L’AMA demande à la Maire de la capitale Rabat à promouvoir la langue amazighe et à changer la dénomination du Boulevard « Maghreb arabe » en « Grand Maghreb »

Dans une lettre adressée à Madame Fatiha EL MOUDNI, maire de Rabat, déposé aujourd’hui au bureau d’ordre, l’Assemblée Mondiale Amazighe demande la révision de certains noms de rues, ruelles et places qui véhiculent des « connotations discriminatoires ou excluantes, ou qui ne sont plus conformes à l’esprit de la Constitution marocaine et aux valeurs d’égalité et d’équité », et leur remplacement par des noms reflétant l’identité nationale marocaine dans toutes ses dimensions civilisationnelles, culturelles et historiques. L’AMA cite, par exemple, le nom “Boulevard du Maghreb arabe”, devenu constitutionnellement obsolète depuis l’adoption du terme “Grand Maghreb” dans le préambule de la Constitution du Royaume.

L’organisation l’internationale amazighe exige également l’inscription de la langue amazighe, dans son alphabet original tifinagh, sur toute la signalétique, les noms de rues et ruelles, les noms de quartiers, les noms de places, les espaces publics et les équipements municipaux, au même titre que l’arabe.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plaidoyer citoyen pour le respect des dispositions constitutionnelles et légales relatives à la langue amazighe, notamment celles concernant son intégration à l’identité visuelle des villes et des collectivités locales, et sa présence en tifinagh sur la signalétique, les noms et dans les espaces publics.

Voici le contenu de la correspondance :

À Madame Fatiha EL MOUDNI – Maire de Rabat

Objet : Valorisation de l’identité visuelle de Rabat et mise en œuvre du statut officiel de la langue amazighe

Salutations,

Concernant l’objet susmentionné, nous vous écrivons afin de réitérer notre demande de mesures visant à valoriser l’identité visuelle de la ville de Rabat, conformément à la Constitution du Royaume du Maroc qui reconnaît le statut officiel de la langue amazighe au même titre que l’arabe, et aux dispositions de la Loi organique n° 16-26 relative à la mise en œuvre de ce statut et à la nécessité de son application dans les différents équipements et espaces publics relevant de la compétence de la Municipalité de Rabat.

Dans ce contexte, nous exigeons l’utilisation de la langue amazighe, écrite en tifinagh, sur l’ensemble de la signalétique, des noms de rues et de ruelles, des noms de quartiers, des places, des espaces publics et des équipements municipaux, au même titre que l’arabe. Cela garantira la présence de l’amazighité dans l’espace public de Rabat, capitale et ville de tous les Marocains, et permettra la mise en œuvre effective des dispositions de la Constitution et de la Loi organique 16-26 relatives aux étapes de la reconnaissance officielle du statut de la langue Amazighe et à son intégration dans l’éducation et les domaines prioritaires de la vie publique, notamment les articles 21 à 26 du chapitre VI, qui insistent sur le recours à l’amazighe dans les administrations et autres infrastructures publiques, ainsi que les articles 27 à 29 du chapitre VII, concernant l’intégration de l’amazighe dans l’espace public.

Nous demandons également la révision de certaines appellations de rues, ruelles et places qui véhiculent des connotations discriminatoires ou excluantes, ou qui ne sont plus conformes à l’esprit de la Constitution marocaine et à ses valeurs d’égalité et d’équité. Ces appellations devraient être remplacées par des noms reflétant l’identité nationale marocaine dans toutes ses dimensions civilisationnelles, culturelles et historiques. Par exemple, l’appellation « Boulevard du Maghreb arabe» n’est plus constitutionnellement appropriée, étant donné que la Constitution du Royaume a adopté le terme du « Grand Maghreb » dans son préambule, conformément aux choix constitutionnels du Royaume du Maroc.

Nous encourageons vivement la municipalité de Rabat à s’inspirer des expériences réussies dans d’autres collectivités locales qui se sont activement engagées dans la mise en œuvre du statut officiel de la langue amazighe et dans le respect des exigences constitutionnelles et légales. À titre d’exemple, la municipalité d’Agadir a intégré la langue amazighe, écrite en alphabet tifinagh, dans les espaces publics et l’identité visuelle de la ville – une expérience devenue une référence nationale en la matière.

Nous insistons également sur l’importance d’intégrer la langue amazighe, écrite en alphabet tifinagh, dans la conception et les façades des commerces et des bâtiments, ainsi que dans les autorisations y afférentes. Ceci contribuera à instaurer une équité linguistique et culturelle au sein de l’agglomération de la capitale.

Dans l’attente d’une réponse favorable, veuillez agréer, Madame la Maire, l’expression de nos plus vifs respects.

Rachid RAHA, Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe

Nota : une correspondance similaire est envoyée aux principaux maires des communes urbaines et rurales du Maroc

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