L’Armée algérienne se prépare à remplacer la France au Mali

Par: Dr. Mohamed Chtatou

Algérie : tradition de non-intervention militaire 

Depuis la montée d’un mouvement de protestation à l’échelle nationale en février 2019, la politique algérienne est dominée par les questions de changement et de réforme. Le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis longtemps, a quitté le pouvoir, et plusieurs personnes de son entourage proche ont été condamnées pour corruption ou « conspiration contre l’autorité de l’État« . Pour tenter de répondre aux frustrations populaires, le nouveau président Abdelmadjid Tebboune a organisé un référendum constitutionnel, qui s’est tenu le 1er novembre 2020. Bien que considéré comme une « étape cruciale » vers une réforme structurelle par certains, de nombreux Algériens y ont vu une façade créée par les personnes au pouvoir et ont boycotté le référendum. Bien que le taux de participation ait été faible (23,8 %), le référendum a été approuvé à 66,8 %. 

Concrètement, le référendum comprenait des réformes telles que : 

  1. Un contrôle parlementaire accru ;  
  2. Une réforme du système judiciaire, et ;  
  3. Une limitation des mandats présidentiels 

Cependant, dans les débats sur le contenu du référendum, on a accordé moins d’attention à une disposition qui lèverait l’interdiction de déployer les forces armées à l’étranger, leur permettant ainsi de participer à des opérations de maintien de la paix, ce qui pourrait mettre fin – ou du moins réduire – la longue tradition de non-intervention du pays. Serait-ce le premier pas vers une nouvelle politique de sécurité régionale de l’Algérie, l’État qui possède la deuxième plus grande armée du continent africain ? 

Le référendum a déjà été lié à la possibilité d’un rôle plus important de l’Algérie dans le conflit en Libye voisine. Mais quelles sont les implications pour son autre voisin instable, le Mali ? Cette analyse se penche sur la tradition algérienne de non-intervention et examine le potentiel de changement de la politique de sécurité du pays au Mali, et plus largement au Sahel, une région profondément touchée par l’extrémisme violent. 

Sahel : bombe à retardement 

La région du Sahel en Afrique est devenue l’une des régions de sécurité les plus importantes et les plus compliquées au monde. Plus important encore, en raison de l’étendue du nombre de menaces transfrontalières telles que les groupes terroristes et le crime organisé, la région du Sahel a été considérée par ses pays voisins comme une source de menaces pour la sécurité. D’autres raisons pour soutenir l’importance du Sahel sont les ressources énergétiques qui ont été découvertes récemment dans la région et l’augmentation de la rivalité entre les grandes puissances mondiales (États-Unis, France, Chine, Russie) sur les réserves naturelles de la région. Toutes ces raisons ont amené le Sahel au centre de l’attention internationale. 

La situation sécuritaire au Sahel reste, toutefois, précaire, la détérioration de la situation de la Libye après l’effondrement de l’ancien ordre, le dilemme politique et les défis sécuritaires persistants dans la partie nord du Mali, le nombre croissant d’activités terroristes dans toute la région, en particulier celles menées par des groupes extrémistes armés y compris les enlèvements contre rançon, continuent d’avoir des effets négatifs sur la population locale. Tous ces problèmes – le cas malien en particulier – représentent de grands défis. 

La situation actuelle a rendu les pays de la région de plus en plus vulnérables à l’insécurité causée par de violents conflits ethniques, les activités de groupes extrémistes et le crime organisé connexe. En effet, tous les États sahéliens sont concernés par les liens apparents entre les groupes terroristes actifs dans la région ainsi que les organisations criminelles impliquées dans le trafic d’êtres humains et de drogue. Tous les pays de la région du Sahel sont alors menacés par les activités de groupes terroristes, tels que : le Mouvement pour l’Unification et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), Boko Haram et Al-Qaida au Maghreb islamique, ainsi que d’autres organisations criminelles transnationales. Ils ont commis des actes de terrorisme et menacent la sécurité régionale, ils ont également accru l’expansion des armes au Sahel et se sont livrés au trafic de drogue et d’êtres humains et à d’autres activités illégales, tout en érodant l’autorité du pays dans de nombreux secteurs importants de l’État dans les pays de la région, ce faisant, ils ont des possibilités limitées de développement (Conseil de sécurité, Nations Unies 2013 : 3). 

L’Algérie dans l’équation sahélienne 

Au cours des dernières décennies, l’Algérie s’est de plus en plus concentrée sur les problèmes de sécurité du Sahel africain, craignant que la région ne devienne un lieu sûr pour les groupes terroristes armés. Les pays sahéliens – qui partagent de longues frontières avec l’Algérie – ont connu une situation d’insécurité en raison de l’instabilité de leurs systèmes politiques, la situation actuelle au Sahel est le résultat d’une instabilité politique affectée principalement par différentes crises que de nombreux pays de la région comme le Mali ont eu. Une telle situation politique faible est manifestement démontrée par la Théorie du Domino : l’effondrement d’un État pourrait produire un effet domino qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région. 

Depuis le début des années 1990, l’Algérie fait face à de nouveaux changements dans la région du Sahel, notamment avec les menaces de mouvements rebelles dans le nord du Mali et du Niger, raisons qui ont poussé le gouvernement algérien à user de tous ses moyens diplomatiques pour trouver une solution à ces problèmes et éviter tout type d’intervention dans ses frontières méridionales. Au cours des dernières décennies, une série de nouveaux problèmes de sécurité sont apparus dans l’arrière-cour algérienne tels que le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé. Tous ces problèmes ont amené le Sahel au centre des préoccupations de politique étrangère. Par conséquent, l’accent de l’approche sécuritaire algérienne s’est concentré sur les menaces provenant des pays de la région du Sahel, qui sont considérés comme des États exportateurs de menaces et de terrorisme. 

La région du Sahel comme source de menaces sécuritaires pour l’Algérie 

L’Algérie partage environ 6280 km de frontières avec les pays du Sahel. Ce grand espace désertique qui a été une zone de transit entre le continent nord et sud-africain pendant des années, représente un grand défi pour le contrôler. Au cours des dernières décennies, le Sahel est devenu une source de menaces sécuritaires pour l’Algérie, et les dirigeants algériens se rendent compte que leur pays est en fait situé dans une région où de nombreux autres pays connaissent de profondes crises internes telles que des conflits ethniques croissants, des économies faibles et une gouvernance fragile, affectant négativement la situation sécuritaire dans la région.  

De plus, le Sahel est devenu un paradis pour les terroristes et les groupes criminels organisés comme le mentionnent les rapports de l’ONU, où 30 à 40 % du trafic de drogue dans le monde transite par cette région. Le Sahel est aujourd’hui le deuxième marché noir du trafic d’armes ; en outre, il est considéré comme un lieu de prédilection pour les groupes terroristes comme al-Qaida et Boko Haram. Ainsi, cette situation sécuritaire fragile a poussé le gouvernement algérien à construire une approche sécuritaire générale envers cette région pour contrer toutes sortes de menaces sécuritaires pouvant menacer sa sécurité nationale. Selon la perception des dirigeants algériens, il existe cinq principales menaces sécuritaires pour la sécurité nationale algérienne : 

  1. Le défi de la question touarèg, l’Algérie s’inquiète de la montée de certains groupes amazighs d’ethnie touarèg qui peuvent appeler à la séparation au Mali, Niger et par ricochet en Algérie ; 
  2. La montée du crime organisé comme le trafic de drogue, le trafic d’armes et l’immigration clandestine ; 
  3. L’intervention étrangère au titre de raisons humanitaires ; 
  4. La rivalité entre les grandes puissances mondiales sur les ressources naturelles du Sahel telles que le pétrole, le gaz et l’uranium, et ; 
  5. Les projets militaires proposés sur le continent africain pour construire des bases militaires pour l’AFRICOM (Commandement des États-Unis pour l’Afrique). L’idée qui a été refusée par de nombreux pays sahéliens. 

Tous ces problèmes cités ci-dessus représentent des menaces douces et dures (soft and hard threats) à la sécurité de l’Algérie, de sorte que l’approche sécuritaire algérienne essaie de combiner la sécurité et la solution politique pour contrer ces problèmes. En d’autres termes, cette approche ne se concentre pas uniquement sur les choix militaires pour faire face aux menaces sécuritaires dans la région, mais aussi prend en considération les moyens diplomatiques et autres moyens pacifiques tels que : la promotion du dialogue, des négociations, résolution de conflits, et le processus d’édification des États. 

L’opération militaire française au Mali 

Début 2013, Paris a lancé une intervention armée au Mali, comprenant des frappes aériennes et des opérations terrestres contre le mouvement rebelle dans le nord après que des combattants de groupes armés extrémistes se soient soudainement déplacés vers le sud du pays et aient vaincu les forces de l’armée malienne dans la ville de Konna. Le Royaume-Uni et d’autres États européens ont fourni un soutien logistique ainsi que les États-Unis qui ont partagé des informations avec Paris et étaient prêts à fournir une logistique et une surveillance, selon certains rapports. La France avait affirmé que son opération militaire Serval, issue de la demande d’assistance de l’État malien, était une étape indispensable pour empêcher la capitale de tomber entre les mains de groupes armés, et les déploiements supplémentaires de l’armée française au Mali était une action nécessaire pour protéger et sécuriser près de six mille citoyens français qui y vivent. Les déploiements français au Mali visaient également à dissuader les acteurs qui pourraient tenter d’attaquer ou de déstabiliser davantage le gouvernement intérimaire de Bamako. 

Le gouvernement français avait déclaré en janvier 2013 que la période des opérations militaires de l’armée allait être une question de quelques semaines. Cependant, certains experts ont indiqué que les groupes rebelles étaient mieux équipés et entraînés que les forces de l’armée française ne l’avaient prévu, question qui a compliqué la mission française. Étant donné que l’armée malienne était divisée, elle n’avait pas la capacité de projeter efficacement sa force, sans oublier, pour autant, qu’elle a été, aussi, impliquée dans des violations des droits de l’homme, et était très faible et incapable de suivre efficacement les frappes militaires françaises en prenant le contrôle de la région libérée et en assurant la sécurité.  

Avant l’intervention armée française, les dirigeants des pays de la région ainsi que la communauté internationale avaient mis en garde contre une menace croissante pour la sécurité internationale à cause d’une influence généralisée des groupes extrémistes et une expansion possible de leur idéologie extrémiste violente parmi les populations. Les combattants armés des groupes du nord du Mali, Al Qaida, Ansar ad-Din et le Mouvement pour l’Unification et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) avaient coordonné minutieusement leurs attaques.  

En effet, il y avait, aussi, de nombreuses autres justifications derrière l’intervention militaire française loin de celles données par Paris officiellement : 

  •  Premièrement, la France est présente, comme acteur principal dans la région depuis des décennies, et il est bien connu que l’Afrique est une zone d’influence française depuis de longues années. Paris reste toujours plus fort sur le plan économique et relations politico-militaires avec les régimes de ses anciennes colonies dans le cadre de ce qu’on a appelé la Françafrique, et ;  
  • Par ailleurs, l’opération française au Mali en 2013 était l’une des nombreuses actions que Paris avait menées en Afrique afin de protéger ses intérêts nationaux dans le continent au cours des dernières décennies. 

L’intervention armée au Mali lancée par Paris en janvier 2013 avait en effet réussi à disperser, et à affaiblir sévèrement, les mouvements rebelles qui avaient pris le contrôle du nord depuis quelques mois. L’intervention française a alors aidé à ramener la plupart des zones libérées sous le contrôle, au moins nominal, du gouvernement central. L’opération Serval a pris fin officiellement le 15 juillet 2014, et a été remplacée par l’opération Barkhane, qui a de nouveau été lancée par Paris le 1er août 2014 pour lutter contre les groupes extrémistes dans la région. 

L’Algérie va remplacer la France au Mali 

Algeria Politics & Security, une publication du prestigieux think tank britannique Menas Associates, en date du 11 mai 2021 a rapporté que les plans pour le déploiement des forces algériennes au Mali étaient en bonne voie. Menas Associates assure qu’elle a reçu des preuves photographiques et la confirmation d’une source fiable que la France prépare une base militaire à Hombori au Mali – 247 km au sud-ouest de Gao – pour les Algériens. La base est située, plus ou moins, sur la ligne de front de la zone des Trois Frontières du Sahel, où les extrémistes islamistes prennent le dessus sur les forces françaises, alliées et celles du G5 Sahel.  

Selon Menas Associates, la France a fait pression sur l’Algérie pour qu’elle modifie la Constitution en novembre 2020 afin de permettre aux forces algériennes d’être déployées à l’étranger pour la première fois. Paris veut réduire ses propres forces militaires au Sahel, surtout avant l’élection présidentielle française d’avril 2022. Cependant, face au manque de fiabilité des forces locales maliennes, nigériennes et burkinabées, elle cherche désespérément des forces alternatives. On ne peut pas compter sur le bataillon tchadien déployé dans la région des Trois Frontières après la mort, en avril 2021, du président Idriss Déby et le coup d’État militaire qui a suivi. L’armée algérienne est donc devenue une sorte d’alternative de dernier recours. C’est ce qui explique la pression exercée sur l’establishment algérien pour amender la Constitution et organiser des élections anticipées afin de mettre en place un nouveau parlement docile qui approuvera la légalisation en question, dans un contexte d’opposition intérieure quasi-universelle de la part des Algériens. 

D’après, Menas Associates ni le haut commandement de l’armée ni les services de renseignement ne sont satisfaits de ce plan proposé, notamment parce qu’il sera très impopulaire. Cependant, l’Algérie est actuellement si faible politiquement et économiquement qu’elle ne peut résister à une telle pression de la France et des États-Unis. 

Les extrémistes armés du Mali et du Sahel auraient de sérieuses difficultés à affronter les troupes algériennes lorsqu’elles arriveront à Hombori. Leurs propres services de renseignement, le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), ont créé le Mouvement pour l’Unification et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), l’un des principaux mouvements jihadistes du Sahel et Ils entretiennent également des relations étroites avec Iyad ag Ghali, le leader général du groupe djihadiste dominant Jamâ’at Nasr al-Islâm wal Mouslimîn (JNIM), qui est un agent de longue date du DRS. Il est presque inévitable que les forces armées algériennes présentes dans la région se retrouveront mêlées à des conflits d’intérêts difficiles et dangereux, bien qu’ils soient de leur propre initiative. Ainsi, il n’est pas surprenant que le secret le plus absolu entoure ces projets en Algérie et ailleurs. 

Les risques d’une éventuelle intervention 

Tout en répondant aux appels répétés pour que l’Algérie assume ses responsabilités dans le Sahel, un tel engagement sur le front militaire pourrait, toutefois nuire, à la crédibilité de l’Algérie en tant que médiateur clé dans les processus de résolution de la paix – un rôle « stabilisateur » sur lequel Alger s’est historiquement appuyé pour renforcer son influence dans son voisinage méridional. Outre les implications potentielles sur son positionnement stratégique sur la scène régionale, une intervention militaire pourrait également avoir des répercussions sur la propre sécurité de l’Algérie. A part le danger encouru par les troupes déployées, la présence de l’Algérie sur le terrain malien pourrait provoquer une nouvelle vague d’attaques terroristes sur son propre territoire. Au sujet du terrorisme, home spawn/made, un rapport du Ministère de la Défense, datant de 2019, indique que quinze terroristes (présumés) ont été tués en 2018 et que vingt-cinq ont été arrêtés.  

En outre, des facteurs politiques internes entrent en jeu. Le faible taux de participation au référendum suggère que le président Tebboune bénéficie toujours d’un faible soutien populaire, et l’envoi d’une importante unité de troupes dans une crise aussi complexe et insoluble que celle du Mali ne fera probablement qu’aggraver la situation. En outre, supprimer une interdiction légale n’équivaut pas à changer une norme : la souveraineté, tant d’elle-même que des autres, restera probablement prépondérante dans la pensée algérienne. Un exemple (apparemment) clair de cela est que plusieurs sources affirment que le chef d’état-major des armées Chengriha a désapprouvé la modification de la législation militaire, craignant que l’Algérie ne s’engage dans des opérations extérieures « synonymes d’ingérence ou d’occupation« .  

La réticence des milieux militaires pourrait également être liée au peu d’expérience des forces armées nationales en matière d’opérations militaires internationales et au fait que l’armée a toujours été une organisation relativement fermée aux étrangers. Pour coopérer avec d’autres pays, il faudrait que l’armée algérienne fasse preuve d’ouverture et donne un aperçu de ses structures et pratiques internes. Au cas où les Algériens enverraient une force de maintien de la paix au Mali, ils rejoindraient une importante présence militaire étrangère, opérant dans des opérations de stabilisation et de contre-insurrection, ainsi que dans des missions de formation. 

Conclusion 

La situation sécuritaire fragile au Sahel couplée à l’instabilité politique, la faiblesse des gouvernances et la nouvelle menace transnationale (menaces douces et dures) créent un besoin d’adaptation dans l’approche sécuritaire algérienne envers la région, y compris une militarisation des frontières qui n’est ni attendue ni souhaitée. Le déclenchement de la crise au sein de l’État malien en 2012 était sans précédent, impliquant pour la première fois non seulement des mouvements touarègs luttant contre le gouvernement malien, mais aussi des groupes armés terroristes et des trafiquants. Ainsi, une nouvelle réalité sécuritaire est apparue dans la région du Sahel, créant un nouveau défi pour l’Algérie. 

Il reste à voir si Alger opte pour une plus grande proéminence géopolitique ou pour la prudence intérieure. Il est clair cependant que les deux ont un coût, car après presque neuf ans, le conflit malien est loin d’être résolu, malgré toutes les initiatives diplomatiques et les interventions militaires. Compte tenu de la longue tradition de non-intervention de l’Algérie et de son approche au Sahel depuis le début de la crise de 2012, il n’est pas certain qu’Alger accepterait les compromis politiques, sécuritaires et stratégiques qui découleraient d’un engagement militaire direct. S’il est effectivement décidé d’envoyer des forces algériennes, cela commencera probablement à petite échelle pour éviter que leur présence ne soit interprétée comme une ingérence, voire une « occupation », mais aussi pour équilibrer les risques sécuritaires et permettre à l’armée de s’habituer aux missions et à la coopération militaire internationales. En tant que telle, la politique de sécurité algérienne pour la région du Sahel sera probablement caractérisée par un fort degré de continuité à court terme, même si le problème de l’extrémisme violent dans la région devient de plus en plus pressant. 

Craignant des retombées croissantes de l’instabilité au Sahel, le pays entend jouer un rôle plus actif, le président Tebboune ayant déclaré précédemment que l’Algérie était « 90 % de la solution » au Mali. Considérant que l’envoi de ses forces n’est plus interdit, Alger pourrait bien envisager de déployer ses troupes sur place – par exemple dans les régions frontalières du Nord. S’il ne peut y avoir de solution purement militaire à la crise actuelle, l’envoi de casques bleus algériens contribuerait au moins à la stabilisation du pays. En outre, une armée directement impliquée permettrait à l’Algérie de peser davantage dans les débats internationaux sur le Sahel, notamment parce que la France cherche actuellement à réduire sa présence dans la région. Un autre argument géopolitique en faveur du déploiement de troupes algériennes de maintien de la paix est lié à la compétition actuelle pour l’influence en Afrique subsaharienne que se livrent l’Algérie et le Maroc – une compétition que les analystes estiment que le Maroc remporte actuellement en raison de son pouvoir économique et de son soft power. Une implication plus importante de l’Algérie dans la sécurité régionale pourrait contrebalancer cette situation.

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