Déclaration: Collectif des Amis du Manifeste pour l’Algérie nouvelle

Collectif des Amis du Manifeste pour l’Algérie nouvelle

Déclaration

Faute d’accepter, depuis 2019 en particulier, le verdict de la souveraineté populaire pour régler la gravissime crise de légitimité frappant l’ensemble du système politique, le pouvoir de fait replonge le pays dans une impasse institutionnelle majeure à un moment de nette accélération de la dégradation de la stabilité régionale.

Depuis plus d’un mois, l’Algérie se retrouve à nouveau sans président de l’Etat. L’épisode semble, à priori, pire que la vacance présidentielle de l’intervalle 2012-2019. En effet, le peuple n’a même pas droit à des images muettes de M. Abdelmadjid Teboune. Mépris coutumier à l’encontre des citoyen.ne.s, les dirigeants apparents continuent de revendiquer « ses » directives quotidiennes sans pouvoir dissimuler un déficit sans précédent en matière de compétence institutionnelle et de réactivité d’Etat. Va-t-on nous rejouer la comédie du Président en pleine possession de ses facultés intellectuelles ou – comme la rumeur le serine – nous concocter une transition-maison où la cooptation de « sauveteurs du pays » par les mêmes responsables du désastre national remplacera la libre organisation et la libre autodétermination du peuple souverain ?

L’événement survient dans un contexte politique de rupture radicale entre un peuple qui ne cesse de revendiquer massivement une Algérie libre et démocratique et des institutions factices figées dans une vaine stratégie de répression de la révolution citoyenne pour la sauvegarde de privilèges de caste. Le simulacre référendaire du 1er novembre passé a échoué à légitimer le despotisme constitutionnel et surtout révélé un rebond de graves dissensions au sein des clans et appareils de la fraude.

Au plan économique, la prochaine année fait planer la menace de la cessation de paiement faute de diversification de l’économie sans compter les retombées déjà effroyables de la pandémie de la Covid 19.

L’Etat souffre d’un véritable imbroglio juridique et institutionnel illustré notamment par un Conseil constitutionnel immuable sans accord des membres désignés par le Président, sans compter le dernier renouvellement de sa présidence pour le moins juridiquement controversé , un président du Conseil de la Nation intérimaire, une nouvelle constitution illégitime et impossible à promulguer sans président de l’Etat, l’usage d’un Parlement gravement entaché par les révélations judiciaires des dessous des listes électorales…

Pour autant, le malheur sanitaire du Président de l’Etat impose un rebond inédit de l’illégitimité de l’édifice autoritaire et relance l’urgence pour tous – pouvoir, opposition et citoyens- d’y remédier avec sérieux.

Dans les conditions internes et externes qui sont celles de l’Algérie, il est vain de réduire la solution à un art. 102 plus administratif que politique ni à la réhabilitation d’anciens responsables du système plus ou moins éloignés des centres de décision par la férocité des luttes claniques. Responsabilité et sagesse imposent d’éviter également toute stratégie de recomposition artificielle et autoritaire de la vie politique et toute forme de cooptation occulte.

L’heure est suffisamment grave et les dangers réels sur l’Etat et le peuple algériens pour que les décideurs s’imposent un dernier examen de conscience et s’en remettent au peuple souverain conformément aux articles 7 et 8 de la Constitution.

Le CAMAN considère qu’il est plus que temps de mettre fin au déni de souveraineté opposé au peuple algérien. Les décideurs du pouvoir réel doivent renoncer à s’imposer comme source de légitimité d’une devanture civile factice. La première mesure en ce sens est de mettre à la retraite tous les dirigeants sécuritaires et militaires de plus de 64 ans. Le rajeunissement du commandement est un respect de la Loi, une exigence urgente de la sécurité nationale et un gage de réussite d’un processus démocratique incontournable pour toute solution durable.

La libération inconditionnelle et la réhabilitation et dédommagement des détenus politiques et d’opinion, l’abandon de toutes poursuites judiciaires à caractère politique et la levée de toutes les entraves aux droits et libertés des citoyens ainsi que l’abrogation des lois et règlements liberticides sont des mesures immédiates irrépressibles pour toute solution politique sérieuse. Cela permettra la libre organisation des énergies citoyennes dans le cadre d’une sortie pacifique, démocratique d’un système qui ne cesse d’alimenter le malheur des Algérien.ne.s.

Le CAMAN estime qu’il est inutile et mal venu de chipoter sur une ou des constitutions alibis constamment violées par leurs seuls auteurs.

Une transition démocratique indépendante du système vouée à un processus constituant tous deux conduits par une conférence nationale souveraine est incontournable dans ce sens. Dont acte !

Alger le 30/11/2020

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