030 pourrait devenir la d\u00e9monstration qu&rsquo;une coop\u00e9ration approfondie est possible m\u00eame lorsque certaines questions fondamentales demeurent en suspens.<\/p>\n<p><strong>La dimension musulmane de Ceuta<\/strong><\/p>\n<p>La m\u00e9moire coloniale sous la question s\u00e9curitaire Ceuta ne peut \u00eatre comprise exclusivement \u00e0 travers les cat\u00e9gories contemporaines de s\u00e9curit\u00e9. Sous la question migratoire se trouve une m\u00e9moire historique plus profonde : celle de la pr\u00e9sence territoriale europ\u00e9enne en Afrique du Nord et de la d\u00e9colonisation inachev\u00e9e selon la perspective marocaine.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Espagne, Ceuta est une composante de l\u2019\u00c9tat espagnol et de son ordre constitutionnel. Pour le Maroc, Ceuta et Melilla demeurent li\u00e9es \u00e0 une question de souverainet\u00e9 et \u00e0 ce que Rabat consid\u00e8re comme les derniers vestiges d\u2019une pr\u00e9sence territoriale \u00e9trang\u00e8re en Afrique du Nord. Ces deux positions sont incompatibles.<\/p>\n<p>Mais l\u2019incompatibilit\u00e9 n\u2019implique pas n\u00e9cessairement la violence. Le danger appara\u00eet lorsque les r\u00e9cits historiques deviennent des armes politiques.<\/p>\n<p>Une partie du discours espagnol peut transformer le Maroc en menace s\u00e9curitaire permanente ; certains discours marocains peuvent transformer l\u2019Espagne en incarnation de la persistance coloniale. Chacun de ces r\u00e9cits puise dans des exp\u00e9riences historiques r\u00e9elles, mais leur absolutisation d\u00e9truit l\u2019espace n\u00e9cessaire au compromis.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi intellectuel et diplomatique consiste donc \u00e0 distinguer d\u00e9saccord historique et inimiti\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Le Maroc peut maintenir sa revendication territoriale sans la militariser. L\u2019Espagne peut maintenir sa souverainet\u00e9 sans consid\u00e9rer toute position marocaine comme une agression r\u00e9visionniste. Les deux pays peuvent diverger profond\u00e9ment sur leur lecture du pass\u00e9 tout en coop\u00e9rant pragmatiquement dans le pr\u00e9sent. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela, une relation internationale mature.<\/p>\n<p>La dimension musulmane de Ceuta La question devient encore plus d\u00e9licate en raison de la pr\u00e9sence importante de la population musulmane de Ceuta. Le conflit territorial se trouve alors directement en contact avec la question identitaire.<\/p>\n<p>Toute tendance \u00e0 assimiler l\u2019identit\u00e9 musulmane espagnole \u00e0 une loyaut\u00e9 politique envers le Maroc serait extr\u00eamement dangereuse. Inversement, toute tentative de consid\u00e9rer la population musulmane de Ceuta comme une extension politique de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine risquerait de transformer un diff\u00e9rend territorial en probl\u00e8me de loyaut\u00e9 int\u00e9rieure. La distinction doit \u00eatre absolue : l\u2019affinit\u00e9 religieuse ou culturelle ne d\u00e9termine pas la citoyennet\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Un citoyen espagnol musulman de Ceuta n\u2019est pas moins espagnol en raison de sa religion. De m\u00eame, la proximit\u00e9 culturelle ou familiale avec le Maroc ne constitue pas en elle-m\u00eame une preuve de revendication territoriale.<\/p>\n<p>Cette question n\u2019est pas th\u00e9orique. Une enqu\u00eate publi\u00e9e par Le Monde en ao\u00fbt 2026 a montr\u00e9 combien la crise avait raviv\u00e9, au sein m\u00eame de Ceuta, la question de l\u2019appartenance et du sentiment de devoir constamment d\u00e9montrer sa \u00ab v\u00e9ritable \u00bb espagnolit\u00e9 lorsqu\u2019on est musulman.<\/p>\n<p>Si la question de Ceuta venait \u00e0 se communaliser, les cons\u00e9quences d\u00e9passeraient largement la diplomatie bilat\u00e9rale. Elle pourrait fragiliser la coh\u00e9sion sociale de la ville et transformer une controverse territoriale en confrontation identitaire, voire civilisationnelle. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que la diplomatie maroco-espagnole doit emp\u00eacher.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi la guerre demeure improbable<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs facteurs structurels rendent une guerre hispano-marocaine hautement improbable.<\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8rement<\/strong>, l\u2019appartenance de l\u2019Espagne \u00e0 l\u2019OTAN et \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne conf\u00e8re \u00e0 tout conflit impliquant son territoire une dimension internationale imm\u00e9diate. <strong>Deuxi\u00e8mement<\/strong>, les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques du Maroc sont principalement orient\u00e9s vers le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la consolidation diplomatique, la stabilit\u00e9 r\u00e9gionale et l\u2019affirmation de son influence, non vers une confrontation militaire avec l\u2019Espagne. <strong>Troisi\u00e8mement<\/strong>, Madrid a besoin de la coop\u00e9ration marocaine en mati\u00e8re de migration, de terrorisme, de criminalit\u00e9 organis\u00e9e et de s\u00e9curit\u00e9 maritime. <strong>Quatri\u00e8mement<\/strong>, le Maroc tire d\u2019immenses avantages de son insertion \u00e9conomique dans l\u2019espace europ\u00e9en. Enfin, les deux \u00c9tats ont un int\u00e9r\u00eat vital \u00e0 pr\u00e9server la stabilit\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale et du d\u00e9troit de Gibraltar.<\/p>\n<p>Le calcul strat\u00e9gique rationnel est donc massivement d\u00e9favorable \u00e0 la guerre. Mais le calcul rationnel ne suffit pas toujours. Les \u00c9tats n\u2019entrent pas n\u00e9cessairement en conflit parce qu\u2019ils d\u00e9sirent la guerre ; ils peuvent y \u00eatre conduits parce qu\u2019ils redoutent davantage l\u2019apparence de la faiblesse que le co\u00fbt de l\u2019escalade. C\u2019est pourquoi la pr\u00e9vention institutionnelle des crises est plus importante que les assurances rh\u00e9toriques de bonne volont\u00e9.<\/p>\n<p>De la forteresse au pont La solution n\u2019est ni de pr\u00e9tendre que Ceuta n\u2019est pas une question, ni d\u2019exiger une r\u00e9solution imm\u00e9diate que ni Madrid ni Rabat ne sont pr\u00eats \u00e0 accepter. La strat\u00e9gie la plus r\u00e9aliste est celle du d\u00e9saccord ma\u00eetris\u00e9.<\/p>\n<p>Le Maroc et l\u2019Espagne devraient \u00e9tablir un m\u00e9canisme permanent de haut niveau consacr\u00e9 sp\u00e9cifiquement \u00e0 Ceuta et Melilla, capable de fonctionner m\u00eame lors des crises diplomatiques les plus graves. La gestion migratoire devrait \u00eatre, autant que possible, prot\u00e9g\u00e9e des diff\u00e9rends relatifs \u00e0 la souverainet\u00e9, au Sahara occidental ou \u00e0 d\u2019autres dossiers bilat\u00e9raux.<\/p>\n<p>Des canaux de communication d\u2019urgence devraient \u00eatre renforc\u00e9s afin qu\u2019un incident frontalier ne puisse se transformer en crise nationale. Des protocoles humanitaires communs devraient emp\u00eacher qu\u2019un afflux migratoire massif ne conduise automatiquement \u00e0 une confrontation militaire ou \u00e0 une rh\u00e9torique de guerre.<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration \u00e9conomique transfrontali\u00e8re devrait \u00e9galement \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e. Une fronti\u00e8re \u00e9conomiquement prosp\u00e8re et socialement interconnect\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement moins propice \u00e0 la radicalisation nationaliste qu\u2019une fronti\u00e8re con\u00e7ue exclusivement comme une ligne de s\u00e9paration.<\/p>\n<p>Enfin, la lutte contre la d\u00e9sinformation et les r\u00e9seaux de passeurs doit devenir une priorit\u00e9 commune. La crise de 2026 a montr\u00e9 la vitesse \u00e0 laquelle les r\u00e9seaux sociaux peuvent transformer des rumeurs en mouvements humains de masse. Mais surtout, la Coupe du monde 2030 devrait \u00eatre con\u00e7ue comme une infrastructure diplomatique de la coexistence, et non simplement comme une infrastructure sportive.<\/p>\n<p>Le Mondial pourrait favoriser des programmes universitaires, des \u00e9changes de jeunesse, des initiatives culturelles, des projets artistiques et des dialogues historiques reliant le nord du Maroc, Ceuta, Melilla, l\u2019Andalousie et le Portugal. De telles initiatives ne r\u00e9gleraient pas la question de la souverainet\u00e9 ; elles permettraient cependant d\u2019\u00e9viter que la souverainet\u00e9 ne devienne le seul langage par lequel les deux soci\u00e9t\u00e9s se comprennent.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Ceuta ne doit pas devenir le Sarajevo de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale Ceuta peut-elle d\u00e9clencher une guerre hispano-marocaine ? Pas in\u00e9vitablement, et probablement pas. Mais elle pourrait devenir suffisamment dangereuse pour que la complaisance soit irresponsable.<\/p>\n<p>La relation strat\u00e9gique entre le Maroc et l\u2019Espagne est trop dense pour que la guerre constitue un objectif rationnel. Pourtant, cette m\u00eame densit\u00e9 rend les crises plus lourdes de cons\u00e9quences. La migration affecte la s\u00e9curit\u00e9 ; la s\u00e9curit\u00e9 affecte la souverainet\u00e9 ; la souverainet\u00e9 r\u00e9active la m\u00e9moire historique ; la m\u00e9moire nourrit le nationalisme ; le nationalisme r\u00e9duit la marge de man\u0153uvre diplomatique. Ainsi se forme une cha\u00eene de causalit\u00e9 dans laquelle une crise humanitaire peut acqu\u00e9rir, en quelques heures, une signification g\u00e9opolitique consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>La crise de 2026 doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un avertissement, non comme une proph\u00e9tie. Le v\u00e9ritable danger n\u2019est pas de voir des chars marocains appara\u00eetre devant Ceuta, pas plus que de voir l\u2019Espagne attaquer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le Maroc. Le danger r\u00e9side dans la construction progressive de perceptions r\u00e9ciproques selon lesquelles tout \u00e9chec marocain dans la gestion migratoire serait interpr\u00e9t\u00e9 comme une agression et toute mesure espagnole de s\u00e9curit\u00e9 comme une manifestation de l\u2019hostilit\u00e9 coloniale. Lorsque de telles perceptions se normalisent, l\u2019espace politique du compromis se r\u00e9tr\u00e9cit.<\/p>\n<p>C\u2019est ici que la Coupe du monde 2030 acquiert sa signification la plus profonde. Elle peut devenir la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019une nouvelle <em>convivencia <\/em>m\u00e9diterran\u00e9enne ou n\u2019\u00eatre qu\u2019une fa\u00e7ade spectaculaire dissimulant une relation dont les contradictions fondamentales auront simplement \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9es. Le choix ne d\u00e9pendra pas n\u00e9cessairement de la r\u00e9solution de Ceuta. Il d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 de Madrid et de Rabat \u00e0 emp\u00eacher Ceuta de d\u00e9finir l\u2019ensemble de leur relation.<\/p>\n<p>Le principe fondamental devrait \u00eatre simple : Un diff\u00e9rend de souverainet\u00e9 non r\u00e9solu ne doit pas n\u00e9cessairement devenir une hostilit\u00e9 irr\u00e9conciliable.<\/p>\n<p>Le Maroc peut continuer \u00e0 consid\u00e9rer Ceuta comme une question inachev\u00e9e d\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale. L\u2019Espagne peut continuer \u00e0 consid\u00e9rer Ceuta comme une partie int\u00e9grante de l\u2019\u00c9tat espagnol. Aucune de ces positions n\u2019a besoin de dispara\u00eetre pour que la coop\u00e9ration se poursuive. La maturit\u00e9 de la relation sera pr\u00e9cis\u00e9ment mesur\u00e9e par sa capacit\u00e9 \u00e0 supporter le d\u00e9saccord sans basculer dans l\u2019inimiti\u00e9.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi pos\u00e9 \u00e0 Madrid et Rabat n\u2019est donc pas d\u2019effacer Ceuta de l\u2019histoire, mais de la soustraire \u00e0 la logique de l\u2019escalade. S\u2019ils r\u00e9ussissent, Ceuta pourra demeurer une fronti\u00e8re contest\u00e9e sans devenir un champ de bataille ; et la Coupe du monde 2030 pourra devenir quelque chose de beaucoup plus important qu\u2019un spectacle sportif : la d\u00e9monstration que l\u2019Europe et l\u2019Afrique, malgr\u00e9 l\u2019histoire, les diff\u00e9rends territoriaux et les asym\u00e9tries politiques, peuvent construire un avenir commun sans devoir parvenir d\u2019abord \u00e0 une interpr\u00e9tation identique du pass\u00e9. S\u2019ils \u00e9chouent, Ceuta ne d\u00e9clenchera peut-\u00eatre jamais une guerre.<\/p>\n<p>Mais elle pourrait lentement d\u00e9truire la confiance politique sur laquelle repose la <em>convivencia<\/em>. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0, finalement, le danger le plus imm\u00e9diat.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences <\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Chtatou, M. (2026a, July 31). <em>Ceuta\u2019s sudden migration surge: Law, politics, and border governance<\/em>. <em>Eurasia Review<\/em>.<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026b, August 5). <em>Fortress Europe or fortress illusion? Border externalization, the Ceuta migration surge, and the contradictions of Europe\u2019s migration governance<\/em>. <em>Eurasia Review<\/em>.<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026c, August 18). <em>Fortress Europe outsourced: Externalization, law, and the politics of blame in the Ceuta migration crisis<\/em>. <em>Morocco World News<\/em>.<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026d, August 26). <em>Ceuta: From migration crisis to colonial memory<\/em>. <em>Morocco World News<\/em>.<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026e, August 27). <em>Sebta, une ligne de fracture : Migration, souverainet\u00e9 et persistance de l\u2019anti-marocanisme<\/em>. <em>Oulemag<\/em>.<\/li>\n<li>Gobierno de Espa\u00f1a. (2026, April 10). <em>Spain, Morocco and Portugal sign memorandum of understanding on judicial cooperation in preparation for the 2030 World Cup<\/em>. La Moncloa. <a href=\"https:\/\/www.lamoncloa.gob.es\/lang\/en\/gobierno\/news\/Paginas\/2026\/20260410-spain-morocco-judicial-cooperation.aspx?utm_source=chatgpt.com\">Source officielle du gouvernement espagnol<\/a><\/li>\n<li>Le Monde. (2026, August 7). <em>Ceuta faces an unprecedented migration crisis: \u201cMuslims here are constantly required to prove they are real Spaniards\u201d<\/em>. <em>Le Monde<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/en\/le-monde-africa\/article\/2026\/08\/07\/ceuta-faces-an-unprecedented-migration-crisis-muslims-here-are-constantly-required-to-prove-they-are-real-spaniards_6756271_124.html?utm_source=chatgpt.com\">Article du Monde<\/a><\/li>\n<li>Le Monde. (2026, August 3). <em>Ceuta crisis: Spain and Morocco\u2019s 30 years of strategic rapprochement and underlying tensions<\/em>. <em>Le Monde<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/en\/international\/article\/2026\/08\/03\/ceuta-crisis-spain-and-morocco-s-30-years-of-strategic-rapprochement-and-underlying-tensions_6756096_4.html?utm_source=chatgpt.com\">Article du Monde<\/a><\/li>\n<li>Le Monde. (2026, August 4). <em>How Morocco is pressuring the Spanish enclaves of Ceuta and Melilla<\/em>. <em>Le Monde<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/en\/le-monde-africa\/article\/2026\/08\/04\/how-morocco-is-pressuring-the-spanish-enclaves-of-ceuta-and-melilla_6756128_124.html?utm_source=chatgpt.com\">Article du Monde<\/a><\/li>\n<li>Le Monde. (2026, July 31). <em>Mass influx of migrants in Ceuta reignites tensions between Madrid and Rabat<\/em>. <em>Le Monde<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/en\/international\/article\/2026\/07\/31\/mass-influx-of-migrants-in-ceuta-reignites-tensions-between-madrid-and-rabat_6756034_4.html?utm_source=chatgpt.com\">Article du Monde<\/a><\/li>\n<li>Reuters. (2026, August 21). <em>First migrants buried in Spain\u2019s Ceuta after deadly border rush<\/em>. <em>Reuters<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/africa\/first-migrants-buried-spains-ceuta-after-deadly-border-rush-2026-08-21\/?utm_source=chatgpt.com\">Reuters<\/a><\/li>\n<li>Reuters. (2026, August 3). <em>Spain\u2019s Ceuta overwhelmed as thousands remain after migrant border rush<\/em>. <em>Reuters<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/europe\/spains-ceuta-overwhelmed-as-thousands-remain-after-migrant-border-rush-2026-08-03\/?utm_source=chatgpt.com\">Reuters<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Entre fronti\u00e8re et champ de bataille Ceuta peut-elle, un jour, d\u00e9clencher une guerre entre le Maroc et l\u2019Espagne et mettre fin \u00e0 l\u2019esprit de convivencia que l\u2019organisation conjointe de la Coupe du monde de football 2030 par le Maroc, l\u2019Espagne et le Portugal semble avoir inaugur\u00e9 ? La question, longtemps rel\u00e9gu\u00e9e au domaine de &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4424,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-8422","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-2bQ","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?fit=450%2C278&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8422"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8422\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8423,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8422\/revisions\/8423"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}