L’Algérie et les défis du lendemain incertain

Dr. Mohamed Chtatou
Par: Dr. Mohamed Chtatou

L’Algérie est confrontée à une incertitude intérieure croissante, alors que l’effondrement des revenus pétroliers et les tensions dans la région menacent sa stabilité durement acquise.

L’Algérie a évité les troubles qui ont touché ses voisins depuis les soulèvements arabes de 2011, en grande partie en achetant sa population de 40,6 millions d’habitants – en augmentant les dépenses publiques pour les subventions, les salaires du secteur public et les logements sociaux. Mais l’effondrement des recettes pétrolières, ces dernières années, a contraint l’Algérie à réduire ses dépenses de 9 % et à augmenter les prix de l’énergie, ce qui a suscité des craintes de troubles au sein d’une population habituée à recevoir des aides publiques.

La révolution des milléniaux

Pendant 20 ans, les Algériens se sont résignés à accepter avec soumission et à obéir à un régime qui offrait un minimum de stabilité. La génération qui avait grandi sans la crainte permanente d’incidents terroristes dans leurs villes et villages a commencé à imaginer ce que pourrait être une société qui pourrait effectivement profiter et faire croître son économie grâce à ses richesses naturelles – le pétrole et le gaz – plutôt que de simplement faire confiance au clan gouvernemental pour maintenir les choses sur une quille égale et immobile. Ainsi les milléniaux algériens veulent une nouvelle génération de dirigeants pour remplacer une élite dirigeante considérée par de nombreux Algériens ordinaires comme déconnectée et incapable de relancer une économie chancelante entravée par le copinage.

Les milléniaux algériens se nourrissent de messages positifs. Ils ont inondé le web d’images de jeunes manifestants s’embrassant, remettant des fleurs aux policiers et aux femmes à l’occasion de la journée internationale de la femme, distribuant des bouteilles d’eau, se portant volontaires pour les premiers secours ou encourageant les gens à nettoyer les rues après les manifestations. Ces actions ont galvanisé la fierté des Algériens et en ont surpris plus d’un qui ne connaissait pas grand-chose d’un pays qui est resté largement fermé au tourisme.

Leurs actions au cours des manifestations contrastaient fortement avec celles du régime précédent. Ils ont tenu à souligner la différence entre leur ouverture d’esprit et leurs aspirations au changement et la fermeture symbolique du pays. Chaque fois que la spontanéité a été muselée – à la télévision nationale par exemple – les jeunes ont riposté en organisant des débats dans la rue qui respectaient la diversité des opinions.

Beaucoup ont reproché aux milléniaux du pays d’être « endormis », aigris par le manque de perspectives en Algérie et obsédés par un Eldorado européen. Pourtant, leur attachement au pays et leur refus de détruire les espaces publics lors des manifestations ont montré à quel point ils sont attachés à l’avenir de leur pays. L’humour est devenu une arme centrale de leur résistance, traversant les frontières grâce à l’hyper connectivité des manifestants millénaires. Ainsi le Hirak a été appelé par la presse internationale : “La Révolution du Sourire“.

Les jeunes, qui rêvent souvent d’un accès plus large aux marchés mondiaux, ont utilisé des marques, des films et des séries emblématiques comme ressources politiques. Par exemple, des mèmes internet détournant les slogans iconiques de la publicité Marlboro sont devenus viraux, tels que : « Vous êtes en mauvais état (‘Mal Barré’), votre système nuit gravement à notre santé ».

Dans le même temps, de jeunes leaders politiques ont émergé dans des pays où les Algériens ont des parents, comme Justin Trudeau au Canada, Barack Obama aux États-Unis ou Emmanuel Macron en France. Ces phénomènes ont agi comme de puissants catalyseurs et motivations pour le changement, en les connectant au monde extérieur, dont ils ont le sentiment d’avoir été exclus pendant des années.

Si les milléniaux algériens recherchent cette connexion mondiale avec les milléniaux d’ailleurs, les recherches montrent que les mécanismes en jeu ne consistent pas simplement à absorber une culture mondiale et à effacer la culture algérienne. Il s’agit plutôt d’une relation complexe, qui n’a pas encore sombré dans un nationalisme agressif.

Un devenir douteux

L’année prochaine, l’Algérie fêtera ses soixante ans d’indépendance, dont un tiers sous la direction de M. Bouteflika. Pendant son règne, l’Algérie aurait pu utiliser ses vastes richesses pétrolières et gazières pour diversifier son économie, jetant ainsi les bases d’années de prospérité à venir. Bouteflika lui-même aurait pu quitter le pouvoir en 2014, après son troisième mandat, afin de préserver son héritage de pacificateur et de passer le flambeau aux générations futures. Au lieu de cela, poussé par une combinaison d’ambition personnelle et de pression du pouvoir, il est resté en place, incarnant pour de nombreux Algériens les pires qualités du régime : avidité de pouvoir, corruption et mépris de la population.

Bouteflika a légué à l’Algérie le même système politique rigide et inflexible que celui dont il a hérité, le même système économique si dangereusement dépendant des exportations d’hydrocarbures, et a renforcé les réseaux de patronage corrompus qui relient les deux.

Après deux décennies largement perdues, l’Algérie reste fermement attachée au pouvoir, un régime incapable de s’adapter – et encore moins d’anticiper – aux nouvelles menaces et aux nouveaux défis. Dans les jours qui ont suivi la mort de Bouteflika, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre dans les années 1990, a fait l’éloge de Bouteflika comme « l’un des ancêtres du système politique, marqué par l’autoritarisme, la corruption et la résistance systémique à toutes les formes de changement et de modernité ».

Depuis que le successeur de Bouteflika – Abdelmadjid Tebboune, un initié de longue date du régime – a été élu en décembre 2019 et proclamé « Algérie nouvelle », le pays trébuche d’une crise à l’autre. Rien qu’au cours des derniers mois, le pays a connu de graves pénuries d’eau, un pic de cas de coronavirus qui a submergé le système de santé du pays, des incendies de forêt désastreux qui ont fait quatre-vingt-dix morts, et le lynchage très médiatisé d’un jeune innocent. La principale réponse du gouvernement à cette cascade de catastrophes évitables a été de lancer des accusations sans fondement contre des ennemis supposés, notamment le Maroc voisin, avec lequel il a rompu ses relations diplomatiques en août 2021, l’accusant d’être derrière les incendies de forêt et d’autres maux.

En l’absence de l’habileté diplomatique et de la légitimité historique de Bouteflika, les nouveaux dirigeants du pays ont plutôt adopté de nouveaux niveaux de répression pour maintenir leur contrôle. L’espace d’expression et de débat public s’est rétréci, et une campagne agressive d’arrestations a largement étouffé les manifestations du Hirak, du moins pour l’instant. Même après des séries successives de grâces, des centaines de détenus politiques languissent en prison, qu’il s’agisse de journalistes comme Rabah Karèche, de militants comme Mohamed Tadjadit ou d’hommes d’affaires comme Nabil Mellah.

Pour avoir conduit l’Algérie dans la situation difficile dans laquelle elle se trouve actuellement, de nombreux ministres et alliés de Bouteflika sont également en prison pour corruption. Bouteflika lui-même, cependant, n’est pas mort en disgrâce ou en exil, mais paisiblement dans une villa financée par l’État, sans avoir jamais eu à répondre de son rôle dans la dilapidation du vaste potentiel du pays.
Sa mort et les funérailles nationales qui ont suivi ont suscité une vague de débats parmi les Algériens sur son héritage complexe. Pleuré par certains, maudit par d’autres et regretté par beaucoup d’autres, Bouteflika a laissé l’Algérie mal préparée à affronter les défis qui l’attendent.

« La nouvelle Algérie »

Après la démission de Bouteflika, les autorités civiles, bien que nominalement en charge, s’en remettent aux puissants militaires algériens, qui tentent d’étouffer le Hirak par un mélange d’apaisement et d’intimidation. Une campagne anti-corruption sans précédent a pris au piège des hommes d’affaires et des politiciens largement méprisés, dont plusieurs anciens ministres. Les militaires ont également cherché à diviser le Hirak. Par exemple, ils ont emprisonné des manifestants pour « atteinte à l’unité nationale » s’ils étaient aperçus portant un drapeau berbère. Mais, pour beaucoup, le règlement de comptes politiques par le biais d’accusations arbitraires de corruption, ainsi que l’emprisonnement de manifestants pacifiques, étaient des invitations à protester davantage, et non des raisons d’abandonner.

Après de multiples retards face à la poursuite des manifestations, les chefs militaires, impatients de rétablir l’ordre, ont fixé des élections présidentielles pour décembre 2019.

De nombreuses personnalités populaires étaient en prison ou jugées inéligibles, laissant les Algériens choisir parmi une liste de cinq initiés du régime. Lors d’une élection marquée par une faible participation, l’ancien ministre du logement Abdelmadjid Tebboune est sorti vainqueur et a cherché à tourner une page en proclamant l’aube de « La nouvelle Algérie. » Peu convaincus, les Algériens ont continué à manifester tandis que le nouveau gouvernement de Tebboune se tournait lentement vers la liste croissante des crises du pays.

Ni le gouvernement ni les manifestants n’auraient pu prévoir l’arrivée de la pandémie de coronavirus au printemps 2020. Dans un premier temps, les manifestations du Hirak se sont poursuivies pendant plusieurs semaines, avant que les manifestants n’y mettent un terme fin mars 2020. Le gouvernement s’est servi de la pandémie comme d’un prétexte pour réimposer sa version de l’ordre, en fermant les frontières du pays, en emprisonnant des journalistes et des militants et en bloquant l’accès aux sites Web des médias indépendants. La tâche d’endiguer le COVID-19, quant à elle, a été laissée au système de santé du pays, sous-financé et débordé.

Un référendum vide

Désireux de cimenter sa légitimité et de marquer une rupture décisive avec les bouleversements de l’année précédente, Tebboune a tenu sa promesse d’une nouvelle constitution. Malheureusement, le document publié par son gouvernement, quelques jours seulement avant le référendum constitutionnel prévu le 1er novembre 2020, n’a pas répondu aux demandes des manifestants concernant la dévolution du pouvoir présidentiel, l’indépendance de la justice, le renforcement des protections de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, etc. Au lieu de cela, les autorités ont tenté de coopter le mouvement en le louant dans le préambule révisé.

Dans l’espoir de priver Tebboune du mandat populaire qu’il recherchait, de nombreux membres du Hirak, alors en sommeil, ont appelé les Algériens à boycotter le référendum. Nombreux sont ceux qui ont suivi leur appel ; les chiffres officiels indiquent une participation de 23 % seulement. Bien que la Constitution ait été adoptée par deux tiers des voix, le taux de participation a été le plus bas jamais enregistré, et a constitué un véritable camouflet pour le gouvernement.

Mais les résultats n’ont pas seulement été embarrassants pour le gouvernement, ils ont également mis en évidence la plus grande faiblesse du Hirak. Si son manque de leadership a empêché le gouvernement d’arrêter le mouvement en le décapitant, ce même manque de leadership l’a rendu incapable de faire des changements stratégiques à des moments critiques. Le référendum était un tel moment : étant donné que moins de 14% des électeurs inscrits avaient voté pour la constitution, même un effort modeste pour mobiliser les 86% restants de l’électorat pour la rejeter aurait pu réussir, infligeant une perte symbolique bien plus importante au régime.

La quête de la dignité

Certaines des dynamiques à l’œuvre en Algérie en février 2019 étaient familières aux observateurs du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Les Algériens étaient frustrés par un capitalisme de copinage de plus en plus effronté, des services publics en déclin, un chômage généralisé et une élite politique déconnectée de la réalité. Au pouvoir depuis 1999, le président Abdelaziz Bouteflika était l’exemple type des vétérans de la guerre de libération de l’Algérie contre la France qui ont dirigé le pays pendant plus de cinq décennies – et qui ne sont jamais apparus plus faibles. À la suite d’un accident vasculaire cérébral en 2013, Bouteflika s’est largement retiré de l’œil du public, suscitant des doutes sur la question de savoir qui dirigeait réellement le pays.

Sous le règne de Bouteflika, l’Algérie avait encaissé un billion (mille milliard) de dollars grâce à ses principales exportations : le pétrole et le gaz. Les autorités ont utilisé cette richesse pour garnir leurs comptes bancaires suisses tout en couvrant à peine plus que les besoins de base des citoyens et en refusant les appels à la diversification de l’économie. Elles ont fait le pari que les Algériens, encore traumatisés par la « décennie noire » de terreur qui a fait deux cent mille morts dans les années 1990, avaient peu d’appétit pour la révolution. Si cela était peut-être vrai en 2011, en 2019, le terrain avait bougé. Une nouvelle génération était arrivée à l’âge adulte (les milléniaux), plus connectée au monde extérieur, moins traumatisée par la décennie noire et ayant des rêves ambitieux pour son avenir.

Ces jeunes – ainsi que beaucoup de leurs aînés – ont réagi avec colère à l’annonce que Bouteflika se représenterait malgré sa santé fragile et la spirale de la mauvaise gestion du pays.

Quelques jours plus tard, le 22 février 2019, les Algériens sont descendus dans la rue lors de manifestations de masse inédites depuis une génération. Rapidement, un rythme régulier et hebdomadaire a émergé, avec des étudiants universitaires manifestant chaque mardi et la population plus large chaque vendredi. Tirant une leçon des révolutions ratées ailleurs, les Algériens se sont strictement contrôlés les uns les autres pour s’assurer que les manifestations restent pacifiques.

Même la démission de Bouteflika, en avril 2019, n’a pas réussi à calmer le mouvement, car les Algériens de tous bords voulaient remplacer le système, et pas seulement sa figure de proue. Ils se sont unis derrière un seul slogan : « Mettez-les tous dehors ». Mais le terrain d’entente était autrement insaisissable. Accablés par des années de méthodes « diviser pour mieux régner » de la part de l’État, les partis d’opposition, la société civile et d’autres institutions qui auraient pu contribuer à canaliser le dialogue et à forger un consensus n’étaient pas préparés à la tâche. Les personnalités éminentes qui ont tenté de prendre la tête du mouvement ont fait l’objet de méfiance et ont été rabrouées. En l’absence de revendications communes, d’une direction claire ou d’une vision cohérente de l’avenir, le mouvement, et surtout l’avènement de la pandémie, le Hirak – « le mouvement ».

L’Algérie et le demain incertain

Le système politique algérien est un lointain héritier du système populiste mis en place après l’indépendance de la France en 1962, lorsque le leader de la révolution algérienne, le Front de libération nationale (FLN), a fondé un État révolutionnaire socialiste. Mais l’État d’aujourd’hui est loin d’être une réplique de ce qu’il était auparavant. Il est en effet le reflet du dernier quart de siècle, qui a commencé par un coup d’État militaire visant à étouffer les résultats d’une élection parlementaire, qui aurait permis au Front islamique du salut (FIS) de déraciner le FLN et son État laïque. Les élections locales précédentes, en 1990, avaient donné au FIS la majorité des municipalités du pays et étaient un signe avant-coureur de ce qui allait suivre un an plus tard. L’échec de cette transition démocratique a ouvert la voie à une guerre civile brutale qui s’est terminée en 1998, mais qui a abouti à la consolidation d’une élite militaire laïque au pouvoir.

En tant qu’État rentier typique, l’Algérie traverse les mêmes tribulations que d’autres cohortes pendant l’effondrement mondial des prix de l’énergie. En outre, elle possède une économie contrôlée par l’État, héritée de la période postrévolutionnaire, où le secteur privé manque des fonds nécessaires à son expansion. Le pétrole et le gaz représentent environ 30 % du produit intérieur brut (PIB), 60 % des recettes budgétaires et 95 % des recettes d’exportation. Entre 2011 et 2015, le PIB nominal du pays est passé de 200 à 165 milliards de dollars. En 2016, le PIB a encore diminué pour atteindre 156 milliards de dollars. Avec une population de 40,6 millions d’habitants, il affiche un taux de chômage de 9,9 %. Mais le souci, c’est que la moitié de la population a moins de 30 ans, dont un tiers est au chômage. Avec un taux d’inflation de 5,9 %, le solde de son compte courant en 2016 était de -26,31 milliards de dollars, un montant négatif qui risque d’augmenter si les prix de l’énergie ne remontent pas rapidement.

Toutefois, il semble que l’économie algérienne a renoué avec la croissance au premier trimestre 2021 avec un bond du Produit intérieur brut (PIB) de 2,3% sur un an, a appris l’APS auprès de l’Office national des statistiques (ONS). Cette performance s’est réalisée dans un contexte de hausse des prix remarquable sur le marché pétrolier, à 61,7 dollars le baril au premier trimestre 2021 contre 52,2 dollars une année auparavant (+18,1%). En valeurs courantes, le PIB du premier trimestre 2021 a connu une croissance de 8,6% au lieu d’une baisse de 5,0% durant la même période de l’année 2020, suite à une hausse de son déflateur de 6,2% conjuguée à une croissance positive en volume de 2,3%.

Ainsi, la hausse du niveau général des prix au premier trimestre 2021 a été de 6,2% contre une baisse de 1,4% durant la même période de l’année précédente.

Associé à une atmosphère politique languissante et à une croissance économique atone, le retour à une atmosphère sociale religieuse traditionnelle fait de l’Algérie un candidat possible pour un affrontement malvenu entre les organes étatiques laïques et de larges segments de la société. Il pourrait en effet y avoir des raisons de comparer l’Algérie et la Turquie, puisque cette dernière subit une épreuve déchirante entre sa tradition laïque et la montée et la domination continue de son parti islamiste Justice et Développement. Mais la comparaison se révélera insuffisante en raison de la mesure dans laquelle l’institutionnalisation politique et sociale turque a aidé l’élite turque à évoluer vers un environnement religieux modéré.

L’histoire récente de l’Algérie risque d’imposer l’inévitable confrontation entre ceux qui ont perpétré le carnage de la guerre civile, notamment les partisans de la ligne dure dans les forces armées, et les islamistes. Il n’est pas possible à ce stade d’évaluer l’évolution de la situation, mais la faiblesse institutionnelle de la présidence et le flou du processus décisionnel affaibliront très certainement la capacité des élites politiques du pays à gérer la crise à venir.

Dans un pays de 40,6 millions d’habitants dépourvu d’importants mécanismes d’arbitrage et d’institutions, et où l’ancienne révolution de légitimation contre le colonialisme est tombée dans l’oubli, le temps risque de ne pas être du côté de ceux qui chercheront des compromis et des solutions à mi-chemin.

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