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Le journal «Le Monde Amazigh», vu par son lectorat

Amina_Granada(1)Le journal «Le Monde Amazigh», Vu par son lectorat

Par Amina IBNOU-CHEIKH: Directrice d’Amadal Amazigh

Préambule

Avant de vous aborder le sujet sur notre titre journalistique, il est nécessaire de faire un bref historique de l’apparition et de l’évolution de la presse écrite amazighe au Maroc. Celle-ci a d’abord fait ses entrées par des tracts d’association comme par exemple « libica », « anaruz » de l’association Tamaynut avant d’evoluer vers la forme de journaux associatifs tels adrar de l’association culturel de Souss, tasafut (Tamaynut), tamunt de l’AMREC, Tifawt d’Assid…Après il est venu l’expérience de la presse édités par militants amazighs à titre personnel comme tamaguit de Boulguid, Tawiza de Mohamed boudhan, Tamazight d’Ahmed Adghirni, Imazighen de Driss Boumlich, Ineghnissen de Hamid Khabache, Tilwah de Bouaghadan… Sans oublier des titres appartenant à la mouvance populaire tels tidmi et agraw amazigh. Fautes de moyens fianciers, tous ces titres ont été condamnés à disparaitre.

Et quand à notre journal « Le Monde Amazigh », dont j’ai l’honneur de diriger, a été créé en mai 2001, dans la perspective d’être édité par une entreprise médiatique, spécialisé, comme tous les autres journaux mentionnés ci-dessus, dans la défense de la culture et de la civilisation amazighes ; Il est resté le seul à continuer à paraître à ce jour, avec une périodicité mensuelle. « Le Monde Amazigh » est devenu la référence indispensable en ce qui concerne la question amazighe pour les chercheurs et les étudiants. Ce mensuel joue un rôle essentiel, à côté d’autres titres amazighs, en particulier pour la reconnaissance du caractère officiel de la langue amazighe et des droits des imazighen d’une façon générale.  L’ambition du journal « Le Monde Amazigh » est de combiner le caractère d’un media militant et professionnel à la fois crédible et objectif.

Dans le souci de développer encore plus notre media, et d’être plus à l’écoute de notre lectorat, l’équipe du « Le monde amazigh » a collaboré avec  le Centre Ibnou Rochd des Etudes et de la Communication en prenant l’initiative d’organiser un atelier avec ses lecteurs, en juin dernier, en invitant une trentaine de personnes venues des quatre coins du Maroc.

Dans cet atelier où nos fidèles lecteurs se sont exprimés en toute liberté et responsabilité on a eu l’occasion d’écouter leurs observations, leurs critiques et leurs propositions en ce qui concerne la ligne éditoriale, la forme et le contenu.

Comme vous devriez savoir, « Amadal Amazigh ou el mundo amazigh » relève d’une presse assez spéciale, au demeurant  jeune et innovante, qui n’arrive pas encore à s’imposer sur une grande surface, vu qu’elle souffre d’innombrables contraintes et difficultés. Depuis le manque de moyens financiers jusqu’au problème de la distribution, en passant par la discrimination en ce qui concerne le marché de la publicité. S’agissant des subventions, le journal « Le Monde Amazigh » reçoit de l’Etat une subvention dérisoire de 200.000 dh (plus au moins 18.000 Euros), ce qui constitue un pourcentage de 0,004% du budget total alloué à la presse écrite au Maroc, alors que les amazighophones constituent la majorité de la population marocaine.

Se définissant comme une presse militante et citoyenne, la presse amazighe en général et « Le Monde Amazigh » en particulier, ont réussi à casser de nombreux tabous dans un Etat, conservateur et autoritaire, comme la question de la défense de la laïcité, le droit à l’autonomie des régions, au Maroc, en particulier et dans Tamazgha d’une façon générale, les assassinats politiques (Abbass Mesaadi, Boujemaà El Habbaz, Mohamed El Hamouti…), la guerre de libération de Mohamed Abdelkrim El Khattabi, la Guerre chimique contre le Rif, les terres collectives etc.

Mais qu’en disent nos lecteurs

Presque la moitié de nos lecteurs affirment qu’ils ont suivi le support depuis sa création en 2001, c’est-à-dire depuis plus de dix ans, tandis que l’autre moitié l’a découvert depuis six ans, tout en lui restant fidèles depuis tout ce temps. Nos lecteurs qui parlent tous tamazight, considèrent « Le Monde Amazigh » comme la voix des militants amazighs et par extension du mouvement amazigh. En outre, certains lecteurs le prennent comme source pour des recherches académiques.

En ce qui concerne la ligne éditoriale

La majorité de nos lecteurs approuve sa ligne éditoriale et considère le mot de la directrice comme « le cri » des imazighen qui a évolué avec les revendications du mouvement amazigh. C’est pour cela que le journal est devenu la voix d’une cause, à savoir celle de l’amazighité.

Les lecteurs considèrent que la ligne éditoriale concilie entre le militantisme et le professionnalisme, représentant ainsi la conscience vive du mouvement amazighe, ou tout au moins une bonne partie de cette conscience. Rajoutant cependant que suite à la constitutionnalisation de l’Amazighe, ils ont exigé de faire évoluer la ligne éditoriale de façon à accompagner  la nouvelle ère. Le lectorat insiste sur le respect de l’indépendance de cette ligne éditoriale. Ainsi, le journal devant veiller à l’objectivité et à l’indépendance en dépit des convictions identitaires, politiques et culturelles de ses responsables et rédacteurs. D’où le nécessaire respect de l’objectivité dans le traitement des sujets avec la garantie de la libre expression, le pluralisme des opinions et l’honnêteté intellectuelle, vu que le support est une référence académique ; ce qui suppose une ouverture sur les différents courants de pensée amazighe certes mais aussi « islamiste », de gauche voire d’extrême gauche.

Par rapport au choix des sujets

Notre lectorat souhaite une réactivité par rapport à l’actualité. De même qu’il considére que certaines questions telle que celle du Sahara, les loisirs et le sport devront d’être abordés. Il souhaite que le journal se penche plus sur des questions internationales, dont celles concernant l’Afrique du Nord (Tamazgha), les dossiers historiques, l’enseignement, l’économie, le genre, le courrier des lecteurs.

Sur la forme

En consultant sa pagination, nos lectorat la trouvent assez classique dans sa forme et dans le choix des photos et des couleurs. Celles-ci sont considérées « classiques » avec des techniques traditionnelles dans la composition des images. Ils suggèrent que la « Une » change ainsi que son logo et qu’elle comporte les titres des rubriques et l’éditorial. Des caricatures en amazigh sont aussi réclamées.

Puisque notre titre, comme la plupart des supports amazighs qui ont arrêté de paraître, est trilingue (arabe, français et tamazight), les lecteurs constatent un manque d’équilibre entre le nombre de pages dédiées à chaque langue : les pages écrites en arabe sont plus nombreuses, au total 16 pages, et celles en français seulement 4 pages de même qu’en tamazight, 4 pages. Certains demandent d’y inclure des pages en anglais et des pages en espagnol.

Concernant les polices utilisées, Ils la trouvent de petite taille et quand à la police tifinaghe ils demandent son amélioration.

Le temps de lecture

Le temps de lecture diffère selon les lecteurs. Certains prennent le mois en entier pour la lecture, tandis que d’autres le lisent dès le premier jour. Certains reconnaissent une lecture en groupe, d’autres qu’ils le prêtent ou le donne à des proches.

Le prix

Le prix de 5 dirhams est considéré comme modique et les lecteurs pensent qu’il devrait être porté à 8 ou 10 dirhams, au motif notamment que les personnes intéressées ne peuvent que l’acheter.

Considérations finales

Le journal « le Monde Amazigh » ne saurait assez remercier ses fidèles lecteurs pour ses remarques et critiques constructivesSur ces diverses observations, de forme comme de fond, le journal est conscient et envisage d’agir de façon à y apporter des solutions et des réponses, afin d’améliorer davantage la qualité du média en répondant aux attentes de son lectoratPour parer à la question de la couverture du lectorat, il est envisagé bientôt le développement et l’amélioration du son site web «www.amadalpresse.com», sous une forme quotidienne, tout en maintenant le journal papier sous sa forme mensuelle.

AMINA

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