Rabat : une journée d’étude consacrée aux littératures maghrébines transnationales
Le Centre Jacques Berque à Rabat accueillera, vendredi 9 octobre 2026 à partir de 9h00, une journée d’étude consacrée aux « Enjeux de structuration d’un espace littéraire transnational des littératures maghrébines ». La rencontre est coordonnée scientifiquement par Zoé Carle, de l’Université Paris 8 – IUF, et Ali Lihi, de l’Université Mohammed V de Rabat – ENSIAS.
Réunissant universitaires, chercheurs et doctorants, cette journée propose d’interroger les dynamiques de transformation de l’espace littéraire maghrébin, en accordant une attention particulière à la littérature amazighe, à ses formes romanesques, à ses pratiques linguistiques, à la traduction ainsi qu’aux mécanismes de circulation, de diffusion et de légitimation des œuvres.
Après l’accueil des participants, Zoé Carle assurera l’introduction de la rencontre. La conférence inaugurale sera donnée par Ali Lihi autour du thème « Le roman amazigh au Maroc : entre périphérisation et légitimation dans les canons national et maghrébin ». Cette intervention ouvrira une réflexion sur la place du roman amazigh dans les espaces littéraires marocain et maghrébin, ainsi que sur les processus qui contribuent à sa reconnaissance au sein de ces différents champs.
La première séquence de la journée sera consacrée aux poétiques, aux formes et aux personnages du roman. Mohamed Zahir, de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, présentera une communication intitulée « Ethno-tricologie et poétique du pileux dans le roman marocain amazigh et francophone ». Fadma Farras, de l’Université Ibn Zohr, abordera pour sa part les transformations du roman amazigh en tachelhit à travers « De l’écriture de l’identité à l’identité de l’écriture : évolutions et mutations du roman amazigh (tachelhit) de 2002 à nos jours ». Najat Zir, de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah, analysera quant à elle les transformations de la figure romanesque dans « Du collectif à l’intime ? Transformations du personnage dans le roman amazigh au Maroc (1994-2026) ». Une discussion permettra ensuite de prolonger les échanges autour de ces différentes contributions.
La deuxième partie de la matinée portera sur les médiations et les mécanismes de structuration de l’espace littéraire. Mizian Rahou, de l’Université Mohammed Premier de Nador, s’intéressera au rapport entre traduction et création dans « Traduire pour écrire : la traduction romanesque comme apprentissage et comme moteur de la production littéraire dans le Rif ». Hakima Ouachoua, doctorante à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah, consacrera sa communication à «Intertextualité et réélaboration de l’oralité dans le roman amazigh : formes, fonctions et enjeux». Brahim Mansoub, également doctorant à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah, abordera les conditions de production, de diffusion et de reconnaissance du roman amazigh dans « Éditer, faire circuler et reconnaître le roman amazigh au Maroc : acteurs et réseaux de légitimation ».
Après la pause déjeuner, les travaux reprendront autour des questions de langues, de normes et de pratiques de traduction. Driss Rabih, de l’Université Sultan Moulay Slimane, ESEF et LACNAD–INALCO, présentera une réflexion intitulée « Approche polynomique et littérature amazighe moderne : réception et contestation de la norme linguistique ». Btissame Khbiza, doctorante à l’Université Abdelmalek Essaâdi de Tétouan, examinera les choix linguistiques des romanciers amazighophones marocains dans « Entre standardisation et variétés régionales : les choix linguistiques des romanciers amazighophones au Maroc ».
La traduction littéraire sera également au centre des échanges avec l’intervention de Mohammed Farisi, chercheur indépendant, consacrée à « La traduction littéraire amazighe au Maroc : le cas du tarifit ». Khalid Benadi, de l’Université Abdelmalek Essaâdi et de l’École supérieure Roi Fahd de traduction, proposera enfin une étude comparative intitulée « Les procédés de traduction oblique dans l’adaptation du Petit Prince vers l’amazighe : analyse comparative de trois versions ».
Une table ronde prévue à partir de 16h30 permettra de poursuivre la réflexion autour des différentes problématiques soulevées au cours de la journée. Les travaux s’achèveront à 17h30 par une conclusion et la clôture de la rencontre.
À travers la diversité des communications programmées, cette journée d’étude entend contribuer à une réflexion sur la constitution d’un espace littéraire maghrébin transnational, en mettant notamment en lumière les circulations des œuvres et des auteurs, le rôle de la traduction, les pratiques éditoriales, les questions de normes linguistiques ainsi que les réseaux universitaires et culturels qui participent à la reconnaissance des littératures amazighes.
Le rendez-vous est fixé au vendredi 9 octobre 2026, à partir de 9h00, au Centre Jacques Berque à Rabat.







