
Résumé
La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) du Maroc incarne aujourd’hui un modèle de transformation institutionnelle où professionnalisme, responsabilité et respect des droits humains constituent les piliers fondamentaux de l’action policière. Depuis sa création en 1956, cette institution a connu une évolution remarquable, notamment après les réformes constitutionnelles de 2011, pour s’imposer comme un acteur de référence tant sur le plan national qu’international. Cet essai analyse la transformation profonde de la police marocaine à travers trois axes principaux : le professionnalisme opérationnel ancré dans la modernisation technologique et la formation continue, la responsabilité institutionnelle manifestée par les mécanismes de contrôle et de transparence, et le respect des droits humains intégré dans toutes les dimensions de l’activité policière. L’étude examine également le rayonnement international de la DGSN, notamment à travers sa coopération avec Interpol et ses partenariats bilatéraux, qui témoignent de la reconnaissance mondiale de l’expertise marocaine en matière sécuritaire.
Mots-clés : Police marocaine, DGSN, professionnalisme, droits de l’homme, coopération internationale, modernisation, responsabilité institutionnelle, Interpol.
Introduction
Dans un contexte mondial marqué par l’évolution rapide des menaces sécuritaires et l’exigence accrue de respect des libertés fondamentales, les institutions policières sont appelées à opérer une transformation profonde de leurs modes d’intervention et de gouvernance. La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) du Maroc représente un exemple significatif de cette mutation institutionnelle. Créée le 16 mai 1956 par le roi Mohammed V, juste quelques mois après l’indépendance du pays, la DGSN a traversé plusieurs phases d’évolution pour s’affirmer aujourd’hui comme une institution moderne, citoyenne et performante.
L’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 1999 a marqué un tournant décisif dans la conception de la sécurité publique au Maroc. La vision royale, traduite notamment par la Constitution de 2011, place la sécurité au service du citoyen tout en garantissant le respect des droits et libertés constitutionnels. Cette approche s’est concrétisée par une série de réformes structurelles, juridiques et opérationnelles qui ont redéfini la nature des relations entre la police et la société marocaine.

Sous la direction d’Abdellatif Hammouchi, nommé à la tête de la DGSN en 2015 et cumulant également la direction de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), l’institution sécuritaire marocaine a connu une accélération sans précédent de sa modernisation. L’unification des deux pôles sécuritaires a permis une coordination renforcée et une efficacité opérationnelle accrue dans la lutte contre les menaces transfrontalières, le terrorisme et la criminalité organisée.
La présente étude vise à analyser de manière approfondie comment la police marocaine a réussi à conjuguer professionnalisme opérationnel, responsabilité institutionnelle et respect des droits humains. Elle examine les mécanismes de transformation mis en œuvre, les résultats obtenus et la reconnaissance internationale dont bénéficie désormais la DGSN. Cette analyse s’appuie sur les bilans institutionnels récents, les rapports d’organisations internationales et les travaux académiques consacrés à l’évolution des pratiques policières au Maroc.
1. Le professionnalisme opérationnel : fondement de la modernisation policière
1.1 La réforme structurelle et la modernisation des infrastructures
La transformation de la DGSN s’inscrit dans une démarche globale de professionnalisation qui touche l’ensemble des dimensions de l’activité policière. L’année 2025 a été particulièrement marquante dans ce processus, avec l’achèvement de plusieurs projets d’infrastructure d’envergure. Le nouveau siège central de la DGSN à Rabat, dont la mise en service est prévue pour le premier semestre 2026, incarne cette volonté de modernisation. Ce complexe administratif regroupera toutes les directions et services centraux dans un cadre moderne et hautement sécurisé, facilitant ainsi la coordination opérationnelle et l’efficacité administrative.
La dimension territoriale de cette modernisation se manifeste par le renforcement du maillage sécuritaire à travers le royaume. En 2024, la DGSN a ouvert 19 nouveaux commissariats, principalement dans les zones en expansion urbaine, témoignant d’une stratégie de proximité et d’accessibilité des services de police. Cette expansion s’accompagne d’une requalification de certaines structures : des commissariats ont été promus au rang de districts de sûreté dans des villes comme Tikiouine, Wislane et Aït Melloul, tandis que de nouveaux sièges ont été créés dans des ports stratégiques tels que Mohammedia, Nador, Agadir et Safi.
Le déploiement d’unités mobiles constitue une innovation majeure dans la stratégie de proximité de la DGSN. En 2024, 80 unités mobiles ont été déployées pour la délivrance de cartes d’identité biométriques, touchant plus de 130 000 personnes, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Cette initiative illustre la volonté de l’institution de dépasser les contraintes géographiques pour garantir un service équitable à l’ensemble des citoyens, quelle que soit leur localisation.

1.2 La transition numérique et l’intelligence sécuritaire
La digitalisation des services constitue l’un des axes les plus ambitieux du chantier de transformation de la DGSN. La plateforme « e-Police », lancée dans le cadre de cette stratégie numérique, a permis en 2025 le traitement de plus de 34 000 demandes de casiers judiciaires à distance. Cette dématérialisation des procédures administratives répond à un double objectif : réduire les délais de traitement et faciliter l’accès aux services pour les citoyens, y compris les Marocains résidant à l’étranger qui peuvent désormais recevoir leurs documents directement dans leur pays de résidence.
Le système « Qadaya », visant l’interconnexion des services de police judiciaire, a couvert 16 territoires sur 22 en 2025, avec pour objectif de garantir un traitement rapide et centralisé des affaires pénales. Cette plateforme permet une gestion intégrée des dossiers criminels, facilitant la coordination entre les différentes unités policières et assurant une traçabilité optimale des procédures judiciaires. La numérisation des procès-verbaux d’accidents de la circulation, déployée à l’échelle nationale, s’inscrit dans cette même logique d’efficacité et de transparence.
La production de cartes nationales électroniques de nouvelle génération illustre également cette transition numérique. Plus de 3,6 millions de cartes ont été délivrées en 2025, dont plus de 300 000 pour les Marocains résidant à l’étranger. Cette performance témoigne de la capacité de la DGSN à gérer des volumes importants tout en maintenant des standards de qualité et de sécurité élevés.
1.3 La formation continue et le renforcement des capacités humaines
Le professionnalisme policier repose fondamentalement sur la qualité des ressources humaines. La DGSN a investi massivement dans la formation et le développement des compétences de ses effectifs. L’Institut supérieur des sciences de la sécurité, inauguré à Ifrane en décembre 2025, représente une avancée majeure dans ce domaine. Cette structure académique offre un cadre de formation avancé pour les cadres sécuritaires marocains et leurs homologues africains et arabes, positionnant le Maroc comme un hub régional de formation policière.
Le partenariat stratégique conclu avec l’Université arabe Naif des sciences de la sécurité d’Arabie Saoudite vise à mutualiser les expertises, à soutenir la recherche scientifique et à favoriser la formation doctorale et master dans les domaines technique, juridique et sécuritaire. Cette collaboration internationale enrichit les programmes de formation et permet aux cadres marocains de bénéficier des meilleures pratiques internationales.
L’année 2025 a vu le recrutement de 4 693 nouveaux policiers de différents grades, après des périodes de formation variant entre six mois et deux ans. Six concours externes ont été organisés pour le recrutement de 6 733 fonctionnaires de police, répartis entre commissaires, officiers, inspecteurs et gardiens de la paix. La mise en place d’un portail électronique pour le dépôt des candidatures garantit l’égalité des chances et la transparence du processus de recrutement.
En matière de coopération internationale pour la formation, 2 019 policiers marocains ont bénéficié en 2024 de programmes de formation initiés dans le cadre de partenariats internationaux, dont 87 % étaient présentiels et 58 % organisés au Maroc. Cette dimension internationale de la formation permet aux policiers marocains de se familiariser avec les standards internationaux et d’échanger avec leurs homologues étrangers.

1.4 L’équipement technique et les unités spécialisées
La modernisation de la DGSN s’accompagne d’un renforcement des capacités opérationnelles à travers l’acquisition d’équipements de pointe. Les unités spécialisées ont été dotées de technologies avancées, notamment les pistolets à impulsion électrique TASER-7, des véhicules tout-terrain et des chiens de détection spécialisés. Ces équipements permettent aux forces de l’ordre de répondre efficacement aux situations d’urgence tout en minimisant le recours à la force létale.
Les brigades d’artificiers, créées dans différentes villes du pays, illustrent cette spécialisation technique. La brigade régionale des artificiers de Rabat s’ajoute à six autres unités déployées à Fès, Laâyoune, Marrakech, Oujda, Casablanca et Tanger. Ces brigades ont été équipées de robots et de matériel de pointe pour détecter et neutraliser les explosifs à distance, renforçant ainsi les capacités de la DGSN dans la lutte contre les menaces terroristes.
En perspective de grands événements sportifs internationaux tels que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du monde 2030, la DGSN a consolidé ses brigades de sécurité sportive. Cette préparation a d’ailleurs été remarquée au niveau international : en janvier 2026, une délégation du FBI américain a effectué une visite officielle au Maroc pour s’inspirer des protocoles de sécurité mis en œuvre lors de la CAN 2025, dans la perspective des préparatifs de la Coupe du monde 2026 coorganisée par les États-Unis.
1.5 La réorganisation des unités opérationnelles
L’architecture opérationnelle de la DGSN a connu des transformations significatives visant à améliorer l’efficacité et la professionnalisation des interventions. Les anciennes Compagnies mobiles d’intervention (CMI), dont les dérapages avaient marqué l’histoire du Maroc, ont été dissoutes et remplacées par une nouvelle organisation plus structurée et mieux encadrée.
Les Corps constitués, nouvelles unités relevant de la Direction de la Sécurité publique, comportent 11 315 membres répartis sur tout le territoire national. Leurs uniformes noirs et leurs moyens de transport bleu foncé se distinguent de ceux des autres services de la DGSN, marquant une identité professionnelle claire. Ces corps sont organisés en différentes composantes spécialisées : 3 090 membres dépendent de la Direction de la Sécurité publique au niveau central, tandis que 4 745 éléments, organisés en 31 compagnies mobiles, sont rattachés aux différents préfets de police en régions.
Les Groupes d’intervention rapide (GIR), au nombre de 721 membres répartis en 5 groupements, sont dégagés des missions ordinaires de maintien de l’ordre et ont pour vocation exclusive l’intervention directe. Ces unités d’élite interviennent en renfort lors de situations critiques, garantissant une réponse rapide et professionnelle aux menaces sécuritaires.

2. La responsabilité institutionnelle et la gouvernance éthique
2.1 Les mécanismes de contrôle et de redevabilité
La professionnalisation de la police marocaine s’accompagne d’un renforcement des mécanismes de contrôle interne et de responsabilisation des fonctionnaires. L’année 2025 a témoigné d’une application rigoureuse du principe liant responsabilité et reddition de comptes. Le mécanisme correctif visant à sanctionner les fautes professionnelles a traité 7 270 dossiers administratifs et prononcé 1 019 sanctions disciplinaires au cours de l’année.
Ces chiffres témoignent d’un changement positif dans la consécration des valeurs de professionnalisme et de respect des réglementations du travail et de l’éthique par les fonctionnaires de police. La DGSN a mis en place des Commissions d’inspection qui ont mené 450 enquêtes administratives en 2025, dont 114 ont été diligentées suite à des signalements traités avec la rigueur requise. Cette transparence dans le traitement des manquements professionnels renforce la crédibilité de l’institution et la confiance des citoyens.
La politique de promotion et de motivation professionnelle constitue le pendant positif de ce système de contrôle. En 2025, 10 393 policiers de différents échelons et grades, dont 466 femmes, ont bénéficié de promotions annuelles. Le taux de bénéficiaires parmi les fonctionnaires inscrits sur les tableaux des candidats éligibles s’est établi à près de 68 %, dont 7 005 fonctionnaires en uniforme et 3 388 en tenue civile. Cette politique méritocratique encourage l’excellence professionnelle et valorise l’engagement des fonctionnaires.
2.2 La protection sociale et le bien-être des fonctionnaires
La responsabilité de l’institution envers ses agents se manifeste également à travers une politique sociale ambitieuse. La DGSN et la Fondation Mohammed VI pour les œuvres sociales du personnel de la Sûreté nationale ont lancé un service de couverture médicale complémentaire et d’assurance décès au profit de l’ensemble des veuves et des retraités de la Sûreté nationale et des membres de leurs familles, ainsi que des orphelins. Cette prestation, auparavant réservée aux fonctionnaires en activité, a été étendue pour garantir une protection sociale globale.
La réforme prévoit également l’élargissement du champ des prestations de santé couvertes par cette assurance complémentaire, à travers l’intégration de nouvelles spécialités et de nouveaux traitements médicaux. Par ailleurs, un soutien financier exceptionnel a été accordé à 409 bénéficiaires parmi les fonctionnaires de police, en activité ou à la retraite, souffrant personnellement ou dont des membres de famille sont atteints de maladies graves.
Cette attention particulière portée au bien-être des fonctionnaires contribue à créer un environnement de travail propice à l’engagement professionnel. Elle témoigne également d’une conception moderne de la gestion des ressources humaines, où la performance opérationnelle ne peut se dissocier de la qualité de vie des agents.
2.3 La transparence et la communication institutionnelle
La DGSN a développé une stratégie de communication visant à renforcer la transparence de son action et à améliorer sa relation avec les citoyens. La publication de bilans annuels détaillés constitue un exercice de redevabilité publique où l’institution rend compte de ses activités, de ses résultats et de ses projets futurs. Ces documents, largement diffusés, permettent aux citoyens de comprendre les défis sécuritaires et les réponses apportées par la police.
Les Journées portes ouvertes organisées régulièrement par la DGSN dans différentes villes du Maroc illustrent cette volonté d’ouverture. Ces événements permettent aux citoyens de découvrir les équipements, les méthodes de travail et les différentes missions des services de police. Ils constituent également une occasion de dialogue direct entre les policiers et la population, favorisant une meilleure compréhension mutuelle.
La création du magazine « Police Magazine » en 2005 représentait déjà une initiative pionnière dans le contexte maghrébin. Cette publication, en langues arabe et française, visait à informer le grand public sur les activités de la police et à présenter une image renouvelée de l’institution. Bien que les ambitions d’ouverture initialement affichées se soient parfois atténuées au fil du temps, la démarche a marqué une rupture avec la culture du secret qui caractérisait traditionnellement les institutions sécuritaires dans la région.
2.4 La lutte contre la corruption et la moralisation
La moralisation de la fonction policière constitue un axe prioritaire de la stratégie de professionnalisation de la DGSN. L’institution a mis en place des mécanismes stricts de lutte contre la corruption et de prévention des conflits d’intérêts. Les obligations de réserve, d’intégrité et de probité sont constamment rappelées aux fonctionnaires, et les manquements à ces principes font l’objet de sanctions appropriées.
Le traitement rigoureux des signalements, avec 114 enquêtes administratives diligentées en 2025 suite à des plaintes, témoigne de la volonté de l’institution de ne tolérer aucune déviance. Cette politique de tolérance zéro envers la corruption contribue à restaurer la confiance des citoyens dans leur police et à renforcer la légitimité de l’action sécuritaire.
La formation continue en matière d’éthique professionnelle constitue un volet essentiel de cette stratégie de moralisation. Les programmes de formation intègrent systématiquement des modules sur la déontologie policière, les obligations professionnelles et les standards éthiques attendus des fonctionnaires de police. Cette approche préventive complète les mécanismes de contrôle et de sanction.

3. Le respect des droits de l’homme : ancrage constitutionnel et pratiques opérationnelles
3.1 Le cadre juridique et institutionnel
La Constitution marocaine de 2011 a consacré des avancées significatives en matière de droits et libertés, plaçant le respect des droits humains au cœur de l’action publique. Ce cadre constitutionnel s’est traduit par une série de réformes législatives et institutionnelles visant à garantir que l’activité policière s’exerce dans le respect des libertés fondamentales et de la dignité humaine.
La DGSN a développé une stratégie intégrée alliant sécurité et respect des droits de l’homme, où l’action policière et la communication sécuritaire sont indissociables, au service du citoyen. Cette approche se manifeste par l’intégration systématique de la dimension droits humains dans toutes les procédures policières, particulièrement dans les procédures de garde à vue et de surveillance dans les lieux de détention.
Le partenariat institutionnel entre la DGSN et le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) illustre cette volonté d’ancrer les droits humains dans la pratique policière quotidienne. La convention-cadre de partenariat et de coopération signée le 14 septembre 2022 vise à promouvoir la culture des droits de l’homme dans les cursus de formation et d’entraînement policiers, en l’érigeant en tant que référence encadrant les missions des fonctionnaires de la sûreté nationale chargés d’application de la loi.
3.2 La formation aux droits de l’homme
La formation constitue le vecteur privilégié de l’intégration des standards internationaux de droits humains dans la pratique policière. En 2023, la DGSN a renforcé la formation dans le domaine des droits de l’homme au profit des fonctionnaires de la justice pénale et du personnel actif dans le domaine de la police judiciaire, ainsi qu’au niveau des locaux de garde à vue et des mécanismes et structures de prise en charge des femmes victimes de violences et des mineurs.
Les sessions de formation organisées dans le cadre du partenariat DGSN-CNDH abordent des thèmes essentiels tels que les principes et pratiques des droits de l’homme, la pratique conventionnelle du Royaume du Maroc et ses obligations internationales, les dispositions constitutionnelles et légales, et les droits des personnes placées en garde à vue. Ces formations, animées par des cadres du CNDH et de la DGSN, permettent aux policiers de s’approprier les standards internationaux et de les appliquer dans leur pratique quotidienne.
L’extension de ces programmes de formation à la question migratoire, avec une session inaugurale organisée le 24 février 2025, témoigne de l’adaptabilité de ce partenariat aux enjeux émergents. Cette initiative vise à renforcer la protection des droits de l’homme dans le domaine policier en abordant la migration et les obligations internationales du Maroc en matière de protection des droits des migrants.
Le programme européen de formation aux droits de l’homme pour les professionnels du droit (HELP), développé en partenariat avec le Conseil de l’Europe, complète ce dispositif de formation. HELP fournit aux professionnels du droit marocains des outils de formation de qualité à travers des modules présentiels et une plateforme d’e-learning adaptés aux besoins spécifiques du Maroc.
3.3 Les mécanismes de protection des personnes vulnérables
La DGSN a développé des structures spécialisées pour la protection des personnes vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants victimes de violences. Ces mécanismes s’inscrivent dans une approche globale de protection et d’accompagnement des victimes, dépassant la simple dimension répressive pour intégrer des dimensions sociales et psychologiques.
Les unités spécialisées dans la prise en charge des femmes victimes de violences ont été renforcées et dotées de personnels formés à l’écoute et à l’accompagnement des victimes. Ces services garantissent un traitement respectueux et professionnel des plaintes, dans un environnement sécurisé et adapté aux besoins spécifiques des victimes.
La protection des mineurs constitue également une priorité de la DGSN. Des procédures spécifiques ont été mises en place pour garantir que les interventions policières impliquant des mineurs respectent leurs droits fondamentaux et prennent en compte leur vulnérabilité particulière. La formation des policiers aux spécificités de l’intervention auprès des mineurs contribue à garantir un traitement approprié et respectueux de l’intérêt supérieur de l’enfant.
3.4 La prévention de la torture et des traitements inhumains
La prévention de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants constitue un axe majeur du partenariat entre la DGSN et le CNDH. Une journée d’étude nationale a été organisée sur les normes et pratiques liées à la prévention de la torture lors de l’arrestation, de l’interrogatoire et de la détention. Cette initiative témoigne de la volonté des deux institutions d’aborder frontalement cette question sensible et d’identifier les meilleures pratiques pour garantir le respect absolu de la dignité humaine dans toutes les phases de l’intervention policière.
Les sessions de formation spécifiquement consacrées au renforcement des capacités des agents chargés de garder les personnes placées en garde à vue visent à ancrer les standards internationaux dans la pratique quotidienne. Ces formations abordent les droits des personnes en garde à vue, les conditions matérielles de détention et les obligations des agents de police dans l’application des procédures.
L’amélioration des conditions de détention dans les locaux de police s’accompagne d’une attention particulière portée au respect des normes d’hygiène, d’alimentation et d’accès aux soins. Des mécanismes de contrôle régulier de ces lieux permettent de s’assurer du respect effectif des standards et d’identifier rapidement toute défaillance.
3.5 L’évaluation et le suivi
Le CNDH, en tant qu’institution nationale de protection et de promotion des droits de l’homme accréditée au statut A par les Nations Unies, joue un rôle de monitoring et d’évaluation de l’application effective des standards de droits humains par les forces de l’ordre. Ce mécanisme indépendant de suivi garantit une vigilance constante et permet d’identifier les domaines nécessitant des améliorations.
Les rapports annuels du CNDH sur l’état des droits de l’homme au Maroc incluent une évaluation de la situation dans les lieux de privation de liberté et des pratiques policières. Ces évaluations, fondées sur des visites de terrain et des témoignages, contribuent à un dialogue constructif entre l’institution des droits humains et les services de sécurité, favorisant une amélioration continue des pratiques.
4. Le rayonnement international et la coopération sécuritaire
4.1 L’engagement au sein d’Interpol
Le Maroc, membre actif d’Interpol depuis 1957, a considérablement renforcé son rôle au sein de l’organisation internationale de police criminelle au cours des dernières années. L’élection en novembre 2024 d’un représentant marocain, Mohamed Dkhissi, directeur de la police judiciaire et chef du Bureau Central National Interpol Rabat, au poste de vice-président d’Interpol pour l’Afrique constitue une reconnaissance majeure du professionnalisme et de l’expertise de la DGSN.
Cette élection, obtenue avec le soutien de 96 pays, témoigne de la crédibilité internationale de l’approche sécuritaire marocaine. Elle permet au Maroc de jouer un rôle déterminant dans le développement des structures policières en Afrique et dans la promotion de la coopération sécuritaire Sud-Sud, en droite ligne des Hautes Orientations Royales érigeant la coopération avec les pays africains en choix stratégique pour le Royaume.
L’organisation à Marrakech de la 93ᵉ Assemblée générale d’Interpol, du 24 au 27 novembre 2025, représente l’événement le plus significatif dans l’histoire récente de la coopération policière internationale au Maroc. Réunissant des délégations de 181 pays, cet événement d’envergure mondiale a illustré la capacité du Royaume à orchestrer les grands rendez-vous sécuritaires planétaires et a confirmé le rôle stratégique du Maroc en matière de sécurité internationale.
Le président d’Interpol, le général-major Ahmed Naser Al-Raisi, a salué la contribution du Maroc à la sécurité mondiale et son engagement agissant au sein de l’organisation. Cette reconnaissance s’appuie sur l’efficacité de la DGSN dans l’exécution des notices rouges d’Interpol : au cours des deux dernières années, plus de 70 personnes recherchées internationalement, détenant 25 nationalités différentes et provenant des cinq continents, ont été arrêtées au Maroc. Cette performance place le Royaume parmi les pays les plus coopératifs au sein d’Interpol.
En juin 2025, une autre reconnaissance internationale est venue confirmer l’expertise marocaine en cybersécurité : la commissaire divisionnaire Leïla Zouine, cheffe du service de lutte contre la cybercriminalité à la DGSN, a été élue vice-présidente du Groupe d’experts mondial sur la cybercriminalité (GEMC) relevant d’Interpol. Cette élection témoigne du niveau avancé atteint par les services marocains dans la lutte contre la cybercriminalité, tant au niveau régional qu’international.
4.2 Les partenariats bilatéraux stratégiques
La DGSN a développé un réseau dense de partenariats bilatéraux avec de nombreux pays, matérialisés par des accords de coopération, des mémorandums d’entente et des opérations conjointes. Les relations avec les pays européens, particulièrement l’Espagne et la France, sont historiquement fortes et ont été renforcées ces dernières années face aux menaces transfrontalières communes.
L’invitation adressée à Abdellatif Hammouchi pour participer aux cérémonies du bicentenaire de la création de la police espagnole illustre la reconnaissance de l’expertise marocaine par les partenaires européens. De même, la visite officielle au Maroc, en janvier 2026, d’une délégation du FBI américain pour s’inspirer des protocoles de sécurité mis en œuvre lors de la CAN 2025 témoigne de l’intérêt des grandes puissances pour le modèle sécuritaire marocain.
Les partenariats avec les pays arabes et du Golfe se sont également intensifiés. Le Maroc entretient des relations sécuritaires excellentes avec les Émirats arabes unis, qualifiées de partenariat à un niveau très élevé, que ce soit entre les agents d’application de la loi ou entre les services des institutions sécuritaires en général. La coopération avec l’Arabie Saoudite, matérialisée par le partenariat stratégique avec l’Université arabe Naif des sciences de la sécurité, permet de mutualiser les expertises dans le domaine de la formation policière.
L’année 2024 a été marquée par la signature de plusieurs accords stratégiques. Un mémorandum d’entente avec l’Italie vise à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme. Un partenariat avec le Brésil permet de développer des mécanismes d’échange d’informations et d’enquêtes conjointes, renforçant ainsi la lutte contre le trafic de drogue et les crimes transnationaux.
4.3 L’expertise marocaine en matière de lutte antiterroriste
La lutte contre le terrorisme constitue l’un des domaines où l’expertise marocaine est la plus reconnue internationalement. Depuis les attentats de Casablanca en 2003, le Maroc a développé une approche globale du contre-terrorisme combinant répression, prévention, déradicalisation et coopération internationale. Cette stratégie multidimensionnelle a permis de déjouer de nombreux projets d’attentats et de démanteler plusieurs cellules terroristes.
Le Bureau Central National Interpol Rabat joue un rôle central dans la coordination de la lutte antiterroriste au niveau international. Les échanges d’informations en temps réel avec les services partenaires permettent d’identifier et de neutraliser rapidement les menaces transfrontalières. La capacité de la DGSN à exploiter les données du système Interpol et à partager efficacement ses propres renseignements renforce considérablement l’efficacité de la coopération internationale.
L’approche marocaine de la déradicalisation, développée notamment dans les établissements pénitentiaires avec le concours d’imams formés et d’experts en sciences islamiques, suscite l’intérêt de nombreux pays confrontés au phénomène du retour des combattants étrangers. Cette stratégie de désengagement idéologique complète l’action répressive et contribue à réduire durablement la menace terroriste.
4.4 La coopération africaine et le positionnement régional
Le Maroc a fait de la coopération sécuritaire avec les pays africains une priorité stratégique. Cette orientation s’inscrit dans la vision royale plaçant l’Afrique au cœur de la politique étrangère marocaine et valorisant la solidarité Sud-Sud. La DGSN participe activement au renforcement des capacités des forces de police africaines à travers des programmes de formation, des transferts d’expertise et des projets de coopération bilatérale.
L’Institut supérieur des sciences de la sécurité d’Ifrane, inauguré en décembre 2025, est appelé à devenir un centre régional de référence pour la formation des cadres sécuritaires africains. Cette infrastructure de formation répond à un besoin croissant de professionnalisation des forces de police sur le continent africain et positionne le Maroc comme un acteur incontournable dans ce domaine.
La participation active du Maroc aux initiatives africaines en matière de sécurité, notamment au sein de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), témoigne de son engagement en faveur de la stabilité régionale. Le partage d’expériences et de bonnes pratiques contribue au renforcement collectif des capacités de lutte contre les menaces sécuritaires communes, particulièrement le terrorisme, la criminalité transfrontalière et les trafics en tout genre.
4.5 La participation aux opérations internationales
La DGSN participe régulièrement à des opérations policières internationales coordonnées par Interpol ou organisées dans le cadre de partenariats bilatéraux. Ces opérations conjointes, visant notamment le démantèlement de réseaux criminels transnationaux, illustrent l’engagement du Maroc dans la lutte collective contre la criminalité organisée.
Les succès obtenus dans le cadre de ces opérations internationales, notamment en matière de lutte contre le trafic de drogue, la traite des êtres humains et le trafic de véhicules volés, renforcent la crédibilité de la DGSN et consolident sa position au sein de la communauté policière internationale. Les autorités marocaines ont notamment contribué au démantèlement de plusieurs réseaux internationaux de trafic de stupéfiants, facilitant l’arrestation de dizaines de criminels dans différents pays.
La coopération judiciaire internationale, renforcée par les accords d’extradition et d’entraide judiciaire conclus par le Maroc avec de nombreux pays, permet une action efficace contre les criminels qui tentent d’échapper à la justice en franchissant les frontières. L’exécution diligente des notices rouges d’Interpol par la DGSN illustre l’engagement du Royaume en faveur de la justice pénale internationale.
5. Les défis et les perspectives d’avenir
5.1 Les défis de la transformation continue
Malgré les avancées significatives réalisées, la DGSN fait face à des défis importants dans la poursuite de sa transformation. L’évolution rapide des menaces sécuritaires, notamment avec la montée de la cybercriminalité et des nouvelles formes de terrorisme, exige une adaptation constante des capacités opérationnelles et des compétences techniques.
La gestion de l’équilibre entre efficacité sécuritaire et respect des libertés individuelles constitue un défi permanent dans un contexte démocratique. L’utilisation croissante des technologies de surveillance et de contrôle soulève des questions légitimes en termes de protection de la vie privée et des données personnelles. La DGSN doit naviguer entre ces impératifs parfois contradictoires tout en maintenant la confiance des citoyens.
Le renforcement de la proximité avec la population, particulièrement dans les quartiers sensibles et les zones rurales, demeure un défi majeur. Si des progrès ont été réalisés à travers le déploiement d’unités mobiles et l’ouverture de nouveaux commissariats, la construction d’une relation de confiance durable exige un engagement continu et des efforts soutenus dans la durée.
5.2 La formation continue face aux enjeux émergents
L’adaptation des programmes de formation aux évolutions rapides du contexte sécuritaire constitue un impératif stratégique. La cybercriminalité, les fraudes financières sophistiquées, les nouvelles formes de radicalisation et les menaces environnementales exigent le développement de compétences spécialisées et la mise à jour constante des curricula de formation.
L’intégration des sciences comportementales, de la psychologie sociale et des techniques de médiation dans la formation policière permettrait de renforcer les capacités de gestion des situations de crise et d’améliorer la qualité des interactions entre policiers et citoyens. Cette approche plus holistique de la formation policière contribuerait à réduire le recours à la force et à favoriser des solutions négociées aux conflits.
La dimension linguistique de la formation mérite également une attention particulière. Dans un pays multilingue comme le Maroc, où l’arabe classique, le darija, les dialectes amazighs et les langues étrangères coexistent, la maîtrise de plusieurs langues par les fonctionnaires de police facilite la communication avec les différentes composantes de la population et améliore la qualité du service rendu.
5.3 La consolidation de la culture des droits de l’homme
Si des progrès significatifs ont été réalisés dans l’intégration des standards de droits humains dans la pratique policière, la consolidation de cette culture exige un engagement à long terme. Le passage d’une approche formelle de respect des procédures à une appropriation profonde des valeurs de dignité humaine et de respect des libertés nécessite un travail continu de sensibilisation et de formation.
Le renforcement des mécanismes de monitoring indépendant, notamment à travers le rôle du CNDH et de la société civile, contribue à garantir l’effectivité du respect des droits humains. La transparence accrue de l’institution et sa volonté d’accepter un regard externe critique constituent des éléments essentiels de cette dynamique de progrès.
La question de la responsabilisation effective des auteurs de violations des droits de l’homme demeure un enjeu sensible. Si les mécanismes disciplinaires ont été renforcés, l’impunité de certaines pratiques abusives continue de susciter des préoccupations légitimes. Le renforcement de l’indépendance de la justice et l’amélioration de l’accès des victimes aux voies de recours constituent des conditions nécessaires à la consolidation de l’État de droit.
5.4 L’anticipation des défis technologiques
L’accélération de la transformation numérique de la société marocaine s’accompagne de l’émergence de nouvelles formes de criminalité exploitant les technologies de l’information. La DGSN doit anticiper ces évolutions et développer les capacités techniques et juridiques nécessaires pour lutter efficacement contre la cybercriminalité sous toutes ses formes.
L’utilisation de l’intelligence artificielle et du big data dans les activités policières ouvre des perspectives prometteuses en termes d’efficacité opérationnelle mais soulève également des questions éthiques importantes. La mise en place d’un cadre juridique et éthique robuste pour encadrer l’utilisation de ces technologies constitue un impératif pour garantir le respect des droits fondamentaux.
La cybersécurité des systèmes d’information de la DGSN elle-même représente un enjeu critique. La protection des bases de données sensibles contre les cyberattaques et les intrusions malveillantes exige des investissements continus dans les infrastructures de sécurité informatique et la formation des personnels spécialisés.
5.5 La préparation aux grands événements internationaux
L’organisation au Maroc de grands événements sportifs internationaux, notamment la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du monde 2030, représente à la fois une opportunité et un défi majeur pour la DGSN. Ces événements mobilisent des ressources humaines et matérielles considérables et exigent une préparation minutieuse s’étalant sur plusieurs années.
Le succès sécuritaire de la CAN 2025, reconnu internationalement et ayant suscité l’intérêt du FBI américain, témoigne de la capacité de la DGSN à orchestrer des dispositifs sécuritaires complexes pour des événements d’envergure mondiale. Cette expertise sera mise à profit pour la préparation de la Coupe du monde 2030, dont les enjeux sécuritaires sont encore plus importants.
Au-delà de la dimension opérationnelle, ces événements constituent une vitrine internationale pour le Maroc et son modèle sécuritaire. Ils offrent l’opportunité de démontrer la professionnalisation de la DGSN et de renforcer l’image positive du Royaume sur la scène internationale. La réussite sécuritaire de ces événements consolidera la position du Maroc comme partenaire fiable et compétent en matière de sécurité internationale.
Conclusion
L’analyse de l’évolution de la police marocaine au cours des deux dernières décennies révèle une transformation institutionnelle profonde, portée par une vision stratégique claire et soutenue par une volonté politique constante. La Direction Générale de la Sûreté Nationale a réussi le pari ambitieux de conjuguer efficacité opérationnelle, responsabilité institutionnelle et respect des droits humains, s’imposant ainsi comme un modèle de référence tant au niveau régional qu’international.
Le professionnalisme opérationnel de la DGSN s’appuie sur des fondations solides : modernisation des infrastructures, transition numérique, formation continue de qualité, équipements de pointe et réorganisation efficace des unités opérationnelles. Ces investissements matériels et humains ont permis à l’institution d’améliorer significativement la qualité du service rendu aux citoyens tout en renforçant ses capacités de lutte contre les menaces sécuritaires complexes.
La responsabilité institutionnelle, manifestée par les mécanismes de contrôle interne, la politique de transparence et la lutte contre la corruption, témoigne d’une maturité organisationnelle et d’une volonté de rendre des comptes à la société. Cette culture de redevabilité, encore en construction mais déjà significative, contribue à renforcer la légitimité de l’institution et la confiance des citoyens.
Le respect des droits de l’homme, ancré dans le cadre constitutionnel et décliné à travers des partenariats institutionnels, des programmes de formation et des mécanismes de protection, représente un acquis majeur du processus de transformation. Si des défis persistent et si la vigilance demeure nécessaire, la dynamique enclenchée et l’engagement institutionnel permettent d’envisager avec confiance la consolidation de cette culture des droits humains dans la pratique policière quotidienne.
Le rayonnement international de la DGSN, illustré par son rôle actif au sein d’Interpol, ses partenariats stratégiques diversifiés et la reconnaissance de son expertise en matière de lutte antiterroriste, témoigne du chemin parcouru et de la crédibilité acquise. Cette dimension internationale renforce la capacité du Maroc à contribuer à la sécurité régionale et mondiale tout en bénéficiant des meilleures pratiques internationales.
Les défis qui se profilent à l’horizon, qu’ils soient technologiques, organisationnels ou éthiques, exigent une vigilance constante et une capacité d’adaptation continue. La préparation aux grands événements internationaux, l’anticipation des nouvelles formes de criminalité et la consolidation de la culture des droits de l’homme constituent les chantiers prioritaires des années à venir.
La police marocaine, à travers sa transformation exemplaire, démontre qu’il est possible de concilier efficacité sécuritaire et respect des libertés, professionnalisme opérationnel et humanisme, modernité technologique et ancrage dans les valeurs universelles. Ce modèle, fruit d’une volonté politique éclairée et d’un engagement collectif, mérite d’être consolidé, perfectionné et partagé avec les nations partenaires engagées dans des démarches similaires de professionnalisation et de modernisation de leurs institutions sécuritaires.
Bibliographie
Arab Reform Initiative. (2009). ARI Working Group Report: The Security Sector in Morocco. Rabat meeting proceedings on SSR governance and regional comparisons.
Camps-Febrer, B. (2022). The Political Economy of Security in Morocco. Doctoral thesis, Universitat Autònoma de Barcelona. Explores private sector influences on state security dynamics.
Conseil National des Droits de l’Homme. (2024). Rapport annuel sur l’état ds droits de l’homme au Maroc. CNDH. https://www.cndh.ma/fr/node/6011
Direction Générale de la Sûreté Nationale. (2024). Bilan des réalisations 2024. DGSN. https://ecoactu.ma/la-dgsn-presente-son-bilan-au-de-lannee-2024/
Direction Générale de la Sûreté Nationale. (2025). Bilan des réalisations 2025. DGSN. https://www.lereporter.ma/rabat-la-direction-generale-de-la-surete-nationale-devoile-son-bilan-annuel-2025/
El Ayadi, M., & Rachik, H. (2021). Sécurité et transformation démocratique au Maghreb. Casablanca : Éditions La Croisée des Chemins.
Harrigan, J., & Wang, C. (2006). The economic and political determinants of IMF and World Bank lending in the Middle East and North Africa. World Development, 34(2), 247-270. https://ideas.repec.org/a/eee/wdevel/v34y2006i2p247-270.html
HiiL Justice Academy. (2018). Justice needs and satisfaction in Morocco. https://www.hiil.org/wp-content/uploads/2018/11/HiiL-Morocco-JNS-report-EN-web.pdf
Howe, M. (2019). Morocco: The Islamist Awakening and Other Challenges. Oxford University Press. https://global.oup.com/academic/product/morocco-9780195169638.
International Commission of Jurists (ICJ). (2017). Reform the Criminal Justice System in Morocco. (Details pre-trial rights, garde-à-vue limits, and police custody safeguards aligned with ICCPR.) https://www.icj.org/wp-content/uploads/2017/04/Morocco-Reform-Crim-Justice-System-Advocacy-Anaylsis-Brief-2017-ENG.pdf
Interpol. (2025). 93rd INTERPOL General Assembly. https://www.interpol.int/en/News-and-Events/Events/2025/93rd-INTERPOL-General-Assembly
Lakhal, S. (2019). La police marocaine face aux mouvements sociaux: Entre répression et professionnalisation. Revue marocaine des sciences politiques et sociales, 12(2), 45-67.
Maghraoui, A. (2020). Policing and citizenship in Morocco: Reforms and challenges. In A. M. Boutros (Ed.), Policing in Africa (pp. 123-145). Palgrave Macmillan. https://doi.org/10.1007/978-3-030-39555-2_6
Maghraoui, D. (2011). Constitutional reforms in Morocco: Between consensus and subaltern politics. The Journal of North African Studies, 16(4), 679-699.
Royaume du Maroc. (2011). Constitution du Royaume du Maroc. Bulletin Officiel n° 5964 bis. https://faolex.fao.org/docs/pdf/mor128747.pdf
Sater, J. N. (2016). Morocco: Challenges to Tradition and Modernity. Routledge. https://www.routledge.com/Morocco-Challenges-to-tradition-and-modernity/Sater/p/book/9781138828278
Vermeren, P. (2010). Histoire du Maroc depuis l’indépendance. La Découverte. https://www.editionsladecouverte.fr/histoire_du_maroc_depuis_l_independance-9782707190659
Willis, M. J. (2012). Politics and Power in the Maghreb: Algeria, Tunisia and Morocco from Independence to the Arab Spring. Hurst Publishers. https://www.hurstpublishers.com/book/politics-and-power-in-the-maghreb-2/?utm_source=chatgpt.com
Zartman, I. W. (Ed.). (2015). Arab Spring: Negotiating in the Shadow of the Intifadat. University of Georgia Press. https://www.ugapress.org/9780820348254/?utm_source=chatgpt.com
Le Monde Amazigh La Voix Des Hommes Libres