À l’occasion du 7ᵉ anniversaire du Hirak algérien (22 février 2019 – 22 février 2026), l’organisation Riposte Internationale a publié un communiqué dressant un bilan critique de la situation politique en Algérie, sept ans après le déclenchement du mouvement populaire.
Le 22 février 2019, des millions d’Algériens étaient descendus pacifiquement dans la rue pour rejeter la perspective d’un cinquième mandat du président de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, et dénoncer plus largement un système de gouvernance marqué, selon eux, par l’opacité, la corruption et l’absence de reddition des comptes. Ce soulèvement, rapidement désigné sous le nom de Hirak, avait porté des revendications en faveur d’un État civil, d’une justice indépendante et d’institutions légitimes fondées sur la souveraineté populaire.
Dans son communiqué, Riposte Internationale estime que, sept ans plus tard, « le constat est préoccupant ». L’organisation affirme qu’au lieu d’une transition démocratique, le pays connaîtrait un « resserrement autoritaire » caractérisé par une prédominance de l’approche sécuritaire sur le champ politique.
Le texte évoque notamment :
- une surveillance accrue des militants, journalistes et citoyens ;
- des poursuites judiciaires à caractère politique ;
- l’usage extensif de lois antiterroristes contre des voix pacifiques ;
- des restrictions visant partis, associations et médias indépendants ;
- des interdictions de sortie du territoire et des cas de refoulement ;
- ainsi qu’une législation relative à la déchéance de nationalité jugée préoccupante.
Selon l’organisation, cette évolution transformerait les institutions en « instruments de contrôle » plutôt qu’en espaces de représentation démocratique. Elle considère que la réponse des autorités au Hirak aurait consisté à « neutraliser la dynamique contestataire par la peur, l’usure et la judiciarisation de l’engagement civique ».
Dans ce contexte, Riposte Internationale appelle à :
- la libération des détenus d’opinion ;
- la fin de la criminalisation de l’expression pacifique ;
- le rétablissement des libertés d’association, d’expression et de manifestation ;
- l’indépendance effective de la justice ;
- l’ouverture d’un processus politique inclusif et transparent.
Sept ans après son émergence, le Hirak demeure, pour ses soutiens, l’expression d’une aspiration durable à la dignité, à la liberté et à l’État de droit, dont les répercussions continuent de marquer la vie politique algérienne.
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