{"id":8493,"date":"2026-09-25T15:36:33","date_gmt":"2026-09-25T14:36:33","guid":{"rendered":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/?p=8493"},"modified":"2026-09-25T15:36:33","modified_gmt":"2026-09-25T14:36:33","slug":"qui-represente-les-abstentionnistes-labstention-comme-vote-silencieux-aux-legislatives-marocaines-du-23-septembre-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/qui-represente-les-abstentionnistes-labstention-comme-vote-silencieux-aux-legislatives-marocaines-du-23-septembre-2026\/","title":{"rendered":"Qui repr\u00e9sente les abstentionnistes ? L\u2019abstention comme vote silencieux aux l\u00e9gislatives marocaines du 23 septembre 2026"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4424\" aria-describedby=\"caption-attachment-4424\" style=\"width: 405px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4424\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743-405x250.jpg?resize=405%2C250&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"405\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?resize=405%2C250&amp;ssl=1 405w, https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4424\" class=\"wp-caption-text\">Dr. Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<p>Oui. Le chiffre de <strong>38,08 %<\/strong> m\u00e9rite d\u2019\u00eatre retenu ici, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans la nuit du 23 au 24 septembre par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur lors de la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats provisoires. Cela signifie qu\u2019environ <strong>61,92 % des inscrits n\u2019ont pas vot\u00e9<\/strong>, soit pr\u00e8s de <strong>9,8 millions de personnes sur 15,8 millions d\u2019inscrits<\/strong>. Il faut toutefois distinguer deux propositions : l\u2019abstention peut \u00eatre analys\u00e9e comme un <strong>signal politique collectif<\/strong>, mais elle n\u2019est pas juridiquement un \u00ab vote \u00bb et ne produit pas de repr\u00e9sentation parlementaire propre. Les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus ont constitutionnellement un mandat de la Nation, non seulement de leurs \u00e9lecteurs. (<a href=\"https:\/\/h24info.ma\/maroc\/politique\/legislatives-2026-le-pam-en-tete-selon-les-resultats-provisoires-interieur\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">H24info<\/a>)<\/p>\n<p><strong>Introduction : quand la majorit\u00e9 silencieuse devient l\u2019acteur central de l\u2019\u00e9lection<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9lections l\u00e9gislatives marocaines du 23 septembre 2026 ont produit une donn\u00e9e politique qui risque d\u2019\u00eatre \u00e9clips\u00e9e par la distribution des 395 si\u00e8ges de la Chambre des repr\u00e9sentants : la participation nationale n\u2019a atteint que 38,08 %. Selon les r\u00e9sultats provisoires annonc\u00e9s par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Abdelouafi Laftit, pr\u00e8s de six millions d\u2019\u00e9lecteurs ont particip\u00e9 au scrutin, sur quelque 15,8 millions d\u2019inscrits, tandis que les r\u00e9sultats attribuaient provisoirement 97 si\u00e8ges au Parti Authenticit\u00e9 et Modernit\u00e9 (PAM), 66 au Rassemblement national des ind\u00e9pendants (RNI), 65 \u00e0 l\u2019Istiqlal et 54 au Parti de la justice et du d\u00e9veloppement (PJD), entre autres formations. La participation de 38,08 % constitue donc un \u00e9v\u00e9nement politique en soi, ind\u00e9pendamment de la configuration parlementaire qui en d\u00e9coule (Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, 2026 ; Hallaoui, 2026). (<a href=\"https:\/\/h24info.ma\/maroc\/politique\/legislatives-2026-le-pam-en-tete-selon-les-resultats-provisoires-interieur\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">H24info<\/a>)<\/p>\n<p>La question fondamentale qui se pose alors est simple mais institutionnellement profonde : <strong>qui va repr\u00e9senter les citoyens qui n\u2019ont pas vot\u00e9 ?<\/strong> Cette interrogation contient une deuxi\u00e8me question, plus d\u00e9rangeante encore : l\u2019abstention doit-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une simple absence, ou comme une forme de participation n\u00e9gative, un \u00ab vote silencieux \u00bb exprimant une distance, une d\u00e9fiance ou un refus \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019offre politique disponible ? Dans une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, l\u2019abstention ne poss\u00e8de pas de si\u00e8ge, ne dispose d\u2019aucun groupe parlementaire et ne participe \u00e0 aucune commission. Pourtant, elle peut devenir politiquement plus importante que chacun des partis pris s\u00e9par\u00e9ment lorsque ceux-ci ne parviennent \u00e0 mobiliser qu\u2019une minorit\u00e9 du corps \u00e9lectoral.<\/p>\n<p>Il convient n\u00e9anmoins d\u2019\u00e9viter une simplification : toute abstention ne signifie pas n\u00e9cessairement rejet des partis. Certains citoyens peuvent \u00eatre emp\u00each\u00e9s de voter, \u00eatre indiff\u00e9rents au scrutin, consid\u00e9rer qu\u2019aucun candidat ne correspond \u00e0 leurs pr\u00e9f\u00e9rences, privil\u00e9gier d\u2019autres formes d\u2019engagement politique ou consid\u00e9rer que le r\u00e9sultat \u00e9lectoral changera peu leur situation. L\u2019abstention est donc un ph\u00e9nom\u00e8ne pluriel. Elle peut cependant devenir, lorsqu\u2019elle atteint une ampleur aussi consid\u00e9rable, un <strong>indicateur majeur de la relation entre citoyens et institutions repr\u00e9sentatives<\/strong>. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette perspective que mon analyse ant\u00e9rieure du \u00ab grand rendez-vous de l\u2019abstention \u00bb proposait de consid\u00e9rer la participation \u00e9lectorale non comme une donn\u00e9e secondaire, mais comme une dimension substantielle de la crise de la repr\u00e9sentation politique au Maroc (Chtatou, 2026a). (<a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-grand-rendez-vous-de-labstention-les-legislatives-marocaines-du-23-septembre-2026-face-a-la-crise-de-la-representation-politique\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u062c\u0631\u064a\u062f\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0627\u0644\u0645 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a\u064a<\/a>)<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat du 23 septembre invite ainsi \u00e0 d\u00e9placer le regard : au lieu de demander uniquement <strong>qui a gagn\u00e9 les \u00e9lections<\/strong>, il faut \u00e9galement demander <strong>qui n\u2019a pas trouv\u00e9 de raison suffisante pour voter<\/strong>. Cette seconde question ne permet pas d\u2019identifier m\u00e9caniquement les intentions des abstentionnistes, mais elle oblige \u00e0 examiner la capacit\u00e9 du syst\u00e8me partisan \u00e0 produire de la confiance, de l\u2019identification, de la repr\u00e9sentation et un sentiment d\u2019efficacit\u00e9 politique.<\/p>\n<p><strong>Une pr\u00e9cision d\u00e9cisive : l\u2019abstention n\u2019est pas juridiquement un vote<\/strong><\/p>\n<p>Avant d\u2019interpr\u00e9ter politiquement les 61,92 % de non-participation, une distinction juridique s\u2019impose. La Constitution marocaine de 2011 dispose, dans son article 62, que les membres de la Chambre des repr\u00e9sentants sont \u00e9lus pour cinq ans au suffrage universel direct. Elle ne cr\u00e9e aucun m\u00e9canisme permettant de transformer l\u2019abstention en si\u00e8ges parlementaires. L\u2019article 60 pr\u00e9cise en outre que les membres du Parlement tiennent leur mandat de la Nation. Autrement dit, les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus ne sont pas juridiquement les repr\u00e9sentants exclusifs des personnes ayant vot\u00e9 pour eux ; une fois \u00e9lus, ils participent \u00e0 la repr\u00e9sentation nationale dans son ensemble (Royaume du Maroc, 2011). (<a href=\"https:\/\/www.habous.gov.ma\/fr\/constitution-2011\/4089-du-pouvoir-l%C3%A9gislatif-de-l%E2%80%99organisation-du-parlement.html?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Habous<\/a>)<\/p>\n<p>Cette distinction est fondamentale. Dire que l\u2019abstention est \u00ab un vote \u00bb peut \u00eatre politiquement f\u00e9cond comme m\u00e9taphore, mais juridiquement elle n\u2019est pas assimil\u00e9e \u00e0 un suffrage exprim\u00e9. Un bulletin blanc, un bulletin nul et une absence au bureau de vote ne sont pas identiques. L\u2019abstention ne participe pas au calcul des suffrages permettant d\u2019attribuer les si\u00e8ges. Elle ne produit donc aucun d\u00e9put\u00e9 abstentionniste.<\/p>\n<p>Mais l\u2019absence d\u2019effet juridique direct ne signifie pas l\u2019absence de signification politique. Les d\u00e9mocraties contemporaines ne se r\u00e9duisent pas aux m\u00e9canismes \u00e9lectoraux formels. La participation politique comprend \u00e9galement les manifestations, les mobilisations sociales, les associations, les p\u00e9titions, les r\u00e9seaux num\u00e9riques, les campagnes publiques et diverses formes d\u2019expression citoyenne non \u00e9lectorale (van Deth, 2020). (<a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/edited-volume\/28169\/chapter-abstract\/213032920?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">OUP Academic<\/a>)<\/p>\n<p>C\u2019est dans cet espace entre <strong>validit\u00e9 juridique<\/strong> et <strong>signification politique<\/strong> que l\u2019abstention doit \u00eatre analys\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>61,92 % : une absence qui ne peut plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme marginale<\/strong><\/p>\n<p>Avec une participation de 38,08 %, environ 61,92 % des \u00e9lecteurs inscrits n\u2019ont pas particip\u00e9 au scrutin. Sur une base de 15.801.162 inscrits, cela repr\u00e9sente approximativement 9,8 millions de personnes. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u2019autant plus significatif que la participation avait d\u00e9pass\u00e9 50 % en 2021. Les chiffres de 2026 marquent donc un recul consid\u00e9rable par rapport au scrutin pr\u00e9c\u00e9dent et replacent la participation parlementaire marocaine parmi les niveaux historiquement faibles depuis 1963, m\u00eame si les comparaisons doivent tenir compte des diff\u00e9rences de contexte et d\u2019organisation entre les scrutins (El Faiz, 2026 ; Hallaoui, 2026). (<a href=\"https:\/\/www.lebrief.ma\/legislatives-maroc-60-ans-taux-participation-100167023\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lebrief<\/a>)<\/p>\n<p>La comparaison avec 2021 est particuli\u00e8rement importante. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, les \u00e9lections l\u00e9gislatives, communales et r\u00e9gionales avaient \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es simultan\u00e9ment, ce qui pouvait favoriser la mobilisation en raison de la proximit\u00e9 des enjeux locaux et des r\u00e9seaux personnels, familiaux et territoriaux. En 2026, les l\u00e9gislatives se sont pr\u00e9sent\u00e9es comme une \u00e9ch\u00e9ance distincte, ce qui rend la comparaison brute imparfaite mais ne fait pas dispara\u00eetre la signification du recul de la participation (Hallaoui, 2026). (<a href=\"https:\/\/medias24.com\/2026\/09\/23\/legislatives-2026-le-taux-de-participation-final-est-de-3802-interieur-1763361\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">M\u00e9dias24<\/a>)<\/p>\n<p>L\u2019ampleur de l\u2019abstention invite donc \u00e0 d\u00e9passer une lecture purement arithm\u00e9tique. Une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative peut parfaitement fonctionner juridiquement avec une participation minoritaire, mais une faible mobilisation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e peut progressivement affecter la perception de la l\u00e9gitimit\u00e9 politique des partis et la relation psychologique entre citoyens et institutions. La question n\u2019est pas de savoir si le Parlement est constitutionnellement l\u00e9gitime : il le demeure d\u00e8s lors que l\u2019\u00e9lection est organis\u00e9e conform\u00e9ment aux r\u00e8gles constitutionnelles et l\u00e9gales. La question est plut\u00f4t de savoir <strong>quelle profondeur sociale poss\u00e8de cette repr\u00e9sentation<\/strong>.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que se trouve le paradoxe du 23 septembre : les d\u00e9put\u00e9s sont l\u00e9galement les repr\u00e9sentants de la Nation, mais ils \u00e9mergent d\u2019un scrutin auquel moins de quatre inscrits sur dix ont particip\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019abstention : rejet cat\u00e9gorique ou langage politique pluriel ?<\/strong><\/p>\n<p>Il serait intellectuellement s\u00e9duisant de conclure que les 61,92 % d\u2019abstention constituent un rejet cat\u00e9gorique de tous les partis politiques pr\u00e9sents. Une telle conclusion serait cependant trop forte au regard des donn\u00e9es disponibles. L\u2019abstention ne poss\u00e8de pas une cause unique et les statistiques de participation ne permettent pas de distinguer automatiquement l\u2019abstention protestataire de l\u2019indiff\u00e9rence, de la d\u00e9mobilisation, de l\u2019emp\u00eachement mat\u00e9riel ou du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un <strong>d\u00e9senchantement partisan<\/strong> ne peut pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9e. Elle s\u2019inscrit dans un contexte plus large document\u00e9 avant le scrutin. Mon analyse publi\u00e9e quelques jours avant l\u2019\u00e9lection soulignait d\u00e9j\u00e0 que nombre de jeunes Marocains ne se consid\u00e9raient pas n\u00e9cessairement comme apolitiques mais pouvaient \u00eatre \u00e9loign\u00e9s des formes partisanes traditionnelles, tandis que les r\u00e9seaux sociaux offraient de nouvelles possibilit\u00e9s d\u2019expression, de d\u00e9nonciation, de mobilisation et de participation sans adh\u00e9sion \u00e0 un parti (Chtatou, 2026b). (<a href=\"https:\/\/www.moroccoworldnews.com\/2026\/09\/338325\/moroccan-youth-and-party-less-politics-toward-a-new-grammar-of-civic-participation\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Morocco World News<\/a>)<\/p>\n<p>Cette distinction entre <strong>d\u00e9politisation<\/strong> et <strong>d\u00e9partisanisation<\/strong> est particuli\u00e8rement importante. Un citoyen peut \u00eatre profond\u00e9ment pr\u00e9occup\u00e9 par le ch\u00f4mage, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la corruption, la justice territoriale ou les in\u00e9galit\u00e9s tout en consid\u00e9rant qu\u2019aucun parti existant ne constitue l\u2019instrument ad\u00e9quat pour porter ces pr\u00e9occupations. Dans ce cas, l\u2019abstention ne signifierait pas n\u00e9cessairement \u00ab je ne m\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 la politique \u00bb, mais plut\u00f4t \u00ab je ne trouve pas dans l&rsquo;offre politique actuelle le v\u00e9hicule politique auquel je souhaite confier ma voix \u00bb.<\/p>\n<p>Cette hypoth\u00e8se correspond \u00e0 une transformation plus g\u00e9n\u00e9rale de la participation politique. Les citoyens peuvent aujourd\u2019hui commenter, contester, produire des contenus, organiser des campagnes num\u00e9riques ou participer \u00e0 des mobilisations ponctuelles sans passer par les organisations partisanes traditionnelles (Chtatou, 2026b). (<a href=\"https:\/\/www.moroccoworldnews.com\/2026\/09\/338325\/moroccan-youth-and-party-less-politics-toward-a-new-grammar-of-civic-participation\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Morocco World News<\/a>)<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019abstention peut \u00eatre simultan\u00e9ment <strong>silence \u00e9lectoral et expression politique<\/strong>. Elle ne permet pas de conna\u00eetre pr\u00e9cis\u00e9ment le contenu du message, mais elle indique que le canal \u00e9lectoral n\u2019a pas mobilis\u00e9 une majorit\u00e9 des inscrits.<\/p>\n<p><strong>Le paradoxe de la repr\u00e9sentation : \u00e9lus par une minorit\u00e9, repr\u00e9sentants de la Nation<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me devient particuli\u00e8rement int\u00e9ressant lorsqu\u2019on confronte l\u2019arithm\u00e9tique \u00e9lectorale \u00e0 la conception constitutionnelle de la repr\u00e9sentation. Les parlementaires marocains \u00ab tiennent leur mandat de la Nation \u00bb et la Chambre des repr\u00e9sentants est \u00e9lue au suffrage universel direct. Le syst\u00e8me ne pr\u00e9voit donc pas que chaque d\u00e9put\u00e9 repr\u00e9sente exclusivement ceux qui ont vot\u00e9 pour lui (Royaume du Maroc, 2011). (<a href=\"https:\/\/www.habous.gov.ma\/fr\/constitution-2011\/4089-du-pouvoir-l%C3%A9gislatif-de-l%E2%80%99organisation-du-parlement.html?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Habous<\/a>)<\/p>\n<p>Cette conception permet de r\u00e9pondre juridiquement \u00e0 la question \u00ab qui repr\u00e9sente les abstentionnistes ? \u00bb : <strong>les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus repr\u00e9sentent \u00e9galement les citoyens qui n\u2019ont pas vot\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Mais cette r\u00e9ponse constitutionnelle ne r\u00e9sout pas enti\u00e8rement le probl\u00e8me politique. Repr\u00e9senter juridiquement quelqu\u2019un ne signifie pas n\u00e9cessairement que cette personne se reconna\u00eet politiquement dans celui qui la repr\u00e9sente. La repr\u00e9sentation poss\u00e8de donc au moins deux dimensions : une dimension institutionnelle, fond\u00e9e sur le mandat l\u00e9gal, et une dimension sociologique, fond\u00e9e sur l\u2019identification et la confiance.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette seconde dimension que l\u2019abstention devient probl\u00e9matique. Si pr\u00e8s des deux tiers des inscrits ne participent pas au scrutin, le Parlement devra gouverner et l\u00e9gif\u00e9rer pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, y compris pour ceux qui ont refus\u00e9 ou omis de participer. Son d\u00e9fi sera alors de transformer une repr\u00e9sentation juridiquement valide en repr\u00e9sentation politiquement cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Cette distinction \u00e9vite deux erreurs sym\u00e9triques. La premi\u00e8re consisterait \u00e0 d\u00e9clarer que le Parlement ne repr\u00e9sente personne parce que la majorit\u00e9 des inscrits n\u2019a pas vot\u00e9. La seconde serait de consid\u00e9rer que l\u2019abstention n\u2019a aucune importance parce que la proc\u00e9dure \u00e9lectorale reste juridiquement valide. Entre ces deux positions se trouve une r\u00e9alit\u00e9 plus complexe : <strong>la l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle peut coexister avec une fragilit\u00e9 de la mobilisation \u00e9lectorale<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Qui parle au nom des abstentionnistes ?<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse la plus exacte est : <strong>personne ne parle automatiquement en leur nom<\/strong>.<\/p>\n<p>Les partis \u00e9lus peuvent pr\u00e9tendre repr\u00e9senter l\u2019ensemble des citoyens, mais aucun ne peut l\u00e9gitimement transformer l\u2019abstention en soutien \u00e0 son programme. Un parti qui obtient des si\u00e8ges ne peut pas dire : \u00ab les abstentionnistes sont avec nous \u00bb, pas plus qu\u2019un autre parti ne peut affirmer : \u00ab les abstentionnistes sont contre nous \u00bb. L\u2019abstention ne fournit pas cette information.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui la distingue d&rsquo;un vote exprim\u00e9. Le vote \u00e9tablit une pr\u00e9f\u00e9rence \u00e9lectorale observable. L\u2019abstention \u00e9tablit principalement une <strong>non-participation observable<\/strong>. Le passage de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre exige une interpr\u00e9tation suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>L\u2019abstention est donc un \u00ab vote \u00bb au sens m\u00e9taphorique, mais pas au sens \u00e9lectoral. Elle peut \u00eatre comprise comme une <strong>voix sans bulletin<\/strong>, une donn\u00e9e politique sans traduction institutionnelle directe. Elle dit quelque chose sur le rapport entre citoyens et \u00e9lections sans dire exactement ce que chaque abstentionniste pense des partis.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable question pour les formations politiques ne devrait donc pas \u00eatre \u00ab pour qui les abstentionnistes auraient-ils vot\u00e9 ? \u00bb, mais plut\u00f4t : <strong>pourquoi n\u2019ont-ils pas consid\u00e9r\u00e9 le scrutin comme suffisamment pertinent pour se d\u00e9placer ?<\/strong><\/p>\n<p>Cette interrogation est beaucoup plus exigeante, car elle renvoie \u00e0 la confiance, \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 des programmes, \u00e0 la proximit\u00e9 des \u00e9lus, \u00e0 la perception de l\u2019efficacit\u00e9 gouvernementale et \u00e0 la capacit\u00e9 des partis \u00e0 transformer les pr\u00e9occupations quotidiennes en propositions politiques intelligibles.<\/p>\n<p><strong>Une crise de la repr\u00e9sentation plus qu\u2019une simple crise de participation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019abstention de 2026 doit \u00e9galement \u00eatre replac\u00e9e dans une \u00e9volution plus large de la relation entre citoyens et partis. Avant m\u00eame l&rsquo;\u00e9lection, les analyses consacr\u00e9es au scrutin mettaient en \u00e9vidence le risque d\u2019une crise de la repr\u00e9sentation politique et la distance entre une partie de la population, notamment des jeunes, et les organisations partisanes traditionnelles (Chtatou, 2026a ; LeBrief, 2026). (<a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-grand-rendez-vous-de-labstention-les-legislatives-marocaines-du-23-septembre-2026-face-a-la-crise-de-la-representation-politique\/?utm_source=chatgpt.com\">\u062c\u0631\u064a\u062f\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0627\u0644\u0645 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a\u064a<\/a>)<\/p>\n<p>Cette crise ne signifie pas n\u00e9cessairement que les citoyens rejettent toutes les institutions politiques. Elle peut traduire une transformation des attentes. Les citoyens contemporains demandent souvent davantage de r\u00e9sultats, de proximit\u00e9, de transparence et de responsabilit\u00e9. Ils peuvent \u00eatre moins dispos\u00e9s \u00e0 accepter une politique fond\u00e9e essentiellement sur les slogans, les promesses g\u00e9n\u00e9rales ou les r\u00e9seaux d\u2019interm\u00e9diation.<\/p>\n<p>La question devient alors celle de la <strong>performance repr\u00e9sentative<\/strong>. Un parti n\u2019est pas seulement \u00e9valu\u00e9 au moment de l\u2019\u00e9lection ; il est \u00e9galement \u00e9valu\u00e9 sur sa capacit\u00e9 \u00e0 transformer les probl\u00e8mes sociaux en politiques publiques et les promesses \u00e9lectorales en r\u00e9sultats mesurables.<\/p>\n<p>C\u2019est ici que mes travaux pr\u00e9c\u00e9dents sur le passage d\u2019un \u00ab Maroc des centres \u00bb \u00e0 un \u00ab Maroc des territoires \u00bb prennent une dimension nouvelle. La repr\u00e9sentation politique ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e de la repr\u00e9sentation territoriale. Les citoyens des m\u00e9tropoles, des campagnes, des montagnes, du Rif, du Haut Atlas, du Souss, de l\u2019Oriental ou des oasis du Sud-Est n\u2019ont pas n\u00e9cessairement les m\u00eames priorit\u00e9s, les m\u00eames contraintes ni les m\u00eames attentes. Une politique territoriale efficace doit donc reconna\u00eetre cette diversit\u00e9 au lieu de supposer qu\u2019une politique uniforme produira automatiquement l\u2019\u00e9galit\u00e9 (Chtatou, 2026c). (<a href=\"https:\/\/www.foresightnet.net\/public\/en\/projects\/morocco-of-territories-the-2026-legislative-elections-and-the-urgency-of-a-new-territorial-convergence-policy?utm_source=chatgpt.com\">Foresight Net<\/a>)<\/p>\n<p>L\u2019abstention peut ainsi \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e, avec prudence, comme l\u2019un des sympt\u00f4mes d\u2019un d\u00e9calage entre <strong>l\u2019offre politique nationale<\/strong> et <strong>les exp\u00e9riences quotidiennes territorialis\u00e9es<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Le Maroc des territoires et la g\u00e9ographie de l\u2019abstention<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019un des enseignements importants du scrutin est que le taux national masque de fortes diff\u00e9rences territoriales. Le taux de participation a notamment \u00e9t\u00e9 beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 dans certaines r\u00e9gions du Sud, tandis que la moyenne nationale demeurait faible (Le Matin, 2026). (<a href=\"https:\/\/lematin.ma\/nation\/electionsle-pam-en-tete-le-rni-et-listiqlal-au-coude-a-coude-le-pjd-4e\/366767?utm_source=chatgpt.com\">Le Matin.ma<\/a>)<\/p>\n<p>Cette diversit\u00e9 territoriale est essentielle pour comprendre l\u2019abstention. Il n\u2019existe probablement pas un abstentionniste marocain abstrait, mais des abstentionnismes socialement et territorialement diff\u00e9renci\u00e9s. L\u2019abstention d\u2019un jeune dipl\u00f4m\u00e9 sans emploi dans une grande ville, celle d\u2019un habitant d\u2019une zone rurale \u00e9loign\u00e9e des services publics, celle d\u2019une personne d\u00e9sillusionn\u00e9e par les partis et celle d\u2019un citoyen satisfait du syst\u00e8me mais indiff\u00e9rent au scrutin ne peuvent \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9es identiques.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi l\u2019analyse nationale du chiffre de 61,92 % doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par une cartographie sociale, g\u00e9n\u00e9rationnelle et territoriale de l\u2019abstention. La question essentielle n\u2019est pas uniquement \u00ab combien n\u2019ont pas vot\u00e9 ? \u00bb, mais \u00e9galement \u00ab <strong>o\u00f9, qui, pourquoi et dans quelles conditions n\u2019ont-ils pas vot\u00e9 ?<\/strong> \u00bb<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche rejoindrait la logique du \u00ab Maroc des territoires \u00bb que j\u2019ai d\u00e9fendue avant les \u00e9lections : le d\u00e9veloppement, la repr\u00e9sentation et la participation ne doivent pas \u00eatre analys\u00e9s uniquement depuis le centre, mais \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es des territoires (Chtatou, 2026c). (<a href=\"https:\/\/www.foresightnet.net\/public\/en\/projects\/morocco-of-territories-the-2026-legislative-elections-and-the-urgency-of-a-new-territorial-convergence-policy?utm_source=chatgpt.com\">Foresight Net<\/a>)<\/p>\n<p><strong>Jeunesse, d\u00e9partisanisation et nouvelle citoyennet\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La jeunesse m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re. Les donn\u00e9es officielles montrent que les 18\u201324 ans ne repr\u00e9sentent que 4 % des inscrits sur les listes \u00e9lectorales, tandis que les plus de 60 ans en repr\u00e9sentent plus de 29 % (Royaume du Maroc, 2026). (<a href=\"https:\/\/maroc.ma\/fr\/actualites\/les-elections-legislatives-du-23-septembre-en-chiffres?utm_source=chatgpt.com\">Maroc<\/a>)<\/p>\n<p>Cette structure du corps \u00e9lectoral poss\u00e8de une signification politique consid\u00e9rable. Elle signifie que la jeunesse est relativement sous-repr\u00e9sent\u00e9e dans le corps \u00e9lectoral inscrit, alors m\u00eame qu\u2019elle constitue une composante centrale des transformations sociales et num\u00e9riques du pays. Les analyses pr\u00e9c\u00e9dant le scrutin faisaient \u00e9galement appara\u00eetre une distance entre une partie de la jeunesse et les organisations politiques classiques (Chtatou, 2026b ; Reuters, 2026). (<a href=\"https:\/\/www.moroccoworldnews.com\/2026\/09\/338325\/moroccan-youth-and-party-less-politics-toward-a-new-grammar-of-civic-participation\/?utm_source=chatgpt.com\">Morocco World News<\/a>)<\/p>\n<p>La question n\u2019est donc peut-\u00eatre plus simplement celle de la mobilisation des jeunes pour les partis, mais celle de la capacit\u00e9 des partis \u00e0 comprendre une <strong>nouvelle grammaire de la citoyennet\u00e9<\/strong>. Un jeune citoyen peut \u00eatre politiquement actif sans \u00eatre partisan, critique sans \u00eatre militant, engag\u00e9 sur une question particuli\u00e8re sans appartenir \u00e0 une organisation permanente.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, vouloir interpr\u00e9ter l\u2019abstention exclusivement comme de l\u2019apathie serait r\u00e9ducteur. Mais l\u2019interpr\u00e9ter exclusivement comme une r\u00e9volte serait tout aussi r\u00e9ducteur. L\u2019abstention est un contenant dans lequel peuvent se trouver plusieurs attitudes diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p><strong>L\u2019abstention comme \u00ab veto silencieux \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Le concept de \u00ab veto silencieux \u00bb peut n\u00e9anmoins \u00eatre utile \u00e0 condition de le consid\u00e9rer comme une cat\u00e9gorie analytique et non comme une description exhaustive. Lorsque les partis ne parviennent pas \u00e0 mobiliser une majorit\u00e9 des inscrits, l\u2019abstention peut fonctionner politiquement comme un signal n\u00e9gatif : <strong>aucune offre politique n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 convaincre une majorit\u00e9 du corps \u00e9lectoral de participer<\/strong>.<\/p>\n<p>Ce signal ne s\u00e9lectionne pas une alternative. Il ne d\u00e9signe pas un gouvernement de remplacement. Il ne propose pas un programme. Mais il peut indiquer que les m\u00e9canismes ordinaires de la repr\u00e9sentation ne suffisent plus \u00e0 cr\u00e9er l\u2019adh\u00e9sion \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e est importante parce qu\u2019une \u00e9lection ne mesure pas uniquement la pr\u00e9f\u00e9rence entre candidats. Elle mesure \u00e9galement la capacit\u00e9 du syst\u00e8me politique \u00e0 mobiliser les citoyens autour de l\u2019id\u00e9e que le vote compte.<\/p>\n<p>L\u2019abstention massive pose donc une question d\u2019<strong>efficacit\u00e9 politique per\u00e7ue<\/strong> : les citoyens pensent-ils que leur participation peut r\u00e9ellement modifier les politiques publiques, am\u00e9liorer les services, cr\u00e9er de l\u2019emploi, r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s territoriales ou renforcer la responsabilit\u00e9 des gouvernants ?<\/p>\n<p>Si la r\u00e9ponse devient n\u00e9gative pour une fraction importante du corps \u00e9lectoral, le probl\u00e8me d\u00e9passe les partis pris individuellement. Il touche le fonctionnement de la repr\u00e9sentation politique elle-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Le danger d\u2019une lecture partisane de l\u2019abstention<\/strong><\/p>\n<p>Il serait toutefois politiquement et scientifiquement incorrect de transformer automatiquement l\u2019abstention en victoire imaginaire d\u2019un \u00ab parti des abstentionnistes \u00bb. Il n\u2019existe pas, en 2026, de Parti de l\u2019abstention ayant pr\u00e9sent\u00e9 des listes, formul\u00e9 un programme et obtenu juridiquement des si\u00e8ges.<\/p>\n<p>L\u2019abstention ne constitue pas une force parlementaire homog\u00e8ne. Les abstentionnistes ne partagent pas n\u00e9cessairement les m\u00eames valeurs, les m\u00eames pr\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques ou les m\u00eames int\u00e9r\u00eats sociaux. Certains peuvent \u00eatre proches de la gauche, d\u2019autres de la droite, d\u2019autres encore du conservatisme, du lib\u00e9ralisme, du nationalisme, de l\u2019\u00e9cologie ou d\u2019aucune de ces cat\u00e9gories. Certains peuvent rejeter tous les partis ; d\u2019autres peuvent avoir une pr\u00e9f\u00e9rence partisane mais ne pas avoir vot\u00e9.<\/p>\n<p>Cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 explique pourquoi l\u2019abstention ne peut pas \u00eatre convertie math\u00e9matiquement en si\u00e8ges.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne doit donc \u00eatre trait\u00e9 comme une <strong>question de repr\u00e9sentation<\/strong>, non comme une nouvelle cat\u00e9gorie \u00e9lectorale juridiquement constitu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection : le v\u00e9ritable test commence<\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat du 23 septembre ne cl\u00f4t donc pas la question de l\u2019abstention ; il l\u2019ouvre. Les partis qui disposeront de d\u00e9put\u00e9s devront gouverner une soci\u00e9t\u00e9 dont une large majorit\u00e9 des inscrits n\u2019a pas particip\u00e9 au scrutin. La nouvelle majorit\u00e9 devra donc chercher \u00e0 \u00e9largir la confiance au-del\u00e0 de sa base \u00e9lectorale imm\u00e9diate.<\/p>\n<p>Cette t\u00e2che implique plusieurs transformations : renforcer la proximit\u00e9 entre \u00e9lus et citoyens, rendre les programmes mesurables, publier r\u00e9guli\u00e8rement les r\u00e9sultats de l\u2019action publique, mieux territorialiser les politiques publiques, renforcer la responsabilit\u00e9 parlementaire et donner davantage de visibilit\u00e9 aux m\u00e9canismes permettant aux citoyens de contr\u00f4ler les \u00e9lus.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9galement ici que la question territoriale devient centrale. Si l\u2019abstention est li\u00e9e, au moins en partie, \u00e0 une perception d\u2019\u00e9loignement du pouvoir, alors la r\u00e9gionalisation avanc\u00e9e doit produire davantage qu\u2019une architecture administrative. Elle doit cr\u00e9er une v\u00e9ritable proximit\u00e9 politique et administrative.<\/p>\n<p>Dans mon analyse consacr\u00e9e au \u00ab Maroc des territoires \u00bb, j\u2019ai propos\u00e9 de consid\u00e9rer la prochaine l\u00e9gislature \u00e0 travers la capacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9carts entre centre et p\u00e9riph\u00e9rie, m\u00e9tropoles et montagnes, villes et campagnes, territoires fortement connect\u00e9s et territoires moins int\u00e9gr\u00e9s aux r\u00e9seaux de d\u00e9veloppement (Chtatou, 2026c). (<a href=\"https:\/\/www.foresightnet.net\/public\/en\/projects\/morocco-of-territories-the-2026-legislative-elections-and-the-urgency-of-a-new-territorial-convergence-policy?utm_source=chatgpt.com\">Foresight Net<\/a>)<\/p>\n<p>La repr\u00e9sentation politique ne peut en effet \u00eatre durablement cr\u00e9dible si le citoyen ne per\u00e7oit pas de relation entre son vote, son territoire et l\u2019am\u00e9lioration concr\u00e8te de sa vie quotidienne.<\/p>\n<p><strong>Vers un nouveau contrat repr\u00e9sentatif<\/strong><\/p>\n<p>Le scrutin du 23 septembre 2026 pose donc les bases d\u2019une r\u00e9flexion plus profonde sur le contrat repr\u00e9sentatif marocain. Celui-ci ne peut plus \u00eatre d\u00e9fini seulement par la s\u00e9quence : campagne, vote, proclamation des r\u00e9sultats, formation du gouvernement. Il doit int\u00e9grer un cycle plus long : <strong>\u00e9coute, participation, repr\u00e9sentation, action publique, \u00e9valuation et reddition des comptes<\/strong>.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, les abstentionnistes ne demandent pas n\u00e9cessairement une repr\u00e9sentation s\u00e9par\u00e9e. Ils posent plut\u00f4t une question \u00e0 la repr\u00e9sentation existante : <strong>\u00eates-vous capables de nous convaincre que nous faisons r\u00e9ellement partie du syst\u00e8me politique que vous pr\u00e9tendez repr\u00e9senter ?<\/strong><\/p>\n<p>Cette interrogation est d\u2019autant plus importante que le syst\u00e8me constitutionnel marocain conf\u00e8re au Parlement une fonction centrale de l\u00e9gislation et de contr\u00f4le, tandis que l\u2019article 47 lie la nomination du Chef du Gouvernement au parti arriv\u00e9 en t\u00eate des \u00e9lections de la Chambre des repr\u00e9sentants, sur la base des r\u00e9sultats du scrutin (Royaume du Maroc, 2011). (<a href=\"https:\/\/bdj.mmsp.gov.ma\/Fr\/Document\/5601-Dahir.aspx?utm_source=chatgpt.com\">Bdj<\/a>)<\/p>\n<p>Le faible niveau de participation ne remet donc pas juridiquement en cause ce m\u00e9canisme, mais il lui donne une responsabilit\u00e9 politique suppl\u00e9mentaire : celle de reconstruire le lien entre institutions \u00e9lues et citoyens non mobilis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Conclusion : qui repr\u00e9sentera ceux qui n\u2019ont pas vot\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 la question initiale est \u00e0 la fois simple et complexe. <strong>Juridiquement, les abstentionnistes seront repr\u00e9sent\u00e9s par les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus, car ceux-ci tiennent leur mandat de la Nation. Politiquement, cependant, personne ne peut pr\u00e9tendre parler automatiquement au nom des 61,92 % d\u2019inscrits qui n\u2019ont pas particip\u00e9 au scrutin.<\/strong> (<a href=\"https:\/\/www.habous.gov.ma\/fr\/constitution-2011\/4089-du-pouvoir-l%C3%A9gislatif-de-l%E2%80%99organisation-du-parlement.html?utm_source=chatgpt.com\">Habous<\/a>)<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette distinction qui donne au scrutin du 23 septembre sa port\u00e9e particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019abstention n\u2019est pas un vote au sens juridique. Elle ne produit pas de si\u00e8ges, ne d\u00e9signe pas de repr\u00e9sentants et ne permet pas d\u2019identifier directement une pr\u00e9f\u00e9rence politique. Mais elle peut \u00eatre un <strong>fait politique majeur<\/strong>, surtout lorsqu\u2019elle concerne pr\u00e8s des deux tiers des inscrits. Elle devient alors une donn\u00e9e qu\u2019aucun gouvernement, aucun Parlement et aucun parti ne peut raisonnablement traiter comme une simple absence.<\/p>\n<p>Dire que l\u2019abstention constitue un rejet cat\u00e9gorique de tous les partis serait cependant aller au-del\u00e0 de ce que les donn\u00e9es permettent d\u2019\u00e9tablir. Elle peut contenir du rejet partisan, de la d\u00e9fiance, de l\u2019indiff\u00e9rence, de la d\u00e9mobilisation, de l\u2019emp\u00eachement ou d\u2019autres motivations. Mais m\u00eame cette pluralit\u00e9 n\u2019annule pas sa signification : <strong>le syst\u00e8me partisan n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser une majorit\u00e9 des citoyens inscrits<\/strong>.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable message du 23 septembre n\u2019est donc pas n\u00e9cessairement \u00ab les abstentionnistes sont contre les partis \u00bb. Il est plus prudent et peut-\u00eatre plus profond : <strong>les partis n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 transformer leur comp\u00e9tition \u00e9lectorale en une mobilisation majoritaire du corps \u00e9lectoral<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette distinction ouvre une r\u00e9flexion essentielle sur la d\u00e9mocratie marocaine. Une repr\u00e9sentation institutionnellement valide peut-elle rester durablement forte si elle ne parvient pas \u00e0 produire une participation significative ? La r\u00e9ponse d\u00e9pendra moins du chiffre du 23 septembre que de la mani\u00e8re dont les institutions interpr\u00e9teront ce chiffre et y r\u00e9pondront.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi de la prochaine l\u00e9gislature sera ainsi de transformer l\u2019abstention en objet d\u2019\u00e9coute plut\u00f4t qu\u2019en objet de m\u00e9pris, en question politique plut\u00f4t qu\u2019en statistique secondaire. Les citoyens qui n\u2019ont pas vot\u00e9 n\u2019ont pas cr\u00e9\u00e9 un Parlement parall\u00e8le ; ils ont cependant cr\u00e9\u00e9, par leur absence collective, une question que le Parlement devra affronter.<\/p>\n<p>Cette question pourrait \u00eatre formul\u00e9e ainsi : <strong>comment repr\u00e9senter une soci\u00e9t\u00e9 dont une majorit\u00e9 des inscrits n\u2019a pas jug\u00e9 n\u00e9cessaire de participer au m\u00e9canisme \u00e9lectoral cens\u00e9 organiser sa repr\u00e9sentation ?<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est finalement pas seulement de savoir qui gouvernera le Maroc apr\u00e8s le 23 septembre. Il est de savoir <strong>comment reconstruire le d\u00e9sir de participer \u00e0 la construction politique du Maroc<\/strong>.<\/p>\n<p>Le prochain gouvernement sera donc confront\u00e9 \u00e0 une double exigence : gouverner ceux qui ont vot\u00e9 et reconqu\u00e9rir la confiance de ceux qui ne l\u2019ont pas fait. La premi\u00e8re t\u00e2che rel\u00e8ve du mandat \u00e9lectoral ; la seconde rel\u00e8ve de la reconstruction du contrat politique.<\/p>\n<p>L\u2019avenir de la repr\u00e9sentation marocaine se jouera pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet espace entre les deux.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie APA<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Chtatou, M. (2026a, 5 septembre). <em>Le grand rendez-vous de l\u2019abstention ? Les l\u00e9gislatives marocaines du 23 septembre 2026 face \u00e0 la crise de la repr\u00e9sentation politique<\/em>. Le Monde Amazigh. (<a href=\"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/le-grand-rendez-vous-de-labstention-les-legislatives-marocaines-du-23-septembre-2026-face-a-la-crise-de-la-representation-politique\/?utm_source=chatgpt.com\">\u062c\u0631\u064a\u062f\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0627\u0644\u0645 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0632\u064a\u063a\u064a<\/a>)<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026b, 15 septembre). <em>Moroccan youth and party-less politics: Toward a new grammar of civic participation<\/em>. Morocco World News. (<a href=\"https:\/\/www.moroccoworldnews.com\/2026\/09\/338325\/moroccan-youth-and-party-less-politics-toward-a-new-grammar-of-civic-participation\/?utm_source=chatgpt.com\">Morocco World News<\/a>)<\/li>\n<li>Chtatou, M. (2026c, 24 ao\u00fbt). <em>Morocco of territories: The 2026 legislative elections and the urgency of a new territorial convergence policy<\/em>. International Foresight Professionals. (<a href=\"https:\/\/www.foresightnet.net\/public\/en\/projects\/morocco-of-territories-the-2026-legislative-elections-and-the-urgency-of-a-new-territorial-convergence-policy?utm_source=chatgpt.com\">Foresight Net<\/a>)<\/li>\n<li>El Faiz, S. (2026, 23 septembre). <em>L\u00e9gislatives au Maroc : retour sur 60 ans de taux de participation<\/em>. LeBrief. (<a href=\"https:\/\/www.lebrief.ma\/legislatives-maroc-60-ans-taux-participation-100167023\/?utm_source=chatgpt.com\">Lebrief<\/a>)<\/li>\n<li>Hallaoui, A. (2026, 23 septembre). <em>L\u00e9gislatives 2026. Le taux de participation final est de 38,02% (Int\u00e9rieur)<\/em>. M\u00e9dias24. (<a href=\"https:\/\/medias24.com\/2026\/09\/23\/legislatives-2026-le-taux-de-participation-final-est-de-3802-interieur-1763361\/?utm_source=chatgpt.com\">M\u00e9dias24<\/a>)<\/li>\n<li>Le Matin. (2026, 24 septembre). <em>\u00c9lections 2026 : le PAM en t\u00eate avec 97 si\u00e8ges, le RNI et l\u2019Istiqlal au coude-\u00e0-coude, le PJD quatri\u00e8me<\/em>. (<a href=\"https:\/\/lematin.ma\/nation\/electionsle-pam-en-tete-le-rni-et-listiqlal-au-coude-a-coude-le-pjd-4e\/366767?utm_source=chatgpt.com\">Le Matin.ma<\/a>)<\/li>\n<li>LeBrief. (2026, 5 septembre). <em>\u00c9lections 2026 : le Maroc face au risque de l\u2019abstention<\/em>. (<a href=\"https:\/\/www.lebrief.ma\/elections-2026-maroc-face-au-risque-abstention-100164808\/?utm_source=chatgpt.com\">Lebrief<\/a>)<\/li>\n<li>Reuters. (2026, 17 septembre). <em>Morocco&rsquo;s political parties battle youth disenchantment ahead of election<\/em>. (<a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/africa\/moroccos-political-parties-battle-youth-disenchantment-ahead-election-2026-09-17\/?utm_source=chatgpt.com\">Reuters<\/a>)<\/li>\n<li>Royaume du Maroc. (2011). <em>Constitution du Royaume du Maroc<\/em>. (<a href=\"https:\/\/www.habous.gov.ma\/fr\/constitution-2011\/4089-du-pouvoir-l%C3%A9gislatif-de-l%E2%80%99organisation-du-parlement.html?utm_source=chatgpt.com\">Habous<\/a>)<\/li>\n<li>Royaume du Maroc. (2026). <em>Les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 23 septembre en chiffres<\/em>. Maroc.ma. (<a href=\"https:\/\/maroc.ma\/fr\/actualites\/les-elections-legislatives-du-23-septembre-en-chiffres?utm_source=chatgpt.com\">Maroc<\/a>)<\/li>\n<li>van Deth, J. W. (2020). Non-electoral participation. In R. Rohrschneider &amp; J. Thomassen (Eds.), <em>The Oxford handbook of political representation in liberal democracies<\/em> (pp. 470\u2013489). Oxford University Press. (<a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/edited-volume\/28169\/chapter-abstract\/213032920?utm_source=chatgpt.com\">OUP Academic<\/a>)<\/li>\n<li>Ayta\u00e7, S. E., &amp; Stokes, S. C. (2022). Costly abstention. In M. Giugni &amp; M. Grasso (Eds.), <em>The Oxford handbook of political participation<\/em> (pp. 763\u2013777). Oxford University Press. (<a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/edited-volume\/44007\/chapter-abstract\/371816363?utm_source=chatgpt.com\">OUP Academic<\/a>)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oui. Le chiffre de 38,08 % m\u00e9rite d\u2019\u00eatre retenu ici, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans la nuit du 23 au 24 septembre par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur lors de la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats provisoires. Cela signifie qu\u2019environ 61,92 % des inscrits n\u2019ont pas vot\u00e9, soit pr\u00e8s de 9,8 millions de personnes sur 15,8 millions d\u2019inscrits. &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4424,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-8493","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9uxE2-2cZ","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/chtatou-1-e1782134465743.jpg?fit=450%2C278&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8493","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8493"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8493\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8494,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8493\/revisions\/8494"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8493"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8493"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amadalamazigh.press.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8493"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}