Le Rif est frondeur mais pas séparatiste

Dr. Mohamed Chtatou

Histoire des soulèvements

Depuis l’indépendance du Maroc en 1956 on ne parle du Rif que quand il y a du grabuge jamais de son apport économique, de sa culture, de son développement et de sa marocanité sans faille. En 1958-59, [i] la presse s’est intéressée au soulèvement qui était dû au comportement brejnévien du parti de l’Istiqlal qui voulait à tout pris instaurer un parti unique comme dans le camp soviétique du temps.

En 1972 le Rif était blâmé parce que deux de ses fils militaires gradés, notamment Medbouh et Ababou, étaient impliqués dans le premier coup d’état contre le roi Hassan II, alors qu’en réalité les Rifains avaient des griefs contre leurs parents qui étaient de caïds qui coopéraient avec la France coloniale contre la résistance. [ii] Le Rif fut aussi terni dans la presse durant les soulèvements du pain de 1984 dans la ville de Nador. [iii]

A ce sujet Paul balta avait écrit dans Le Monde : [iv]

‘’ À Nador, d’après le consulat espagnol et les journalistes présents à Melilla, les forces de l’ordre sont intervenues contre les lycéens qui scandaient des slogans. Chassés de leurs établissements, ceux-ci se sont regroupés dans la rue où leurs rangs ont été grossis par d’autres manifestants, qui protestaient contre la cherté de la vie. Des barricades ont été érigées, des magasins pillés et des voitures endommagées.

D’après l’Association des Marocains en France, qui était généralement bien informée pendant les émeutes de Casablanca, en juin 1981, à Tétouan et El-Hoceima  » les journées du 19 et du 20 ont été marquées par d’imposantes manifestations « . Elle précise qu’il y aurait quatre morts à El-Hoceima et de nombreux blessés tandis qu’à Tétouan  » toutes les activités de la ville ont été neutralisées vendredi « . Le mouvement d’opposition Ilal Amam affirme dans un communiqué publié à Paris, qu’il y a treize morts à El-Hoceima et des  » centaines d’arrestations  » parmi les manifestants qui scandaient :  » Assez, le peuple veut la vie. « ’’

Puis ce fut le tour au Hirak du Rif (ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ ⵏ ⴰⵕⵉⴼ, حراك الريف), un mouvement de protestation populaire qui a organisé des manifestations de masse dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, entre octobre 2016 et juin 2017. [v] Le mouvement a été déclenché par la mort de Mouhcine Fikri, un poissonnier qui a été écrasé à mort après avoir sauté à l’arrière d’un camion à ordures en tentant de récupérer sa marchandise de poisson prétendument illégale confisquée par les autorités locales. [vi]

Marginalisation du Rif

Pendant des décennies, les Rifains se sont sentis politiquement, économiquement et culturellement marginalisés et discriminés. [vii] Les autorités centrales n’ont commencé à investir dans la région qu’après un tremblement de terre en 2004 qui a causé d’importants dégâts. Malgré ce regain d’intérêt, le Rif souffre toujours d’un taux de chômage élevé, [viii] dépassant 20 % de la population active, ce qui représente le double de la moyenne nationale, tandis que l’économie informelle prédomine. La plupart des ménages dépendent du soutien financier de membres de la famille vivant en Europe, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. [ix] La région manque également d’éducation : 43,8 % de la population n’a aucun diplôme, contre 36,9 % au niveau national. [x]

Dans cette optique, Fahd Iraqi écrit dans Jeune Afrique : [xi]

‘’… le Rif central souffre toujours. La province est enclavée, marginalisée, gangrenée par la contrebande et le commerce de haschisch – des problèmes sur lesquels les pouvoirs publics n’ont pas lancé de vraies réflexions. Ses habitants sont obsédés par l’idée de partir vivre ailleurs dans le royaume ou en Europe. D’ailleurs, l’économie d’Al Hoceima repose en grande partie sur les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger.

Au-delà des revendications socio-économiques, le Hirak a montré que le Rif central a un besoin viscéral de se réconcilier avec sa propre histoire et ses particularités, non dans une logique séparatiste, mais pour être enfin reconnu. Si les Rifains de l’Est dénoncent les retards du plan Phare de la Méditerranée, ils regrettent surtout que les projets ne soient pas pensés avec eux. Contrairement aux légendes dorées de Tanger, le Rif central, lui, vit encore à travers ses blessures et ses traumatismes’’.

Pire, le Rif amazighophone est la seule région du Maroc qui n’abrite aucune université proprement dite. Il y a certes des institutions universitaires qui dépendent d’universités en dehors de la région et les Rifains considèrent cela comme un signe de marginalisation.

Les Rifains de l’étranger envoient l’équivalent de 3 milliards de $ par an au pays mais malheureusement cet argent finit son mouvement de transfert dans les banques casablancaises et est investi ailleurs et non dans la région des gents qui l’ont envoyé. Une grande injustice qui continue même de nos jours au moment ou le Rif continue de souffrir de manque d’infrastructure et de chômage.

Au sujet de la marginalisation du Rif, Ahmed Bendella et Badiha Nahhass écrivent : [xii]

‘’Ce premier sens de marginalité est étroitement lié, dans le discours des acteurs locaux et les médias, aux manifestations les plus marquantes de la marginalisation économique : l’enclavement de la région par manque d’infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, et aéroportuaires. La nature accidentée du terrain, la dense barrière montagneuse encerclant la région et n’offrant que des cols difficilement praticables comme point d’accès, ont, pendant longtemps, servi d’excuses pour justifier le déficit en infrastructures routières et ferroviaires. Le Rif est marginal parce qu’il est « enclavé », parce que c’est un « pays rude », une « montagne sauvage et accidentée, d’accès difficile » (Nahhass, 2016).’’

Pire pour l’agence espagnole EFE, citée par le Desk : [xiii]

‘’L’économie du Rif, au nord du Maroc, ne semble pas sortir du sous-développement en raison de manque d’infrastructures, de l’inadéquation entre l’offre et la demande d’emplois et les différences entre les différents organes de décisions nationaux et régionaux.’’

Le Rif, région verdoyante mais pauvre

Géographie peu clémente

La géographie a toujours été peu propice et peu clémente pour le Rif et les Rifains. Ainsi, le système tribal dans sa composante segmentaire était toujours une forme de protection contre autrui mais aussi contre l’inconnu qui peut être soi un ennemi externe ou un fléau naturel. [xiv]

Pour l’anthropologue américain Carlton S. Coon [xv] qui travailla sur la tribu Gzennaya dans les années 20 du siècle dernier et son élève et disciple David M. Hart [xvi] qui s’intéressa à Ait Ouriaghel dans les années 50 du même siècle, dont l’opus fut traduit en Arabe par une association rifaine, Stem van Marokkaans Democraten-Nederland, basée en Hollande, le Rif est une région unique dans son genre sur le plan anthropologique distinguée par des qualités surprenantes d’endurance, de fidélité et bravoure.

Le Rif est une région foncièrement pauvre, donc incapable de nourrir les siens. Dans les années 30 du siècle dernier, les Rifains immigraient saisonnièrement, en masse, vers l’Algérie française pour travailler dans les champs agricoles. Ils appelaient ce mouvement shareq « migration vers l’est ». [xvii] Dans les années 50, ils traversèrent, cette fois-ci, la Méditerranée pour aller en Europe, en pleine reconstruction après les affres de la Deuxième Guerre Mondiale, grâce à la générosité américaine du Plan Marshall. Ils s’installèrent surtout en Hollande et Belgique mais aussi en Espagne, France, Allemagne et les pays de la Scandinavie. Grace à l’argent durement gagné ils construiront de belles maisons en dur et investiront dans des commerces et dans l’immobilier.

Mais dans les années 80 les Européens fermèrent leurs frontières et les fils du Rif s’investirent dans les études avec l’espoir de faire vivre les leurs. Une fois le diplôme en poche ils se retrouvent au chômage et sur les chaises de cafés ils méditèrent longuement sur des jours meilleurs tout en s’organisant dans des associations de défense de la culture amazighe et les droits de l’homme. Très vite, Alhoceima devint la capitale marocaine des droits de l’homme et de la contestation en gestation et de la fronde.

Pour calmer le jeu, le pouvoir central procéda maladroitement à la cooptation de certaines élites locales en mal de leadership et de stardom, mais très vite ces élites perdirent leur virginité politique et se trouvèrent désavoués par le peuple rifain pour ne pas dire bannis à jamais.

La France pendant le protectorat 1912-1956, pour des fins de colonisation, avait divisé le Maroc en Maroc utile, [xviii] le Maroc des côtes, des plaines agricoles et des richesses minières et le Maroc inutile [xix] celui des montagnes et du désert. Cette subdivision coïncidait grandement à une plus ancienne : bled l-makhzen « terres sous contrôle gouvernemental » et bled siba « terres de dissidence ou plutôt les contrées pauvres des Imazighen » qui refusaient de payer les impôts au gouvernement central, pour cause de pauvreté.

A ce sujet, Aurélia Dusserre et Mathieu Marly écrivent : [xx]

’ Barrière montagneuse isolant le Maroc de la Méditerranée, faite de vallées enclavées faiblement reliées entre elles, le Rif abrite des populations berbérophones sur lesquelles le sultan marocain exerce au 19e siècle une autorité distante. En 1912, les traités de protectorat, signés sous la contrainte par le sultan chérifien, laissent à l’Espagne l’administration d’une zone septentrionale étendue de Tétouan au Rif oriental qu’elle entend soumettre principalement à partir de la place forte de Melilla. Dans ce partage colonial, l’Espagne, devenue une puissance impériale de second ordre après la perte de Cuba et des Philippines en 1898, a été considérée comme un parent pauvre, « confin[ée] dans le rôle ingrat de sous-locataire de la France » qui « lui laisse l’os à ronger ». Présent dès le début du 20e siècle dans la région par le biais de concessions minières, le colonisateur espagnol peine à y imposer son autorité, faute de moyens.’’

Après l’indépendance cette subdivision persista, aujourd’hui on peut distinguer entre deux Maroc, à deux vitesses différentes : Un Maroc du triangle d’or et un Maroc du triangle du désespoir. Celui du triangle d’or s’étend de Laayoune à Tanger et à Fès et tout ce qui est en dehors de ce triangle c’est le monde du désespoir, généralement le monde amazigh, sans ressources et sans infrastructures.

Depuis l’indépendance le gouvernement a maladroitement dirigé tous les investissements vers le triangle d’or créant de multiples possibilités de travail donc de richesse. Par contre en dehors de ce triangle, la jeunesse oisive broyait du noir et criait à qui voulait l’entendre à la hogra (humiliation).

Le Rif n’est pas une région ni hors-la-loi ni sécessionniste

Le mot Rif signifie marge et limite ou bord. En effet, il a toujours été une région à la périphérie du Maroc, à la périphérie du développement et à la périphérie de la compréhension. Les habitants de cette région sont élevés dans l’idée qu’ils sont à la limite, ou plutôt qu’ils viennent d’une autre planète, [xxi] principalement pour deux raisons importantes :

  • Ils parlent un idiome différent qui est un dialecte de Tamazight (Tarifit) considéré comme un dialecte difficile à comprendre parmi les locuteurs berbères ;
  • Ils vivent dans une région pauvre et accidentée où la survie est le mot d’ordre ;
  • Ils vivent isolés du reste du pays en raison de barrières naturelles ; et
  • L’isolement, la pauvreté, la géographie et les différences ont grandement influencé les traits saillants de leur caractère, faisant d’eux des êtres humains frondeurs et courageux.

Aujourd’hui, les Rifains sont le peuple le plus stéréotypé de tout le Maroc à cause de ce qui précède : ils sont considérés comme très durs, rebelles et peu dignes de confiance. [xxii]

En raison de ce trait de comportement, deux éminents anthropologues américains, Carleton S. Coon [xxiii] et David Montgomery Hart, [xxiv] ont effectué des travaux approfondis sur les tribus de cette région, étudiant en détail leur organisation sociale, leurs croyances et leur culture matérielle au cours du siècle dernier. Ils ont tous deux étés attirés par leur robustesse, leur sens inné de contestation et leur courage.

Un historien britannique, Richard C. Pennell, a été attiré par le sens de la résistance et la stratégie militaire de l’icône rifaine Mohammed Ben Abdelkarim al-Khattabi [xxv] ⵎⵓⵃⵏⴷ ⵓ ⵄⴰⴱⴷⵍⴽⵔⵉⵎ ⴰⵅⵟⵟⴰⴱ (1882-1963), [xxvi] qui a réussi à vaincre l’Espagne coloniale avec de petits groupes de combattants, en recourant à la guérilla, une pure invention de sa part. Ses exploits sont encore célébrés aujourd’hui dans la poésie orale et les contes du Rif. [xxvii]

Tout au long de l’histoire du Maroc, le Rif, avant le protectorat français de 1912, est resté une terre de dissidence bled sîba, c’est-à-dire que les habitants acceptaient l’autorité religieuse et morale du sultan mais refusaient de payer des impôts au gouvernement central.

Tout d’abord, il y a eu la fameuse période de Rifublik [xxviii] (1898-1921), [xxix] une période caractérisée par l’anarchie alimentée par la prolifération des armes à feu vendues par des agents européens directement à la population locale pour préparer le terrain au colonialisme européen.

Les Rifains, historiquement, avaient ce sens élevé de la liberté et de l’indépendance vis-à-vis de toute autorité centrale. L’appartenance à une entité politique plus grande n’a jamais été une priorité pour eux, [xxx] ils ont toujours voulu s’en tenir au minimum et le minimum est la défense de leur trinité sacrée : la terre (tammurt), la langue (tamazight) et la parenté par le sang et la solidarité (ddam/dhawmat/dhamount). [xxxi]

Guerriers rifains

Les handicaps structurels

Le Rif, en tant que région et entité culturelle, est confronté depuis longtemps à une série de handicaps naturels et humains :

Les handicaps géographiques

Le Rif est une région essentiellement montagneuse – très escarpée et donc généralement accidentée. Il comporte peu de plaines. Les pentes du sol sont souvent très fortes et avec une inclinaison de plus de 50 %. Les sols sont peu perméables et donc très sensibles à l’érosion. Bien qu’il bénéficie d’une pluviométrie importante, les années humides, il est aride et manque cruellement d’eau la plupart du temps. Le Rif dans son ensemble est soumis à une érosion dévastatrice et continue.

Handicaps culturels

Dans l’imaginaire populaire des Marocains, les Rifains sont à la fois des gens très courageux et très honnêtes, des chefs de famille responsables et des époux fidèles. Ils sont connus sous le nom de shluH al-‘azz ‘’les valeureux Amazighs / Berbères.’’

Cela dit, le Rifain est perçu et stéréotypé comme un être louche et infidèle qui peut changer d’avis et de camp rapidement : Rifi gheddar u qattal ‘’le Rifain est sanguinaire et incapable de fidélité’’ ; Rifi diru guddamek u ma-tidiru urak ‘’le Rifain n’est pas digne de confiance’’ ; Rifi ighadrek, ighadrek ‘’le Rifain vous sera infidèle tôt ou tard’’, etc.

Ces étranges stéréotypes sur l’individu Rifain sont le résultat de sa pugnacité et de son sens inné de la survie dans un environnement géographique et humain inhospitalier. Son visage, cicatrisé par les épreuves de la vie, lui donne l’impression d’être un souffrant patient et un homme indigne de confiance, avec une propension naturelle à la lutte et à l’agression.

Handicaps économiques

Le Rif est une région fondamentalement pauvre : montagneuse et aride, elle est incapable de nourrir sa population. Dans les années 1930, les Rifains ont immigré de façon saisonnière, en masse vers l’Algérie française pour travailler dans l’agriculture. Ils ont appelé ce mouvement shâreq « migration vers l’est ». [xxxii] Dans les années 1950, ils traversent, cette fois, la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, grâce à la générosité américaine du plan Marshall. Ils s’installent principalement en Hollande et en Belgique, mais aussi en Espagne, en France, en Allemagne et dans les pays scandinaves. Grâce à l’argent durement gagné, ils ont nourri leurs familles, construit de belles maisons et investi dans des entreprises et des biens immobiliers dans leurs zones tribales et ailleurs au Maroc.

Mais dans les années 1980, les Européens ont fermé leurs frontières et les fils du Rif se sont tournés vers l’éducation avec l’espoir de trouver un emploi pour s’occuper de leur famille et gagner leur vie. Diplômes en main, ils sont confrontés à la dure réalité d’un marché du travail sélectif et peu généreux. Leurs espoirs de survie se sont fracassés sur les rochers d’un libéralisme féroce. Sur les chaises des cafés, ils méditent longuement sur des jours meilleurs tout en s’organisant en associations de défense de la culture amazighe/berbère et des droits de l’homme. Bientôt, Al Hoceima devient la capitale marocaine des droits de l’homme et de la contestation et non pas la sécession.

Pour apaiser la région, le gouvernement procéda maladroitement à la cooptation de quelques élites locales, mais bientôt ces élites perdirent leur « virginité » politique et leur crédibilité fut désavouée par le peuple rifain, sinon bannie socialement.

Mettre fin, une fois pour toute, à la marginalisation de tout le Rif

Pour mettre fin aux troubles dans le Rif, victime d’un siècle de marginalisation et d’oppression de la part de l’État, le gouvernement doit adopter un programme de développement inclusif, fondé sur le dialogue et bien documenté, qui permette à cette région du pays de sortir de sa situation profondément enracinée.

Pendant le protectorat colonial de 1912 à 1956, la France, à des fins de domination, avait divisé le Maroc en deux parties : le Maroc Utile composé de centres commerciaux côtiers, de riches plaines agricoles et de régions riches en minerais, et le Maroc Inutile, [xxxiii] celui des montagnes escarpées, des plateaux ruraux et des territoires désertiques brûlants. [xxxiv]

Cette subdivision coïncida largement avec une subdivision plus ancienne : bled l-makhzen « terres sous contrôle gouvernemental » et bled siba « terre de dissidence ». Cette seconde zone était constituée des régions pauvres des Amazighs/Berbères qui refusaient de payer des impôts au sultan en raison de leur pauvreté, mais qui reconnaissaient son manteau religieux en tant qu’amîr al-mou’minîn « Commandeur des Croyants ».

Après l’indépendance, cette subdivision a persisté. Aujourd’hui, on peut distinguer deux Maroc qui naviguent à deux vitesses différentes malheureusement : un Maroc dit du « triangle d’or » et un Maroc dit du « triangle du désespoir« . Le ‘’triangle d’or’’ s’étend de Laayoune au sud à Tanger au nord et Fès à l’est. Tous les territoires situés en dehors de ce triangle constituent le monde du désespoir, généralement les terres amazighes/berbères, manquant cruellement de ressources et d’infrastructures.

Femmes rifaines

Depuis l’indépendance, le gouvernement a maladroitement et irresponsablement orienté tous les investissements, nationaux ou internationaux, vers le ‘’triangle d’or’’, créant ainsi de multiples possibilités de travail et donc beaucoup de richesse et de bien-être. En revanche, en dehors de ce triangle, la jeunesse désœuvrée est totalement désespérée et les familles sont écrasées par la pauvreté et le manque de moyens. En conséquence, ils sont pleins de colère et de haine envers l’establishment pour leur sort, qu’ils considèrent comme une forme d’humiliation Hogra résultant d’un manque d’intérêt pour eux et pour leur situation.

Au sujet de la jeunesse du Rif, l’anthropologue Raymond Jamous écrit : [xxxv]

‘’ Dans mon ouvrage Honneur et baraka (1981) consacré aux structures traditionnelles des Iqar’iyen du Rif oriental, j’avais souligné qu’être jeune dans cette société du Nord marocain n’est pas une question d’âge, mais de statut. On est « jeune » tant qu’on ne possède pas de terre et qu’on demeure sous l’autorité d’un « homme d’honneur », soit parce que son père est encore vivant, soit parce que quelqu’un d’autre a pris la terre qui lui revenait. Ne pouvant prendre des décisions qui incombent à son père ou à son tuteur, le « jeune », défini par ces manques, est voué à l’irresponsabilité. Cette caractérisation en creux ou en négatif, pour informative qu’elle soit, ne renseigne pas sur les comportements concrets et la nature des liens que les « jeunes » entretiennent entre eux ou avec leurs aînés.’’

Et il continue par parler des jeunes dans le jeu politique :

‘’ Dans ces sociétés qui oscillent entre le jeu politique (incarné par les hommes d’honneur) et les valeurs religieuses (incarnées par les saints et le sultan), les jeunes, qui forment une catégorie d’irresponsables et ne sont pas encore pleinement hommes, sont de ce fait les seuls acteurs qui permettent d’articuler les deux dimensions. On comprend qu’être un jeune « irresponsable » dans l’espace social c’est être, durant cette période de transition, à la marge et au centre de la société rifaine.’’

Après le Hirak du Rif, le gouvernement a investi énormément en infrastructure dans les villes d’Alhoceima et de Nador mais le reste du Rif qui d’antan vivait de l’immigration reste pauvre et sans espoir. La jeunesse désœuvrée à cause du manque d’institution d’éducation et de formation de pointe s’adonne massivement à la drogue et peut un jour, pas lointain, basculer dans l’arène du terrorisme islamiste comme c’était le cas de certains jeunes rifains de l’émigration. [xxxvi]

Malheureusement certains journalistes occidentaux, en mal de sensationnalisme, telle Leela Jacinto a généralisé certains actes de terrorisme sur tout le nord du Maroc et on t injustement appelé le Rif, une région hors-la-loi, ce qui est un amalgame honteux : [xxxvii]

‘’ Au cœur des attentats terroristes qui ont frappé une bonne partie du monde ces quinze dernières années, il y a le Rif. Une région montagneuse du nord du Maroc, s’étirant du tumulte de Tanger et de Tétouan à l’ouest, jusqu’à la frontière algérienne à l’est. Le Rif est un pays pauvre, riche en plantations de marijuana, trafiquants de drogue, trafiquants tout court, petits margoulins, héros de la résistance contre les administrateurs coloniaux et les rois de l’indépendance. Des rebelles à toute autorité. Pour les enfants du Rif transplantés en Europe, ces origines peuvent se mêler à la marginalisation, à l’accès à des réseaux criminels et à la radicalisation, afin de rendre les plus vulnérables d’entre eux particulièrement sensibles aux sirènes du terrorisme.

Les liens entre le Rif et le terrorisme djihadiste ont probablement été mis en lumière pour la première fois en 2004, après les attentats de Madrid du 11 mars, quand on allait découvrir que quasiment tous les conjurés avaient une attache à Tétouan. Trois ans après, lorsque la journaliste Andrea Elliot enquête au cœur de la misère de cette ville du cœur du Rif pour un article du New York Times Magazine, elle y trouve bon nombre de jeunes inspirés par les poseurs de bombe de Madrid. Ils espèrent rejoindre les rangs d’Al Qaïda en Irak, le précurseur de l’État islamique, afin de mener le djihad contre les troupes américaines.’’

Les habitants du Rif sont de vrais marocains unionistes

Le Hirak était un mouvement de protestation sociale et économique qui brandit un cahier de doléances légitimes d’une région amazighe/berbère meurtrie par la marginalisation politique et économique, mais c’est aussi une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment et déstabiliser la région, voire le pays tout entier, et initier la deuxième vague du printemps arabe.

Les habitants du Rif sont des unionistes et non des séparatistes. Ils sont fiers de leur identité marocaine, cela ne fait aucun doute. La tribu des Ait Ouriaghel a vaincu l’Espagne sous Ben Abdelkrim al-Khattabi dans les années 1921-1926, pour la grandeur du Maroc et la tribu des Gzennaya a vaincu la France dans le « Triangle de la mort » en octobre 1955, pour l’indépendance du pays et la fin du protectorat.

Que faire ?

Malheureusement, malgré les grands services rendus à la nation par la région du Rif, celle-ci a été marginalisée par Rabat. Pour éviter une telle situation, il est indispensable d’entreprendre d’urgence les démarches suivantes :

A court terme :

  • Dialogue total avec le Rif dans son ensemble ;
  • Libérer les détenus du Hirak ;
  • Adoption d’un plan économique pour le Rif à la manière du Plan Marshall ;
  • Délocaliser des industries vers le Rif pour créer des emplois en faveur des jeunes ;
  • Créer un groupe de réflexion composé de chercheurs et d’intellectuels du Rif afin de fournir les études nécessaires sur la région (sociologie, anthropologie, culture, économie, identité tribale, etc.) ;
  • Créer des universités à Alhoceima et à Nador, et à Taza, institutions d’enseignement supérieur qui font cruellement défaut dans le Rif ;
  • Rapatrier du Caire la dépouille de Mohammed Ben Abdelkrim al-Khattabi, lui donner une sépulture officielle et insérer son épopée dans les manuels scolaires ;
  • Ecrire l’épopée de la Guerre du Rif (1921-1926) [xxxviii] et répertorier les faits d’armes des membres de l’Armée de Résistance ; et
  • Célébrer officiellement chaque année les batailles d’Anoual [xxxix] et de Dhar Aberran.

A long terme :

  • Créer des « provinces de montagne » dans les régions montagneuses du pays, dotées d’un budget spécial pour entreprendre un développement régional équitable ;
  • Créer un centre de recherche pour le développement du Maroc profond /Maroc amazigh (le « triangle du désespoir ») ;
  • Encourager les Marocains du monde à investir dans le Rif par des incitations économiques ;
  • Faire connaître le Maroc profond/Maroc amazigh au niveau national et international ;
  • Mettre en œuvre un plan régional de développement durable ; et
  • Adopter, si possible, un fédéralisme dynamique au lieu d’un régionalisme statique.

L’Algérie s’est trompé de cible encore une fois

Il se peut que le Rif a été frondeur le long de son histoire mais il n’a jamais été séparatiste. La guerre du Rif (1921-1926) [xl] de l’émir Mohammed Ben Abdelkrim al-Khattabi contre le colonialisme européen n’a jamais eu comme objectif principal de créer une entité séparée au Maroc mais de libérer le Maroc des colonialismes espagnol et français, la preuve en est que l’émir avait envoyé une lettre intitulé ‘’maliki’’ à Mohammed V pour déclarer son attachement au Maroc et la dynastie alaouite.

Mohammed Ben Abdelkrim al-Khattabi (1882-1963) anticolonialiste et défenseur de l’intégrité territoriale du Maroc

Aujourd’hui l’Algérie en soutenant un groupe rifain séparatiste méconnu au Rif et au Maroc qui prône une république dans cette région du Maroc nous montre trois choses importantes :

  1. Que la carte Polisario n’apporte plus d’eau au moulin algérien après un investissement de plus de 150 milliards de dollars en 50 ans dans une république fantoche qui est devenue un grand encombrement politique et économique pour ce pays. Aujourd’hui beaucoup d’Algériens se demandent pourquoi l’investissement d’une somme si phénoménale dans un projet si stupide au lieu de l’infrastructure et le bien-être des Algériens en premier lieu.
  2. L’Algérie, n’ayant rien compris de la défaite nommée ‘’Polisario’’ s’est embourbé dans une autre voie sans issue nommée ‘’Rif’’. Une république au Rif [xli] est considérée par la majorité des Rifains comme une blague de mauvais goût sachant que la guerre d’indépendance du Maroc contre le colonialisme français avait débutée dans la tribu de Gzennaya du Rif et que les Français ont subit des pertes humaines conséquentes dans le ‘’Triangle de la Mort’’.
  3. Au lieu d’investir son temps et son argent dans la construction du Grand Maghreb, l’Algérie des militaires a passé un demi-siècle à vouloir contrer le Maroc qui, n’empêche avance à grands pas, pour des illusions de grandeur.

L’Algérie a misé sur le Polisario et une poignée de séparatistes du Rif au lieu du Grand Maghreb

La région du Maghreb ou le Grand Maghreb, qui comprend la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye, est devenue l’une des frontières géopolitiques les plus instables de la dernière décennie. Cette vaste région habitée par quelque 101 millions de personnes – dont 80 % en Algérie et au Maroc – est enclavée entre la mer Méditerranée et le désert du Sahara, et sépare le sud de l’Europe du Sahel. [xlii]

Le Maghreb est l’une des régions les plus conflictuelles de la planète, avec un large éventail de problèmes structurels : de la pauvreté à la corruption, en passant par le chômage, les inégalités économiques et sociales, les déficits technologiques, le sous-développement de l’éducation et des infrastructures, l’insécurité alimentaire et le stress hydrique, qui sera l’un des plus importants au monde d’ici 2040. [xliii]

Fin août 2021, Alger a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Rabat avant de fermer son espace aérien à tous les avions marocains un mois plus tard. Les liaisons aériennes entre Casablanca et Alger étant déjà suspendues en raison de la pandémie de Covid-19, cette décision ne devrait affecter que marginalement le trafic aérien. Mais le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a également fait part de son intention de ne pas renouveler un important contrat pour le gazoduc Maghreb-Europe (GME), qui relie les gisements algériens à l’Europe via le Maroc depuis 1996 et qui a expiré à la fin du mois d’octobre 2021. [xliv]

Le Grand Maghreb est mort, comme l’a déclaré le roi Mohammed VI dans un de ses discours, il y a longtemps lorsque l’Algérie a choisi le Polisario, un mouvement séparatiste de 70 000 habitants à la place du Grand Maghreb d’une population de 102 877 547 habitants (2020). Un choix dicté non pas par le peuple algérien mais par les militaires qui gouvernent le pays pour satisfaire leurs pulsations d’hégémonie, d’animosité et bellicosité vis-à-vis du Maroc.

Conclusion : Tamaghrabit nous rassemble

Tamaghrabit est un concept très fort chez les Rifains et tous les Marocains. Les Rifains ont combattu les Espagnols et les Français en même temps durant la guerre du Rif de Mohammed Ben Abdelkrim al-Khattabi. La République du Rif de 1921 était un premier pas vers l’indépendance du Royaume du Maroc. Un concept révolutionnaire pour se débarrasser du colonialisme européen, le flambeau de l’indépendance a été repris dignement par le sultan Mohammed V en 1953 quand les Français l’ont exilé à Madagascar. Son retour en 1956 s’est soldé par un long parcours de réunification du pays, d’abord le nord du Maroc (1956) puis Tarfaya (1958). Après le roi Hassan II a repris le flambeau de la libération et ainsi Sidi Ifni (1969), le Sahara (1975), et Oued Eddahab (1979) sont entrés sous le giron du pays.

Tamaghrabit est une notion d’unité sacrée chez tous les Marocains qui sont tous d’origine amazighe, soit ceux qui parle que l’Arabe et ceux qui parlent l’Amazigh et l’Arabe. Les Imazighen croient dur comme fer à la trinité amazighe qui s’articule autour de la langue : Tamazight, la terre : Akal et la solidarité, la tolérance et le vivre-ensemble : Dhamount. [xlv]

Comme son cheval nommé Polisario n’est pas arrivé à destination après un demi-siècle de coups bas, son nouveau cheval nommé : Rif risque de faire chou blanc en moins de temps.

Le Maroc aurait pu reconnaitre le mouvement séparatiste de Kabylie :  Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) [xlvi] né en juin 2001, devenu Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ ⵉ ⵓⴼⵔⴰⵏⵉⵎⴰⵏ ⵏ ⵜⴰⵎⵓⵔⵜ ⵏ ⵉⵇⴱⴰⵢⵍⵉⵢⴻⵏ, mais il ne l’a pas fait par respect à la notion du Grand Maghreb à laquelle il croit toujours.

Notes de fin de texte :

[i] Mouline, Nabil. (2016). Qui sera l’État ? Le soulèvement du Rif reconsidéré (1958-1959). Hypotheses.

[ii] Lugan, Bernard. (2011). Histoire du Maroc : Des origines à nos jours (« Les menaces sur le trône », pp. 327-333). Paris : Ellipses.

[iii] Balta, Paul. (1984). Émeutes de la vie chère au Maroc. Le Monde. https://www.lemonde.fr/archives/article/1984/01/23/emeutes-de-la-vie-chere-au-maroc_3002845_1819218.html#:~:text=Les%20durs%20affrontements%20qui%20ont,sources%20-%20et%20de%20nombreux%20bless%C3%A9s.

[iv] Ibid.

[v] Chtatou, Mohamed. (2017). To Defuse the Rif Crisis, Save the Region from Petty Politics and Inhuman Economics. Morocco World News. https://www.moroccoworldnews.com/2017/06/221269/defuse-rif-crisis-save-region-petty-politics-inhuman-economics

[vi] Wolf, Anne. (2019). Morocco’s Hirak movement and legacies of contention in the RifThe Journal of North African Studies24 (1), 1-6. https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13629387.2018.1538188

[vii] Debackere, Ellen. (2021). Five Years of Riffian Protests: We See No DifferenceCarnegie Endowment for International Peace. https://carnegieendowment.org/sada/85770

[viii] Jamous, Raymond. (2015). Être « jeune » dans le Rif oriental. Ateliers d’anthropologie, 42.  http://journals.openedition.org/ateliers/9973 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ateliers.9973

[ix] Rachidi, Ilhem (2017). The Hirak: A Moroccan People’s Movement Demands Change From the Streets »Toward Freedom. https://towardfreedom.org/story/archives/africa-archives/hirak-moroccan-peoples-movement-demands-change-streets/

[x]  Lamlili, Nadia. (2017). Tensions à El Hoceima : les chiffres des inégalités sociales qui expliquent la grogne marocaine. Jeune Afrique. https://www.jeuneafrique.com/441734/politique/tensions-a-al-hoceima-chiffres-inegalites-sociales-expliquent-grogne-marocaine/

[xi] Iraqi, Fahd. (2018). Maroc : quel Rif demain ? Jeune Afrique. https://www.jeuneafrique.com/mag/549187/economie-entreprises/maroc-quel-rif-demain/

[xii] Nahhass, Badiha, & Ahmed Bendella. (2022). Le Rif : les méandres d’une réconciliation.  L’Année du Maghreb, 26, 141-156. https://journals.openedition.org/anneemaghreb/10170

[xiii] Siali, Mohamed. (2018). L’économie du Rif sinistrée malgré les promesses de l’Etat. Le Desk. https://ledesk.ma/2018/05/31/leconomie-du-rif-sinistree-malgre-les-promesses-de-letat/

[xiv] Hugh Roberts, Hugh. (2005).  Perspectives sur les systèmes politiques berbères : à propos de Gellner et de Masqueray, ou l’erreur de Durkheim. Insaniyat, 27. http://journals.openedition.org/insaniyat/7642; DOI: https://doi.org/10.4000/insaniyat.7642

[xv] Chtatou, Mohamed. (2020). Encounters with American Anthropologists in Morocco. Hespéris-Tamuda LV (2), 263-287. https://www.hesperis-tamuda.com/Downloads/2020/fascicule-2/13.pdf

[xvi] Chtatou, Mohamed. (2016). David Montgomery Hart : Un amour du Rif sans limite. Le Monde Amazigh. https://amadalamazigh.press.ma/fr/david-montgomery-hart-un-amour-du-rif-sans-limite/

[xvii] Ziza, Mimoun. (2012). Colonisation et migration au Maghreb (1830-1962) : Les flux migratoires entre le Maroc et l’Algérie à l’époque coloniale. Abécassis, Frédéric ; Dirèche, Karima ; & Aouad, Rita (Eds.). In : La bienvenue et l’adieu | 1 : Migrants juifs et musulmans au Maghreb (XVe-XXe siècle). Casablanca : Centre Jacques-Berque. http://books.openedition.org/cjb/226 . DOI : https://doi.org/10.4000/books.cjb.226.

[xviii] Leveau, R. (1985). Chapitre VII. Le « Maroc utile ». In R. Leveau, Le fellah marocain défenseur du trône (pp. 131-160). Paris: Presses de Sciences Po.

[xix] Puchot, Pierre. (2010). Le « Maroc inutile » des Berbères de l’Atlas. Mediapart. https://www.mediapart.fr/journal/international/160210/avec-les-berberes-de-latlas-voyage-au-coeur-du-maroc-inutile

[xx] Dusserre, A. & Marly, M. (2023). La guerre du Rif: Histoire connectée, mémoires divergentes (1921-2021). 20 & 21. Revue d’histoire, 158, 3-20. https://doi.org/10.3917/vin.158.0003

[xxi] Jamous, R. (2002). Honneur et Baraka. Les structures sociales traditionnelles dans le Rif. Paris : Éditions de la maison des sciences de l’homme, Cambridge : Cambridge University Press.

[xxii] Nahhass, Badiha. (2022). Les lieux de mémoire dans le Rif et la fabrique d’une nouvelle identité du territoire. Les Cahiers d’EMAM, 34. http://journals.openedition.org/emam/4522 ; DOI: https://doi.org/10.4000/emam.4522

[xxiii] Coon, C. S. (1931). The Tribes of the Rif. Cambridge, Mass: Peabody Museum of Harvard University.

[xxiv] Hart, Montgomery D. H. 1927-2011. (1976). The Aith Waryaghar of the Moroccan Rif: An Ethnography and History. ( Viking Fund publications in anthropology # 55); Tucson : Published for the Wenner-Gren Foundation for Anthropological Research [by] University of Arizona Press.

[xxv] Charqi, Mimoun. (2003). L’Émir guérillero. Rabat :  Collection Histoire et lectures politiques.

[xxvi] Pennell, C. R. (1986). Country With a Government and a Flag: The Rif War in Morocco, 1921-1926. Boulder, Colorado : Lynne Rienner Publications.

[xxvii] Chtatou, M. (1991). “Bin –Abd Al-Karim Al-Khattabi in the Rifi Oral Tradition of Gzenneya. E. G. H. Joffe and C. R.Pennell (Eds.). Tribe and State: Essays in Honour of David Montgomery Hart (pp 182–212). Cambridgeshire, U.K.: Middle East and North Africa Studies Press -MENAS-.

Chtatou, M. (1996). Ben Abdelkrim Al-Khattabi dans la tradition orale des Gzennaya. Awal : cahiers d’études berbères, 14, 25-45.

[xxviii] La Rifublik du Rif est une corruption du mot République qui signifie à la fois que le Rif est devenu, dans une certaine mesure, indépendant du sultanat et qu’il peut se débrouiller tout seul, mais aussi que l’ordre public a cessé et que la région est entrée dans une ère de querelles inter claniques et intertribales.

[xxix] Hart, Montgomery D. H. 1927-2011. (1976). Op. cit, pp. 356-368.

[xxx] Chtatou, Mohamed. (1997). Notion d’Appartenance au Groupe chez les Rifains. Awal : cahiers d’études berbères, 15.

[xxxi] Chtatou, Mohamed. (2018). Reflecting on the Amazigh Cultural Trinity. Morocco World News. https://www.moroccoworldnews.com/2018/10/256514/tamazight-amazigh-culture-morocco-trinity

[xxxii] Vermeren, P. (2019). Le royaume du Maroc a lié son destin aux migrations. Hérodote, 174, 209-224. https://doi.org/10.3917/her.174.0209

[xxxiii] Harroud, T. & Rousseau, M. (2021). Chapitre 8. Du « Maroc inutile » au Maroc en déclin. La décroissance territoriale et son traitement politique dans un pays du Sud. Dans : Vincent Béal éd., Déclin urbain: La France dans une perspective internationale (pp. 253-287). Vulaines-sur-Seine: Éditions du Croquant. https://doi.org/10.3917/asava.beal.2021.01.0253

[xxxiv] Mouna, Khalid. (2011). Les nouvelles figures du pouvoir dans le Rif central du Maroc. Anthropologie et sociétés, 35 (1-2), 229–246. https://www.erudit.org/fr/revues/as/2011-v35-n1-2-as5004414/1006388ar/

[xxxv] Jamous, Raymond. (2015). Op. cit.

[xxxvi] Jacinto, Leela. (2016). Le cœur du terrorisme international bat au nord du Maroc, Traduit de l’Anglais par Peggy Sastre. Slate. https://www.slate.fr/story/116881/terrorisme-maroc

[xxxvii] Ibid.

[xxxviii] Moudden, A. E. (2004). REFORME PAR LE BAS: AUX ORIGINES DE LA GUERRE POPULAIRE, LA GUERRE DE RESISTANCE DE MUḤAMMAD BEN ʿABD AL-KARĪM (1920-1926). Oriente Moderno, 23(84), 165–174. http://www.jstor.org/stable/23073453

[xxxix] Chtatou, Mohamed. (2021). La glorieuse Bataille d’Anoual et la Guerre du Rif, cent ans après. Le Monde Amazigh. https://amadalamazigh.press.ma/fr/la-glorieuse-bataille-danoaul-et-la-guerre-du-rif-cent-ans-apres/

[xl] Dusserre, A. & Marly, M. (2023). Op. cit.

[xli] (2000). La République du Rif : interrogations sur sa signification nationale. In R. Galissot (Ed.). Le Maghreb de traverse (pp. 47-54). Saint-Denis: Éditions Bouchène.

[xlii] Habib Gherari, Habib. (1990). L’Union du Maghreb arabe. Studia Diplomatica43(3),‎ 83-115. http://www.jstor.org/stable/44836214

[xliii]  Ait Kadi, M. (2004). From Water Scarcity to Water Security in the Maghreb Region: The Moroccan Case. In Marquina A. (Eds). Environmental Challenges in the Mediterranean 2000–2050. NATO Science Series (Series IV: Earth and Environmental Sciences), vol 37. Dordrecht : Springer. https://doi.org/10.1007/978-94-007-0973-7_11

[xliv] Fakir, Intissar. (2021). What’s driving the escalating tensions between Algeria and Morocco? Middle East Institutehttps://www.mei.edu/publications/whats-driving-escalating-tensions-between-algeria-and-morocco

[xlv] Chtatou, Mohamed. (2018). Comprendre la trinité culturelle amazighe. Le Monde Amazigh. https://amadalamazigh.press.ma/fr/comprendre-la-trinite-culturelle-amazighe/#:~:text=Chez%20les%20Amazighs%20les%20liens,pardon%20et%20de%20respect%2C%20tagharst.

 [xlvi] Direche-Slimani, Karima. (2006). Le mouvement des âarch en Algérie : pour une alternative démocratique autonome ? Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 111-112,‎ 183–196. https://journals.openedition.org/remmm/2873

Lire Aussi...

ÉPHEMERIDES AMAZIGHES (2)

La culture amazighe est unique et très diversifiée La culture amazighe est unique et très ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *