Rabat accueille la première Conférence internationale dédiée aux victimes africaines du terrorisme

Les travaux de la première Conférence internationale dédiée aux victimes africaines du terrorisme, organisée par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’étranger, avec le soutien du Bureau des Nations unies pour la Lutte contre le Terrorisme (UNOCT), se sont ouverts, aujourd’hui mardi 2 décembre à Rabat, ayant comme objectif principal de mettre au premier plan les conséquences humaines du terrorisme en Afrique et de renforcer les mécanismes de soutien et de résilience au niveau du continent, en plaçant les victimes africaines du terrorisme au cœur des débats stratégiques sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

Cette inédite Conférence compte avec la participation des représentants de gouvernements africains, d’organisations internationales et régionales, ainsi que d’associations de victimes africaines du terrorisme, des chercheurs et des experts spécialisés, et porte sur le rôle essentiel que peuvent jouer les survivants dans les initiatives de prévention et de résilience, à travers leurs témoignages, leur expérience et leur participation à la reconstruction des communautés touchées.

L’allocution inaugurale de M. le Ministre Nasser Bourita a insisté sur l’adoption d’une approche africaine ambitieuse et déterminée, fondée sur la dignité des victimes du terrorisme, la justice et une véritable responsabilité collective face à la recrudescence de la menace terroriste en Afrique. Il a affirmé que cette rencontre continentale marque une étape cruciale pour refonder les stratégies africaines en plaçant les survivants au cœur des politiques publiques et des efforts collectifs de lutte contre l’extrémisme violent.

De même, il a insisté sur la nécessité de reconnaître les victimes non seulement comme des personnes nécessitant un accompagnement, mais également comme des acteurs essentiels de prévention, de résilience, pouvant contribuer directement à l’élaboration de réponses africaines plus humaines, plus efficaces et plus ancrées dans les réalités du terrain. Tout en rappelant que l’Afrique demeure la région la plus touchée par le terrorisme, avec une intensification notable des attaques, notamment dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, où ces violences ont causé des milliers de victimes et provoqué des déplacements massifs, la déscolarisation, la destruction de communautés entières et l’effritement de la cohésion sociale.

Il a déclaré que « Le terrorisme n’est pas un simple événement passager mais plutôt une déchirure du tissu social, un affaiblissement des économies locales, et une tentative systématique d’implanter le désespoir et de faire perdre le sentiment de sécurité« , évoquant des communautés déplacées, des familles brisées, et des jeunesses privées d’avenir.

La Déclaration insiste par ailleurs sur l’importance de la coopération entre les États africains et les entités des Nations Unies, à travers l’échange d’expertise, la formation et la mobilisation de partenaires internationaux.

Voici le contenu de la Déclaration de Rabat :

« Nous, Etats Membres participants, organisations régionales et internationales, représentants du Système des Nations Unies, de la société civile et experts, réunis à Rabat, Royaume du Maroc, à l’occasion de la Conférence sur les victimes africaines du terrorisme ;

Condamnant tous les actes de terrorisme, sous toutes leurs formes et manifestations, en tant qu’actes criminels et injustifiables, et réaffirmant que les mesures de lutte contre le terrorisme doivent pleinement respecter le droit international, y compris le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire ;

Rappelant la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies (A/RES/60/288) et ses réexamens successifs, en particulier le Huitième examen (A/RES/77/298, 2023), qui soulignent l’importance de préserver les droits et la dignité des victimes du terrorisme et de garantir leur participation effective aux efforts de lutte contre le terrorisme ;

Réaffirmant les résolutions A/RES/73/305 et A/RES/72/165 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, ainsi que les résolutions connexes appelant à la justice, à la reconnaissance, à l’assistance et à la réparation en faveur des victimes du terrorisme, et mettant en avant la nécessité de renforcer la coopération internationale ;

Prenant en considération les dispositions pertinentes relatives aux victimes du terrorisme figurant dans les résolutions 2178 (2014) et 2396 (2017) du Conseil de sécurité, qui exhortent les États Membres à adopter des mesures garantissant la protection, l’assistance et la participation des victimes, y compris dans les procédures judiciaires ;

Reconnaissant que l’Afrique représente aujourd’hui plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde et que la situation des victimes à travers le continent, femmes, hommes, enfants, personnes déplacées et communautés locales, demeure souvent marquée par des besoins variés en matière de reconnaissance, de soutien et d’accompagnement, ce qui met en évidence l’importance de renforcer les efforts collectifs en leur faveur ;

Notant avec appréciation le rôle du Bureau des Nations Unies de la lutte contre le terrorisme (UNOCT) et de son Programme mondial d’appui aux victimes du terrorisme dans la promotion des droits et de la dignité des victimes, ainsi que dans le renforcement de la coopération internationale en leur soutien ;

Nous déclarons par la présente notre engagement à :

Reconnaître et défendre les droits inhérents de toutes les victimes du terrorisme à la vérité, à la justice, à la reconnaissance, à la mémoire et à la réparation, et à assurer qu’elles soient traitées avec dignité et respect à toutes les étapes de la réponse et du relèvement ;

 Encourager les Etats Membres à renforcer leurs cadres juridiques nationaux et leurs systèmes de soutien, conformément aux meilleures pratiques internationales reconnues, telles que les Dispositions législatives types des Nations Unies pour les victimes du terrorisme, tout en respectant les spécificités nationales, les références juridiques et les systèmes constitutionnels ;

Appeler à ce que les auteurs d’actes terroristes répondent de leurs actes, notamment par le renforcement de la coopération judiciaire internationale et de l’entraide juridique ;

Soutenir le développement de mécanismes globaux offrant un appui psychologique, médical, social et économique aux victimes et à leurs familles, et répondant à leurs besoins identifiés par une approche multisectorielle centrée sur la victime ;

 Accorder une attention prioritaire à la protection et à l’assistance des femmes, des enfants, des veuves, des orphelins, des personnes enlevées et des ex-enfants soldats, selon des pratiques tenant compte des traumatismes et des approches sensibles au genre ;

  • Renforcer le rôle des victimes et des survivants dans la prévention de la radicalisation et la lutte contre les idéologies extrémistes, et promouvoir leur participation significative à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques et stratégies de lutte contre le terrorisme, tout en veillant à les protéger de toute re-victimisation ou exploitation ;
  • Encourager les initiatives dans les domaines de l’éducation, de la résilience communautaire, de l’autonomisation des jeunes et de la cohésion sociale locale;
  • Renforcer la coopération entre les Etats Membres africains et les entités des Nations Unies, notamment à travers l’échange de données, la formation et la mise en place de cadres de coopération adaptés ;
  • Inviter les partenaires internationaux et les bailleurs de fonds à soutenir les initiatives africaines visant à assister les victimes du terrorisme ;
  • Adopter la présente Déclaration de Rabat sur le soutien aux victimes africaines du terrorisme comme engagement collectif en faveur de la justice, de la solidarité et de la résilience;
  • Encourager la mise en place d’initiatives commémoratives, de registres nationaux des victimes du terrorisme ainsi que d’une plateforme numérique africaine destinée à documenter la résilience des victimes, à l’image du Compendium des expériences et des bonnes pratiques, lancé à l’occasion de cette Conférence ;
  • Exprimer notre profonde appréciation au Royaume du Maroc pour l’accueil de cette Conférence et à l’ensemble des partenaires ayant contribué à son succès. »

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